Étiquette : Karol Szymanowski

  • Le délicieux piano tout de charme de David Kadouch en son séduisant CD titré « Amours interdites » : un doux plaisir tout délicat…

    L’excellent pianiste David Kadouch (Nice, 7 décembre 1985) nous séduit avec son délicat et délicieux tout récent CD Mirare MIR708 « Amours interdites » _ enregistré au Théâtre Auditorium de Poitiers du 23 au 26 septembre 2023 _,

    dans lequel,

    outre de bien belles mélodies sans parole, certaines déjà un peu connues _ tel, extrait du « Ruban dénoué » (composé en 1915, sur le front…) , le sublime « Décrets indolents du hasard » (ici transcrit pour piano seul par David Kadouch) : écoutez-le ici (1′ 39) ; et cf, au passage, mes articles « Le génie de Reynaldo Hahn : le charme fou du « Ruban dénoué » sous les doigts de velours d’Eric Le Sage et Frank Braley aux pianos… » et « Un pianiste bien mieux que prometteur : Martin James Bartlett, dans Ravel, Reynaldo Hahn, et Debussy, Rameau et François Couperin : son enchanteur CD « La Danse »… » des 13 et 31 janvier 2024, à propos des interprétations de ce renversant de charme « Décrets indolents du hasard » de Reynaldo Hahn, par Eric Le Sage et Frank Braley, ainsi que Martin James Bartlett et Alexandre Tharaud, une pièce originairement pour deux pianos… _, de Reynaldo Hahn (Caracas, 9 août 1874 – Paris, 28 janvier 1947) et Francis Poulenc (Paris, 7 janvier 1899 – Paris, 30 janvier 1963) _ écoutez ici son very charming « Improvisation n°15 en ut mineur « Hommage à Edith Piaf »  » (2′ 55) _, surtout,

    et outre les merveilleuses enivrantes « Variations sur un thème populaire polonais » Op. 10 _ écoutez-en ici le thème (1′ 43) ; et cf, au passage, mes articles « L’envoûtement Szymanowski sublimement au rendez-vous du piano magique de Kristian Zimerman : une splendeur enivrante et fascinante… » et « Tâcher de retrouver l’envoûtement Szymanowski dans les « Variations sur un thème folklorique polonais » Op. 10, dans le nouveau CD Alpha 1064 « Chopin – Szymanowki » du jeune Jonathan Fournel… » des 25 octobre 2022 et 3 septembre 2024, à propos des interprétations de ces marquantes « Variations » Op. 10 de Szymanowski par Kristian Zimerman et Jonathan Fournel… _ de Karol Szymanovski (Timochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937)

    _ trois compositeurs auxquels va ma prédilection toute personnelle… _,

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    David Kadouch nous fait la surprise de nous donner à découvrir aussi trois ravissantes pièces pour piano de Wanda Landowska (Varsovie, 5 janvier 1879 – Lakeville, 16 août 1959) _ je ne la savais pas, jusqu’ici, aussi compositrice…. _ :

    « Nuit d’automne« , « Valse en mi mineur » _ écoutez-la ici (2′ 51) _ et « Feu follet« …

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    Un programme de piano délicieusement composé _ à dominante de légères touches, récurrentes, de mélancolie : autour d’amours interdites _ et interprété à ravir _ sur un beau Steinway _ par un David Kadouch comme en état de grâce…

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    A passer et repasser doucement en boucle sur sa platine les jours ou nuits un peu tièdes de nostalgie…

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    Ce dimanche 2 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Percevoir toute la finesse du passionnant passage musical de Frédéric Chopin (1810 – 1849) à Karol Szymanowski (1882 – 1937) dans le jeu de Magdalena Baczewska…

    Percevoir toute la finesse du passionnant passage musical de Frédéric Chopin (1810 – 1849) à Karol Szymanowski (1882 – 1937),

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    c’est ce que vient, entre autres plaisirs, nous offrir le jeu subtil et très juste de Magdalena Baczewska en un CD que j’ai trouvé par un grand hasard _ et parce que, hier en mon article « Le sublimissime magique CD Szymanowski n°39 du somptueux coffret « David Oistrakh – The Warner remastered edition » : le son fabuleux de l’interprétation d’un compositeur lui-même essentiel : Karol Szymanowski (1882 – 1937), par ce violoniste d’exception qu’est David Oïstrakh (1908 – 1974)…« , je venais de revenir à l’art de compositeur très marquant de Karol Szymanowski _, en un CD qui demeurait comme en attente d’être enfin joui en un stock de CDs soldés de mon disquaire préféré :

    le très beau CD Paraty 116137 « Chopin & Szymanowski« ,

    interprété avec infiniment de grâce et de justesse par le piano subtil de Magdalena Baczewska _ l’enregistrement a été réalisé en août 2015 à l’Académie de musique Karol Szymanowski à Katowice ; et le CD publié par le label Paraty en 2016… _ ;

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    un superbe CD sur lequel j’ai recherché en vain sur le web le moindre commentaire discographique !

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    Ce jeudi 12 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le sublimissime magique CD Szymanowski n°39 du somptueux coffret « David Oistrakh – The Warner remastered edition » : le son fabuleux de l’interprétation d’un compositeur lui-même essentiel : Karol Szymanowski (1882 – 1937), par ce violoniste d’exception qu’est David Oïstrakh (1908 – 1974)…

    Au sein du somptueux coffret Warner « David Oistrakh – The Warner remastered edition – The Complete Columbia & HMV Recordings – Premières, Rarities & Live Performances » de 58 CDs et 3 DVDs,

    par quel CD débuter son écoute ?

    Dilemme de l’embarras du choix…

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    Par affinité personnelle essentielle avec le compositeur Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937), pour commencer ma découverte du violon magique de David Oïstrakh (Odessa, 30 septembre 1908 – Amsterdam, 24 octobre 1874) que vient nous offrir ce richissime et indispensable coffret Warner,

    mon choix s’est donc porté sur le CD n° 39 « Szymanowski« ,

    consacré à la « Sonate pour violon » Op. 9 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live en 1956 _, les « Mythes » Op. 30 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live à Moscou le 27 janvier 1956 _, « Nocturne et Tarentelle » Op. 28 (avec le piano de Frida Bauer) _ enregisté live le 20 février 1964 _, et le « Concerto pour violon n°1« , Op. 35 (avec l’Orchstre Philharmonique National de Varsovie placé sous la direction de Karol Stryja) _ enregistré live le 24 novembre 1961 _ de Karol Szymanowski.

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    Et ce CD n°39 est proprement fabuleux ! La pioche, magnifique, est rien moins que merveilleuse.

    Car en ces œuvres d’une déjà confondante beauté de Szymanowski, la magie idiosyncrasique du violon de David Oïstrakh est tout simplement la perfection même…

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    Et sur la merveille de ce richissime coffret Warner David Oïstrakh,

    voici aussi les appréciations un peu détaillées et très judicieuses de Jean-Charles Hoffelé en son article « Le Roi David » en date du 24 novembre dernier sur son site Discophilia,

    et de Patrice Lieberman en son article « Le Violon souverain de David Oïstrakh » en date du 6 décembre suivant sur le site du magazine belge Crescendo.

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    LE ROI DAVID

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    On n’y prendrait pas garde, mais la Russie mise au banc des nations civilisées par le génocide qu’elle commet en Ukraine, finira par faire disparaitre de la mémoire des jeunes mélomanes des artistes légendaires. Qui sait encore dans les moins de trente ans quel violoncelliste fut Daniil Shafran, qui parmi eux peut mettre un son sur le violon de Leonid Kogan ? Youtube s’en charge encore, mais avant bientôt quantité de musiciens de l’ère soviétique ne seront plus même des noms.

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    David Oïstrakh lui-même risquerait cette oblitération, ces disques consentis aux labels du monde libre ne sont pas si nombreux, une pincée pour Deutsche Grammophon, une autre pour la CBS, bien plus heureusement pour His Master’s Voice, mais pour un archet aussi rayonnant _ oui _ le legs est relativement mince : 28 CD réédités ici en reprenant les pochettes originales des microsillons en attestent, dérisoire si l’on songe au legs discographique de Yehudi Menuhin.

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    Ces gravures que l’on croît connaitre, réservent des surprises : la grande Suite de Taneïev sous la baguette stylée de Nikolai Malko célèbre une partition magnifique et la rencontre de deux Russies, le chef étant un pur produit de l’école impériale de direction d’orchestre. Le Premier Trio de Schubert rappelle, avec éloquence, qu’Oïstrakh était un fou de musique de chambre _ et c’est là bien évidemment capital. Les premières gravures suédoises avec Sixten Ehrling, Concertos de Beethoven et de Sibelius capturent la sonorité d’Oïstrakh dans sa pleine gloire. La Symphonie espagnole avec ses cinq mouvements célèbre l’alliance parfaite de cet archet classique avec la direction lumineuse de Jean Martinon. Tant d’exemples seraient à citer – le Concerto de Brahms deux fois, impossible de trancher entre Klemperer et Szell, Oistrakh y est royal, madeleine personnelle, le Premier Concerto de Chostakovitch dirigé par Maxim, le fils du compositeur – si l’apport décisif de cette édition historique n’était d’abord ailleurs.

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    Bruno Monsaingeon, « curator » de l’entreprise, a ouvert la boîte de pandore des archives russes, et glané un trésor _ voilà ! David Oïstrakh sous tous ses visages, et parfois les moins connus. Le virtuose sans esbrouffe rejoignant Kreisler par la pureté du style _ oui ! _ pour un plein disque des œuvres de ce dernier, le chambriste omniprésent, et d’abord pour un ensemble Schumann transcendant, Trios, Sonate, Quatuor (avec le piano de Goldenweiser) et même la Fantaisie dans l’orchestration de la mouture de Kreisler signée Feigin, mais aussi pour trois disques en quatuor ; le divulgateur qui n’hésitait pas à donner les concertos avec leur accompagnement de piano devant des publics éloignés de toute formation symphonique (même celui de Sibelius !), deux pleins CDs d’enregistrements de jeunesse avec la surprise d’un émouvant Concert de Chausson capté en 1939, supérieur à celui que l’on connaissait déjà, tout un récital de 1960. Impossible de tout détailler, mais impossible aussi de ne pas souligner qu’on y gagne un _ absolument magique ! _ album Szymanowski où seule la Sonate est doublonnée face à la gravure de studio, mais ce Premier Concerto à Varsovie avec Karol Stryja, quelle célébration panthéiste ! _ oui.

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    Le livret est une mine, les 3 DVD mettent un visage sur ce miracle sonore, le film de Bruno Monsaingeon capturant l’homme et son art : David Oïstrakh est enfin sauvé _ voilà : la transmission, elle aussi, est bien sûr capitale ! _ pour la génération qui vient.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    David Oïstrakh (The Warner Remastered Edition)
    The Complete Columbia Recordings
    Premières, Rarities & Live Performances

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    Œuvres de Ludwig van Beethoven, César Franck, Karol Szymanowski, Jean Sibelius, Edouard Lalo, Max Bruch, Sergei Prokofiev, Aram Khachaturian, Johannes Brahms, Franz Schubert, Giuseppe Tartini, Wolfgang Amadeus Mozart, Sergei Taneiev, Claude Debussy, Manuel de Falla, Eugene Ysaÿe, Piotr Ilitch Tchaikovski, Josef Suk, Henri Wieniawski, Aleksander Zarzycki, Dmitri Chostakovitch

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    Un coffret de 58 CD et 3 DVD du label Warner Classics 5054197963520
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    Photo à la une : le violiniste David Oïstrakh – Photo : © DR

     

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    Et Puis :

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    Le violon souverain de David Oistrakh

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    Le 6 décembre 2024 par Patrice Lieberman

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    Cette magie d’incarnation par David Oïstrakh de tels chefs d’œuvre de Karol Szymanowski en ce CD n° 39 de ce coffret,

    est proprement sidérante de finesse et justesse !

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    Ce mercredi 11 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La reconnaissance confirmée du talent singulier de Jonathan Fournel, brillant et affuté pianiste, ici dans Chopin et Szymanowski…

    Le 3 septembre dernier, je consacrais un article de curiosité admirative «  » envers le talent brillant et affuté du pianiste Jonathan Fournel, à l’occasion de la parution de son superbe album Alpha 1064 « Chopin – Szymanowski« … 

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    Et voici que trois semaines plus tard cette admiration mienne évoquée en mon article se voit rejointe et développée plus amplement par deux articles bien détaillés consacrés à ce même CD Alpha 1064 « Chopin -Szymanowski » de Jonathan Fournel au piano :

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    le premier avant-hier 23 septembre, par Jean Lacroix sur le site du magazine Crescendo, sous le titre de « Après Brahms et Mozart, Jonathan Fournel se tourne vers la Pologne » ;

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    et le second hier 24 septembre, par Jean-Charles Hoffelé, sur son blog Discophilia, sous le titre de « Les deux Pologne« …

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    Les voici donc, l’un et l’autre :

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    Après Brahms et Mozart, Jonathan Fournel se tourne vers la Pologne

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    Le 23 septembre 2024 par Jean Lacroix

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    Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour piano n° 3 en si mineur op. 58. Karol Szymanowski (1882-1937) : Variations pour piano en si bémol mineur op. 3 ; Variations sur un thème folklorique polonais op. 10. Jonathan Fournel, piano. 2023. Notice en français, en anglais et en allemand. 60’ 51‘’. Alpha 1064.

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    Vainqueur du Concours Reine Elisabeth de 2021, placé sous le signe de la pandémie, le pianiste français Jonathan Fournel (°1993), originaire de Sarrebourg, dans l’est de la France, avait alors démontré ses affinités particulières avec Brahms en jouant en demi-finale les Variations et Fugue sur un thème de Haendel op. 24, avant un brillant Concerto n° 2 en finale. Entré dès 2009 au CNSM de Paris où il étudia avec Bruno Rigutto, Brigitte Engerer, Claire Désert et Michel Dalberto, Fournel a poursuivi sa formation, à partir de 2016, à la Chapelle musicale de Waterloo, avec Louis Lortie et Avo Kouyoumdjian. Dans la foulée de ce Premier Prix, il a gravé pour Alpha son premier disque _ Alpha 851 _, consacré lui aussi à Brahms _ « Brahms – Piano Sonata N°3 – Handel Variations« … On y retrouvait l’opus 24 _ « Variations and Fugue on a Thème by Handel« … _, couplé à la Sonate n° 3 _ Op. 5. Nous avions souligné, le 23 novembre 2021, l’excellence du style, riche en nuances, ainsi que la plénitude, la capacité expressive, l’énergie et l’intensité émotionnelle que ces pages dévoilaient chez ce jeune interprète. Nous appelions aussi de nos vœux des gravures de Fournel dans d’autres répertoires. Ce fut chose faite, début 2024, pour le même label, avec les Concertos n° 18 et 21 de Mozart _ le CD Alpha 1039 _, l’Orchestre du Mozarteum de Salzbourg étant placé sous la direction de Howard Griffiths ; Fournel en soulignait toute la vivifiante élégance.

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    Pour son troisième album chez Alpha _ le CD Alpha 1064 _, le pianiste propose un album où se côtoient Chopin et Szymanowski. Un judicieux programme polonais, qui rappelle que le second nommé, dans ses partitions _ Op. 3 et Op. 10 _ de Variations, composées en pleine jeunesse, au tout début du XXe siècle, s’inscrit dans la descendance de Chopin, mais aussi du premier Scriabine, et sous influence brahmsienne et schumanienne. Dans l’opus 3 _ « Variations in B Flat Minor« … _, dédié à Arthur Rubinstein lorsqu’il est publié en 1910 (sauf erreur, le virtuose n’en a pas laissé de témoignage sur disque) _ l’œuvre a été composée en 1903 _, douze variations s’enchaînent, en moins de douze minutes, Szymanowski manie l’art de la concision et de la liberté expressive, avec des suraigus et des graves, une certaine joie, et un rappel de la marche funèbre de Chopin. Le compositeur est en recherche d’un style propre, qu’il va développer au sein de l’opus 10 _ « Variations on a Polish Folk Theme« … _ de manière plus large (une vingtaine de minutes), dans une polyphonie plus travaillée, qui fait défiler les variations d’un thème emprunté à un recueil de chants de la région de Zakopane, située au pied de la chaîne montagneuse des Tatras. La musique traditionnelle fait ainsi son entrée dans le catalogue de Szymanowski. L’écriture pianistique, qui n’est pas sans évoquer des atmosphères lisztiennes, s’exprime encore de façon académique (la dédicace est pour son professeur Zygmunt Noskowski), mais avec des humeurs variées : sombre, rêveuse, rythmée, funèbre, ou triomphale dans une conclusion en apogée. Jonathan Fournel sert ces deux séries de variations avec un vrai sens de l’équilibre instrumental, leur accordant cette part de jeunesse qui les caractérise, sans effets ni contrastes malvenus. Il met en évidence les influences, tout en animant le tout avec finesse et sûreté.

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    Placée entre les deux opus szymanowskiens, la Sonate n° 3 _ Op. 58 _ de Chopin (1844) fait vibrer la lumière et la joie, tout à fait à l’opposé de la Sonate Funèbre _ N°2. De style large et jaillissant, cette composition de Nohant, à la virtuosité maîtrisée, déploie un superbe chant d’une esthétique entre Beethoven et Bellini dans le vaste l’Allegro maestoso initial, avant un bref Scherzo « plus léger que l’air », selon la jolie formule de maints commentateurs. Le Largo se mue en caresses élégiaques qui s’épanouissent de façon rêveuse, en plein émerveillement, presque irréel. Chopin laisse la puissance et les scintillements se propager dans un final en forme de rondo, aux effets flamboyants. Jonathan Fournel est ici aussi à l’aise que dans Brahms ; il traduit tous les paysages intérieurs de Chopin avec un enthousiasme communicatif, un sens du partage, une flamme ardente et un engagement qui séduisent tout au long du parcours. Il sait aussi ne pas se laisser emporter par une fougue trop débridée et ne pas être débordé par une émotion excessive (le Largo est superbement énoncé), dans le respect de ce moment de bonheur que reflète l’écriture du compositeur. On aurait aimé que _ dans le livret du CD _ Fournel fasse l’un ou l’autre commentaire sur la manière dont il conçoit son approche de Chopin. Mais la notice n’en dit rien.

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    Ce troisième album confirme la maturité pianistique d’un artiste qui aura sans doute bien des richesses musicales à proposer dans le futur.

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    Son : 9  Notice : 8  Répertoire : 10  Interprétation : 10

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    Jean Lacroix

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    LES DEUX POLOGNE

    Admirable la Sonate en si _ de Chopin _ selon Jonathan Fournel, l’élégance et le feu, la main gauche impérieuse, le chant dit haut, la lumière même du Steinway font son Chopin d’une intense autorité sans pourtant oublier la ligne classique qu’y entendait jadis Dinu Lipatti. Le modèle certes était posé, mais le jeune homme y ajoute son propre clavier, où les polyphonies dansent, s’exaltent, s’envolent.

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    Pourtant, aussi fabuleuse que soit sa Sonate de Chopin, ce sont d’abord les deux cahiers de Variations _ Op. 3 et Op. 10 _ de Szymanowski qui me feront ranger le disque à l’auteur du Roi Roger _ ce chef d’œuvre majeur…

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    D’un Polonais l’autre croirait-on, mais non, le jeune Szymanowski ne regarde guère vers Chopin, Fauré s’évoque quasi sous les doigts du Français dans le thème de l’Opus 3, les verreries colorées de Scriabine, si souvent jouées pour Szymanowski par Heinrich Neuhaus, sont reconnaissables dans maintes variations, tout cela divulgué avec des attentions de poète qui trouveront l’ampleur commandée, une année plus tard _ en 1904 _, par les Variations sur un thème polonais, son glas fulgurant, ses esquisses de danses des Tatras, ses spectaculaires oiseaux de la coda, tout cela si vif, si prégnant, preuves nouvelles d’un art inspiré qui s’amplifie à chaque nouvel album.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Karol Szymanowski
    (1882-1937)

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    Variations en si bémol mineur, Op. 3
    Variations sur thème populaire polonais, Op. 10

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    Frédéric Chopin (1810-1849)

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    Sonate pour piano No. 3
    en si mineur, Op. 58

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    Jonathan Fournel, piano

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    Un album du label Alpha Classics 1064
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    Photo à la une : le pianiste Jonathan Fournel – Photo : © Marco Borggreve

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    Deux belles reconnaissances de la critique : un talent d’interprète assurément à suivre…

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    Ce mercredi 25 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa