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  • Mon test du « Rigaudon » du « Tombeau de Couperin », ce chef d’œuvre de Ravel, pour le CD granitique « Gabriel Durliat – Le tombeau de Ravel »…

    En mon écoute du tout récent CD Scala Music SMU 027 « Le Tombeau de Ravel«  – enregistré au Studio 9 Scala Music du 9 au 11 septembre 2025  – ,

    j’ai procédé à mon test préliminaire de l’écoute du « Rigaudon« , dédié par Ravel à ses grands amis luziens les frères Pierre et Pascal Gaudin.

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    Et j’ai trouvé ce « Rigaudon« -ci de Gabriel Durliat – écoutez-le ici (3′ 09) – sec, granitique, et bien peu luzien, hélas…

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    Un test du « Rigaudon » dont est brillamment sorti vainqueur – écoutez donc ici (3′ 06) : cette danse est parfaite ! – le pianiste anglais Martin James Bartlett, en son superbe CD Warner Classics 5054197896804 « La Danse – Couperin – Debussy – Hahn – Rameau – Ravel « , jubilatoirement luzien, lui,  comme il se doit ;

    ainsi que le rapporte mon article « Un pianiste bien mieux que prometteur : Martin James Barlett, dans Ravel, Rinaldo Hahn et Debussy, Rameau et François Couperin : son enchanteur CD « La Danse« « , en date du 31 janvier 2024…

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    Le 5 octobre dernier, le site ResMusica a consacré un article, sous la plume de Salvatore Sciafani, intitulé « Gabriel Durliat : de Couperin à Ravel, entre héritage et matière« ,

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    Gabriel Durliat : de Couperin à Ravel, entre héritage et matière

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    Dans son nouveau disque Le Tombeau de Ravel, construit un parcours de filiations et de transformations, de Rameau à Debussy, de Dukas à Messiaen, de Couperin à Ravel, puis de Ravel à lui-même. Le Tombeau de Couperin en constitue le centre de gravité, autour duquel se déploient références anciennes et prolongements contemporains.

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    Dès Jeux d’eau, Durliat impose une conception très – trop ! – pianistique du son. L’eau reste jaillissante et mouvante, mais acquiert une consistance presque granitique – qui ne se justifie pas du tout à mon goût – : le clavier construit le discours par blocs, avec une sonorité franche, parfois éclatante, fortement sculptée. La fluidité demeure remarquable et le geste d’une grande efficacité.

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    Les Tendres Plaintes de Rameau prolongent cette impression de solidité – hélas – , portées par la netteté des ornements et la précision de l’articulation. Le contraste est d’autant plus frappant avec l’Hommage à Rameau de Debussy, plus estompé, énigmatique, presque insaisissable. Ensuite, La Plainte, au loin, du Faune… de Dukas installe une transparence cristalline, tandis que la Pièce pour le Tombeau de de Messiaen impose le poids de ses accords chromatiques, rendus avec densité et précision.

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    La Forlane de Couperin, très clavecinistique – serait-ce don un défaut ? – dans son exécution, prépare idéalement l’entrée dans l’univers sonore du Tombeau de Couperin. Le Prélude se distingue par sa mobilité, tandis que la Fugue, très délicate, paraît presque en retrait. Dans la Forlane ravélienne, la fermeté de la prononciation et la sûreté de la ligne donnent au discours une présence immédiate. Le Rigaudon, particulièrement accordé au tempérament de Durliat – mais hélas pas de Ravel ! – , séduit par son élan et sa netteté rythmique – il n’a pas grand chose de jubilatoire. Le Menuet compte parmi les moments les plus réussis : les sonorités feutrées mettent en valeur le registre supérieur, dans une allure légère et transparente. La Toccata impressionne par sa clarté et sa puissance, portée par un élan presque inexorable auquel Durliat conserve pourtant une véritable dimension ludique.

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    La Bourrée, reconstituée à partir d’esquisses de Ravel, s’inscrit avec évidence dans le prolongement du Tombeau. Elle met en jeu le double regard de Durliat, interprète et compositeur, dans un toucher – sec – proche de celui qui caractérise l’ensemble du cycle.

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    Le passage vers la Danse rituelle, pour le Tombeau de , composition originale du pianiste, s’effectue ainsi avec une grande continuité. Cette pièce compte parmi les pages les plus intéressantes de l’album : consonances et dissonances s’y mêlent, les registres se répondent, les graves entretiennent de longues résonances tandis que des figures virtuoses traversent l’aigu. L’hommage évite l’imitation directe au profit d’une recherche personnelle sur la couleur, l’espace du clavier et la résonance.

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    Enfin, la Pavane pour une infante défunte referme le programme avec simplicité : tempo régulier, intensités contenues, sonorité perlée. Cette économie de moyens résume aussi certains traits du jeu du pianiste : une ligne toujours lisible, un geste maîtrisé et une attention constante à la conduite de la phrase – non sans sécheresse, fort peu ravélienne…

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    À l’échelle du disque, Durliat défend ainsi une conception du son – mais pas de la musique, hélas… – fondée sur la netteté des attaques, la précision du dessin et une grande aisance dans le rapport physique au clavier – s’agirait-il donc là d’exercices rien que pour le piano ? On pourrait souhaiter par moments un éventail dynamique plus ample, notamment dans les pianissimi, mais cette relative retenue contribue finalement à la clarté rhétorique et à la solidité – de pierre ! – de l’ensemble.

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    Malgré la diversité des compositeurs réunis, le programme conserve une forte cohérence, soutenue par la profondeur de l’approche interprétative et par le soin avec lequel Durliat met les œuvres en relation.

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    Maurice Ravel (1875-1937) : Jeux d’eau ; Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Les Tendres Plaintes ; Claude Debussy (1862-1918) : Hommage à Rameau ; Paul Dukas (1865-1935) : La Plainte, au loin, du Faune… ; Olivier Messiaen (1908-1992) : Pièce pour le Tombeau de Paul Dukas ; François Couperin (1668-1733) : Forlane ; Maurice Ravel : Le Tombeau de Couperin : Prélude, Fugue, Forlane, Rigaudon, Menuet, Toccata ; Bourrée pour le Tombeau de Couperin, reconstituée par Gabriel Durliat d’après des esquisses de Ravel ; Gabriel Durliat (2001) : Danse rituelle, pour le Tombeau de Maurice Ravel ; Maurice Ravel : Pavane pour une infante défunte.Gabriel Durliat, piano.1 CD Scala Music. Enregistré à La Scala Provence, Avignon (France), du 9 au 11 septembre 2025.Notice de présentation en français.

    Durée 64:35

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    Une interprétation granitique par conséquent…

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    Ce dimanche 25 octobre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa