Étiquette : Jean-François Heisser

  • Un bref enthousiaste commode aperçu de ma part sur le si beau cru 2026 du Festival Ravel à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz…

    Pour simple commodité,

    voici un récapitulatif des 3 articles – pour les lire ou relire, il suffit de cliquer sur les liens... – que je viens de consacrer à 3 extraordinaires concerts donnés – et reçus, chacun, avec suprême admiration – aux Récollets – quel formidable merveilleux lieu intime pour des concerts ! – à Ciboure les jeudi 3, vendredi 4 et samedi 5 septembre derniers, par l’ami Benjamin Alard à son clavecin, et le quintette de ses 5 compagnons ; Jean-François Heisser à son piano ; et Xavier de Maistre et Lucero Tena, lui à sa harpe et elle à ses castagnettes, d’une beauté chaque fois éminemment singulière, mais chaque fois supérieurement admirée et réjouissante, faisant ainsi du cru 2026 du Festival Ravel judicieusement sous-titré « L »Heure espagnole« , un cru peut-être exceptionnel – et alors qu’il ne s’agit là que de 3 concerts parmi bien d’autres où je ne fus pas présent… –  :

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    _  « Fabuleux concert hier après-midi 3 septembre de Benjamin Alard aux Récollets à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz, autour du Concerto pour clavecin et orchestre de Manuel de Falla, et découverte d’un extraordinaire compositeur né en 1968 : José Maria Sanchez-Verdú, avec 3 œuvres commandées par le Festival international de musique et de danse de Grenade, pour un hommage à Falla, et créées le 18 juin 2024 à Grenade par Benjamin Alard lui -même au clavecin…« ,

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    _ « Superbissime Jean-François Heisser pour une sublimissime « Música callada » de Federico Mompou (1959, 1962, 1965, 1967) aux Récollets hier vendredi 4 septembre : une musique intense et profonde consubstantiellement retenue…« ,

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    _ « Et toujours aux Récollets, à Ciboure, un absolument magique concert, hier 5 septembre, de Xavier de Maistre, harpe, et Lucero Tena, castagnettes…« …

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    « Fabuleux« , « superbissime« , « magique« ,

    tels sont donc les trois adjectifs qui me sont spontanément venus à l’esprit pour caractériser, sur le champ, ces trois successives – et très distinctes, très diverses – magnifiques performances des musiciens-interprètes de ces trois concerts donnés aux Récollets, à Ciboure, les 3, 4 et 5 septembre derniers…

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    Composer le programme d’un Festival, de même que composer le programme d’un concert, et aussi composer le programme d’un disque, est un art éminemment délicat, face au nécessaire alliage de l’équilibre de la diversité parfois proposée, et de l’unité qui doit en ressortir au final…

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    Bravo donc à tous les concepteurs de ces divers programmes si justement et brillamment concoctés, et, au tout premier chef, à Bertrand Chamayou, le directeur artistique du Festival Ravel, présent déjà au moins à ces trois concerts-là – et probablement à tous les autres : ce qui me paraît normal de la part de l’hôte accueillant, et responsable premier, en chef, de ce si beau Festival Ravel…

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    Avec une question subsidiaire de la part du discophile passionné que je suis – cf mon article « Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier… » en date du 30 mai 2026  – : serait-il contradictoire, et même vilainement nocif (ici pour la venue en nombre des mélomanes assister sur place aux concerts du Festival Ravel), d’envisager aussi, en plus des concerts, des enregistrements Live de ces si beaux concerts, qui donneraient lieu, ensuite, pour quelques uns au moins d’entre eux, et même si ce serait nécessairement avec pas mal de retard, à une très appréciable publication – un peu durable, elle – discographique ? Car, pour ma très modeste part de mélomane, je trouve toujours frustrant de ne pas conserver de trace matérielle – je ne suis pas Mozart qui, ayant écouté une seule fois le « Miserere » d’Allegri (interdit d’interprétation ailleurs qu’au Vatican, ainsi que de copie) à Saint-Pierre de Rome, a été capable de le restituer in extenso a posteriori, rien qu’au souvenir archi-précis et complet de son unique écoute… – du vif plaisir éprouvé à l’instant – d’éternité, oui – si furtif du concert ! Et j’aime écouter et ré-écouter sur ma platine chez moi, tranquillement, ces enregistrements qui ne cessent pas de m’enchanter et de se redécouvrir, au fil du temps qui passe et de mes ré-écoutes, et dont je dispose matériellement, tout près de moi, hic et nunc, là, à simple portée de ma main…

    Ma question est certainement d’une grande naïveté,

    alors que je sais bien qu’à l’interprète lui-même le concert effectif rapporte financièrement beaucoup beaucoup plus que ce qui lui revient en pourcentage, quasi ridicule, dans les ventes d’un disque ; et, de plus, que beaucoup de ces musiciens doivent désormais aussi, qui plus est, trouver une certaine part de contribution au financement de leur disque… Et ce à quoi s’ajoute la drastique diminution, dans le pays, de magasins de disques où il est possible de se procurer immédiatement et matériellement les disques…

    Avec aussi et encore le problème de plus en plus préoccupant, voire angoissant – et lui aussi en partie, mais pas seulement, d’ordre financier – , que constitue l’amoindrissement quasi continu du public authentiquement mélomane – mais un public qui est vieillissant, ainsi que suffisamment argenté pour s’offrir des places de concerts à de tels prix ; même si l’espace de concert est le plus souvent encore, du moins pour le moment, me semble-t-il, rempli… – : comment donc, et surtout, arriver à renouveler le public mélomane de la musique de la plus haute qualité auprès des nouvelles générations, sans une initiation qui soit elle-même de haute qualité – et pas à l’économie la plus pingre !.. – à l’authentique culture de la musique, à l’heure des réseaux sociaux débridés, et de politiques culturelles indignes, et tout simplement suicidaires – mais ils ne s’en rendent pas compte ! – pour la civilisation et la qualité… C’est là la question de l’initiation véritable à la culture véritable, hors du cancer de la démagogie – électorale – à très très courte échéance qui se répand hélas présentement… C’est que nous dansons carrément sur un volcan…

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    Ce lundi 7 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Superbissime Jean-François Heisser pour une sublimissime « Música callada » de Federico Mompou (1959, 1962, 1965, 1967) aux Récollets hier vendredi 4 septembre : une musique intense et profonde consubstantiellement retenue…

    Oui, c’est un superbissime Jean-François Heisser qui, merveilleusement inspiré, nous a donné, hier vendredi 4 septembre, aux Récollets à Ciboure, une sublimissime  « Música callada » de Federico Mompou (Barcelone, 16 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987) : une musique consubstantiellement et splendidement retenue – ou musique tue (callar = se taire)…

    Une musique d’une complète intimité, seulement pour soi-même et ses proches, et comme en partie murmurée, et pas pour une salle de concert, destinée à être acclamée…

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    Un récital de Jean-François Heisser, d’une admirable profonde, intense, bouleversante, et justissime, sobriété-nudité, formidablement expressive, sur le piano,

    telle que Mompou expressément le désirait, en ce sommet absolu de son œuvre que sont ces 4 cahiers de « Música callada« , soient 28 miniatures publiées en 1959 (1 à 9), 1962 (10 à 16), 1965 (17 à 21) et 1967 (22 à 28)…

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    Déjà la présentation qu’en a donnée, à son micro, Jean-François Heisser était magnifique, et sans un mot de trop.

    Il nous a dit comment il avait rencontré Federico Mompou, en 1974, lors de l’Académie d’été de Saint-Jacques-de-Compostelle : « Ce fut une expérience bouleversante de voir cet homme maladivement timide, gêné par sa grande taille, vivre au quotidien sa propre musique : la recherche permanente du rubato naturel, du  balancement idéal, du ton juste, nous laissait entrevoir ce monde de la liberté absolue dont on n’ose imaginer qu’on puisse un jour y accéder.« 

    Mompou qui disait avec sa très profonde et idiosyncrasique humilité : « Je ne suis pas un compositeur ; je ne veux pas être un compositeur. je crois, tout simplement, que je suis une musique, une musique dont je suis convaincu que ce n’est pas moi qui la fais, car j’ai toujours la sensation qu’elle vient en moi du dehors.« 

    Et dans le livret de présentation de ce concert de ce vendredi 4 septembre 2026, Hélène Cao très justement commente : « Son langage harmonique, à nul autre pareil, exploite les moindres vibrations du son. Cette sensibilité à la résonance s’enracine dans son enfance – barcelonnaise – car ses grands-parents – maternels : Dencausse – possédaient une entreprise de fonderie de cloches dans la région de Tarbes« .

    Et Hélène Cao de conclure sa notice du livret de présentation de ce si beau concert : « Ravel aurait été sensible à cette musique sans compromis, en dépit de ce qui le sépare de son esthétique – singulière. Si les informations manquent quant à ses relations avec le musicien catalan, on sait du moins que Mompou figure dans son carnet d’adresses et, en juin 1926, sur la liste des invités à la création des Chansons madécasses« .

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    Jean-François Heisser n’a pas manqué de très justement encore recommander la lecture du chapitre intitulé « Le Message de Mompou« , aux pages 157 à 172 du beau recueil de Vladimir Jankelevich « La Présence lointaine – Albeniz, Séverac, Mompou » à qui voudrait pénétrer plus avant dans les arcanes de l’œuvre de Mompou…

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    Et quand avec mon amie Francine Aldin, grande amie de Jean-François Heisser, nous sommes aller le féliciter après le concert – je désirais offrir au magnifique ravélien qu’il est aussi mon « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz » – , je lui ai suggéré de découvrir l’extraordinaire musique de Manuel Blasco de Nebra (1730 – 1784), telle que l’a donnée au disque – Mandala MAN 4847, enregistré à Paris en 1995 ; cf mon article « Musiques de joie : la merveille absolue et irrésistible des Sonatas de Manuel Blasco de Nebra, par Josep Colom«  en date du 10 avril 2020… – l’excellent pianiste catalan Josep Colom – Barcelone, 11 janvier 1947 – , auteur aussi, après Mompou lui-même – indispensable coffret de 4 CDs Brilliant Classics, enregistré à Barcelone, en 1974… – , d’une intégrale de la musique piano de Mompou – coffret de 4 CDs Mandala 5021/24 « Mompou -L’Œuvre pour Piano« , enregistré en décembre 1991, février, mars et juin 1992…

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    Mais, et surtout (!), le 23 octobre 2013, est paru aux Éditions Actes-Sud le livre-disque « Musica callada – Federico Mompou » de Jean-François Heisser,

    qui manque hélas à ma discothèque personnelle : je n’avais pas encore rencontré cette sublime musique de Mompou…

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    Mais hier je l’ai admirée en ce concert émouvantissime de Jean-Francois Heisser aux Récollets de Ciboure !

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    Et sur cette sublimissime « Música callada » de Federico Mompou,

    cf, parmi beaucoup d’autres sur mon blog consacré à Mompou que j’aime tant,

    mon article « Musiques de joie : la Musica callada de Federico Mompou à l’écoute de la quintessence acérée et voluptueuse de l’intime » en date du 11 avril 2020…

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    Ce samedi 5 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En superbe ouverture de l’année Ravel 2025, un flamboyant CD « Ravel l’alchimiste » de Jean-François Heisser dirigeant de son piano un lumineux Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine : une réalisation discographique sidérante !..

    En tout premier CD Ravel de l’ »Année Ravel 2025« ,

    le label Mirare vient nous offrir un flamboyant orchestral CD MIR 582 « Ravel l’alchimiste » de Jean-François Heisser dirigeant de son beau piano un lumineux _ et avec quelle superlative prise de son ! C’est proprement saisissant ! Ecoutez donc ! _ Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine

    _ l’enregistrement a eu lieu au Théâtre Auditorium de Poitiers du 11 au 13 décembre 2020 et les 2 et 3 janvier 2021, il y a déjà 4 ans…

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    Voici ce qu’en déclare ce jour même Jean-Charles Hoffelé en un article qu’il intitule « Origine Piano » :

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    ORIGINE PIANO

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    Belle idée _ et très belle réalisation ! _, et signée par un pianiste _ Jean-François Heisser ! _ : tout ce que Ravel aura composé ici _ c’est-à-dire pour ce CD-ci Mirare « Ravel l’alchimiste« , soit le « Concerto pour piano et orchestre en sol » M.83 ; « Ma Mère l’oye » M.60 (en sa transcription pour orchestre de Ravel) ; « Le Tombeau de Couperin » M.68a (en sa transcription pour orchestre de Ravel) ; et « Pavane pour une infante défunte » M.19 (en sa transcription pour orchestre de Ravel)… _ le fut d’abord _ c’est-à-dire avant le travail d’orchestration _ pour le grand meuble, et c’est bien du piano que Jean-François Heisser imagine _ et conduit l’orchestre _ les quatre pièces _ orchestrées _ ensuite, un peu plus tard _ par Ravel _ du Tombeau de Couperin, les fantaisies de Ma mère l’Oye, la tristesse mesurée de la Pavane pour une infante défunte : manière par-delà les couleurs _ splendides _ de l’orchestre de faire paraître le dessin _ originaire et magnifique _ du piano.

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    Cela rend l’album précieux, et à vrai dire la lecture émue de Ma mère l’Oye y suffirait, si du piano, Jean-François Heisser ne délivrait un Concerto en sol si singulier _ oui ! singulièrement marquant même ! _, d’abord poétique, dont les raffinements rappellent quel magicien du son il peut être. L’Adagio assai est parfait _ et, pour ma part, c’est lui qui m’a le plus « tiré l’oreille » et émerveillé : écoutez-le ici … _, si mozartien par sa simplicité _ oui, oui _, le Final évite tout effet, mais ce sera d’abord l’Allegramente, surtout ses épisodes de féérie, qui tireront l’oreille.

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    Demain _ en un second enregistrement possiblement, voire probablement, mis en réserve lui aussi pour célébrer avec splendeur cet anniversaire « Ravel 2025 »  ! _ Jean-François Heisser osera-t-il _ cette fois _ les terreurs du Concerto pour la main gauche, en les mariant aux vertiges de La Valse, à ceux d’Une barque sur l’océan ? Espérons _ oui ! Pour un CD tragique cette fois, ce que la musique de Ravel sait, en effet, être aussi…

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    LE DISQUE DU JOUR

    Ravel l’alchimiste

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Concerto pour piano et orchestre en sol majeur,
    M. 83

    Ma mère l’Oye, M. 60 (version orchestrale, 1911)
    Le Tombeau de Couperin,
    M. 68a (version orchestrale)

    Pavane pour une infante défunte, M. 19 (version orchestrale)

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    Jean-François Heisser, piano, direction
    Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine

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    Un album du label Mirare MIR582

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    Photo à la une : le pianiste Jean-François Heisser – Photo : © Thomas Chapuzot

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    La musicalité et la qualité extrême des sons que, de son piano, Jean-François Heisser obtient de chacun des instrumentistes de son orchestre, sont _ et j’y insiste _ saisissants de magie !

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    Un enregistrement discographique qui fait ainsi date, pour ouvrir en renversante beauté, déjà, cette année « Ravel 2025« …

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    Bravissimo maestro Heisser !

    De réaliser aussi superlativement, et de son piano, le génie d’orchestrateur fabuleux de Maurice Ravel…

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    Ce vendredi 10 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un cas anomique (et anecdotique) de fétichisme ravélien…

    Recevant ce jour de Manuel Cornejo,

    l’étrange récit suivant,

    narrant le vol en 1975, puis la restitution ces jours-ci, de la clé de la maison natale de Maurice Ravel (1875-1937),

    …

    je lui ai répondu ceci :

    …

    …

    Merci de cette information.

    …
    Le fétichisme _ dans ce cas-ci : sans profit pour la connaissance ! _ des reliques va très loin…

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      Académie internationale de musique Maurice Ravel

    Hier, à 00:03
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    …

    Une belle histoire…

    La semaine dernière, en pleine session de l’académie, La BnF – Bibliothèque nationale de France, nous a contactés par téléphone à propos d’une affaire surprenante.
    Elle nous a fait suivre un courrier contenant la clef d’une énigme vieille de 45 ans…

    « Chers Mesdames et Messieurs,

    J’ai l’honneur de vous écrire afin de vous demander pardon et vous retourner un petit morceau du patrimoine français.

    En 1975 j’étais un jeune américain âgé de 21 ans, étudiant à la Sorbonne Nouvelle, dite Paris III où je faisais des études de la musique et l’art français.

    Etant moi-même musicien (je jouais du cor d’harmonie dans des orchestres et fanfares universitaires), j’attendais avec plaisir le 7 mars, centenaire de la naissance du grand compositeur français Maurice RAVEL. Quelle joie de pouvoir écouter, au Théâtre de Champs-Elysées, les deux concertos de Ravel (dont l’un pour la main gauche) joués par Phillipe Entremont et l’Orchestre de Paris, dirigé par Serge Baudo ! Bien sûr il y avait plein de concerts de Ravel partout la ville de Paris, ainsi qu’une exposition, à la Bibliothèque Nationale de France, de ses objets personnels (son passeport, sa canne, une lettre lui écrite par Stravinsky (qui était content que Ravel ait aimé ses Noces), et plus.

    Auparavant j’avais fait un court séjour dans le sud-ouest de la France et bien sûr j’ai visité la maison natale de Ravel à Ciboure. C’est quand je me promenais dans la petite rue derrière la maison (où se trouvait une petite église) que j’ai vu la grosse porte de derrière de la célèbre maison. Dans la serrure il y avait une vieille clé.

    Au lieu d’essayer d’expliquer les émotions que j’ai senties au moment, je vous dirai tout simplement que j’ai volé la clé.
    45 ans plus tard, il est moment que je vous la rende.

    Maintenant âgé 66 ans, j’ai quatre petits-enfants et je continue à me rappeler les moments inoubliables que j’ai passés en France – à l’exception du moment honteux dont je viens de parler.

    Je vous demande pardon et je vous prie d’accepter cet objet auquel je n’avais aucun droit.

    Veuillez croire, chers Mesdames et Messieurs, à mes sentiments cordiaux et respectueux. »

    La clef a été solennellement remise par Jean-François Heisser à M. Guy Poulou, maire de Ciboure.

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    AU lieu d’essayer d’expliquer les émotions que j’ai senties au moment, je vous dirai tout simplement que j’ai volé la clé.

    45 ans plus tard, il est le moment que je vous la rende. Maintenant âgé de 66 ans, j’ai quatre petits-enfants et je continue à me rappeler les moments inoubliables que j’ai passés en France – à l’exception du moment honteux dont je viens de parler.

    Je vous demande pardon et je vous prie d’accepter cet objet auquel je n’avais aucun droit.

    Veuillez croire, chers Mesdames et Messieurs, à mes sentiments cordiaux et respectueux

    M. L.

    Hillsboro, Oregon 97124

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    Je complète ceci par cet article-ci _ d’Emmanuelle Fère et Ghislaine Castillon _ paru hier dans le journal Sud-Ouest :

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    Ciboure : volée, la clef de la maison Ravel rendue par un Américain 44 ans plus tard

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    A La Une Pyrénées Atlantiques Saint-Jean-De-Luz

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    Publié le 17/09/2019 à 17h00. Mis à jour à 17h04 par Emmanuelle Fère et Ghislaine Castillon.

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    Dimanche, Jean-François Heisser président de l’Académie Ravel a remis la précieuse clef au maire de Ciboure Guy Poulou.

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    En 1975, un jeune Américain, étudiant en musique avait visité Ciboure et n’avait pu résister à empocher la clef de la maison Ravel…

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    Maurice Ravel est-il culte ? Après le festival Ravel, clôturé dimanche et qui a suscité l’engouement du public, la question mérite d’être posée au regard de l’admiration immodérée que le compositeur a suscité auprès d’un Américain. En visite à Ciboure, en 1975, ce jeune étudiant féru de l’œuvre du Cibourien n’avait pu refréner son émotion. Il avait emporté la clé de la maison natale du musicien. Celle-ci vient d’être rendue à la Ville.

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    La remise de la clef a eu lieu dimanche, au sein de l’auditorium Ravel de Saint-Jean-de-Luz, à l’issue de la proclamation du palmarès des prix des jeunes talents, lauréats de l’Académie Ravel (lire par ailleurs), en présence de Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz et de Guy Poulou, maire de Ciboure. Jean-François Heisser, président de l’Académie Ravel, a narré le singulier parcours de cette vieille clé rouillée, et qui aura traversé deux fois l’Atlantique.

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    « Émotions du moment »

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    En 1975, un Américain, âgé de 21 ans, séjourne en France pour les besoins de ses études à l’université Sorbonne-Nouvelle (Paris III), en musique et en art. « Étant moi-même musicien (je jouais du cor d’harmonie dans des orchestres et des fanfares universitaires), j’attendais avec plaisir le 7 mars, centenaire de la naissance du grand compositeur français Maurice Ravel », narre celui qui est désormais âgé de 66 ans et vit en Oregon.

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    « Quelle joie de pouvoir écouter, au théâtre des Champs-Élysées, les deux concertos de Ravel, dont l’un pour la main gauche », relève le mélomane, après avoir connu l’émotion la plus forte, et certainement irrépressible, lors de sa visite de Ciboure, déjà en 1975.« J’avais fait un court séjour dans le sud-ouest de la France, et bien sûr visité la maison natale de Ravel, à Ciboure. C’est quand je me promenais dans la petite rue derrière la maison, que j’ai vu la grosse porte de derrière de la célèbre maison. Dans la serrure, il y avait une clé. Au lieu d’expliquer les émotions que j’ai senties à ce moment, je vous dirais tout simplement que j’ai volé la clé. »

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    Ni une, ni deux, à la vue du sésame de la maison de son idole, l’étudiant américain n’avait pas résisté à l’empocher. Pour mémoire, à l’époque, les lieux étaient occupés par l’office de tourisme, côté quai Ravel, et par l’Académie Ravel, côté rue Pocalette, à l’arrière de la maison. Le promeneur a donc « emprunté » la clé du couloir de communication entre les deux locaux, au sein de la maison. La clef a été recherchée, puis il a bien fallu se rendre à l’évidence, elle avait disparu. La serrure a été changée et la clé itou. L’objet a reparu, comme par enchantement. Pris de remords, l’ancien étudiant en musique l’a renvoyée le 28 août, accompagnée d’une missive, à l’attention de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Cette dernière a transmis les éléments à l’Académie Ravel, qui les a reçus la semaine dernière, en plein cœur du festival !

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    « 45 ans plus tard, il est temps que je vous la rende. Maintenant, âgé de 66 ans, j’ai quatre petits-enfants et je continue à me rappeler les moments inoubliables que j’ai passés en France – à l’exception du moment honteux dont je viens de parler », confie le sexagénaire. « Je vous demande pardon et je vous prie d’accepter cet objet auquel je n’avais aucun droit. »

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    Jean-François Heisser a donc remis la clé symbolique à Guy Poulou, maire de Ciboure. Il reste à lui trouver une place, dans la Ville, elle qui ne quittera pas le cœur de cet Américain, mélomane.

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    Prix de l’Académie

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    La 50e session de l’Académie Ravel a remis ses prix aux jeunes talents, dimanche matin. Ruben Micieli, piano, Elia Cohen Weissert, violoncelle, et Jean Sautereau, alto, ont reçu le prix de l’Académie Ravel (par la Ville de Saint-Jean-de-Luz).

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    Le prix Maurice-Ravel, décerné par la Ville de Ciboure, est allé à Iris Scialom (violon), Baptiste Tricot (piano), Arthur Heuel (violoncelle) et Madeleine Rey (alto).

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    Ce mercredi 18 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa