Étiquette : Jean de La Fontaine

  • Ravel et le rare trésor des correspondances privées : d’étranges réticences à la recherche des cousinages cibouro-luziens du génial (et si discret et si humble) compositeur basque

    La passion des correspondances privées m’est arrivée un peu par surprise :

    par l’idée-désir de participer activement (et assez originalement – dans les pas (humbles) d’un Sainte-Beuve se passionnant pour les liens discrets (voire secrets) entre l’œuvre et la vie d’un créateur – à la composition d’un programme de concert et de disque, à l’occasion du 300e anniversaire – un anniversaire, déjà ! – de la mort de Jean de La Fontaine, en 1995, à un moment où j’étais « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais et son chef Hugo Reyne, et sur la proposition qui lui avait été faite, en ma présence – j’étais récitant pour un concert de La Simphonie du Marais donné dans l’abbatiale de Saint-Michel-en-Thiérache – , par Jean-Michel Verneiges, pour le Conseil général de l’Aisne, le département de naissance de La Fontaine, natif de Château-Thierry, à l’extrémité méridionale de ce département… ;

    soit bâtir tout un programme – de concert, et éventuellement de disque : les deux furent réalisés ! – sur le fil conducteur de la très puissante passion de La Fontaine, avérée toute sa vie, de sa première à sa dernière lettre (toutes deux étant adressées à son ami de jeunesse Maucroy !), pour la musique…

    En conséquence de quoi, j’ai immédiatement commencé par lire les biographies existantes de La Fontaine – 1621 – 1695 – , et, surtout, j’ai entrepris de relever très méthodiquement, dans les deux volumes des Œuvres complètes de La Fontaine, tout – absolument tout ! – ce qui concernait, sous la plume de l’écrivain-poète, et sous le moindre des rapports, la musique : les rapports de La Fontaine et de la musique, voilà ce que je mis passionnément à rechercher-traquer alors…

    …

    Et en ont résulté plusieurs concerts importants de La Simphonie du Marais – à l’Auditorium de la Bibliothèque Nationale, pour la clôture solennelle de l’année La Fontaine 1995 ; à Laon, la préfecture du département de naissance de La Fontaine, l’Aisne ; etc. – , pour cette « année La Fontaine 1995 » ;

    et tout particulièrement le CD – tout simplement merveilleux, même si tout n’y est pas parfait –  EMI-Virgin « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine« , louangé unanimement par la critique à sa parution au printmps 1996…

    …

    …

    Puis, sur la lancée de ce travail sur La Fontaine et la musique,  j’ai entrepris un semblable chantier de recherche sur Madame de Sévigné et la musique, à partir des diverses biographies disponibles de la célèbre marquise – 1626 – 1696 – , et surtout des trois volumes de la Bibliothèque de la Pléïade de sa Correspondance – principalement, mais pas exclusivement, à sa fille, Madame de Grignan ; la mère, la fille, ainsi que le gendre, Monsieur de Grignan, tous trois très mélomanes, étaient curieux tout spécialalment des airs de Lully… – pour ce qui concernait sa passion, à elle aussi, la marquise – qui adorait chanter ! – , comme pour La Fontaine – la marquise et le poète ayant été, tous deux, des amis très fidèles leur vie durant de cet homme de très grand goût qu’était le Sur-Intendant Nicolas Fouquet – de la musique, en vue d’un semblable projet de programme de concerts et de CD : au fil du quotidien des jours de la marquise, accessible qu’il était, ce quotidien des jours, par sa Correspondance…

    …

    …

    Ce projet, in fine, n’a pas abouti jusque là ; ne s’est pas réalisé – pas de concerts, ni de CD – ; mais j’avais découvert, pour ce qui me concernait, et pour toute ma vie, la valeur inestimable des correspondances intimes et privées, pour obtenir un juste regard « de côté« , et qui soit profond, sur un créateur singulier, à côté – et lui servant de contexte en partie nourricier, voire parfois fécond… (ajout du 16 juillet 2025) – de l’œuvre principale elle-même…

    …

    …

    Quand donc, au mois de mars 2019, est parvenue entre mes mains la Correspondance de Maurice Ravel réunie et publiée par les soins de Manuel Cornejo, c’est une nouvelle fois un angle un peu de biais que j’ai choisi pour orienter mon regard sur Ravel : retenir tout ce qui relevait, en ses lettres, de la présence, et sous quelque forme que ce soit, du contexte du Pays basque ; soit le pays (presque par hasard) natal de Maurice Ravel, né le 7 mars 1875 à Ciboure, la ville natale déjà de sa mère, Marie Delouart – Ciboure, 24 mars 1840 – Paris, 5 janvier 1917 – , qui avait fait, enceinte de six mois, le voyage de Paris, où elle était domiciliée avec son mari, Joseph-Pierre Ravel, jusqu’à Ciboure, peut-être pour revoir une dernière fois et dire adieu à sa mère Sabine Delouart – Ciboure, 11 mars 1809 – Ciboure, 22 décembre 1874 – dont elle avait appris qu’elle était très gravement malade – celle-ci est en effet décédée à Ciboure le 22 décembre 1874 : soit 2 mois et 13  jours avant l’accouchement, par sa fille Marie Delouart, du petit Maurice Ravel, à Ciboure… – , puis s’occuper des quelques affaires que peut-être sa mère laissait ;

    et ensuite demeurer à Ciboure auprès de sa tante Gachucha – non : pas auprès de sa tante Gachucha, mais auprès de son autre tante Billac : sa tante Gracieuse Billac (Ciboure, 15 mai 1824 – Ciboure, 24 décembre 1897) – dans le logement de laquelle, Gracieuse Billac, une petite loge de concierge au rez-de-chaussée de la superbe maison Estebenia, Marie Delouart-Ravel accouchera du petit Maurice le 7 mars 1875… – en fait, son autre tante Billac, aînée de 5 ans de Gracieuse, Engrace-Gachucha Billac (Ciboure, 2 juin 1819 – Saint-Jean-de-Luz, 17 décembre 1902), résidait, elle, et depuis plusieurs années (1862 ? 1855 ?) à Saint-Jean-de-Luz, Grand-Rue n° 41, au domicile de la famille Dupous-Bibal : Gachucha Billac était en effet la très active domestique de Victoire Dupous veuve Bibal (dont elle s’occupait des enfants depuis le décès de leur père Pierre Bibal le 12 septembre 1855), et de la fille de celle-ci, Annette Bibal, qui venait d’épouser à Saint-Jean-de Luz le 27 janvier précédent (1875), Edmond Gaudin (1844-1920) ; et il est tout à fait possible que Marie Delouart-Ravel, enceinte de six mois de Maurice, ait pu assister à ce mariage luzien d’Annette Bibal, qu’elle avait remplacée en 1971 ou 72 pour accompagner à Madrid la modiste parisienne Madame Félix qui y allait présnter sa collection de l’année ; ce qui avait été l’occasion pour Marie Delouart de rencontrer à Madrid (ou Aranjuez) Pierre-Joseph Ravel, qu’elle épousera à Paris le 3 avril 1873… D’où le lien fort qui unissait Marie Delouart et Maurice Ravel, non seulement avec leur tante et grand-tante Gachucha Billac, mais avec cette famille luzienne des Dupous, Bibal et Gaudin du 41 rue Gambetta (ajout du 16 juillet 2025).

    …

    …

    L’intérêt magnifique (et inestimable !) des correspondances privées et intimes, est en effet qu’elles témoignent, plus ou moins directement et volontairement du détail le plus quotidien de la vie, des préoccupations, sentiments et pensées de leur auteur, se mêlant et s’entremêlant, plus ou moins joliment – comme c’est le cas pour les lettres pleines de charme et de fantaisie de Madame de Sévigné ; Ravel, lui, écrit plus bref, et le plus souvent sous la pression de l’urgence (ajout du 16 juillet 2025) – , à ce que l’auteur désire le plus explicitement signifier à son destinataire ; et qu’y abondent ainsi, au passage, même dans les plus brèves missives, quelques passionnants détails qui n’intéressent en rien la plupart des lecteurs, et même de sérieux biographes, focalisés qu’ils sont sur ce qu’eux jugent constituer l’essentiel de la vie, de la personne et de la personnalité, ainsi que de l’œuvre – admirable – de leur auteur ; mais qui recèlent, pour qui vient s’y focaliser un peu, d’infiniment précieux trésors révélateurs, quand on parvient à extraire ces détails très secondaires de la gangue de leur banalité apparente, pour venir les faire palpiter d’éclats magiques de lumière – soit l’art du biographe lucide ; dans l’esprit si riche d’un Sainte-Beuve…  

    …

    …

    Je suis donc un traqueur de détails, et même de micro-détails ; qui me feront de judicieux indices afin de découvrir un peu plus loin, et un peu à côté de ce que beaucoup de biographes jugent le principal, des facettes plus discrètes – et parfois même quasi secrètes – de l’auteur de la lettre, au-delà, alors, de la quotidienneté prosaïque, inessentielle apparemment, de celle-ci…

    …

    …

    Dans le cas de la vie – en tant que contexte qui peut parfois être très signifiant de l’œuvre même – de Maurice Ravel, et de son enracinement familial, par l’ancrage foncièrement basque – et cibourien surtout – de sa mère, Marie Delouart,  je demeure tout simplement stupéfait que personne jusqu’ici, à Ciboure comme à Saint-Jean-de-Luz, n’a jamais manifesté la moindre curiosité un tant soit peu perspicace envers ce que je nomme « les cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel ; même si, et j’y viens, l’affaire était certes un peu délicate dans la mesure où la mère de Maurice Ravel, Marie Delouart, était née – le 24 mars 1840, à Ciboure – de père inconnu ; ainsi que sa propre mère Sabine Delouart, née elle aussi – le 11 mars 1809 à Ciboure – déjà de père inconnu ; l’arrière-grand-mère maternelle de Maurice Ravel, Marie-Baptiste Delouart – née le 29 juin 1782 – étant la première – en remontant vers l’amont cette lignée féminine de Delouart dont Maurice Ravel est le fruit, à Ciboure, le 7 mars 1875 – à être née d’un père connu et légitime : Gratien Delouart – Ciboure, 1er mai 1748 – Ciboure, 21 août 1798 – , marin, fils de marin, époux, à Ciboure le 28 janvier 1778, de Sabine Laxague – Ciboure, 24 novembre 1752 – Ciboure, 27 février 1845…

    …

    …

    Cette stupeur mienne, d’ouvrir une telle recherche des parentés basques de Maurice Ravel, étant renforcée de l’assez faible niveau de coopération rencontrée jusque là – mais le temps allait bientôt venir, en 2024 ! (ajout du 16 juillet 2025) – de la part de la pourtant extrêmement active et féconde Association de recherche patrimoniale Jakintza, dont le siège se trouve à Ciboure, et justement au rez-de-chaussée de la maison même où est né Maurice Ravel !, en ma recherche patiente et assidue – depuis le mois de mars 2019 où je l’ai entreprise… – de ces « cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel…

    …

    …

    Ce qui laisse émerger, en quelques recoins de mon cerveau, peut-être d’autres raisons, non dites _ solidement retenues probablement par eux… _, à pareille réticence de leur part à une telle recherche des cousins basques « cibouro-luziens » de ce génial _ et modeste, et humble, et discret, et même secret sur sa vie personnelle _ artiste musicien qu’a été Maurice Ravel…

    …

    …

    À suivre…

    …

    …

    Ce mercredi 7 avril 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De Philis à Psyché, ou la découverte, 24 ans plus tard, d’une licence poétique dans le CD (de 1996) « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine », dans l’Air de cour « Tout l’univers obéit à l’amour » de Michel Lambert et Jean de La Fontaine, de 1659

    Une incongruité chronologique vient d’être résolue,

    au sein du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine,

    de la Simphonie du Marais, en 1996 ;

    …

    dont j’avais réalisé la trame chronologique,

    à partir d’une année de recherches passionnantes et fécondes, avec des découvertes inouïes,

    sur la vie et l’œuvre de La Fontaine.

    …

    …

    Parmi la série de mes 106 « Musiques de joie » (du dimanche 15 mars au dimanche 28 juin 2020),

    …

    j’ai consacré mon article du 29 mai

    à l’Air de cour, composé pour le Sur-Intendant Nicolas Fouquet, vers 1659, par Michel Lambert et Jean de La Fontaine, Tout l’univers obéit à l’amour.

    …

    Et j’ai pu prendre conscience, à 24 années de distance, d’une incongruité chronologique

    dans la trame de la chronologie de ce CD, que j’avais élaborée,

    qui m’avait jusqu’alors échappée !..

    …

    …

    Revoici cet article du 29 mai dernier ;

    …

    puis, à sa suite,

    le dossier de 12 courriels à divers correspondants, Patrick Dandrey, Boris Donné, Georgie Durosoir, Hugo Reyne, pour tâcher de résoudre l’énigme de cette incongruité :

    …

    …

    En poursuivant dans le registre de la sublime délicatesse française du Grand Siècle,

    je pense bien sûr au très grand raffinement _ tout de simplicité, aussi : d’où l’assez grande difficulté pour une interprétation la plus juste possible, sans maniérisme… _ des merveilleux Airs de cour de Michel Lambert

    (Champigny-sur-Veude, ca 1610 – Paris, 29 juin 1696),

    …

    le maître à chanter, ainsi que le beau-père, par sa fille Madeleine (1642 – 1720) _ le mariage eut lieu à Paris, à l’église Saint-Eustache, le 24 juillet 1662… _, de Jean-Baptiste Lully (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687).

    …

    …

    Michel Lambert,

    un compositeur tout simplement essentiel dans le devenir de l’art du chant français au Grand siècle

    _ et hélas pas assez interprété en ce XXIe siècle : ni au concert, ni au disque ; et donc très injustement méconnu du public d’aujourd’hui !

    …

    …

    Je me souviens, pour y avoir très activement participé

    _ en tant qu’auteur à 90% du programme de ce CD ; Hugo Reyne y étant pour 10 %.. : j’avais passé toute une année à rechercher-recenser tout ce qui comprenait le moindre élément concernant la musique (sous toutes ses formes) dans l’œuvre de ce mélomane passionné et très connaisseur, vraiment, en profondeur, qu’était La Fontaine… (probablement le premier auteur à établir une esquisse sérieuse et un peu élaborée d’une esthétique de la musique, dès le XVIIe siècle) ;

    avec, surtout, au sein de mes recherches méthodiques, l’inestimable découverte, par recoupement de données demeurées jusqu’alors éparses, du petit opéra Les Amours d’Acis et de Galatée (donné à Paris, en 1678, en l’Hôtel de Monsieur de Rians) de Marc-Antoine Charpentier, sur un livret de Jean de La Fontaine ; ainsi que le narre très précisément le livret (dont je suis l’auteur, même si Hugo Reyne, après diverses relectures et corrections du texte que je lui proposais, l’a co-signé) de ce CD _,

    …

    je me souviens, donc,

    du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine 

    _ soit le CD Virgin Veritas 7243 5 45229 2 5, paru au mois de mars 1996 _,

    conçu, élaboré  _ de début juillet 1994 à fin août 1995 _ et réalisé _ du 25 au 28 août 1995 en l’abbaye de Saint-Michel-en Thiérache _

    à l’occasion des célébrations du tricentenaire de la mort de La Fontaine (Château-Thierry, 8 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695) _ sur une commande de Jean-Michel Verneiges et du Conseil général de l’Aisne (département de naissance de La Fontaine).

    …

    …

    Et ce CD comporte deux sublimes Airs de cour de Michel Lambert :

    …

    J’ai beau changer de lieu

    _ dont on ignore l’auteur du poème ; mais en une thématique étonnamment lafontainienne : ce qui a justifié le choix de cet Air-là, si magnifique déjà… _ ;

    et Tout l’univers obéit à l’amour

    sur un poème de La Fontaine, composé vers 1659, pour le cercle galant du Surintendant des finances de Mazarin, le fastueux Nicolas Fouquet. Lequel Fouquet avait engagé pour son fastueux divertissement du château de Vaux une pléïade des meilleurs artistes de son temps _ outre l’architecte Louis Le Vau, le jardinier André Le Nôtre et le peintre-décorateur Charles Le Brun (pour le château et les jardins de Vaux-le-Vicomte), Molière, Corneille, Madame de Sévigné, Mademoiselle de Scudéry, etc. _,

    parmi lesquels le poète Jean de La Fontaine et le musicien-compositeur Michel Lambert

    qui s’y sont rencontrés et fréquentés.

    …

    Et il se trouve qu’une lettre de Jean Perrault au grand Condé, en date du 13 septembre 1674, témoigne précisément de cette collaboration de La Fontaine et Lambert, vers 1659, à Vaux, pour cet Air à deux voix, que publiera Lambert, au sein d’un recueil d’Airs de cour, un peu plus tard, en 1666 ;

    …

    et il se trouve encore que, trente ans plus tard, en 1689 _ soient deux ans après la mort du gendre de Lambert, Lully, le 22 mars 1687 _, paraîtra, remaniée par le compositeur une nouvelle version, mais à cinq voix, cette fois, de ce Tout l’univers obéit à l’amour, en un nouveau recueil d’Airs de cour. 

    …

    …

    En surfant sur le web, au moment de rédiger cet article,

    je viens de découvrir, datée du 23 avril 2017, cette très brève appréciation-ci d’un mélomane (anonyme) à propos de ce CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, paru 21 ans plus tôt, en mars 1996,

    que je livre ici telle quelle :

    …

    « Très bien. 

    Somptueux et sublime, au bout de la 7ème écoute.

    Jean de La Fontaine était vraiment un mec cool et frais.« 

    …

    Voilà qui touche et fait vraiment plaisir.

    …

    …

    J’ai découvert aussi que ce CD Virgin Veritas Un Portrait musical de Jean de la Fontaine

    est présent dans 7 bibliothèques-médiathèques d’universités aux États-Unis et Canada :

    …

    les universités de Princeton (à Princeton, New Jersey), Virginia (à Charlottesville, Virginie), North Texas (à Denton, Texas), Reed College (à Portland, Oregon) et de New-Mexico (à Albuquerque, Nouveau-Mexique) ; 

    ainsi que les universités McGill (à Montreal, Québec) et Western (à London, Ontario).

    …

    …

    J’ai découvert encore, toujours sur le web, cette appréciation-ci, détaillée et argumentée, et sous la signature du critique musical Stephen Pettitt (né en 1945),

    sur le site de Classical-music.com, The official website of BBC Music Magazine :

    …

    This is a beautiful, thoughtfully compiled disc. It chronologically charts the life of Jean de La Fontaine, that 17th-century master of the fable, through his own words and through music that sets his text, or that he simply admired. There’s one particular coup : the inclusion of identifiable extracts from the opera _ Les Amours d’Acis et de Galatée _ by Charpentier that sets a text by La Fontaine. Alas, the whole work did not survive, probably for reasons to do with Lully’s royally granted privilege _ mais aussi le vol, au XIXe siècle, à la Bibliothèque Nationale, de plusieurs volumes de partitions originales (et uniques !) de Marc-Antoine Charpentier (dont celui de ses compositions de 1678, qui comportait ce petit opéra complet _, but the booklet notes make an excellent case for the association with the opera of the few pieces recorded here.   La Fontaine’s bon goût – often more than implicitly anti-Lully – is attested to by his admiration of composers like the lutenist Ennemond Gaultier, the harpsichordist Chambonnières, and Pierre de Nyert, master of the air de cour, of whose work there is tragically but one surviving example, ‘Si vous voulez que je cache ma flamme’. All are represented here, as, for the sake of fairness and balance – La Fontaine did write the dedicatory preface to Lully’s opera Amadis, after all – is Lully himself, though the extracts from Amadis and Isis (the famous ‘Air des Trembleurs’) are to texts by his usual librettist Quinault.   Performances of these and other riches – not least Couperin’s Sonata L’Astrée at the end – by La Simphonie du Marais under Hugo Reyne and with soloists Isabelle Desrochers and Bernard Deletré, are excellent. Christian Asse strikes exactly the right atmosphere in his readings, among which is La Fontaine’s furious satire of Lully, Le Florentin. But brush up your French : no translations of the texts are provided.

    Stephen Pettitt

    …

    …

    Et je rappelle aussi, et surtout, la très précise et fouillée _ lucidissime ! _recension de ce Portrait musical de La Fontaine par Boris Donné _ et non Patrick Dandrey, comme j’avais jusqu’ici trop rapidement cru ; c’est Patrick Dandrey lui-même qui vient de corriger, par échange de courriels, mon inattention au signataire effectif de cette recension du Fablier, en 1996 : Boris Donné _, dans le numéro 8 de la Revue Le Fablier, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, Année 1996 ;

    recension que voici in extenso :

    …

    Le second disque dont nous voudrions rendre compte est intitulé Jean de La Fontaine, un portrait musical : il mêle textes, lus par le comédien Christian Asse, et musiques, interprétées par La Simphonie du Marais que dirige Hugo Reyne avec notamment Isabelle Desrochers, soprano, et Bernard Deletré, basse.

    Le programme, marqueterie délicatement agencée, a été conçu par Hugo Reyne lui-même, avec la collaboration de Francis Lippa ; ils signent ensemble l’excellent texte _ merci ! _ de présentation du livret.

    Disons tout de suite que les parties récitées du disque nous ont paru les plus faibles : le montage mêlant extraits de poèmes, de lettres et quelques pièces plus longues (la délicieuse satire contre Lully, Le Florentin, et l’Epître à M. de Nyert, sur l’opéra), quoique très ingénieux, prend quelques libertés avec les textes, tronqués _ nécessités de la durée du CD obligeaient… _ assemblés sans parfois trop de respect ; la diction de Christian Asse, un peu fade et distanciée à notre goût, ne leur rend pas pleinement justice… Mais c’est encore affaire de jugement, et sûrement la sobriété, les intonations graves et méditatives de ce comédien trouveront-elles des défenseurs.

    Nous nous concentrerons ici sur le programme musical, interprété par l’ensemble de Hugo Reyne, sur instruments anciens : on y appréciera les sonorités fruitées des vents et les impeccables interprètes du continuo (Jérôme Hantaï à la viole, Vincent Dumestre au théorbe, Elizabeth Joyé au clavecin) ; les cordes ont paru plus indifférentes.

    …

    Le programme de ce disque peut sembler composite dans la mesure où il mêle différents types de compositions : mais, dans un esprit proche de celui du poète, c’est la diversité et la variété qui ont guidé _ en effet _ son élaboration.

    On pourrait isoler un premier ensemble d’œuvres, celles qui replacent La Fontaine dans le contexte musical de son temps et des cercles qu’il fréquentait : des airs de Lambert _ Tout l’univers obéit à l’amour, et J’ai beau changer de lieu… _ ou de Nyert _ l’Air Si vous voulez que je cache ma flamme est un hapax ! _, des extraits d’opéras de Lully _ Amadis et Isis… _, l’ouverture des Fâcheux de Beauchamps, quelques pièces de clavecin ou de théorbe (en l’occurrence, deux petits joyaux : une sombre pavane pour clavecin de Chambonnières, très bien interprétée par Elizabeth Joyé, et une courante pour luth d’Ennemond Gaultier par Vincent Dumestre. On se serait plutôt attendu à trouver ici une pièce de son cousin de Paris, Denis Gaultier…) ;  musique souvent très belle, et très délicate, interprétée ici avec style et sensibilité.

    Un second ensemble serait constitué de musiques postérieures à La Fontaine, mais entretenant certains rapports avec son œuvre ou son esthétique : on y trouve le meilleur (le délicieux «air à boire» composé par François Couperin _ peu après le décès de La Fontaine, le 13 avril 1695… _ sur L’Epitaphe d’un paresseux, et, du même, la sonate L’Astrée, qui clôt le disque sur une note mélancolique) comme le pire (les paraphrases de fables sur des airs populaires, dans le goût du XVIIIe siècle : Le Loup et l’Agneau, La Fourmi et la Sauterelle).

    Le dernier groupe d’œuvres, enfin, est le plus intéressant : ce sont celles auxquelles La Fontaine a directement collaboré _ oui ! Et cela ne se sait pas assez… On y trouve quelques chansons sur des airs à la mode (inépuisables «folies d’Espagne»), un Air mis en musique par Lambert, «Tout l’univers obéit à l’Amour» (Les paroles de cet Air de 1659 furent reprises _ par La Fontaine _ en 1669 dans Les Amours de Psyché (avec une substitution de prénoms que la notice du disque omet _ en effet _ de signaler : la «belle Psyché» était à l’origine une «belle Philis») ; détail intéressant, qu’aucune édition de Psyché _ de La Fontaine _ ne signale à notre connaissance. Un critique _ en fait Boris Donné lui-même, l’auteur de cette recension, comme il l’affirme indirectement, avec élégance, en citant l’ouvrage (sien !) dans lequel sont présentes ces « imprudentes » affirmations : son propre La Fontaine et la poétique du songe, paru en 1995 _, dans un ouvrage récent (Boris Donné, La Fontaine et la poétique du songe, 1995) a même observé, bien imprudemment, que cet «air purement imaginaire [sic], destiné sans doute à figurer seulement sur la page imprimée, […] se prêterait parfaitement à la mise en musique propre à un air de cour bipartite» — «dans la manière de Lambert», ajoute-t-il innocemment _ en élégante contrition rétrospective _ en note (p. 106)… Et pour cause ! Ignorance impardonnable, puisque cet air avait déjà été enregistré par William Christie en 1984 _ ce que le mélomane passionné qu’est aussi Boris Donné ne se pardonnait pas, ici, non plus, d’avoir ignoré… _, un bref extrait de la tragédie lyrique Astrée (musique de Colasse)…

    Tout cela est intéressant : mais pas tant que ce qui constitue à nos yeux l’intérêt principal du disque, à savoir quelques fragments de Galatée _ sur un livret de La Fontaine _ mis en musique par Marc-Antoine Charpentier en 1678, ce que l’on ignorait _ en effet ! _ jusqu’ici ! Quand La Fontaine en publie le livret inachevé _ deux actes sur trois, écrivait-il ! _, en 1682, son avertissement laisse _ assez étrangement _ entendre que sa composition fut indépendante de tout souci de mise en musique et de représentation _ une cachotterie d’importance, de la part du fabuliste, qui a égaré jusqu’ici tous les lafontainiens… Un compte rendu du Mercure galant, en 1678, faisait par ailleurs l’éloge d’un «petit opéra» de Charpentier intitulé Les Amours d’Acis et de Galatée, dont ne furent données que quelques représentations semi-privées _ chez Monsieur de Rians, à Paris _ ; mais l’auteur du livret _ La Fontaine ! _ n’était pas cité. Par recoupement, Hugo Reyne _ ou plutôt Francis Lippa, auteur de ces découvertes ! Cf la note à ce sujet de Catherine Cessac, en la seconde édition (en 2004) de son Marc-Antoine Charpentier, chez Fayard, à la page 138 ; Hugo Reyne, alors en tournée en Australie, au Japon et aux États-Unis, avait, par échanges de fax, rectifié à la marge quelques passages et expressions du livret que Francis Lippa avait rédigé et lui avait proposé et soumis, à travers l’Atlantique et le Pacifique… _ montre que ce «petit opéra» était, de façon indiscutable _ merci ! _, la Galatée de La Fontaine : l’un des Airs _ Brillantes fleurs, naissez (H.449) _ en fut même publié dans le Mercure en 1689, avec leurs deux signatures ! Il est par ailleurs possible de retrouver, dans les partitions _ conservées, celles-là _ de Charpentier, des extraits de cet opéra qui furent réemployés dans d’autres compositions _ lors de reprises, par Charpentier, de son petit opéra L’Inconnu…_ (principalement les pages instrumentales, hélas). Ainsi ce disque propose un charmant montage _ de ce qui demeure de ce petit opéra de 1678 : Les Amours d’Acis et de Galatée _, d’une vingtaine de minutes, où alternent airs, pièces instrumentales et scènes récitées quand la musique n’en a pas été retrouvée : découverte extraordinaire, et fort émouvante _ merci ! _, qui en laisse peut-être présager d’autres… «Il [nous] faut du nouveau, n’en fût-il point au monde» !

    …

    …

    En ce CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine de La Simphonie du Marais sous la direction d’Hugo Reyne, enregistré au mois d’août 1995 et paru chez Virgin Veritas au mois de mars 1996,

    …

    le merveilleux Air de Lambert J’ai beau changer de lieu

    …

    J’ai beau changer de lieu, mon soin est inutile,
    Je porte partout mon amour
    Et je n’en suis pas plus tranquille,
    Dans ce paisible séjour :
    Sentirai-je toujours cette cruelle flamme ?
    Quoi ? serai-je agité d’un éternel souci ?
    Et le calme qui règne ici
    Ne peut-il passer dans mon âme ?

    Je viens chercher la paix dans cette solitude,
    Je veux l’attirer dans mon cœur,
    Et je vais bannir l’inquiétude
    Qui s’oppose à mon bonheur ;
    Mais je ressens toujours cette cruelle flamme,
    Je me vois agité d’un éternel souci
    Et le calme qui règne ici
    Ne saurait passer dans mon âme

    …

    se trouve à la plage 7 ;

    …

    …

    et le jubilatoire Air à deux voix (de 1659, publié en 1666) de Jean de La Fontaine et Michel Lambert Tout l’univers obéit à l’amour

    …

    Tout l'Univers obéit à l'Amour ; 
    Belle Philis, soumettez-lui votre âme. 
    Les autres dieux à ce dieu font la cour, 
    Et leur pouvoir est moins doux que sa flamme. 
    Des jeunes cœurs c'est le suprême bien, 
    Aimez, aimez ; tout le reste n'est rien.
    
    Sans cet Amour, tant d'objets ravissants, 
    Lambris dorés, bois, jardins, et fontaines, 
    N'ont point d'appâts qui ne soient languissants, 
    Et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines. 
    Des jeunes cœurs c'est le suprême bien 
    Aimez, aimez ; tout le reste n'est rien.
    ...

    se trouve à la plage 5

    _ Boris Donné, à l’érudition duquel bien peu de choses échappent, a très opportunément remarqué que dans la version originale de cet Air, publiée par le compositeur Lambert, en 1666, c’est à Philis, et non à Psyché, que s’adresse le poète (ou/et le chanteur interprète), à la différence de ce qui sera le cas, en 1669, dans le poème publié, indépendamment de toute musique cette fois, par La Fontaine en ses Amours de Psyché et Cupidon, trois ans plus tard ; ainsi qu’en 1689, dans la version à cinq voix de ce même Air, publié par Lambert.

    Boris Donné a donc raison d’affirmer, en cette recension, en 1996, de notre CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, que c’est à tort que notre CD a choisi de proposer à l’écoute de cet Air à deux voix composé en 1659, le texte du poème de La Fontaine en ses Amours de Psyché et Cupidon, publiés en 1669 ; tout en situant bien, en la chronologie que respecte scrupuleusement le déroulé du CD, cet Air à deux voix, en la période effective de sa composition, la période fouquetienne (vers 1659) de la vie de Jean de La Fontaine (et de Michel Lambert). Je ne me suis pas rendu compte, pour ma part (ne m’étant pas occupé des partitions de Lambert dans la préparation du programme de ce CD), de cette différence d’adresse entre la Philis de l’Air composé par Lambert et La Fontaine vers 1659 et publié par Lambert en 1666, et la Psyché du poème de La Fontaine publié en 1669.

    …

    …

    De la version à cinq voix publiée en 1689 de ce Tout l’univers obéit à l’amour

    _ l’adresse chantée est encore faite à Philis, et non à Psyché, dans les deux CDs des Arts Florissants, les deux fois, en 1984, comme en 2013,  pour la version de 1689 de l’Air à cinq voix voix… _,

    …

    voici à écouter le podcast d’une interprétation récente (enregistrée en décembre 2013) des Arts Florissants, en la plage finale de leur CD Bien que l’amour… Airs sérieux et à boire ; soit le CD Harmonia Mundi HAF 8905276, sorti le 1er avril 2016 ;

    …

    et, toujours, par les Arts Florissants, mais trente-deux ans plus tôt,

    le podcast d’une interprétation de 1984 de 14 Airs de cour de Michel Lambert,

    en le CD Harmonia Mundi 1901123, re-publié en 1992 ;

    le Tout l’univers obéit à l’amour à 5 voix ouvrant alors le bal de ce récital…

    …

    …

    Je n’ai hélas pas trouvé sur le web de podcast de la spendide interprétation de la version première, à deux voix, de ce Tout l’univers obéit à l’amour de La Fontaine et Lambert, superbement interprété par Isabelle Desrochers, soprano, et Bernard Deletré, basse, dans le CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, en 1995, de La Simphonie du Marais.

    …

    …

    Ce vendredi 29 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    Et maintenant,

    voici une série de 12 courriels (du 1er juin au 2 juillet 2020)

    destinés à élucider cette variation d’adresses (à Philis ou à Psyché) au sein du Tout l’univers obéit à l’amour,

    des Airs de cour (à deux voix et à cinq voix) de Michel Lambert,

    et du Poème de La Fontaine :

    …

    …

    1) le 1er juin, à 11h 29, de Francis Lippa à Patrick Dandrey :

    …

    Cher Monsieur,

    suite à notre échange téléphonique,

    voici, sur mon blog Mollat, et dans la série de mes « Musiques de joie »,
    l’article
     que je viens de consacrer, le 29 mai dernier, à l’Air Tout l’univers obéit à l’amour , de Jean de La Fontaine et Michel Lambert. 
     
    Et je venais de m’aviser que je n’avais pas porté alors attention à une de vos remarques,
    dans votre passionnant article à propos du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine
    _ dont j’étais pour 90 % l’auteur du programme,
    ayant passé toute une année à recenser tout ce qui pouvait concerner les rapports de La Fontaine à la musique… ;
    et pour presque 100% l’auteur de la notice du livret : Hugo Reyne l’ayant seulement relu et apporté quelques correctifs à la marge… _,
    dans la revue Le Fablier, en 1996 :
     
    l’adresse à Philis, en 1666, de l’Air publié dans un recueil d’Airs de cour à deux voix, de Michel Lambert,
    devenant une adresse à Psyché en 1669, dans Les Amours de Psyché et Cupidon de La Fontaine ;
    et à nouveau à Philis dans un recueil d’Airs de cour à cinq voix, de Michel Lambert, en 1689.
     
    Or, dans notre CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine,
    qui suivait scrupuleusement la chronologie de la vie et des œuvres de La Fontaine,
    nous avions placé l’Air à deux voix Tout l’univers obéit à l’amour à la date probable de sa composition, pour Nicolas Fouquet, vers 1659,
    avec une adresse à Psyché, quand l’adresse aurait dû mentionner Philis…
     
    Voilà.
    Il faut dire que, dans la minutieuse préparation de ce CD
    _ aucun travail, depuis 1920, n’avait été consacré aus rapports (très riches) de La Fontaine à la musique… _
    je m’étais occupé de tout ce qui concernait La Fontaine,
    et Hugo Reyne, de ce qui concernait les partitions de Michel Lambert.
     
    Mais dans sa seconde édition de son Marc-Antoine Charpentier (chez Fayard, en 2004)
    Catherine Cessac m’attribue la découverte de la réalisation musicale, par Charpentier, en 1678, du petit opéra Les Amours d’Acis et de Galatée, sur le livret, supposé (à tort) demeuré sans musique, de La Fontaine,
    sur la foi du témoignage de celui-ci dans une publication postérieure, en 1682, tronquée de ce livret (deux Actes sur trois)…
     
    En vous remerciant à nouveau pour votre immense et si beau travail lafontainien,
    recevez le témoignage de ma reconnaissance,
     
    Francis Lippa

    …

    …

    2) le 2 juin, à 9h 43, la réponse de Patrick Dandrey :

    …

    Un grand merci, cher Monsieur, pour votre aimable message et les informations qu’il me transmet. La correction que vous déplorez de ne pas avoir apportée à l’air de La Fontaine et Lambert manifeste un infini scrupule : il y a de quoi se perdre dans ces modifications de termes et ces transferts de lieu de publication dont La Fontaine est coutumier ! Si vous croisez de nouveau notre poète, n’hésitez pas à nous envoyer le résultat de vos travaux : mon oubli ponctuel provient du fait que c’est notre rédacteur en chef d’alors, Boris Donné, qui s’était chargé du compte rendu et avait fait la remarque que vous citez, et non moi. Il lui en est certainement resté une meilleure mémoire qu’à moi-même. Le Fablier, sollicité de manière un peu intempestive par des « fabulistes » autoproclamés, est  toujours heureux en revanche de publier des informations ayant trait à de réelles contributions comme l’est votre CD. Mes félicitations pour votre blog, avec mes meilleures pensées,
    Patrick Dandrey

    …

    …

    3) le 2 juin, à 11h 05, ma réponse à Patrick Dandrey :

    …

    D’abord, un grand merci, à mon tour, pour votre aimable réponse.
     
    Cependant, en cette réponse, l’attribution de cette note du Fablier, en 1996, à Boris Donné,
    ne va pas sans m’interroger…
     
    A propos d’une double ignorance
    d’abord historique et musicale, implicitement « coupable » de la part d’un chercheur spécialisé ; et ensuite discographique, qualifiée d’« impardonnable »,  
    que Boris Donné semble paradoxalement s’attribuer à lui-même en cette note (de lui-même) ; à moins que le critique évoqué (mais dont le nom ne serait pas alors cité) soit un autre que lui-même…  
     
    Comment comprendre, en effet, la note 15, au bas de la page 206 de ce numéro du Fablier,
    et à propos de cet Air Tout l’univers obéit à l’amour ?
     
    Note qui qualifie d’ « imprudent » le regret précédemment affirmé _ par ignorance coupable _ d’absence de mise en musique (par Michel Lambert, en un Recueil d’Airs de cour à deux voix, publié en 1666, de ce texte (de 1669) de La Fontaine, en ses Amours de Psyché),
    exprimé en une note, au bas de la page 106, du La Fontaine et la poétique du songe de Boris Donné 
    _ mais cet ouvrage de Boris Donné comporterait peut-être des textes d’autres auteurs que lui…
    Et qui qualifie d’ « impardonnable » l’ignorance encore (de l’auteur évoqué ici par Boris Donné) de l’enregistrement discographique de cet Air par William Christie et les Arts Florissants en 1984 ?
     
    Re-voici cette note :
    Les paroles de cet Air de 1659 furent reprises en 1669 dans Les Amours de Psyché (avec une substitution de prénoms que la notice du disque omet de signaler : la «belle Psyché» était à l’origine une «belle Philis») ; détail intéressant, qu’aucune édition de Psyché ne signale à notre connaissance. Un critique _ qui ne serait pas Boris Donné lui-même ? _, dans un ouvrage récent (Boris Donné, La Fontaine et la poétique du songe, 1995 : voir infra le compte-rendu d’Alain Génetiot) a même observé, bien imprudemment, que cet «air purement imaginaire [sic], destiné sans doute à figurer seulement sur la page imprimée, […] se prêterait parfaitement à la mise en musique propre à un air de cour bipartite» — «dans la manière de Lambert», ajoute-t-il innocemment en note (p. 106)… Et pour cause ! Ignorance impardonnable, puisque cet air avait déjà été enregistré par William Christie en 1984.
     
    Voilà ce sur quoi je m’interroge en lisant votre attribution à Boris Donné de ce compte-rendu
    du Fablier, en 1996…
     
    Bien à vous, 
     
    Francis Lippa  

    …

    …

    4) le bref courriel  de réponse de Patrick Dandrey le 2 juin à 11h 32 :

    …

    Selon nos normes de modestie rhétorique, Boris Donné, signataire de ce CR, parle de lui-même à la 3e personne dans le texte et à la 1ère dans la note. Mais tout l’ensemble est de sa plume.

    …

    …

    5) mon courriel à Boris Donné le 2 juin à 13h 56 :

    …

    Cher Monsieur,

     
    d’abord _ et avec vingt-quatre ans de retard ! _
    je désire vous remercier
    pour une remarque à laquelle je n’avais pas assez fait attention, en 1996, à la lecture de votre recension, dans le numéro 8 du Fablier paru cette année-là,
    concernant un oubli des auteurs _ moi-même, Francis Lippa, et Hugo Reyne _ du programme du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine 
    concernant l’adresse de l’Air, sous la double signature de La Fontaine, pour le poème, et de Michel Lambert, pour la musique,
    Tout l’univers obéit à l’amour, composé vers 1659, pour Nicolas Fouquet…
     
    En 1659, comme en 1666, la personne à laquelle s’adresse le poète et/ou le chanteur de l’Air de cour à deux voix
    est nommée Philis…
     
    Et pas encore Psyché, 
    comme ce sera le cas dans l’édition par La Fontaine de ses Amours de Psyché et Cupidon, en 1669 ;
    mais pas lors de la parution de l’Air de cour à cinq voix, cette fois, de Lambert (et La Fontaine), en 1689…
     
    Est donc surprenante l’erreur (de chronologie) dans le CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, de La Simphonie du Marais,
    quand le principal auteur du programme (à 90 %) que je suis, place, en 1659, et suivant scrupuleusement la chronologie, cet Air de cour à deux voix (publié ensuite par Lambert en 1666),
    en nommant, par un malheureux anachronisme, Psyché, au lieu de Philis, la personne à laquelle s’adresse le chanteur…
     
    Il est vrai que, dans l’élaboration du programme de ce CD,
    je m’étais chargé de toutes les recherches qui concernaient La Fontaine,
    Hugo Reyne, s’étant chargé, lui, de ce qui concernait les musiques et partitions …
     
    Voilà…
     
    Voici, maintenant, sur mon blog Mollat (à Bordeaux),
    et dans la série de mes « Musiques de joie »,
    l’article
     
    que je viens de consacrer, le 29 mars dernier,
    à l’Air Tout l’univers obéit à l’amour,
    de Jean de La Fontaine et Michel Lambert.
    Et je venais alors de m’aviser _ avec 24 ans de retard ! _ que je n’avais pas porté alors attention à une de vos remarques,
    dans votre passionnant article à propos du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine
    _ dont j’étais pour 90 % l’auteur du programme,
    ayant passé toute une année à recenser tout (!) ce qui pouvait concerner les rapports de La Fontaine à la musique… ;
    et pour presque 100% l’auteur de la notice du livret : Hugo Reyne l’ayant seulement relu à quelques reprises, et apporté de légers correctifs à la marge… _,
    dans la revue Le Fablier, en 1996 :
     
    l’adresse à Philis, en 1666, de l’Air publié dans un recueil d’Airs de cour à deux voix, de Michel Lambert,
    devenant une adresse à Psyché en 1669, dans Les Amours de Psyché et Cupidon de La Fontaine.
     
    Pour ce qui concerne la version à cinq voix cet Air telle que publiée dans un recueil d’Airs de cour de Michel Lambert, en 1689,
    j’ignore à qui s’adresse le chanteur ;
    probablement à cette même Philis que dans la version à deux voix publiée en 1666, comme c’est le plus vraisemblable… ;
    mais il faudrait le vérifier.
     
    Or, dans notre CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine,
    qui suivait rigoureusement la chronologie de la vie et des œuvres de La Fontaine,
    nous avions placé l’Air à deux voix Tout l’univers obéit à l’amour, à la date probable de sa composition, pour Nicolas Fouquet, vers 1659,
    avec une adresse _ anachronique, donc… _ à Psyché,
    quand l’adresse aurait dû mentionner Philis…
     
    Voilà.
    Il faut dire que, dans la minutieuse préparation de ce CD
    _ aucun travail, depuis 1920, n’avait été consacré aux rapports de La Fontaine à la musique… _
    je m’étais occupé de tout ce qui concernait La Fontaine,
    et Hugo Reyne, ce qui concernait les musiques, et en l’occurrence, ici, les partitions de Michel Lambert.
     
    Dans la seconde édition de son Marc-Antoine Charpentier (chez Fayard)
    Catheric Cessac m’attribue à raison la découverte de la réalisation musicale, par Charpentier, en 1678, du petit opéra Les Amours d’Acis et de Galatée,
    sur un livret de La Fontaine, supposé _ à tort ! _ demeuré sans musique,
    sur la foi du témoignage de celui-ci dans une publication postérieure, en 1682 (dans le Mercure galant), mais tronquée, de ce livret (deux Actes sur les trois effectivement composés, y disait La Fontaine)…
    Que pouvait donc craindre alors La Fontaine ?..
    Il est vrai que Lully n’était pas encore mort en 1682…
     
    En vous remerciant à nouveau pour votre immense et si beau travail lafontainien,
    recevez le témoignage de ma reconnaissance,
     
    Francis Lippa

    …

    …

    6) mon courriel du 5 juin à 10h 12 à mon amie Georgie Durosoir :

    …

    Chère Georgie,

     
    pour être précis,
    voici l’état présent des modifications apportées à mon article
    à partir des remarques, en 1996, de Boris Donné (et non pas Patrick Dandrey, comme je l’avais cru à tort…) :
     

    …

    Et je rappelle aussi, et surtout, la très précise et fouillée _ lucidissime ! _recension de ce Portrait musical de La Fontaine par Boris Donné _ et non Patrick Dandrey, comme j’avais jusqu’ici trop rapidement cru ; c’est Patrick Dandrey lui-même qui vient de corriger, par échange de courriels, mon inattention au signataire effectif de cette recension du Fablier, en 1996 : Boris Donné _, dans le numéro 8 de la Revue Le Fablier, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, Année 1996 ; 

    recension que voici in extenso :

    …

    Le second disque dont nous voudrions rendre compte est intitulé Jean de La Fontaine, un portrait musical : il mêle textes, lus par le comédien Christian Asse, et musiques, interprétées par La Simphonie du Marais que dirige Hugo Reyne avec notamment Isabelle Desrochers, soprano, et Bernard Deletré, basse.

    Le programme, marqueterie délicatement agencée, a été conçu par Hugo Reyne lui-même, avec la collaboration de Francis Lippa ; ils signent ensemble l’excellent texte _ merci ! _ de présentation du livret.

    Disons tout de suite que les parties récitées du disque nous ont paru les plus faibles : le montage mêlant extraits de poèmes, de lettres et quelques pièces plus longues (la délicieuse satire contre Lully, Le Florentin, et l’Epître à M. de Nyert, sur l’opéra), quoique très ingénieux, prend quelques libertés avec les textes, tronqués _ nécessités de la durée du CD obligeaient… _ assemblés sans parfois trop de respect ; la diction de Christian Asse, un peu fade et distanciée à notre goût, ne leur rend pas pleinement justice… Mais c’est encore affaire de jugement, et sûrement la sobriété, les intonations graves et méditatives de ce comédien trouveront-elles des défenseurs.

    Nous nous concentrerons ici sur le programme musical, interprété par l’ensemble de Hugo Reyne, sur instruments anciens : on y appréciera les sonorités fruitées des vents et les impeccables interprètes du continuo (Jérôme Hantaï à la viole, Vincent Dumestre au théorbe, Elizabeth Joyé au clavecin) ; les cordes ont paru plus indifférentes.

    …

    Le programme de ce disque peut sembler composite dans la mesure où il mêle différents types de compositions : mais, dans un esprit proche de celui du poète, c’est la diversité et la variété qui ont guidé _ en effet _ son élaboration.

    On pourrait isoler un premier ensemble d’œuvres, celles qui replacent La Fontaine dans le contexte musical de son temps et des cercles qu’il fréquentait : des airs de Lambert _ Tout l’univers obéit à l’amour, et J’ai beau changer de lieu… _ ou de Nyert _ l’Air Si vous voulez que je cache ma flamme est un hapax ! _, des extraits d’opéras de Lully _ Amadis et Isis… _, l’ouverture des Fâcheux de Beauchamps, quelques pièces de clavecin ou de théorbe (en l’occurrence, deux petits joyaux : une sombre pavane pour clavecin de Chambonnières, très bien interprétée par Elizabeth Joyé, et une courante pour luth d’Ennemond Gaultier par Vincent Dumestre. On se serait plutôt attendu à trouver ici une pièce de son cousin de Paris, Denis Gaultier…) ;  musique souvent très belle, et très délicate, interprétée ici avec style et sensibilité.

    Un second ensemble serait constitué de musiques postérieures à La Fontaine, mais entretenant certains rapports avec son œuvre ou son esthétique : on y trouve le meilleur (le délicieux «air à boire» composé par François Couperin _ peu après le décès de La Fontaine, le 13 avril 1695… _ sur L’Epitaphe d’un paresseux, et, du même, la sonate L’Astrée, qui clôt le disque sur une note mélancolique) comme le pire (les paraphrases de fables sur des airs populaires, dans le goût du XVIIIe siècle : Le Loup et l’Agneau, La Fourmi et la Sauterelle).

    Le dernier groupe d’œuvres, enfin, est le plus intéressant : ce sont celles auxquelles La Fontaine a directement collaboré _ oui ! Et cela ne se sait pas assez… On y trouve quelques chansons sur des airs à la mode (inépuisables «folies d’Espagne»), un Air mis en musique par Lambert, «Tout l’univers obéit à l’Amour» (Les paroles de cet Air de 1659 furent reprises _ par La Fontaine _ en 1669 dans Les Amours de Psyché (avec une substitution de prénoms que la notice du disque omet _ en effet _ de signaler : la «belle Psyché» était à l’origine une «belle Philis») ; détail intéressant, qu’aucune édition de Psyché _ de La Fontaine _ ne signale à notre connaissance. Un critique _ en fait Boris Donné lui-même, l’auteur de cette recension, comme il l’affirme indirectement, avec élégance, en citant l’ouvrage (sien !) dans lequel sont présentes ces « imprudentes » affirmations : son propre La Fontaine et la poétique du songe, paru en 1995 _, dans un ouvrage récent (Boris Donné, La Fontaine et la poétique du songe, 1995) a même observé, bien imprudemment, que cet «air purement imaginaire [sic], destiné sans doute à figurer seulement sur la page imprimée, […] se prêterait parfaitement à la mise en musique propre à un air de cour bipartite» — «dans la manière de Lambert», ajoute-t-il innocemment _ en élégante contrition rétrospective _ en note (p. 106)… Et pour cause ! Ignorance impardonnable, puisque cet air avait déjà été enregistré par William Christie en 1984 _ ce que le mélomane passionné qu’est aussi Boris Donné ne se pardonnait pas non plus, ici, d’avoir ignoré… _, un bref extrait de la tragédie lyrique Astrée (musique de Colasse)…

    Tout cela est intéressant : mais pas tant que ce qui constitue à nos yeux l’intérêt principal du disque, à savoir quelques fragments de Galatée _ sur un livret de La Fontaine _ mis en musique par Marc-Antoine Charpentier en 1678, ce que l’on ignorait jusqu’ici ! Quand La Fontaine en publie le livret inachevé _ deux actes sur trois ! _, en 1682, son avertissement laisse _ assez étrangement _ entendre que sa composition fut indépendante de tout souci de mise en musique et de représentation _ une cachotterie d’importance, de la part du fabuliste, qui a égaré jusqu’ici tous les lafontainiens… Un compte rendu du Mercure galant, en 1678, faisait par ailleurs l’éloge d’un «petit opéra» de Charpentier intitulé Les Amours d’Acis et de Galatée, dont ne furent données que quelques représentations semi-privées _ chez Monsieur de Rians, à Paris _ ; mais l’auteur du livret _ La Fontaine ! _ n’était pas cité. Par recoupement, Hugo Reyne _ ou plutôt Francis Lippa, auteur de ces découvertes ! Cf la note à ce sujet de Catherine Cessac, en la seconde édition (en 2004) de son Marc-Antoine Charpentier, chez Fayard, à la page 138 ; Hugo Reyne, alors en tournée en Australie, au Japon et aux États-Unis, avait, par échanges de fax, rectifié à la marge quelques passages et expressions du livret que Francis Lippa avait rédigé et lui avait proposé et soumis, à travers l’Atlantique et le Pacifique… _ montre que ce «petit opéra» était, de façon indiscutable _ merci ! _, la Galatée de La Fontaine : l’un des Airs _ Brillantes fleurs, naissez (H.449) _ en fut même publié dans le Mercure en 1689, avec leurs deux signatures ! Il est par ailleurs possible de retrouver, dans les partitions _ conservées, celles-là _ de Charpentier, des extraits de cet opéra qui furent réemployés dans d’autres compositions _ lors de reprises, par Charpentier, de son petit opéra L’Inconnu…_ (principalement les pages instrumentales, hélas). Ainsi ce disque propose un charmant montage _ de ce qui demeure de ce petit opéra de 1678 : Les Amours d’Acis et de Galatée _, d’une vingtaine de minutes, où alternent airs, pièces instrumentales et scènes récitées quand la musique n’en a pas été retrouvée : découverte extraordinaire, et fort émouvante _ merci ! _, qui en laisse peut-être présager d’autres… «Il [nous] faut du nouveau, n’en fût-il point au monde» !

    _ Boris Donné, à l’érudition duquel bien peu de choses échappent, a très opportunément remarqué que dans la version originale de cet Air, publiée par le compositeur Lambert, en 1666, c’est à Philis, et non à Psyché, que s’adresse le poète (ou/et le chanteur interprète), à la différence de ce qui sera le cas, en 1669, dans le poème publié, indépendamment de toute musique cette fois, par La Fontaine en ses Amours de Psyché et Cupidon, trois ans plus tard ; alors qu’en 1689, dans la version à cinq voix de ce même Air, publié par Lambert, c’est à Philis que le chanteur, à nouveau, s’adresse.

    Boris Donné a donc raison d’affirmer, en cette recension, en 1996, de notre CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, que c’est à tort que notre CD a choisi de proposer à l’écoute de cet Air à deux voix composé en 1659, le texte du poème de La Fontaine en ses Amours de Psyché et Cupidon, publiés en 1669 ; tout en situant bien cet Air, en sa version à deux voix, en la période de sa composition, la période fouquetienne (vers 1659) de la vie de Jean de La Fontaine (et de Michel Lambert). Je ne m’étais personnellement pas rendu compte, pour ma part (ne m’étant pas moi-même occupé des partitions de Lambert dans la préparation du programme de ce CD), de cette différence d’adresse, dans le texte de l’Air, entre Philis, en 1659 et 1666 (et 1689), et Psyché, en 1669.

    Voilà pour être le plus précis possible.
     
    Il est aussi amusant d’apprendre par Jean-Michel Verneiges,
    le commanditaire, en 1994, de ce CD pour le tricentenaire, en 1995, du décès de La Fontaine (à Paris, le 13 avril 1695),
    que l’année 2021 sera celle du quadricentenaire de la naissance du poète (né à Château-Thierry, le 8 juillet 1621.
     
    Le CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, qui avait reçu les plus hautes récompenses des magazines spécialisés,
    a été, un peu plus tard, mis au pilon par EMI-France, faute de chiffres de vente suffisants, et pour purger les stocks, qui coûtent si cher…
     
    Sic transit gloria mundi…
     
    Francis
     
    P. s. : Catherine Cessac a très gentiment répondu à mon courriel. 

    …

    …

    7) la réponse de Georgie Durosoir à 12h 19 :

    …

    Cher Francis,

    Je viens de lire votre relation détaillée et multicolore des aventures du Portrait musical de La Fontaine (souvenez-vous que, submergée par le travail, j’avais omis de répondre à votre invitation d’y participer).

     

    De mon côté, j’ai consulté les trois auteurs dignes de foi et cela donne les résultats suivants :

    Ouvrages musicologique et répertoires de sources :

    Massip Catherine, L’ art de bien chanter : Michel Lambert (1610-1696). Paris, Société française de musicologie, 1999.

    Guillo Laurent, Pierre I Ballard et Robert III Ballard Imprimeurs du roy pour la musique. Volumes I et II. Mardaga, CMBV, 2003.

    Goulet Anne Madeleine, Paroles de musique (1658-1694). Catalogue des « Livres d’airs de différents auteurs » publiés chez Ballard. Mardaga, CMBV, 2007.

     

    Massip réduit l’incipit au 1er vers  et cite trois sources :

    • Bnf Vm7 3 manuscrit fin XVIIe, fol. 68v (coll. Brossard), paroles seules sans attribution.
    • IXe livre d’airs de différents auteurs à 2 parties. Paris, Robert III Ballard (°°°), 1 vol. 8°, f. 36
    • facsimile de l’air pris dans Bnf Vm7 509, Airs à une, II. III et IV parties avec la basse continue. Ch. Ballard, 1689 (« unique air à 5 voix »).

     

    Guillo cite les deux premiers vers « Tout l’univers obéit à l’Amour / Belle Philis soumettez-lui votre âme »

    • figure sans nom d’auteur dans IXe livre d’airs de différents auteurs à 2 parties. Paris, Robert III Ballard (°°°), 1 vol. 8°, f. 36 (cf. Catalogue des éditions, Guillo volume II, p. 628 = 1666-A)
    • Index des incipit français, volume I, p.626

     

    Goulet cite les deux premiers vers « Tout l’univers obéit à l’Amour / Belle Philis soumettez-lui votre âme »

    • Renvoie à la version à 2, 1666 (sans noms d’auteurs)
    • facsimile (p. 458) de la partie vocale supérieure pour les deux vers entiers, extrait de l’édition de Ballard (°°°).
    • cite le contexte, extrait du Livre I de Psyché : Psyché, vêtue de ses habits nuptiaux, écoute je concert qui lui est offert : « Parmi les airs qui furent chantés, il y en a un qui plut particulièrement à Psiché. Je vais vous en dire les paroles » (la citation, p. 459, s’arrête là).

     

    Il ressort de tout ceci que cet air n’apparaît jamais avec un autre prénom que Philis. Sans doute Hugo a-t-il fait le changement, soit étourdiment, soit influencé par cette narration qu’il aurait trouvée dans le Psyché de La Fontaine…

    Bonne journée

    Georgie

    …

    …

    8) ma réponse à Georgie Durosoir le 5 juin à 13h 59 :

    …

    Merci beaucoup, chère Georgie,

    de ce mal que vous vous êtes donné.

    Avec un résultat qui rajoute encore à ma perplexité !
     
    J’ai un peu de mal à penser que Hugo aurait de sa seule initiative échangé, dans l’Air de cour, le nom de Philis pour celui de Psyché ; et persiste à penser qu’il l’a plutôt lu (et suivi) en quelque partition…
    _ et là j’avais tort ; c’est Georgie qui a raison !
     
    Mais vous avez peut-être raison _ mais oui ! _ : après tout il s’agissait bien là d’un portrait musical de La Fontaine,
    et La Fontaine avait, en effet, remplacé le nom de Philis par celui de Psyché en son poème de 1669…
     
    J’ai remarqué, par expérience, une certaine étanchéité _ plutôt dommageable, bien sûr… _, quasi endémique,
    entre la culture des littéraires et la culture des musiciens ; et vice versa.
    Á quelques rares exceptions, il est vrai.
     
    Dans ses Amours de Psyché et Cupidon, en 1669,
    La Fontaine ne laisse en rien entendre que son poème Tout l’univers obéit à l’amour ait pu servir de texte à quelque Air de cour antérieur…
    Et nulle part en cet ouvrage _ en celui-là, du moins _ n’ait mentionné, non plus, le nom de Michel Lambert…
     
    Cela m’étonne a priori un peu, de la part d’un amoureux éperdu de la musique tel que l’était le très indépendant La Fontaine ;
    mais j’ignore probablement bien des codes (et étiquettes) qui régnaient alors dans le monde des Lettres ;
    ou bien je minimise l’ombre du terrible Lully dans les rapports entre son beau-père (depuis 1662) Michel Lambert et La Fontaine…
     
    De même que quand La Fontaine publie, en 1682, les seuls deux premiers Actes de sa Galatée
    (« inachevée », prend-il soin de bien préciser encore…),
    il prend aussi soin d’ajouter aussi que ce livret « inachevé » n’a pas reçu de musique !!!
    Et les lafontainiens ont porté foi à sa parole (de redoutable madré) !
    Et il ne mentionne bien sûr pas le nom de Marc-Antoine Charpentier…
     
    Et quand le Mercure galant s’était fait l’écho, en février 1678, de la représentation (privée, chez M. de Rians) du petit opéra Les Amours d’Acis et de Galatée,
    si le nom du compositeur, Marc-Antoine Charpentier, était bien indiqué,
    ce n’était pas le cas du nom du librettiste (La Fontaine).
     
    C’est la présence de ces deux noms réunis au bas d’une Chanson (« Brillantes fleurs naissez ») publiée dans le Mercure galant, en avril 1689,
    qui m’a permis d’associer les deux noms de La Fontaine et Charpentier pour le petit opéra du carnaval de 1678, Les Amours d’Acis et de Galatée ;
    le texte de cette chanson constituant, en effet, rien moins que le début, la Scène 1, de l’Acte I de la Galatée publiée par La Fontaine en 1682.
    Cette chanson était la pièce manquante du puzzle, que j’ai pu reconstituer !…
     
    C’est ma méthode de noter la moindre occurrence des noms, et ensuite de penser, mémoire aidant à les relier-connecter,
    qui m’a permis de reconstituer une bonne partie de ce puzzle ;
    quand la plupart des chercheurs se contentent de s’en tenir aux noms donnés, sans aller rechercher de liens un peu plus loin. 
     
    C’est aussi ainsi que je procède en ma recherche des cousinages de Maurice Ravel à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz…
    Je suis le Curiosus…
     
    Et c’est ce qui m’a permis de repérer la paresse intellectuelle (et l’absence totale de la moindre recherche personnelle !) du compilateur
    qui se fait passer pour LE spécialiste de Ravel au pays basque…
    Honte à ce défroqué si imbu de lui-même !
     
    Merci, chère Georgie, de la peine que vous vous êtes donnée !
     
    Je vous embrasse,
     
    Francis
    qui se souvient en effet, bien sûr, de s’être alors adressé à vous, en 1994…

    …

    …

    9) mon courriel à Hugo Reyne le 6 juin à 16h 11 :

    …

    D’abord, cher Hugo, comment vas-tu ?

     
    J’ai lu, il y a quelque temps, que tu envisageais de mettre un terme à ton activité de chef de La Simphonie du Marais, pour te consacrer seulement à ton activité de soliste…
     
    Ensuite,
    durant le temps de confinement, j’ai engagé une série d’articles sur mon blog Mollat proposant des « Musiques de joie » pour aider à mieux vivre ce confinement…
    Parmi lesquelles j’en suis venu à l’Air Tout l’univers obéit à l’amour de Michel Lambert et La Fontaine, composé vers 1659, pour Nicolas Fouquet.
     
    Et en passant en revue ce qui en demeurait d’échos sur le web, j’ai retrouvé un article de la revue Le Fablier, en 1996, avec une très intéressante recension, très détaillée, du CD.
     
    Et j’ai découvert
     
    1°) que la destinataire poétique de l’adresse de l’Air était Philis, au moins dans la version à deux voix de Michel Lambert publiée en 1666 ;
    alors que cette destinataire devenait Psyché dans le poème présent dans Les Amours de Psyché et de Cupidon, que La Fontaine a publié en 1669 (sans nulle mention de l’Air à deux voix de Michel Lambert !).
    Quant au texte de l’Air à cinq voix de Lambert publié en 1689, je n’ai pas réussi à découvrir s’il s’y agissait toujours de Philis _ hypothèse la plus vraisemblable : pourquoi Lambert aurait-il varié ? _, ou Psyché…
    Mais dans les deux interprétations de cet Air à cinq voix dans les CDs de 1984 et 2016 des Arts Flo, la destinataire de l’adresse, est bien encore Philis, et non pas Psyché.
     
    2°) que l’auteur de cet article du Fablier, en 1996, n’était pas Patrick Dandrey, comme je le croyais jusqu’alors _ en ayant lu trop rapidement cet article _,
    mais son étudiant Boris Donné : c’est Patrick Dandrey lui-même qui me l’a précisé mardi dernier au téléphone.
     
    3°) Or dans l’interprétation de l’Air à deux voix du Portrait musical de Jean de La Fontaine,
    dans lequel cet Air est situé au moment de sa composition, vers 1659 pour Nicolas Fouquet,
    la  destinataire de l’Air chanté à la plage 5 du CD n’est pas Philis, mais Psyché.
     
    Je me demande donc si existe ou pas une version attestée de cet Air (à deux ou à cinq voix) comportant une telle adresse à Psyché, sous la signature de Michel Lambert, à laquelle tu te serais référé…
    Ou bien si c’est plutôt de ton initiative que tu as choisi, pour ce Portrait musical de Jean de La Fontaine, de suivre le texte du poème de La Fontaine dans ses Amours de Psyché et de Cupidon…
    Avec, au résultat, un petit anachronisme pour la chronologie scrupuleusement suivie par le programme de ce CD, qui place cet Air à deux voix au moment même de sa composition, vers 1659…
    Voilà…
    Dernière chose :
    j’ai joint aussi Jean-Michel Verneiges, heureux de ce rappel de ces bons souvenirs de 1994-95-96 autour de La Fontaine ;
    et qui m’a signalé que l’année 2021 serait celle du quadricentenaire de la naissance (le 8 juillet 1621) du poète de Château-Thierry (dans le département de l’Aisne)…
     
    Cela peut-il intéresser le directeur de la Simphonie du Marais ?
     
    Bon week-end,
    en espérant que toi et les tiens vous portez tous bien,
     
    Francis

    …

    …

    10) le courriel de réponse d’Hugo Reyne le 7 juin, à 13h 25 :

    …

    Cher Francis,
    Je vais bien.
    Je te donnerai la réponse à ta question lorsque je serai de retour chez moi aux Sables d’Olonne.
    J’ai tout cela dans ma grande bibliothèque que j’ai réussi à déménager et réinstaller cet hiver…
    Je suppose que j’ai préféré suivre le texte de La Fontaine. La réponse sera dans les 2 partitions de l’époque… N’hésite pas à me relancer en fin de semaine prochaine.
    Là je suis en Ardèche et j’y prends du bon temps, à dormir et à ne rien faire, comme dirait notre bon vieux Jean.
    Bien à toi,
    Hugo

    …

    …

    11) Courriel d’envoi du listing récapitulatif de mes 106 musiques de joie, notamment à Georgie Durosoir et Hugo Reyne, le 29 juin, à 9h 08  :

    …

    Chers vous,
     
    cette collection de 106 « Musiques de joie »
    _ d’un dimanche d’Élections à un autre dimanche d’Élections,
    avec cette expérience rare de confinement prolongé, qui m’a permis de mettre mieux (ou enfin !) à profit le trésor désordonné des piles de CDs de ma discothèque personnelle _
    constitue, bien sûr, et forcément, un choix partiel et subjectif, que j’espère cependant pas trop arbitraire.
     
    Une sorte de vagabondage heureux à travers l’histoire, assez hiératique et imprévue, non calculée en tout cas, de la formation assez variée de mes goûts de mélomane vraiment curieux,
    à défaut d’être effectivement musicien ;
    ou comment retourner (un peu) à son profit les insuffisances rédhibitoires de sa formation…
     
    Ce qui m’a offert d’étonnantes et bien belles rencontres, totalement imprévues et improgrammées
    que j’ai appris aussi à cultiver avec passion en même temps que recul,
    de cette place un peu étrange et atypique, me semble-t-il, de mélomane inlassablement curieux, ouvert et …passionné !
     
    Voilà pourquoi je tenais à inclure en ce bouquet de « Musiques de joie »
    ce qui a aussi marqué ce parcours personnel _ et atypique _ de réelles découvertes,
    à travers l’attention méthodique que j’ai pu porter par exemple à La Fontaine et Marc-Antoine Charpentier,
    ou à Lucien Durosoir…
     
    Ce qui a enrichi considérablement ce que j’ai naguère nommé « l’aventure d’une oreille »…
    Et qui est aussi le charme d’une vie (un peu philosophique) épanouie à sa façon…
     
    Avec reconnaissance,
     
    Francis
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    10) mardi 24 :  
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    ….
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    …
     
     
     

     

      73) mardi 26 :    

     
     
     
     
    …
     
     
     
     
     
     
     
     
      
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    …

    …

    12) le courriel de réponse de Hugo Reyne, hier, 2 juillet, à 17h 42 :

    …

    Merci Francis !
    J’ai vérifié c’est bien « Philis » dans les airs de Lambert et donc « Psyché » dans le texte de La Fontaine.
    Bonne journée,
    Hugo

    …

    …

    Voici donc résolue l’énigme de ce remplacement de « Belle Philis » par « Belle Psyché » dans l’interprétation de l’Air de cour à deux voix « Tout l’univers obéit à l’amour » de Michel Lambert, sur un poème de Jean de La Fontaine, composé pour Nicolas Fouquet vers 1659, dans le CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, par La Simphonie du Marais, dont j’avais réalisé la trame chronologique des éléments,

    au fil de la vie de Jean de La Fontaine.

    …

    C’est donc en hommage à La Fontaine,

    en ce Portrait musical à lui consacré,

    que Hugo Reyne a décidé de remplacer dans le texte de l’Air à deux voix de Michel Lambert de 1659 et 1666

    l’adresse originelle « Á Philis« 

    par une adresse « Á Psyché« ,

    ainsi que l’a publiée La Fontaine en son poème de 1669 ;

    …

    sans nulle mention de la part du poète, remarquons-le au passage, de la mise en musique de ce poème sien par Michel Lambert…

    …

    Et je n’avais pas remarqué jusqu’ici cet anachronisme chronologique au sein du programme du CD,

    qui suivait scrupuleusement le fil de la vie de La Fontaine.

    …

    …

    Une merveilleuse réalisation !!!

    …

    …

    Ce vendredi 3 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : A deux ou à cinq voix, le jubilatoire Tout l’univers obéit à l’amour de Jean de La Fontaine et Michel Lambert, ou le sublime raffinement des Airs de cour à la française

    En poursuivant dans le registre de la sublime délicatesse française du Grand Siècle,

    je pense bien sûr au très grand raffinement _ tout de simplicité, aussi : d’où l’assez grande difficulté pour une interprétation la plus juste possible, sans maniérisme… _ des merveilleux Airs de cour de Michel Lambert

    (Champigny-sur-Veude, ca 1610 – Paris, 29 juin 1696),

    …

    le maître à chanter, ainsi que le beau-père, par sa fille Madeleine (1642 – 1720) _ le mariage eut lieu à Paris, à l’église Saint-Eustache, le 24 juillet 1662… _, de Jean-Baptiste Lully (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687).

    …

    …

    Michel Lambert,

    un compositeur tout simplement essentiel dans le devenir de l’art du chant français au Grand siècle

    _ et hélas pas assez interprété en ce XXIe siècle : ni au concert, ni au disque ; et donc très injustement méconnu du public d’aujourd’hui !

    …

    …

    Je me souviens, pour y avoir très activement participé

    _ en tant qu’auteur à 90% du programme de ce CD ; Hugo Reyne y étant pour 10 %.. : j’avais passé toute une année à rechercher-recenser tout ce qui comprenait le moindre élément concernant la musique (sous toutes ses formes) dans l’œuvre de ce mélomane passionné et très connaisseur, vraiment, en profondeur, qu’était La Fontaine… (probablement le premier auteur à établir une esquisse sérieuse et un peu élaborée d’une esthétique de la musique, dès le XVIIe siècle) ;

    avec, surtout, au sein de mes recherches méthodiques, l’inestimable découverte, par recoupement de données demeurées jusqu’alors éparses, du petit opéra Les Amours d’Acis et de Galatée (donné à Paris, en 1678, en l’Hôtel de Monsieur de Rians) de Marc-Antoine Charpentier, sur un livret de Jean de La Fontaine ; ainsi que le narre très précisément le livret (dont je suis l’auteur, même si Hugo Reyne, après diverses relectures et corrections du texte que je lui proposais, l’a co-signé) de ce CD _,

    …

    je me souviens, donc,

    du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine 

    _ soit le CD Virgin Veritas 7243 5 45229 2 5, paru au mois de mars 1996 _,

    conçu, élaboré  _ de début juillet 1994 à fin août 1995 _ et réalisé _ du 25 au 28 août 1995 en l’abbaye de Saint-Michel-en Thiérache _

    à l’occasion des célébrations du tricentenaire de la mort de La Fontaine (Château-Thierry, 8 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695) _ sur une commande de Jean-Michel Verneiges et du Conseil général de l’Aisne (département de naissance de La Fontaine.

    …

    …

    Et ce CD comporte deux sublimes Airs de cour de Michel Lambert :

    …

    J’ai beau changer de lieu

    _ dont on ignore l’auteur du poème ; mais en une thématique étonnamment lafontainienne : ce qui a justifié le choix de cet Air-là, si magnifique déjà… _ ;

    et Tout l’univers obéit à l’amour

    sur un poème de La Fontaine, composé vers 1659, pour le cercle galant du Surintendant des finances de Mazarin, le fastueux Nicolas Fouquet. Lequel Fouquet avait engagé pour son fastueux divertissement du château de Vaux une pléïade des meilleurs artistes de son temps _ outre l’architecte Louis Le Vau, le jardinier André Le Nôtre et le peintre-décorateur Charles Le Brun (pour le château et les jardins de Vaux-le-Vicomte), Molière, Corneille, Madame de Sévigné, Mademoiselle de Scudéry, etc. _,

    parmi lesquels le poète Jean de La Fontaine et le musicien-compositeur Michel Lambert

    qui s’y sont rencontrés et fréquentés.

    …

    Et il se trouve qu’une lettre de Jean Perrault au grand Condé, en date du 13 septembre 1674, témoigne précisément de cette collaboration de La Fontaine et Lambert, vers 1659, à Vaux, pour cet Air à deux voix, que publiera Lambert, au sein d’un recueil d’Airs de cour, un peu plus tard, en 1666 ;

    …

    et il se trouve encore que, trente ans plus tard, en 1689 _ soient deux ans après la mort du gendre de Lambert, Lully, le 22 mars 1687 _, paraîtra, remaniée par le compositeur une nouvelle version, mais à cinq voix, cette fois, de ce Tout l’univers obéit à l’amour, en un nouveau recueil d’Airs de cour. 

    …

    …

    En surfant sur le web, au moment de rédiger cet article,

    je viens de découvrir, datée du 23 avril 2017, cette très brève appréciation-ci d’un mélomane (anonyme) à propos de ce CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, paru 21 ans plus tôt, en mars 1996,

    que je livre ici telle quelle :

    …

    « Très bien. 

    Somptueux et sublime, au bout de la 7ème écoute.

    Jean de La Fontaine était vraiment un mec cool et frais.« 

    …

    Voilà qui touche et fait vraiment plaisir.

    …

    …

    J’ai découvert aussi que ce CD Virgin Veritas Un Portrait musical de Jean de la Fontaine

    est présent dans 7 bibliothèques-médiathèques d’universités aux États-Unis et Canada :

    …

    les universités de Princeton (à Princeton, New Jersey), Virginia (à Charlottesville, Virginie), North Texas (à Denton, Texas), Reed College (à Portland, Oregon) et de New-Mexico (à Albuquerque, Nouveau-Mexique) ; 

    ainsi que les universités McGill (à Montreal, Québec) et Western (à London, Ontario).

    …

    …

    J’ai découvert encore, toujours sur le web, cette appréciation-ci, détaillée et argumentée, et sous la signature du critique musical Stephen Pettitt (né en 1945),

    sur le site de Classical-music.com, The official website of BBC Music Magazine :

    …

    This is a beautiful, thoughtfully compiled disc. It chronologically charts the life of Jean de La Fontaine, that 17th-century master of the fable, through his own words and through music that sets his text, or that he simply admired. There’s one particular coup : the inclusion of identifiable extracts from the opera _ Les Amours d’Acis et de Galatée _ by Charpentier that sets a text by La Fontaine. Alas, the whole work did not survive, probably for reasons to do with Lully’s royally granted privilege _ mais aussi le vol, au XIXe siècle, à la Bibliothèque Nationale, de plusieurs volumes de partitions originales (et uniques !) de Marc-Antoine Charpentier (dont celui de ses compositions de 1678, qui comportait ce petit opéra complet _, but the booklet notes make an excellent case for the association with the opera of the few pieces recorded here.   La Fontaine’s bon goût – often more than implicitly anti-Lully – is attested to by his admiration of composers like the lutenist Ennemond Gaultier, the harpsichordist Chambonnières, and Pierre de Nyert, master of the air de cour, of whose work there is tragically but one surviving example, ‘Si vous voulez que je cache ma flamme’. All are represented here, as, for the sake of fairness and balance – La Fontaine did write the dedicatory preface to Lully’s opera Amadis, after all – is Lully himself, though the extracts from Amadis and Isis (the famous ‘Air de Trembleurs’) are to texts by his usual librettist Quinault.   Performances of these and other riches – not least Couperin’s Sonata L’Astrée at the end – by La Simphonie du Marais under Hugo Reyne and with soloists Isabelle Desrochers and Bernard Deletré, are excellent. Christian Asse strikes exactly the right atmosphere in his readings, among which is La Fontaine’s furious satire of Lully, Le Florentin. But brush up your French : no translations of the texts are provided.

    Stephen Pettitt

    …

    …

    Et je rappelle aussi, et surtout, la très précise et fouillée _ lucidissime ! _ recension de ce Portrait musical de La Fontaine par Boris Donné _ et non Patrick Dandrey, comme j’avais jusqu’ici trop rapidement cru ; c’est Patrick Dandrey lui-même qui vient de corriger, par échange de courriels, mon inattention au signataire effectif de cette recension du Fablier, en 1996 : Boris Donné _, dans le numéro 8 de la Revue Le Fablier, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, Année 1996 ;

    recension que voici in extenso :

    …

    Le second disque dont nous voudrions rendre compte est intitulé Jean de La Fontaine, un portrait musical : il mêle textes, lus par le comédien Christian Asse, et musiques, interprétées par La Simphonie du Marais que dirige Hugo Reyne avec notamment Isabelle Desrochers, soprano, et Bernard Deletré, basse.

    Le programme, marqueterie délicatement agencée, a été conçu par Hugo Reyne lui-même, avec la collaboration de Francis Lippa ; ils signent ensemble l’excellent texte _ merci ! _ de présentation du livret.

    Disons tout de suite que les parties récitées du disque nous ont paru les plus faibles : le montage mêlant extraits de poèmes, de lettres et quelques pièces plus longues (la délicieuse satire contre Lully, Le Florentin, et l’Epître à M. de Nyert, sur l’opéra), quoique très ingénieux, prend quelques libertés avec les textes, tronqués _ nécessités de la durée du CD obligeaient… _ assemblés sans parfois trop de respect ; la diction de Christian Asse, un peu fade et distanciée à notre goût, ne leur rend pas pleinement justice… Mais c’est encore affaire de jugement, et sûrement la sobriété, les intonations graves et méditatives de ce comédien trouveront-elles des défenseurs.

    Nous nous concentrerons ici sur le programme musical, interprété par l’ensemble de Hugo Reyne, sur instruments anciens : on y appréciera les sonorités fruitées des vents et les impeccables interprètes du continuo (Jérôme Hantaï à la viole, Vincent Dumestre au théorbe, Elizabeth Joyé au clavecin) ; les cordes ont paru plus indifférentes.

    …

    Le programme de ce disque peut sembler composite dans la mesure où il mêle différents types de compositions : mais, dans un esprit proche de celui du poète, c’est la diversité et la variété qui ont guidé _ en effet _ son élaboration.

    On pourrait isoler un premier ensemble d’œuvres, celles qui replacent La Fontaine dans le contexte musical de son temps et des cercles qu’il fréquentait : des airs de Lambert _ Tout l’univers obéit à l’amour, et J’ai beau changer de lieu… _ ou de Nyert _ l’Air Si vous voulez que je cache ma flamme est un hapax ! _, des extraits d’opéras de Lully _ Amadis et Isis… _, l’ouverture des Fâcheux de Beauchamps, quelques pièces de clavecin ou de théorbe (en l’occurrence, deux petits joyaux : une sombre pavane pour clavecin de Chambonnières, très bien interprétée par Elizabeth Joyé, et une courante pour luth d’Ennemond Gaultier par Vincent Dumestre. On se serait plutôt attendu à trouver ici une pièce de son cousin de Paris, Denis Gaultier…) ;  musique souvent très belle, et très délicate, interprétée ici avec style et sensibilité.

    Un second ensemble serait constitué de musiques postérieures à La Fontaine, mais entretenant certains rapports avec son œuvre ou son esthétique : on y trouve le meilleur (le délicieux «air à boire» composé par François Couperin _ peu après le décès de La Fontaine, le 13 avril 1695… _ sur L’Epitaphe d’un paresseux, et, du même, la sonate L’Astrée, qui clôt le disque sur une note mélancolique) comme le pire (les paraphrases de fables sur des airs populaires, dans le goût du XVIIIe siècle : Le Loup et l’Agneau, La Fourmi et la Sauterelle).

    Le dernier groupe d’œuvres, enfin, est le plus intéressant : ce sont celles auxquelles La Fontaine a directement collaboré _ oui ! Et cela ne se sait pas assez… On y trouve quelques chansons sur des airs à la mode (inépuisables «folies d’Espagne»), un Air mis en musique par Lambert, «Tout l’univers obéit à l’Amour» (Les paroles de cet Air de 1659 furent reprises _ par La Fontaine _ en 1669 dans Les Amours de Psyché (avec une substitution de prénoms que la notice du disque omet _ en effet _ de signaler : la «belle Psyché» était à l’origine une «belle Philis») ; détail intéressant, qu’aucune édition de Psyché _ de La Fontaine _ ne signale à notre connaissance. Un critique _ en fait Boris Donné lui-même, l’auteur de cette recension, comme il l’affirme indirectement, avec élégance, en citant l’ouvrage (sien !) dans lequel sont présentes ces « imprudentes » affirmations : son propre La Fontaine et la poétique du songe, paru en 1995 _, dans un ouvrage récent (Boris Donné, La Fontaine et la poétique du songe, 1995) a même observé, bien imprudemment, que cet «air purement imaginaire [sic], destiné sans doute à figurer seulement sur la page imprimée, […] se prêterait parfaitement à la mise en musique propre à un air de cour bipartite» — «dans la manière de Lambert», ajoute-t-il innocemment _ en élégante contrition rétrospective _ en note (p. 106)… Et pour cause ! Ignorance impardonnable, puisque cet air avait déjà été enregistré par William Christie en 1984 _ ce que le mélomane passionné qu’est aussi Boris Donné ne se pardonnait pas, ici, d’avoir ignoré… _, un bref extrait de la tragédie lyrique Astrée (musique de Colasse)…

    Tout cela est intéressant : mais pas tant que ce qui constitue à nos yeux l’intérêt principal du disque, à savoir quelques fragments de Galatée _ un livret de La Fontaine _ mis en musique par Marc-Antoine Charpentier en 1678, ce que l’on ignorait jusqu’ici ! Quand La Fontaine en publie le livret inachevé _ deux actes sur trois ! _, en 1682, son avertissement laisse _ assez étrangement _ entendre que sa composition fut indépendante de tout souci de mise en musique et de représentation _ une cachotterie d’importance, de la part du fabuliste, qui a égaré jusqu’ici tous les lafontainiens… Un compte rendu du Mercure galant, en 1678, faisait par ailleurs l’éloge d’un «petit opéra» de Charpentier intitulé Les Amours d’Acis et de Galatée, dont ne furent données que quelques représentations semi-privées _ chez Monsieur de Rians, à Paris _ ; mais l’auteur du livret _ La Fontaine ! _ n’était pas cité. Par recoupement, Hugo Reyne _ ou plutôt Francis Lippa, auteur de ces découvertes ! Cf la note à ce sujet de Catherine Cessac, en la seconde édition (en 2004) de son Marc-Antoine Charpentier, chez Fayard, à la page 138 ; Hugo Reyne, alors en tournée en Australie, au Japon et aux États-Unis, avait, par échanges de fax, rectifié à la marge quelques passages et expressions du livret que Francis Lippa avait rédigé et lui avait proposé et soumis, à travers l’Atlantique et le Pacifique… _ montre que ce «petit opéra» était, de façon indiscutable _ merci ! _, la Galatée de La Fontaine : l’un des Airs _ Brillantes fleurs, naissez (H.449) _ en fut même publié dans le Mercure en 1689, avec leurs deux signatures ! Il est par ailleurs possible de retrouver, dans les partitions _ conservées, celles-là _ de Charpentier, des extraits de cet opéra qui furent réemployés dans d’autres compositions _ lors de reprises, par Charpentier, de son petit opéra L’Inconnu… _ (principalement les pages instrumentales, hélas). Ainsi ce disque propose un charmant montage _ de ce qui demeure de ce petit opéra de 1678 : Les Amours d’Acis et de Galatée _, d’une vingtaine de minutes, où alternent airs, pièces instrumentales et scènes récitées quand la musique n’en a pas été retrouvée : découverte extraordinaire, et fort émouvante _ merci ! _, qui en laisse peut-être présager d’autres… «Il [nous] faut du nouveau, n’en fût-il point au monde» !

    …

    …

    En ce CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine de La Simphonie du Marais sous la direction d’Hugo Reyne, enregistré au mois d’août 1995 et paru chez Virgin Veritas au mois de mars 1996,

    …

    le merveilleux Air de Lambert J’ai beau changer de lieu

    …

    J’ai beau changer de lieu, mon soin est inutile,
    Je porte partout mon amour
    Et je n’en suis pas plus tranquille,
    Dans ce paisible séjour :
    Sentirai-je toujours cette cruelle flamme ?
    Quoi ? serai-je agité d’un éternel souci ?
    Et le calme qui règne ici
    Ne peut-il passer dans mon âme ?

    Je viens chercher la paix dans cette solitude,
    Je veux l’attirer dans mon cœur,
    Et je vais bannir l’inquiétude
    Qui s’oppose à mon bonheur ;
    Mais je ressens toujours cette cruelle flamme,
    Je me vois agité d’un éternel souci
    Et le calme qui règne ici
    Ne saurait passer dans mon âme

    …

    se trouve à la plage 7 ;

    …

    …

    et le jubilatoire Air à deux voix (de 1659, publié en 1666) de Jean de La Fontaine et Michel Lambert Tout l’univers obéit à l’amour

    …

    Tout l'Univers obéit à l'Amour ; 
    Belle Philis, soumettez-lui votre âme. 
    Les autres dieux à ce dieu font la cour, 
    Et leur pouvoir est moins doux que sa flamme. 
    Des jeunes cœurs c'est le suprême bien, 
    Aimez, aimez ; tout le reste n'est rien.
    
    Sans cet Amour, tant d'objets ravissants, 
    Lambris dorés, bois, jardins, et fontaines, 
    N'ont point d'appâts qui ne soient languissants, 
    Et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines. 
    Des jeunes cœurs c'est le suprême bien 
    Aimez, aimez ; tout le reste n'est rien.
    ...

    se trouve à la plage 5

    _ Boris Donné, à l’érudition duquel bien peu de choses échappent, a très opportunément remarqué que dans la version originale de cet Air, publiée par le compositeur Lambert, en 1666, c’est à Philis, et non à Psyché, que s’adresse le poète (ou/et le chanteur interprète), à la différence de ce qui sera le cas, en 1669, dans le poème publié, indépendamment de toute musique cette fois, par La Fontaine en ses Amours de Psyché et Cupidon, trois ans plus tard ; ainsi qu’en 1689, dans la version à cinq voix de ce même Air, publié par Lambert.

    Boris Donné a donc raison d’affirmer, en cette recension, en 1996, de notre CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, que c’est à tort que notre CD a choisi de proposer à l’écoute de cet Air à deux voix composé en 1659, le texte de la version définitive de l’Air, celle à 5 voix, publiée par Lambert en 1689 ; ainsi que celle du poème de La Fontaine en ses Amours de Psyché et Cupidon, publiés en 1669 ; tout en situant bien cet Air, en sa version à deux voix, en la période de sa composition, la période fouquetienne (vers 1659) de la vie de Jean de La Fontaine (et de Michel Lambert). J’ignorais, pour ma part (ne m’étant pas moi-même occupé des partitions de Lambert dans la préparation du programme de ce CD), cette différence d’adresse, dans le texte de l’Air, entre Philis, en 1659 et 1666, et Psyché, en 1669 et 1689 (mais, pour ce qu’il en est de l’adresse de la version à cinq voix de 1689, je ne l’ai pas vérifié).

    …

    …

    De la version à cinq voix publiée en 1689 de ce Tout l’univers obéit à l’amour

    _ l’adresse chantée est faite à Philis, et non à Psyché, dans les deux CDs des Arts Florissants, les deux fois, en 1984, comme en 2013,  pour la version de 1689 de l’Air à cinq voix voix… _,

    …

    voici à écouter le podcast d’une interprétation récente (enregistrée en décembre 2013) des Arts Florissants, en la plage finale de leur CD Bien que l’amour… Airs sérieux et à boire ; soit le CD Harmonia Mundi HAF 8905276, sorti le 1er avril 2016 ;

    …

    et, toujours, par les Arts Florissants, mais trente-deux ans plus tôt,

    le podcast d’une interprétation de 1984 de 14 Airs de cour de Michel Lambert,

    en le CD Harmonia Mundi 1901123, re-publié en 1992 ;

    le Tout l’univers obéit à l’amour à 5 voix ouvrant alors le bal de ce récital…

    …

    …

    Je n’ai hélas pas trouvé sur le web de podcast de la spendide interprétation de la version première, à deux voix, de ce Tout l’univers obéit à l’amour de La Fontaine et Lambert, superbement interprété par Isabelle Desrochers, soprano, et Bernard Deletré, basse, dans le CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, en 1995, de La Simphonie du Marais.

    …

    …

    Ce vendredi 29 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la bonne humeur égale de l’ami Telemann, et la vivante compagnie de sa Musique de table, en 4 généreux CDs

    Ce samedi très ensoleillé de début avril,

    je reviens à l’excellente compagnie _ à la fois paisible et tonique : vivante ! _

    de l’ami Telemann :

    …

    il n’est certes pas du genre à se pousser du col _ jamais ! _,

    et sait très amicalement _ humainement ! _ varier les plaisirs musicaux qu’il nous donne.

    …

    Telemann a ainsi quelque chose de l’ami Jean de La Fontaine… 

    …

    …

    J’ai donc opté aujourd’hui pour son recueil de plus de 4 heures de musique

    _ Telemann est aussi un généreux ! _,

    en 3 « Productions« , de musique de table,

    Tafelmusik,

    publié, en souscription, à Hambourg en 1733

    _ et 206 personnes souscrivirent, parmi lesquelles, à Dresde, Pantaleon Hebenstreit et Johann Georg Pisendel, à Berlin, Johann Joachim Quantz, à Paris, Michel Blavet, et à Londres Händel _ :

    …

    chacune de ces « Productions » comportant

    _ je cite in extenso le titre de la publication originale _

    …

    « une Ouverture avec la Suite à 7 instruments,

    un Quatuor,

    un Concert à 7,

    un Trio,

    un Solo,

    et une Conclusion à 7,

    …

    et dont les instruments se diversifient par tout ;

    composée par George Philipp Telemann,

    Maître de Chapelle de L. A. S. le Duc de Saxe-Eisenach, et le Margrave de Bayreuth ;

    Directeur de la Musique à Hambourg« .

    …

    …

    Et j’alterne à l’écoute deux interprétations

    de ma discothèque,

    toutes deux publiées _ je le note _ en 1989 :

    …

    le quadruple album _ Teldec 8.35670 244 688-2 _ du Concentus Musicus Wien,

    sous la direction de Nikolaus Harnoncourt,

    …

    et le quadruple album _ Archiv 427619-2 _ du Musica Antiqua Köln,

    sous la direction de Reinhard Goebel.

    …

    …

    Et je regrette au passage que l’excellent ensemble Florilegium

    ne nous ait pas encore gratifiés d’une intégrale de cette Tafelmusik !

    …

    …

    Telemann est un ami de la meilleure compagnie _ la plus humaine… _ qui soit :

    …

    d’humeur égale et toujours bienveillante ;

    en une œuvre constamment vivante, ouverte et variée.

    …

    …

    Ce vaste _ et ordonné _ recueil

    modestement intitulé « Musique de table« 

    est d’un constant régal,

    en sa variété superbement accomplie

    de « goûts réunis« …

    …

    …

    Ce samedi 4 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa