C’est vraiment royalement que la toujours magnifique Véronique Gens – Orléans, 19 avril 1966 – incarne 8 imposantes reines tragiques (Atalante, Médée, Armide, Phèdre, Zaïde, Érinice, Circé, Déjanire) du grand opéra baroque français, en l’occurrence « Méléagre » (1709), « Médée et Jason » (1713), « Renaud ou la Suite d’Armide » (1722), « Hippolyte et Aricie » (1733), « Zaïde reine de Grenade » (1739), « Zoroastre » (1749), « Canente » (1760) et « Hercule mourant » (1761), de 6 compositeurs du grand Opéra baroque français, qui sont Jean-Baptiste Stuck (1680 – 1755), François-Joseph Salomon (1649 – 1732), Henry Desmarest (1661 – 1741), Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764), Pancrace Royer (1703 – 1755) et Antoine Dauvergne (1713 – 1797), en son superbe CD Alpha 1205 « Reines – Rameau – Dauvergne – Destouches « – enregistré à Metz du 30 mars au 1er avril 2025 – , avec l’Ensemble Les Surprises, sous la direction de Louis-Noël Bestion des Camboulas …
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Et au passage je m’étonne que pour le titre de ce CD « Reines – Rameau – Dauvergne – Destouches« , a été choisi – par inadvertance ? et défaut de relecture ? – le nom d’André Cardinal Destouches (1672 – 1749), dont sont présents, aux plages 11 et 13 deux Airs pour les Sacrificateurs extraits de l’opéra « Callirhoé » (de 1712), mais dans lesquels n’intervient pas (!) Véronique Gens, à la place du nom d’Henry Desmarest (1661 – 1741), un compositeur merveilleux (!!), dont sont présents, extraits de son magnifique « Renaud ou la Suite d’Armide » (1722), 4 extraits, aux plages 7 à 10 du CD, dont 3 dans lesquelles Véronique Gens incarne, sublimement, son Armide…
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Et admirez ici cette vidéo (de 3′ 45) du sublime air de Phèdre « Quelle plainte en ces lieux m’appelle ? » de l’ »Hippolyte et Aricie » de Rameau, si magnifiquement incarnée ici par l’art de Véronique Gens…
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Ce mardi 7 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
Admirer le CD Hänssler Classics HC 25027 « Kodaly – Sibelius – Ysaÿe » – enregistré au Schloss Engers du 3 au 6 juin 2025 – du jeune Simon Tetzlaff – né à Bad Homburg en 1997, fils de Christian Tetzlaff, le merveilleux violoniste, et son épouse Diemut Schneider, clarinettiste ; et neveu de Tanja Tetzlaff, magnifique violoncelliste… – , violoncelliste, avec une sublimissime incarnation – wow !!! – de la géniale Sonate pour violoncelle seul Op. 8 de Zoltan Kodaly (1882-1967) – un compositeur que j’admire profondément ! – , et une miraculeuse « Malinconia« – écoutez ici cette tendresse et cette vie (11′ 34)! – de Jean Sibelius (1865 – 1957) – un compositeur à l’œuvre duquel j’étais jusqu’ici demeuré insensible, mais oui : « Malinconia » semble avoir été composée lors du décès de son fils, nous apprend Simon Tetzlaff à la page 19 de présentation du livret de ce CD : « Sibelius never confirmed that the piece directly relates to the death of his child, but the grief – and one could even say the maximum intensity of the grief – is immediatly palpable to the listener« : en effet !.. C’est magique ! – en un duo splendide, flamboyant !, avec le piano de feu de Kiveli Dörken – née à Dusseldorf le le 13 juillet 1995 ; je ne connaissais pas non plus jusqu’ici cette très imposante pianiste (!) ; mais regardez la ici, en cette vidéo, dans l’Arpeggione de Schubert, déjà avec Simon Tetzlaff (11′ 33)… – :
voilà ce que vient nous offrir la rencontre de cet irradiant CD de début de Simon Tetzlaff – regarder ici cette trop brèvevidéode présentation du CD, d’une durée de 38″ – , un CD découvert hier en un coin de la table de nouveautés, inséré au milieu d’autres, de mon disquaire préféré ; et c’est le seul nom de Tetzlaff – le prénom de Simon, lui, ne m’était jusqu’ici pas connu, en sa constellation familiale, et pour cause : c’est son CD de début !– qui m’a immédiatement fait flasher ;
pour le bonheur de mon écoute, arrivé chez moi, sur ma platine, avec cette révélation d’un magnifique interprète…
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Tout simplement ADMIRABLE !!!
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Et à suivre !
… Ce dimanche 4 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
C’est la perfection – prise de son comprise !– du CD ECM New Series 2848 487 8234 « Libro primo » de Rolf Lislevand – enregistré à Evje, en Norvège, en 2022 et 2023 – , autour de Kapsberger (Venise, 1560 – Rome, 1651), « Libro primo d’intavolatura di lauto » (Roma 1611) et « Libro primo d’intavolatura di chitarone » (Venezia, 1604) – sur un archiluth d’Hendrik Hasenfuss, d’après Railich, de 2009, et un chitarrone de ce même Hendrik Hasenfuss, d’après Tieffenbrucker, de 2004… – ,
qui me fait porter au pinacle cette merveille d’interprétation, enchanteresse, à nouveau – admirez ici ce podcast de 2’00 de la sublime « Toccata terza« (de 1611, à Rome) qui ouvre le récital de ce CD ; ou bien cette vidéo (officielle) de la « Passacaglia al modo mio« de Rolf Lislevand lui-même, d’une durée de 6′ 21 ; ou encore ce podcast de 4′ 08 de la « Toccata prima« (de 1611, à Rome) ; etc. – , de l’immense – et pas seulement par la taille ! par le talent, par le génie même d’incarnation de la musique à un tel degré enchanteur de perfection !.. – Rolf Lislevand – né à Oslo le 30 décembre 1961…
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Autour d’œuvres d’une poésie enchanteresse, oui vraiment, de ce compositeur de génie qu’est Johann Hieronymus Kapsberger (Venise, ca. 1580 – Rome, 17 janvier 1651),
Rolf Lislevand nous donne ici à apprécier aussi en ce récital intitulé « Libro primo« , outre sa propre composition « Passaglia al modo mio« , des pièces de Giovanni Paolo Foscarini (ca. 1600 – 1647), Bernardo Gianoncelli (premier 17e siècle), Diego Ortiz (Tolède, ca. 1510 – Naples, 1576) – extraites de son « Tratado de Glosas« , publié à Rome en 1553 ; écoutez ici le podcast de 1′ 53 de la très belle « Recercada sesta« , publiée à Rome en 1553… – , Alessandro Piccinini (1566 – 1638)…
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Un CD enchanteur !..
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Ce mardi 16 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
A propos du saisissant CD « Anton Bruckner – Symphony n° 9 – Carlos Païta », le tout récent CD PDD 043 du Palais des Dégustateurs – en un courriel en date du 3 mars dernier, j’en accusai réception auprès de l’ami Eric Rouyer par ce tout simple constat, complétant ma signature : ‘‘Francis, qui adore la Symphonie n° 9« … –,
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voici tout simplement ce juste et éloquent article signé Pierre-Jean Tribot sur le site de Crescendo Magazine, joliment intitulé « Noir, c’est noir : Bruckner par Carlos Païta« , en date de tout juste hier mardi 11 mars – avec quelques brèves incises, au passage, de ma part – :
Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°9 en ré mineur, WAB 109. Philharmonic Symphony Orchestra, direction : Carlo Païta. 1992. Livret en français et en anglais. Durée 51’28’’. Palais des dégustateurs PDD043.
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Dans le cadre de sa – passionnante et très nécessaire – série – de CDs – consacrée à Carlo Païta, le Palais des Dégustateurs propose un enregistrement de concert inédit – voilà ! – du chef d’orchestre dans la Symphonie n°9 de Bruckner. Cet enregistrement est particulièrement intéressant – oui ! et même davantage… -, car le chef n’avait pas laissé de témoignage de studio dans cette symphonie ; en effet, il n’a enregistré pour son label Lodia que les Symphonies n°4 etn°8.
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Au premier examen du disque, on est frappé – déjà ! – par le minutage annoncé : 51’28’’ ! Certes, comparaison n’est pas raison, mais c’est déjà un indicateur de la houle orchestrale – voilà : une houle ! ; et elle est proprement saisissante !!! – qui traverse – et porte et emporte – cette interprétation.
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Carlos Païta prend la partition à bras le corps – on ne saurait mieux dire : c’est totalement physique !!! – , c’est sans répits, c’est brassé et tumultueux ! Le climat est sombre, crépusculaire – oui -, et le chef impose une noirceur – oui : c’est l’expression juste ! – sans pareille – voilà ! – au mouvement initial “Feierlich, misterioso” – qui nous empoigne et nous emporte, sans un instant rien relacher en intensité de cette terrible étreinte physique !.. Le célèbre “Scherzo. Bewegt, lebhaft – Trio. Schnell” , mené en 8”25’’ est ahurissant de tension – lui aussi -, avec un trio à l’urgence totale – oui, oui ! – ne laissant pas – en effet… – le moindre répit émotionnel. Quant à ‘l’Adagio. Langsam. Feierlich” conclusif _ où personnellement je me suis laissé noyer et asphyxier, tétanisé… -, il poursuit – par des moyens inverses – cette course à l’abîme, ne préservant pas la moindre pause de répit dans cet océan de variantes d’obscurité et d’orages des ténèbres – dans lequel nous nous enfonçons sans pouvoir en rien lutter, tétanisés que nous sommes… Carlo Païta préserve l’arc dramatique et ne ménage pas la moindre seconde de transition, galvanisant – voilà – les pupitres de son orchestre, le repoussant au-delà de ses limites.
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Bien sûr, la prise de son de concert présente quelques limites en termes de restitution, mais la houle orchestrale de cette interprétation unique dans la discographie – voilà – en fait une version à connaître absolument – c’est certain ! Les brucknériens tant mystiques que métaphysiciens vont sans doute détester, mais les amoureux de l’art de la direction d’orchestre – mais de la musique aussi et surtout : il ne s’agit pas seulement, en effet, d’un simple tour de force de virtuosité de la direction d’orchestre de la part de Carlos Païta ; c’est beaucoup plus profond que cela ! Cela concerne l’essence même de l’œuvre en l’épaisseur et profondeur de sa chair musicale la plus à vif même… – vont se repasser ce disque en boucle ! – absolument… Et ce final est pour mon écoute ici par Païta une terrifiante déréliction (conduisant même à très court terme à la mort par tétanie et épuisement des forces vitales…) à la Egon Schiele (Tulin an der Donau, 12 juin 1890 – Vienne, 31 octobre 1918 ; je ne sais ce qu’aurait pensé de ce rapprochement-ci Anton Bruckner lui-méme (Ansfelden, 4 septembre 1824 – Vienne, 11 octobre 1896), compatriote autrichien de Schiele, certes, mais d’une toute autre génération : ils n’ont même pas pu se connaître ; et appartiennent aussi à des univers artistiques a priori très éloignés : nulle once de mysticisme, par exemple, en l’œuvre picturale, sublime elle aussi, d’Egon Schiele…
Mes incises inserrées ici en ce très juste commentaire de Pierre-Jean Tribot, mettent donc l’accent sur la course à l’abîme affolante et effrénée des deux premiers mouvements de cette grandissime – sublime –9e Symphonie d’Anton Bruckner, suivis de la terrible déréliction, alentie elle, jusqu’à immobilité, à la Egon Schiele, du 3e mouvement, de cette œuvre sublime, oui, laissée inachevée par le compositeur, comme effaré et bras coupés en cette ultime création, transcendante et immanente à la fois, de sa part, et qui le submerge…
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Une interprétation-incarnation saisissante, j’insiste, de la part de ce chef singulier – et diaboliquement juste ! –qu’est Carlos Païta (Buenos-Aires, 10 mars 1932 – Buenos-Aires, 19 décembre 2015), et qui va infiniment loin et profond, donc, pour ce chef d’œuvre lui-même foudroyant d’Anton Bruckner…
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Un CD du Palais des Dégustateurs qui marque donc à cœur et à vif !
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Ce mercredi 12 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa