Aimant beaucoup, passionnément, le hautbois baroque, le CD Arcana A 570 « Concertos, Overture and Sonatas for Oboe Band » de l’Ensemble No Strings Attached – constitué des 3 hauboïstes Miriam Jordi Hompanera, Valéris Colen et Marc Bonastre Riu ; du bassonniste Giovanni Battista Graziadio ; et du percussionniste baroque Philipp Lamprecht – , enregistré à Padoue du 18 au 22 mai 2023, vient combler mon plaisir,
avec des oeuvres de Henry Purcell, Joseph Bodin de Boismortier, George-Frideric Handel, Louis-Antoine Dornel, Johann-Christian Schieferdecker, Antonio Vivaldi et Reinhard Keiser…
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C’est la seconde moitié de l’article de Christophe Steyne « Hautbois baroque, deux récentes parutions » consacré à ce CD, un article paru sur le site de ResMusica le 26 avril dernier, qui m’a fait découvrir l’existence de ce nouveau CD :
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Hautbois baroque, deux récentes parutions
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Le 26 avril 2025
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« No strings attached » : une expression anglaise d’origine mercantile aux origines ambiguës, peut-être celles d’une corde accrochée à certains tissus pour signaler un défaut de confection. De nos jours elle désigne une affaire sentimentale sans lendemain, une relation libre – sans corde au cou, sans attaches -, telle qu’on retrouve ce sens dans le titre original de la comédie américaine Sex Friends (2011), et plus généralement un acte sans contrepartie ni obligation. Appliquée au présent disque, cette expression désigne un florilège d’œuvres dénuées d’accompagnement à cordes – voilà ! Puisque nous en sommes aux tournures idiomatiques, ouvrons une parenthèse linguistique. Écrire « les instrumentistes à cordes sont comme des cochons enfermés dans un sac » (page 12) que mentionnent les mémoires fictifs rédigés par Eva Ximena Traa relève peut-être d’une maladresse de traduction de l’anglais (« pig in a poke ») vers le français. Du moins perd-on le sens de l’expression « acheter un chat en poche » (utilisée en français, allemand, néerlandais), où le félin emballé dans un sac était fallacieusement substitué par le vendeur à la place d’un animal plus onéreux (tel un cochon de lait) que l’on menait au marché. Acheter sans vérifier le contenu, et nous voici gros-Jean comme devant. Sauf que les grognements des pourceaux ne sauraient ressembler aux miaulements que l’auteure du livret assimile aux bruits disgracieux des archets : dans cette opaque traduction, le lecteur risque de ne pas saisir la railleuse allusion.
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Le recueil des Musicalische Concerte de Johann Christian Schieferdecker, prônant un quatuor d’anches en l’absence d’autres musiciens, a été pour La Petite Écurie l’étincelle de cette anthologie émancipée. Les arrangements émanent parfois de l’époque même, ainsi ceux consignés dans la Sonsfeldsche Musikalien Sammlung de la bibliothèque Fürstenbergiana d’Herdringen (Wetsphalie), et notamment les recueils qui appartinrent au général prussien Georg von Lilien (1652-1726), incluant le concerto grosso en fa majeur HWV 315 de G.F. Haendel, ici retenu. Précisons que les bandes de hautboisten, outre leur instrument de prédilection, étaient capables d’en jouer d’autres, ce qui relativise tout de même l’exclusivité de ce répertoire et sa pratique.
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On aurait en tout cas aimé que la notice s’attardât sur les sources et leur perception. On est convié à un tour de l’Europe baroque. L’Angleterre s’invite dès l’introduction avec le Curtain Tune on a Ground du Timon of Athens de Purcell. Le royaume de Louis XIV est représenté par la Sonate en quatuor du Livre de simphonies de Dornel, dont Hugo Reyne et ses comparses (flûte, hautbois, violon) enregistrèrent – oui ! – une lecture plus brillante et aux timbres plus variés (Tempéraments, octobre 1997). Le siècle de Louis XV prête une sonate de Boismortier. L’Italie apparaît par une transcription du concerto « Per archi e cembalo » RV 153 du Prete Rosso. L’Allemagne se distingue par deux compositeurs septentrionaux, actifs ou publiés à Hambourg : un concerto de Schieferdecker, et une Ouverture en ré majeur de Keiser qui emprunte à son opéra Pomona, et qui se trouve ici enregistrée en première mondiale, dans cette parure pour anches dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque universitaire de Lund. Cette rareté est judicieusement rythmée par la percussion de Philipp Lamprecht, dont les timbales et tambours historiques concourent à d’autres pages du programme. Outre contraste et impact jamais forcés (on souhaiterait même parfois plus d’élan, de netteté de projection, de panache), l’équipe fondée en 2018 n’oublie pas de soigner l’intonation et nuancer son phrasé. Autant d’arguments pour se laisser tenter par cet album – voilà qui est dit !
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Christophe Steyne
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Arcana = Son : 9 – Livret : 8 – Répertoire & Interprétation : 8,5
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Un récital solaire, irradiant de toutes sortes de joies…
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Ce mercredi 30 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa







