Étiquette : label Artalinna

  • Accéder à nouveau à l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) via le CD « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule, après le CD « Danse des morts » de L’Atelier de Musique dirigé par Pierre Dumoussaud : la profonde et fondamentale intégrité musicale d’Aline Piboule en son jeu, comme en la composition maîtrisée de ses programmes…

    Hier mardi 21 juillet, en fouillant parmi les riches bacs de mon disquaire préféré, je suis tombé sur un CD d’Aline Piboule, pianiste que j’affectionne tout particulièrement, le CD Artalinna ATL A044 « coincidentia opposotorum – Bach – Greif – Liszt » – enregistré à l’Arsenal de Metz du 26 au 29 avril 2023 – , qui ne figurait pas jusqu’ici dans ma discothèque personnelle, et que je me suis empressé, bien sûr, d’acquérir et écouter – à écouter aussi ici en son intégralité… 

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    Olivier Greif (Paris, 3 janvier 1950 – Paris, 13 mai 2000) n’est pas un compositeur dont la fréquentation de l’œuvre m’est familière, même si je possède un CD à son « Danse des morts » consacré – en regarder ici la vidéo d’une brève (1′ 56) mais intéressante présentation par les interprètes : Pierre Dumoussaud, Philippe Hattat, Edwin Fardini… – , le CD B Records LBM 035 – enregistré Live à Deauville le 1er mai 2021 – ,

    qu’abordait circonstanciellement, à partir du nom du pianiste Philippe Hattat, mon article « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) » en date du 14 avril 2022,

    un article qui donnait aussi à écouter, au passage, les « Chants de l’âme » d’Olivier Greif :

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat

    m’ont conduit à la découverte de l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) :

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    c’est un article de ResMusica « Le label b-records lance la plateforme de streaming b-concerts » d’avant-hier 12 avril, qui m’a mené à un autre article – signé Jean-Christophe Le Toquin – du même site ResMusica du 5 avril 2020,

    intitulé, lui, « Les chants de l’âme d’Olivier Greif par Marie-Laure Garnier« ,

    qui m’a mené, lui, au nom du pianiste Philippe Hattat.

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    Ce qui m’a immédiatement ramené,

    au delà et en-deçà de mon article du 1er septembre 2020 « « ,

    à mes articles de recherches ravéliennes de juillet et septembre 2019,

    qui ont bénéficié de très bienvenus apports de la curiosité (et très aimable aide à ma recherche) de Philippe Hattat – ce fut le 13 juillet 2019, puis le 25 septembre 2019 –

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    d’abord à celui-ci, très important, du 15 juillet 2019, «  «  ;

    …

    et puis à ceux-là, des 24 et 30 septembre 2019 :

    « « 

    et surtout « « 

    …

    Voilà les raisonnements et démarches – en rhizomes – qui m’ont donc conduit à découvrir – enfin ! comment avais-je pu jusqu’ici passer à côté ?.. – la musique majeure d’Olivier Greif,

    et, qui plus est, grâce à des enregistrements discographiques comportant la présence au piano de Philippe Hattat

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    Illico presto, hier, j’ai pu mettre la main sur le CD B-Records LBM 035 de la « Danse des morts » ;

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    et ce jour, je vais chercher en chasse – hélas en vain… – d’un exemplaire du CD B-Records LBM des « Chants de l’âme » d’Olivier Greif

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    Mais voici, déjà, de quoi écouter, de ces « Chants de l’âme » d’Olivier Greif,

    ses 9 moments,

    sur des poèmes de Poètes métaphysiciens anglais, dont John Donne – que j’aime tant ! – ,

    ainsi que le plus tardif William Blake 

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    1 The Tyger 3’ 08
    2 Deniall 5’ 49
    4 Sic Vita 2’ 44
    6 Virtue 4’ 11
    7 Song 4’ 09
    8 Mortification 8’22
    9 Peace 6’ 08

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    Et, en bonus,

    toujours d’Olivier Greif,

    son « Tombeau de Maurice Ravel » pour Piano à 4 mains (d’une durée de 17′ 36) ;

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    ce qui s’impose ici…

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    À suivre…

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    Ce jeudi 14 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    À ce CD Artalinna ATL – A044 « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule,

    Jean-Charles Hoffelé avait, le 4 juillet 2024, consacré un article intitulé « Le plein et le vide » qui ne m’avait assurément pas marqué,

    et que voici, dominé par une critique assassine, non pas du jeu d’Aline Piboule, admiré lui, mais de la composition d’Olivier Greif,

    en ce disque qualifié par le critique de « si noir« …

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    Et qu’on en juge ici : 

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    LE PLEIN ET LE VIDE

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    Dans un beau texte – oui – Aline Piboule avoue son amour – oui, empreint d’une certaine touche de mysticisme : elle déclare ainsi, assez elliptiquement, ceci de très personnel, dans le livret : « La musique m’a sauvée, j’ai pu m’y engouffrer à des moments où être seule n’est pas conseillé, et ces deux compositeurs – Greif et Liszt – tous deux pianistes de génie, m’ont accompagnée dans cette quête vers la transcendance« … – des œuvres d’Olivier Greif. Elles me sont toujours tombées des mains et des oreilles – rien moins ! – , et ce n’est pas le ressassement de Domino – la chanson – qui balbutie en boucle à l’ouverture de la 21e Sonate (je préfère la chanson in extenso, plutôt par Lucienne Delyle que par André Claveau) qui allégera l’ennui qui me gagne.

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    Bon, allez, si vous aimez les œuvres d’Olivier Greif, qui sont toujours accompagnées du pistolet pour vous révolvériser – pan ! – , vous admirerez l’art qu’y met la pianiste – voilà, voilà – , cet art que je préfère lorsqu’elle l’emploie à la nudité – magnifique, en effet ! – de ce Bach qui ouvre le disque – à écouter ici… – , à la rumeur mystique de Bénédiction de Dieu dans la solitude, au sombre de la Deuxième Ballade – de Liszt – , où ses timbres, son clavier profond – voilà ! – trouvent des chefs-d’œuvre à tutoyer. Et puis à la fin, ce petit Bach/Petri, fragile rayon d’un soleil que je croyais banni de ce disque si noir – l’expression que je viens de souligner pour qualifier l’appréciation générale de Jean-Charles Hoffelé sur ce disque…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Coincidentia oppositorum

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    Ich ruf zu dir Herr Jesu Christ, BWV Anh.73 (version jouée au piano)
    Aria « Schafe können sicher weiden » (No. 9, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd », BWV 208 ; version pour piano seul : Egon Petri)

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    Franz Liszt (1811-1886)
    Ballade No. 2 en si mineur, S. 171
    Bénédiction de Dieu dans la solitude (No. 3, extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III, S. 173 »)

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    Olivier Greif (1950-2000)
    Sonate pour piano No. 21, Op. 303 « Codex Domini »
    Three Poems of Li T’ai Po (Sonate pour piano No. 18), Op. 76

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A044

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    Photo à la une : © DR

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    Afin de mieux juger,

    je propose ici à chacun d’écouter les 3 mouvements de la Sonate pour piano n°21, Op. 303 « Codex Domini », d’Olivier Greif,

    magnifiquement servis par Aline Piboule en ce CD :

     

    _ I. Varsovie / Prague (5′ 28)

    _ II. Munich (34″)

    _  III. (15′ 05)

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    Avec ce commentaire d’Aline Piboule en le livret de son CD :

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    « D’une noirceur redoutable – donc parfaitement assumée par elle en ce CD – , la Sonate « Codex Domini » d’Olivier Greif évoque la maladie, mais aussi, me semble-t-il, une certaine ambiguÏté empruntée à la chanson Domino : en témoigne l’aller-retour régulier entre profane et sacré, chanson populaire et choral religieux. Le rythme du troisième mouvement suggère même Lou Reed, et son exhortation à prendre le chemin du côté sauvage« .

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    Avec cette conclusion sienne, pour le choix par elle de ce programme Greif – Liszt – Bach pour ce CD :

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    « Cette capacité à la transcendance, à unir les opposés, comme leur profond humanisme, font des trois compositeurs de ce programme de grands passeurs. Par leurs musiques, ils nous accompagnent, tel Hermès, le conducteur des âmes, sur un chemin rempli d’embûches, menant à une fin énigmatique – à apprendre à affronter avec sérénité.

    L’éparpillement, la dissolution dans le cosmos chez Greif, la lumière et l’apaisement chez Liszt, l’humilité éternelle chez Bach : trois chemins différents, trois réponses au silence » – que propose la musique.

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    Un grand bravo et un profond merci à Aline Piboule, et la fondamentale intégrité musicale de son jeu en chacun de ses CDs…

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    Ce mercredi 22 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le nouveau somptueux double CD Bach de Lillian Gordis, au très rare talent absolument transcendant…

    À nouveau, le talent rare et éclatant de Lillian Gordis vient nous proposer un magnifique double CD Bach ATL – A045, cette fois pour le label Artalinna,

    comportant la « Suite anglaise  n°6 » BWV 811 et la « Partita n°6 » BWV 830, ainsi que 6 « Préludes et fugues n°2, 9, 11, 17, 18 et 23 » extraits de la deuxième partie du « Clavier bien tempéré » – enregistré à Haarlem du 8 au 12 janvier 2024… – ,

    sur un superbe clavecin Philippe Humeau d’après des modèles allemands (Barbaste, 1999)… 

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    J’avais consacré 2 articles enthousiastes à son tout premier CD, le CD Paraty PTY 919 180 « Zones » – enregistré à Paris au mois de juillet 2018 – , consacré à Domenico Scarlatti – que je vénère ! – :

    _ « Le superbe premier CD Domenico Scarlatti, « Zones », de la jeune Lillian Gordis« , en date du 15 juin 2019

    et

    _ « Interpréter Domenico Scarlatti : Pierre Hantai et Lilian Gordis…« , en date du 6 janvier 2020…

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    En revanche, j’ai incompréhensiblement laisssé passer son second CD, le double CD Paraty PTY 1521 280 « Bach – Lillian Gordis – harpsichord » – enregistré à Haarlem au mois de novembre 2020 – ,

    sur lequel Christophe Steyne avait pourtant rédigé un article très élogieux pour Crescendo Magazine, « Bach, Partitas et Suites anglaises, trois nouvelles parutions« , en date du 14 décembre 2022.

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    Mais je me suis bien sûr empressé de commander ce double album Paraty PTY 1521 280 à mon disquaire préféré – qui a si bonne oreille…

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    Et pour le moment je m’enchante à écouter et ré-écouter en boucle ce tout nouveau magnifique et presque impérieux – quel talent ! – CD Artalinna « J. S. Bach – Partita N°6 – English Suite N°6 – 6 Préludes and Fugues » :

    Pierre Hantaï ne s’est pas trompé quand il l’a entendu pour la première fois en Californie, et fait venir travailler et s’installer à Paris …

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    Et quant à ce tout nouveau CD Bach ATL – A045 « J. S. Bach – Partita N°6 – English Suite N°6 – 6 préludes and Fugues « ,

    l’excellente oreille du bon Jean-Charles Hoffelé lui a permis de nous adresser ce bel et très juste article « Second arrêt« , en date du 31 janvier dernier, que voici :

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    SECOND ARRÊT

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    Un album pour Paraty (voir ici) montrait Lillian Gordis mettant en regard deux Partitas et deux Suites anglaises. Elle les paysageait déjà avec quatre Préludes et Fugues du Deuxième Livre du Clavier bien tempéré, mais l’aboutissement de ce voyage en Bach en est l’alpha pour Lillian Gordis. La Sixième Partita l’aura fasciné – on le comprend !!! – dès son adolescence, elle en explore le langage savant, les polyphonies roides jusque dans l’enchevêtrement vertigineux – oui – de la Gigue finale, cette fugue aussi folle que magistrale qui déploie une arborescence infinie.

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    Le grand caractère de son jeu, son âpreté verticale, rappellent le vaste geste qu’y imprimait – mais oui ! – Gustav Leonhardt, dont l’ombre rode toujours dans la Doopsgezinde Kerk d’Haarlem où s’est tenu – en effet – l’enregistrement. Cette Gigue qui ne danse pas est comme un autre monde après le Tempo di Gavotta, mais déjà Lillian Gordis y osait ce même ton hautain – oui : elle na pas froid aux yeux… – carrant le mètre à danser. Pourtant le plus beau de cette Sixième Partita reste la Sarabande, laboratoire où Bach fait rendre gorge à la mélodie, Lillian Gordis lui donnant le ton d’un récitatif impérieux – oui, oui.

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    Admirable – oui !!! – par l’aplomb du discours, cet art de faire parler le clavier invite dans les Préludes du Second Livre du Clavier bien tempéré quantité de phrasés inattendus qui n’oublient pas de chanter, et irradie d’une lumière intense – oui – les lacis des Fugues.

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    L’album, dont le livret montre quelques photographies de paysages nord-américains vidés de toute présence humaine capturés par la claveciniste, s’ouvre par la Sixième Suite anglaise, le plus français – oui – des ensembles que Bach composa pour la grande caisse.

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    Est-ce la mise en regard avec le sévère intellect de la Sixième Partita, Lillian Gordis ne sacrifie pas la complexité du discours de la Sixième Suite au seul brio des danses – ses Gavottes font d’abord entendre la singularité du jeu polyphonique, la musette elle-même évoque un mécanisme, la Gigue prise de si haut, avec son trille impératif – oui : quelle présence ! – est soudain sœur de celle de la Sixième Partita – manière de souligner l’ambivalence de l’œuvre, et de nous faire voir Bach, maître des formes, forgeant un modèle à sa propre dialectique qui vise cet improbable : la musique abstraite – et combien charnelle aussi, cependant.

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    Il manque encore – et c’est avec une vive impatience que nous les attendrons… –  au voyage – c’est un ! – les Suites anglaises Nos. 1, 2 et 4, et les Partitas Nos. 2, 3 et 5…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Suite anglaise No. 6 en ré mineur, BWV 811
    Le Clavier bien tempéré, Livre II (6 Préludes & Fugues : No. 11 en fa majeur, BWV 880 ; No. 17 en la bémol majeur, BWV 886 ; No. 2 en ut mineur, BWV 871 ; No. 9 en mi majeur, BWV 878 ; No. 18 en sol dièse mineur, BWV 887 ; No. 23 en si majeur, BWV 892)
    Partita No. 6 en mineur BWV 830

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    Lillian Gordis, clavecin

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    Un album assorti d’un beau livret du label Artalinna ATL-A045

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    Photo à la une : la claveciniste Lillian Gordis – Photo : © Anatole Diethardt

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    Auquel j’ajoute ici, en addendum et fort bienvenu complément à méditer,
    ce très intéressant bien détaillé article-ci « Second album Bach de Lillian Gordis : perfectionnisme et hédonisme » de Christophe Steyne,
    paru le lendemain, mercredi 18 février, sur Crescendo Magazine  :
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    Second album Bach de Lillian Gordis : perfectionnisme et hédonisme

    par Christophe Steyne
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    Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita no 6 en mi mineur BWV 830. Suite anglaise no 6 en ré mineur BWV 811. Préludes et Fugues en ut mineur, mi majeur, fa majeur, la bémol majeur, sol dièse mineur, si majeur BWV 871, 878, 880, 886, 887, 892 [Clavier bien Tempéré, Livre II]. Lillian Gordis, clavecin. Livret en français, anglais. Janvier 2024. Coffret deux CDs 50’59’’ + 64’03’’. Artalinna

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    Nous avions apprécié le précédent album de Lillian Gordis, que d’évidence prolonge – en effet – celui-ci, désormais – pour quelles raisons ?.. – sous label Artalinna. Encore dans Bach, sur le même instrument – oui ! – de Philippe Humeau (1999), toujours capté – aussi – par les micros d’Aline Blondiau dans l’acoustique réverbérée de la Doopsgezinde Kerk de Haarlem. On y retrouve un récital constitué en parallélisme et symétrie, sous la symbolique du chiffre six : rang de la Suite anglaise BWV 811 et de la Partita BWV 830 qui closent chacun de ces recueils, et que dans le programme séparent trois paires de Préludes et Fugues tirés du Wohltempiertes Klavier.

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    Entre interview et dossier de presse, alimentée par maintes citations de la claveciniste franco-américaine, la notice nous rappelle combien celle-ci s’adonna précocement – en son enfance et prime jeunesse en Californie, avant de venir s’installer à Paris – au Cantor, –un répertoire qu’elle joue depuis l’enfance, férue de ses complexes polyphonies. Tôt confrontée « ad nauseam » avec cette ultime Partita, au point de la remiser pendant quinze ans puis, le désir d’en chevir couvant souterrain, d’en faire le déclencheur – voilà – du présent enregistrement.

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    La préface du livret confirme ce dont on se douterait : au gré de voyages, des risques du concert, et d’une naissante activité d’enseignement, l’artiste a mûri. Impliquant, depuis son premier album – Scarlatti, intitulé « Zones« , enregistré pour Paraty au mois de juillet 2018 – , une esthétique entre continuité et rupture, à valeur d’avènement. La poignée d’ans n’a pas compromis cette souveraine ampleur de la sonorité – oui ! – , cette clarté solaire – oui, oui ! – , cette nette articulation. En bénéfice, les passagères raideurs qui amidonnaient le discours se sont assouplies, les audaces parfois alambiquées par des doigts impétueux se sont assagies. Quitte à ce que les Gavottes de la Suite, inhabituellement réfrénées, interpellent par leur retenue ! Quitte à ce que la consécutive Gigue, une des pages les plus tortueuses de Bach, y édulcore son vertige ?

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    Subsistent certes une dose de rubato qui interroge le phrasé (Praeludium BWV 887), cette intelligente urgence de main gauche qui rappelle le mentor Pierre Hantaï – oui : c’est lui qui l’a découverte en Californie et incitée à venir s’installer à Paris. Des vertus se sont parachevées : aisance, rayonnement, équilibre structurel – tout cela est parfaitement juste... On citera ainsi la lucidité architecturale accordée à la Toccata du BWV 830, qui se construit sans hâte, illuminée de l’intérieur, dans le sillage de quelques glorieux aînés (on pense ici à Helmut Walcha). Du drame on entendra certes, comme dans cette Sarabande de la Partita, mais cadré par une supérieure discipline. Même recette pour la Gigue conclusive, dont les obstinations s’éperdent dans une cage dorée.

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    Car l’autorité de – novembre – 2020 – de son précédent double album Bach – demeure mais semble moins spontanée. Engagée sur des rails sûrs, ceux d’une maturité expressive que d’autres atteindraient à carrière révolue. Un patient montage, peaufiné par l’interprète elle-même, contribue à nous laisser admiratif – oui ! – de cet objet perfectionniste – qu’est ce second double album Bach, cette fois-ci pour Artalinna... Inclinant vers un patent hédonisme – mais qui enchante – , même dans la Fugue BWV 892. Que dira-t-on alors de cette jouissive Corrente, qui darde ses moulinets, calcule ses syncopes, dans un luxe expansif ?

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    Non point un Bach vainement décoratif, mais contemplatif, enivré de ses propres beautés – voilà, voilà… Servitude volontaire. Dominées en des palais de plaisir, mais impérieuses : technique et éthique de Lillian Gordis tiennent d’Hercule chez Omphale. Autant dire qu’on en sort captif et captivé – oui ! – , impatient – sans nul doute ! – de l’entendre dompter les sept Toccatas ou par avance gourmand de voluptueuses Goldberg qu’elle pourrait nous offrir.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 9 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

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    …

    Et maintenant enchantez vous, vous aussi, à votre tour, à savourer cette merveille-ci,

    chef d’œuvre de Bach

    et somptuosité d’interprétation de cette lumineuse et puissante, tout à fait singulière, Lillian Gordis…

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    Un double CD Artalinna ATL A-045 absolument immanquable !!!

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    Ce mardi 17 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa