Étiquette : Jean-Baptiste Weckerlin

  • L’art du merveilleux air de cour à la française, trop rarement servi au disque…

    L’air de cour à la française est un pur enchantement des sens et de l’esprit.

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    Ces dernières décennies, peu de réalisations discographiques, hélas.

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    Or, voici qu’un article de Jean -Charles Hoffelé sur son site Discophilia vient opportunément nous signaler de très intéressantes récentes parutions.

    L’article s’intitule Portrait de femme.

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    Il me plaît de m’en faire ici l’écho.

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    PORTRAIT DE FEMME

    La belle idée, réunir sous les plumes si diverses et si éloignées dans le temps, de Sébastien Le Camus à Jean-Baptiste Weckerlin, les mises en musiques des poèmes d’Henriette de Coligny au long de deux siècles. Mine de rien, ce voyage dans le temps permet à Marc Mauillon et ses amis de dresser un portrait vivant de l’évolution de la monodie, des airs pour la cour ou les salons à la mélodie romantique, en même temps que s’incarne la poésie si touchante et si juste de la Comtesse de La Suze.

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    L’entreprise est menée avec art, elle aura paru trop tard pour que Thierry Bardon, cheville ouvrière de ce beau projet, ait pu le voir et l’entendre. Est-ce aussi pour cela que le chant si sensible de Marc Mauillon se fait souvent si émouvant ? Il est, le plus clair de ces deux disques, seul devant ces poèmes qui auront tant inspiré les maîtres des airs de cours au long des XVIIe et XVIIIe siècles, Céline Scheen et Antonin Rondepierre le rejoignant parfois pour quelques rares poèmes à plusieurs voix, trouvant la veine lyrique si particulière que la Comtesse aura inspirée aussi bien à Sébastien Le Camus qu’à Michel Lambert auquel elle aura dicté ce chef-d’œuvre d’émotion qu’est Laissez moi soupirer, importune raison qui ouvre le deuxième disque.

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    Les découvertes abondent, paysagées par quelques pièces instrumentales dont l’élégante Suite en la mineur de Dufaut dont s’empare la harpe triple d’Angélique Mauillon. Merveille, un quasi petit air d’opéra, la mise en musique de Laissez durer la nuit par Jean-Benjamin de La Borde, proche de Marie-Antoinette et compositeur fécond d’opéras et d’opéras comiques, donne envie d’en savoir plus sur cet homme de cour monté à l’échafaud en 1794, victime de la Terreur, brillant lettré dont Jean-François Parot aura fait un des personnages récurrents de ses romans.

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    Prolongez les plaisirs de cet attachant double album et retrouvez Marc Mauillon au sein des Arts Florissants pour le troisième volume de la série dédiée au genre de l’air de cour : William Christie et ses amis herborisent dans les trente-sept Livres édités par Ballard, airs sérieux ou à boire majoritairement pris dans le _ premier _  Grand Siècle, avec même un Moulinié en italien qui vient soudain ébrouer son soleil.

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    Merveille, l’air de Boesset qui nomme l’album, « N’espérez plus mes yeux », où Emmanuelle de Negri est fabuleuse de nostalgie, mais tous seraient à citer, jusqu’au luth si suggestif de Thomas Dunford.

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    J’espère bien que la collection connaîtra de nombreux futurs volumes dans cette belle prononciation historiquement informée et qui ajoute également son sel au long de l’album de Marc Mauillon.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Je m’abandonne à vous
    Airs et chansons sur des poésies d’Henriette de Coligny, Comtesse de la Suze (1623-1673)

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    Sébastien Le Camus
    (ca. 1610-1677)

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    Je m’abandonne à vous, amoureux souvenir
    Ah ! fuyons ce dangereux séjour
    Délices des étés, frais et sombres bocages
    Bois écartés, demeures sombres
    Laissez durer la nuit, impatiente Aurore
    Vous ne m’attirez point par vos attraits charmants
    Ah ! qui peut tranquillement attendre
    Il n’est rien dans la vie
    Doux printemps
    Je sens au cœur un nouveau trouble
    Un berger plus beau que le jour
    Forêts solitaires et sombres

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    François Campion (ca. 1685/86-1747/48)

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    J’ai juré mille fois de ne jamais aimer
    Qu’il est propre à se faire aimer

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    François Dufaut (ca. 1604-1680?)

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    Suite pour luth en la mineur

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    Sieur de Machy (16..-1692)

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    Prélude pour viole
    Gavotte pour viole, extrait des « Pieces de Violle, Paris, Bonneuil, 1685 »

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    Bertrand de Bacilly (1621-1690/96)

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    Qu’il est propre à se faire aimer
    Je fuyais sous ces verts ombrages
    J’ai voulu suivre une autre Loi
    Dans ce bocage, où brille une jeune verdure
    Savourons à longs traits cet excellent Muscat
    Étoiles d’une nuit plus belle que le jour

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    Michel Lambert (1610-1696)

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    J’ai juré mille fois de ne jamais aimer
    Laisse-moi soupirer, importune raison
    J’aime, je suis aimé

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    Marin Marais (1656-1728)

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    Prélude en sol, extrait des « Pièces à une et à deux violes, 1686 »

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    Henry du Mont (1610-1684)

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    Laisse-moi soupirer, importune raison

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    Monsieur Royer (1610-1684)

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    Étoiles d’une nuit plus belle que le jour

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    Monsieur de Sainte-Colombe (ca. 1640-ca. 1701)

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    Chaconne en ré, extrait du « Manuscrit de Tournus »

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    Honoré D’Ambrius (fl. 1660-1685)

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    Le doux silence de nos bois
    Sous ces ombrages verts (attr. douteuse, possiblement de Robert Cambert)

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    Jean-Benjamin de La Borde (1734-1794)

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    Laissez durer la nuit, impatiente Aurore

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    Jean-Baptiste Weckerlin (1821-1910)

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    Sans amour et sans tendresse (Conseil d’aimer)

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    Anonymes

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    Sans amour et sans tendresse
    Vous ne m’attirez point par vos attraits charmants

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    Marc Mauillon, basse-taille
    Angélique Mauillon, harpe triple
    Myriam Rignol, viole de gambe
    Céline Scheen, dessus
    Antonin Rondepierre, taille
    Alice Piérot, violon

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    Un album de 2 CD du label harmonia mundi HMM 902674/75
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    N’espérez plus mes yeux…
    Airs sérieux et à boire, Vol. 3

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    Claude Le Jeune
    (ca. 1530-1600)

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    Allons, allons gay gayment
    Rendés-la moy cruelle
    Rossignol mon mignon
    Suzanne un jour

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    Étienne Moulinié (1599-1676)

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    Dialogue de la Nuit et du Soleil
    O che gioia ne sento mio bene
    Ô doux sommeil
    Dans le lit de la mort
    Souffrez, beaux yeux pleins de charmes

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    Pierre Guédron (ca. 1565–1620)

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    Bien qu’un cruel martire
    Belle qui m’avez blessé
    Quel espoir de guarir
    Aux plaisirs, aux délices bergères
    Lorsque j’étais petite garce
    Que dit-on au village ?
    Cessés mortels de soupirer

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    Antoine Boesset (ca. 1565–1620)

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    N’espérez plus, mes yeux (Air avec doubles)

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    Pierre Verdier (ca. 1627-ca. 1706)

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    Lamento (de la Collection Düben, à l’Université d’Uppsala)

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    Anonyme

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    Symphonie (extraite de « Pièces pour le violon à 4 parties de différents autheurs, Robert Ballard, 1665 »)
    Suite instrumentale (Manuscrit de Cassel)
    Prélude pour l’Allemande cromatique & Allemande cromatique (extrait de « Pièces pour le violon à 4 parties de différents autheurs, Robert Ballard, 1665 »)
    Libertas & Sarabande italienne (Manuscrit de Cassel)

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    Les Arts Florissants
    William Christie, direction

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    Un album du label harmonia mundi HAF8905318
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    Photo à la une : © DR

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    Ce samedi 31 juillet 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa