Étiquette : Jean-Paul Michel

  • En lisant le cinquième volume (2016 – 2020) du « Carnet de notes » de Pierre Bergounioux : l’impression de Pierre Bergounioux à la lecture, le 17 avril 2018, des épreuves de sa « Correspondance (1981 – 2017)  » avec Jean-Paul Michel, aux Editions Verdier

    Une remarque qui me frappe,

    en cours de ma lecture de ce Carnet de notes (2016 – 2020) de Pierre Bergounioux :

    …

    ce que Pierre Bergounioux exprime _ et immédiatement ! _, le 17 avril 2018, en son Journal _ à la page 482 de ce Carnet de notes 2016 – 2020) _, à sa lecture du tout premier jeu d’épreuves de sa Correspondance (1981 – 2017) avec Jean-Paul Michel,

    et que voici :

    …

    « La faiblesse de mes envois est consternante. IL suffirait de publier ceux de Jean-Paul« …

    …

    …

    Ce qui m’incite à relire mon propre article du 4 septembre 2018,

    que j’avais intitulé «  » ;

    et dont je retiens surtout ceci :

    …

    « À mes yeux,

    le meilleur de Pierre Bergounioux ici est le texte _ parfait ! _ de sa Préface (pages 7 à 11),
    intitulée, d’un mot emblématique en ses jeunes années de Jean-Paul Michel : « Allez ! » ;
    …
    et c’est Jean-Paul Michel qui, me semble-t-il, se livre le plus (et à fond) dans quelques missives ardentes un peu développées et suivies, ainsi que solidement argumentées
    de temps en temps…« …

    …

    …

    Une clé de ce que l’on pourrait qualifier de complémentarité parfaite de ces deux vrais amis,

    se révèle, sans doute, aussi, en une autre remarque de Pierre Bergounioux, en son Journal, à la date du 4 octobre 2018 (à la page 568 de ce Carnet de notes (2016 – 2020),

    à propos de ce que Pierre Bergounioux qualifie _ avec sa merveilleuse humilité – lucidité _ de leurs « tempéraments » respectifs :

    …

    « Pas de tempéraments plus dissemblables que les nôtres,

    le sien résolu, confiant, rectiligne et large, heureux,

    le mien vétilleux, tourmenté, angoissé« …

    …

    …

    Cf aussi la vidéo (de 82′) de mon entretien avec Jean-Paul Michel,

    le 3 mai 2019, à la  Station Ausone,

    où cours duquel nous avons abordé aussi cette passionnante Correspondance de Jean-Paul Michel avec l’ami Pierre Bergounioux…

    …

    …

    À suivre…

    …

    …

    Ce mercredi 19 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Face au stupéfiant du réel, le souci de tenir-réponse-révélation crépitant de la poésie : un entretien avec Jean-Paul Michel à la Station Ausone

    Vendredi 3 mai dernier,

    Jean-Paul Michel m’a fait la joie

    d’être son interlocuteur, à la Station Ausone,

    pour un entretien (vidéocasté, et podcasté, de 82′) présentant trois livres

    importants pour lui :

    …

    _ Défends-toi, Beauté violente ! (édition nouvelle) dans la Collection Poésie/Gallimard, préfacée par Richard Blin
    _ les Actes du colloque de Cerisy qui viennent de paraître dans la Collection Classiques Garnier, sous la direction de Michael Bishop et Matthieu Gosztola : Jean-Paul Michel, “la surprise de ce qui est”,
    _ et la Correspondance avec Pierre Bergounioux (1981-2017) publiée aux éditions Verdier.
    …
    …

    C’est à ce qui vient, là,

    nous saisir-prendre,

    …

    face au réel

    _ présent (en personne, allais-je presque dire ! et nous défiant de le saisir-penser-pénétrer vraiment-connaître…) ;

    ou à l’expérience implacablement marquante de son puissant souvenir, du moins,

    aussi formidablement vivant pour nous, alors, que présentement extrêmement actif encore,

    et terriblement incitatif ! en son défi, justement ! _,

    …

    que la poésie _ c’est-à-dire le poème lui-même qui survient,

    ou plutôt survenant, le poème ;

    car c’est au participe présent que toute la grâce de l’opération en nous,

    et par nous qui le pensons et l’écrivons,

    est en train de se passer… _

    …

    que la poésie-le poème

    tente de _ s’essaie à,

    en un certain affolement (inspirant, si l’on veut) vertigineux de tous nos sens,

    quasi asphyxiant pour le souffle, nous respirons à peine,

    à tenter de saisir-capter-retenir-faire revenir un peu, là, sur le champ ;

    mais c’est aussi extraordinairement euphorisant

    et transportant-élevant-envolant ! _ ;

    …

    que le poème

    tente de donner

    _ et puis donner à partager à quiconque, en suite, sera en situation (tellement improbable et si rare a priori, comme a posteriori ) de l’écouter, ou le lire vraiment,

    en s’y branchant entièrement, de tous les sens de son corps (pris, le corps, en l’acception la plus large)

    à son tour… _

    …

    l’incandescente réponse _ le feu à survenir-retrouver-recouvrer-raviver

    des braises qui reposaient-dormaient-veillaient, là, encore timidement et humblement, sous la cendre, de la parole captée au vol

    parce que tant bien que mal, et avec les moyens disponibles, de bric et de broc !, du bord

    (soient les ressources vives du langage, pour ce qui est du poème),

    cette parole prononcée

    enregistrée ou écrite : gardée _

    …

    de son _ propre _ feu à lui 

    _ en tentative désespérée de réponse au feu premier

    d’un incroyable (incalculé) moment du réel survenu et éprouvé, et puis ressouvenu, conservé,

    de ce qu’il faut bien nommer, probablement improprement, une expérience poétique subie

    et en même temps un peu cultivée aussi ; et nous défiant :

    car on apprend quand même, et plus ou moins à son corps défendant,

    à s’y faire un peu, et tant bien que mal ;

    car parfois aussi (voire souvent) ça rate !.. Il faut recommencer !

    Mais c’est toujours midi, le grand midi, midi le juste ! qui vient sonner,

    quand nous osons essayer de répondre si peu que ce soit à ce défi-là…

    …

    que le poème

    tente de

    donner

    l’incandescente réponse

    de son feu à lui

    …

    musicalement noté…

    …

    …

    Car « ça crépite sous les pylônes« ,

    …

    pour retenir _ et glorifier un peu : avec forcément humilité _

    le mot si juste _ comme toujours _ de l’ami Pierre

    Bergounioux…

    …

    …

    Et il arrive, mais oui, parfois,

    que ça « matche« …

    …

    …

    Ce mardi 14 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Jean-Paul Michel à la Station Ausone vendredi à 18h pour trois ouvrages

    Ci-joint un courrier d’invitation

    pour la rencontre avec Jean-Paul Michel, poète et éditeur,

    à la Station Ausone vendredi 3 mai prochain.

    …
    …

    Chers (chères) ami(e)s,
     …
    nous sommes heureux de vous faire tenir cette invitation de la Librairie Mollat à la rencontre organisée le 3 mai prochain autour de la publication de Défends-toi, Beauté violente ! (édition nouvelle) dans la Collection Poésie/Gallimard, préfacée par Richard Blin
    _ cf le podcast (de 62′) de notre entretien du 15 juin 2010 à propos de Je ne voudrais rien qui mente dans un livre, suivi de Défends-toi, Beauté violente !…
    …
    Seront présentés en outre à cette occasion le volume d’Actes du colloque de Cerisy qui viennent de paraître dans la Collection Classiques Garnier, sous la direction de Michael Bishop et Matthieu Gosztola : Jean-Paul Michel, “la surprise de ce qui est”,
    et la Correspondance avec Pierre Bergounioux (1981-2017) publiée aux éditions Verdier
     …
    La rencontre sera animée par Francis Lippa. Elle sera suivie d’une signature.
     …
    En espérant votre présence, à Bordeaux, le 3 mai 2019, 8 rue de la Vieille tour, Station Ausone, Librairie Mollat, à 18 h.
     …
    N’hésitez pas à faire suivre ce message à ceux (celles) de vos ami(e)s qu’il pourrait concerner.
    …
    En vous remerciant vivement de votre attention, en amitié,
     …
    Jean-Paul Michel
    …
    …
    Un beau moment d’intensité en perspective.

    …

    …
    Ce lundi 29 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lire une correspondance publiée : intensité et vérité _ ici, la Correspondance (1981-2017) de Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel

    Sans s’égarer-perdre, à ma façon idiosyncrasique, dans la jungle épaisse et contournée _ labyrinthique _ des détails,
    voici en deux mots, l’essentiel d’une puissante correspondance : « intensité et vérité » !
    …
    …
    Alors que je goûte personnellement peu _ et de moins en moins, avec l’âge _  les fictions
    (et la perte-fuite-épuisement, romantique ou surréaliste, dans les imaginaires _ dont je sépare radicalement le pouvoir positif, lui, d’imageance puissamment connectrice du penser ! _,
    …
    j’apprécie tout spécialement et très vivement les correspondances
    de plus ou moins _ et plutôt moins que plus : se regarder écrire est très contre-productif ! _ écrivains
    _ Madame de Sévigné ne l’était pas : seulement une écrivante libre, et selon ses strictes nécessités personnelles, et exquises fantaisies _,
    dans leur riche mélange, au fil de la plume rapide,
    du grain de l’essentiel parfois saisi au vol _ une grâce assez rare ! _
    et de la paille du quotidien des travaux et des jours _ avec ses humbles richesses, que la plume sait parfois clairement détacher… _ :
    à travers le grain subtil et somptueusement irisé (à son meilleur ! bien sûr…)
    de la peau plus ou moins fine des détails les plus triviaux,
    mais si riches de puissances pour qui sait les remarquer et faire parler-raconter-s’exhaler,
    …
    là précisément où
    en toute innocence apparente
    demeure-se terre-se cache le diable
    qui mène, discrètement, bien sûr, parfois le bal :
    …
    au lecteur de cette correspondance publiée,
    et à la suite _ par-dessus l’épaule _ du destinataire originel,
    de savoir lire
    et apprécier la pleine saveur du texte et sous-texte…
    …
    …
    Intensité et vérité : absolument !
    …
    …
    C’est ce que j’ai jadis apprécié dans ma lecture de l’ensemble des lettres conservées _ non détruites par sa petite-fille _ de Madame de Sévigné,
    à l’occasion du travail que je m’étais donné
    d’y repérer tout ce qui concernait la musique,
    …
    car elle et sa fille,
    en leurs lettres de trois fois la semaine quand, inquiètes de chacune, elles étaient séparées,
    se mettaient assez souvent à chanter (la mère ; et aussi le gendre) et danser (la fille)
    dans ces intenses missives !
    …
    Lettres chantantes et dansantes.
    …
    Chant et danse imprégnant, forcément, de leur puissante enivrante aura, tout le reste !
    …
    La gaieté est fondamentale dans toutes les activités _ sans exception _ des vivants humains !
    …
    …
    Ici,
    dans la correspondance des deux vieux amis (depuis leur classe terminale, en 1965-66 à Brive, au lycée Cabanis)
    _ à paraître le 13 septembre prochain, aux Éditions Verdier _
    que sont Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel,
    …
    maints supports se succèdent :
    lettres, bien sûr,
    mais aussi cartons d’invitation, cartes postales,
    et maintenant (régulièrement depuis 2009) les courriels,
    qui inclinent la plupart du temps à la brièveté.
    …
    Car l’un comme l’autre des deux amis travailleurs forcenés,
    ont bien d’autres chats à fouetter,
    ces deux aux tempéraments fortement contrastés : dissymétriques, inversés,
    complémentaires dans leurs divergences et différends animés même.
    …
    Chez ces deux forcenés du travail,
    le temps d’écrire une lettre est nécessairement compté _ et souvent même différé : pour gagner davantage de calme _ ;
    et la correspondance serait largement fonctionnelle,
    si leurs liens se réduisaient à l’ordre de l’utile voire du nécessaire : ce qui est assez rarement le cas ici.
    La cause à décisivement trancher est plus profonde et essentielle !
    …
    Non,
    nous avons plutôt affaire à une sorte de célébration sans cesse disruptive
    et même un peu mâtinée de vieille sauvagerie,
    par à-coups, piqûres de rappel de loin en loin, à l’occasion, de l’amitié
    de la part de deux écrivains consacrant le meilleur de leur très précieux temps à la réalisation de leur œuvre d’écriture ;
    …
    et, curieusement, du moins en première apparence, à fronts renversés,
    face au réel à décidément et fièrement capter
    (cf page 66, in la lettre du 19-5-1996) :
    …
    celui qui a longtemps enseigné la littérature au collège, et se réalise en prosateur : ses récits, et surtout, pour moi, son admirable Journal !,
    est passionnément épris de philosophie (Hegel, Descartes) et de sociologie ;
    …
    celui qui a longtemps enseigné (à mi-temps) la philosophie au lycée, et se réalise en poète (et éditeur),
    est passionnément épris de littérature et, plus encore, poésie (Hölderlin, Dante, Bonnefoy).
    …
    …
    A mes yeux,
    le meilleur de Pierre Bergounioux ici est le texte _ parfait ! _ de sa Préface (pages 7 à 11),
    intitulée, d’un mot emblématique en ses jeunes années de Jean-Paul Michel : « Allez ! » ;
    …
    et c’est Jean-Paul Michel qui, me semble-t-il, se livre le plus (et à fond) dans quelques missives ardentes un peu développées et suivies, ainsi que solidement argumentées
    de temps en temps…
    …
    …
    Voilà, pour commencer…
    …
    …
    Nous ne sommes donc pas tout à fait ici, et plutôt rarement, à hauteur du sublime Carnet de notes de Bergounioux ;
    auquel Jean-Paul Michel sait rendre parfaitement la grâce qu’il convient.
    …
    Cf sa magnifique lettre du 4 ou 5 octobre 2007, page 112, à propos de sa lecture du second volume parvenu, ou plutôt réceptionné par lui, le matin même, dans sa boîte postale bordelaise :
    …
    « De tous les compliments qu’il m’aura été donné de recevoir pour un livre,
    le plus grand aura été celui-ci :
    « Le jour où j’ai reçu votre livre, je n’ai pas été travailler »
    (Gérard Noiret, de La Quinzaine, en 1997, pour Le plus réel...).
    Eh bien le second volume de ton Carnet de notes vient de me jouer le même tour. Je l’ai pris à la boîte à 8 h 30 ce matin. J’y suis toujours… après avoir découvert que j’avais ni plus ni moins oublié mes deux heures de cours de 10 à 12 ! « .
    …
    …
    C’est donc là,
    me semble-t-il du moins à la première lecture _ je vais poursuivre _,
    davantage un document connexe à leurs biographies parallèles d’auteurs (gens-de-lettres)
    _ même si Jean-Paul Michel parle réellement très peu de lui et de son quotidien _
    qu’une (vraiment) œuvre propre,
    sur la durée de leurs deux existences depuis l’année marquante _ de l’éveil _ de la Terminale Philo de 1965-66…
    …
    …
    Retour aux critères d’intensité et vérité.
    …
    …
    Cependant existent bien là de tels puissants moments d’intensité et vérité…
    …
    comme c’est le lot en une correspondance,
    …
    dans le treillage
    de l’intensité la plus haute des idiosyncrasies des interlocuteurs
    vraiment amis
    et du quotidien en apparence le plus anecdotique…
    …
    …
    Pourquoi pas ?, donc…
    …
    Il suffit de patience, constance,
    et profonde fidèlité
    pour faire advenir-affleurer-s’épanouir parfois le principal
    qu’un véritable auteur est capable de donner à paraître et resplendir en son écriture.
    …
    Dans le dialogue-duel.
    …
    Intensité et vérité.
    …
    …
    Ce mardi 4 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa