Étiquette : Jean Françaix

  • Un admirable « Tombeau de Couperin » par Anshel Brusilow (Philadelphie, 1928 – Dallas, 2018) dirigeant le Chamber Symphony of Philadelphia en 1967, en un extraordinaire coffret de 6 CDs RCA paru en 2023…

    Ma passion pour le ravélien « Tombeau de Couperin » m’a fait chercher à me procurer au plus vite le coffret « Anshel Brusilow conducts the Chamber Symphony of Philadelphia » _ un coffret de 6 CDs RCA 19658792072 paru en 2023 _,

    sur la foi de ma lecture de l’article « Ephémère » paru sur l’excellent site Discophilia de Jean-Charles Hoffelé à la date du 4 février 2024…

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    Anshel Brusilow (Philadelphie, 14 août 1928 – Dallas, 15 janvier 2018) est un musicien bien peu ordinaire, et réellement magnifique !

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    Et le CD « Ravel – Françaix – Ibert » qui comporte ce stupéfiant « Tombeau de Couperin » est magistral de puissance poétique _ comme de prise de son…

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    Mais, avec ce sublime « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel (1875 – 1937), sont présents sur ce magistral CD paru en juin 1969, d’aussi stupéfiants « Sérénade » de Jean Françaix (1912 – 1997), et « Suite symphonique Paris » de Jacques Ibert (1890 – 1962) _ eux aussi en de titanesques prises de son _, rendant à leur tour pleine justice aux extraordinaires instrumentistes de ce Chamber Symphony of Philadelphia, qu’Anshel Brusilow avair su réunir auprès de lui…

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    EPHÉMÈRE

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    Lorsque Anshel Brusilow forma au printemps de 1961 son orchestre de chambre avec ses amis _ voilà : et cela se ressent : quelle formidable cohésion de cet ensemble ! _ de l’Orchestre de Philadelphie, dont il était alors le « concertmaster », se doutait-il des difficultés successives qui allaient mettre un terme prématuré à sa belle entreprise ?

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    Eugene Ormandy ne regardait pas avec toute la bienveillance nécessaire la création d’un orchestre _ autre que le sien, à Philadelphie _ qui, même de format Mozart, proposait une autre saison de concerts symphoniques (même modeste en nombre de soirées, au début cinq par saison durant l’été). Puis les syndicats de musiciens eux-mêmes s’en mêlèrent, interdisant, par un édit, à tout membre du Philadelphia Orchestra de participer à la nouvelle formation.

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    En signe de protestation, Brusilow quitta le pupitre du premier violon, conserva _ auprès de lui _ quelques musiciens frondeurs de l’orchestre, dont le premier violoncelliste William Stokking, Ormandy dans l’immédiat n’allant pas jusqu’à les licencier (ils ne perdaient rien pour attendre), invita quelques solistes freelance et des instrumentistes chevronnés du Curtis, composant un orchestre étoffé qui, à compter de 1966, proposera des saisons complètes.

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    La virtuosité de l’ensemble, son ouverture vers des répertoires que l’Orchestre de Philadelphie maintenait à la marge, le charisme _ voilà ; et comme il se ressent ! _ de leur directeur musical : en une saison le public répondit présent, mais aussi le disque. La RCA, en signant l’Orchestre de chambre de Philadelphie, reprenait pied dans la capitale culturelle de la Pennsylvanie où elle avait régné sans partage durant le magister de Leopold Stokowski.

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    La label au sceau rouge accompagnera le Chamber Symphony jusqu’en 1968, année où l’Orchestre de Philadelphie quitta la Columbia pour revenir dans le giron de RCA, coup d’arrêt brutal alors même que Brusilow sortait rayonnant des sessions d’un fastueux Bourgeois gentilhomme où il avait repris son violon. La formation survivra deux saisons encore, avant de se débander en 1972.

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    Six disques seulement _ mais quels ! Dès les deux premiers la philosophie de l’ensemble et de son directeur était clairement exposée : remettre en évidence des partitions oubliées du grand répertoire (dans ce cas une lecture fabuleuse de poésie et d’élan de la Première Sérénade de Brahms) et illustrer la musique du XXe siècle (créations comprises, pour l’heure la Messe « Come, Creator Spirit » de Richard Yardumian, gloire locale, certes, mais d’abord compositeur inspiré qui répondait ici à une commande de l’orchestre).

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    Suivront un disque Tchaikovski/Arenski d’un fini, d’une élégance, un doublé Cherubini Haydn, vert, enlevé (quel « Il distratto »), un album français ouvert par un ineffable _ oui, oui ! _ Tombeau de Couperin (avec le hautbois de James Caldwell) poursuivi par la rare Sérénade de Jean Françaix avant le Capriccio d’Ibert, et surtout _ oui, oui ! _ sa Suite « Paris », d’une poésie élégante et canaille à la fois _ et c’est absolument merveilleux de vie… Cet album français est une merveille  _ tout simplement ! _ qui n’aurait jamais dû quitter les catalogues, assez dans la veine de ceux que Vladimir Golschmann gravait pour Capitol avec son Orchestre de Saint-Louis.

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    Coda brillantissime chez Richard Strauss (Le Bourgeois gentilhomme, déjà cité) et Wolf pour une Sérénade italienne fouettée.

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    Ai-je jamais pu espérer revoir en CD ces microsillons que je cherchais chez Griffon à Manhattan, souvent en vain ? Les voici, je me frotte les yeux. Non, je ne rêve pas _ et nous non plus…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Anshel Brusilow conducts the Chamber Symphony
    of Philadelphia

    The Complete RCA Album Collection

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    CD 1
    Johannes Brahms
    0404(1833-1897)
    Sérénade pour orchestre No. 1 en ré majeur, Op. 11

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    CD 2
    Richard Yardumian (1917-1985)
    Come, Creator Spirit
    Lili Chookasian, contralto – Chamber Symphony of Philadelphia Chorale – Members of the Fordham University Glee Club – Members of the Thomas More College Women’s Chorale

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    CD 3
    Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893)
    Suite pour orchestre No. 4 en sol majeur, Op. 61, TH 34 « Mozartiana »
    Quatuor à cordes No. 1 en ré majeur, Op. 11, TH 111 (extrait : II. Andante cantabile, version pour orchestre à cordes)
    Anton Arenski (1861-1906)
    Variations sur un thème de Tchaikovski, Op. 35a

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    CD 4
    Luigi Cherubini (1760-1842)
    Symphonie en ré majeur
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie No. 60 en ut majeur, Hob. I:60 « Il distratto »

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    CD 5
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Le tombeau de Couperin, M. 68a
    Jean Françaix (1912-1997)
    Sérénade pour petit orchestre
    Jacques Ibert (1890-1962)
    Suite symphonique, « Paris »
    Capriccio

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    CD 6
    Richard Strauss (1864-1949)
    Der Bürger als Edelmann (Le bourgeois gentilhomme) – Suite, Op. 60b, TrV 228c
    Hugo Wolf (1860-1903)
    Sérénade italienne (version orchestrale)

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    Chamber Symphony of Philadelphia
    Anshel Brusilow, direction

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    Un coffret de 6 CD du label Sony Classical 19658792072
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Anshel Brusilow –
    Photo : © Texas University Photography Collection

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    Des interprétations splendidissimes !

    Une fête des sens…

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    Ce samedi 1er février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le génie puissant et singulier, profond, de László Lajtha (Budapest, 1892 – Budapest, 1963) en son Quatuor avec piano Op. 6 (de 1925), dans l’interprétation splendide, intense et profondément poétique, du jeune Notos Quartett…

    Je remercie très vivement l’excellent article « Divertissement et chef d’œuvre » de Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia, le 22 août dernier,

    de m’avoir fait découvrir _ et adorer ! _ ce chef d’œuvre intense et profond, marquant, qu’est le Quatuor avec piano, Op. 6, de Laszlo Lajtha (Budapest, 30 juin 1892 – Budapest, 16 février 1963),

    dans l’interprétation elle-même profonde et intense, percutante ainsi qu’infiniment poétique, du jeune Notos Quartet,

    en le très récent excellent CD « Paris Bar« , du label Sony Classical 19439986682.

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    DIVERTISSEMENTS ET CHEF-D’ŒUVRE

    Paris, jonction des années vingt-trente, un parfum de folle époque règne encore _ par delà le traumatisme indélébile de la Guerre Mondiale _, quelques musiciens étrangers, installés au bord de la Seine, s’en emparent ; rythmes vifs, écriture faisant la part belle aux danses du temps, harmonies pimentées, cela se retrouve, avec quelques touches éclatantes toute polonaises, dans la brillante Suite-Divertissement qu’Alexandre Tansman écrit en 1929 pour le Quatuor Belge, formation regroupée autour du piano de Marcel Maas.

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    Les harmoniques chaudes, belles comme celles des fauves, l’écriture dansante, toujours sur les pointes, les motifs savoureux et évidemment cette suractivité qui est la marque de fabrique du Polonais _ un compositeur absolument majeur ! _, éclatent au long des six mouvements, mais courrez d’abord aux étrangetés mystérieuses du Nocturne, un peu Bartók. Les Notos y sont prodigieux de vivacité, de précision, d’humour et de lyrisme lorsqu’il faut, tout comme pour le Divertissement de Jean Françaix, partition délicieusement piquante, un peu mozartienne aussi par l’allégement de l’écriture.

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    Puis vient le chef-d’œuvre _ le voilà !!! _, le vaste nocturne inquiet _ oui _ qu’est le Quatuor avec piano de László Lajtha, pièce manquante du génial trio de Budapest qui ne devrait plus tarder à rejoindre _ contre notre paresseuse incuriosité _ Béla Bartók et Zoltán Kodály dans leur empirée _ à mieux reconnaître !

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    L’œuvre est d’une beauté aussi suffocante qu’amère _ oui _, ces splendeurs sombres sont si émouvantes dans la lecture intense _ voilà _ des Notos qu’on a peine à croire qu’il s’agit du premier enregistrement de cet opus majeur _ oui ! _ des années vingt où ce génie trop oublié affirmait d’emblée son inextinguible singularité _ oui, oui, oui.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Paris Bar

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    Jean Françaix (1912-1997)
    Divertissement

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    Alexandre Tansman (1897-1986)
    Suite-divertissement

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    László Lajtha (1892-1963)
    Quatuor avec piano, Op. 6

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    Notos Quartett

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    Un album du label Sony Classical 19439986682
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    Photo à la une : les membres du Notos Quartett – Photo : © DR

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    Les deux autres œuvres de ce splendide et nécessaire CD du Notos Quartett _ Sindri Lederer, violon ; Andrea Burger, alto, Philip Graham, violoncelle ; et Antonia Köster, piano ; l’enregistrement a eu lieu à Leipzig en février 2021… _ ,

    la Suite-Divertissement (de 1929) d’Alexandre Tansman ( Łódź, 11 juin 1897 – Paris, 15 novembre 1986), et le Divertissement (de 1933) de Jean Françaix (Le Mans, 23 mai 1912 – Paris, 25 septembre 1997),

    loin d’être, comme leurs titres pourraient l’incliner à penser, superficielles ou simplement anecdotiques,

    complètent superbement le très vivant, passionnant et très juste portrait réalisé par les jeunes musiciens du Notos Quartett

    de ce bouillant Paris de l’après Première Guerre Mondiale _ années vingt, début des années trente : les années de composition du principal de l’œuvre de mon cher Lucien Durosoir (Boulogne-sur-Seine, 5 décembre 1878 – Bélus, 4 décembre 1955)  _, si puissamment attractif alors tout particulièrement pour des musiciens originaires d’Europe orientale… 

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    Et si je me permets de rapprocher ainsi ce profond Quatuor avec piano Op. 6 de László Lajtha, composé en 1925, et créé à Budapest le 23 janvier 1927, de l’œuvre si singulier de Lucien Durosoir,

    c’est pour ce que ces œuvres singulières si intensément poétiques surmontent de la Guerre Mondiale qui les a tous deux si puissamment marqués en leur humanité…

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    Un CD tout à fait important, en conséquence… 

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    Ce mardi 30 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa