Étiquette : Johann-Joseph Fux

  • L’étrange cas Johann-Joseph Fux (1660 – 1741) et les très inégales surprises du CD « If Music… » (Purcell – Handel- Fux – Bach) du contre-ténor Jakub Jozef Orlinski, avec le piano très inattendu ici de Michal Biel…

    D’une part,

    le compositeur autrichien Johann-Joseph Fux (Hirtenfeld, ca. 1660 – Vienne, 13 février 1741) constitue pour le mélomane que je suis, un cas tout à fait à part, celui d’un compositeur reconnu comme très important dans l’histoire de la musique et dans la Vienne impériale baroque, en même temps qu’un compositeur dont les interprétations-réalisations discographiques successives ne m’avaient étrangement jusqu’ici jamais convaincu, ni séduit.

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    Et d’autre part,

    voici que l’audition du tout récent CD Erato 5021732985316 « If Music… » (Purcell – Handel – Fux – Bach) – enregistré à Berlin du 1er au 6 décembre 2024 – du contreténor Jakub Josef Orlinski, avec le piano – mais oui ! – de Michal Biel, vient de me réserver diverses surprises très contrastées :

    _ une déception en son principal volet – de 9 plages du CD – Purcell : Purcell au piano, non, merci…

    _  une satisfaction, en revanche, en son volet – de 7 plages du CD – Haendel : il est vrai qu’il s’agit d’airs extraits des opéras (« Agrippina« , « Rodelinda« , « Serse« , « Rinaldo« , « Partenope« ) pour 6 d’entre eux, et d’un oratorio (« Semele« ) pour le 7e, qui conviennent mieux, même sans orchestre, à Jakub Jozef Orlinski…

    _  et une impressionnante révélation – et pour moi, c’est bien là le très surprenant sommet de ce disque ! – pour l’air profondément émouvant « Non t’amo per il ciel » de Fux, extrait de l’oratorio « Il Fonte della Salute, aperto della Grazia nel Calverio » – et alors même que ce sublimissime air du « peccatore contrito«  est ici accompagné par un piano (!) – ; dont l’interprétation, en 1999, par le contre-ténor Henning Voss dans le double CD cpo 999 680-2 « Il Fonte della Salute« , à la plage 16 du CD n°1, sous la direction de Martin Haselböck, ne m’avait pas du tout marqué, au point que je me demandais pourquoi un compositeur tel que Fux – l’auteur du très marquant « Gradus ad Parnassum«  ; cf mon article en date du 2 mars 2023 « La merveilleuse surprise d’un Jean Rondeau enfin justissime, et non hystérisé, en un magnifique programme « Gradus ad Parnassum », sur un superbe clavecin de Jonte Knif et Arno Pelto : de Palestrina à Debussy, en passant par Haydn, Mozart, Clementi et Beethoven, et bien sûr Fux, l’auteur du « Gradus ad Parnassum », en 1725 ; un miraculeux CD. Ou la révélation de ces oeuvres en leur absolu « naturel » par leur interprétation au clavecin…« … – jugé si important dans l’histoire de la musique, n’avait donné jusqu’ici que de récurrentes décevantes interprétations au disque …

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    Écoutez donc ici ce sublime bijou (de 8′ 42) de Johann-Joseph Fux

    en cette très émouvante interprétation de Jakub Jozef Orlinski accompagné par le piano de Michal Biel…

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    Ce mercredi 8 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La merveilleuse surprise d’un Jean Rondeau enfin justissime, et non hystérisé, en un magnifique programme « Gradus ad Parnassum », sur un superbe clavecin de Jonte Knif et Arno Pelto : de Palestrina à Debussy, en passant par Haydn, Mozart, Clementi et Beethoven, et bien sûr Fux, l’auteur du « Gradus ad Parnassum », en 1725 ; un miraculeux CD. Ou la révélation de ces oeuvres en leur absolu « naturel » par leur interprétation au clavecin…

    C’est une magnifique _ divine… _ surprise que Jean Rondeau, enfin justissime et non hystérisé _ peut-être parce que le fond de l’affaire, cette fois-ci, est, au moins en son départ, et à sa base, l’assez exigeant contrepoint (de Fux : célèbre Kapellmeister de la cour de Vienne, organiste, compositeur, pédagogue estimé et auteur du Gradus ad Parnassum, en 1725, un traité de composition dont la force et le très durable succès résident dans sa consolidation des traditions contrapuntiques héritées des deux siècles précédents. Les interprétations qui s’ensuivent, en ce CD de Jean Rondeau, étant, elles, tout au contraire, et il faut bien le souligner, rayonnantes de « naturel« , d’élégance et même de tendresse ; sans la moindre once de rigide ni de forcé… _, vient nous offrir en un vraiment splendide, absolument maîtrisé, et d’une fluidité merveilleusement naturelle _ oui, oui, il me faut bien y insister _ et inventive, CD intitulé « Gradus ad Parnassum«  _ le CD Erato 5054197416170  _,

    avec un merveilleux programme d’œuvres bâties autour et à partir de ce fameux Traité de contrepoint et composition musicale, de 1725, qu’est le « Gradus ad Parnassum« , du compositeur Johann-Joseph Fux (Hirtenfeld, 1660 – Vienne, 13 février 1741),

    et cela sur un superbe clavecin de Jonte Knif & Arno Pelto (de 2006) _ et avec une superlative prise de son d’Aline Blondiau, en la fameuse salle de musique de La Chaux-de-Fonds, à l’acoustique parfaite ! où ce miraculeux enregistrement a eu lieu du 8 au 12 octobre 2021 _ :

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    un programme tout à la fois ingénieux, inventif _ et d’abord dans le choix, au départ audacieux, d’interpréter toutes ces œuvres, jusqu’à celle de Debussy, Doctor Gradus ad Parnassum, un pastiche de la série d’exercices pour le piano Gradus ad Parnassum, composée par Muzio Clementi, qui constitue la première pièce de « Children’s corner« , entre 1906 et 1908), sur clavecin ! Un choix qui n’a rien d’arbitraire et gratuit, et permet rien moins que leur lumineuse révélation !!!.. _ et absolument splendide,

    qui va de Giovanni-Pierluigi da Palestrina (1525 – 1594) à Claude Debussy (1862 – 1918),

    en passant par Joseph Haydn (1732 – 1809), Wolfgang-Amadeus Mozart (1756 – 1791), Muzio Clementi (1752 – 1832) et Ludwig van Beethoven (1770 – 1827),

    et bien sûr Johann-Joseph Fux (1660 – 1741), l’auteur du célébrissime Traité de contrepoint intitulé « Gradus ad Parnassum« , en 1725…

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    Qu’on écoute, en particulier, les merveilles tout simplement admirables _ et quasi inouïes jusqu’ici à un tel degré de perfection en leur absolu « naturel«  ! _ qu’obtient ici, sur le clavecin, Jean Rondeau,

    dans les 28′ de la Sonate Hob. XVI.46 de Joseph Haydn,

    dans les 6′ 24 de la Fantaisie n°3 K. 397 et les 6’23 de l’Andante de la Sonate n°16 K. 545 de Mozart,

    ou dans les 6’07 de l’Étude n°14 du Gradus ad Parnassum de Muzio Clementi…

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    C’est renversant de beauté de classicisme libre et lumineusement, tout en sourire, épanoui,

    voilà ;

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    et qui, sans la moindre précipitation un peu trop virtuose, sait merveilleusement prendre tout le temps, serein, lumineux et joyeux, qu’il y faut, pour que ces pièces, en toute plénitude de leur « naturel« , viennent vraiment s’épanouir…

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    Ce à quoi il faut ajouter aussi que l’instrument qu’est ce clavecin magnifique _ de Jonte Knif et Arno Pelto (de 2006) _, et cette prise de son superlative _ d’Aline Blondiau _, aident aussi, afin de servir en toute perfection la gracilité toute simple splendidement épanouie, déjà, de ces pièces _ la majorité d’entre celles-ci (8/12) étant postérieures à l’invention (au mitan du XVIIIe siècle), et rapide triomphe, du piano-forte…

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    Ces Haydn et Mozart, servis donc ici au clavecin par Jean Rondeau, sont ainsi comme enfin révélés à eux-mêmes, voilà, mieux encore que par le pianoforte, ou le piano classique de concert :

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    j’en prendrai pour exemple une comparaison de cette si heureuse et radieuse interprétation-ci par Jean Rondeau (en 28′) de la Sonate Hob. XVI.46 de Joseph Haydn _ probablement l’acmé de ce si beau CD ! _, avec l’interprétation _ qui m’avait pourtant bien plue : « épatamment jeune« , « pétulante« , disais-je…  _ du cher Christian Zacharias (en 17′ 39″ _ contre les 28′ de Jean Rondeau : une différence considérable… _) sur un Steinway Concert Grand Piano D. 1901, en son récent très réussi CD « Haydn Sonatas » MDG 940 2257-6 _ cf mon article du 31 janvier dernier : « « …

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    Quelle interprétation de Jean Rondeau en tout ce CD « Gradus ad Parnassum » ! Quel jeu !!! quelles délices !

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    Un pur ravissement de musicalité… Et cela grâce au clavecin, mais oui !

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    Une fête qui nous comble !!!

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    Une absolue révélation musicale, donc, par ce très évident CD !

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    Ce jeudi 2 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa