Étiquette : Joseph Willibald Gluck

  • Un chef d’œuvre aujourd’hui oublié et un jalon important jusqu’ici négligé de l’histoire de la musique maintenant splendidement restitué au CD par Christophe Rousset et ses Talens lyriques : l’ »Ifigenia in Tauride »(créée à Vienne le 4 octobre 1763) de Tommaso Traetta (1727 – 1779)…

    C’est un chef d’œuvre aujourd’hui bien oublié et pourtant un jalon important jusqu’ici négligé de l’histoire de la musique qui vient de nous être splendidement restitué maintenant au CD par Christophe Rousset et ses Talens lyriques, pour le label de très grande qualité Aparté : l’ »Ifigenia in Tauride » (créée à Vienne le 4 octobre 1763) de Tommaso Traetta (Bitonto, 30 mars 1727 – Venise, 6 avril 1779), avec ce magnifique double album (de 159′) Aparté AP 399 – enregistré à Innsbruck du 27 au 29 août 2025 – ,

    une nouveauté discographique très heureusement signalée par les articles de Pierre Degott « Résurrection d’Ifigenia in Tauride de Tommaso Traetta » pour ResMusica le 23 juin dernier et Jean-Charles Hoffelé « Iphigénie viennoise » sur son site Discophilia le 3 juillet dernier …

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    Articles que voici – avec mes menues farcissures en rouge – :

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    Résurrection d’Ifigenia in Tauride de Tommaso Traetta

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    Les Clefs du mois

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    À la tête d’une distribution de haut vol, insuffle vie et passion – oui – à un – important – maillon manquant – de l’histoire de la musique : voilà – entre Gluck et l’école napolitaine finissante. Une découverte qui réjouira – oui ! – tous les amoureux de l’opéra italien du XVIIIᵉ siècle.

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    Le festival de musique ancienne d’Innsbruck 2025 aura été l’occasion de deux découvertes musicales majeures, l’Ifigenia in Aulide (1718) de Caldara et l’Ifigenia in Tauride (1763) de Traetta. Seul le deuxième ouvrage, semble-t-il, a été jugé digne d’intéresser le public discophile. Il est vrai que l’esthétique musicale de Traetta, à l’instar de celles de ses contemporains Gluck, Jommelli et Sacchini, frappe l’auditeur par son recours à des formes musicales traditionnelles, mais également par ses tentatives de « moderniser » l’opera seria en y introduisant différents courants propres à la sensibilité de la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Créé à Vienne juste un an – et c’est bien sûr à souligner – après l’Orfeo de Gluck, avec dans le rôle d’Oreste le castrat Gaetano Guadagni, créateur également du rôle d’Orfeo, l’opéra Ifigenia in Tauride fait bel et bien partie de ces opéras dits « réformés » que l’on écoute aujourd’hui avec le plus grand intérêt – et plaisir : absolument. Encore très tributaire encore de l’aria ABA’, l’ouvrage fait la place belle au récitatif accompagné, aux ensembles vocaux et surtout au chœur, ce dernier jouant un véritable rôle dramatique dans une action qu’il ne fait pas que commenter. En cela, il se détache très nettement – oui – des opéras napolitains encore en vigueur dans les années 1760, et cela pour le plus grand bonheur – voilà ! – de tous.

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    L’action, on s’en doute, est peu ou prou – forcément – la même que celle de l’Iphigénie en Tauride de Gluck. Y a été introduit le personnage de Dori, qui en trahissant le tyran Toante et les prêtres du temple, aide le fidèle Pilade à sauver du sacrifice son ami Oreste, condamné à être exécuté par Iphigénie.

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    Du côté des performances vocales, l’enregistrement regorge – mais oui – de très belles découvertes – d’interprétation. Au grain de voix plus dramatique que les deux autres sopranos, savonne quelque peu ses vocalises même si elle propose une prestation de belle qualité. , en Pilade, impressionne par un joli timbre argenté et des vocalises à la vitesse supersonique. Non moins virtuose, dispose d’un timbre rond, frais et charnu, d’un suraigu puissant et nourri et d’un flair dramatique qui lui permet de rendre compte de la complexité – voilà – des sentiments d’Iphigénie. En Toante le ténor australien possède lui aussi tous les atouts vocaux pour faire vivre un personnage tout d’une pièce : des vocalises acérées, des aigus percutants et un timbre d’une grande beauté qu’on espèrerait entendre dans un rôle de personnage plus sympathique. Le contreténor polonais sera sans doute une révélation. Dans le rôle – d’Oreste – conçu pour Guadagni, il triomphe non pas par la virtuosité vocale mais par l’onctuosité de la ligne vocale, par un legato rond et crémeux et surtout par l’expressivité de son chant – voilà. Ses airs ainsi que son duo avec Iphigénie comptent ainsi parmi les plus belles réussites – en effet – de la partition.

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    À la tête de ses Talens Lyriques, est l’artisan de cette belle réussite musicale. Énergique sans être frénétique – jamais chez lui… – , sa direction vive et précise – oui – soigne aussi bien les parties solistes que les ensembles instrumentaux et les chœurs. On notera enfin la belle participation de l’ensemble vocal , très sollicité dans cet opera seria réformé où la place du chœur est une remarquable innovation.

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    Tommaso Traetta (1727-1779) : Ifigenia in Tauride, dramma per musica in tre atti. Livret de Marco Coltellini.Avec Rocío Pérez, soprano (Ifigenia) ; Rafał Tomkiewicz, contre-ténor (Oreste) ; Suzanne Jerosme, soprano (Pilade) ; Alasdair Kent, ténor (Toante) ; Karolina Bengtsson, soprano (Dori). Ensemble NovoCanto. Les Talens lyriques, direction : Christophe Rousset.2 CD Aparte. Enregistrés en août 2025 lors du Festival de musique ancienne d’Innsbruck.

    Notice de présentation trilingue (anglais, allemand et français). Durée totale : 159:00

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    Et 

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    IPHIGÉNIE VIENNOISE

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    Le 4 octobre 1763, le palais du château de Schönbrunn accueillait cette Ifigenia in Tauride composée par Tommaso Traetta pour le couple impérial. Gaetano Guadagni venait – événement très marquant ! – d’incarner l’année précédente sur la scène viennoise l’Orfeo de Gluck, Traetta releva le défi – voilà ! – de lui écrire cet Oreste élégiaque et blessé qui ne pâlit pas devant l’aède de son prestigieux rival.

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    Certains auront sacré la puissance dramatique – voilà ! – si suggestive du chef-d’œuvre de Traetta à la même aune que le geste plus uniment lyrique – oui – de l’opéra de Gluck, l’écoute de cette résurrection captée dans le cadre du Festival d’Innsbruck – le livret documente par de beaux clichés la mise en scène élégante de Nicola Raab – leur donne raison – oui.

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    Le livret habile de Marco Coltellini – Montepulciano, 24 mai 1724 – Saint-Pétersbourg, Novembre 1777 – sert les intentions novatrices du compositeur, les da capos creusent les sentiments, augmentent la vérité des portraits psychologiques, la plume – dramatique très expressive – de Traetta est inspirée au point qu’on ne songe guère – voilà : Traetta sait très bien s’en démarquer – à l’emprise que Gluck étendait sur l’apogée déclinante de l’opera seria.

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    Les airs virtuoses sont stupéfiants – voilà ! – autant par leurs pyrotechnies que par leur impact émotionnel – surtout – , mais comment ne pas entendre dans les pages lyriques des mélodies déjà – mais oui... –  mozartiennes ? Ecoutez seulement – plage 2 du CD n° 2 – le sommeil d’Oreste et son air « Deh ! per pieta, placatevi » (avec un violoncelle concertant surprenant) si finement chanté par Rafał Tomkiewicz. À lui le redoutable défi de reprendre ce rôle écrit pour Guadagni, il le fait avec une grâce certaine – oui – qui rend son Oreste si émouvant – voilà.

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    Splendide (et supra virtuose) l’Ifigenia de Rocío Pérez (« So, che pieta de’ miseri ») alors que Suzanne Jerosme offre son timbre versicolore à un Pilade dont la psyché est finement saisie par Traetta (« Grazie, pietosi Dei »). Karolina Bengtsson confère une vraie présence à Dori. Alasdair Kent ne rend-il pas l’odieux Toante supportable ? Sa présence scénique devait être à la hauteur de son chant dardé qui fascine, décidément un ténor à suivre.

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    Après la renaissance discographique d’Antigona – paru en 2000 pour le label Decca – , il fallait bien que Christophe Rousset et ses Talens Lyriques reviennent enfin à Traetta ; aidés par Novo Canto ils en magnifient le théâtre inventif – voilà, voilà – , capturant toutes les subtilités – absolument – dont Traetta aura empli cette somptueuse – c’est le mot juste ! – Ifigenia in Tauride, laissant espérer qu’il se pencheront demain sur cette Armida composée elle aussi pour Vienne deux années auparavant – cette Armida de Traetta a été créée à Vienne le 3 janvier 1761.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Tommaso Traetta
    (1727-1779)

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    Ifigenia in Tauride

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    Rocío Pérez,
    soprano (Ifigenia)
    Rafał Tomkiewicz,
    contre-ténor (Oreste)
    Suzanne Jerosme,
    soprano (Pilade)
    Alasdair Kent, ténor (Toante)
    Karolina Bengtsson, soprano (Dori)

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    Novo Canto
    Les Talens Lyriques
    Christophe Rousset, direction

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    Un livre-disque de 2 CD, au livret soigné, du label Aparté AP399

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    Photo à la une : © DR

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    Pas seulement donc un jalon important de l’histoire de la musique,

    mais un somptueux chef d’œuvre d’opéra seria de Traetta, splendidement servi ici au disque pour le label Aparté par la direction très juste, à la fois dramatique et subtile, de Christophe Rousset : une importante et très marquante réalisation ! 

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    Ce lundi 6 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Saluer cette fois la reconnaisssance du génie musical de Henry Desmarest (1661 – 1741), le brillant compositeur d’ »Iphigénie en Tauride », ce maillon important, et jusqu’ici oublié, de l’histoire de l’opéra français, entre Lully (1632 – 1687) et Rameau (1683 – 1764)…

    En mon article du 31 janvier dernier, « La bienheureuse assurance désormais rayonnante de l’un peu trop discret jusque là, presque timide, Thomas Dolié, baryton magnifique, à la voix splendide et au jeu délié et intelligent : superbe Oreste d’une radieuse « Iphigénie en Tauride » d’Henry Desmarest (1661 – 1741) et André Campra (1660 – 1744), une tragédie en musique idéalement ressuscitée au disque par le Concert Spirituel et Hervé Niquet…«  ,

    c’était principalement la performance du superbe Oreste de Thomas Dolié, en cette « Iphigénie en Tauride » de Desmarest et Campra _ créée par l’Académie Royale de Musique à Paris le 6 mai 1704 _,  que je tenais d’abord à saluer en ce brillantissime double CD Alpha 1106, du Concert spirituel et Hervé Niquet…

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    Mais ce soir,

    c’est bien d’abord le compositeur Henry Desmarest lui-même (Paris, février 1661 – Lunéville, 7 septembre 1741), qu’en saluant l’excellent commentaire de Pierre Degott que donne de ce double CD Alpha 1106 de l’ »Iphigénie en Tauride » de Desmarest et Campra, en son bel article de ResMusica intitulé « Avant Gluck, Iphigénie en Tauride mise en musique par Campra et Desmarest« , je désire ici cette fois saluer…

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    Belle découverte d’un ouvrage à la genèse _ en effet bien _ difficile _ et cela pour des raisons totalement extra-musicales ! _, créé en 1704 et tombé dans l’oubli après un succès non négligeable. Sous la baguette d’ à la tête du Concert Spirituel, des interprètes expérimentés et d’autres plus jeunes défendent avec ardeur un ouvrage qu’on verra _ en effet _ comme un maillon _ important, bien que jusqu’ici hélas oublié _ dans l’histoire de l’opéra français.

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    Inspiré lui aussi directement de la tragédie d’Euripide, le livret de Jean-François Duché de Vancy et Antoine Danchet _ deux librettistes successifs, pour deux compositeurs eux aussi successifs ! _ pour Iphigénie en Tauride, se distingue à plus d’un titre de celui bien connu de Nicolas-François Guillard, conçu dans les dernières années de l’Ancien Régime pour l’opéra réformé de Gluck. En 1779 les codes de l’opéra n’avaient plus rien à voir _ en effet _ avec ceux de la tragédie lyrique du temps de , et le texte initialement conçu par Duché de Vancy _ pour Henry Desmarest _ répondait aux canons littéraires encore en vogue en 1696, lorsque Desmarest reçut sa commande _ voilà le départ de cette œuvre qui sera composite, lors de sa création à Paris le 6 mai 1704. Condamné trois ans plus tard _ en 1699 _ pour après avoir épousé une jeune fille de la noblesse sans le consentement familial, le compositeur forcé à l’exil _ voilà ! _ fut contraint de laisser derrière lui sa partition inachevée, laquelle fut ensuite remise à , chargé par l’Académie de terminer l’œuvre. Avec l’aide de son collaborateur habituel Antoine Danchet, qui remania certains pans du livret _ de son confrère François Duché de Vancy _, Campra compléta l’ouvrage _ voilà, voilà ! _ dont il dut entièrement composer le prologue et l’ouverture, s’efforçant de couler son écriture dans le style de Desmarest tout en ajoutant ici et là quelques pages virtuoses destinées à souligner le caractère brillant de l’œuvre.

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    De ce travail collaboratif, dû à deux écrivains et à deux musiciens _ oui, oui _, résulte une partition dont nul ne pourra mettre en cause l’unité ou l’homogénéité _ et c’est là déjà une forme d’exploit _, conforme en tout cas au modèle classique de la tragédie lyrique portée à son aboutissement par Lully _ avec la collaboration (ou plutôt la coopération, pour reprendre le juste distinguo proposé par Bernard Sève en son magistral « Les Matériaux de l’art » ; cf là-dessus la vidéo (de 59′ 23″) de notre entretien à la Station Ausone le mardi 14 janvier dernier… L’ouvrage n’en lorgne pas moins vers une écriture vocale plus mélodique, moins dominée par la déclamation propre à l’esthétique française _ marquée par le génie de librettiste de Lully qu’avait été le magnifique Philippe Quinault (Paris, 3 juin 1635 – Paris, 26 novembre 1688) _ et déjà légèrement marquée par l’influence italienne _ initiée par les travaux de Sébastien de Brossard (Dompierre, 12 septembre 1655 – Meaux, 10 août 1730). Même s’il ne s’agit sans doute pas d’un chef d’œuvre absolu, cet ouvrage habile et bien fait _ et un peu mireux que cela… _ constitue à n’en pas douter un maillon _ important ! _ qui manquait à notre compréhension de l’évolution et du positionnement de l’opéra français au tournant du dix-huitième siècle _ voilà, voilà…

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    Confié à des artistes chevronnés aussi bien qu’à une brochette de jeunes chanteurs en devenir, l’enregistrement proposé ici brille par la qualité et l’homogénéité de sa distribution _ en effet : c’est très juste ! Sans doute cette dernière est-elle dominée par , spécialiste du répertoire de l’opéra baroque français, dont on continue à admirer la diction toujours autant magistrale tout en se grisant du léger vibrato qui sait si bien donner couleurs et substance aux mots de livret. À ses côtés, le baryton  campe un Oreste noble et digne, émouvant et convaincant _ superbe ! _ dans les scènes qui le confrontent à sa sœur _ cf mon article « La bienheureuse assurance désormais rayonnante de l’un peu trop discret jusque là, presque timide, Thomas Dolié, baryton magnifique, à la voix splendide et au jeu délié et intelligent : superbe Oreste d’une radieuse « Iphigénie en Tauride » d’Henry Desmarest (1661 – 1741) et André Campra (1660 – 1744), une tragédie en musique idéalement ressuscitée au disque par le Concert Spirituel et Hervé Niquet… » en date du 31 janvier dernier…. en Pylade fait preuve comme à son accoutumée _ oui, oui ; cf les articles que je lui ai consacrés à maintes reprises, jusqu’à celui du 22 janvier Dernier pour saluer sa magnifique prestation dans son récent CD Alpha 1104 « Mozart – Concert Arias » : « Se délecter au charme idéal de Reinoud van Mechelen interprétant des airs de concert de Mozart, en le CD Alpha 1114 « Mozart – Concert Arias – Reinoud van Mechelen – A Nocte Temporis » : quel plaisir !« …  _ de toute sa sensibilité musicale grâce à sa voix de haute-contre parfaitement maîtrisée _ tout cela est fort juste..

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    Le reste de la distribution se montre à la hauteur des têtes d’affiche, et l’on ne manquera pas de citer les belles interventions d’Olivia Doray en Électre, de en Thoas et de en Diane, sans oublier , , , en charge d’un certain nombre de petits rôles certes courts mais essentiels au déroulement de l’action.

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    Très impliqués dans la recherche de couleurs instrumentales riches et variés, les musiciens du Concert Spirituel font la démonstration de tout le panache _ oui _ dont ils sont capables, alternant les moments d’introspection et de recueillement avec les pages plus brillantes qui sont le propre de ce genre lyrique, où la musique de ballet joue _ aussi : à la française ! _ un rôle primordial. La direction d’, précise et incisive, insuffle aux choristes et aux instrumentistes toute l’énergie nécessaire pour donner force et crédibilité _ oui, oui ; et noblesse tragique…  _ à une histoire bien connue de toutes et de tous, qu’on se réjouit d’entendre dans une nouvelle adaptation musicale. Un plaisir pour l’oreille comme pour l’esprit _ c’est là fort bien résumé !

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    Henry Desmarest (1661-1741) et André Campra (1660-1744) :

    Iphigénie en Tauride, tragédie en un prologue et cinq actes.

    Livret de Jean-François Duché de Vancy et Antoine Danchet.

    Avec Véronique Gens, soprano (Iphigénie) ; Reinoud Van Mechelen, ténor (Pylade) ; Thomas Dolié, baryton (Oreste) ; David Witczak, baryton (Thoas) ; Floriane Hasler, mezzo-soprano (Diane) ; Tomislav Lavoie, baryton-basse (L’ordonnateur / L’océan) ; Antonin Rondepierre, ténor (Un habitant de Délos / Triton / Le grand sacrificateur) ; Jehanne Amzal, soprano (Isménide / Une habitante de Délos / Première nymphe / Première prêtresse) ; Marine Lafdal-Franc, soprano (Une habitante de Délos / Seconde nymphe / Seconde prêtresse).

    Le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet.

    2 CD Alpha.

    Enregistrés en janvier 2024 à l’Auditorium du Conservatoire Jean-Baptiste Lully de Puteaux.

    Notice de présentation en français, anglais et allemand.

    Durée totale : 136:00

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    Henry Desmarest,

    que j’ai appris à connaître et beaucoup apprécier, lors de la réalisation par Hugo Reyne _ dont j’étais, cette décennies des années 90, le « conseiller artistique » de la Simphonie du Marais… _ de son CD Astrée-Auvidis « La Diane de Fontainebleau« , enregistré dans la salle de bal du château de Fontainebleau au mois de septembre 1997, et paru en 1998…

    Cf les détails que j’en livre en mon article en date du 9 septembre 2021 : « Le beau chemin parcouru de Véronique Gens dans l’opéra baroque français : de Lully à Charpentier, en passant par Collasse et Desmarets…« ...

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    Henry Desmarest (1661 – 1741) : un compositeur subtil et magnifique, à redécouvrir…

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    Ce mercredi 12 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Stephane Degout, plus que jamais au sommet : le CD « Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau »

    Un nouvel article, Inferno,

    de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia, du site Artamag,

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    m’a conduit

    à mieux écouter

    le CD Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau  

    de Stéphane Degout

    avec l’Ensemble Pygmalion que dirige Raphaël Pichon :

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    Soit le CD Harmonia Mundi HMM 902288.

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    J’avais été déçu par un récital Bach

    de Pygmalion et Raphaël Pichon

    à l’Auditorium de Bordeaux, le 5 février 2018 :

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    pas assez soigné

     et avec trop de coupures dans les cantates données.

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    Le CD Enfers avait donc fait les frais

    du souvenir tenace de cette mauvaise humeur mienne à l’égard de Pichon. 

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    Et alors même que sur un programme _ en partie ramélien _ assez proche,

    j’avais filmé au caméscope,

    du haut de la chaire _ baroquissime _ de Sainte-Walburge, à Bruges,

    La Simphonie du Marais, de Hugo Reyne,

    avec le baryton Thierry Félix ;

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    c’était le 7 août 1993 _ le soir même des obsèques, à Bruxelles, du roi Baudouin.

    Bruges peu à peu allait sortir du deuil qui l’anesthésiait jusque là.

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    Lors du Festival des Flandres de 1993 _ il y a déjà 26 ans.

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    J’ai sous les yeux le programme de ce concert de 1993

    que Hugo Reyne avait intitulé

    _ par un parfait hasard eu égard à la spécificité (tellement singulière !) de telles circonstances de deuil profond ! _

    « Des Ténèbres aux Lumières » !

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    Je mets ici en gras ce qui est commun

    entre le récital de Thierry Félix et La Symphonie du Marais

    et le CD de Stéphane Degout et Pygmalion :

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    _ Jean-Fery Rebel : le chaos (extrait des Éléments)

    _ Jean-Philippe Rameau : « Profonds abîmes du Ténare » (extrait du Temple de la Gloire)

    _ Ouverture de Zaïs

    _ « Monstre affreux, monstre redoutable » (extrait de Dardanus)

    _  Ouverture de Hippolyte et Aricie

    _ « Puisque Pluton est inflexible » (extrait de Hippolyte et Aricie)

    _ Ouverture de Zoroastre

    _ « Éveillez-vous ! » (extrait de Zaïs)

    _ Ouverture du Temple de la Gloire

    _ La Fête du Soleil (extraite des « Indes Galantes« ) :

    … « Soleil, on a détruit tes superbes asiles »

    … Adoration du Soleil : « Brillant Soleil ! »

    … Dévotion au Soleil : « Clair flambeau du Monde »

    Georg Frideric Händel : Ouverture des Royal Fireworks.

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    Eh bien !

    à la ré-écoute de ce CD Degout,

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    je réévalue complètement mon appréciation,

    au moins des interprétations de ce génial baryton qu’est Stéphane Dégout :

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    quelle superbe intelligence des textes,

    quel art de la diction la plus juste qui soit !

    quel timbre !

    _ mais oui ! et cest bien sûr fondamental !!! _

    et quel merveilleux art du chant !

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    Tout tremble ici !!!

    en ces Enfers…

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    Voici, maintenant, l’article Inferno de Jean-Charles Hoffelé :

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    INFERNO

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    Sujet, le Ténare, objet la métaphore de la tragédie lyrique entre Rameau et Gluck, ses gains et surtout ses pertes. On ne voit guère ces dernières tant le baryton noir _ voilà _, l’ardeur vocale _ oui _, l’intensité lyrique et dramatique _ oui _, la splendeur des mots _ tout cela est parfaitement cerné ici ! _ qu’y déploie Stéphane Degout dessine des personnages qui semblent _ voilà : quelle extraordinaire puissance de présence ! _ émaner du disque comme jaillis _ oui _ de la scène _ même _ : cet Anténor plein de douleurs et de craintes dans l’attente du monstre, cet Oreste parricide qui hurle sa conscience, se voient _ et s’imposent à nous _ autant qu’il s’entendent.

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    Ce disque quasi parfait _ mais oui _ en six stations, entre théâtre – beaucoup – et église (un peu, et moins convaincant à vrai dire _ et c’est tout à fait juste ! _), célèbre Stéphane Degout dans son répertoire de cœur _ voilà ! quel royal interprète ! _, et cet opulent drame imaginé avec Pygmalion et Raphaël Pichon, réserve quelques moments d’anthologie, comme le _ redoutablissime _ “Trio des Parques” d’Hippolyte et Aricie _ les musiciens de l’Académie royale avaient carrément refusé de le jouer lors de la première ! _ ou l’Hostias et preces tibi rebrossé _ dans la Messe de Requiem… _ de Castor et Pollux selon Reinould van Mechelen _ magnifique chanteur, lui aussi : ténor.

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    Lorsque résonne « Quelle plainte en ces lieux m’appelle », c’est Rita Gorr ! Non, Sylvie Brunet, Phèdre impérieuse, qui remet Rameau dans le ton de la Grande Tragédie, instant saisissant où Stéphane Degout, avec admiration, se sera laissé voler la vedette.

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    Album splendide _ oui _ à l’édition particulièrement soignée.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Enfers
    Scènes extraits d’opéras de :

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    Jean-Philippe Rameau(1683-1764)
    Zoroastre, RCT 62 (4 extraits)
    Dardanus, RCT 35 (1 extrait)
    Messe de Requiem sur des thèmes de “Castor et Pollux”
    (4 extraits : Requiem aeternam, Kyrie eleison, Domine Jesu Christe, Hostias et preces tibi)

    Hippolyte et Aricie, RCT 43 (5 extraits)
    Les Surprises de l’amour, RCT 58 (1 extrait : Loure)
    Les Boréades, RCT 31 (extrait : Entrée de Polymnie)

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    Jean-Féry Rebel (1666-1747)
    Les Elémens (extrait : Le Chaos)

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    Christoph Willibald von Gluck (1714-1787)
    Iphigénie en Tauride, Wq. 46 (1 extrait)
    Armide, Wq. 45 (1 extrait)
    Orphée et Eurydice, Wq. 30 (3 extraits : Sinfonie infernale, Danse des furies, Ballet des ombres heureuses)

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    Stéphane Degout, baryton
    Avec aussi :
    Emmanuelle de Negri, soprano
    Sylvie Brunet-Grupposo, mezzo-soprano
    Stanislas de Barbeyrac, tenor
    Reinould van Mechelen, ténor
    Mathias Vidal, ténor
    Thomas Dolié, baryton
    Nicolas Courjal, basse

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    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

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    Un livre-CD du label harmonia mundi HMM902288
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    Photo à la une : le baryton Stéphane Degout – Photo : © Julien Benhamou

     

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    Ce samedi 9 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’enthousiasmant projet Haydn 2032 de Giovanni Antonini : 6 CDs Alpha resplendissants de vie à ce jour

    Giovanni Antonini a mis en chantier, en 2013, un très vaste projet intitulé Haydn 2032

    _ année de son accomplissement pour le tricentenaire de la naissance du compositeur ! _

    comportant l’intégrale des 104 Symphonies de Joseph Haydn (1732 – 1809).

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    A ce jour,

    et depuis le premier CD paru en 2014 le CD n°1 La Passione (CD Alpha 670)

    sont parus 6 CDs,

    comportant jusqu’ici

    19 symphonies de Joseph Haydn,

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    assorties, à l’occasion d’une œuvre d’un autre compositeur :

    …

    _ le Ballet Pantomime Don Juan ou le Festin de Pierre (de 1761) de Christoph Willibald Gluck (pour le CD n°1 La Passione),

    accompagnant les symphonies n°1, 39 & 49 de Joseph Haydn ;

    _ la symphonie en Fa Majeur pour cordes et basse continue, BR C2 / FK 67 de  Wilhelm Friedmann Bach (pour le CD n°2 Il Filosofo),

    accompagnant les symphonies n°22, 46 & 47 de Joseph Haydn ;

    _ Il Maestro di Cappella, de Domenico Cimarosa (pour le CD n°4 Il Distratto),

    accompagnant les symphonies n°12, 60 & 70 de Joseph Haydn ;

    _  et la symphonie en do mineur de Joseph Martin Kraus (pour le CD n°5 L’Homme de Génie),

    accompagnant les symphonies n°19, 80 & 81 de Joseph Haydn.

    …

    Le CD n° 3 Solo e Pensoso comporte, en plus des symphonies n°4, 42 & 64 de Joseph Haydn

    l’ouverture de son opéra L’Isola Disabitata ; et l’Air Solo e Pensoso, pour soprano _ qu’interprète Francesca Aspromonte

    …

    Et le CD n°6 Lamentatione comporte exclusivement des symphonies de Joseph Haydn :

    les symphonies n°3, 26, 30 & 79.

    …

    …

    Une dernière remarque,

    et pas du tout anecdotique :

    …

    alors que dans les quatre  premiers CDs de ce projet Haydn 2032

    Alpha 670, Alpha 671,  Alpha 672 & Alpha 674,

    c’est Il Giardino Armonico que dirige Giovanni Antonini ;

    …

    dans les deux plus récents CDs

    Alpha 676 & 678,

    c’est désormais le Kammerorchester Basel que ce chef subtilement dynamique dirige :

    ses musiciens ont changé.

    …

    …

    L’interprétation _ enthousiasmante ! _ du CD n°6 Lamentatione est tout particulièrement accomplie !

    C’est magnifique de vie !!!

    Nous sommes transportés...

    …

    …

    Ce mercredi 13 juin 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa