Étiquette : interprétations

  • De l’importance de l’orchestre dans les Concertos pour Piano de Ravel : une perplexité…

    Ayant énoncé en mon article d »hier « L’impeccablement ravelien « Tombeau de Couperin » de Christian Macelaru dirigeant l’Orchestre National de France le 28 février 2025 : clarté, lumière et couleurs irradient en toute plénitude le jeu ; le plus pur Ravel est bien là… » ma très profonde admiration pour la parfaite conduite par Christian Marcelaru de l’Orchestre National de France dans le triple admirable CD « Ravel Paris 2025 » – il me faudra bien sûr y revenir… – ,

    il me faut aujourd’hui avouer ma persistante perplexité face à la réalisation bancale à mes yeux et surtout oreilles du CD Alpha 1162 « Ravel – Piano Concertos » du merveilleux Nelson Goerner (!!!)  et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Kazuki Yamada  – un CD enregistré à Monaco les 29 mars et 1er avril 3025…

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    Face au sublimissime – oui – jeu de piano de Nelson Goerner, cet orchestre ne fournit pas, à mon gout, l’écrin ravelien dont celui-ci a besoin ;

    surtout par comparaison avec la prestation ravelissime de l’Orchestre National de France conduit si raveliennement par le si ravelien ici Christian Macelaru…

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    Parmi les orchestres que j’oserais qualifier eux aussi de « raveliens« , je puis citer au premier chef aussi l’admirable Les Siècles, et sous la direction du magnifique François-Xavier Roth, dont j’ai maintes fois, en les articles de ce blog encherchantbien.fr , fait l’éloge…

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    Réussir à se couler, au concert comme au disque, dans la si subtile pâte orchestrale de Ravel n’est pas donné à tout le monde…

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    Ce samedi 20 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Apprécier ou pas Alexei Lubimov interprétant les « Fantasien » Op. 116, les « Intermezzi » Op. 117, et les « Klavierstücke » Op. 118 de Johannes Brahms dans le CD NIFCCD 154 de l’Institut Chopin de Varsovie…

    Alexei Lubimov – né à Moscou le 16 septembre 1944 : c’est donc aujourd’hui son 81e anniversaire !  – est un pianiste que j’apprécie beaucoup et dont je collectionne avec jubilation les disques…

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    Dès sa parution, il y a quelques mois, je me suis ainsi procuré son CD « Brahms – Alexei Lubimov – Fantasies – Rhapsodies -Intermezzi – Klavierstücke » – des œuvres de Johannes Brahms que je porte, elles aussi, au pinacle.

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    Mais les interprétations donnent parfois lieu à des appréciations un peu diverses…

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    Et voici ce jour, l’article que sur ResMusica en ce mardi 16 septembre, et sous le titre de « Brahms autrement, par Alexei Lubimov sur un piano historique Streicher« , nous donne le critique musical Bénédict Hévry – un article que pour une fois je donnerai avec un minimum de farcissures miennes… – de ce CD – enregistré à Brno du 6 au 9 février 2024 – :

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    Brahms autrement par Alexei Lubimov sur un piano historique Streicher

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    , revient à Brahms pour le label de l’Institut national polonais Frédéric Chopin : il unit aux deux célèbres Rhapsodies opus 79, trois – manque donc l’Op. 119 – des quatre ultimes cycles pianistiques interprétés sur un instrument historique de 1878 dû à Ludwig Baptist Streicher.

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    Le Narodowy Instytut Fryderyka Chopina s’est fait, au gré des ans, l’ardent défenseur par ses publications richement documentées, de l’interprétation sur piano d’époque – voilà – du répertoire romantique, bien au-delà de la seule œuvre du compositeur franco-polonais – Frédéric Chopin – comme en témoignent de nombreux disques, parfaits relais et illustrations de son propre  festival annuel « Chopin et son Europe ».

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    Le Russe Alexeï Lubimov s’est taillé une solide réputation de pianiste « tout terrain » : il s’illustre aussi bien comme pianofortiste dans le répertoire classique que comme avocat de la musique d’aujourd’hui, mais peut aussi proposer une approche fraiche et renouvelée – voilà – du répertoire romantique, tant sur piano moderne que d’époque. Il s’est ainsi déjà à maintes reprises illustré dans le répertoire brahmsien – en tant que chambriste, accompagnateur ou récitaliste. Pour le présent enregistrement, il recourt à un piano viennois de 1878 dû à l’atelier de Johann Baptist Streicher, et issu de la collection de Gert Hecher : un instrument de taille respectable (2m60), à cordes croisées montées sur un cadre en fonte et doté d’une mécanique à l’anglaise à simple échappement.

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    Les sept Fantaisies op.116 surprendront d’emblée – et l’interprétation décevra quelque peu au gré des trois capriccii (1-3 et 7). Lubimov exacerbe un peu chaotiquement les notes piquées du premier, ici plus agitato que presto (rappelant en plus déboutonné Wilhelm Kempff dans son enregistrement de 1953 pour Decca), manque de précision rythmique de vigueur et de fluidité au gré du n°3 ou apparait bien timoré et besogneux au long du démoniaque n°7, si on le compare à la furieuse Anna Gourari (Berlin Classic) ou à l’orageux Stephen Kovacevich (Decca) – deux interprétations que j’ai moi aussi admirées. L’échelle dynamique de l’instrument paraîtra rabotée, les aigus un rien fêlés et la mécanique délicate loin de notre confort d’exécution – ou d’écoute – moderne. Mais, en contrepartie, les couleurs harmoniques chaudes et automnales, exaltent la poétique des quatre intermezzi du même cycle, avec ces demi-teintes évanescentes (conclusion sublimée du n°2) ou, dans le n°4, ce splendide usage de la pédale una corda (à partir de 2’03 ») ou ces senteurs boisées nimbant l’intime choral du n°6.

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    Par le truchement d’un instrument à l’ambitus plus restreint, les deux Rhapsodies de l’opus 79 gagnent derechef en coloris ce qu’elles perdent en impact dramatique, un sentiment exacerbé par des phrasés par moment très hachés – en effet : d’un Brahms un peu colérique ici… – : il manque un peu cette dimension épique quasi symphonique (pour la première) ou cette urgence fatale (pour la seconde) qu’y exaltait lui-même, sur un Steinway moderne, voici trente ans (Erato, réédité autrefois chez Warner-Apex).

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    Les deux premiers Intermezzi de l’opus 117, trop sonores, nous semblent un rien prosaïques, un peu rythmiquement cagneux, au ras du clavier, sans ce souci des nuances a minima ou cette douleur impalpable qu’y glissaient dans le balancement rythmique Julius Katchen, Radu Lupu (Decca tous deux), ou plus près de nous, de manière plus extravertie, Hélène Grimaud dans son enregistrement Erato ou Arcadi Volodos – Sony). Mais le troisième, bien plus habité en sa pudique pérégrination, prend ici idoinement une dimension lugubre voire menaçante de ballade nordique.

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    L’opus 118, sans atteindre le classicisme de Kempff, le lyrisme de Katchen, l’introspection de Lupu, l’intensité énergique de Kovacevich, ou la modernité narrative de Volodos – un interprète que personnellement j’exècre – , demeure dans sa globalité le cycle le plus satisfaisant du présent enregistrement, d’un emportement mesuré (n°1) ou d’une mélancolie amère et cruelle dans sa désespérance (Ballade n°3). Mais ailleurs Lubimov exalte aussi l’enchanteresse nostalgie par un sens aigu du cantabilé (n°2), l’inquiétude étrange et haletante (n°4), l’évanescence presque religieuse (Romance n°5), et irise par les effets de pédale, les nappes fantomatiques et les bribes thématiques – probable allusion au Dies irae grégorien – de l’ultime Intermezzo en mi bémol mineur – jusque dans les cris de révolte déchirant de son crescendo central.

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    Voilà un récital Brahms quelque peu inégal et inconstant mais à l’originale approche historiée : il vaut un large coup d’oreille par l’utilisation d’un piano – certes millésimé et aux limites audibles – mais proche de ceux qu’aurait pu utiliser Brahms lui-même. Et en ce sens, voilà un bien précieux document – le point de vue du critique demeure assez limité…

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    Johannes Brahms (1833-1897) : sept Fantaisies, opus 116 ; deux Rhapsodies, opus 79 ; trois Intermezzi, opus 117 ; six Klavierstücke, opus 118. Alexeï Lubimov, piano Streicher, Vienne, 1878. 1 CD Narodowy Instytut Fryderyka Chopina. Enregistré en la salle du Besední dům de la philharmonie de Brno, du 6 au 9 février 2024. Notice de présentation en polonais et anglais. Durée : 79:20

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    Dont acte.
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    Une interprétation parmi pas mal d’autres – pour ma part, j’aime beaucoup aussi le passionnant double CD Tacet 256 « Johannes Brahms – Complete Intermezzi » d’Evgeny Koroliov, enregistré à Berlin en février et octobre 2018 et février 2019… – de ces chefs d’œuvre bouleversants et singuliers du piano.

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    Ce mardi 16 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une parlante écoute comparée des Lieder de Schubert « Viola » D. 786 et « Wandrers Nachtlied » D. 768, par Georg Nigl, baryton, en ses CDs Alpha 934 « Echo » et Alpha 646 « Vanitas » (les deux avec la pianiste Olga Pashchenko), et Sandrine Piau, soprano, en le CD Alpha 1157 « Schubert – Quintette imaginaire » (avec le Quatuor Psophos) ; ou ce qu’est saisir et donner à partager la magie la plus pure de l’!ntime…

    Une parlante écoute comparée de Georg Nigl, baryton, et Sandrine Piau, soprano, dans 2  très beaux Lieder de Schubert, en quelque sorte décisive.

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    Écoutez-donc ici :

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    « Viola« , par Georg Nigl, baryton, et Olga Pashchenko, pianiste (à la plage 2 du CD Alpha 934 « Echo » : 15′ 17)

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    « Viola« , par Sandrine Piau, soprano, et le Quatuor Psophos (à la plage 8 du CD Alpha « Schubert – Quintette imaginaire » : 13′ 17)

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    Et

    « Wandrers Nachtlied« , par Georg Nigl et Olga Pashchenko (à la plage 2  du CD « Echo » : 2′ 17)

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    « Wandrers Nachtlied« , par Sandrine Piau et le Quatuor Psophos (à la plage 12 du CD « Schubert – Quintette imaginaire » : 1′ 52)

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    Sandrine Piau a une fondante voix de miel,

    Georg Nigl a un incomparable imparable sens de la poésie la plus intime…

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    Et déjà la durée des interprétations de ces 2 Lieder a une très notable signification…

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    Pénétrer et servir à ce degré de vérité et naturel l’incomparable poésie si poignante du plus intime de Schubert – et celle aussi, comme jamais jusqu’ici du moins au disque, celle des Lieder (pré-schubertiens !) de Mozart dans le merveilleux CD Alpha 1142 « Mozart’s clavichord« , avec le clavicordiste magicien lui aussi qu’est Alexander Gergelyfi… – tient du miracle…

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    Ces magiques CDs de Lieder – comment avais-je pu ne pas les repérer à leur sortie ??! – constituent ainsi de somptueux cadeaux musicaux !!!

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    Ce vendredi 12 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le bel élan de la « Waldstein » de Steven Osborne (en 2008) : un manque de ma discothèque enfin comblé…

    M’étant aperçu, à l’occasion d’une récente recension des CDs de Steven Osborne présents ou pas dans ma discothèque personnelle – c’était en passant en revue mes CDs Schubert des divers « Impromptus » et « Moments musicaux » par divers interprètes, dans le sillage du choc de mon admiration pour le sublime CD « Franz Schubert – Fantasies«  d’Ammiel Bushakewitz, le CD Hänssler classic HC 24025 ; une admiration si bouleversante qu’elle m’avait conduit à revenir bien écouter le plus possible de la discographie de ces pièces si merveilleusement libres de Schubert ; et, en effet, j’admirais aussi alors le CD Hyperion CDA 68437 « Schubert – Moments musicaux – Piano Sonate an ut majeur D959« ..de Steven Osborne… – , de l’absence du CD de Steven Osborne comportant, de Beethoven, la « Waldstein » Op. 53, une œuvre qui est possiblement ma favorite des 32 sonates de Beethoven,

    j’ai commandé alors à mon disquaire préféré – avec lequel je discute beaucoup – le CD Hyperion CDA 67662 « Beethoven – Piano Sonatas – Moonlight – Pathetique – Waldstein » de l’excellent pianiste écossais – né en 1971 – qu’est Steven Osborne ;

    le CD que je viens de recevoir ce samedi 30 août…

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    Dans un article en date du 21 janvier 2020, j’avais posé la question « Qui pour interpréter aujourd’hui les Sonates pour piano de Beethoven ? Brautigam, Kovacevich, Pletnev…« , en m’arrêtant au passage sur quelques interprètes de choix de cette « Waldstein » bien aimée – je l’avais aussi entendue en concert au Grand-Théâtre de Bordeaux, et elle m’avait très vivement impressionné !

    Et en ce même article du 21 janvier 2021, j’avais placé un lien à un  article – du 15 février 2019 –  Beethoven’s « Waldstein » Sonata : a guide to the greatest recordings du magazine Gramophone, sous la plume de Patrick Rucker, qui donnait cette interprétation de Steven Osborne pour Hyperion, en 2008, comme son « spiritual choice » :

    « Over the course of 27 riveting minutes, Steven Osborne creates a trenchant musical narrative spanning three disparate movements, suggesting a compelling spiritual journey of transformative power« .

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    Et celui-ci l’avait analysée ainsi :

    « The Waldstein of Steven Osborne is at once original in concept and the attainment of a classical ideal. In an Allegro con brio fairly bursting with energy and rhythmical élan, the overriding impression is one of profound lyricism. Beautifully shaped phrases are set in textures of sumptuous variety. Osborne has an amply equipped arsenal of attack-and-release strategies throughout his range but his infinitely calibrated dynamics are most remarkable at the soft end of the spectrum. The intricate drama of the development unfolds with an urgency that keeps you on the edge of your seat, uncertain of the outcome. Any shift from this heightened level of excitement might seem abrupt but the Adagio immediately establishes the aura of hallowed realms, imbued with oracular mystery. From there, an atmosphere of ethereal calm attends the first glimpse of the Elysian Fields at the beginning of the Allegretto moderato. The remaining peaks and valleys are navigated without misstep and always with an eye towards grandeur »…

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    Et à l’écoute ce jour de cette « Waldstein » de Steven Osborne – enregistrée à Londres en septembre 2008, il va y avoir 17 ans… – je découvre que l’élan si enthousiasmant de l’œuvre de Beethoven y est effectivement bien présent, et bien beau – écoutez ici…

    L’oubli discographique est donc maintenant réparé, et l’absence comblée.

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    Ce samedi 30 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa