Étiquette : justesse

  • Poursuite de la publication par Le Palais des Dégustateurs d’Eric Rouyer, des enregistrements du grand Carlos Païta (1932 – 2015), avec un 10e CD, un superbe CD PDD 055 « Mahler – Symphonie 6 », enregistré live à Liège le 21 novembre 1997 ; ou les enjeux très existentiels d’une œuvre et d’une interprétation diablement incarnées…

    Ce dimanche 27 septembre,

    j’ai le très vif plaisir de faire part de la poursuite de la publication par Le Palais des Dégustateurs du cher Éric Rouyer, des très marquants enregistrements symphoniques – articulant superbement le feu et la parfaite  justesse… – du grand Carlos Païta (Buenos Aires, 10 mars 1932 – Genève, 19 décembre 2015),

    avec un 10e CD que je viens tout juste de recevoir :

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    le superbe CD PDD 055 « Mahler – Symphonie 6 » – enregistré live à Liège le 21 novembre 1997 avec l’Orchestre Philharmonique de Liège… – ,

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    après les 9 précédents marquants  CDs de Carlos Païta, fidèlement publiés par le Palais des Dégustateurs,

    soient les CDs PDD :

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    036 « Chostakovitch n°8 – Bruckner n°8« ,

    037 « Tchaikovsky n°4 – n°6″,

    039 « Moussorgski/Ravel – les Tableaux d’une exposition  – Berlioz – la Symphonie Fantastique« ,

    040 « Brahms n°1 – violin Concerto – Beethoven n°5 et n°8« ,

    043 « Bruckner n°9« ,

    045 « Dvorak n°7 – n°8 – n°9 – Janacek – Taras Bulba « ,

    050 « Mozart n°40 – Richard Strauss – Une Vie de héros« ,

    051 « Chausson Op. 20 – Dukas – la Péri – Lekeu – Adagio pour Quatuor d’orchestre« ,

    et 052 « Mahler n°1 – Wagner – extraits symphoniques du Crépuscule des dieux « …

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    Le livret de ce nouveau CD comporte aussi, aux pages 3 à 9, une très intéressante présentation bien détaillée signée par Jean Lacroix,

    intitulée « Carlos Païta, un Argentin en Belgique« ,

    avec, aussi, une belle photographie, prise en 1990 – probablement après un concert, et pour la signature d’un autographe… – , de Carlos Païta, alors âgé de 58 ans, et Éric Rouyer, alors âgé de 24 ans – il est né à Grenoble au mois de juin 1966 – ,

    tous deux très souriants…

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    Éric Rouyer

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    Cf aussi cet intéressant entretien sur Opus 132 d’André Franck avec Eric Rouyer et André Hirt, pour Pizzicato :

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    « Intensité existentielle » – Carlos Païta dirige la Sixième Symphonie de Mahler

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    18/09/2026

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    Le label français Le Palais des Dégustateurs publie un enregistrement en direct – live : en concert le 21 novembre 1997 – de la Symphonie n° 6 de Gustav Mahler, interprétée par l’Orchestre philharmonique de Liège sous la direction de Carlos Païta.

    Remy Franck a réalisé cet entretien avec le musicologue André Hirt et l’éditeur Eric Rouyer.

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    Quelles ont été les circonstances du concert avec le 6e de Mahler à Liège ?
    Eric Rouyer : Ce concert a été rendu possible en 1997 grâce au soutien du Crédit Communal de Belgique et à l’engagement d’une grande personnalité à qui il faut rendre hommage : Paul Beusen (1944-2023). Initialement le Requiem de Berlioz avait les faveurs du Maestro, puis l’idée d’affronter cette 6ème symphonie de Mahler devint une évidence. Carlos Païta refusa au denier moment que le concert fut radio diffusé et enregistré, et menaça même de tout annuler ; et il fallu l’intervention décisive de son fils Alexandre afin de le persuader du contraire – ouf ! Ce fut son dernier concert, et il avait la prémonition de ce défi ultime puisqu’il confiera dans sa loge à son fils : j’espère que ce n’est pas le dernier. Dès la fin de l’interprétation vous l’entendrez dire Merci à l’orchestre. Il venait pour la première fois de mettre un genou à terre face au destin, et nous conservons des témoignages déchirants et profondément émouvants des musiciens qui ont alors livré une fabuleuse bataille afin de suivre ses indications et permettre de déchirer le destin avec ces coups de marteau terrifiants qui en font une interprétation unique qui se termine dans une aspiration vers la résignation et le vide.

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    Où sont, d’après-vous, les points forts de l’interprétation?
    André Hirt : La 6ème de Mahler est déjà en elle-même « tragique », pour une fois l’intitulé et la réputation conviennent, et l’investissement existentiel est tel qu’on ne sort pas d’une pareille expérience d’écoute sans perdre ses mots, voire s’évanouir toutes les images et les représentations qu’on pouvait se faire d’une telle œuvre. D’une certaine manière, cette interprétation, en l’état unique, comme souvent avec Carlos Païta (Celibidache en prendrait presque ombrage), nous fait nous demander ce que pourrait être une interprétation par le Maestro de la IX° Symphonie de Mahler (on sait qu’il l’a exécutée à Washjngton avant son divorce avec les USA).

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    Quelles sont vos conclusions si vous comparez son interprétation à celles de Bernstein /Vienne 1988, ou Abbado/Berlin 2005 ?
    André Hirt : Il existe tellement de versions majeures, à commencer par celle de George Szell (c’est par elle que j’ai découvert l’œuvre, et en y prêtant à nouveau l’oreille, cette version est très correcte, et je rends ainsi hommage à ce grand chef estimable et courageux), puis, surtout, pendant très longtemps, celle de Sir John Barbirolli, pour finir, parmi les choix hasardeux, Kondrashin et Karajan (je n’évoque pas les plus récentes, même celle de Currentzis). Mais, jamais, la partition n’aura été aussi fouillée, non pas formellement, mais dans ses intentions existentielles – voilà ! – que dans cette unique version disponible de Carlos Païta. Cela dit, je conserve un faible pour les versions de Bernstein, toujours surprenant et authentique.

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    Savez-vous si Païta a dirigé d’autres symphonies de Mahler en dehors des symphonies nos. 1, 2, 6 et 9 ?
    André Hirt : Il a dirigé les quatre. Mais également la 3ème dans des conditions très particulières qui mériteraient qu’on s’y attarde longuement tellement son interprétation est encore hors-norme. Les meilleurs et les plus indulgents, ainsi le supposent-ils, diront qu’il s’agit d’un document, les plus avertis reconnaîtront à la fois des maladresses dues à un orchestre qui n’était sans doute pas au niveau, mais qui parvient, ce faisant, à dégager de l’œuvre sa vérité, peut-être même, dans sa violence, comme jamais (l’hymne à la nature est aussi marquée par son deuil, pire encore, la destruction à laquelle on est en train de la soumettre) sa leçon pour l’avenir, écologiquement s’entend.
    Car dans la musique, on entend plus que ce qu’on entend, on y rencontre l’Histoire, la pensée, et même une vision politique de la nature.

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    André Hirt

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    Que pouvez-vous dire par rapport au répertoire de Païta? Y-a-t-il de œuvres majeures dans lesquelles vous ne le voyez pas du tout ? Oui, autrement formulé : quel genre d’œuvres lui convenait le mieux ?
    André Hirt : Je ne sais pas, et je ne désire surtout pas préjuger depuis qu’on a entendu Carlos Païta, grâce à son fils Alexandre et à la générosité et la passion d’Éric Rouyer, dans Dukas et Lekeu. Carlos Païta était chéri par Ernest Ansermet, c’est tout dire ! Il aimait la musique française, comme en témoigne sa passion pour Berlioz ( un tempérament si proche du sien), la Fantastique et puis sans doute son unique tentative à l’opéra avec La Damnation de Faust). Mais ce sont les sentiers du romantisme, y compris tardif, qui l’ont attiré – voilà ! – , avec Beethoven, Schubert, Wagner (des extraits orchestraux seulement, mais sublimes !), Brahms et Bruckner surtout, et puis Mahler, à un moment, dans les années 80, où en France du moins, il demeurait un inconnu. (À cet égard, la frénésie programmatique autour de Mahler, en ce moment, a quelque chose d’opportuniste et de peu authentique, comme une gélification et une banalisation, je veux dire une esthétisation au lieu d’une vitalisation existentielle – un distinguo bien utile – telle que Carlos Païta a su l’insuffler). Cela, pour dire que Carlos Païta serait plus malheureux encore aujourd’hui, dans les conditions actuelles de l’interprétation et de la mise en marché de la musique qu’à son époque dont il perturbait déjà les codes naissants, d’où son obscurcissement médiatique persistant (désormais anéanti grâce au Palais des Dégustateurs – voilà ! – ), impuissant néanmoins devant la vénération qu’on n’a cessé de lui porter en raison, disons les choses directement, de son honnêteté – oui : son irréfragable désir de justesse.

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    Carlos Paîta a divisé les opinions de son vivant, et il continue de le faire aujourd’hui. Que dites-vous â ceux qui prétendent qu’il est trop brutal ?
    André Hirt : Carlos Païta n’est pas davantage « brutal » – en effet – , mais je comprends ce que vous voulez dire. Je crois que ses interprétations sont, au sens littéral et strict, une plongée – en quelque sorte consubstantielle – dans les œuvres, une osmose – d’incarnation de l’interprétation – au sein desquelles la vie se jouait et se rejouait quant à son sens – voilà… L’intention est de rejoindre le fracas d’un son disparu, celui d’une percée dans ce que le monde et l’Histoire ne savent pas – et ne veulent pas – proposer, qui nous rend métaphysiquement insatisfaits. Carlos Païta est l’un de ces chefs, comme quelques rares autres, dont les visions sont à prendre ou à laisser –oui. Sauf que si on « laisse », la musique échappe et perd sa dimension en s’abandonnant aux rituels mondains – voilà, voilà – des concerts – à ne pas surtout déranger de leur confort attendu – pour une appréciation purement esthétisante – voilà ! – , et par conséquent inconsistante – hélas.

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    Ce dimanche 27 septembre 1026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un courriel à l’ami bruxellois Pascal Chabot, en avant-propos à mon article détaillé à venir sur son très essentiel « Nos vies encapsulées – Quel devenir pour l’humanité ? » : de l’art d’apprendre (et enseigner) à combiner harmonieusement l’utile, commode, et le subtil, fondamental, avec la plus délicate et désirable, et jubilatoire, justesse…

    Cher Pascal,

    tu peux probablement soupçonner combien et à quels incroyables degrés Titus Curiosus est sur la même longueur d’ondes que l’auteur que tu es, toi, renouvelant encore une fois, avec ce richissime lucidissime, et fondamentalement ouvert avec optimisme sur l’avenir, « Nos Vies encapsulées – quel avenir pour l’humanité », à partir de ta pratique philosophante subtilissime du langage, et avec tant de lucidité et de justesse, une nouvelle fois, la compréhension lucidissime de ce qui ne cesse de bouger dans les trames de fond de notre monde contemporain, en tentant d’éclairer avec un merveilleux brio d’intelligence du réel, et d’aider à advenir peut-être et surtout aussi – tu n’es jamais pessimiste, ni défaitiste, bien au contraire ! tu cultives le positif…  – , une plus heureuse meilleure façon de combiner plus et mieux harmonieusement ce que tu qualifies d’optimisation et dynamique subtile, dans un monde dominé par l’emprise puissante et très ambivalente de la technonomie, et par l’utilitarisme très généralisé – par commodité et facilité (et aussi par paresse et lâcheté, au lieu de vaillance et courage, comme le souligne si justement Kant en son « Qu’est-ce que les Lumières ? »…) – qui la reçoit bien trop unilatéralement, et avec mutilation du fondamental plus subtil, pourtant si important et crucial pour le degré de sens et d’accomplissement authentique de nos existences fragiles et toujours au moins potentiellement un minimum ouvertes, même aussi précautionneusement encapsulées – mais en danger quasi permanent, puissants algorithmes aidant, de formatage réducteur de notre liberté éclairée…
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    Nos vies encapsulées

    Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, objet technique total offrant autonomie, confort et connexion permanente – ainsi que capacité immédiate de transactions en tous genres – dans lequel nos existences se sont peu à peu – très commodément : tout l’utile est à portée très rapide, quasi immédiate, de satisfaction de besoins et certains désirs, plus ou moins formatés… – installées.

    Cette vie encapsulée nous a permis d’aller plus vite, plus loin, de communiquer davantage, parfois même de nous sentir plus libres. Mais la promesse moderne d’émancipation semble aujourd’hui se retourner – voilà ! – contre elle, pour produire narcissisme et – dangereuse – dépendance – mutilante de nos capacités de réalisation (et élévation) profonde… Continuons-nous vraiment d’exister – telle est la question de fond ! – dans ces – si commodes – capsules ? Ne serions-nous pas tous atteints de digitose, ce mal digital par excellence ?

    Comme dans le mythe de la caverne, il nous faut apprendre à sortir – voilà, nous ouvrir, et nous élever… – de ces capsules, et à retrouver les liens subtils – peu à peu éloignés et quasi perdus – qui nous unissent au monde – du dehors, des personnes des autres, ainsi que des œuvres vraiment authentiques. À travers des exemples – excellemment – concrets – une couveuse, une mandarine dans une chambre d’hôtel, une capsule temporelle laissée par Baudelaire, un bar européen à Bruxelles -, Pascal Chabot explore – avec un extraordinairement lumineux talent d’analyse – les voies possibles – à commencer à explorer – d’une existence plus – et mieux – habitée – avec une plus juste, et de meilleur aloi, intensité ! – et pose les questions philosophiques qui nous traversent : que désirons-nous – vraiment et fondamentalement – devenir ? Et comment réinventer le – vrai sens du – progrès ? – nous y voici…

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    La lecture un peu assidue des articles quotidiens de mon blog encherchantbien.fr te montrerait combien, cher Pascal, je partage la totalité, mais oui, des thèses, qu’opus après opus, tu proposes si opportunément à la lecture de tes lecteurs ouverts et curieux d’intelligence plus réaliste, plus vraie – toujours au plus près du concret – , du réel : c’était d’ailleurs ce que j’avais tenu à souligner en prenant bien soin de passer exhaustivement en revue, même rapide, la totalité de tes travaux précédents, lors de notre entretien du 22 novembre 2022 à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux, à propos de ton important « Avoir le temps : Essai de chronosophie » qui venait tout juste de paraître – revoir la vidéo de ce riche entretien panoramique aussi sur ton travail, depuis ton « La Philosophie de Simondon » , paru en 2003 (chez Vrin), et ton « Après le progrès » paru en 2008 (aux PUF)…
     
    Et voilà qu’avec ce très riche et toujours très précis et très clair « Nos Vies encapsulées – quel avenir pour l’humanité » qui parait cet été 2026, c’est une toposophie qui vient maintenant s’abouter à la lucidissime chronosophie de ton « Avoir le temps : Essai de chronosophie  » de 2021… Tu poursuis toujours très brillamment ton chemin de philosophe déchiffreur et défricheur du réel de nos vies présentes, et de leur bel avenir à ouvrir, à aider à naître et devenir, s’épanouir vraiment, et singulièrement, sans formatage pré-déterminé – la vraie philosophie en action est toujours, depuis Socrate, une très concrète maïeutique, et il nous faut, en effet, en nos actes de philosophes à l’œuvre, toujours nous efforcer de la rendre la mieux désirable et jubilatoire possible… Nous sommes le contraire de scrogneugneux magistraux et dogmatiques donneurs sévères de leçons à suivre à la lettre : nous désirons faire joyeusement désirer et aider à accomplir l’épanouissement singulier, improbable, vraiment libre, des plus belles potentialités, encore inconnues d’eux et a fortiori de quiconque, de nos interlocuteurs et lecteurs, avec la plus heureuse et vraie positivité à partager, sans contraindre, mais seulement en signalant des chemins désirables pour cet épanouissement potentiellement à venir, à ouvrir, par la personne, et qui est chaque fois aussi improbable que singulier : c’est une création qui, à l’œuvre si possible personnelle et singulière, va pouvoir se découvrir et s’inventer…
    …
    Voici donc ici, cher Pascal, les liens à mon tout premier article, en date du 3 juillet 2008 (mais rédigé le 20 mai précédent) :
     
    et à celui d’aujourd’hui même, lundi 14 septembre 2026, apparemment anecdotique, mais – c’est toujours de justesse qu’il s’agit – … :
     
    Pour mesurer peut-être ce qui a pu changer, ou pas, de mon propre regard philosophique en 18 ans de rédaction de ce blog encherchantbien.fr …
    Et cela, même si un blog n’est certes pas un livre, et n’a, bien sûr, pas du tout la même portée, ni surtout ampleur de lectorat…
     
    Bien fidèlement à toi, cher Pascal, bruxellois,
    et plus que jamais passionnément comblé de lire tes lucidissimes travaux,
     
    Francis, à Bordeaux,
    depuis sa tranquille mais archi-vivante petite capsule toujours ouverte sur le dehors et l’altérité,
    et, urbi et orbi, Titus Curiosus…
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    Ce mardi 15 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Reconnaissance unanime du sublime CD « Fauré – Sonatas for violin and piano – Transcriptions » de Kerson Leong et Jonathan Fournel (CD Alpha 1177), un des sommets discographiques parfaits de cet été 2026…

    Reconnaissance unanime du sublime – écoutez ici – CD « Fauré – Sonatas for violin and piano – Transcriptions » de Kerson Leong et Jonathan Fournel (CD Alpha 1177) – enregistré au Domaine Forget de Charlesoix, à Saint-Irénée, au Québec – , un des incontestables sommets discographiques de cet été 2026, avec la parution ce lundi 24 août du très bel article, sur ResMusica, de Bénédict Hévry « Les Fauré fluides, radieux ou épurés, de Kerson Leong et Jonathan Fournel« ,

    confirmant mon propre vibrant hommage « « Suivre le pouls d’une âme en perpétuel mouvement » : le touchantissime CD « Fauré – Sonatas for Violin and Piano – Transcriptions » des délicatissimes Kerson Leong, violon, et Jonathan Fournel, nous faisant accéder sublimement à la très riche intimité musicale de Gabriel Fauré… » en date du 28 juin dernier, il y a presque deux mois déjà..

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    Les Fauré fluides, radieux ou épurés, de Kerson Leong et Jonathan Fournel

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    Leur croisement, voici une dizaine d’années à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et leurs récitals partagés depuis, laissaient présager de belles affinités entre et . Ce premier jalon discographique du duo consacré à en est l’éclatante – en effet – confirmation.

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    Quarante ans séparent la rédaction des deux sonates pour violon et piano de : la Sonate n° 1 en la majeur op. 13 (1875), contemporaine des fiançailles rompues avec Marianne Viardot, devance de dix ans celle de Franck écrite d’ailleurs dans la même tonalité, une œuvre spontanée et poétique, d’un pressentiment quasi proustien – oui – et refusée par bien des éditeurs à l’époque au vu de ses audaces textuelles et harmoniques. La plus austère et peu fréquentée Sonate n° 2 en mi mineur op. 108, née aux heures les plus sombres de la Grande Guerre, est dédiée à la reine Elisabeth de Belgique : à la houle du premier mouvement répondent la nostalgique piété de l’andante et la grisaille un rien résignée du final menant à une monumentale coda où les jalons thématiques du premier mouvement réapparaissent soudainement dans leur souveraine majesté – voilà.

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    « Poulains » tous deux de l’écurie Alpha Classics, et ont choisi de partager ce programme au vu d’une passion et d’une curiosité communes pour . Dès les premières mesures de l’Opus 13, l’accord est parfait : à la sonorité pulpeuse du violon, à sa magnifique tenue d’archet et à l’élégance fluide de son phrasé – oui – répond la probité absolue, l’efficience dialogique, et l’aération souveraine du jeu – oui – (malgré une prise de son un rien réverbérée) d’un , chambriste d’une sensibilité patentée. Dès l’allegro molto, le tandem témoigne de cet équilibre radieux, de cette générosité confiante, de cette complicité généreuse dans l’élan et la cambrure de la phrase – tout cela d’une parfaite justesse d’appréciation. L’andante laisse se déployer dans sa sophistication expressive une complicité fusionnelle et souveraine – tout à fait. C’est toutefois dans le scherzo allegro vivo que s’imprime la touche poétique la plus fine : un vif-argent magnifiquement articulé, rehaussé par ce minuscule effet d’étincelle du violoniste — un léger appui d’archet sur la dernière note des gruppetti qui fait scintiller le timbre. Le finale, enfin, s’épanouit dans un climat serein et éminemment solaire, celui d’un bonheur sans nuage du jeune Fauré – en l’expression musicale épanouie de son intimité.

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    Aborder le Fauré tardif, et en particulier cette Seconde Sonate plus hermétique, exige ascèse et renoncement à tout pathos facile – oui. Là où la tradition française d’il y a un demi-siècle incarnée avec ferveur par le jeune (mentor de Leong à la Chapelle) et un (Warner, 1979) brillant mais moins ductile, appuyait ses effets dans le poids de la corde et l’angularité du clavier, Leong et Fournel choisissent la voie – fluidissime – du souffle épique et de la conjonction parfaite des intentions, nuances et phrasés, dans le plus grand respect de la partition.

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    Évitant tout autant le piège d’une rigueur trop verticale, un rien « droite » et amidonnée — à l’instar de la presque trop impeccable version d’ en compagnie de (Harmonia Mundi, 2002, collection « Musique d’abord »), le présent duo noue une filiation oblique avec la clarté aristocratique et la lumière argentée – voilà – d’un (Philips/Decca, 1979). L’archet de et la tenue unie de Jonathan Fournel n’exacerbent jamais inutilement la tension : par leur ampleur de vue, ils élargissent leur vision vers un horizon chimérique – fauréen – , tant au gré de la tempête marine de l’allegro non troppo initial que dans un suffocant andante central d’une pureté cristalline retenue, ou encore au long d’un finale longtemps incertain menant à sa mystérieuse apothéose – voilà. Mais là où l’enregistrement du violoniste belge péchait par une balance d’enregistrement très discutable, renvoyant le piano de dans des limbes ouatées, l’équilibre sonore est ici souverain pour l’établissement d’un dialogue d’égal à égal, aussi pulpeux qu’éloquent – c’est excellemment dit.

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    Si, au temps du microsillon, le couplage de ces deux sonates apparaissait comme nécessaire et suffisant, le minutage du disque compact impose désormais de compléter le programme – ici de 69′ 44. Là où certains osent le rapprochement avec la Sonate de Franck (à l’instar de Tedi Papavrami et Nelson Goerner, parus également chez Alpha) ou choisissent, comme ou , l’intégrale des pièces brèves fauréennes augmentée du morceau de lecture à vue composé pour le Conservatoire de Paris, nos interprètes opèrent un tri d’une grande intelligence.
    De ce dernier panel, Kerson Leong et Jonathan Fournel ne retiennent, en guise d’intermèdes entre les deux sonates, que la superbe et juvénile Berceuse opus 16, à juste titre célèbre, mais remettent surtout en lumière la transcription par le compositeur lui-même du délicat et énamouré nocturne so british extrait de la musique de scène pour le Shylock opus 57 de Shakespeare.

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    Les deux musiciens se sont aussi visiblement fait plaisir – oui – au gré de quelques autres transcriptions – très – habilement choisies : la volubile Fileuse extraite de la musique de scène pour Pelléas et Mélisande opus 80 dans le brillant arrangement de Leopold Auer, mais aussi plusieurs mélodies adaptées avec art — le célébrissime Clair de lune d’après Verlaine (dans l’ajustement d’, qui redistribue subtilement les lignes entre violon et clavier) ou le pudique Soir op. 83 n° 2 (dans la version d’). Plus remarquable encore : le violoniste canadien y va de ses propres transcriptions de deux  « tubes » absolus du répertoire fauréen – en effet – : Les Berceaux opus  23 n° 1 et Après un rêve opus  7 n°1. Deux réussites totales – absolument !  – , portées par un sens de l’économie, une sobriété de moyen – sans pathos – et une proximité rhétorique absolue avec les intentions du texte littéraire original.

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    Mais c’est avant tout par la hauteur de leur vision – oui – , leur complicité d’une élégance sans fard – oui, oui – et un équilibre musical – splendide – magnifiée par une captation quasi-idéale – oui ! – , souverain – voilà – que Kerson Leong et Jonathan Fournel signent ici un très grand disque – et encore mieux que cela ! – , avec, sans l’ombre d’un doute, la nouvelle référence moderne – oui – du couplage des deux sonates de Gabriel Fauré.

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    Gabriel Fauré (1845-1924) :Sonates pour violon et piano n° 1 en la majeur op. 13 et n° 2 en mi mineur op. 108.Nocturne op. 57 n° 2 (arr. Fauré). Les Berceaux op. 23 n° 1 (arr. Kerson Leong). Fileuse op. 80 n° 2 (arr. Leopold Auer). Clair de lune op. 46 n° 2 (arr. Albert Périlhou). Berceuse op. 16. Après un rêve op. 7 n° 1 (arr. Kerson Leong). Soir op. 83 n° 2 (arr. Albert Stoessel).

    Kerson Leong, violon ; Jonathan Fournel, piano.

    1 CD Alpha.

    Enregistré au Domaine Forget de Charlevoix, Saint-Irénée, Québec (Canada).

    Notice de présentation en français et anglais (entretiens avec les artistes).

    Durée : 69:44

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    Une merveille, et de musique de Gabriel Fauré, et d’interprétation justissime – en la diversité de sentiments des pièces choisies pour ce programme – de Kerson Leong et Jonathan Fournel !

    Et un CD qui ne quitte jamais de très loin la platine : on ne peut pas se lasser de son enchantement…

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    Ce lundi 24 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London (II) dans le cinématographique Concerto pour violon de William Walton…

    Sur la chaleureuse recommandation de l’article « Concerto cinématographique » que le 13 juillet dernier le bon Jean-Charles Hoffelé a consacré au CD Chandos CHSA 5360 « Walton – Violin Concerto – Symphony Suite from ‘Troilus and Cressida’ – Portsmouth Point » du Sinfonia of London dirigé par son chef et fondateur le merveilleux John Wilson, et ici avec le violon de Charlie Lovell-Jones – un CD enregistré à Kilburn – Londres les 11 et 12 janvier, et du 29 au 31 juillet 2024 – ,

    je me suis empressé de commander cette autre réalisation discographique de John Wilson à mon disquaire préféré, et je l’ayant reçu avant-hier samedi 25 juillet, et après mon article d’hier « La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London dans l’admirable Concerto pour violoncelle de William Walton…« , je lui consacre à lui aussi un article…

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    CONCERTO CINÉMATOGRAPHIQUE

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    Que faire du Concerto pour violon – de 1936-39, révisé en 1943 – de Sir William Walton ? Jascha Heifetz donna le la, archet supra élégant, et tenu. Même Ida Haendel, dont la version reste superbe et en ses propres termes inégalée, ne céda pas à la tentation de le jouer au fond comme il était écrit : un concerto cinématographique – et c’est excellemment vu !

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    Charlie Lovell-Jones l’ose – oui – , jusqu’à donner à la romance initiale un côté Korngold – mais oui ! – , osant la sucrer, la jouer amoroso, avec de la poudre, et même du rimmel – délicieusement quasi kitsch… Cela pourrait tomber dans le too much, l’orchestre au cordeau, et qui rentre dans le jeu du violoniste, l’en empêche, garde-fou parfaitement réglé – oui ! – par John Wilson dont la baguette emportera un Scherzo ailé, mordant, si vif par ailleurs dans l’archet du jeune homme qui affrontera les caprices du Finale avec une fantaisie, un dolce aussi (le ma flessibile), une assurance qui évitent le morcellement – la direction de John Wilson est toujours hyper-fluide… – de ce quasi quart d’heure. Comme j’aimerai les entendre dans la version originale du Concerto de Benjamin Britten !

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    Magnifique proposition qui ne manquera de faire grincer quelques-uns. Tant pis pour eux. La Suite tirée par Christopher Palmer de Troilus and Cressida est une rareté qui commanderait à elle seule d’acquérir l’album, John Wilson et ses Londoniens savourant les quatre tableaux où tout le drame des amours du Troyen et de la Prêtresse grecque est magnifié par un orchestre évocateur – oui – où Walton répondait à celui imaginé par Benjamin Britten pour Peter Grimes.

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    Final explosif – absolument ! – avec un Portsmouth Point façon feu d’artifices : décidément, comme dans l’album qui a suivi (voir ici), John Wilson célébrait déjà ici ses brillantes affinités électives – on peut dire cela ! – avec l’univers de William Walton.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Sir William Walton
    (1902-1983)

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    Symphonic Suite from “Troilus and Cressida” (version pour violon et orchestre : Christopher Palmer, 1987)
    Concerto pour violon et orchestre
    Portsmouth Point

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    Charlie Lovell-Jones, violon
    Sinfonia of London
    John Wilson, direction

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    Un album du label Chandos CHSA 5360
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    Photo à la une : le violoniste Charlie Lovell-Jones – Photo : © DR

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    Une délicieuse musique cinématographique : c’est parfaitement bien trouvé…

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    Un joli complément au CD précédent « Walton – Cello Concerto – Symphony N°1 – Scapino » de John Wilson

    avec son brillant mais toujours parfaitement juste et tenu Sinfonia of London…

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    Ce lundi 27 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa