Étiquette : label Arcana

  • Pour qui aime le hautbois baroque : le solaire CD « Concertos, Overture and Sonatas for Oboe Band – No Strings Attached » de l’Ensemble La Petite Ecurie,…

    Aimant beaucoup, passionnément, le hautbois baroque, le CD Arcana A 570 « Concertos, Overture and Sonatas for Oboe Band » de l’Ensemble No Strings Attached – constitué des 3 hauboïstes Miriam Jordi Hompanera, Valéris Colen et Marc Bonastre Riu ; du bassonniste Giovanni Battista Graziadio ; et du percussionniste baroque Philipp Lamprecht – , enregistré à Padoue du 18 au 22 mai 2023, vient combler mon plaisir,

    avec des oeuvres de Henry Purcell, Joseph Bodin de Boismortier, George-Frideric Handel, Louis-Antoine Dornel, Johann-Christian Schieferdecker, Antonio Vivaldi et Reinhard Keiser…

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    C’est la seconde moitié de l’article de Christophe Steyne « Hautbois baroque, deux récentes parutions » consacré à ce CD, un article paru sur le site de ResMusica le 26 avril dernier, qui m’a fait découvrir l’existence de ce nouveau CD : 

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    Hautbois baroque, deux récentes parutions

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    Le 26 avril 2025 par Christophe Steyne

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    « No strings attached » : une expression anglaise d’origine mercantile aux origines ambiguës, peut-être celles d’une corde accrochée à certains tissus pour signaler un défaut de confection. De nos jours elle désigne une affaire sentimentale sans lendemain, une relation libre – sans corde au cou, sans attaches -, telle qu’on retrouve ce sens dans le titre original de la comédie américaine Sex Friends (2011), et plus généralement un acte sans contrepartie ni obligation. Appliquée au présent disque, cette expression désigne un florilège d’œuvres dénuées d’accompagnement à cordes – voilà ! Puisque nous en sommes aux tournures idiomatiques, ouvrons une parenthèse linguistique. Écrire « les instrumentistes à cordes sont comme des cochons enfermés dans un sac » (page 12) que mentionnent les mémoires fictifs rédigés par Eva Ximena Traa relève peut-être d’une maladresse de traduction de l’anglais (« pig in a poke ») vers le français. Du moins perd-on le sens de l’expression « acheter un chat en poche » (utilisée en français, allemand, néerlandais), où le félin emballé dans un sac était fallacieusement substitué par le vendeur à la place d’un animal plus onéreux (tel un cochon de lait) que l’on menait au marché. Acheter sans vérifier le contenu, et nous voici gros-Jean comme devant. Sauf que les grognements des pourceaux ne sauraient ressembler aux miaulements que l’auteure du livret assimile aux bruits disgracieux des archets : dans cette opaque traduction, le lecteur risque de ne pas saisir la railleuse allusion.

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    Le recueil des Musicalische Concerte de Johann Christian Schieferdecker, prônant un quatuor d’anches en l’absence d’autres musiciens, a été pour La Petite Écurie l’étincelle de cette anthologie émancipée. Les arrangements émanent parfois de l’époque même, ainsi ceux consignés dans la Sonsfeldsche Musikalien Sammlung de la bibliothèque Fürstenbergiana d’Herdringen (Wetsphalie), et notamment les recueils qui appartinrent au général prussien Georg von Lilien (1652-1726), incluant le concerto grosso en fa majeur HWV 315 de G.F. Haendel, ici retenu. Précisons que les bandes de hautboisten, outre leur instrument de prédilection, étaient capables d’en jouer d’autres, ce qui relativise tout de même l’exclusivité de ce répertoire et sa pratique.

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    On aurait en tout cas aimé que la notice s’attardât sur les sources et leur perception. On est convié à un tour de l’Europe baroque. L’Angleterre s’invite dès l’introduction avec le Curtain Tune on a Ground du Timon of Athens de Purcell. Le royaume de Louis XIV est représenté par la Sonate en quatuor du Livre de simphonies de Dornel, dont Hugo Reyne et ses comparses (flûte, hautbois, violon) enregistrèrent – oui ! – une lecture plus brillante et aux timbres plus variés (Tempéraments, octobre 1997). Le siècle de Louis XV prête une sonate de Boismortier. L’Italie apparaît par une transcription du concerto « Per archi e cembalo » RV 153 du Prete Rosso. L’Allemagne se distingue par deux compositeurs septentrionaux, actifs ou publiés à Hambourg : un concerto de Schieferdecker, et une Ouverture en ré majeur de Keiser qui emprunte à son opéra Pomona, et qui se trouve ici enregistrée en première mondiale, dans cette parure pour anches dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque universitaire de Lund. Cette rareté est judicieusement rythmée par la percussion de Philipp Lamprecht, dont les timbales et tambours historiques concourent à d’autres pages du programme. Outre contraste et impact jamais forcés (on souhaiterait même parfois plus d’élan, de netteté de projection, de panache), l’équipe fondée en 2018 n’oublie pas de soigner l’intonation et nuancer son phrasé. Autant d’arguments pour se laisser tenter par cet album – voilà qui est dit !

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    Christophe Steyne

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    Arcana = Son : 9 – Livret : 8 – Répertoire & Interprétation : 8,5

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    Un récital solaire, irradiant de toutes sortes de joies…

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    Ce mercredi 30 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Sur deux articles consacrés à 2 CDs CPE Bach et l’ère Sturm und Drang parus ce 13 mars 2025, l’un, sur le site Discophilia et signé par Jean-Charles Hoffelé, et l’autre, sur le site de Crescendo Magazine et signé par Jean-Christophe Steyne), comparer les articles de mon blog « En cherchant bien » mis en ligne l’un, sur le CD Arcana A573, à la date du 14 janvier 2025, et l’autre, sur le CD BIS SACD 2459, à la date du 22 août 2024 : le jeu de confronter des appréciations…

    A propos de 2 articles portant sur 2 CDs consacrés tous les deux à CPE Bach et l’ère Sturm und Drang, parus ce même jour, jeudi 13 mars 2025,

    l’un sur le site Discophilia et signé Jean-Charles Hoffelé : « Direction perdue« ,

    et l’autre sur le site de Crescendo Magazine et signé Jean-Christophe Steyne : « CPE Bach, les symphonies hambourgeoises par Arte dei Suonatori : un théâtre bien appris« ,

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    il m’amuse de leur comparer ici même, sur ce blog, et tout de suite, les articles de mon blog « En cherchant bien » mis en ligne

    l’un à la date du mardi 14 janvier 2025, l’article « Découvrir et s’émerveiller au nouveau CD « The Age of Extremes » de Francesco Corti et Il Pomo d’Oro : avec des acmés de tendresse sublimes…« ,

    et l’autre à la date du jeudi 22 août 2024, l’article « Découverte ce jour d’une interprétation nouvelle des merveilleuses Symphonies hambourgeoises Wq. 182 du cher Carl-Philipp-Emanuel Bach : le CD Bis « Instrumental theatre of affects – CPE Bach – Hamburg Symphonies & Fantasias » de l’Ensemble Arte dei Suonatori sous la direction de Marcin Swiatkiewicz…« …

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    DIRECTION PERDUE

    Entre les ultimes folies du Baroque et l’empire de la raison du Classicisme, une tentation exista, qui par l’espressivo entendait briser la forme, ou du moins l’asservir ; le nouvel album de Francesco Corti et de ses amis d’il Pomo d’Oro, illustre cette parenthèse, le claveciniste sortant tout juste d’un saisissant récital Scarlatti où le même sujet était abordé par un angle différent (voir ici).

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    Le disque s’ouvre et se ferme par deux Concertos de Georg (Jiri Antonin) Benda où se lit déjà la veine sensible qui, chez Mozart, dynamitera le Classicisme. Mozart justement l’admirait pour son art du cantabile, et son goût des surprises les plus épicées : écoutez la furia du Finale du Concerto en fa mineur : on attend l’entrée d’un ténor réchappant d’une tempête.

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    Aussi spectaculaires que soient les deux opus du Bohémien, les vraies saveurs de l’Empfindsamkeit se dévoilent dans les opus des fils Bach, caprices plus inquiétants que fulgurants des Folies d’Espagne de Carl Philipp, cycle de variations qui referme la carrière d’un thème célèbre transformé en un cabinet de curiosité à force d’écritures contournées, surtout l’espressivo si désarmant, si décontenançant du Concerto de Wilhelm Friedemann, plus encore que de sa Sinfonia, musique si prompte à changer de direction, si perdue dans l’aparté, si chantournée qu’on perd la tête, cette déraison du cœur semblant comme le miroir inversé tendu à la raison du père.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    The Age of Extremes

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    Georg Benda (1722-1795)

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    Concerto pour clavecin, cordes et basse continue en fa mineur
    Concerto pour clavecin, cordes et basse continue en si mineur

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    Carl Philipp Emanuel Bach(1714-1788)

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    Les Folies d’Espagne, Wq. 118/9 (Variations)
    Sonatine pour clavecin, cordes et basse continue en ut majeur, Wq. 103, H. 457 (extrait : II. Andante)

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    Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784)
    Adagio e Fuga (Sinfonia) en ré mineur, F. 65
    Concerto pour clavecin, cordes et basse continue en ré majeur, F. 41

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    il Pomo d’Oro
    Francesco Corti, clavecin, direction

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    Un album du label Arcana A573
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    Photo à la une : le claveciniste Francesco Corti –
    Photo : © DR…

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    Et sur ce même CD Arcana A573, mon article du 14 janvier 2025 :

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    Découvrir et s’émerveiller au nouveau CD « The Age of Extremes » de Francesco Corti et Il Pomo d’Oro : avec des acmés de tendresse sublimes…

    — Ecrit le mardi 14 janvier 2025 dans la rubrique “Blogs, Musiques”.
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    Me frappent, et même m’éblouissent, sous les doigts décidément magiques de l’immense Francesco Corti, en ce CD Arcana 4573 « The Age of Extremes« ,

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    tout spécialement, et surtout,

    la Sinfonia Fk 65 de Wilhelm-Friedmann Bach (Weimar, 22 novembre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784) _ son Adagio est d’une tendresse sublime ! _,

    et l’Andante (extrait de la Sonatina Wq 103) de Carl-Philipp-Emanuel Bach(Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788) _ second sommet (méditatif !) de tendresse stupéfiante de ce CD ! _ :

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    infiniment sensibles et touchantes ainsi touchées par le merveilleux Francesco Corti…

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    Mais je remarque aussi combien les deux Concertos pour clavecin en fa mineur et en si mineur de Georg Benda (Benátky nad Jizerou, 1722 – Bad Köstritz, 1795) qui encadrent le programme de ce CD, doivent au style des années berlinoises de Carl-Philipp-Emanuel Bach _ qui demeura en poste à la cour de Berlin de 1738 à 1768)…

    Et eux aussi sont admirables !!!

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    A la ré-écoute, de nouveau, de ce nouveau très très beau travail de Francesco Corti,

    je constate que c’est peut-être la formidable tendresse et phénoménale douceur de son interprétation de cette musique si vivement contrastée de l’Empfindsamkeit, qui culmine et bouleverse, fait fondre…

    Chapeau l’artiste !

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    Ce mardi 14 janvier 2014, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Puis sur le CD Bis SACD 2459 :

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    CPE Bach, les symphonies hambourgeoises par Arte dei Suonatori : un théâtre bien appris

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    LE 13 MARS 2025 par Christophe Steyne
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    Instrumental theatre of affects. Carl Philipp Emanuel Bach(1714-1788) : Symphonies en sol majeur, si bémol majeur, ut majeur, la majeur, si mineur, mi majeur Wq 182/1-6. Fantaisies pour clavier en ut mineur Wq 63/6:III, en fa majeur WQ 59/5, en sol mineur WQ 117/13. Arte dei Suonatori, Marcin Świątkiewicz, clavecin, pianoforte. 2022. Livret en allemand, anglais, français. 84’27’’. SACD BIS-2459

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    Carl Philipp Emanuel Bach revient régulièrement dans les concerts de l’ensemble Arte dei Suonatori, qui a eu l’occasion de se produire dans les dix-huit symphonies léguées par le second fils de Johann Sebastian. Par exemple les quatre WQ 183, jouées mi-décembre 2023 au festival Actus Humanus de Gdansk. C’est l’intégralité des symphonies WQ 182 que nous propose cet album. Elles furent commandées par l’ambassadeur autrichien Gottfried van Swieten, six ans après que le compositeur se fut installé à Hambourg, d’où l’appellation toponymique que l’on prête à ce corpus.

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    Le baron van Swieten avait donné toute licence à l’auteur, qui ne s’en priva pas pour délivrer des partitions qui rivalisent d’audace, malgré une nomenclature limitée aux cordes et au continuo. Suivant la même coupe tripartite que les huit « berlinoises », les six « hambourgeoises » repoussent pourtant les limites expressives, exhaussent encore l’intensité, le contraste dynamique et rythmique, l’impulsivité, l’excentricité, en alliant la sensibilité de l’Empfindsamkeit au Sturm und Drang le plus farouche.

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    Plusieurs fois rééditées depuis leur parution, ces œuvres « ont pu bénéficier d’une tradition d’exécution ininterrompue jusqu’à nos jours » précise le livret de l’album. Au disque, les bonnes adresses n’ont jamais manqué. Parmi les enregistrements qui ont fait leurs preuves, on citera Christopher Hogwood et son Academy (L’Oiseau Lyre, mars 1977), fin et élancé, délicatement coloré, qui tire ces pages vers un hédonisme raffiné. Presque à l’opposé, Hartmut Haenchen et son Kammerorchester (Capriccio, octobre 1985) tendaient à un robuste préclassicisme fermement architecturé. Entre ces pôles, toutes les intentions restent possibles.

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    Dans sa note de présentation, Marcin Świątkiewicz signale que son approche a été guidée par l’univers de l’opéra, justifiant le sous-titre « théâtre instrumental des affects ». L’ordre des symphonies se trouve réagencé (5e, 3e, 2e, 4e, 6e, 1e) et peut s’entendre comme deux actes, séparés par la symphonie en si bémol majeur, et structurés par quatre Fantaisies pour clavier (dont une improvisée) en guise de récitatif. Pourquoi pas ? Plus singulièrement, le continuo alterne clavecin (Christian Fuchs d’après Johannes Ruckers) et pianoforte (un modèle d’après Johann Andreas Stein). On sera plus sceptique face à l’affirmation selon laquelle cet opus relèverait « de la musique de chambre intime. C’est pourquoi nous avons décidé de les interpréter dans une formation qui rappelle un quatuor à cordes élargi ». De fait, un pionnier comme Trevor Pinnock et son English Concert (Archiv, 1979, reparu en SACD chez Pentatone) prônait une vingtaine d’archets. Tout récemment, Alexander Janiczek & Orchestra of the Eighteenth Century (Glossa) en ajouta encore quelques-uns.

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    Au-delà du débat sur l’effectif en jeu, c’est plutôt l’esthétique qui pose question. On apprécie certes la palette de nuances défendue par l’équipe fondée en 1993, mais son optique da camera ne se traduit pourtant pas par une extrême précision de diction, ce qui évite du moins la sécheresse. Il manque surtout ce zeste d’imprévisibilité, ce grain de témérité, un zèle de clair-obscur qui surprendrait l’écoute. Ce qui n’ôte rien à quelques intéressants travaux de texture (les soufflets dans l’Allegro assaï de la 4e) dont les harmoniques bénéficient d’une subtile moirure en mode SACD. Cependant, même dans cette lecture haute définition, la transparence et la dynamique ne sont pas optimales par rapport aux standards audiophiles. Plutôt sages, les tempos n’enthousiasment pas plus que de raison, et se propulsent sur des basses plus limpides que puissantes. Ce qui n’empêche pas le Presto de la 5e de s’activer avec une fougue à peu près sans rivale dans la discographie, mais pour un résultat lustré, bien loin du relief torrentiel d’Ophélie Gaillard & Pulcinella (Aparté).

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    On résumerait en disant qu’Arte dei Suonatori grave une eau-forte qui se laisse admirer par la souple acuité de son graphisme, ses éclairages crus alla Pinnock, mais le tableau y semble filtré par un artifice nous éloignant de la vie authentique que réclament ces instantanés. Puisque le projet se revendique du théâtre, on conclura que ses acteurs y assurent un texte bien appris, peaufiné avec un soin de tout instant, mais qui se cantonne à une mince initiative autour des rôles. Tel quel, le spectacle s’en tient à une rhétorique qui nous rappelle toute la distance entre grammaire et instinct dramatique, celui qui transparaît avec force dans le récent CD de l’Akademie für alte Musik (Harmonia Mundi) proposant de quatre symphonies une exécution de haut vol. Lâcher la bride, libérer l’invention, désinhiber l’effet de scène : la prime de risque aurait placé la proposition polonaise parmi les plus émoustillantes.

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    Christophe Steyne

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    Son : 8 – Livret : 8,5 – Répertoire : 9 – Interprétation : 8

     

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    Er maintenant mon article en date du 22 août 2024 :

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    Découverte ce jour d’une interprétation nouvelle des merveilleuses Symphonies hambourgeoises Wq. 182 du cher Carl-Philipp-Emanuel Bach : le CD Bis « Instrumental theatre of affects – CPE Bach – Hamburg Symphonies & Fantasias » de l’Ensemble Arte dei Suonatori sous la direction de Marcin Swiatkiewicz…

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    — Ecrit le jeudi 22 août 2024 dans la rubrique “Blogs, Musiques”.
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    C’est l’article d’hier 22 août « Naissance de la symphonie » de l’avisé Jean-Charles Hoffelé qui m’a fait découvrir l’existence d’un CD assez étrangement demeuré inaperçu jusqu’ici de ma part, d’un compositeur que j’apprécie énormément, Carl-Philipp-Emanuel Bach, le CD Bis 2459 – SACD « Instrumental theatre of affects – CPE Bach – Hamburg Symphonies & Fantasias« , enregistré à Varsovie du 7 au 10 août 2022 par l’Ensemble Arte dei Suonatori, sous la direction de Marcin Swiatkiewicz…

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    J’aime énormément ces fantasques et très dynamiques « Symphonies hambourgeoises » du très cher CPE Bach, dont ma discothèque personnelle possède d’assez nombreuses interprétations ;

    cf par exemple mes articles «  » du 17 mars dernier,

    et «  » du 21 mai 2020…

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    Et voici donc l’intéressant article d’hier de Jean-Charles Hoffelé « Naissance de la symphonie » :  

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    NAISSANCE DE LA SYMPHONIE

    Le coup d’œil de l’Akademie _ en le CD Harmonia Mundi HMM 903317 « From Berlin to Hamburg » de l’Akademie für Alte Musik Berlin, en registré à Berlin en janvier 2023 que Jean-Charles Hoffelé chroniquee ici pour commencer… _ est large, englobant les années Berlin, où le langage de Carl Philipp Emanuel Bach mêle encore les styles, balance entre galant et Empfindsamkeit, ce que l’ensemble étoffé fait entendre avec une foule de nuances, et l’atelier des Six Symphonies hambourgeoises, qui reste toujours aussi surprenant _ oui _ par ses imaginations, ses foucades _ fantasques…

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    L’Akademie les replace dans une perspective où l’on voit à l’horizon Haydn lui-même, façon de clore en majesté leur intégrale du corpus symphonique, même si l’on devra chercher l’ultime œuvre du cahier dans un volume précédent.

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    Marcin Świątkiewicz et ses Suonatori _ eux, chroniqués à la suite… _ envisagent l’ensemble hambourgeois sous un autre angle et le propose au complet _ des 6 Symphonies Wq. 182 _ : non plus l’orchestre conséquent _ de 27 instrumentistes _ choisi par l’Akademie, mais une formation chambriste, en fait un quatuor élargi, six violons, un alto, un violoncelle à quoi s’ajoute une contrebasse _ soit 9 instrumentistes seulement ici.

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    Les œuvres y gagnent une volatilité, une fantaisie, une clarté _ indispensables, les trois ! _ dans les audaces harmoniques qui soulignent leur caractère expérimental. Fascinant _ oui _, par la qualité du son, la précision des attaques _ qualités (chambristes) qui me vont personnellement droit au cœur ! _, l’aspect novateur des inventions de Carl Philipp jaillissant littéralement.

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    Entre certaines des symphonies, Marcin Świątkiewicz retrouve clavecin ou pianoforte pour quatre « Fantaisies » dont le discours est placé pour faire miroir, célébrant le théâtre des affects _ voilà _ qui nomme leur spectaculaire album.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    From Berlin to Hamburg

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    Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788)

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    Symphonie en ut majeur,
    H. 649, Wq. 174

    Symphonie en ré majeur,
    H. 651, Wq. 176

    Symphonie en mi mineur,
    H. 652, Wq. 177

    Symphonie en sol majeur,
    H. 657, Wq. 182/1

    Symphonie en ut majeur, H. 659, Wq. 182/3
    Symphonie en la majeur, H. 660, Wq. 182/4
    Symphonie en si mineur, H. 661, Wq. 182/5

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    Akademie für Alte Musik, Berlin

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    Un album du label harmonia mundi HMM902317
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    Instrumental Theatre
    of Affects

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    Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788)

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    Symphonie en si mineur,
    H. 661, Wq. 182/5

    Sonate pour clavier en fa mineur, H. 75, Wq. 63/6
    Symphonie en ut majeur,
    H. 659, Wq. 182/3

    Fantaisie pour clavier en fa majeur, H. 279, Wq. 59/5
    Symphonie en si bémol majeur, H. 658, Wq. 182/2
    Symphonie en la majeur, H. 660, Wq. 182/4
    Symphonie en mi majeur, H. 662, Wq. 182/6
    Fantaisie pour clavier en sol mineur, H. 225, Wq. 117/13
    Symphonie en sol majeur, H. 657, Wq. 182/1

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    Arte dei Suonatori
    Marcin Świątkiewicz, direction, clavecin, pianoforte

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    Un album du label BIS Records 2459
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    Photo à la une : le claviériste Marcin Świątkiewicz – Photo : © DR

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    Mais j’adore aussi et surtout la virevoltante et presque folle vie que l’Orchestra of the Eighteenth Century a su mettre dans son interprétation sublimissime (!!!) de ces 6 Symphonies hambourgeoises WQ 182, sous la dirction d’Alexander Janiczek, en son miraculeux CD Glossa 921134 « Carl-Philipp-Emanuel Bach – The Hamburg Symphonies Wq 182 » _ enregistré à Amsterdam en mai 2021 et septembre 2022 _ qui m’enthousiasme toujours autant depuis l’écoute dont témoigne l’enthousiasme de mon article «  » du 17 mars 2024…

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    Une musique parfaite de joie !!!

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    Ce jeudi 22 août 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Comparer est toujours intéressant,

    et surtout à propos d’interprétations d’œuvres que l’on chérit…

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    Ce jeudi 13 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La collection Alessandro Stradella d’Andrea De Carlo dirigeant l’Ensemble Mare Nostrum s’enrichit d’un intéressant CD « Un Angelo del Paradiso – The Orrigani Songbook »…

    Sans avoir été totalement charmé,

    c’est avec cependant une curiosité assouvie que je me suis procuré de CD Arcana « Alessandro Stradella – Un Angelo del Paradiso – The Orrigani Songbook« , d’Andrea De Carlo dirigeant son Ensemnble Mare Nostrum…

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    L’article de Cécile Glaenzer « Un angelo del Paradiso : un florilège d’airs de Stradella« , paru tout juste hier sur le site de ResMusica, rend mieux compte que moi de la richesse de ce nouveau CD Stradella d’Andrea De Carlo,

    un florilège d’airs composés par Stradella pour le castrat Marc’Antonio Orrigani (ou Origoni) :

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    Un angelo del Paradiso : un florilège d’airs de Stradella

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    L’ et la soprano nous proposent ici une anthologie d’airs extraits d’opéras d’Alessandro Stradella.

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    poursuit avec bonheur l’enregistrement de son « Stradella Project » (qui en est à son huitième volume _ voilà ! _) de manière originale, autour _ cette fois _ de la figure du castrat Marc’Antonio Orrigani. Il reconstitue un Songbook imaginaire qui réunit des airs de six opéras et d’un oratorio que Stradella a composés pour son interprète préféré. Orrigani, castrat soprano au service du duc de Modène, était qualifié par Stradella lui-même d’ « ange du paradis ». Entre les airs, symphonies et danses instrumentales servent de ritournelles pour constituer un programme d’une belle cohérence aux enchaînements très fluides, qui met en avant les qualités dramatiques du compositeur.

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    On avait déjà remarqué dans le CD consacré à Il Trespolo tutore en 2021 que Stradella était maître dans l’art de la veine burlesque, précurseur de l’opera buffa. C’est encore ce qui ressort à l’écoute de ces extraits variés, mais pas seulement. La voix très théâtrale de la soprano italienne passe avec aisance de la légèreté comique aux accents désespérés de la tragédie. Dans l’air d’Antico en forme de bataille, l’appel aux armes étonne par des aigus volontairement forcés. Le contraste avec le grand air de désespoir de Susanna, dans l’oratorio éponyme, est saisissant, et les chromatismes de l’écriture viennent nous surprendre. Tous ces effets théâtraux sont parfaitement soulignés par des intermèdes instrumentaux dégageant une belle énergie. Malgré un effectif relativement réduit (deux violons et une basse continue), l’ donne l’impression de disposer de tout un orchestre grâce à l’inventivité d’un pupitre de basses très fourni, à l’instrumentarium varié. Les symphonies guerrières, nombreuses dans ce programme (« où battent autant de coups que de notes »), sont soulignées par des basses aux allures de percussion, et il nous semble entendre l’appel des trompettes dans le jeu des violons. Dans les ballets, les instrumentistes font preuve d’une dynamique contagieuse. Un programme exemplaire qui offre de bien belles découvertes  _ voilà qui est excellemment dit.

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    Un angelo del Paradiso. The Orrigani songbook. Alessandro Stradella (1643-1682). Airs, symphonies et ballets.

    Silvia Frigato, soprano. Ensemble Mare Nostrum. Andrea De Carlo, direction.

    1 CD Arcana. Enregistré en août 2021 et août 2023 à Viterbe.

    Notice de présentation en français, anglais, italien.

    Durée : 67:40

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    Ce lundi 16 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le bonheur d’un magistral Francesco Corti en un resplendissant magique CD Arcana « Domenico Scarlatti – A Man of Genius » : un éblouissement du plaisir d’imageance folâtre du compositeur !

    Domenico Scarlatti (Naples, 26 octobre 1685 – Madrid, 23 juillet 1757) est un compositeur au génie musical unique ; et Francesco Corti (Arezzo, 1984) est un claveciniste magistral !

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    Nulle surprise, par conséquent, et paradoxalement !, en l’éblouissement confondant _ waou !!! _ de ce resplendissant absolument magique CD Arcana A 568 « Domenico Scarlatti – A Man of Genius – Sonatas 1752-1753 » _ regardez cette toute récente brève vidéo de présentation du CD (de 3′ 47) par le flamboyant Francesco Corti lui-même, à Royaumont ; ainsi que cette autre d’un bref extrait (de 1’11, seulement…) de son interprétation, toujours à Royaumont, de la Sonate K. 242, Vivo… _,

    enregistré du 4 au 6 décembre 2023 à l’Abbaye de Royaumont, sur un clavecin du cher Philippe Humeau de 2002 _ à Barbaste _, d’après des modèles italiens, prété pour cette occasion par l’ami Bertrand Cuiller,

    et pour un choix-florilège de 16 Sonates totes conservées sur des manuscrits _ de quelle(s) main(s) ?… _ datés de 1752 et 1753 conservés à la Bibliothèque Marciana de Venise et à la Bibliothèque Palatine de Parme.

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    Et qui semblent, ainsi intentionnellement transcrites couplées deux par deux, faire partie d’une période de somptueuse maturité (1742 – 1752) de l’œuvre pour clavier _ de possiblement 555 Sonates… _ du compositeur, Domenico Scarlatti,

    dont l’historique de la publication de l’œuvre continue de faire question pour les musicologues, ainsi que le rapporte en son très détaillé article de présentation de ce choix de 16 Sonates couplées deux par deux _ K. 208 et K. 209, K. 213 et K. 214, K. 215 et K. 216, K. 217 et K.218, K.219 et K. 220, K. 242 et K. 243, K.244 et K. 245, K. 248 et K. 249, dans le catalogue Kirkpatrick… _, « Scarlatti, l’accord des contrastes », Marco Moraighi, aux pages 10 à 14 du très intéressant livret de ce splendide CD Arcana A 568…

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    Le second article du livret de ce CD, intitulé « Un homme de génie » _ à partir d’un qualificatif, en 1773, de Charles Burney _, aux pages 15 à 17, est tout aussi passionnant sur l’idiosyncrasie très remarquable et tellement évidente du mode d’invention débridé, hors normes, de la composition de ses Sonates par Domenico Scarlatti ; et il est de la plume de Francesco Corti lui-même :

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    « Excellent maître des jeux, Scarlatti, la plupart du temps, nous étonne et nous amuse _ et même nous enchante et  passionne ! _ avec une inventivité _ absolument libre et radieusement joyeuse… _ qui semble infinie « ,

    car « rompant les schémas classiques  des attentes galantes _ un peu trop formelles et convenues, elles _ du baroque mûr, Scarlatti joue magistralement avec le matériel musical _ dont il s’amuse à plaisir : royalement… On le voit construire des architectures éphémères et instables, établir chez l’auditeur des attentes qui seront immanquablement (et délicieusement _ voilà ! avec tellement d’humour… _) déçues. Dans ce petit jeu de subtiles évocations, de surprises et d’expectatives, se trouve le genius _ dont a qualifié Scarlatti, à Londres en 1773, en son célèbre « Voyage musical dans l’Europe des Lumières« , le fameux Charles Burney... Scarlatti est parmi les premiers à inaugurer la saison de l’exploration systématique _ mais déconstruite, ouverte, ludique _ des possibilités formelles : le classicisme. Son choix de mettre en pratique cette recherche personnelle en se concentrant de manière obsessionnelle _ en totale liberté d’invention _ sur une unique forme musicale durant toutes les années de sa maturité, rend l’expérience véritablement unique » _ voilà ; et géniale….

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    Francesco Corti qui poursuit sa présentation ainsi :

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    « Pour cet enregistrement, j’ai décidé de me limiter à un groupe de sonates copiées (parfois décomposées) dans un laps de temps bref : la pleine maturité de Scarlatti _ celle des années 1742-1752… _, mais loin de ses expériences tardives _ plus étranges encore en l’exploration aventureuse et inépuisable de ce que je me permets de nommer l’admirable « imageance » scarlatienne ; et sur ce Scarlatti tardif, écouter le grand et génial lui aussi Pierre Hantaï… Dans sa très vaste production, il m’a paru intéressant de réduire le spectre de ma recherche à une unique période, plutôt que de concevoir un programme « à la carte » _ aux variables et combinatoires effectivement infinies. J’ai aussi décidé de respecter de manière rigide leur regroupement par paires. Cette organisation est systématique dans les volumes conservés à Parme et à Venise, et elle est à mon avis significative musicalement » _ ce qui constitue un point tout à fait décisif, en effet !

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    Et il conclut :

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    « En fouillant dans la mémoire de ses auditeurs comme de ses interprètes, Scarlatti ne peut que stimuler des réponses _ ouvertes _ personnelles. Les approches possibles de sa musique seront donc aussi nombreuses _ oui _ que le seront les musiciens _ interprètes, au disque comme au concert, ou même chez eux et pour eux... _ qui décideront de redonner vie _ bondissante et toujours surprenante, pour le pur plaisir de folâtrer ! _ à ces merveilleux chefs d’œuvre » _ c’est là parfaitement vu et dit.

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    Voici donc, en cette performance-ci du décidément chaque fois magnifique Francesco Corti, des interprétations magistrales de pur plaisir, à nulle autre pareilles _ et pourtant… _, vraiment !

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    En un CD enthousiasmant et à la joie irradiante, qui fait date !

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    Un bonheur donc à partager !

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    Ce mardi 1er octobre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa