Étiquette : Jérôme Lejeune

  • Avec et autour d’Adrien Willaert à Venise : le passionnant et très original CD de l’excellent Consort La Capriola « Sulla Piazza » (San Marco), sur les tout débuts du violon à la Renaissance ; mais pas que, loin de là…

    Avec et autour du génial Adrien Willaert à Venise :

    le passionnant CD Ricercar RIC 494 intitulé « Sulla Piazza » San Marco – enregistré à Centeilles au mois d’octobre 2025 – de l’excellent Consort La Capriola – constitué de Camille Fritsch, voix ; Charlotte Gerbitz, soprano et violon alto ; Dorine Lepeltier-Kovacs, violon ténor ; et Manon Papasergio, violon basse et harpe double – , et avec l’appoint de la toujours excellente Odile Édouard, soprano et violon alto, vient nous offrir un très original et marquant programme de consort de violons Renaissance – oui, oui… – constitué de pièces très diverses – de la basilique Saint-Marc aux salons aristocratiques du quartier, et de la rue et des places aux tavernes… – , 8 d’Adrian Willaert (Rumbeke, ca. 1490 – Venise, 7 décembre 1562), 2 de Cipriano de Rore (Renaix, 1515 – Parme, 20 septembre 1565), 2 de Francesco Bendusi (décédé en 1553), 2 de Giovanni Bassano (1558 – Venise, 17 août 1617), 2 d’Andrea Gabrieli (Venise, ca. 1533 – 30 août 1585), 2 de Giovanni Croce (Chioggia, 1557 – Venise, 15 mai 1609), 1 de Costanzo Antegnati (Brescia, 9 décembre 1549 – Brescia, 14 novembre 1624), 1 de Giovanni Gabrieli (Venise, 1557 – Venise, 12 août 1612), et 1 de Girolamo Dalla Casa (ca. 1536 – ca. 1601), centré sur ce qu’apportent les brillants débuts – mais pas assez connus jusqu’ici ! –  du violon – violon ténor, violon alto, violon basse – , à la Renaissance, à côté de la viole de gambe…

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    Admirez ici la vidéo de ce très prégnant « Ricercar Sesto«  – instrumental – d’Adrien Willaert (de 4′ 54)…

    Et encore ceci – de chanté cette fois – (de 4′ 02)…

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    Une remarque critique, toutefois, sur le contenu, étrangement partiel, du livret, qui ne comporte rien de rien (!) sur le programme des pièces, ni des compositeurs choisis – autour d’Adrien Willaert – , mais se concentre exclusivement – et sans la moindre précision historique, qui plus est : que faisait donc alors le cher Jérôme Lejeune ? Était-il souffrant ?  – sur un développement bien trop vague et imprécis – bâclé à la hâte ?.. – sur « la tradition musicale des bandes de violons » du XVIe siècle – à partir de Brescia… – , dans un texte pourtant de 3 pages de Dorine Lepeltier-Kovacs, puis un aperçu sur les instruments de ce CD – les violons, tous du facteur Jean-Paul Boury, conçus et réalisés tout exprès pour le Consort La Capriola… – , en un second texte signé du facteur de violons lui-même…

    Soit une bien singulière appauvrissante partialité…

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    Mais pour revenir à l’essentiel,

    le flamand de naissance Adrien Willaert (Rumbeke, ca. 1490 – Venise, 1562) occupe une place majeure, cruciale et magistrale dans le développement resplendissant de la musique de la Renaissance en Italie, et d’abord à Venise, dont de 1527 à sa mort, il a occupé – 35 années durant… – le poste de maître de chapelle de la basilique Saint-Marc, qu’occupera à partir du mois d’août 1613 et jusqu’à son décès en 1643 – soit 30 années durant… – Claudio Monteverdi (Crémone, mai 1567 – Venise, 29 novembre 1643)…

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    D’Adrien Willaert,

    la discographie s’est surtout penchée sur sa musique religieuse, ses Messes, ses Motets – cf l’admirable travail de l’Ensemble Dionysos Now ! de Tore Tom Denys, pour le label Evil Penguin Classics, et celui de l’Ensemble Singer Pur, pour le label Œhms Classics ; ou encore le CD Ricercar RIC 325 « Vespro della Beata Vergine » de la Capilla Flamenca dirigée par Dirk Snellings, en 2012 – ; mais existent aussi le coffret de 2 CDs OC 814 « Adrian Willaert – Musica Nova – The Petrarca Madrigals » de Singer Pur pour Œhms Classics, en 2009, pour ses Madrigaux, ainsi que le remarquable CD Ricercar RIC 151145 « Adrian Willaert – Villanelle – Chansons – Madrigali«  – enregistré en juin 1994 – , de l’Ensemble Romanesque dirigé par Philippe Malfeyt – j’y ai consacré divers articles sur mon blog encherchantbien.fr …

    C’est dire tout l’apport aujourd’hui, par sa magnifique diversité, de ce passionnant CD « Sulla Piazza » du Consort La Capriola…

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    Et Jérôme Lejeune, directeur artistique de ce projet et de sa réalisation musicale et discographique – et présent au centre de la photo de la dernière page du livret – fait toujours un merveilleux travail pour son label Ricercar…

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    Ce vendredi 9 octobre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La délicatesse délicieuse de la jeune Manon Papasergio explorant et balisant le royaume de la viola bastarda entre 1542 et 1626, en un superbe CD Ricercar RIC 480 « Per la viola bastarda » : mission exploratoire splendidement accomplie, avec Angélique Mauillon à la harpe, Yoann Moulin, au clavecin et à l’orgue, et Clémence Niclas, soprano…

    Bravissimo à la délicatesse absolument délicieuse de la jeune Manon Papasergio – née en 2002, et fille de l’excellent Jérémie Papasergio, né à Monaco en 1972, et spécialiste bien connu des instruments à vent historiques… – explorant et balisant le royaume de la viola bastarda entre 1542 et 1626, en un superbe CD Ricercar RIC 480 « Per la viola bastarda » – enregistré à Romenay en décembre 2024  – , comportant un passionnant livret de Jérôme Lejeune intitulé « L’énigme de la viola bastarda » :

    voilà une mission exploratoire musicale et discographique splendidement accomplie – regardez ici ces 2 brèves vidéos de 1′ chacune : 1 et 2… – , avec Angélique Mauillon à la harpe, Yoann Moulin, au clavecin et à l’orgue, et Clémence Niclas, soprano…

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    À la page 91 du magazine Diapason n° 7515 de ce mois de janvier 2026 – qui décerne à ce superbe CD « Per la viola bastarda«  un Diapason Découverte – , on peut lire aussi un bel article de Frédéric Degroote consacré à ce magique CD…

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    Une interprétation magnifique d’un répertoire – surtout instrumental, mais aussi, à l’accompagnement, vocal… – comportant encore bien des secrets, en un CD très justement baptisé, avec humilité et en hommage infiniment délicat et juste, « Per la viola bastarda« …

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    Ce samedi 3 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un merveilleux « Du bist schön und lieblich » de Clematis, magnifiquement composé et idéalement réalisé…

    Le CD Ricercar RIC 479 « Andreas Hammerschmidt – Du bist schön und lieblich » de l’Ensemble Clematis, splendidement dirigé par le violon de Stéphanie de Failly et le clavecin et l’orgue de Yoann Moulin, avec Capucine Keller, soprano, et Maxime Melnik, ténor, sur des poèmes très émouvants du « Cantique des cantiques« , est aussi magnifiquement composé qu’idéalement réalisé – enregistré à Centeilles au mois de septembre 2024… – :

    que de merveilleuses musiques sont rassemblées ici !..

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    Écoutez donc ceci…

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    C’est un récent article de Crescendo Magazine, du 6 octobre dernier, et signé Serge Martin, « Des pages séparées d’Hammerschmidt regroupées pour créer un petit opéra imaginaire« , ainsi que la mention du remarquable claviériste qu’est Yoann Moulin, qui m’ont fait connaître l’existence de ce superbe CD, que j’ai alors pu dénicher chez mon disquaire préféré ; jusqu’alors j’avais ignoré son existence…

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    Le voici donc :

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    Des pages séparées d’Hammerschmidt regroupées pour créer un petit opéra imaginaire

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    LE 6 OCTOBRE 2025 par erge Martin
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    Andreas Hammerschmidt (1611-1675). « Du bist schön und lieblich ». Capucine Keller, soprano, Maxime Melnik, ténor ; Clematis, direction : Yoann Oulin – Yoann Moulin ! j’avais compris qu’i y avait eu là erreur de frappe ; et absence de relecture !!! – et Stéphanie de Failly. 2024. Livret en français, anglais et allemand. 63’44. Ricercar-RIC 479.

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    Jérôme Lejeune nous a déjà réservé bien des surprises – mais oui ! – dans ses éditions de musique baroque allemande. Un compositeur apparaît au milieu d’une compilation (dans le 5e volume des « Deutche Barock Kantaten » pour Andreas Hammerschmidt). On le sort ensuite de l’anonymat en lui offrant un panorama complet de sa production : ce fut « Ach Jesus stirbt » avec Vox Luminis. Et puis l’intérêt gonflant, on décide de se focaliser sur un seul versant de sa production. Ici son approche – par Clematis – de l’amour humain au travers du « Cantique des Cantiques ».

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    En fait ce dernier fut tout au long de la Renaissance le livre de la Bible le plus courtisé – voilà – par les compositeurs qui trouvaient dans les textes un érotisme réel – en effet ! – que leur caractère sacré – biblique ! – rendait présentable à des communautés plutôt austères – dans l’Allemagne de la Réforme de Luther… Hammerschmidt ne fait pas exception à la règle et son travail l’amène dans un de ses derniers recueils jusqu’à écrire, avec « Mein Freund ist mein », d’ailleurs sous-titré « dialogus », une véritable scène théâtrale.

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    Jérôme Lejeune va plus loin et conçoit un véritable opéra miniature – oui – à partir de pièces du compositeur entrecoupées de mouvements de danse d’un nouvel inconnu, David Funck – 1648 – 1699 : « On ne sait quasi rien de David Funck, compositeur originaire de Bohème, mais actif en Thuringe« , nous apprend Jérôme Lejeune à la page 15 du CD. Il culmine – ce CD – dans les deux pièces tirées de sa « Kirchen-und Tafel-Musik de 1662 » – d’Andreas Hammerschmidt – , le « dialogus », déjà évoqué et « Ich suchte des Nachts » qui décrit le parcours nocturne de la ville par l’amante à la recherche de son bien-aimé.

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    .Et tout se termine par la même thématique du « Siehe mein Freund », celle fois confiée dans un réel duo à un total inconnu Thomas Strutz – 1621 – 1678 – qui officia sa vie durant à Dantzig. Et une fois de plus, cette découverte est une réelle révélation – oui, oui !

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    Un tel programme n’est pensable que si les interprètes assurent une réelle continuité – en effet – dans la succession de pièces diverses ; et, là, on ne peut qu’admirer – oui, oui ! – la souplesse qui caractérise le travail de l’Ensemble Clematis qui anime ce parcours d’une bonne heure avec une belle flexibilité. Le passage des instruments aux voix se pratique avec une ductilité qui unifie le propos sans jamais le forcer. Cette superbe maîtrise peut alors se mettre au service des deux voix de la soprano Capucine Keller et du ténor Maxime Melnik (on est heureux de le retrouver au disque) qui habitent ces monologues ou dialogues amoureux avec une belle variété, jusqu’aux ornements dans les pages d’inspiration italienne. Mais celle-ci n’est jamais envahissante et la principale vertu de cette interprétation réside dans sa continuité : on impose un climat, souple et agile, et on le perpétue dans sa légèreté tout au long des péripéties.

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    Un véritable régal – absolument ! – qui se déguste dans sa continuité. Quant à Hammerschmidt, une fois de plus, on en redemande – oui, oui !
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    Son : 10 Répertoire : 10 Livret : 10 Interprétation : 9

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    Serge Martin

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    Que de joyaux à redécouvrir et à aussi bien servir ainsi au disque…

    Le travail de Ricercar et Jérôme Lejeune est une fois de plus à relever, et remercier de toute notre gratitude de mélomane passionné et curieux du meilleur…

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    Ce dimanche 19 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « La Gamme et autres morceaux de Simphonie » de Marin Marais, en 1723 : un recueil différent des cinq « Livres de pièces de viole », consacré à des pièces associant le violon à la viole de gambe : le très joli CD Ricercar « Marin Marais – Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont » de l’ensemble The Scale Knitters…

    C’est un bien joli CD « Marin Marais – Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont » par l’ensemble The Scale Knitters que la label Ricercar vient nous proposer avec son CD RIC 471 – enregistré à Centeilles au mois de mai 2024 –, avec son choix d’interpréter – splendidement ! – « La Gamme et autres morceaux de Simphonie » de Marin Marais, en 1723 :

    un recueil différent des cinq « Livres de pièces de viole » qu’a donnés le violiste Marin Marais,

    par le choix des interprètes de ce bel ensemble The Scale Knitters – Marion Martineau et Atsuhi Sakai, basse de viole ; Fiona-Emilie Poupard, violon ; Magnus Andersson, théorbe ; et Brice Sailly, clavecin – d’associer ici la viole de gambe au violon, en ces diverses « pièces de simphonie » ;

    un des sommets de la musique française de l’âge baroque, au charme doux et absolu…

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    Et dégustez aussi les 7 passionnantes et très éclairantes pages du livret de ce CD, intitulées « Etonnez-nous, Monsieur Marais !« , signées du maître d’œuvre de ce magnifique et indispensable label Ricercar, le très érudit Jérôme Lejeune…

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    Et écoutez ici cette hypnotique et tendrissime « Sonnerie » si merveilleusement donnée ici par The Scale Knitters – en français, les tricoteurs de la gamme…

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    On ne s’en lasse pas…

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    Ce mardi 11 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa