Étiquette : Jacques Duphly

  • Et admirer maintenant le mieux que délicieux CD « Révélations – Jacques Duphly » de Iori Hayashi au clavecin (et clavicorde), pour le label Paraty : une fête en apothéose du clavecin du XVIIIe siècle…

    Le mieux que délicieux CD Paraty 2026001 « Révélations – Jacques Duphly » – enregistré au Studio Sequenza du 3 au 5 mars 2025  – vient nous offrir, sous les très poétiques doigts de Iori Hayashi, sur un lumineux clavecin Marc Ducornet d’après un Ruckers-Taskin, mais aussi, pour quelques pièces, un merveilleux clavicorde prêté par Kae Hatano, en son choix présent de 14 pièces – sur les 51 que comportent les 4 livres de clavecin de Jacques Duphly, publiés en 1744, 1748, 1756 et 1768 ; et ces dates parlent d’elles-mêmes… – , une admirable fête en apothéose du clavecin du XVIIIe siècle, qui vient marquer sans conteste une déjà assez riche discographie de Jacques Duphly (Rouen, 12 janvier 1715 – Paris, 15 juillet 1789) – par exemple le CD « Jacques Duphly«  Aparté AP 043 de Christophe Rousset – enregistré à Paris, à la Banque de France, le 18 octobre 2011… – , ou même l’« Intégrale de l’œuvre pour clavecin de Jacques Duphly » par Yannick Le Gaillard, en un coffret de 4 CDs pour le label Adda, paru en 1989, et assez oublié aujourd’hui… – ;

    cf par exemple mon récent article du 7 mars dernier intitulé « Le Duphly varié de Loris Barrucand en son beau CD « Eclats et derniers feux -Jacques Duphly » à L’Encelade…« …

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    La présente anthologie Duphly de Iori Hayashi et celle récente aussi de Loris Barrucand, comportent toutes les deux 14 pièces, choisies au sein des 4 livres de clavecin de Duphly (de 1744, 1748, 1756 et 1768), mais seulement 5 sont communes à ces deux CDs : le « Rondeau en do » et l’ »Allemande en ré » du Premier Livre de 1744, « La D’Héricourt » et « La Lanza » du Deuxième Livre de 1748, et « La De Drummond » du Quatrième Livre de 1768 – cette pièce dont Jean-Charles Hoffelé a pu remarquer qu’elle anticipait carrément le merveilleux ton de Mozart… 

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    Écoutez et regardez simplement ici, pour vous mettre un peu en bouche l’art de Iori Hayashi, le superbe « Rondeau en do » du Premier Livre de 1744, qui ouvre en beauté, à la plage 1, le plus que délicieux récital de ce CD Paraty,

    pris ici en concert en avril 2022, pour Radio-France…

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    Ce jeudi 17 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le sublimissime art du portrait musical de Couperin, Forqueray, Marais et Rameau par leurs contemporains ainsi qu’eux-mêmes, délicieusement servi au disque par l’Ensemble Les Timbres : un enchantement de musique française saisie en sa plus tendre intimité…

    C’est le sublimissime art du portrait musical de François Couperin, Antoine Forqueray, Marin Marais et Jean-Philippe Rameau – soient « quatre figures majeures de la musique baroque française, comme un jeu de cartes d’exception qui réunirait les portraits de ces quatre compositeurs dont la singularité et le génie ont marqué durablement l’histoire de la musique«  ,ainsi que le formule le livret page 6… – amicalement réalisé par leurs contemporains Jean-Féry Rebel, Louis Caix d’Hervelois, François d’Agincourt, Louis-Antoine Dornel, Charles-Alexandre Jollage, Pierre-Nicolas Lafont, Jacques Duphly et Josse Boutmy – certains très peu connus de nous, ainsi que du disque,  jusqu’à’ici… – , ainsi, d’ailleurs, que par eux-mêmes aussi,

    que vient délicieusement servir, en un superbe CD Château de Versailles Spectacles CVS 175 « Carré d’As – Portraits musicaux -Couperin, Forqueray, Marais, Rameau« , l’Ensemble Les Timbres, formé de Julien Wolfs, clavecin, Myriam Rignol, viole de gambe et Yoko Kawakubo, violon, pour le n° 16 de la collection La Chambre du Roi – enregistré pour le principal (21/30) à Pompierre-sur-Doubs du 27 au 29 juin 2025, mais avec aussi 3 pièces enregistrées à Beaufays (Rameau) en novembre 2013, 3 autres à Besançon (Marais) en juin 2020, et 3 autres encore à  Saint-Trond (Forqueray) en février 2023… – :

    une bien belle idée de programme – « cet enregistrement est conçu comme une série de miniatures musicales, chacune révélant une personnalité, une esthétique et une manière unique de traduire les passions humaines. De l’élégance raffinée de Couperin à la puissance expressive de Forqueray, de la profondeur sensible de Marais au génie harmonique de Rameau, ces portraits offrent une palette contrastée d’émotions et de caractères » (selon la très juste présentation du livret, page 6)… – , déjà, mais surtout idéalement réalisée ici pour notre enchantement de musique française à un de ses probables sommets, en ce début de XVIIIème siècle français, de délicatesse intime, d’élégance et de charme absolus, et de raffinement le plus naturel, que nous aimons tant…

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    Et admirez cette généreuse vidéo de présentation exclusivement musicale du CD (d’une durée de 7′ 40)…

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    Ce samedi 18 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Duphly varié de Loris Barrucand en son beau CD « Eclats et derniers feux -Jacques Duphly » à L’Encelade…

    « Duphly semble avoir cultivé une certaine ambivalence stylistique nourrie par diverses influences« , voilà qui résume mon impression de très plaisante variété à l’écoute du riche choix de pièces de Jacques Duphly, de diverses influences, en effet, qu’a souhaité mettre en valeur Loris Barrucand en son remarquable CD L’Encelade ECL 2584 – enregistré à Valezan du 27 au 30 juillet 2025 – « Éclats et derniers feux -Jacques Duphly« …

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    CD sur lequel j’ai trouvé une très détaillée et pointue critique de Viet-Linh Nguyen, intitulée « Le Monde d’hier » sur le site de La Muse Baroque, en date du 20 février dernier :

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    CDS & DVDS, CRITIQUES

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    Le monde d’hier (Duphly, Eclats et derniers feux, Loris Barrucand – L’Encelade)

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    duphly barrucand

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    “Eclats et derniers feux”

    Jacques DUPHLY (1715-1789)
    Pièces de clavecin extraites des Livres I (1744), II (1748), III (1756) et IV (1768)

    Loris Barrucand, clavecin Antony Sidey d’après Jean-Henri Hemsch

    Un CD digipack, enregistré du 27 au 30 juillet 2025 à l’église Saint-François-de-Sales de Valloire (Savoie). L’Encelade, 62′

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    Peut-on rêver dates plus évocatrices que celles de la vie de Jacques Duphly ? Ce dernier naît en 1715, année de la mort du Roi Soleil. Il meurt le lendemain de la prise de la Bastille, le 15 juillet 1789. Il s’éteint discrètement en son logement, trois pièces au deuxième étage de l’hôtel de Juigné — qui se situait à l’emplacement actuel de l’école des Beaux-Arts — où il vivait en compagnie de son fidèle domestique Nicolas Depommier, qui le servait depuis trente ans. Sur la fin de sa vie, il vivait au milieu de ses livres, cent quatre volumes, dont des œuvres de Voltaire et des partitions. Mais son inventaire après décès ne mentionne pas même un clavecin.

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    Jacques Duphly fut l’un des grands et derniers représentants du clavecin des Lumières. Gustav Leonhardt lui-même, que l’on a trop souvent réduit à son image de protestant rigoriste, a apprécié ce clavecin trop facilement décrit comme galant. Un premier enregistrement, raide et sec, parut chez Sony en 1973, mais c’est surtout dans celui de chez Harmonia Mundi, en 1991, qu’il rendit justice en quelques pièces à celui qui s’inscrivit en partie dans la filiation des Couperin et des Rameau. D’ailleurs, ces pièces manuscrites furent un temps attribuées à Rameau.

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    Jean-Patrice Brosse en fut un ardent défenseur, lui qui a consacré à ce compositeur deux des trois intégrales — il l’enregistra d’ailleurs par deux fois ! — la première d’une rare élégance n’étant hélas jamais reparue en CD (EMI), la seconde plus vive mais moins rêveuse (Pierre Verany) — nous le décrit comme « une figure de solitaire modeste, introverti, dépressif peut-être ». Pas de portrait, peu de descriptions, peu de renseignements sur sa vie. Aucune charge d’organiste. Il fut l’élève de François d’Agincourt, connut le succès, composa ses quatre livres de clavecin jusqu’à l’âge de 53 ans, puis, progressivement, se retira de la vie parisienne. Lui qui pourtant était l’un des professeurs de clavecin les plus en vue de la capitale et fréquentait, dans ses grandes années, la haute société culturelle parisienne des années 1740. On trouve d’ailleurs nombre de dédicaces dans les titres de ses œuvres. L’État ou Tableau de Paris de Jèze, paru en 1757, le fait figurer en bonne position. Pascal Taskin lui-même donne le prix de ses leçons : six livres, c’est-à-dire autant que Balbastre.

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    Certes, le Troisième Livre est imprégné d’influences un peu plus italiennes et modernes. Le Quatrième, relativement court et contenant également des pièces accompagnées au violon, use et abuse un peu des rodomontades, de la basse rudimentaire d’Alberti, sacrifiant à la mode du pianoforte. Les mélodies sont un peu faciles, mais en même temps on y trouve “La du Bucq“, “La de Vaucanson” ou “La Pothoüin“, magnifiques chefs-d’œuvre dignes des époques précédentes.

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    A chacun son Duphly. Le nôtre a été profondément marqué par la vision de majesté nostalgique d’un Leonhardt, ou de Scott Ross, notamment dans les live à Radio France du 15 janvier 1983. Et puisqu’on parle de Scott Ross, comment ne pas mentionner la poésie alanguie d’Élisabeth Joyé, chez Alpha, sur ce même clavecin historique du château d’Assas lui-même ? Ou encore de Catherine Latzarus (Calliope), cette grande ramiste. D’autres, et non des moindres, ont voulu tirer Duphly vers davantage de sanguinité. C’est le cas de Christophe Rousset dans son superbe double opus chez Aparté, enregistré dans la Galerie Dorée de la Banque de France. Est-ce que les boiseries Régence et leurs mouvements l’ont inspiré ? C’est un enregistrement magique qui concilie à la fois une certaine nervosité bouillonnante, sans tomber dans la facilité, et des articulations d’une transparence éclairante qui éblouissent comme un soleil d’hiver.

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    Daquin louait son toucher. En 1753, il écrit : « On lui trouve beaucoup de légèreté dans le toucher et une certaine mollesse qui, soutenue par des grâces, rend à merveille le caractère de ces pièces. ». Ce n’est pas le chemin que prend Loris Barrucand, qui choisit un Duphly nettement plus énergique, et nous propose une vision radicalement différente, extrêmement variée de Duphly : il dessine avec ductilité et jubilation un Duphly fier, cuivré, plein d’entrain, parfois de morgue, d’une assertivité virtuose. À l’inverse du caractère introverti décrit par Jean-Patrice Brosse, ce Duphly souhaite croquer la vie à pleines dents. Et d’ailleurs, son valet est mentionnait encore pour le dimanche 12, dans sa liste de courses du “sirop de groseille”. le claveciniste a saisi ce Duphly gourmand…

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    Sur un clavecin d’Anthony Sidey (d’après Jean-Henri Hemsch) capté d’un peu (trop) près, très viril, carré, “La de Vaucanson” joue les montagnes russes. C’est normal, le Quatrième Livre en met plein la vue. Mais “La Félix” du Second, extrêmement bien balancée, est plus démonstrative que tendre. “La de Latour” est brillante, mondaine : c’est une coquette. Il faut attendre le “Rondeau” du Premier Livre pour qu’enfin Loris Barrucand esquisse un sourire au lieu de rire aux éclats. Ce rondeau de premier rendez-vous, à la timidité d’une midinette, à la gêne d’une Françoise Hardy, sait dans sa pudique discrétion retrouver une éloquence qu’on attendait. De même, si “La d’Héricourt” est un peu sévère, avec cette main gauche très présente, elle sait par ses chromatismes, ses sautes d’humeur, tracer un portrait délié et original.

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    Autre passage très attendu, la deuxième “La de Drummond” du Quatrième Livre, remarquablement chantante, lyrique, très classique dans son Empfindsamkeit. Il y a du Rousseau dans cette “Drummond“. Si les Menuets ou l’Allemande du Deuxième Livre laissent froid, si l’Allemande du Premier Livre est abordée sur un tempo un peu trop pas lent, de même que la Courante du même livre, La Vanloo par son équilibre est réminiscente de Rameau mais le toucher dénote une dureté tendue, ciblée.

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    Et puis, sans doute le meilleur pour la fin, “La Pothoüin“, d’une densité complexe, aux lignes condensées, peu de lumière, tel un malaise en mineur d’une profondeur mouvante. Tout cela se finit sur une vaste chaconne. Elle lorgne moins sur un spleen diffus à la Lully que sur une grandeur théâtrale et colorée, quasi orchestrale. Elle est dansante, elle est démonstrative, elle est souriante, elle est presque triomphante. Cette pièce majeure du Troisième Livre, incontournable, mais que beaucoup de clavecinistes omettent à dessein dans leur anthologie, étale sa superbe. Loris Barrucand s’y vautre avec une jubilation talentueuse et une excitation croissante.

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    Le Mercure de France de janvier 1756 écrivait : « M. Duphly vient de mettre au jour son troisième livre de pièces de clavecin qui se vend aux adresses ordinaires. Son talent et son mérite sont trop connus pour avoir besoin d’être prônés. Le nom seul de l’auteur fait l’éloge de l’ouvrage. » Saluons cette parution variée et enthousiaste, et qui redonne à Jacques Duphly un visage pluriel. Un Duphly moins taiseux, moins attachant et moins sensible peut-être qu’à l’ordinaire, mais qui, comme l’indique le titre, jette avec brio ses éclats et les derniers feux du clavecin de l’Ancien Régime, celui d’un monde qui s’éteint au son des cordes et des sautereaux.

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    Alors, en ce 15 juillet 1789, alors que Paris est en ébullition et que bientôt le royaume entier se consumera, l’on se demande simplement si Monsieur Duphly — que le Journal Général de la France recherchait le 27 novembre 1788 pour savoir s’il était encore en vie (au sujet d’arrérages sur des rentes viagères) — l’on se demande si Monsieur Duphly a pu, avant son trépas, déguster en paix un dernier sirop de groseille et dire adieu à un monde finissant qu’il représentait si bien.

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    Viet-Linh Nguyen

    Technique : captation claire et franche, avec le clavecin capté de près (on entend les bruits mécaniques par moments).

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    Écoutez donc ici – de la plage n°7 de son CD L’Encelade ECL 2504 – sous les doigts de Loris Barrucand et sur un clavecin Anthony Sidey d’après Jean-Henri Hemsch, »La De Drummond » du 4e livre de Duphly (de 1768), une pièce dont Jean-Charles Hoffelé – qui a écrit un peu plus tard sur ce CD de Loris Barrucand, le 23 avril 2026, un article qu’il a choisi d’intituler « L’intime et le vif« … – a pu dire, en un autre article intitulé, lui, « Découvrir Duphly » en date du 30 juillet 2024 :

    « Si ce n’est pas Mozart qui pointe dans La De Drummond !« …

    Ainsi pourrez-vous en juger… 

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    Ce mercredi 4 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Pour en apprendre un peu plus sur Johannes Pramsohler, violoniste et créateur des disques Audax

    Voici déjà quelques temps que j’apprécie les CDs Audax

    que publie _ et interprète parfois _ le violoniste italien (du Sud-Tyrol) Johannes Pramsohler :

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    ainsi les excellents CDs

    Bach & Weiss, par Johannes Pramsohler, baroque violin, et Jadran Duncum, baroque lute (Audax ADX 13706),

    Handel Works for keyboards, par Philippe Grisvard (ADX 13709),

    French Sonatas for Harpsichord and Violin, par Philippe Grisvard et Johannes Pramsohler, violin (ADX 13710)

    et German Cantatas with Solo Violin, par Nahuel Di Pierro, basse, Johannes Pramsohler, violon, Andrea Hill, soprano, Jorge Navarro Colorado, tenor, Christopher Purves, basse, et l’Ensemble Diderot (ADX 13715) _ sur ce dernier CD cf mon article du 28 avril dernier : … _

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    Or voici que le site Res Musica vient de publier hier un excellent article sur le double CD Audax 13710 des Sonates françaises pour clavecin et violon, par Philippe Grisvard et Johannes Pramsohler.

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    Le voici donc _ avec l’ajout de menues farcissures miennes, en vert _ :

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    SONATES FRANÇAISES POUR CLAVECIN AVEC ACCOMPAGNEMENT DE VIOLON

    CD, Musique de chambre et récital

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    Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772) : Sonata I en sol mineur ; Sonata VI en la majeur.

    Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) : Sonata V en ré majeur ; Sonata VI en sol mineur ; Sonata IV en do mineur.

    Jacques Duphly (1715-1789) : « La de Casaubon », « La du Tailly », « La de Valmallette » ; « Ouverture », « La de May », « La Madin ».

    Michel Corrette (1707-1795) : Sonata IV en mi mineur.

    Claude Balbastre (1724-1799) : Sonata I en sol majeur.

    Luc Marchand (1709-1799) : Première suite avec accompagnement de violon en la mineur.

    Charles-François Clément (c. 1720-1782) : Sonata I en do mineur.

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    Philippe Grisvard, clavecin ; Johannes Pramsohler, violon.

    2 CD Audax Records.

    Enregistré en avril 2016 au SWR Studio Kaiserslautern.

    Textes de présentation en français, anglais, allemand et japonais.

    Durée : 1:50:23

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    Le claveciniste Philippe Grisvard et le violoniste Johannes Pramsohler nous présentent, pour leur troisième album enregistré en duo, une dizaine de sonates pour clavecin avec accompagnement de violon, genre en vogue sous le règne de Louis XV, dans les années 1740-1760. En offrant un beau bouquet de compositions méconnues, parmi lesquelles cinq sont des premiers enregistrements mondiaux, cette production est une aubaine _ mais oui ! _ pour tous les admirateurs de la musique d’alors.

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    L’âge du baroque tardif a vu naître en France un nouveau genre de musique instrumentale _ voilà ! _ : la sonate pour clavecin avec accompagnement de violon. Une telle combinaison d’instruments, sous forme de sonates en trio, avait déjà été proposée par Jean-Sébastien Bach pour son cycle BWV 1014-1019, composé aux alentours des années 1720-1723, pour lequel, cependant, la voix supérieure du clavecin et celle du violon étaient mises sur un pied d’égalité, tandis que pour les sonates françaises, la partie de violon était estimée de moindre importance par rapport au rôle tenu par l’instrument à clavier _ telle est donc la différence…

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    En parlant de cette innovation, nous pouvons résolument utiliser le terme _ expression plutôt _  de « révolution esthétique » car, jusqu’alors, dans la musique pour plus d’un instrument, que ce soient des sonates ou des suites, l’accompagnement était destiné à être réalisé par le continuo _ voilà. Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville décide – en vue d’explorer de nouvelles manières de s’exprimer – de confier au clavecin aussi bien la basse qu’une voix de dessus, et de les enrichir de « commentaires » donnés par une seconde voix de dessus exprimée par le violon. C’est ainsi qu’il fait publier, en 1740, ses Pièces de clavecin en sonates avec accompagnement de violon. Dans l’avant-propos de ce recueil, il note : « Il y a peut-être plus que de la témérité à donner aujourd’hui de la musique instrumentale au public. On a mis au jour depuis quelques années un nombre si prodigieux de sonates de toute espèce qu’il n’est personne qui ne croie que ce genre est épuisé. Cependant […] je me suis appliqué à chercher du nouveau » _ oui.

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    D’une part, les sonates de Mondonville présentent une division en trois mouvements empruntée à la sonate italienne ; d’autre part, on y perçoit un certain raffinement des lignes et le culte du détail caractéristiques de la musique française de l’époque _ bien sûr !

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    Le paysage de la musique de chambre en France fut dès lors changée de manière considérable. D’autres recueils, publiés par les contemporains de Mondonville, lui ont succédé : les Sonates pour le clavecin avec un accompagnement de violon que Michel Corrette fait éditer en 1742, pour lesquelles il affirme qu’elles peuvent être exécutées « sur le Clavecin seul », et celles de Charles-François Clément (1743), pour lesquelles la position du violon est affermie (du moins d’après leur titre : Sonates en trios pour un clavecin et un violon) par rapport à celle du clavecin. En 1745 voient le jour les sonates de Louis-Gabriel Guillemain, pour lesquelles la partie de clavecin, très athlétique, surpasse, du point de vue des difficultés techniques, celle laissée par Mondonville ; puis en 1747 sont publiées les suites de Luc Marchand, dans lesquelles le clavecin se voit rejoint non seulement par le violon, mais également par d’autres instruments ; en 1748 paraissent trois Pièces de Clavecin en Sonates avec accompagnement de violon de Claude Balbastre ; finalement, Jacques Duphly fait sortir, en 1756, son Troisième Livre de Pièces de Clavecin, renfermant six courtes pièces écrites selon le modèle laissé par Mondonville _ cet éclairage historico-musicologique est très intéressant.

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    Prestations puissantes, élégantes et ciselées

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    Pour ce qui est des exécutions, Philippe Grisvard et Johannes Pramsohler mènent une conversation galante _ voilà _ qui, malgré un léger manque de théâtralité rhétorique, convient étonnamment au goût français, en s’inscrivant dans la tradition qui consiste à mettre en lumière aussi bien la beauté même de la musique que la richesse des nuances _ oui : un goût français _ dont celle-ci s’accompagne. C’est ainsi qu’on admire la netteté du contour et la maîtrise des ornements (dont la majorité ont été annotés de la main des compositeurs _ c’est à souligner : marquant un tournant d’époque _), de même que l’importance de la mise en valeur de la pulsation _ oui _ et, pour la plupart des mouvements extrêmes, d’une certaine vivacité des tempi. Celle-ci accuse le côté expressif, voire émotif _ oui : anticipant en quelque sorte le moment de l’empfindsamkeit… _ de ces partitions, et pourtant, n’affecte pas leur charme ni leur grâce, en y apportant au contraire de la fraîcheur _ très bien.

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    Pour la plupart des compositions présentées dans cet album, le violon s’implante _ voilà _ au sein du tissu acoustique du clavecin afin de perfectionner la partie de ce dernier, conçue comme un centre de gravité _ voilà _ autour duquel tourne son satellite. Si dans cet enregistrement l’instrument à clavier se caractérise par un geste simple et introverti (ce qui ne veut pas dire qu’il a tendance à se retirer du dialogue), à savoir étudié plutôt que spontané, et équilibré plutôt qu’impératif – en quelque sorte, le contraire de ce que nous propose Christophe Rousset dans sa récente interprétation de la Sonate en sol majeur de Balbastre –, le violon se montre un meneur de jeu éblouissant _ voilà _ de virtuosité (sonates de Mondonville et Guillemain), de poésie (celle de Corrette), de tendresse (celle de Clément) et de douceur (la suite de Marchand et la sonate de Balbastre) _ c’est remarquablement dégagé.

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    Accordés à une fréquence de 415 Hz, les deux musiciens déploient une belle sonorité baroque, se distinguant par un large éventail de teintes et, surtout pour le violoniste – jouant d’un instrument construit en 1713 par Pietro Giacomo Rogeri, ayant appartenu à Reinhard Goebel à l’époque des plus grands succès de Musica Antiqua Köln – par une articulation agile, précise et, à la fois, élégante _ à la française. Les phrasés « chantants » de Johannes Pramsohler impressionnent autant par la délicatesse et la densité que par la clarté, voire la luminosité du timbre _ mais oui. On doit admettre que cet instrument a trouvé un digne successeur ! _ à Reinhard Goebel…
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    Voici une belle proposition discographique _ oui _ dont ne peuvent se passer les amoureux de la musique instrumentale baroque _ en un des pans méconnus. En trouvant le plaisir d’écouter les enregistrements offerts par le tandem de luxe Philippe Grisvard-Johannes Pramsohler, il faut espérer que ce répertoire continuera à être exploré.

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    Merci à Maciej Chiżyński de cette qualité d’écoute,

    au service de l’intelligence de sa propre curiosité musicale.

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    Et la passion de la curiosité est immensément féconde.

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    Et merci à Res Musica.

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    Ce dimanche 13 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa