Étiquette : imaginaire stupéfiant

  • Regard sur le regard de cinéaste, enquêteur incisif, Marco Bellochio en son admirable « Esterno notte », en 6 épisodes d’une heure, sur l’enlèvement le 13 mars 1978, la séquestration, puis l’assassinat, 55 jours plus tard, le 9 mai 1978 d’Aldo Moro…

    Ce samedi 16 mai 2026,

    je désire jeter maintenant un coup d’œil sur le formidable regard exploratoire, de cinéaste enquêteur formidablement incisif, de Marco Bellochio en son admirable série pour la télévision, réalisée en 2022, « Esterno notte« , en 6 épisodes d’environ une heure chacun – cf  les détails qu’en donne la très riche vidéo du passionnant « Entretien avec Marco Bellochio«  à Paris en 2023, avec Olivier Père, pour Arte ; ainsi que tout ce qu’en rapporte le site allocine … – , sur l’enlèvement, le 13 mars 1978, la captivité d’Aldo Moro, entre les mains de membres des Brigades Rouges, et l’assassinat de celui-ci, le 9 mai 1878, à Rome, 55 – très longs – jours plus tard – cf les détails de ceci ! – ,

    en prolongement de mes articles « Le combat pour le Droit : le passionnant et très beau film « L’Enlèvement » (« Rapito ») de Marco Bellochio, tourné en 2022, sur la troublante et toujours bien dérangeante affaire Mortara : l’histoire d’Edgardo Mortara (1851 – 1940), enlevé à sa famille juive à Bologne le 23 juin 1856 sur l’ordre de l’Inquisiteur pontifical Feletti… » et « Pénétrer dans le passionnant œuvre récent de Marco Bellochio grâce à un riche entretien avec lui, à Paris, d’Olivier Père, directeur d’Arte France Cinéma : la formidable perspicacité d’un immense cinéaste…«  , parus sur mon blog encherchantbien.fr en date des 13 et 15 mai derniers, qui marquaient ma découverte re-découverte – je l’avais trop longtemps négligé… – très enthousiaste (!) du passionnant cinéma de Marco Bellochio– né à Piacenza le 9 novembre 1939…

    …

    Entourés des 2 épisodes « Aldo Moro » et « La fine » assez factuels, et centrés surtout qu’ils sont, presque néo-réalistement, sur ce qui arrive – à l’extérieur – à la personne d’Aldo Moro – son enlèvement sanglant, rue Mario Fani, dans un quartier verdoyant situé au nord-ouest de Rome, le 16 mars 1978 (la résidence des Moro était située, elle, Via del Forte Trionfale, sur le Monte Mario…), sa captivité 55 jours durant, puis son assassinat et la découverte de son cadavre, via Caetani, au centre même de Rome, le 9 mai 1978 – ,

    les 4 autres volets de cette stupéfiante et magnifique série qu’est « Esterno notte« , intitulés respectivement « Il ministro degli interni« , « Il Papa« , « I terroristi » et « Eleonora« , nous font pénétrer, avec subtilité ainsi que la plus scrupuleuse justesse, dans les points de vue successifs de 4 personnages-clé de cette affaire – dont tout n’est toujours pas parfaitement éclairci encore aujourd’hui !.. – :

    _ celui du ministre de l’Intérieur Francesco Cossiga (Sassari, 26 juillet 1938 – Rome, 17 août 2010), et de l’entourage du Parti de la Démocratie chrétienne ;

    _ celui du Pape Paul VI (Concesio, 36 septembre 1877 – Castel Gandolfo, 6 août 1978), et de son entourage au Vatican ;

    _ celui de la membre des Brigades Rouges Adriana Faranda (Tortorici, 7 août 1950), et de ses acolytes ravisseurs et geôliers ;

    _ et celui de l’épouse – à Montemarciano le 5 avril 1945 – d’Aldo Moro, Eleonora Chiavarelli (Montemarciano, 25 septembre 1915 – Rome, 17 juillet 2010), et de leurs 4 enfants, Maria Fida Moro (Rome, 17 décembre 1946 – Rome, 7 juillet 2024), Anna Maria Moro (Rome, 19 mars 1949) Agnese Moro (Rome, 1952), et Giovanni Moro (Rome, 1er juillet 1958), et leurs proches…

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    Certaines séquences réalisées introduisent un stupéfiant imaginaire bouleversant, telle, pour prendre ici un exemple, l’explosive conjonction-succession à l’écran des hypothèses esquissées et opposées du plan « Mike » et du plan « Viktor« , concernant l’une la survie, et l’autre l’assassinat d’Aldo Moro, quand celui-ci est retrouvé le 8 mai 1978, dans le coffre d’une Renault 4 L rouge, stationnée via Michelangelo Caetani, dans le centre de Rome, près du siège du parti communiste, via delle Botteghe Oscure 4, et du siège de la démocratie chrétienne, situé non loin de là, au Palais Cenci-Bolognetti…

    Un imaginaire stupéfiant que l’on retrouvera l’année suivante, dans, par exemple, la sidérante séquence du film « L’Enlèvement » dans laquelle le petit Edgardo Mortara, ôtant les clous qui fixaient le Christ mort sur sa croix, permet à Jésus de descendre de cette croix et de sortir pieds nus ensanglantés de l’église…

    …

    Maintenant, il faut ajouter aussi cette précaution-ci,

    lisible systématiquement au final des chacun des 6 épisodes de ce passionnant et haletant « Esterno notte » de Marco Bellochio :

    …

    « L’affaire Aldo Moro a fait l’objet d’une réécriture artistique.

    Toute ressemblance avec des personnages, des organisations,

    des émissions de TV et des événements privés et publics

    est donc purement fortuite« …

    …

    Avec cette présentation générale-ci,

    cette fois de la part d’Arte :

    …

    « Déroulant comme une tragédie ce moment de 1978 où bascule l’histoire italienne, Marco Bellochio réalise sa première série – pour la télévision – pour explorer dans toute son ampleur – immense ! – l’affaire Aldo Moro, qui lui avait inspiré il y a vingt ans le film « Buongiorno, notte« .

    Rome, mars 1978. Aldo Moro est président de la Démocratie chrétienne (DC), premier parti politique italien depuis trente ans. Dans le contexte tendu des années de plomb, qui voit le pays secoué par des attentats terroristes de tous bords et la montée des extrêmes, il travaille à la constitution d’un gouvernement d’union nationale soutenu par le Parti communiste. Ce compromis mûrement réfléchi suscite des réticences au sein du gouvernement, et de la colère chez les militants radicaux. Le 16 mars, alors qu’il se rend au Parlement où sa proposition doit recevoir un vote de confiance, Aldo Moro tombe dans un guet-apens organisé par un commando des Brigades rouges. Son escorte est abattue sans sommation, lui est kidnappé. Le pays est sous ke choc…

    Toute la lumière n’a pas encore été faite – voilà ! – sur l’enlèvement d’Aldo Moro, qui s’est révélé – en effet – comme un tournant majeur de l’histoire de l’Italie du XXe siècle. Après son film « Buongiorno, notte » (2003), qui adoptait le regard d’une activiste des Brigades rouges – le scénario est inspiré du livre Il prigioniero (le prisonnier) écrit par une ex-terroriste, Anna Laura Braghetti – , Marco Bellochio porte l’affaire à l’écran pour la seconde fois, approfondissant son approche – oui – à travers cette série qui se pose comme une « interprétation artistique des faits » – une expression à bien sûr retenir... Le récit multiplie les points de vue – en effet – pour analyser – avec le plus possible de nuances toute la complexité de – l’enchaînement – quasi inextricable – des causes et des effets qui a conduit à une mort absurde, signant autant l’échec du gouvernement que celui de l’action terroriste. Au fil – haletant – des épisodes, le clan politique d’Aldo Moro, sa famille, le pape, un couple de révolutionnaires et Moro lui-même se retrouvent ainsi pris au piège d’un engrenage qui les dépasse. Bellochio filme cette histoire comme une tragédie – à la Sophocle, à la Shakespeare… –doublée d’un récit d’espionnage où chaque personnage apparaît dans sa profondeur – quasi psychanalytique – , comme le ministre de l’Intérieur, Francesco Cossiga, qui manque de basculer dans la folie. Une œuvre sombre et captivante, servie par un casting de – très grand – choix – quels acteurs !!! – , en tête duquel on retrouve Fabrizio Gifumi, Toni Servillo et Margherita Buy.« 

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    Marco Bellochio est un immense cinéaste…

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    Ce samedi 16 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa