Étiquette : legs discographique

  • Admirer le riche legs discographique du chef Christoph von Dohnanyi (1929 – 2025) en deux copieux coffrets Decca « Cleveland » (40 CDs) et « Vienna » (31 CDs et 1 DVD)…

    Deux coffrets Decca respectivement intitulés « Cleveland » – de 40 CDs, n° 485  4683 paru au mois d’octobre 2024 – et « Vienna » – de 31 CDs et 1 DVD, n°487 1327, paru au mois de novembre 2025 – viennent très utilement rafraîchir notre mémoire musicale concernant l’important legs discographique de ce grand chef d’orchestre, Christoph von Dohnanyi (Berlin, 8 septembre 1029 – Munich, 6 septembre 2025),

    petit-fils du grand chef hongrois Ernö Dohnanyi (Bratislava, 27 juillet 1877 – New-york, 9 février 1960)…

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    Et je rappelle ici, au passage, mon un peu rapide article « Ecouter le style mitteleuropéen du chef Christoph von Dohnanyi, en le récent coffret Decca « Dohnanyi – Cleveland », en commençant par ses interprétations de Bartok : style, rigueur, puissance, versus souffle de passion…« , en date du 15 décembre 2024…

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    Afin d’entrer en écoute de cet assez imposant massif,

    je prends conseil sur l’article de Jean-Charles Hoffelé « Saga viennoise » du 25 janvier dernier, et j’opte, en faveur d’un tropisme hongrois qui m’intéresse, pour, dans le CD n°1 de ce coffret, le bartokien « Le Mandarin Merveilleux » « transformé en conte horrifique où l’orgue de la Sofiensaal fera trembler vos murs » – écoutez-donc ceci…

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    Et tant que j’y suis, voici aussi ce perspicace article « Saga viennoise » qui aide à tendre avec sagacité nos oreilles : 

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    SAGA VIENNOISE

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    Ce feu noir – sic – dans l’Ouverture de Coriolan l’attendait-on de Christoph von Dohnányi ? Nous sommes à Vienne le 1er mai 1959, mais avec les Symphoniker, dont le premier chef invité était alors depuis dix ans et encore pour quelques mois, un certain Herbert von Karajan. Le détail a son importance, on peut attribuer l’exemplaire discipline des cordes au chef autrichien, mais pas ce mordant, ces attaques, ce raptus – voilà, voilà !

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    Un successeur pour Karajan ? Ce serait Wolfgang Sawallisch ; l’art de Christoph von Dohnányi s’employait ailleurs, à l’Opéra de Francfort, face à un autre magister, celui de Sir Georg Solti. Né allemand, et berlinois qui plus est, Christoph von Dohnányi retrouvait auprès de Solti ses ascendances hongroises – oui ! – , et un exemple : le drive, le nerf – voilà, voilà ! – qu’il mettra dans tous ses disques lui doit certainement, la concentration aussi, et le goût d’un orchestre aux couleurs saturés.

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    Car enfin, ceux qui auront voulu faire passer Christoph von Dohnányi pour un chef conservateur, un des derniers piliers de la grande direction symphonique germanique, se seront fourré allégrement la baguette dans l’œil, égarement dont aurait dû les prévenir ce Mandarin merveilleux transformé en conte horrifique où l’orgue de la Sofiensaal fera trembler vos murs – c’est dit – , ce Pétrouchka réaliste jusqu’au suicide, cet Oiseau de feu empoisonné, et même dans les gravures princeps pour Deutsche Grammophon cette Méphisto-Valse à Munich, soufrée au possible.

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    Et si l’art de Christoph von Dohnányi était au contraire moderniste ? Erwartung avec Anja Silja suffirait à le prouver, et même avec elle un peu tard la scène finale de Salome, diamant noir qui se parera de diaprures décadentistes pour les Orchester-Lieder de Schönberg.

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    L’opéra, comme pour faire mentir son abondante discographie symphonique, sera son empyrée. Pris chez Deutsche Grammophon, Der junge Lord d’Hans Werner Henze rappelle que de Berlin à Salzbourgil se dévoua aux créations ; face aux gravures de Karl Böhm son doublé Berg demeure impérissable, Wozzeck conservant le contre-emploi génial d’Eberhard Wächter, le ton irrépressiblement viennois de Lulu que le 3e Acte de Cerha et le grand schlem de Pierre Boulez ne parvinrent pas à minorer, constituant son plus bel enregistrement lyrique – c’est dit – , Anja Silja liant les deux par ses incarnations définitives. A part, Le Vaisseau fantôme conserve du moins la Senta historique d’Hildegard Behrens, alors que les gosiers de Fidelio ne sont que troupiers hélas ! Mais les deux Salome (dans la vidéo il faut voir Anja Silja en Herodias), sont dévastatrices, vampiriques, d’un expressionisme assumé.

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    Et côté orchestre ? Avec les splendeurs des Wiener Philharmoniker le cycle Mendelssohn est inoubliable, non seulement pour La Nuit de Walpurgis qu’il reprendra à Cleveland pour Telarc, mais écoutez aussi l’Ecossaise, l’Italienne, les Ouvertures. Les séances de concertos pour Maurice Gendron, Ingrid Haebler, parfaites, cèdent le pas devant le doublé Schumann/Grieg où il trouve un alter ego stylistique en Claudio Arrau.

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    Le disque Strauss surprend par le théâtre d’orchestre qu’il y impose, un Burleske inédit, où il décille Rudolf Buchbinder, s’y ajoutant, bonheur sans mélange, la Quatrième de Tchaikovski me laissant plus circonspect. Alors quitte à rester avec les Wiener Philharmoniker, immergez-vous dans le Quatuor, Op. 25 de Brahms hungarisé par Schönberg, et pour les raretés laissez-vous tenter par les trois accompagnements pour Libero de Luca : attendues, les deux invocations au soleil du Roméo de Gounod, en français puis en allemand, beaucoup moins un splendide Traum durch die Dämmerung !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Dohnányi Vienna

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    CD 1. ℗ 1981
    Béla Bartók (1881-1945)
    Le Mandarin merveilleux, Op. 19, Sz. 73, BB 82
    2 Portraits, Op. 5, Sz. 37, BB 48b*
    Chor der Wiener Staatsoper – *Erich Binder, violon

    CD 2. ℗ 1969
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Ouverture « Leonore No. 3 », Op. 72b
    Fidelio, Op. 72 – Ouverture
    Ouverture « Coriolan », Op. 62
    Egmont, Op. 84 – Ouverture

    CD 3. ℗ 1996
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Quatuor à cordes No. 11 en fa mineur, Op. 95 « Serioso » (version orchestrale : Mahler)
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Quatuor avec piano No. 1 en sol mineur, Op. 25 (version orchestrale : Schönberg)

    CD 4. ℗ 1963
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Concerto pour piano et orchestre en sol mineur, Op. 33, B. 63
    Robert Schumann (1810-1856)
    Introduction & Allegro appassionato, Op. 92
    András Schiff, piano

    CD 5. ℗ 1993
    Philip Glass (né en 1937)
    Concerto for Violin & Orchestra
    Alfred Schnittke (1934-1998)
    Concerto grosso No. 5
    Gidon Kremer, violon – Rainer Keuschnig, piano

    CD 6. ℗ 1993
    Edvard Grieg (1843-1907)
    Concerto pour piano et orchestre en la mineur, Op. 16
    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour piano et orchestre en la mineur, Op. 54
    Claudio Arrau, piano

    CD 7. ℗ 1976
    Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
    Symphonie No. 1 en ut mineur, Op. 11, MWV N13
    Symphonie No. 5 en ré mineur, Op. 107, MWV N15 « Réformation »

    CD 8. ℗ 1978
    Felix Mendelssohn Bartholdy
    Symphonie No. 2 en si bémol majeur, Op. 52, MWV A18 « Lobgesang »
    Sona Ghazarian, Edita Gruberová, sopranos – Werner Krenn, ténor – Josef Böck, orgue – Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor

    CD 9. ℗ 1978
    Felix Mendelssohn Bartholdy
    Die erste Walpurgisnacht, MWV D3 Sinfonie-Ballade
    Margarita Lilowa, contralto (Eine alte Frau aus dem Volk) – Horst Laubenthal, ténor (Un Druide, Un garde chrétien) – Tom Krause, baryton (Der Priester) – Alfred Šramek, baryton (Ein Wachter der Druiden) – Wiener Singverein

    CD 10. ℗ 1979
    Felix Mendelssohn Bartholdy
    Symphonie No. 4 en la majeur, Op. 90, MWV N 16 « Italienne »
    Les Hébrides ou la Grotte de Fingal, Op. 26, MWV P 7
    Meeresstille und glückliche Fahrt, Op. 27, MWV P 5

    CD 11. ℗ 1980
    Felix Mendelssohn Bartholdy
    Symphonie No. 3 en la mineur, Op. 56, MWV N 18 « Ecossaise »
    Athalie, musique de scène, Op. 74, MWV M 16 – Ouverture ; (No. 4a). Kriegsmarsch der Priester

    CD 12. ℗ 1959
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano et orchestre No. 27 en si bémol majeur, K. 595
    Concerto pour piano et orchestre No. 18 en si bémol majeur, K. 456

    Ingrid Haebler, piano

    CD 13. ℗ 1981
    Arnold Schönberg (1874-1951)
    Erwartung, Op. 17
    6 Orchester-Lieder, Op. 8

    Anja Silja, soprano

    CD 14. ℗ 1962
    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur, Op. 129
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    Variations sur un thème rococo en la majeur, Op. 33, TH 57
    Pezzo capriccioso en si mineur, Op. 62, TH 62

    Maurice Gendron, violoncelle

    CD 15. ℗ 1992
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Juan, Op. 20, TrV 156
    Metamorphosen, TrV 290
    Tod und Verklärung, Op. 24, TrV 158

    CD 16. ℗ 1978
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Petrushka, K012 (version 1947)
    Horst Göbel, piano
    Richard Strauss (1864-1949)
    Burleske, TrV 145
    Rudolf Buchbinder, piano

    CD 17. ℗ 1980
    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’oiseau de feu, K010

    CD 18. ℗ 1991
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    Symphony No. 4 en fa mineur, Op. 36, TH 27
    Ouverture solennelle “1812”, Op. 49, TH 49

    CD 19. Early Recordings
    Franz Liszt (1811-1886)
    Mephisto Waltz No. 1, S. 110/2
    Jaromír Weinberger (1896-1967)
    Schwanda, der Dudelsackpfeifer – Polka & Fugue
    Münchner Philharmoniker (1956)

    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Le Siège de Corinthe – Ouverture
    Bamberger Symphoniker (1957)

    Luigi Boccherini (1743-1805)
    Quintette à cordes en mi majeur, G. 275 – III. Minueto en la majeur
    Franz Schubert (1797-1828)
    3 Marches militaires, D. 733 – No. 1 en ré majeur (Allegro vivace)
    Charles Gounod (1818-1893)
    Roméo et Juliette, Act II – Ah ! lève-toi, soleil ! fais pâlir les étoiles
    Richard Strauss (1864-1949)
    Traum durch der Dämmerung, Op. 29, TrV 172 (No. 1)
    Radio-Sinfonie-Orchester Berlin (1956)

    CD 20-21. ℗ 1993
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Fidelio, Op. 72
    Tom Krause, baryton (Don Fernando) – Hartmut Welker, baryton (Don Pizarro) – Josef Protschka, ténor (Florestan) – Gabriele Schnaut, soprano (Leonore) – Kurt Rydl, basse (Rocco) – Ruth Ziesak, soprano (Marzelline) – Uwe Heilmann, ténor (Jaquino) – Falk Struckmann, baryton (Un prisonnier) – Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor

    CD 22-23. ℗ 1978
    Alban Berg (1885-1945)
    Lulu
    Anja Silja, soprano (Lulu)
    Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano (Gräfin Geschwitz)
    Walter Berry, baryton-basse (Dr. Schon)
    Josef Hopferwieser, ténor (Alwa)
    Hans Hotter, baryton-basse (Schigolch)
    Horst Laubenthal, ténor (Der Maler)
    Kurt Moll, basse (Der Tierbändiger)
    Manfred Schenk, basse (Der Athlet)
    Werner Krenn, ténor (Der Prinz)
    Heinz Zednik, ténor (Der Kammerdiener)
    Alfred Šramek, baryton-basse (Der Theaterdirektor)
    Harald Pröglhöf, basse (Der Medizinalrat)
    Margarethe Bence, mezzo-soprano (Eine Theater-Garderobiere)
    Trudeliese Schmidt, mezzo-soprano (Ein Gymnasiast)

    CD 24-25. ℗ 1981
    Alban Berg (1885-1945)
    Wozzeck
    Eberhard Wächter, baryton (Wozzeck) – Hermann Winkler, ténor (Le Tambour-major) – Horst Laubenthal, ténor (Andres) – Heinz Zednik, ténor (Le Capitaine) – Alexander Malta, basse (Doktor) – Alfred Šramek, basse (Premier artisan) – Franz Waechter, baryton (Second artisan) – Walter Wendig, ténor (L’Idiot) – Anja Silja, soprano (Marie) – Gertrude Jahn, mezzo-soprano (Margret) – Michael Pabst, ténor (Un soldat) – Chor Der Wiener Staatsoper

    ℗ 1974
    Alban Berg (1885-1945)
    Lulu Suite (Symphonische Stücke aus der Oper „Lulu“)
    Richard Strauss (1864-1949)
    Salome, Op. 54, TrV 215 – Scène finale
    Anja Silja, soprano

    CD 26-27. ℗ 1968
    Hans Werner Henze (1926-2012)
    Der junge Lord
    Barry McDaniel, baryton (Sir Edgars Sekretär)
    Loren Driscoll, ténor (Lord Barrat)
    Vera Little, mezzo-soprano (Begonia)
    Manfred Röhrl, basse (Der Bürgermeister)
    Ivan Sardi, baryton-basse (Oberjustizrat Hasentreffer)
    Ernst Krukowski, baryton (Ökonomierat Scharf)
    Helmut Krebs, ténor (Professor von Mucker)
    Patricia Johnson, mezzo-soprano (Baronin Grünwiesel)
    Ruth Hesse, mezzo-soprano (Frau von Hufnagel)
    Lisa Otto, soprano (Frau Oberjustizrat Hasentreffer)
    Edith Mathis, soprano (Luise)
    Bella Jasper, soprano (Ida)
    Marina Türke, (Ein Kammermädchen)
    Donald Grobe, ténor (Wilhelm)
    Günther Treptow, ténor (Amintore La Rocca)
    Fritz Hoppe, baryton-basse (Ein Lichtputzer)
    Schönberger-Sängerknaben
    Chor der Deutschen Oper Berlin

    CD 28-29. ℗ 1995
    Richard Strauss (1864-1949)
    Salome, Op. 54, TrV 215
    Catherine Malfitano, soprano (Salomé)
    Bryn Terfel, baryton-basse (Jochanaan)
    Kenneth Riegel, ténor (Hérode)
    Hanna Schwarz, mezzo-soprano (Herodias)
    Kim Begley, ténor (Narraboth)
    Randi Stene, mezzo-soprano (Le page)
    Rannveig Braga, mezzo-soprano (Un esclave)
    Peter Rose, basse (Premier Nazaréen)
    Martin Gantner, baryton (Second Nazaréen)
    Frode Olsen, basse (Premier Soldat)
    Georg Paucker, basse (Second Soldat)
    Uwe Peper, ténor (Premier Juif)
    Robin Leggate, ténor (Deuxième Juif)
    Uwe Schönbeck, ténor (Troisième Juif)
    Ferdinand Seiler, ténor (Quatrième Juif)
    Andreas Kohn, basse (Cinquième Juif)
    Walter Zeh, basse (Un Cappadocien)

    CD 30-31. ℗ 1994
    Richard Wagner (1813-1883)
    Der fliegende Holländer, WWV 63
    Robert Hale, baryton (Der Holländer)
    Hildegard Behrens, soprano (Senta)
    Josef Protschka, ténor (Erik)
    Kurt Rydl, basse (Daland)
    Uwe Heilmann, ténor (Der Steuermann)
    Iris Vermillion, mezzo-soprano (Mary)
    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor

    Wiener Philharmoniker
    Wiener Symphoniker (CD 2, 12, 14)
    Concertgebouw Orchestra (CD 6)
    Orchester der Deutschen Oper Berlin (CD 26-27)

    Christoph von Dohnányi, direction

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    Une boîte de 31 CD et 1 DVD du label Decca 487 1327

    Photo à la une : le chef d’orchestre Christoph von Dohnányi –
    Photo : © Hiroyuki Ito

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    C’est passionnant !

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    Ce jeudi 5 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Se promener à loisir selon son goût propre parmi le bien beau legs discographique du munichois Wolfgang Sawallisch (1923 – 2013)…

    Deux articles de Jean-Pierre Rousseau sur son blog, « Wolfgang S. : les retards d’un centenaire« , le 4 mai dernier, et puis « En scènes : Alagna, Sawallisch et le Domino noir« , le 23 septembre dernier,  permettent d’éclairer chacun en une promenade un peu particulière, selon ses affections et attirances musicales plus ou moins personnelles, parmi le très beau legs discographique de Wolfgang Sawallisch (Munich, 26 août 1923 – Grassau, 22 février 2013)…

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    Les voici donc, tour à tour, ces deux articles de Jean-Pierre Rousseau ;

    d’abord celui-ci, « Wolfgang S. : les retards d’un centenaire » :

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    4 Mai 2024

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    Wolfgang S. : les retards d’un centenaire

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    J’ai vérifié, le copyright des deux coffrets est bien daté 2024 ! Ce n’est donc pas une publication retardée. Pourquoi, comment a-t-on pu rater d’un an chez les deux grands éditeurs concernés, le centenaire… en 2023 du grand chef allemand Wolfgang Sawallisch (1923-2013) ?

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    Comme pour se rattraper de ce retard, Warner et Decca nous proposent deux forts pavés – avec un troisième annoncé – qui nous restituent un legs discographique longtemps resté en retrait ou sous-estimé.

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    En réalité, c’est le chef lui-même qui est resté en retrait, un peu comme un autre grand chef allemand, Karl Böhm (à propos de qui j’avais écrit un billet qui m’avait valu quelques indignations : Faut-il être sexy pour être un grand chef ?). Du temps des Karajan, Bernstein, Abbado, Kleiber, Muti qui brillaient sur les podiums, l’allure austère, le maintien sérieux de Wolfgang Sawallisch _ bavarois _ ne manquaient pas d’influer, consciemment ou non, sur la considération que lui portaient la critique et le grand public : un honnête Kapellmeister, disait-on avec cette condescendance qui n’appartient qu’aux ignorants.

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    Si l’on fait abstraction de cette « impression », et que l’on se fie à ses seules oreilles – ce que j’ai toujours fait_ c’est mieux ! _ pour lui comme pour d’autres – on (re)découvre un chef qui sans être ni un révolutionnaire ni un visionnaire est, stylistiquement, un modèle dans le répertoire classique, et qui, dans les grandes fresques chorales et/ou lyriques, fait mieux que nous révéler l’essence du romantisme allemand. La seule réserve en effet qu’on peut faire sur ce legs discographique, c’est qu’il ne sort quasiment jamais _ en effet _ de la sphère germanique _ mais pourquoi pas ? Mais, que ce soit avec les formations dont il a été le directeur musical (Wiener Symphoniker, Philadelphie, Opéra de Bavière) ou qu’il a régulièrement dirigées (Dresde, Londres, Amsterdam), Wolfgang Sawallisch est, au sens premier du terme, magistral _ voilà : grand en sa foncière honnêteté. Et il se niche dans ces deux coffrets, de bien belles surprises_ voyons donc...

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    Sawallisch chez Philips

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    Cyrus Meher-Homji, le responsable de la _ formidable, mais peu diffusée, et assez chère _ collection Eloquence, a repris tous les enregistrements réalisés pour Philips et DG, y compris les disques où Sawallisch se fait compagnon au piano de Fischer-Dieskau, Prey, Schreier. Avec quelques inédits et surtout une remasterisation qui redonne un air bienvenu à des intégrales symphoniques de Schubert (à Dresde) et Brahms (à Vienne) qui souffraient jadis de prises de son qui sentaient le renfermé.

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    Avec le Concertgebouw, auquel il reviendra dans les années 80 pour une intégrale Beethoven, il grave une Pastorale et une 7e de toute beauté :

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    Et plus surprenant, puisqu’il n’y reviendra plus – en dehors des ballets – Tchaikovski et une Cinquième symphonie exemplaire qui bénéficie de ce son si spécifique au Concertgebouw (la salle comme l’orchestre)

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    A une époque où elles étaient plutôt rares, les cinq symphonies de Mendelssohn ont trouvé en Sawallisch un interprète magnifique, auquel on doit joindre la version de référence de l’oratorio Elias :

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    Et puis, outre les récitals de Lieder, l’ajout considérable de ce coffret (par rapport à un précédent qu’on avait trouvé et acheté au Japon), ce sont les opéras de Wagner captés à Bayreuth dans un son somptueux et avec des équipes glorieuses : Le Vaisseau fantôme, Lohengrin, Tannhäuser.

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    Peu d’inédits en dehors de quelques extraits en mono de Lortzing et Mascagni, et surtout un second disque de polkas et valses de Strauss que j’ignorais. En écrivant ces mots; je trouve sur YouTube ce document étonnant, où Sawallisch explique l’esprit de la valse viennoise au piano puis à la tête de l’orchestre de la RAI :

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    Sawallisch Warner vol. 1

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    EMI et Wolfgang Sawallisch, c’est une histoire qui a commencé à la fin des années 50, le chef était tout jeune, à l’instigation du grand patron du label anglais Walter Legge. Il y en a quelques traces dans ce coffret Warner présenté comme un 1er volume (orchestre, oeuvres chorales) qui devrait être suivi d’un coffret comportant tout le legs lyrique, en particulier les opéras de Richard Strauss.

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    Comme un formidable disque d’ouvertures de Weber :

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    Autant que dans le coffret Decca, il y a dans cette boîte Warner de magnifiques documents, notamment tout ce que le chef allemand a gravé avec le somptueux orchestre de Philadelphie, dont il a assumé la direction musicale de 1993 à 2003, à la suite de Riccardo Muti. Les Hindemith et Richard Strauss sont splendides, tout comme l’étonnant disque de transcriptions de Stokowski.

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    Dans les sommets de cette discographie, il y a la version jamais dépassée des Symphonies de Schumann, avec une Staatskapelle de Dresde en état de grâce.

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    Les symphonies de Beethoven – rebelote avec le Concertgebouw – sont à remettre très haut dans la liste des références, alors qu’elles avaient été peu remarquées à leur sortie.

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    De même les symphonies de Brahms, enregistrées cette fois à Londres, avec deux extraordinaires concertos pour piano avec Stephen Kovacevich en soliste

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    On devrait consacrer _ mais oui ! _ tout un article à Sawallisch pianiste, accompagnateur recherché par les plus grands chanteurs de son temps. Je le ferai certainement.

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    Et plus récemment, celui-là : « En scènes : Alagna, Sawallisch et le Domino noir » : 

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    En scènes : Alagna, Sawallisch et le Domino noir

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    Sawallisch suite et fin

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    En mai dernier, comme pour les 60 ans d’Alagna, je regrettais le retard mis à célébrer le centenaire de l’un des grands chefs du XXe siècle, Wolfgang Sawallisch (1923-2013). Lire : Les retards d’un centenaire.

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    Heureusement, Decca et Warner se sont bien rattrapés et on n’attendait plus que le complément annoncé : l’intégrale – ou presque – des opéras enregistrés par Sawallisch, pour l’essentiel à Munich dont il fut le Generalmusikdirektor incontesté de 1971 à 1992. Mais Warner précise – et c’est bien de le faire – que, même parus jadis sous étiquette EMI, Arabella et Friedenstag, ne sont pas inclus dans ce coffret pour des questions de droits.

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    Wagner et Richard Strauss s’y taillent la part du lion, mais ce coffret contient de vraies raretés comme Weber, Schubert ou les deux brefs opéras de Carl Orff.

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    Mozart: La flûte enchantée
    Weber: Abu Hassan
    Schubert: Die Zwillingsbrüder
    Wagner: Der Ring des Nibelungen, Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg
    Richard Strauss: Capriccio, Intermezzo, Die Frau ohne Schatten, Elektra
    Carl Orff: Die Kluge, Der Mond

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    Mais je conserve une affection toute particulière pour ma toute première version de La flûte enchantée, le premier coffret d’opéra que j’ai acheté à sa sortie en 1973, avec celle qui est à jamais la plus extraordinaire Reine de la nuit, l’immense Edda Moser.

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    Je recommande très vivement ce coffret _ que je possède : j’aime moi aussi beaucoup la grande Edda Moser _ :

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    Voilà

    _ et c’est là le principal atout de commodité de ces copieux coffrets de temps en temps proposés par les maisons de disques _

    de quoi un peu aider à picorer chacun à son goût parmi un legs discographique, ici celui, bien beau, de Wolfgang Sawallisch _ cf mes deux articles en date du 21 juillet « « . et du 8 septembre « «  derniers..

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    Et bien sûr je viens de me procurer aussi le tout récent coffret Warner Classics 5054197949463 de 31 CDs d’opéras « Wolfgang Sawallisch – The Warner Classics Edition – Complete Opera Recordings« …

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    Ce samedi 28 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Frans Brüggen dans l’empyrée du souffle : pour réfléchir à la spécificité Brüggen parmi ses confrères et contemporains chefs baroqueux (Leonhardt, Harnoncourt, etc.) : l’élégance et la vérité naturelle du souffle, de la flûte à bec retrouvée, au déploiement rayonnant et splendide, formidablement jubilatoire et heureux, de son « Orchestra of the Eighteenth Century »…

    Pour réfléchir à la spécificité Brüggen parmi ses confrères et contemporains chefs baroqueux : l’élégance et la vérité naturelle du souffle, de la flûte à bec retrouvée au déploiement rayonnant et splendide, fomidablement jubilatoire et heureux, de son « Orchestra of the Eighteenth Century« ,

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    ce modeste petit essai de réflexion-ci,

    « Frans Brüggen, dans l’empyrée du souffle« ,

    en forme d’essai de petite synthèse, après mes 3 articles précédents :

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    _ « « , le 30 juillet dernier ; 

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    _ « « , le 31 juillet ; 

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    _ « « , le 1er août.

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    Qu’est-ce donc qui distingue musicalement, et comme chef, Frans Brüggen (Amsterdam, 30 octobre 1934 – Amsterdam, 13 août 2014) de ses collègues baroqueux contemporains Gustav Leonardt (‘s Graveland, 30 mai 1928 – Amsterdam, 16 janvier 2012) et Nikolas Harnoncourt (Berlin, 6 décembre 1929 – Sankt Georgen in Attergau, 5 mars 2016) ;

    puis, à la génération suivante, Sigiswald Kuijken (Dilbeek, 16 février 1944), Ton Koopman (Zwolle, 2 octobre 1944), Philippe Herreweghe (Gand, 2 mai 1947), etc.

    …

    Brüggen est d’abord et fondamentalement un flûtiste ;

    …

    alors que Gustav Leonhardt est au départ un claveciniste et organiste ;

    Nikolaus Harnoncourt, un violoncelliste ;

    Sigiswald Kuijken, un violoniste ;

    Ton Koopman, un claveciniste et organiste ;

    Phillippe Herreweghe, un chef de chœur… 

    …

    …

    C’est donc la recherche de la merveilleuse fluidité, la plus naturelle et élégante et expressive possible du souffle, que Frans Brüggen a désiré prolonger et avec fidélité amplifier, de la virtuosité naturelle de la flûte à bec retrouvée et réinventée par lui, à la conduite d’un orchestre élégantissime merveilleusement fluide et splendidement confondant de naturel, comme est son magnifique « Orchestra of the Eighteenth Century« , fondé par lui, à Amsterdam, en 1981.

    …

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    Tel est ainsi le secret du formidable succès musical de chef d’orchestre Frans Brüggen,

    tel qu’on peut en jouir sublimement cet été 2024 en son coffret de 9 CDs Glossa GCD 921135  « A Life with Mozart – Frans Brüggen – Orchestra of the Eighteenth Century« , 

    …

    comme nous avons pu jouir, en 2018, de son absolument rayonnant coffret de 4 CDs Glossa GCD 921125 « Jean-Philippe Rameau – Orchestral Suites – The complet Philips & Glossa recordings » _ cf l’enthousiasme de mon très bref article du 30 décembre 2018 : « « …

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    Ou comment être passé de la flûte à bec de la Renaissance et du XVIIe siècle à l’orchestre du XVIIIe siècle, le splendide parcours musical de Frans Brüggen :

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    sur les ailes et dans l’empyrée du souffle…

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    Avec un legs discographique merveilleux, for ever.

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    Ce vendredi 2 août 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa