Étiquette : Karol Beffa

  • La grande joie de revoir et écouter Pascal Chabot, philosophe, et Karol Beffa, compositeur-interprète, au Festival Philosophia 2022 (« La Terre ») à Saint-Emilion…

    Ce samedi 28 mai 2022,

    je viens d’avoir la très grande joie de revoir et écouter, l’un au micro (en la salle des Dominicains), et l’autre au piano (au cloître des Cordeliers), pour le Festival Philosophia 2022 consacré à « la Terre« ,

    mes amis le philosophe _ bruxellois _ Pascal Chabot _ cf le podcast de notre entretien du 20 septembre 2018, au Studio Ausone, à propos de son drame philosophique « L’homme qui voulait acheter le langage« ., paru aux PUF en septembre 2018… _

    et le compositeur _ pianiste aussi, et admirable improvisateur ! _ Karol Beffa.

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    Pascal Chabot,

    pour un dialogue avec Martin Legros sur le sujet d’une « Petite métaphysique de la Terre » _ à travers une petite histoire de points de vue, ou « visions« , de divers philosophes (Descartes (« Méditations métaphysiques« ), Merleau-Ponty (« Phénoménologie de la perception« ), Carl Sagan (« Une brève histoire du temps« ), David Abram (« Comment la Terre s’est tue« ), etc.) sur la Terre, appréhendée depuis la sensation primale de pieds plantés dans de la glaise, à « la petite bille bleue«  captée et saisie, depuis divers engins spatiaux (cf le récit de l’image qui ouvre, aux pages 11 à 14 du Préambule, l’excellent « Traité des libres qualités«  de Pascal Chabot, paru aux PUF en septembre 2019 ;

    avec ce constat, un peu navré de ma part, de la persistance dans le public présent dans la salle, de préoccupations somme toute irrationnalistes ; auxquelles Pascal Chabot, au final, a très heureusement répondu par son choix de la référence au registre bien plus fiable et universel de l’ordre du droit… ;

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    et au passage, j’ai eu une pensée très émue pour l’éminentissime juriste du Droit international Mireille Delmas-Marty, qui fut une prestigieuse invitée du Festival Philosophia, le 29 mai 2010 (sur le thème de « L’Imagination« ), en cette même salle des Domininicains ; et qui vient tout récemment de quitter cette Terre, le 12 février dernier… ; cf mon article du 30 mai 2010 : « « … _ ;

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    et Karol Beffa,

    improvisant sublimement au piano 95′ durant _ une performance d’abord physique, certes, mais surtout musicale absolument transcendante ! _ sur le génialissime _ « le plus beau film du monde« , selon François Truffaut ; et pareille appréciation demeure bien sûr inoubliable… _ film muet de Friedrich-Wilhelm Murnau (un film réalisé en 1927), « Aurore«  (à regarder en entier ici ; mais la bande-son présente ici en cette très bienvenue vidéo n’est pas due, cette fois, à la captation d’une improvisation au piano de Karol Beffa, mais à Hervé Mabille et son Mab Trio…) _ en remplacement du film muet, initialement prévu, mais techniquement indisponible, d’André Antoine,  « La Terre » (en 1921), d’après le roman éponyme d’Émile Zola _ :

    une expérience inoubliable

    _ et je connais le degré de joie qu’éprouve Karol à se livrer à de telles improvisations musicales, au piano, en regardant défiler le film, tout spécialement pour de tels chefs d’œuvre du cinéma muet, tel qu’« Aurore » de Murnau ; cf là-dessus, à propos justement de l’improvisation en musique, notre passionnant entretien à la Station Ausone le 25 mars dernier, autour de son superbe essai « L’autre XXe siècle musical« , aux Éditions Buchet-Chastel…

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    Et pour rejoindre, depuis Bordeaux, la belle cité médiévale de Saint-Émilion, par une splendide journée ensoleillée d’une fin mai qui ressemble tellement à l’été,

    je m’étais aussi offert, en prélude enchanté !, le petit détour, depuis Branne, par le sublime panorama très verdoyant du fantastique méandre de la large et paisible Dordogne à Cabara _ un des plus beaux spectacles que peut offrir la douceur épanouie et sereine de la France ! _ ;

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    en pensant bien entendu à ce petit détour-rituel que ne manque pas d’accomplir, chaque année, en son été, mon amie Hélène Cixous _ cf la miraculeuse vidéo de notre entretien du 23 mai 2019 à propos de son « 1938, nuits« , paru aux Éditions Galilée le 24 janvier 2019 _  en rendant visite, depuis son domicile d’écriture des Abatilles, à Arcachon, à la magique tour de notre tendrement vénéré Montaigne…

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    Ce samedi 28 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le 15e Festival Philosophia à Saint-Emilion les 27, 28 et 29 mai 2022, consacré à « La Terre »…

    Cette fin de semaine à venir,

    soit du vendredi 27 mai au dimanche 29 mai,

    aura lieu à Saint-Emilion le 15e Festival Philosophia, consacré à « La Terre« …

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    Je tâcherai de m’y rendre samedi 28 mai,

    afin d’y entendre _ à nouveau _ Pascal Chabot, à 14 h, salle des Dominicains ;

    et _ à nouveau _ Karol Beffa, au piano, 17h, au cloitre des Cordeliers ;

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    avec lesquels j’ai eu l’insigne chance de m’entretenir longuement, à la Station Ausone, à Bordeaux :

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    le 11 octobre 2016 (à propos de « Ce que nous fait la musique« ),

    le 20 septembre 2018 (à propos de « L’Homme qui voulait acheter le langage« )

    et le 25 mars 2022 (à propos de « L’autre XXe siècle musical« )…

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    Ce lundi 23 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un entretien avec Martin Fröst, autour de la musique, que faire de sa vie, et la maladie de Ménière…

    Ce vendredi matin 6 mai, à l’aube, je découvre sur ResMusica, cet intéressant entretien-ci _ d‘Alexandra Ivanoff, du magazine Papageno _ avec Martin Fröst, un musicien que j’apprécie beaucoup

    _ cf mon article du 26 avril dernier « « , à propos de son superbe récent CD « Night Passages« … _ :

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    Le Prix « ICMA Artiste de l’année » 2022 a été décerné au clarinettiste et chef d’orchestre suédois Martin Fröst pour sa carrière internationale innovante, son impressionnante discographie et sa philanthropie. Notre confrère Alexandra Ivanoff du magazine Papageno, membre du jury, s’est entretenue avec lui.

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    ICMA : Que signifie pour vous le Prix de l’Artiste de l’année des ICMA ?

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    Martin Frös : Cela signifie beaucoup, parce que l’histoire des représentations et des enregistrements est très spéciale dans la vie des musiciens, et je pense que dans mon cas, il y a toujours eu un équilibre intéressant, parce que je voulais rendre le répertoire de base _ voilà _ aussi bon que possible – quelque chose qui m’a toujours obsédé. En même temps, j’étais attiré par l’idée de développer quelque chose de nouveau dans la musique classique, de la présenter sous de nouvelles formes et d’enregistrer de la musique nouvelle _ voilà aussi. J’ai attendu longtemps avant de sortir des sentiers battus ; c’est pourquoi j’ai un catalogue d’enregistrements assez varié. C’est une partie importante de ma vie, surtout lorsque je propose des enregistrements de Messiaen, de Vivaldi, de « Roots » et de « Night Passages » – des disques si différents les uns des autres. Alors à présent, je pense que je fais vraiment ce que je crois être _ voilà _ mon meilleur travail.

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    ICMA : Comment les deux années de chaos avec le Covid ont-elles affecté votre quotidien et votre vision de l’avenir ?

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    MF : Je dois être honnête avec vous parce que j’ai ce problème dans mon oreille interne, une inflammation qui s’appelle la maladie de Ménière. C’est comme un vertige, un problème d’équilibre qui va et vient par épisodes. Tous les deux ans _ rien moins… _ , j’avais un épisode, ce qui signifie que vous êtes totalement déséquilibré, que vous perdez l’ouïe et que vous êtes par terre avec des nausées, tandis que le monde entier tourne autour de vous ! Mais, après ne pas l’avoir eu pendant quelques années, je ne l’ai eu que pendant six ou sept mois d’affilée pendant la pandémie _ tiens donc… J’ai donc été alité pendant longtemps, et je n’ai pas donné de concerts pendant cette période. D’une certaine manière, cela tombait bien, car je n’ai pas eu à annuler quoi que ce soit. Je me débats encore avec cela ; parfois, j’ai des malaises pendant un mois ou six mois, puis je suis à nouveau déséquilibré.

    Je suis toujours créatif, que je donne des concerts ou non _ voilà. Donc, pendant cette période, je souffrais davantage pour mes confrères, pour les danseurs et les acteurs, pour les techniciens et toutes sortes de personnes liées aux arts qui ont vraiment souffert. J’ai souffert d’autres choses, mais pas tellement de la pandémie. J’ai pu rencontrer mon orchestre, et je leur ai dit et redit que cette époque allait apporter du changement. Ne vous préparez pas à revenir à la situation antérieure après trois semaines ou un mois ; nous devons nous forcer à ouvrir une nouvelle porte vers l’avenir _ voilà.

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    ICMA : Votre spectre musical est extraordinairement large : quand et pourquoi votre esprit a-t-il eu besoin de se détacher de l’orthodoxie ?

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    MF : J’étais récemment à Miami pour une convention de clarinettes, et j’ai rencontré des collègues du Philharmonique de Berlin, du Philharmonique de New York et d’autres. Bien qu’ils soient un peu plus jeunes que moi, ils m’ont dit que je suivais une voie différente, avec un concept totalement différent de ce que l’on peut faire avec cet instrument. C’est une chose à laquelle je n’avais jamais réfléchi auparavant – que c’était différent des milieux musicaux américains ou allemands. D’une certaine manière, j’ai été très heureux d’entendre cela, car cela a amené beaucoup de jeunes générations à dire : « Oh, vous pouvez faire ceci, ou cela aussi, avec la clarinette ! »

    J’ai toujours, toujours été obsédé, avant tout, par le fait de participer à un changement _ c’est tout à fait intéressant. Je dirais sans aucun doute que si je pouvais contribuer à faire évoluer la musique _ voilà _, ce serait vraiment énorme pour moi – plus que toute autre chose, en fait. Très tôt, j’ai toujours pensé à ouvrir de nouvelles portes vers l’avenir ; même si j’interprétais un répertoire standard, j’étais secrètement sur un nouveau terrain dès le départ. Je ne le montrais pas tellement, car j’étais toujours préoccupé par le fait que je devais _ professionnellement _ interpréter le grand répertoire standard aussi bien que possible.

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    ICMA : Mais à quel stade – enfance, années d’études ou autre – avez-vous ressenti le besoin d’aller vers des univers musicaux différents tout en gardant toute votre technique classique ?

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    MF : Ce développement va de pair avec toutes ces techniques traditionnelles. Lorsque je donne des masterclasses, les gens me demandent : « Comment pratiquez-vous la double langue, ou la respiration circulaire ? », et j’étais du genre à pratiquer les choses difficiles ou nouvelles uniquement lorsque j’en avais besoin. Aujourd’hui, les gens les pratiquent généralement, mais j’avais besoin d’apprendre la respiration circulaire parce que certaines phrases durent deux minutes et demie sans respirer ! J’ai appris la double langue parce que c’était une chose horriblement difficile, et j’étais l’un des premiers à utiliser ces techniques. Je suis allé du côté sauvage, puis je suis revenu au traditionnel avec une version plus riche _ musicalement enrichie ainsi  _ de moi-même et de mon jeu _ les deux étant intimement liés…

    En ce moment, j’ai un nouveau projet appelé « Xodus » et j’en suis totalement ravi. Il sortira dans un mois et demi. Il a un très bon titre – de plus en plus pertinent aujourd’hui. Il est lié au projet « Genesis », qui portait sur les débuts de la musique. Nous avons donné des concerts avec ces projets en Allemagne, aux États-Unis et en Suède. Nous avons ensuite créé « Retrotopia » qui s’inscrit dans le prolongement de « Genesis » et porte sur le thème « Où allons-nous maintenant ? », en utilisant la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle dans la musique. Nous les avons joués en Allemagne, et le répertoire de « Xodus » est donc plus ou moins un mélange de ces deux projets. Il y a toujours le concept de commencer avec de la musique ancienne et tout est toujours entremêlé _ voilà _ car je parle entre les accords – il n’y a donc pas de silence dans le concert. « Xodus » dit _ voici l’explication de ce terme _ « la sortie se trouve à l’intérieur » : qu’il s’agisse de sortir de la salle de concert, ou de la sortie d’une addiction à l’alcool, ou d’une guerre – quel que soit le problème _ sortir par l’intérieur, donc, en creusant… Je travaille avec un artiste et un poète suédois. Cela me permet de raconter des histoires que je trouve intéressantes, en plus de mes enregistrements.

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    ICMA : Une grande partie de votre travail comporte un élément d’improvisation. Avez-vous étudié l’improvisation jazz ?

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    MF : Non, pas vraiment, mais mon bassiste _ Sébastien Dubé _ dans « Night Passages » est un grand joueur de jazz, et nous avons fait des projets d’enregistrement ensemble. Lorsque je réalise des projets avec lui, il m’apprend l’improvisation. Ainsi, lorsque je joue les rappels, j’improvise – c’est ainsi que j’ai appris à le faire. Il m’a dit : « Si tu veux apprendre à improviser, monte sur scène et essaie _ voilà ! _, car c’est la seule façon d’apprendre. Vous ne pouvez pas rester dans votre salon ou chez vous, et espérer le maîtriser. » J’ai beaucoup de respect pour cela, et nous le faisons sur cet enregistrement – dans l’air [« It Never Entered My Mind » de R. Rodgers] que Miles Davis et moi avons joué ensemble, et le morceau [« Good-bye » de G. Jenkins] que Benny Goodman jouait à la fin de chaque concert.

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    ICMA : Qu’est ce qui est le plus marquant dans tout votre travail ?

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    MF : Je le ressens, bien sûr, dans mon contact avec le monde de la clarinette, mais maintenant je développe un instrument avec Buffet Crampon et trois collègues en France. Nous avons commencé il y a cinq ans, en partie parce que j’étais comme ailleurs (comme vous l’avez dit) lorsque je jouais, mais je ne me suis jamais soucié de ce sur quoi je jouais. Je prenais simplement mon instrument et j’en jouais. Au cours des cinq dernières années, j’ai utilisé les clarinettes que j’avais – comme la vieille clarinette de l’album Vivaldi, par exemple. Mais cette nouvelle Buffet crée de nouvelles formes, de nouveaux sons. Elle a de nouveaux doigtés, une nouvelle perce et un son plus chaud _ voilà ! _, et comme elle est un peu plus longue, elle a de nouvelles notes basses. Je le joue sur l’enregistrement _ si réussi ! _ « Night Passages ». J’en suis très fier et je pense que c’est un grand changement pour le monde de la clarinette.

    Mais pour répondre à votre question, lorsque je donne des masterclasses, j’ai de plus en plus le sentiment que nous devrions partager _ voilà _ beaucoup de choses, car c’est ainsi que nous nous développons _ vraiment : par de nouvelles « hybridations« , pour reprendre un mot de Karol Beffa dans le passionnant entretien que j’ai eu avec lui à la Station Ausone à Bordeaux le 25 mars dernier ; cf aussi mon article du 10 avril dernier : « « . Je suis très fier de la nouvelle génération qui arrive, car elle change les choses. Ils peuvent jouer d’une manière différente de ce qu’ils faisaient en Allemagne, il y a même vingt ans, par exemple.

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    ICMA : J’ai été très frappé par votre ligne de chant pleine d’âme lorsque vous jouez. Avez-vous étudié le chant ?

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    MF : Je viens d’une famille qui chantait beaucoup, et j’ai chanté dans des chorales d’enfants, des chorales de garçons, et j’ai pris des cours. Mais vous savez, je suis très lié à mon instrument – son côté mélancolique – il est proche de mon cœur.

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    ICMA : Qu’est-ce qui a inspiré la Martin Fröst Foundation ?

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    MF : Le texte que j’ai écrit pour les « Night Passages » est basé sur mes rêves du passé – des souvenirs très peu orthodoxes – et sur des réflexions concernant « ce que vous devriez faire du reste de votre vie », combien de temps vous devriez travailler et avec quoi… C’est à cette époque que j’ai eu la maladie de Ménière et que j’ai pris deux décisions importantes : J’ai commencé à diriger un orchestre, et j’ai créé la fondation. Je me suis dit que c’était le moment de faire quelque chose de totalement différent _ l’imageance est véritablement fondamentale en toute vie ; et tout particulièrement pour tout artiste, quel qu’il soit : en l’occurrence ici tant interprète que compositeur... Cette fondation est liée avec Buffet parce que j’ai conçu cette clarinette pour eux ; ils m’ont aidé pour elle et le financement de la fondation. Ils participent aux projets à Madagascar, au Kenya et en Afghanistan, où nous envoyons des instruments et de l’enseignement. Nous sommes en train de construire une école de musique à Madagascar.

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    ICMA : Que pensez-vous de l’éducation musicale, quel que soit le pays, pour le développement de l’esprit humain ?

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    MF : Oui, c’est absolument important ! Notre école de musique à Madagascar, par exemple, se trouve dans l’un des trois pays les plus pauvres du monde. Nous accueillons des gens de la rue au sein de son système éducatif, en leur donnant un repas par jour, un instrument et une éducation musicale. J’ai toujours pensé : pourquoi ne donner qu’une éducation musicale et pas de nourriture ? C’est un excellent système pour eux.

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    ICMA : En utilisant une machine à remonter le temps, avec quelles personnalités musicales du passé aimeriez-vous dîner ?

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    MF : Je reviendrais au début du XXᵉ siècle, lorsque l’Europe _ en pleine effervescence créative _ comptait tous ces compositeurs et artistes. C’était une époque fantastique. Nijinsky, Chaplin, Picasso, c’est difficile de choisir. Comme le dit Woody Allen dans son film Midnight in Paris, on pense toujours que tout était mieux avant… Je veux dire que c’est toujours un grand défi de rester _ aussi _ dans son propre temps _ celui imparti par le temps non infini d’une vie… Je suppose que je n’ai jamais pensé à cela parce que je fais toujours attention à ce que je fais ici et maintenant.

    Mais pour répondre à la question, j’irais avec un large éventail de personnes, comme Chaplin, Stravinsky, Nijinsky, Gertrude Stein… (rires) bien sûr, avec une telle compagnie à table on disparaitrait totalement ! Il serait tellement intéressant de ressentir _ activement, sans se laisser trop intimider, voire inhiber _ l’énergie _ formidablement créative, d’imageance bouillonnante  _ de toutes ces personnalités, car elles ont participé au changement. C’est ainsi que je pense : vivre tel un artiste qui essaie d’apporter du _ fécond _ changement. Je pense que la scène classique souffre d’être extrêmement conservatrice _ probablement trop pauvrement répétitive seulement… Il n’y a pas que les musiciens, il y a aussi les maisons de disques, les agences _ mues par la préoccupation systématique des seuls intérêts, profits, gains… _, tout le monde essaie de protéger ce qu’il pense être juste et ce qui lui permet de gagner de l’argent _ nous y voici _, etc. _ sans passion ni générosité. Puis dès que quelqu’un arrive et crée quelque chose de différent, et s’il a du succès, le système veut en faire partie également _ en se contentant bassement, le plus souvent, de seulement copier… Je pense qu’il est important d’avoir des discussions _ vraiment ouvertes _ pour essayer de créer _ vraiment : voilà ! _ de nouvelles choses.

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    ICMA : Inversement, de quoi aimeriez-vous parler dans une interview dans cinq ans ?

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    MF : S’imaginer dans cinq ans est très difficile. J’ai toujours un plan. Je planifie mes concerts quatre ans à l’avance. En réalité, nous n’avons aucune idée de ce qui se passera dans cinq ans – nous ne savons même pas ce qui se passera dans un an. Nous n’avons pas vu venir la pandémie, nous n’avons pas vu venir la guerre, nous n’aurions pas pu la prédire…

    Un jeu d’enfant que je faisais souvent était exactement le contraire : Je faisais semblant d’avoir 80 ans et je regardais en arrière pour savoir de quoi je pouvais être fier, et peut-être de quoi je ne serais pas si fier. Si vous posez cette question aux gens – peu importe que vous soyez Nelson Mandela – qui que vous soyez, vous regretterez certaines choses et serez fier de certaines autres dans votre vie professionnelle ou personnelle. La plupart des gens diraient « J’aurais aimé passer plus de temps avec ma famille », par exemple. Quand je me pose cette question, je ne serais pas fier d’avoir joué des centaines de concerts de Rossini – c’est ce que tout le monde fait. Je pense plutôt que je serais très fier des nouvelles choses que j’ai essayées _ voilà, avec audace, vaillance et courage… Mais la question devrait être : « Que changeriez-vous maintenant ? » C’est-à-dire, faites comme si vous aviez 80 ans, que vous regardiez en arrière, que vous soyez fier de ceci mais pas de cela… alors, peut-être devriez-vous tout changer maintenant ?

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    ICMA : Comment faites-vous avec toutes vos casquettes ?

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    MF : Mon objectif artistique est de connaître mes limites, car je pense qu’il est très bon d’avoir des limites. Ainsi, si je donnais 150 concerts par an, je ne devrais plus en donner que 60 ou 70 – en faisant ce qui est important… important pour la fondation, mon orchestre, Buffet Crampon, mes projets et mes résidences _ mesurer ce qui est vraiment important, et ne l’est pas ; en essayant de se centrer sur le vraiment essentiel ! J’ai une résidence avec le Royal Concertgebouw Orchestra qui arrive, et avec d’autres formations aussi. Il est important de créer des projets avec des orchestres. Et puis faire attention à la façon _ la meilleure si possible _ dont les choses évoluent.

    Il est important de s’entraider _ certes. Les solistes d’aujourd’hui sont _ hélas la plupart _ trop centrés sur eux-mêmes _ et leurs profils calculés de carrière... J’ai vu le film Imitation Game, sur un homme qui a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale [ndlr : Alan Turing]. Il pouvait donner l’impression d’être autiste, et il a aidé à déchiffrer le code Enigma qui révélait où les Allemands allaient bombarder. Il y a une scène à la fin où une femme lui dit : « Vous avez raccourci la guerre de deux ans ! Je vis dans un village et je vais dans une école qui n’existerait pas aujourd’hui sans votre aide. » Il était sous couverture, donc personne ne savait ce qu’il faisait _ ainsi en cachette du public. La beauté de la chose, c’est qu’il était tellement reconnaissant et heureux de ce qu’elle lui a dit, et que quelqu’un a vu qui il était et a compris ce qu’il avait fait. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire : dans les réseaux sociaux, on doit tout dire _ narcissiquement _ sur soi-même _ cf la prolifération stupidissime des selfies... Les artistes postent : « Je joue ici et là, et voici mon dîner… » C’est une évolution un peu _ c’est trop gentil ! _ triste, car je pense que nous devrions nous concentrer sur l’entraide plutôt que sur le « Regardez-moi, regardez-moi… »

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    ICMA : Y a-t-il une question que personne ne vous a jamais posée ? Ou, une question « et si »…

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    MF : Lorsque j’étais malade pendant quatre mois, la question que je me posais était « Que vais-je faire si je ne peux plus jouer ? Devrais-je quitter le pays et acheter un chien ? ». C’est en fait rafraîchissant d’avoir ces pensées maintenant, car quand j’étais plus jeune (et même maintenant) je ne me posais jamais cette question. Je n’aurais pas pu faire autre chose que ce que je faisais. C’est effrayant, mais vous devriez vous la poser _ oui, sortir un peu de soi et son étroit présent narcissique.

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    Crédits photographiques : © Jonas Holthaus / Sony

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    Propos recueillis par Alexandra Ivanoff du magazine Papageno, membre du jury des ICMA

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    Ce vendredi 6 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques nouvelles pistes de recherche pour mieux comprendre le déni de la part de certains, de la parenté effective (de cousinage au 3e degré) existant entre Maurice Ravel (1875-1937) et Magdeleine Hiriart (1875-1968), l’épouse (le 28 septembre 1901) de Charles Gaudin (1875-1910)…

    Suite à de nouveaux échanges de correspondance,

    voici ces réflexions-ci, aujourd’hui vendredi 22 avril 2022.
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    ll me semble que désormais a vraiment été « intégré » le cousinage très effectif, au 3e degré, de Magdeleine Hiriart-Gaudin avec Maurice Ravel,

    nés à 4 jours d’intervalle, les 7 et 11 mars 1875, lui à Ciboure, et elle à Saint-Jean-de-Luz.
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    La résistance à l’admettre vraiment, jusqu’au déni tenu face à ses propres enfants, par exemple, de la part d’Edmond Gaudin (1903-1988), est probablement issu du fait que dans la famille Bibal-Gaudin, le petit-neveu d’une « gouvernante » _ Gachucha Billac _ et le fils d’une « femme de chambre » _ telle que l’a probablement été un court moment Marie Delouart, avant son départ en Espagne pour assister la modiste parisienne Madame Félix, puis, surtout, au retour d’Espagne, son mariage avec Joseph Ravel, le 3 mars 1873, à la mairie du XVIIIe arrondissement, à Paris _ tel qu’était en effet le petit Maurice Ravel, en son enfance et son adolescence, lors des vacances qu’il passait à Saint-Jean-de-Luz, auprès de sa grand-tante et marraine Gachucha Billac, « domestique » dans la famille Gaudin, 
    pouvait un peu difficilement passer tout de suite _ et même après, pour des raisons que j’ignore et qui me font question… _ pour un cousin effectif des grands amis Hiriart, et désormais parents, une fois réalisée l’union de Magdeleine Hiriart _ cousine au 3e degré de Maurice Ravel _ et Charles Gaudin le 28 septembre 1901, à Saint-Jean-de-Luz _ et Gachucha Billac étant encore vivante : elle décèdera moins de trois mois plus tard, le 17 décembre 1901, bien sûr au domicile des Gaudin, 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz…
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    Lui le petit Maurice dont la mère Marie Delouart, née à Ciboure en 1840, et la grand-mère Sabine Delouart, à Ciboure, en 1809, étaient toutes deux nées de pères inconnus.
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    Et en effet le tout premier ancêtre masculin, en remontant dans le temps, de la branche maternelle de Maurice Ravel, était le cibourien Gratien Delouart (Ciboure, 1er mai 1748 – Ciboure, 21 août 1798)…
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    Et de fait, toute sa vie de musicien célébré de par le monde entier, le discret et foncièrement humble Maurice Ravel a gardé trace, même discrète _ et entièrement prise sur soi _ de cette situation-là…
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    Nonobstant son génie vraiment hors-pair de compositeur…
    Cf ce qu’en dit le compositeur Karol Beffa dans le sublime entretien vidéocasté que j’ai eu avec lui à Bordeaux le 25 mars dernier ;
    ainsi que dans son merveilleusement passionnant livre « L’Autre XXe siècle musical »…
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    Je suis sûr que les échanges à venir à propos de la famille luzienne des Gaudin, et au sujet des liens des membres de celle-ci avec Maurice Ravel
    (ainsi que sa mère Marie Delouart, et que sa grand-tante et marraine Gachucha Billac),
    seront non seulement passionnants, mais aussi très féconds pour un peu mieux éclairer l’histoire même de ces liens, 
    restés difficiles à connaître jusqu’ici, notamment faute d’abord de documents tangibles sur lesquels se fonder,
    en plus de la transmission de la mémoire familiale des Gaudin et Courteault…
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    En particulier pour ce qui concerne les séjours du petit Maurice à Saint-Jean, durant son enfance, puis son adolescence : cf les témoignages transmis au sein de la famille Gaudin…
    Ainsi que, et c’est aussi important, en ce qui concerne les liens ayant existé avant 1875 _ la naissance à Ciboure, le 7 mars 1875, du petit Joseph-Maurice _ entre la mère de Maurice Ravel, Marie Delouart et l’arrière-grand-mère, Annette Bibal-Gaudin, de Maylen Gaudin-Lenoir (fille de Charles Gaudin et son épouse Magdeleine Hiriart-Gaudin) et Pascal Courteault (fils de Jane Gaudin et son époux Henri Courteault).
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    Mais aussi, et forcément très lié à ces liens-là, pour mieux cerner l’historique, encore confus, de la situation de Gachucha Billac, la tante (et plus proche parente après Sabine Delouart, sa mère) de Marie Delouart, la mère de Maurice, auprès des Gaudin :
    Edmond Gaudin et Annette Bibal se sont mariés à Saint-Jean le 23 janvier 1875 ;
    et nous savons que Marie Delouart se trouvait à cette date présente à Ciboure _ il est donc tout à fait possible, et même très probable, qu’elle a assisté au mariage d’Annette et Edmond ce 23 janvier ! _
    en raison
    d’une part du décès (et ses suites) de sa mère, Sabine Delouart (décédée le 22 décembre 1874, en la maison San Esteven, rue du Quai, et mentionnée sur l’acte d’état civil de son décès comme étant de profession « marchande de poissons » ; elle était née le 11 mars 1809),
    et d’autre part de l’accouchement à venir, à Ciboure plutôt qu’à Paris, du petit Maurice (ce sera le 7 mars 1875, au même endroit : rue du Quai, n° 12).
    …
    …
    Qui, de Sabine Delouart (née en 1809), ou de sa sœur Gachucha Billac (née en 1824), toutes deux mentionnées en ces actes d’état-civil à la mairie de Ciboure des 23 décembre 1874 et 8 mars 1875, comme de même profession : « marchandes de poissons » ; laquelle des deux faisait fonction de « concierge » en la belle maison San Esteven, au 12 de la rue du Quai ?
    Et résidait donc au rez-de-chaussée de cette splendide demeure, là même où Marie Delouart accouchera de son petit Maurice le 7 mars, à « dix heures du soir » ?..
    Cela demeure encore difficile à trancher…
    …
    Le premier-né d’Edmond Gaudin et son épouse Annette, sera Charles, qui naîtra 10 mois plus tard, le 19 novembre 1875.
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    …
    Il me semble possible d’envisager, du simple fait de l’existence déjà, au moins depuis 1870, de liens _ de domesticité, probablement… _ entre Marie Delouart et Annette Bibal,
    l’hypothèse que Gachucha Bibal (née le 15 mai 1824), la tante de Marie Delouart (née le 24 mars 1840),
    aurait peut-être été, à moins que ce n’ait été plutôt sa nièce, Marie Delouart, elle-même ! ou bien toutes les deux.., déjà au service de la mère d’Annette Bibal (née le 28 avril 1845), Victoire Dupous (née le 9 juin 1822), veuve de Pierre Bibal (né le 5 septembre 1806) depuis le 12 septembre 1855,
    et mère de 9 enfants, nés entre le 7 février 1844 (l’aîné Jean-Baptiste) et le 22 août 1855 (la benjamine Bernardine).
    …
    …
    En effet,
    même si l’aîné d’entre ces 9 enfants Bibal, Jean-Baptiste Bibal, est décédé (âgé de 27 ans) _ au port de Rochefort _ le 18 février 1871 ; Marie, la jumelle de Pascal, le 13 mars 1849 ; Justine, le 31 mars 1854 ; Marie, le 13 mars 1855 ; et Marie-Martine-Eliza, le 14 octobre 1870,
    il s’est trouvé qu’à partir du mois de février 1871, c’est-à dire au décès de ce fils aîné Jean-Baptiste,
    encore 4 enfants Bibal demeuraient à la charge de Victoire Dupous, veuve Bibal, au 41 de la Grand Rue
    …
    il s’agit de :
    Annette (née le 28 avril 1845),
    Pascal (né le 12 juin 1847),
    Léon-Pierre (né le 1er mars 1849 ; et qui sera peintre lui aussi),
    et enfin Bernardine (née le  22 août 1855), qui deviendra la« Tante Bibi » de la correspondance de Maurice Ravel avec sa grande amie Marie Gaudin…
    …
    …
    Mais déjà, en amont de cette date de février 1871,
    le 12 septembre 1855, au moment de la disparition, à l’âge d’à peine 49 ans, de Pierre Bibal,
    la veuve de celui-ci, Victoire Dupous, se trouve avoir à sa charge 6 enfants encore petits :
    …
    11 ans pour Jean-Baptiste, 10 ans pour Annette, 8 ans pour Pascal, 6 ans pour Léon-Pierre, 22 mois pour Marie-Martine-Eliza, et 2 mois pour Bernardine.
    …
    Et à cette date du 12 septembre 1855, Gachucha Billac avait 31 ans ; et sa nièce Marie Delouart, 15 ans… 
    …
    …
    Il serait donc intéressant de savoir à partir de quelle date Gachucha Billac (indiquée de profession « marchande de poissons » et « domiciliée à Ciboure » sur l’acte d’état civil de la naissance de son petit-neveu Maurice Ravel, à la mairie de Ciboure le 8 mars 1875) serait entrée au service de Victoire Dupous, veuve Bibal ;
    avant de devenir, mais à quelle date ?, la « gouvernante » des 6 enfants d’Edmond Gaudin ; l’aîné de ceux-ci, Charles, étant né le 19 novembre 1875 ; et le benjamin, Louis, le 23 février 1886 (il décèdera de maladie le 2 novembre 1899).
    …
    Et de savoir aussi ce qu’il en a été, plus précisément, du service, dont Pascal Courteault a été, à ma connaissance, le premier à faire état, de Marie Delouart auprès de cette même famille Dupous-Bibal _ c’est-à dire Victoire Dupous-Bibal, puis Annette Bibal-Gaudin _, avant son départ pour Madrid, probablement en 1871, avec la modiste parisienne Madame Félix, en remplacement d’Annette Bibal, retenue cette année-là à Saint-Jean-de-Luz afin de veiller à la convalescence, après blessures de guerre, de celui qui n’était encore que son fiancé, Edmond Gaudin…
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    …
    Toutes ces questions sont loin d’avoir été résolues,
    peut-être, d’abord, faute d’avoir été clairement posées : mais qui s’y intéressait vraiment ?
    …
    …
    Il faudrait donc tâcher de réunir, d’une part, des souvenirs de famille transmis d’une génération à l’autre, 
    et, peut-être aussi, et surtout, quelques éventuelles traces documentaires tangibles qui auraient pu être conservées…
    …
    …
    De toutes façons, c’est détail après détail, indice de piste après indice de piste, que la recherche  est à même, patiemment et méthodiquement, de progresser…
    Du moins pour qui s’intéresse à la vérité des faits à établir sérieusement….
    …
    À suivre…
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    Ce vendredi 22 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa