Étiquette : incarnation

  • Renversante Milva (3) : en continuant à rechercher en ma discothèque…

    En continuant à rechercher des CDs de Milva dans les rangées et piles de ma discothèque,

    j’ai retrouvé 2 CDs supplémentaires :

    l’un, de 1968, et l’autre, de 1994.

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    Le premier, intitulé « Milva Tango« , est un témoin de sa première période.

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    Et le second, intitulé « Milva L’Italienne« , est en fait une compilation ; mais extraordinaire !

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    Il comporte plusieurs chefs d’œuvre tout simplement renversants de beauté,

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    dont « Da troppo tempo« , de 1973 ;

    « Per cosa« , de 1993 ;

    « Chi mai« , de 1972 ;

    ou encore « Canto a Lloret« , de 1986.

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    Le talent _ d’incarnation : la chair ne trompe pas… _ de Milva _ incomparable ! _ n’en finit pas de me combler…

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    Quelle artiste !

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    Ce mardi 27 avril 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Jouir de la merveilleuse finesse de détail de la « Betulia liberata » telle que vient nous l’offrir, au CD, Christophe Rousset…

    En écoutant avec toute l’attention requise le double CD Aparté A235 de la Betulia liberata de Mozart

    que vient nous proposer ce mois d’octobre Christophe Rousset

    _ cf mon article d’hier  _,

    …

    on ne sait ce qu’il faut admirer le plus,

    de ce chef d’œuvre trop méconnu encore d’un Mozart de 15 ans ;

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    ou de l’interprétation magnifique qu’en donnent Christophe Rousset, à la tête de son orchestre Les Talens Lyriques,

    le chœur Accentus,

    et les chanteurs solistes de cette Betulia liberata,

    que sont Sandrine Piau (Aminta), Amanda Forsythe (Cabri & Carmi) _ sopranos _, Teresa Iervolino (Giuditta) _ mezzo-soprano _, Pablo Bemsch (Ozia) et Nahuel Di Pierro (Achior) _ ténors.

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    Le genre de l’oratorio

    créé, à Rome, par Giacomo Carissimi (Marino, 18 avril 1605 – Rome, 12 janvier 1674),

    s’est déployé superbement, en particulier dans l’Italie des XVIIe et XVIIIe siècles

    _ l’oratorio (dépourvu de mise en scène) permettait, aussi, aux amateurs passionnés d’opéra de suppléer à celui-ci, interdit de représentation durant la période du carême….

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    Et il est tout naturel que le jeune Mozart se soit vu proposer, le 13 mars 1771 _ et cela pour la toute première fois de sa jeune carrière de compositeur _, à Padoue,

    de s’adonner à la composition d’un oratorio…

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    Ce qui est assez stupéfiant, est le degré de perfection auquel a d’emblée atteint le jeune homme Mozart

    dès ce coup d’essai ;

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    et qui vient nous enchanter aujourd’hui dans ce merveilleux double CD dans la réalisation de Christophe Rousset…

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    L’article Conversion de Jean-Charles Hoffelé, auquel je renvoyais hier,

    soulignait parfaitement la parfaite tension dramatique que le génie dramaturgique _ bien reconnu _ de Mozart _ en toute sa musique _ a donné à son oratorio ;

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    et que Christophe Rousset a su parfaitement insuffler à son interprétation _ et ses interprètes _

    telle que captée ici au disque.

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    Et les incarnations des chanteurs sont, en effet, elles aussi, très intenses :

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    on admire tout particulièrement l’art et le timbre de voix de cette somptueuse mezzo qu’est Teresa Iervolino,

    en la radieuse Giuditta ;

    …

    mais aussi les deux magnifiques ténors que sont

    Pablo Bemsch, en Ozia _ un rôle-clé et quasiment omniprésent : une superbe performance !.. _

    et Nahuel Di Pierro, en Achior, à la très remarquable présence impérieuse… 

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    Voilà donc un apport de grand choix à la discographie mozartienne.

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    Ce samedi 10 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la joie paradoxale du sombre et incisif Quatuor de Debussy par le Parkanyi Quartet

    Le plutôt ombrageux Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 22 août 1862 – Paris, 25 mars 1918)

    _ cf aussi l’encre acerbe de son Monsieur Croche… _

    n’a pas la réputation d’être particulièrement un joyeux,

    y compris, et bien sûr d’abord et surtout, en sa musique…

    …

    Et encore n’ai-je pas lu les 449 pages du récent ouvrage de Benjamin Lassauzet, paru aux Éditions Hermann au mois de juillet 2019, L’Humour de Claude Debussy…

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    …

    Pourtant sa musique

    non particulièrement joyeuse, en effet,

    génère beaucoup de joie,

    sinon à l’interpréter, pour le musicien ou chanteur

    qui vient physiquement l’incarner,

    …

    du moins à l’écoute attentive _ et exigeante _ du mélomane…

    …

    …

    J’en veux pour exemple

    ce chef d’œuvre puissant et subtil qu’est son Quatuor à cordes,

    en sol mineur,

    créé le 29 décembre 1893 à la Société Nationale de Musique, à Paris.

    …

    …

    Alors quelle interprétation au disque choisir ici ?

    …

    …

    J’opte, et après écoute de plusieurs CDs,

    _ de même que pour mon choix à propos du Quatuor de Ravel _

    pour l’incarnation, incisive et puissante, du Párkányí Quartet

    _ István Párkányí et Heinz Oberdorfer, violons, Ferdinand Erblich, alto, et Michael Müller, violoncelle _,

    enregistrée à Deventer, aux Pays-Bas, en décembre 2003 ;

    …

    soit, à nouveau, le superbe CD Praga Digitals PRD 250 312.

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    Debussy réclame une forte présence d’incarnation.

    …

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    Si Debussy n’a pas le charme poli, élégant, soyeux, de Ravel,

    sa musique, tout autant d’esprit français,

    est d’une merveilleuse et constamment inventive _ sans formules à suivre et dérouler, ou répéter _ subtilité

    qui nous comble, elle aussi, d’une enivrante puissante joie musicale.

    …

    …

    De ce Quatuor en sol mineur de Claude Debussy,

    voici aussi un très éloquent podcast, en 1958, par le Budapest String Quartet

    _ Joseph Roisman et Alexander Schneider, violons, Boris Kroyt, alto, et Mischa Schneider, violoncelle.

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    Ce dimanche 14 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une apothéose d’Adam Laloum ? La douceur naturelle renversante de ses Schubert D. 894 et 958…

    Il y a déjà bien longtemps que j’aime _ tout simplement _ le piano _ naturel, sans la moindre affèterie ! _ d’Adam Laloum

    _ cf mon article du 21 janvier 2019 : …

    …

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    Alors que je ne suis pas sans réticence

    devant les sonates pour piano de Schubert _ et leurs redoutables infinies longueurs…

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    Eh bien ! Adam Laloum nous livre semble-t-il ici la clé

    _ renversante ! _

    de l’intimité de Schubert lui-même à son piano

    …

    en son interprétation d’une douceur absolue

    des Sonates

    en Sol majeur « Fantaisie » D.894

    et en Ut mineur D. 958

    …

    en un admirable CD Harmonia Mundi HMM 902660.

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    Voici ce qu’en a dit le 18 février dernier Jean-Charles Hoffelé

    en son blog Discophilia,

    sous le titre Schubert enfin.

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    SCHUBERT ENFIN

    Adam Laloum se sera beaucoup cherché d’un éditeur l’autre, un talent pareil devait trouver bon port, sa venue chez harmonia mundi, les micros si attentifs d’Hugues Deschaux dans l’Eglise du Bon Secours et un Steinway réglé au cordeau lui font mieux qu’un cadre idéal : ils lui donnent la liberté de réaliser à plein ce qu’il promettait _ et avait donné, à l’occasion ! Je trouve ici Jean-Charles Hoffelé bien sévère !

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    Le défi n’était pas aisé : pas de Sonate plus difficile (chez Schubert et ailleurs) que la « Fantasie ». Vladimir Ashkenazy l’aura adorée, et le premier aura su y respirer ce chant qui hésite, ne se configure pas, s’arrête, se répète, dévie. Une sonate ? Quatre poèmes _ distincts _ qui ne peuvent s’incarner sans un autre “compositeur” qui saura les respirer _ à la Radu Lupu, aussi….

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    Et ici, Adam Laloum est simplement saisi par le génie si particulier de cette musique qui n’a jamais eu d’équivalent en termes de poésie pure. Alors il ne m’en voudra pas trop tôt de rappeler que peu ont su trouver les notes justes, et qu’il me semble qu’il s’y souviendrait peut-être d’Ashkenazy et de Kempff. Il est surtout lui-même, timbrant, respirant, ombrant, chantant pour lui _ oui : Adam Laloum chante pour lui, et avec quelques partenaires chambristes, aussi… _  dans cette éloquence secrète qui est le cœur de Schubert. Avec une palette de timbres composée par un peintre.

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    Cette sol majeur est impérissable, jouée ainsi pour soi-même, et portée dans un son qui veut aussi parler à d’autres. La pondération relative qu’il met aux escarpements de la Sonate en ut mineur le montre non pas plus prudent, mais comme saisi par une conscience de ce qui s’y joue.

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    Richter l’emportait dans un combat digne d’un Roi des aulnes, Laloum _ lui _ la construit avec ce qui serait un sentiment tragique, quelque chose d’irrémédiable que l’on veut éviter et qui surviendra quand même. Tout cela fait dans un clavier qui évoque _ oui _ plutôt qu’il ne proclame _ jamais rien de péremptoire chez Laloum, en effet. À mesure, l’œuvre étend son aile, les paysages se dévoilent, tout cela se construit, implacable et pourtant secret _ oui, à partager ainsi. Adam Laloum serait-il devenu cet aigle du piano _ est-ce le symbole qui convient ? Par ce qu’il peut surplomber ?.. _ que j’espérais ? Ce disque est grand _ absolument.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Schubert (1797-1828)

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    Sonate pour piano No. 18 en sol majeur, D. 894
    Sonate pour piano No. 19 en ut mineur, D. 958

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    Adam Laloum, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM 902660
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    Photo à la une : le pianiste Adam Laloum – Photo : © Harald Hoffmann/Sony Music Entertainment

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    Ce samedi 22 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa