Étiquette : Jose de Nebra

  • Le grand bonheur d’écouter Irene Roldan interpréter la « Sinfonia n°8 » de José de Nebra (1702-1768) en son CD Passacaille « Scarlatti and Beyond », suite à la publication en 2021 de « 8 Sinfonias » de José de Nebra, découvertes dans les années 1980 dans les Archives de la Cathédrale de Saragosse…

    C’est un réel immense bonheur d’écouter – ici même – la jeune claveciniste Irene Roldan interpréter la merveilleuse « Sinfonia n°8«  – quel stupéfiant chef d’œuvre !!! – de José de Nebra (Calatayud, 6 janvier 1702 – Madrid, 11 juillet 1768), en son pétillant tout récent CD Passacaille PAS 1161 « Scarlatti and Beyond » – enregistré à Nuglar – Saint-Pantaléon (en Suisse) du 26 au 28 juin 2023  – ,

    suite à la publication par le musicologue Luis Antonio Gonzales, en 2021, de « 8 Sinfonias » de José de Nebra,  découvertes dans les années 1980 dans les Archives de la Cathédrale de Saragosse par une équipe de chercheurs dirigée par José Vicente Gonzales Valle…

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    José de Nebra (1702-1768) étant l’oncle – voilà ! auprès duquel Manue,l son neveu sévillan, est allé se former, à Madrid, vers 1766 : ce dernier avait alors 16 ans ; se reporter ici à l’importante communication d’Antonio Ezquerro-Esteban « Nuevos dates para el studio de nos musicos Nebra en Aragon« , dans l’Anuario musical de décembre 2002... – de cet extraordinaire Manuel Orlandi Blasco de Nebra (Séville, 2 mai 1750 – Séville, 12 septembre 1784), que j’ai  découvert par hasard sur mon autoradio, en me rendant à mon travail à Andernos, en 1995,

    grâce au proprement génialissime CD Mandala MAN 4847 de ses « Pièces pour clavier »  – enregistré à Paris en 1995 par ce pianiste merveilleux qu’est le magique Josep Colom, catalan – ,

    lequel CD Mandala est devenu bien vite, et pour longtemps, la meilleure vente en France de ce sublime CD « M. Blasco de Nebra – Pièces pour clavier« , chez Mollat… – lire là-dessus mon article en date du 23 avril 2022, qui en fait, au passage (j’y faisais l’éloge de ce merveilleux pianiste qu’est Josep Colom…), le récit circonstancié :  « Ré-écouter de Frederic Mompou (1893 – 1987) les quatre « Cuadernos » (1959, 1962, 1965 et 1967) de sa sublime « Musica callada »… Et le génie de l’interprétation du merveilleux Josep Colom…« …

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    Ce très singulier vraiment génial compositeur qu’est Manuel Blasco de Nebra (1750-1784) avait donc pour oncle ce compositeur majeur à la cour qu’a été José de Nebra (1708-1768), lequel deux années durant, de 1846 – à l’arrivée auprès de lui du jeune sévillan Manuel, alors âgé de 16 ans – , à 1848 – au décès de cet oncle madrilène ; lequel décès de cet oncle José, à l’âge de 66 ans, a amené le jeune Manuel, alors âgé de 18 ans, à regagner Séville et rejoindre son père José Blasco Lacarra (Calatayud, 9 mars 1714 – Séville, 19 octobre 1785), lequel depuis le 3 décembre 1745 était l’organiste de la cathédrale de Séville… – , donna à son neveu Manuel la meilleure des formations musicales.

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    Et en comparant l’interprétation magistrale (!!!) que vient de donner de cette si enthousiasmante « Sinfonia n°8 » – inédite jusqu’en 2021, et jamais jusqu’ici enregistrée. : c’est une première mondiale… – de l’oncle José de Nebra, la magnifique Irene Roldan en son superbe CD « Scarlatti and Beyond« , avec l’interprétation tellement subjuguante, renversante (!!!), qu’a donnée, en 1995, en son CD « Pièces pour clavier« ,  le merveilleux Josep Colom, des 6 « Sonatas » et deux des « Pastorelas » de son neveu Manuel Blasco de Nebra,

    on accède un peu à la compréhension du mystère de comment d’une génération à l’autre a pu se transmettre ainsi que se transmuer, car ce sont aussi des musiques très différentes, quelque chose d’infiniment précieux et musicalement exceptionnel : tout simplement de l’ordre du génie dans les deux cas de l’oncle et du neveu !

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    Et on mesure un peu par là même aussi la portée de découverte musicale que constitue pour nous tous, mélomanes, grâce à cette enthousiasmante interprétation, enregistrée à Nuglar – Saint-Pantaléon, en Suisse, au mois de juin 2023, de cette inouïe si admirable « Sinfonia n°8 » de José de Nebra, sous les doigts de cette magicienne inspirée qu’est Irene Roldan, que nous fait la grâce de nous transmettre, et partager, à notre tour, ce très beau disque de découverte de quelques pièces de ce moment de l’Espagne du XVIIIe siècle, au-delà (« beyond »…) du génie absolu, mais lui, mieux connu, de l’incomparable Domenico Scarlatti (1685-1757)…

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    Ce vendredi 8 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)

    C’est un pur hasard qui m’a mis en contact, par l’écoute, avec une œuvre de Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675), qui défilait sur la platine de mon disquaire ultra-compétent préféré,

    issue du CD « Carlos Patiño Musica vocal en castellano« , par La Grande Chapelle, sous la direction d’Albert Recasens, soit le CD Lauda LAU 023.

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    Et immédiatement je suis tombé sous le charme envoûtant de cette musique,

    d’un compositeur, ce Carlos Patiño, qui m’était demeuré jusqu’ici inconnu.

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    Alors que ma discothèque personnelle comptait jusqu’alors 5 CDs (dont deux doubles) de cet ensemble La Grande Chapelle dirigé par ce chef Albert Recasens :

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    les CDs LAU 004 (« Jose de Nebra Visperas de Confesores« ),

    LAU 012 (« La Fiesta de Pascua en Piazza Navona Tomas Luis de Victoria« ),

    LAU 013 (« Alonso Lobo Misas « Prudentes virgines » « Beata Dei genitrix »),

    LAU 017 (« Pedro Ruimonte en Bruselas Musica en la corte de los archiduques Alberto e Isabel Clara Eugenia« )

    et LAU 018 (« Antonio Soler Obra vocal en latin« ).

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    Albert Recasens Barbera, né à Cambrils (Tarragone) en 1967, a fondé l’ensemble La Grande Chapelle en 2005, et en est devenu le directeur musical en 2007 ;

    de même qu’il a fondé son remarquable label de disques, Lauda _ dont voici un lien à la discographie (23 CDs à ce jour depuis 2005).

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    Ainsi que nous l’apprend l’excellente notice du livret du CD « Carlos Patiño Musica musica sacra para la corte » (notice intitulée « « Le David de ce Goliath » : Carlos Patiño à la Chapelle royale de Philippe IV« ),

    Carlos Patiño « devint en 1634 le premier maître de chapelle non franco-flamand à la cour des Habsbourg espagnols. (…) Le tournant décisif de sa carrière eut lieu au début de 1634 quand il fut promu maître de la Chapelle royale de Philippe IV après la retraite de Maestro Capitan«  _ Mateo Romero ou Mathieu Rosmarin (vers 1575 – 1647).

    « Dans ses compositions en latin, Patiño a recherché un équilibre personnel entre les styles dominants _ de tradition franco-flamande _ de la Chapelle royale et la tradition cathédrale dont il provenait : dans son écriture coexistent l’échange homophonique entre plusieurs chœurs à la façon de Philippe Rogier  (1561 – 1596) et de Capitan, avec un intérêt accru pour l’usage du contrepoint« .

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    Lire aussi la chronique de ce CD par Cécile Glaenzer, sur le site de ResMusica, intitulée « Carlos Patiño : la dévotion au siècle d’or espagnol » :

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    Carlos Patiño : la dévotion au Siècle d’Or espagnol

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    Après un premier CD consacré par la Grande Chapelle aux grandes pièces polychorales de Carlos Patiño, Albert Recasens nous offre ici en première mondiale un enregistrement de musiques plus intimes du Maître de chapelle de Philippe IV.

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    Né avec le siècle dans la province de Cuenca, Carlos Patiño connut une longue et brillante carrière au service de la cour d’Espagne à Madrid. Ses pièces de dévotion basées sur des poèmes en castillan sont de deux sortes : tonos humanos, d’inspiration profane, et tonos divinos (ou villancicos). La plupart sont à quatre voix chantées et basse continue. Ce qui frappe d’entrée, c’est l’absence de voix graves _ en effet _ : trois sopranos, un alto, un ténor, pas de basse. La structure de ces pièces est toujours la même : une forme strophique où alternent refrains et couplets. Le refrain se caractérise par un rythme syncopé qui est la signature de Patiño. Remarquable est la relation intime de la musique avec les affects exprimés par le texte poétique. Ces pièces de dévotion présentent un versant inhabituel de la musique religieuse du XVIIIᵉ siècle espagnol, dont on connait surtout les grandes compositions polyphoniques _ d’inspiration franco-flamande.

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    Les voix de la Grande Chapelle en petit effectif sont magnifiquement ciselées et expressives _ oui ! _, et offrent une pâte sonore d’une belle homogénéité. Les trois sopranos (Jone Martinez, Aurora Peña et Lorena Garcia) sont particulièrement remarquables. Le seul tono humano à trois voix du programme, No duermas, no, est une berceuse pleine de contrastes et de ruptures rythmiques, typiques de l’écriture de Patiño. Trois intermèdes instrumentaux sont empruntés au répertoire de Lucas Ruiz de Ribayaz et d’Andrea Falconieri, et permettent d’entendre les continuistes en solistes, successivement à la harpe double et à la vihuela de arco (proche de la viole de gambe).

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    Le livret est abondamment illustré et documenté, et permet de mieux appréhender le travail de restitution d’Albert Recasens, le directeur musical de l’ensemble. Grâce à la présence de l’intégralité des textes, on peut apprécier la parfaite adéquation _ voilà _ entre musique et poésie.

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    Musica vocal en castellano.

    Carlos Patiño (1600-1675).

    La Grande Chapelle, direction : Albert Recasens.

    1 CD Lauda.

    Enregistré à Tolède en octobre 2021.

    Notice de présentation en espagnol, anglais, français et allemand.

    Durée : 55:24

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    En tout cas,

    dès ce CD « Carlos Patiño Musica vocal en castellano » (Lauda LAU 023) _ cf ici la vidéo de l’admirable interprétation de « Pensamiento, no présumas«  (4′ 10)… _,

    le charme très prenant de l’art de Carlos Patiño opère bien à vif…

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    Ce samedi 1er juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa