Étiquette : Karol Beffa

  • Reprise avec ajouts de l’important article en date du 18 août 2022 : « Ce qu’a changé, ou pas, le mariage de la cousine de Ravel Magdeleine Hiriart avec Charles Gaudin, le 28 septembre 1901 à Saint-Jean-de-Luz, sur la position de Maurice Ravel au sein de la famille Bibal-Gaudin, à Saint-Jean-de-Luz, dans laquelle la grand-tante et marraine du petit Maurice, Gachucha Billac, était domestique-gouvernante des enfants Gaudin, de 1875 à son décès en 1902… » : à propos des difficultés à préciser la connaissance des séjours luziens au domicile des Gaudin du petit Maurice Ravel au temps où sa grand-tante Gachoucha Billac était la gouvernante des 7 enfants Gaudin, et en l’absence de documents écrits…

    Voici une reprise avec corrections et ajouts, de mon article important « Ce qu’a changé, ou pas, le mariage de la cousine de Ravel Magdeleine Hiriart avec Charles Gaudin, le 28 septembre 1901 à Saint-Jean-de-Luz, sur la position de Maurice Ravel au sein de la famille Bibal-Gaudin, à Saint-Jean-de-Luz, dans laquelle la grand-tante et marraine du petit Maurice, Gachucha Billac, était domestique-gouvernante des enfants Gaudin, de 1875 à son décès en 1902… » en date du 18 août 2022,

    afin de mettre mieux au point quelques détails biographiques basques qui ont échappé à mon ami Karol Beffa _ je viens de le constater, à la page 19 : « Bien que Ravel ait toujours revendiqué cette ascendance basque, son enfance et son adolescence furent parisiennes, ses parents ayant déméngé dans la capitale alors qu’il n’avait que trois mois _ déjà, il faut souligner que jamais le couple des parents de Maurice Ravel n’a eu pour domicile Ciboure ! mais bien Paris, dès son mariage, le 30 avril 1873, à la mairie du XVIIIe arrondissement : leur premier domicile conjugal fut au 41 de la rue Lepic, puis un peu plus tard, dans le 19e arrondissement, 40 rue des Martyrs…  _ et lui-même n’étant retourné au pays basque qu’à l’âge de vingt-cinq ans » : c’est là aussi une erreur !.. Maurice s’est rendu à plusieurs reprises à Saint-Jean-de-luz, auprès de sa grand-tante Gachoucha Billac, qui était la gouvernantee des enfants Gaudin, 41 rue Gambetta. De même qu’est encore une erreur, musicale cette fois, ce que l’ami Karol qualifie bien à tort, et après Roland-Manuel, toujours page 19, de « légende » l’influence sur Maurice des « chants basques » que lui fredonnait sa mère, qui parlait aussi basque chez elle à ses enfants… ; il faut ici se tourner vers les travaux du regretté Michel Sendrez (Saint-Jean-de-Luz, 1er octobre 1932 – Saint-Pée-sur-Nivelle, 9 novembre 2024) à propos des motifs basques bien présents et identifiables dans la musique de Maurice Ravel… _ en son très réussi et passionnant « Maurice Ravel : en avant la musique ! » auquel je m’apprête à consacrer bien évidemment un article…

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    Et je conserve, pour intéressante et significative comparaison, l’accès à cet article originaire du 18 août 2022…

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    Car si demeurent très peu de traces écrites formelles des séjours de Maurice Ravel en la maison des Dupous-Bibal-Gaudin du 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz antérieures à sa lettre (conservée) à Jane Gaudin en date du 2 août 1901,

    il semble difficile de mettre systématiquement en doute les diverses anecdotes très significatives de la présence chez les Gaudin (et auprès de sa grand-tante domestique chez eux Gachoucha Billac) du petit Maurice Ravel au cours de son enfance, telles que’elles demeurent vivaces dans la mémoire transmise des Gaudin et Courteault, ainsi que je vais le préciser en ma reprise ci-dessous…

     

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    Ce qu’a changé, ou pas, le mariage de la cousine de Ravel Magdeleine Hiriart avec Charles Gaudin, le 28 septembre 1901 à Saint-Jean-de-Luz, sur la position de Maurice Ravel au sein de la famille Bibal-Gaudin, à Saint-Jean-de-Luz, dans laquelle la grand-tante et marraine du petit Maurice, Gachucha Billac, était domestique-gouvernante des enfants Gaudin, de 1875 à son décès en 1902…

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    — Ecrit le jeudi 18 août 2022 dans la rubrique “Histoire, Musiques”.

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    En forme de suite-approndissement à mon article d’hier « « , cette réflexion-ci sur la diversité un peu contrastée des regards portés rétrospectivement sur Maurice Ravel, sa personnalité, ou encore son œuvre, par ses amis _ et parents _ luziens de la famille Gaudin…

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    Et je me place à ce moment charnière du 28 septembre 1901, quand, par le mariage de sa cousine au 3e degré Magdeleine Hiriart avec Charles Gaudin, le fils aîné d’Edmond Gaudin et Annette Bibal, Maurice Ravel, âgé alors de 26 ans, et reçu depuis bien longtemps, dès sa petite enfance _ la famille Gaudin s’est transmise bien des anecdotes sur le petit Maurice, son goût très vif dès l’enfance pour le piano, et ses liens avec sa chère « tante Gachuch«  et marraine Gracieuse Billac… _ en cette maison des Dupous-Bibal-Gaudin du 41 rue Gambetta _ lire ici mon article instructif du 2 novembre 2019 : « « … _, s’est trouvé devenir ainsi, du jour au lendemain, apparenté _ par relation d’apparentement et cousinage _ à cette famille Gaudin au sein de laquelle sa grand-tante Gachucha Billac était probablement depuis la fin 1875 la domestique-gouvernante des 7 enfants du couple d’Annette Bibal et son époux Saint-Martin Edmond Gaudin, depuis la naissance de leur aîné, Charles, le 19 novembre 1875…

    Et jusqu’à son décès au domicile même des Gaudin, Gachoucha Billac demeurera la domestique-gouvernante des enfants Gaudin, nés à Saint-Jean-de-Luz respectivement le 19 novembre 1875 (Charles), le 10 novembre 1876 (Pascaline), le 7 février 1878 (Pierre), le 3 mars 1879 (Marie), le 16 octobre 1880 (Jane), le 31 janvier 1883 (Pascal), et le 23 février 1886 (Louis).

    Et ce seront Charles et Pierre Gaudin qui se rendront à la mairie de Saint-Jean-de-Luz, le 17 décembre 1902, à onze heures du matin, déclarer le décès de Gracieuse Billac, décédée le matin même à quatre heures du matin,41 rue Gambetta… 

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    Les regards des « amis » Gaudin-Bibal-Dupous _ la mère d’Annette Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 28 avril 1845 – Saint-Jean-de-Luz, 21 novembre 1936) est Victoire Dupous (Saint-Jean-de-Luz, 9 juin 1822 – Saint-Jean-de-Luz, 16 juin 1903), veuve le 12 septembre 1855 de son époux, depuis le 26 avril 1943, Pierre Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 5 septembre 1806 – Saint-Jean-de-Luz, 12 septembre 1855), qui fut de son vivant, Victoire Dupous, la patronne de cette grande et belle maison du 41 rue Gambetta… _, à Saint-Jean-de-Luz, sur le petit Maurice Ravel, né à Ciboure le 7 mars 1875, ont ainsi forcément dû « évoluer » au moins un peu

    le jour, ce 28 septembre 1901, donc, où le petit Maurice _ âgé maintenant de 26 ans : ce n’est certes plus alors le petit garçon qui venait, chez les Dupous-Bibal-Gaudin, rendre visite a sa tante Gachuch, la domestique – gouvernante des 7 enfants Gaudin _ n’a plus été seulement le petit-neveu (et filleul) de la domestique de la maison Gaudin qui faisait office de gouvernante des enfants _ Charles (1875 – 1910), Marie-Pascaline (1876 – 1877), Pierre (1878 – 1914), Marie (1879 – 1976), Jane (1880 – 1979), Pascal (1883 – 1914) et Louis (1886 – 1899) Gaudin _ d’Annette Bibal et son époux Edmond Gaudin, Gachucha Billac (Ciboure,  15 mai 1824 –  Saint-Jean-de-Luz, 17 décembre 1902), laquelle était la sœur cadette de la grand-mère maternelle de Maurice, Sabine Delouart (Ciboure, 11 mars 1809 – Ciboure, 22 décembre 1874)

    _ et nul doute ici qu’au décès de Jacques Billac, le 10 mars 1839, sa veuve Marie Delouart (Ciboure, 29 juin 1782 – Ciboure, 23 août 1855), la belle-fille de celui-ci Sabine Delouart (Ciboure, 11 mars 1809 – Ciboure, 22 décembre 1874) et sa fille Gracieuse Billac (Ciboure,  15 mai 1824 – Saint-Jean-de-Luz, 17 décembre 1902), auquelles il faut ajouter, dès sa naissance, un an plus tard, à Ciboure le 24 mars 1840, la fille de Sabine (et future mère de Maurice Ravel) Marie Delouart (Ciboure, 24 mars 1840 – Paris, 5 janvier 1917), demeurèrent toutes les quatre très unies, et cela au-delà du décès, le 23 août 1855 à Ciboure, de Marie Delouart veuve Billac, et encore, aussi, après le décès à Ciboure le 22 décembre 1874 de la fille aînée de celle-ci, Sabine Delouart : le lien affectif avec Gracieuse Billac (1824 – 1902) de sa nièce Marie Delouart (1840 – 1917) et son petit-neveu Maurice Ravel (1875 – 1937) est ainsi, toute la vie de chacun d’eux, demeuré très fort… _,

    quand, ce 28 septembre 1901 donc, la cousine au 3e degré de Maurice, Magdeleine Hiriart (née à Saint-Jean-de-Luz le 10 mars 1875) _ fille de Dominique Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 28 janvier 1849 – Saint-Jean-de-Luz, 20 décembre 1926), petite-fille de Marie Etcheverry (Saint-Jean-de-Luz, 21 juin 1817 – Saint-Jean-de-Luz, 27 décembre 1850), arrière-petite-fille de Marie-Baptiste Delouart (Ciboure, 17 octobre 1784 – Saint-Jean-de-Luz, 3 janvier 1842) ; laquelle était la sœur de cette Marie-Baptiste Delouart (Ciboure, 29 juin 1782- Ciboure, 23 août 1855), qui est l’arrière grand-mère de Maurice Ravel (né à Ciboure le 7 mars 1875)… _, a épousé Charles Gaudin (né à Saint-Jean-de-Luz le 19 novembre 1875), le fils aîné des 7 enfants d’Edmond Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920) et son épouse Annette Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 28 avril 1845 – 21 novembre 1936 _ lesquels s’étaient mariés le 27 janvier 1875 à Saint-Jean-de-Luz.

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    On peut probablement s’interroger aussi, au passage, déjà sur la position qu’avait occupée _ en tant que plus ou moins domestique ?... ou bien en tant qu’amie de jeunesse ?.. _ la mère de Maurice Ravel, Marie Delouart (Ciboure, 24 mars 1840 – Paris, 5 janvier 1917), auprès de la famille Dupous-Bibal (et notamment auprès d’Annette Bibal, née à Saint-Jean-de-Luz le 28 avril 1845), avant le voyage et le séjour, en 1871 ou 72 _ les données biographiques demeurent ici confuses ! _ que Marie Delouart a fait en Espagne, pour accompagner et assister _ précisément en remplacement d’Annette Bibal, qui avait alors dû, cette année-là (probablement 1871), demeurer à Saint-Jean-de-Luz afin de veiller sur son fiancé Edmond Gaudin, encore mal remis de blessures reçues lors de la guerre contre la Prusse en 1870 _ la modiste parisienne Madame Félix allant présenter à Madrid sa collection annuelle de chapeaux _ comme Annette Bibal l’avait elle-même fait les années précédentes _ ; voyage et séjour madrilènes au cours desquels Marie Delouart allait faire la rencontre _ peut-être dans les magnifiques jardins d’Aranjuez, comme l’a transmis une légende familiale des Ravel… _ de Pierre-Joseph Ravel (Versoix, 19 septembre 1832 – Paris, 13 octobre 1908), qu’elle allait épouser peu après, à Paris, le 30 avril 1873 ; le couple est alors domicilié au 41 rue Lepic, à Paris, dans le 18e arrondissement _ on peut aussi relever au passage que quand Marie-Delouart épouse de Joseph Ravel rentre de Ciboure (où elle a accouché le 7 mars 1875 de son fils aîné Maurice Ravel) et regagne Paris, trois mois après la naissance de ce petit Maurice, et rejoint son époux demeuré, lui, à Paris, le domicile familial des époux Ravel se situe alors au 40 rue des Martyrs, dans le 9e arrondissement…

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    De seulement petit-neveu (et filleul) de la domestique de la maison Dupous-Bibal-Gaudin _ qu’était sa grand-tante Gachucha Billac _, que le petit Maurice était jusqu’alors, ce 28 septembre 1901-là Maurice Ravel devenait désormais aussi un parent de la famille Gaudin _ certes un peu éloigné dans les degrés de cousinage : au troisième degré, et d’apparentement aux Gaudin, via sa cousine Magdeleine Hiriart… _ en tant que cousin au 3e degré de la belle-fille de la maison Dupous-Bibal-Gaudin _ située au 41 rue Gambetta _, Magdeleine Hiriart-Gaudin _ l’épouse du fils aîné de la maison Charles Gaudin _, qui allait bientôt, à Saint-Jean-de-Luz le 30 mai 1903, devenir aussi la mère du premier petit-fils de cette maison Gaudin, le petit Edmond Gaudin (Sant-Jean-de-Luz, 30 mai 1903 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1988) ; et l’on connaît l’importance qu’ont au pays basque ces droits d’aînesse et la transmission à l’aîné(e) de la maison familiale…

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    Or les absences successives constatées dans les registres d’état-civil des naissances, à Ciboure (en 1809, pour Sabine , puis en 1840, pour Marie) de pères légitimes connus pour les naissances d’enfants en cette branche de la famille Delouart _ dans la généalogie de la branche maternelle Delouart de Maurice Ravel, sa mère Marie Delouart, née en 1840, et sa grand-mère Sabine Delouart, née en 1809, sont toutes deux déclarées nées de père inconnu : le premier père légitime identifié et déclaré remonte au cibourien Gratien Delouart (Ciboure, 1er mai 1748 – Ciboure, 21 août 1798), le père de Marie-Baptiste Delouart (Ciboure, 29 juin 1782 – Ciboure, 23 août 1855), l’arrière-grand-mère maternelle de Maurice Ravel… _ ne facilitaient certes pas la reconnaissance sociale en des milieux en pleine ascension tels que celui des Bibal et des Gaudin (et aussi des Hiriart) à Saint-Jean-de-Luz au XIXe siècle…

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    Entre-temps _ c’est-à-dire entre le mariage de Charles Gaudin et Magdeleine Hiriart le 28 septembre 1901, et la naissance de leur fils unique le petit Edmond Gaudin le 30 mai 1903 _, et en cette maison du 41 rue Gambetta, décède le 17 décembre 1902 la domestique-gouvernante des enfants Gaudin, Gracieuse (Gachucha) Billac, âgée de 78 ans ;

    puis, deux semaines après le 30 mai 1903 de la naissance du petit Edmond Gaudin, le 16 juin 1903, c’est la maîtresse de la maison du 41 rue Gambetta, Victoire Dupous-Bibal (née à Saint-Jean-de-Luz, le 9 juin 1822, et veuve de Pierre Bibal depuis le 12 septembre 1855), qui disparaît en son domicile du 41 rue Gambetta, à Saint-Jean-de-Luz, à l’âge de 81 ans.

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    28 septembre 1901 ; 17 décembre 1902 ; 30 mai 1903 ; 16 juin 1903 : quatre dates décisives donc en l’espace de deux années dans l’histoire de la maison Dupous-Bibal-Gaudin de ce 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de Luz.

    Cette maison dans laquelle Maurice Ravel séjourne au mois d’août 1901, ainsi que l’été suivant, jusqu’au début du mois d’octobre 1902.

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    Et, une fois sa grand-tante Gachoucha disparue ce 17 décembre 1902, il faut bien remarquer que ce sera seulement 9 longues années plus tard _ soit de juillet à octobre 1911 _, et sur demande expresse de sa chère mère la cibourienne Marie Delouart qui désirait séjourner à Ciboure « chez des parents« , c’est-à-dire des cousins cibouriens, que Maurice reviendra séjourner à Ciboure, puis Saint-Jean-de-Luz , ce long été 1911-là :

    revoir de près là-dessus les précisions décisives de la lettre de demande de logement _ à Ciboure ! _ adressée par Maurice à sa chère amie luzienne Marie Gaudin, en date du 22 juin 2011 ; une lettre qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets (quelles sont donc les identités effectives de celles, que sous la dictée de sa mère _ qui n’écrivait pas, mais parlait seulement : Maurice prétextait qu’elle était paresseuse pour écrire !.. _, Maurice retranscrit tant bien que mal _ phonétiquement… _ « Sabadin Quinior » et « Eslonta Maicourné » ?.. Un mystère que je n’ai pas encore jusqu’ici réussi à percer…

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    Le statut et l’image de Maurice Ravel, qui devenait ces premières années-là du XXe siècle, et c’est à relever, un musicien de mieux en mieux reconnu, ont-ils pour autant vraiment changé au sein de la maison Gaudin du 41 rue Gambetta ? Du fait de la nouvelle position _ d’épouse du fils aîné de la maison, Charles Gaudin _ de sa cousine au 3e degré Magdeleine Hiriart au sein de cette famille Gaudin, Maurice Ravel est-il désormais regardé comme un parent _ le cousin qu’effectivement il est bel et bien de l’épouse du fils aîné de la famille Gaudin… _ au sein de cette maison Gaudin ?..

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    Au regard de la correspondance conservée et accessible _ in l’indispensable Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel publiée par Manuel Cornejo aux Éditions Le Passeur en octobre 2018 _ de Maurice Ravel avec des membres de la famille Gaudin, cela n’a rien de flagrant !..

    Un ami, oui, c’est sûr… ; un cousin éloigné, non : ni pour Marie Gaudin, ni pour sa jeune Jane, épouse Courteault.

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    Même si nous manquent nombre de lettres _ perdues ? volées ? détruites ? _ émanant de la famille Gaudin… Marie Gaudin en avait prêté un certain nombre _ au chanoine Pierre Narbaitz (Ascarat, 25 mars 1910 – Ascarat, 16 août 1984) notamment _ qui ne lui ont pas été rendues…

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    Pour un tel dossier à ouvrir, nous ne disposons en tout et pour tout jusqu’ici que de deux lettres de condoléances (en date des 8 octobre 1910 _ « Ma chère cousine« , écrit Maurice, lit-on à la page 246.. _ et 24 novembre 1914 _ « Mon cher Maurice« … « Votre cousine, Madeleine« , lit-on à la page 403… _) échangées entre Maurice Ravel et sa cousine Magdeleine Hiriart-Gaudin à l’occasion des décès du mari de Magdeleine, Charles Gaudin, disparu en mission diplomatique noyé _ probablement assassiné _ sur le fleuve Oubangui, près de Bimbo, le 12 septembre 1910, puis des décés simultanés des deux beaux-frères de Magdeleine, Pierre et Pascal Gaudin, tués ensemble par un même obus à leur arrivée sur le front, le 12 novembre 1914 _ et c’est à Pierre et Pascal Gaudin qu’est dédié le sublime « Rigaudon » du sublimissime « Tombeau de Couperin« , que je porte aux nues (cf mon approche de ses interprétations discographiques au piano en mon article « D’un Rigaudon l’autre : d’une interprétation pleine de vitalité du « Rigaudon » pour orchestre du « Tombeau de Couperin » M 68a (de 1919) par John Wilson et son Sinfonia of London, à la recherche d’une aussi excellente interprétation du « Rigaudon » des « Six Pièces pour piano deux mains » M 68, de Maurice Ravel… » du 21 avril 2024 ; à compléter par « Une intéressante Tribune des Critiques de Disques sur France-Musique dimanche dernier consacrée à 3 extraits (Prélude, Menuet, Toccata) du sublimissime subtil « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel : esprit ludique versus pianisme… » du 31 mai 2024)…

    …

    Et il nous faut considérer à nouveau que beaucoup, beaucoup de lettres de Maurice Ravel, échangées en particulier avec la très aimable et fidèle Marie Gaudin, ont hélas disparu _ certaines prêtées et non rendues, d’autres carrément volées, d’autres même brûlées, et au sein du cercle familial des Gaudin-Courteault, qui plus est… _, ou ne nous sont pas accessibles… C’est fort dommage…

    …

    Et nous ne disposons donc pas, du moins à ce jour, d’autres lettres que ces deux uniques lettres-là de condoléances échangées entre Maurice Ravel et sa cousine Magdeleine Hiriart-Gaudin en date du 8 octobre 1910, pour la première, de Maurice à Magdeleine,  et du 24 novembre 1914, de Magdeleine à Maurice…

    …

    …

    Mais le regard _ à peu près global, si je puis dire ainsi _ de la famille Gaudin sur Ravel et sa personnalité n’a guère évolué non plus dans ce qui demeure présent de la mémoire familiale transmise dans la famille Gaudin _ issue de Charles Gaudin et son épouse Magdeleine Hiriart, via leur fils Edmond Gaudin (1903-1988) _ et la famille Courteault _ issue de Jane Gaudin et son époux Henri Courteault, via Pierre Courteault (1906-2006) _, aux témoignages développés, et fort aimables, des conversations détaillées que j’ai pu avoir, à plusieurs reprises, avec Maylen Gaudin-Lenoir, fille d’Edmond Gaudin, et avec son cousin Pascal Courteault, fils de Pierre Courteault et son épouse Jane Gaudin _ cf aussi ici mon article du 11 octobre 2021 : « Pour être un peu plus précis sur le déni de reconnaissance, par Edmond Gaudin (1903 – 1988), de son cousinage effectif avec Maurice Ravel (1875 – 1937), une ébauche de quelques pistes à explorer…« …

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    …

    À l’exception bien affirmée de la personnalité chaleureuse et ouverte et joyeuse de la très fidèle amie de toutes leurs vies, Marie Gaudin (Saint-Jean-de Luz, 3 mars 1879 – Saint-Jean-de-Luz, 8 décembre 1976), ainsi que de la charmante Annie Courteault (Paris 17e, 29 septembre 1913- Saint-Jean-de-Luz, 21 août 1994) que Maurice Ravel aimait beaucoup – Annie Courteault épousera à Neuilly-sur-Seine le 2 mai 1947, Edouard Vidal (Triel-sur-Seine, 10 août 1913 – Cambo-Les-Bains, 19 juin 1999) : leur tombe se trouve au cimetière d’Aïce Errota, à Saint-Jean-de-Luz… –,

    il semble bien que le regard dominant porté sur Maurice Ravel, homme discret, humble et pudique, au sein de la famille Gaudin, est demeuré pour l’essentiel assez proche de celui porté à l’origine sur le petit-neveu de la domestique Gachucha Billac, auquel, enfant, étaient réservées à la table familiale des Bibal-Gaudin …les assiettes ébréchées… ;

    …

    y compris, et bien plus tard _ et musicalement en particulier !.. _, de la part d’Edmond Gaudin (1903 – 1988) et de son cousin Pierre Courteault (1910 -2006), auxquels Maurice Ravel n’avait pourtant jamais ménagé son affectueuse attention.

    …

    Des questions qui continuent de me travailler…

    …

    …

    À suivre, forcément :

    les étrangetés et mystères, une fois avérés, et qui nous défient, doivent forcément être un jour éclaircis…

    …

    …

    Ce jeudi 18 août 2022,

     

    rectifié et complété, donc, ce vendredi 21 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce qu’offre la caverne d’Ali-Baba de Francis Lippa, dont le « Sésame, ouvre-toi ! » est un simple clic à l’endroit idoine, sur son Blog « En cherchant bien », ou ses Entretiens disponibles sur le site de la librairie Mollat, à Bordeaux…

    Listing de liens donnant accès (par un clic) à divers travaux de Francis Lippa,

    philosophe
    et homme de culture (et recherche) ouverte sur le large :
    …
    …
    1) à propos de son blog « En cherchant bien – Carnets d’un curieux »,
    ouvert le 3 juillet 2008 sur le site de la librairie Mollat, et comportant 2931 articles publiés à ce jour, signés Titus Curiosus :
    …
    _ 03-08-2008 : «   »
    un article d’ouverture programmatique de ce Blog, annonciateur de ce qui allait suivre : des regards de juste un petit pas de côté…
    …
    ou un aperçu de ma philosophie pratique personnelle
    …
    un article emblématique de ce que peut offrir aujourd’hui le meilleur du web
    …
    un éloge de Bordeaux (et de ce qu’offre splendidement la radieuse librairie Mollat)
    …
    en forme de rappel du merveilleux dîner avec Jean Clair et son épouse Laura Bossi, pour honorer l’ami bruxellois Pascal Chabot…
    …
    le plus récent de mes articles, ici de philosophie éminemment pratique…
    …
    …
    2) à propos de ses entretiens avec les plus excellents auteurs, enregistrés et accessibles en podcasts et vidéos sur le site de la librairie Mollat : 
    …
    Un trésor où puiser à l’envi !..
    Le bonheur d’écouter penser- parler Jean Clair, Denis Kambouchner (sur l’école), Hélène Cixous, Karol Beffa, Pascal Chabot, François Noudelmann ou Bernard Sève, etc., est proprement jubilatoire…
    …
    …
    3) à propos de ses travaux de recherche de micro-histoire sur des Résistants dans le Sud-Ouest sous l’Occupation :
    …
    un article qui ouvre bien des perspectives…
    …
    un article salué par Denis Peschanski
    …
    dans lequel j’ai recherché à percer-réparer les silences blessés, et à jamais à vif, de mon père…
    …
    …
    4) à propos de ses recherches et découvertes (!) sur la famille basque de Maurice Ravel (Ciboure, 1875 – Paris, 1937),
    travaux à paraître pour Jakintza, à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz, au mois de novembre prochain :
    …
    avec accès disponible à l’ensemble des articles de cette recherche patiente, ouverte le 17 mars 2019 avec l’article «   »
    Un travail pour mieux comprendre les contextes tus, voire insus, nimbant l’oeuvre musical si parfait de Maurice Ravel ! 
    …
    …
    5) à propos de ses recherches de micro-histoire sur Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920), l’inventeur de la « photographie de couleurs » :
    …
    Un inventeur de génie
    …
    …
    6) à propos de ses recherches de micro-histoire sur la famille algéroise et orléansvillaise d’Amédée Ducos du Hauron (Agen, 1967 – Alger, 1935) : 
    …
    Articles pour lesquels il continue de recevoir des demandes de précisions de membres de la famille orléansvillaise des Bonopera, une famille alliée aux Ducos du Hauron d’Algérie
    …
    …
    _ 7) à propos de ses travaux de musicologie :  
    …
     
     soient deux contributions hyper-détaillées au colloque « Lucien Durosoir (1878-1954), un compositeur moderne né romantique », le 21 février 2011 au Palazzetto Bru-Zane à Venise :
    un compositeur magistral, à Bélus, en Chalosse…
    …
    à propos du CD « Un Portrait musical de Jean de La La Fontaine », le CD Virgin Veritas 7243 5 45229 2 5, pa paru au mois de mars 1996, dont Francis Lippa est le principal auteur du programme, ainsi que du livret, pour La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, dont il était alors « conseiller artistique »..
    …
    …
    _ 8) à propos de son goût passionné de la musique :
    …
    un mélomane formidablement partageur de sa passion musicale du Baroque… 
    Je pense aussi à la talençaise Claude Maupomé (« Comment l’entendez-vous ? ») : comme ils nous manquent !..
    …
    Musique et joie à portée de platine, et pas seulement pour temps de Covid…
    …
    Un merveilleux concert, inattendu, à Ciboure
    …
    …
    _ 9 ) à propos de sa recherche littéraire :
    …
    Sur un auteur majeur du XXe siècle.
    …
    Pour approcher un peu l’étrangeté, tant littéraire que biographique, de notre cousin argentin Adolfo Bioy Casares (1914 – 1999), l’ami de Borges et le mari de Silvina Ocampo,
    sur lequel ma cousine Françoise Morin-Bioy et moi-même avons organisé une semaine de colloque international (Casa Cervantès – Médiathèque de Bordeaux) au mois d’octobre 2019…
    …
    un travail de lecture-commentaire hyper-détaillé de « Liquidation », LE chef d’oeuvre (de lecture assez complexe) d’Imre Kertész (1929 – 2016), Prix Nobel de littérature 2002.
    D’Imre Kertész, lire aussi les indispenables « Etre sans destin », et « Le Drapeau anglais – Le Chercheur de traces – Procès verbal »…
    …
    …
    Continuer à vraiment (et bien) lire, et écouter, et regarderles oeuvres d’art, est bien sûr capital pour le devenir (mortel, dixit Paul Valéry) de la civilisation,
    face à tant d’impostures barbares...
    …
    …
    Ce mercredi 29 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • La mirobolante poésie magnifique d’Erik Satie merveilleusement révélée par le magique « Letter(s) to Erik Satie » de Bertrand Chamayou, il y a un an déjà : Bertrand Chamayou, thaumaturge, révélateur de profonde poésie…

    Ce n’est qu’aujourd’hui, 4 janvier 2025, que grâce à un appel téléphonique de mon ami Karol Beffa, le 28 décembre dernier, suite à mes projets d’entretiens Ravel à Saint-Jean-de-Luz cette année « Ravel 2025« ,

    m’annonçant, au passage, qu’outre son livre « Maurice Ravel : en avant la musique !« , il ferait paraître aussi prochainement cette année 2025 un « Erik Satie de A à Z« ,

    que je me suis mieux penché sur la discographie d’Erik Satie _ laquelle ne m’avait jamais vraiment touché jusqu’ici, je dois bien l’avouer, en dépit d’excellents interprètes… _,

    d’autant qu’était paru fin décembre 2023 un CD du présent président de la luzienne Académie Ravel, Bertrand Chamayou…

    …

    …

    Je me procure donc ce CD Erato 50541976964C42 « Letter(s) to Erik Satie » de Bertrand Chamayou _ enregistré (superlativement !) au Domaine de Miraval, à Correns, dans le Var, propriété de Brad Pitt, du 3 au 6 avril 2023  _, et qui me bouleverse par la révélation étourdissante du génie poétique de la musique d’Erik Satie, interprétée magiquement ainsi par Bertrand Chamayou…

    …

    …

    Le titre de ce CD est emprunté à John Cage ;

    et le CD entremêle à un choix très judicieusement programmé d’œuvres d’Erik Satie (1866 – 1925), un choix tout aussi judicieux d’œuvres de John Cage (1912 – 1992), qui vouait un véritable culte à Erik Satie…

    …

    …

    Et immédiatement j’ai couru illico presto me procurer aussi le CD Erato 5021732275165 « Cage 2 » enregistré dans la foulée par Bertrand Chamayou en ce même Domaine de Miraval le 6 avril 2023 :

    une réalisation elle aussi merveilleuse !

    Quelle magique poésie !!!

    …

    …

    Bertrand Chamayou a plus que du talent ! C’est un vrai thaumaturge révélateur de profonde poésie… 

    …

    …

    Ce samedi 4 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quand, et avec son intensité stupéfiante, le Quatuor Tana nous fait découvrir aussi, après ceux de Steve Reich et Philip Glass, les 4 Quatuors (de 1983, 1984, 1985 et 2014) du compositeur polonais Krzysztof Baculewski…

    Le 19 mai dernier, au soir d’un magique concert donné par le Quatuor Tana _ constitué de Antoine Maisonhaute, Ivan Lebrun, violons, Takumi Nozawa, alto, et Jeanne Maisonhaute, violoncelle _ au château de Mombet, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, dans le cadre de l’édition 2024 du « Mai musical Lucien Durosoir« ,

    j’en ai rédigé un compte-rendu enthousiaste, « « ,

    tant pour ce qui concerne les œuvres, stupéfiantes, les Quatuors n°3 de Lucien Durosoir (de 1934), et n°1 de György Ligeti (de 1954), que pour leur magistrale interprération par le splendide Quatuor Tana…

    …

    …

    Du Quatuor Tana, je possédai à ce jour les 3 _ magnifiques ! _ CDs suivants :

    …

    _ le CD Megadisc Classics MDC 7877 « Steve Reich – WTC 9/11 – Different trains » _ enregistré au Studio Passavant au mois de juin 2016

    …

    _ le double CD Megadisc Classics MDC 7880 « Philip Glass – Seven String Quartets » _ enregistré à la Grande des Villarons et paru en 2018

    …

    _ le CD Soond SND 22020 « Philip Glass – Tana Quartet – String Quartet n°9 King Lear – String Quartet n°8 » _ enregistré au Théâtre d’Arras au mois de septembre 2021 ; et admirez ici cette vidéo de 11′ 48…

    …

    …

    Aussi ai-je aussitôt très vivement aspiré à découvrir d’autres performances de tels interprètes aussi superbement intensément si justement « présents » en un tel concert…

    …

    Et ai-je illico presto commandé à mon disquaire préféré le CD « Krzysztof Baculewski – String Quartets« , le CD Dux 1238 _ enregistré à Luslawice, en Pologne, du 7 au 15 février 2017 ; et distribué par Distrart… _,

    comportant les Quatuors n°1 (de 1984), n°2 (de 1985), n°3 (de 1986) et n°4 (de 2014) de ce compositeur polonais, né à Varsovie le 26 décembre 1950, toujours pleinement actif…

    …

    …

    Et en recherchant dans les coins quelque attention portée par quelque critique mélomane,

    j’ai découvert un site intitulé « operacritiques« , sous la signature d’un certain David Le Marrec, comportant, à la date mercredi 22 mars 2023 un long article développé intitulé « Quatuor & répertoire : entretien avec le Quatuor Tana » _ en l’occurrence le premier violon Antoine Maisonhaute _, dont je propose ici la lecture, et qui aborde un peu, au passage, l’œuvre de Krzysztof Baculewski, mais qui est surtout intéressant dans son effort de caractérisation du travail assez original et singulier du Quatuor Tana, dont l’intensité de jeu a frappé aussi David Le Marrec, lors d’un concert, en avril 2019, à Bourron-Marlotte, en Seine-et-Marne :

    …

    dont je retiens _ moi, Titus Curiosus _ un très vibrant et ô combien justifié, sinon indispensable !, éloge de la curiosité

    de la part de ces splendides interprètes que sont, au disque comme au concert, les Tana…

    …

    …

    Voici donc ce riche entretien d’Antoine Maisonhaute avec David Le Marrec :

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    mercredi 22 mars 2023

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    Quatuor & répertoire : entretien avec le Quatuor Tana

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    http://piloris.free.fr/css/images/tana_ http://piloris.free.fr/css/images/tana_

    http://piloris.free.fr/css/images/tana_ http://piloris.free.fr/css/images/tana_

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    Une série spéciale en quatre épisodes autour de la question du répertoire du quatuor à cordes. Pour cela, je m’entretiens avec Antoine Maisonhaute, du Quatuor Tana.
    …
    …Vous pouvez l’entendre par ici :
    …
    …Le flux RSS (lien à copier dans votre application de podcast)
    https://anchor.fm/s/c6ebb4c0/podcast/rssou sur :
    Google
    Spotify
    Deezer
    Amazon
    ¶ etc.

    …

    …
    Vous pourrez aussi y trouver quelques podcasts de vulgarisation très généraux sur l’opéra, le début de la reprise de la série Musique ukrainienne, une brève histoire de l’opéra italien à la conquête du monde, ainsi que quelques comptes-rendus de concerts trop bavards pour mes traditionnelles recensions Twitter… J’attends d’être un peu plus aguerri pour me lancer dans la grande adaptation de la série Pelléas……
    …
    Et comme d’habitude, la transcription suit. D’une part mon script (ce qui explique le style plus relâché, les répétitions… c’est prévu pour l’oral). D’autre part, pour ceux qui ne souhaitent pas écouter le fichier sonore, un résumé des réponses d’Antoine Maisonhaute { entre accolades }.
    …
    …Bonne écoute ou bonne lecture !…

    …


    Bienvenue dans cette nouvelle série du podcast de Carnets sur sol  !

    Aujourd’hui, j’inaugure des entretiens avec des professionnels de la musique _ voilà. C’est un format que je n’ai jamais pratiqué, parce que je trouve que le format est en général très convenu, on félicite les artistes de bien jouer, on pose quelques questions faussement intimes, et on fait la promotion du disque ou du concert du moment.

    Vous verrez que sur tous ces points, cet entretien adopte d’autres perspectives. Tout ce que vous n’avez peut-être même pas pensé à demander sur le quatuor à cordes !

    –

    Épisode 1  : Ma vie / La rencontre

    Je commence à vous raconter pourquoi ce quatuor est singulier _ excellente perspective ! _, et d’où me vient cette envie d’échange. En vous livrant un peu de ma vie.

    1.1. Les nouveautés

    Nous sommes en avril 2019. Je tâche depuis peu de me tenir au courant des nouveautés, pas tant pour le dernier récital de la vedette Deutsche Grammophon que pour ne pas manquer les pépites de compositeurs que je ne connais pas _ voilà ! _ chez de petits labels riches en découvertes _ voilà une tout à fait excellente curiosité ! _ : comme je ne connais pas même leurs noms, si je les laisse passer, je ne les rencontrerai jamais ! _ et rencontrer vraiment, et pas superficielement, ni trop vite, est aussi essentiel ! Par ailleurs, il m’est déjà arrivé de croire pendant des années qu’une œuvre n’était pas disponible (ou pas dans une interprétation satisfaisante) et de me rendre compte par hasard que, depuis ma dernière vérification, plusieurs années plus tôt, on disposait d’un disque !

    Je me suis donc mis à suivre les parutions de nouveautés discographiques, en particulier chez CPO (le label spécialiste des romantiques et décadents germaniques) et DUX (un label polonais qui ne publie que des œuvres exaltantes) _ et bien distribué en France par Distrart…

    Je lance donc, sans rien y connaître, le disque _ des Tana _ de quatuors de Krzysztof Baculewski, un compositeur polonais né en 1950, et dont les quatuors (1984, 1985, 1986, 2014) semblent suivre l’évolution des esthétiques germaniques du premier XXe siècle, avec plus de radicalité au fil des œuvres, mais aussi plus d’épure et de concentration. Corpus absolument admirable _ oui, oui ! _, que j’ai beaucoup réécouté.

    Je note mentalement le nom du Quatuor Tana, que je suppose polonais, et dont j’admire le mérite et l’engagement _ voilà : superbe et généreux ! _, pour enregistrer quelque chose d’aussi rare et qui leur sera si peu demandé en concert  !

    1.2. Le concert

    Un mois plus tard, en mai 2019. Comme chaque année, je parcours l’ensemble de la programmation de musique classique d’Île-de-France, et ce samedi-là, j’avais jeté mon dévolu sur un programme contenant le Quatuor de Debussy, le Premier Quatuor de Hahn, et un quatuor du compositeur (vivant) Jean-Paul Dessy Tuor Qua Tuor, dans une petite église du Gâtinais.

    L’association ProQuartet, qui promeut le quatuor à cordes en Île-de-France, a deux bases d’opération  : un siège à Paris, mais aussi une zone d’influence dans le Sud-Ouest de la Seine-et-Marne (le long du Transilien R, qui passe par Fontainebleau, puis Nemours ou Montereau). Le choix du lieu, excentré par rapport à la capitale, mais dans un lieu où un public régulier et cultivé est assez présent, n’était pas totalement dû au hasard  : Reynaldo Hahn a séjourné dans la ville _ tiens, tiens !

    Me voilà donc parti un samedi après-midi pour Bourron-Marlotte : une heure de train depuis la Gare de Lyon, avec une fréquence d’un train par heure… transi sous la neige fondue du mois de mai, j’ai même dû, au retour, monter dans un train en sens inverse pour me tenir chaud et ensuite patienter dans un couloir de la gare de Nemours où les dealers de coke opéraient à leur aise. L’église Saint-Sévère, qui conserve encore sa masse du XIe siècle (époque où elle était carrée), quoique largement remaniée au XIXe siècle, a trois particularités  : 1) des collatéraux qui s’arrêtent net au niveau du transept (sans croisillons, sans doute une économie au moment de l’élargissement de la nef) 2) des culs-de-lampe très expressifs aux visages simiesques 3) elle est loin de la gare.

    Je me souviens encore d’être saisi par l’humidité glaciale de la neige fondue, traîtrement survenue en ce début de mai.

    Du concert, j’avais surtout retenu le quatuor de Dessy, qui avait la particularité rare d’être un quatuor mené par le violoncelle – qui impulse la matière, commence les mouvements, régle le tempo… La matière première pourrait être qualifié d’essentielle, ni tonale (ce n’est pas aussi rudimentaire), ni atonale complexe, ni postmoderne-planante, vraiment une belle exploration de matériaux simples, qui s’achève en un souffle incantatoire – souffle littéral également, les deux violons pour finir soufflent dans leur âme.

    Un petit goûter était organisé ensuite, dans la base du clocher-porche. Je n’ai pas osé déranger, et j’ai beaucoup regretté de ne pas avoir vu le bonheur sur leurs visages en annonçant que j’avais adoré leur disque Baculewski _ voilà ! _, sur lequel je me figurais qu’ils ne devaient pas avoir eu beaucoup de retour de la part de leur public de concert. (A fortiori alors qu’il venait de sortir quelques jours plus tôt.)

    1.3. Le projet

    Aussi, lorsque j’ai reçu la proposition d’entretien, j’ai bondi sur l’occasion  : d’abord de leur crier mon bonheur d’avoir connu Baculewski et Dessy grâce à eux, ensuite de leur poser non pas des questions traditionnelles, mais ce que j’avais réellement envie _ soit la curiosité du mélomane, aussi… _ de savoir. Elles sont peut-être un peu intrusives par certains côtés, mais c’était une occasion particulière d’avoir à ma disposition un ensemble aussi courageux et atypique.

    Toutes les virgules de la série sont empruntées à un enregistrement libre de droits : il s’agit de la célèbre intégrale des Quatuors de Beethoven par le Quatuor Végh, sa première, celle de 1952 _ bravo ! Vous y entendez :

    ¶ en début d’épisode, un extrait du premier mouvement du quatuor n°10 ;
    ¶ en fin d’épisode, un extrait du deuxième mouvement du quatuor n°8 ;
    ¶ au début de chaque question, les accords introductifs du même quatuor n°8 ;
    ¶ à la fin de chaque question, le final du quatuor n°7.

    Épisode 2  : Répertoire

    QUESTIONS SUR LE REPERTOIRE

    À l’occasion de leur concert aux Bouffes du Nord lundi 27 mars prochain, où ils joueront à la fois le Premier Quatuor de Ligeti et le Quintette Annonciation de Philip Glass, j’ai d’abord voulu les interroger sur leur répertoire très particulier _ en effet…

    Il est exceptionnellement vaste, et contient surtout des compositeurs vivants _ voilà.

    C’est Antoine Maisonhaute, le premier violon du quatuor, qui a pris le temps de me répondre.

    1) Votre répertoire contient très peu des quatuors habituels du répertoire _ voilà ! _ : énormément de contemporain, et même pour les choses plus anciennes, beaucoup de raretés : Grétry, Nielsen, Lekeu, Caplet, Villa-Lobos, Durosoir _ nons y voici ! _, Wissmer, Alfvén (qui ne figure même pas dans les catalogues couramment disponibles du compositeur !)…  Pourquoi ce choix d’échapper au répertoire balisé ?  Est-ce le plaisir de la découverte, la volonté de se positionner sur un segment qui était peu occupé ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : En effet, le désir de découverte. }

    2) Comment les projets se constituent-ils ?  Faites-vous les choix et cherchez-vous un label, ou des producteurs se proposent-ils ?
    Typiquement, pour Baculewski, il y a toute une série chez DUX : est-ce le label qui vous a mandaté, vous qui lui avez proposé ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : DUX est bien venu les chercher en connaissant leur curiosité. J’ajoute que DUX a même publié dans les années précédentes tout un cycle de Baculewski, musique pour flûte, pour orchestre, pour chœur. Dans les autres cas, ce sont plutôt les Tana qui choisissent un éditeur susceptible de soutenir leurs projets originaux. }

    Pour préciser, « Volts » est leur album regroupant des pièces au format inhabituel : quatuor à cordes avec bande préenregistrée pour Romitelli, œuvres ouvertes avec parties improvisées (Deejay de Gilbert Nouno), et même des instruments construits par les membres du quatuor (qui incluent, si j’ai bien compris, un système d’amplification électronique interne et non externe comme d’ordinaire) pour les pièces de Canedo, Arroyo et Havel.

    C’est aussi leur album que je préfère (avec Baculewski évidemment) : quatuors au langage assez radical (rien de tonal là-dedans), qui porte bien son titre, aussi bien avec les procédés d’amplification que les figuralismes électriques et la tension extrême de l’exécution _ un trait bien caractéristique de l’interprétation des Tana. Très dynamique et impressionnant. Ça peut s’écouter à l’instinct, en se laissant porter par l’énergie qui en émane _ oui, oui _, sans même comprendre la forme ou le langage.

    (Je suis aussi impressionné par la façon dont les Tana parviennent à changer totalement leur timbre d’un disque à l’autre, d’une œuvre à l’autre… c’est une question que je leur pose après.)

    3) Pour un quatuor qui n’a même pas de Schubert à son répertoire courant, est-il facile de vivre ?  [la liste que j’ai eue n’était pas à jour, il y en avait deux _ de Schubert _ et ils les jouent régulièrement !] J’imagine que vous avez dû en étudier tout de même pour des concours, ou à la demande de programmateurs pour des couplages ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Ils en font donc, appris pendant leurs études ! Davantage de classiques du XXe siècle, qui facilitent les transitions vers les œuvres contemporaines dans les programmes. }

    4) D’un point de vue pratique (et économique), est-ce plus difficile parce qu’il faut sensibiliser le public à une musique plus diverse et difficile que les œuvres qu’il connaît par cœur (autrement dit, pas facile de remplir avec du quatuor contemporain), ou bien l’existence d’institutions qui financent et programment régulièrement la création permet-elle au contraire de bénéficier d’un confort matériel suffisant ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Les institutions et les festivals spécialisés financent en partie la musique contemporaine, oui. Les membres du quatuor sont persuadés que le public aime découvrir, s’il est accompagné (ils ont l’habitude de présenter les œuvres _ et c’est en effet  très important _, de « dédramatiser »). Peut-être l’avenir, au moment où les grandes maisons ne remplissent plus avec les œuvres anciennes et célèbres, même avec des stars. Serait-ce le moment du grand retour de la création ?  Les plus difficiles à convaincre sont les programmateurs. }

    5) Contrairement à la plupart des ensembles spécialisés, vous disposez d’un répertoire qui couvre un nombre considérable d’esthétiques : depuis les partitions radicales de Lachenmann jusqu’à la simplicité extrême de Glass, en passant par tout le continuum des musiques qui revendiquent l’héritage tonal , ou syncrétiques comme Fedele… Je me demandais la discipline que cela requérait en termes de culture musicale, pour savoir ce qui est attendu dans des univers aussi différents. On l’entend très bien dans vos disques, le timbre de l’ensemble, les phrasés diffèrent totalement, ce doit être un travail colossal pour concevoir et réaliser cela ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Travail très spécifique pour être capable de changer le son, notamment en fonction des lieux. Ne jouent pas de la même façon selon les salles, et peuvent s’adapter au dernier moment. }


    Épisode 3  : Les concerts

    6) Comment parvenez-vous à toucher le public avec un répertoire qui est si différent de ses habitudes (ils sont peu donnés et entendus, et bon nombre de quatuors qui échappent aux logiques tonales) : avez-vous des astuces ?  Vous reposez-vous d’abord sur la qualité de la musique (et l’ardeur _ oui ! _ de l’exécution) ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Donner des pistes d’écoute au public. Ne servirait à rien de chercher une logique tonale. Le public se sent plus en confiance lorsqu’il repère des éléments. La qualité de la musique de création dépend bien sûr des œuvres, mais le quatuor les sert toutes avec le même dévouement. }

    7) Evidemment, une question me brûle les lèvres : que pensez-vous du répertoire actuel de quatuor ?  De mon point de vue de spectateur très régulier des concerts de quatuor, j’ai l’impression que les ensembles les plus célèbres rejouent toujours les quelques mêmes dizaines de titres, et que le jeu est plutôt de présenter une nouvelle version d’oeuvres déjà très bien connues du public _ en effet… J’étais curieux, considérant votre démarche complètement opposée, de la façon dont vous le perceviez.

    J’ai été très heureux de la réponse. Antoine Maisonhaute n’a pas retenu ses coups. En écoutant son analyse, je criais « tue ! Tue ! » comme si j’assistais à un match de MMA (oui, on ne crie pas « tue » à un match de MMA, mais j’ai les images mentales que je veux). Avec beaucoup de pondération, il dresse en tout cas un état des lieux que je constate et partage – notamment autour du risque de muséification et d’atrophie _ voilà _ de toute la musique classique.

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Tendance à ronronner avec des œuvres qui ont fait leurs preuves, et toujours réinventer le fil à couper le beurre. Peu de prises de risque. Entretiennent un musée, et participe un peu à l’extinction du genre. Pas en phase avec les préoccupations de notre époque. Alors qu’il y a un siècle, les interprètes vedettes faisaient beaucoup de créations, voire composaient. Dommage de jouer à l’infini les mêmes œuvres, ce qui n’apporte plus rien à la musique ou au répertoire, et d’une certaine façon empêche penser les enjeux du classique aujourd’hui. }

    BOUM.


    8) Du point de vue l’identité sonore, comment définiriez-vous le Quatuor Tana ?  J’ai l’impression que votre son s’adapte énormément au répertoire, mais vous avez sans doute des tropismes ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Son assez clair et projeté. Dépend du répertoire, mais comme ont travaillé énormément d’esthétiques, jouent différemment aujourd’hui à partir de ce qu’ils ont observé dans le contemporain, en termes de son. Tentative du pianissimo le plus extrême chez Debussy tenté sul ponticello, sur le chevalet, avec du souffle dans le son, expérience vécue auparavant dans la musique contemporaine, expérience qui sert donc ensuite à s’approcher de l’indication de Debussy. }


    Épisode 4  : Les corpus

    Pour parler de concret, j’avais envie d’avoir votre opinion sur certaines musiques que vous jouez.

    9) Je commence par Baculewski bien sûr : qu’est-ce que cette musique apporte au répertoire selon vous ?  Quelles sont les qualités qui vous ont frappé ? (Pour ma part, en tant qu’auditeur, c’est l’intégration des langages passés et l’évolution du style au fil des quatuors, mais du point de vue des interprètes, je ne sais pas.)

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Comme d’autres musiques des pays de l’Est, grand rapport à la tradition et en même temps dans l’air du temps. Pēteris Vasks par exemple. Très virtuose, instrumental, mais aussi beaucoup de finesse dans la recherche d’une nouvelle façon de composer pour le quatuor. Ils n’ont pas hésité à accepter, mais ont dû travailler très longtemps, musique particulièrement virtuose. Musique de réconciliation de la modernité et de l’auditeur, sans être passéiste. Beaucoup d’émotions passent malgré sa nouveauté. }

    Ce point de vue de l’intérieur est très intéressant : je n’aurais pas spontanément rapproché Vasks de Baculewski, en tout cas le Vasks pour cordes (je le sens davantage dans sa musique chorale), mais je partage tout à fait l’idée de cette sensibilité particulière des nations « périphériques » à la création d’avant-garde, aussi bien en Scandinavie que chez les Slaves, qui écrivent de la musique nouvelle dans un langage qui a évolué mais conserve des liens évidents avec la tradition, de façon parfois plate, ou bien, dans les œuvres réussies, de façon particulièrement touchante, riche et stimulante.

    À l’écoute du disque, j’ai eu l’impression, un peu comme en écoutant Grażyna Bacewicz, qui n’est pas du tout de la même génération, de suivre l’évolution des esthétiques germaniques de la premier moitié du XXe siècle, traversant un nombre d’esthétiques sonores très variées, avec plus de radicalité au fil des œuvres, mais aussi plus d’épure et de concentration.

    Je trouve ce corpus particulièrement admirable, et je vous recommande chaleureusement le disque chez DUX, le label à suivre avec CPO si vous aimez les découvertes qui ne déçoivent pas.

    10) Pour Philip Glass, que vous donnez en concert bientôt aux Bouffes du Nord, je suis au contraire _ pas moi : j’ai bien lu ce qu’en dit Karol Beffa en son passionnnant « L’Autre XXe sièclee musical«  ; et regardez et écoutez  la vidéo (de 53′) de mon entretien avec lui à la Station Ausone le 25 mars 2022 : nous y abordons le cas Philip Glass… _ très rétif (je trouve sa répétition oppressante, en plus des « fautes » d’harmonie qui prennent nos habitudes à rebrousse-poil). Ce qui me rend d’autant plus curieux de ce qui vous intéresse ou vous touche dans cette musique !  D’un point de vue plus pratique, comment faites-vous pour ne pas perdre le fil _ oui, oui… _ du nombre de réitérations des boucles ?  Y a-t-il des techniques spécifiques à ce répertoire minimaliste ?

    { Résumé de la réponse d’A.M. : Touché par sa sincérité, l’absence de prétention, une forme d’authenticité. Particulièrement accessible en tant que personne, remarquable par son humilité, disponible pour aider les artistes à monter les œuvres. Énorme culture de la musique, en particulier de la musique européenne du XXe, et trace son propre sillon personnel, avec ces « fautes » délibérées. Beaucoup d’épigones ne parviennent pas à faire du Philip Glass en voulant l’imiter. Pour les répétitions des boucles, demande simplement de la concentration. }

    Ce n’est pas totalement de la provocation si je relève que Philip Glass est gentil – en réalité, pour des compositeurs vivants, il n’est pas absurde que le caractère entre en ligne de compte, il n’est que de voir les musiciens vedettes qui font du mal autour d’eux.

    Par ailleurs, il est toujours profondément stimulant d’entendre l’éloge – y compris chez certains de mes amis les plus proches – de musiques qu’on déteste, voire qu’on trouve médiocres. C’est l’occasion d’un décentrement _ toujours crucial et nécessaire ! Là-dessus, cf l’article programmatique (et parfaitement emblématique) de mon blog, paru le 3 juillet 2008 : « « , qui n’a pas vieilli d’un iota : « dans l’ouverture de grand air, ou plein vent, de pas trop vissées serré curiosités _ j’aime qu’il y ait un minimum de jeu, et que ça flotte ; risquer un œil à côté de la perspective incitée, en se déplaçant un pas plus loin que la place marquée, à peine, un brin, à l’écart, en ce coin-ci, passant la porte entrebâillée, ou derrière la palissade _ dans l’ouverture, donc, d’un peu larges et mobiles (boulimiques ?) curiosités plurielles« , écrivais-je même très précisément alors, en juillet 2008… _, de comprendre d’autres approches de la musique : cette répétition que je trouve à la fois ennuyeuse et oppressante crée chez d’autres au contraire une forme d’ivresse passive, de voyage intérieur… en tout cas Glass produit des effets assez singuliers _ voilà ! _, que je n’attribue pas forcément à la qualité intrinsèque de sa musique, mais qui sont bel et bien là. Et c’est toujours passionnant d’entendre les autres développer des éloges et des exégèses sur ce qui nous échappe _ c’est très juste !

    A fortiori lorsqu’ils sont eux-mêmes engagés dans la production de cette musique : on ne peut pas soupçonner, vu leur répertoire totalement interlope, que les Tana jouent Glass pour faire comme tout le monde ou brosser les programmateurs dans le sens du poil !

    11) J’accueillerais avec plaisir vos suggestions, parmi votre répertoire ou vos disques : par exemple un quatuor qui vous tient à cœur, que vous voudriez faire plus largement découvrir, ou encore qui pourrait recevoir un large succès auprès du public.

    { Résumé de la réponse d’A.M. : La musique de chambre de Jacques Lenot. Musique de grande qualité. Évolution musicale qui retrace des trajectoires de vie. }

    Sélection surprise !  J’ai vraiment eu de la peine à venir à bout du disque lorsque je l’ai écouté il y a quelque temps, j’avais trouvé tout cela vraiment atonal-radical-ascétique, sans rien pour me raccrocher dans les textures ou les effets.

    Cet éloge met à nouveau en évidence une chose très importante : plus on dispose de musiques différentes, plus on est susceptible de trouver un langage qui parle à notre sensibilité propre _ voilà. Tout cela est d’excellent bon sens, et au service de la culture.

    C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle je rouspète devant le conservatisme _ et l’étroitesse coutumière, dominante _ de la programmation, en particulier en concert. En Île-de-France, j’ai largement de quoi m’occuper au concert 465 jours par an, mais je pense à tous ceux qui n’ont pas d’appétence pour Mozart, Schumann ou Debussy, et qui ne trouvent pas leur place.

    Exemple évident, le répertoire des concerts de piano seul. Moi, ce qui me touche au piano, ce sont surtout les cycles poétiques français du début du XXe siècle et la musique futuriste russe. J’ai longtemps cru que les récitals de piano n’étaient pas pour moi, parce qu’on ne jouait qu’une portion étroite du répertoire (classicisme et romantisme germanique, Debussy-Ravel, saupoudré d’un peu de Chostakovitch et de Prokofiev).

    Et c’est vraiment le risque aussi avec le quatuor.


    Je tiens à remercier vivement Antoine Maisonhaute, premier violon du quatuor Tana, d’avoir répondu aussi franchement à mes questions, peut-être insolites ou un peu intrusives. Et aussi, plus largement, de faire vivre le répertoire le plus varié au disque et au concert. C’est très précieux. En quelques années, le Quatuor Tana a ouvert plus de portes que des dizaines de quatuors vedettes (qui jouent certes très bien Beethoven et Schubert) pendant toutes leurs carrières combinées. Ils font une différence _ très salutaire et bienvenue _ dans le monde de la musique.

    Vous pourrez les entendre aux Bouffes du Nord à Paris lundi 27 mars prochain, si vous supportez mieux que moi Philip Glass – mais les entendre dans le Premier Quatuor de Ligeti, justement une œuvre extraordinairement virtuose et zébrée de part en part de références sérieuses ou facétieuses au patrimoine, ce doit être une expérience remarquable _ absolument ! cf précisément là-dessus mon article du 19 mai dernier : « «  le soir du concert des Tana à Saint-Lon-les-Mines, auprès de mes amis Luc et Georgie Durosoir. J’avais été très marqué par ce qu’ils proposaient dans Debussy : beaucoup de respiration entre les accords, une belle netteté des volutes, des poussées inattendues de lyrisme, un goût évident pour ce tourbillon qui découle des empilements et mutations du motif-clef… J’imagine quelque chose de similaire, une réinvention des possibilités sonores _ voilà ! _ comme l’évoquait Antoine Maisonhaute précédemment.

    Au disque, ils ont laissé une vaste palette de leur talent : monographies Baculewski, Lenot, Glass, Achenberg, mais aussi des anthologies très stimulantes comme Shadows (œuvres de Yann Robin, Raphaël Cendo, Franck Bedrossian) ou Volts dont j’ai parlé plus tôt.

    S’il faut en recommander deux, Baculewski (chez DUX) pour le versant qui fait référence au patrimoine – ça peut quasiment s’écouter comme du quatuor romantique, on y trouve des progressions harmoniques enrichies très lisibles – et l’anthologie thématique Volts (chez Paraty), pour l’énergie hors du commun et l’originalité des profils sonores.

    Je vous souhaite une belle exploration. À bientôt sur ce support ou un autre !

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    Les très intenses Tana sont absolument à suivre…

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    Et vive la curiosité !

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    Ce samedi 22 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa