Étiquette : la Garrigue

  • Vu Bardot hier soir sur Arte dans « La Vérité » excellemment dirigée par Clouzot : le jeu brillamment réussi entre personne et personnage, ou la question très pratique de la vérité cinématographique ; et son assimilation dangereuse de personne en sa vie privée (et en partie publique) de la liberté revendiquée à l’animalité de ses chers animaux, à la Madrague et la Garrigue, chez elle à Saint-Tropez…

    Dans la plupart de ses films, sinon tous, Brigitte Bardot n’est pas vraiment une véritable actrice endossant véritablement un rôle à devoir incarner sur l’écran, mais seulement Bardot elle-même – à cru., quasi animalement, à la sauvage ; voire à la tropézienne, en ses réserves de la Madrague et de la Garrigue, avec ses animaux.. – ; et pas du tout une vraiment bonne actrice, et même souvent une actrice exécrable…

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    À quelques très notables exceptions près, toutefois :

    quand il lui arrive de rencontrer une vraie direction d’acteur, extrêmement exigeante et même géniale, comme c’est le cas avec Henri-Georges Clouzot dans le film « La Vérité« , diffusé à la télévision hier soir, sur Arte, de 21h00 à 23h00…

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    Ou encore, cas d’école, quand le cinéaste a délibérément choisi de laisser Bardot faire tout simplement du – ou être seulement, presque sauvagement… – Bardot :

    ce fut le cas avec Roger Vadim, son découvreur, dans « Et Dieu créa la femme« , le film qui lui donna l’occasion inespérée, en 1956 – un phénomène aussi d’époque, il est vrai : avant-coureur… –  d’être à l’écran Bardot elle-même…

    – et combien de millions de simili-Bardot écloront à partir de là très vite ensuite, et dans le monde entier : elle avait été un phénomène rien moins que sociologiquement précurseur... – ;

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    et d’une autre façon, plus complexe – retorse, et même assez géniale – , comme Jean-Luc Godard dans « Le Mépris« , revu avant-hier soir à la télévision sur la 2 – cf mon article d’hier matin : « Souvenirs, souvenirs : Brigitte Bardot tournant à Saint-Emilion au mois d’août 1956 « La mariée est trop belle » avec Louis Jourdan, et signant avec un grand sourire un autographe sur une ordonnance de mon père, à Libourne…« …

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    Dans « La Vérité« , Clouzot sait en effet excellemment mettre Bardot au plein service dramatique, tragique – suicidaire, avec dégâts collatéraux extrêmes : le crime d’un amant pour lequel elle est ici jugée, et finit par se suicider… – de son personnage du film…

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    Très sensible ici déjà, qu’est Clouzot, aux dégâts commis – et à commettre bientôt… – par Bardot elle-même en ce qu’allait être sa vie personnelle de femme et de mère, contaminant par une forme d’irresponsabilité sado-masochiste – en son esprit : animale !.. – à demi assumée, ou pas – par ses contradictions de révoltée outrancière passant les bornes de la cohérence même (et responsabilité) de ses propres actes… – , sa vie hors cinéma…

    Avec un exhibitionnisme exacerbé, mais autorisé fictionnellement à l’écran – dans la vie, c’est un peu différent… – , d’actrice : « L’ai-je bien descendu ?« … ;

    ainsi que par le fantastique succès mondial qui n’a pas manqué de suivre de la résonance en écho dans le public fasciné de bien des personnages marquants de ses films…
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    D’où l’association d’esprit de toute sa vie, finalement – mais assez factuellement contestable : regarder-constater les énormes dégâts collatéraux chez elle ; mais aussi chez les très nombreux autres, de par le monde, qui se sont crus en droit, en toute bonne conscience, de pouvoir innocemment la suivre et l’imiter… – , entre animalité fantasmée et liberté revendiquée haut et fort – ainsi Bardot est-elle restée mondialement, iconiquement, populaire… Que de terribles malentendus philosophiques ici sur ce qu’est vraiment la liberté…

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    Et maintenant, j’attends que la télévision diffuse son « Vie privée » de Louis Malle : autre opus décisif de la carrière iconique d’actrice de Bardot…

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    Ce mardi 30 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa