Étiquette : Leif Ove Andsnes

  • Pour alourdir le dossier d’Arkadi Volodos, ou « l’insupportable lourdeur du paraître »…

    En complément à mon article d’hier 3 février 2025 «  » collectant mes précédents articles sur les Brahms très maniérés à mes oreilles d’Arkadi Volodos,

     
    voici, ce mardi 4 février, de plus brèves remarques, données seulement au passage, et par comparaison avec d’autres interprètes, en de précédents articles miens sur le jeu de Volodos en ses Chopin, Beethoven, Blasco de Nebra et Mompou,
    en comparaison, donc, avec des interprètes qui m’agréent bien davantage que lui, tels que Leif Ove Andsnes, Ronald Brautigam, Josep Colom ou Stephen Hough ;
    et c’est assez parlant ! :
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    « Pour son premier CD Chopin intégralement consacré à ce compositeur, Leif Ove Andsnes nous offre un parfait jeu droit, pleinement classique, vibrant de tendresse maîtrisée, sans la moindre once de maniérisme ; à comparer à l’insoutenable Volodos (cf l’article lucide L’Insoutenable lourdeur du paraître, d’Alexandre De Louit, le 1-2-2004, sur le site de Res Musica ; les choses ne se sont pas arrangées depuis… ni de froideur non plus ! ».

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    « Ronald Brautigam est un prodigieux, en même temps qu’éminemment simple : quel grand art d’y parvenir à ce point !, pianiste magicien, au jeu d’une magnifique vitalité, et naturel ! sans le moindre maniérisme, jamais ! Un anti Arkadi Volodos, en quelque sorte (un chichiteux qui s’écoute lui-même au lieu de se mettre à l’entier service des œuvres auquelles il s’essaie : un narcissique que j’abomine)… »
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     « Et tout un chacun peut en juger sur you tube, qui met en ligne de quoi écouter l’intégralité (de 56′) de ce magique CD de 6 Sonates (57′ 58) et de 2 Pastorelas (14′ 46) de Manuel Blasco de Nebra, interprétées par Josep Colom _ et lui seul ! Nul ne l’ayant égalé !!! Et certainement pas le sur-évalué Javier Perianes, ni l’insupportable de maniérismes Arkadi Volodos… »
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    « Si la dédicataire du quatrième cahier, Alicia de Larrocha, n’a laissé que ce témoignage partiel pour Decca, si Arcadi Volodos _ un interprète qui ne m’agrée pas : ni sobre, ni chaleureux… _ n’a gravé que des extraits de l’ensemble (Sony, 2018), d’autres se sont lancés dans l’intégrale, souvent avec bonheur. »
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    Mais je tiens aussi et surtout à donner ici et en entier le lucidissime (!) avis d’Alexandre De Louit en son article, assez génialement intitulé « L’insoutenable lourdeur du paraître », paru sur ResMusica le 1er février 2004, à propos d’un concert Scriabine, Rachmaninioff, Schubert, Liszt, Saint-Saëns, donné par Arcadi Volodos au Théâtre des Champs-Elysées le 12 janvier 2004 :
    https://www.resmusica.com/2004/02/01/linsoutenable-lourdeur-du-paraitre/
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    Arcadi Volodos : l’insoutenable lourdeur du paraître 

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    Le fait que le grand répertoire pianistique ait été tellement entendu et enregistré pousse certains pianistes d’aujourd’hui à ne l’aborder, pour ainsi dire, qu’au second degré : à travers un mentor, de préférence décédé. Au disque comme au concert, affiche la référence à Vladimir Horowitz : courtes pièces brillantes du répertoire (de son répertoire), refus des intégrales et des cycles ; surtout, transcription des œuvres, improvisations et versions enjolivées enregistrées par le « Satan en personne » du piano (dixit Clara Haskil).

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    La prouesse n’est pas nouvelle ; elle n’en est pas moins impressionnante, on l’a déjà constaté, au disque comme au concert. Cependant, le problème d’un pianiste qui a fait sa réputation sur une technique ostentatoire est qu’il doit ensuite conquérir ses lauriers de musicien « sérieux » – tout en ne décevant pas un public qui attend, bien évidemment, les morceaux de bravoure.

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    Le programme de ce concert est tout juste fait pour cela : une sonate de Schubert et des Scriabine tardifs, répertoires réputés austères ; des enchaînements de pièces d’auteurs pianistes (Liszt, Scriabine, Rachmaninoff), sans aucun « tube » toutefois et en prenant soin d’aligner plusieurs pièces lentes ; enfin, un ou deux morceaux de pure pyrotechnie pour couronner chaque partie.

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    Cela donne-t-il un concert entièrement satisfaisant ? Certes, la séduction est là, la vélocité aussi, aussi étincelante qu’au disque : les traits les plus ébouriffants passent avec une aisance sidérante. De ce point de vue, n’hésitons pas à dire que le modèle est dépassé, le jeu d’Horowitz n’ayant jamais été d’une propreté irréprochable.

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    En revanche, les doigts d’Horowitz n’étaient pas seulement ces « chevaux de course racés » (mot d’un autre pianiste : Tamás Vásáry) courant au triple galop sur la mécanique allégée de son célèbre Steinway. Ils étaient surtout le véhicule d’un sublime kaléidoscope de couleurs pianistiques. Qu’on écoute les derniers enregistrements de sonates de Scarlatti, et tous ses Scriabine : la vie de la polyphonie est d’une incroyable rigueur derrière l’impact immédiat du timbre. Chaque voix a sa couleur et chante avec sa couleur : car le maître a toujours avoué se mettre à l’école des grandes cantatrices du passé. La polyphonie est bien là chez Volodos ; mais la couleur ? le cantabile ? Comment faire vivre la Mélodie ou le Prélude en sol majeur (op. 23/5) de Rachmaninoff sans les références lyriques qui, de toute évidence, hantent le compositeur ?

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    Reste la virtuosité. On ne se donnera pas le ridicule de contester celle d’. Mais la vraie, la transcendante, pas celle des bêtes à concours mais celle des monstres sacrés auxquels il se réfère, réside-t-elle dans la facilité, dans la vitesse, dans le phénomène ? Arrau disait que pour faire leur effet, les traits ardus devaient avoir l’air ardu (il parlait du stretto de la 1ère Ballade) ; et de blâmer justement la manière d’Horowitz. Or, les effets d’Horowitz correspondent toujours à une prise de risques : plutôt que de se reposer sur ses dons, il se fragilise, se met en danger, recréant ainsi une difficulté qui ne lui est pas naturelle. C’est ce qui provoque ces strepitoso d’octaves alternées (précisément, dans la 1ère Ballade), et cette incroyable impression de tension que dégagent ses grandes interprétations – et aussi un certain nombre de fausses notes.

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    Prenez le trait d’octaves du 1er Concerto de Tchaïkovski, qu’Horowitz ne fait jamais deux fois de la même façon et qui est toujours aussi électrisant. Dans l’enregistrement de 1943 avec Toscanini, le plus féroce contempteur de l’œuvre et du pianiste se lèvera de son fauteuil pour applaudir. Voilà : c’est cela, un virtuose. Vous avez beau vous défendre, vous êtes arraché à vos habitudes, vous êtes (passez-moi l’expression) scotché – ou soulevé. Cela inclut une part nécessaire d’improvisation : encore une fois, Horowitz n’a jamais joué deux fois le même texte, soit dans ses œuvres (Fantaisie sur Carmen, Stars and Stripes) soit dans ses adaptations (Tableaux d’une exposition, Danse macabre). La Danse macabre, Volodos la joue beaucoup plus clairement, beaucoup plus sûrement, et même beaucoup plus musicalement que l’auteur de l’arrangement lui-même. A-t-elle la même saveur ? le panache désinvolte de la version Horowitz (sur le CD Horowitz Encores, BMG import) est cruelle pour le maelström très étudié de son cadet.

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    On pouvait s’en douter, c’est la « petite » sonate de Schubert qui signe la déception. Le désir de « faire délicat » n’aboutit qu’à « faire joli ». Encore une fois, on est tenté de faire le parallèle avec son modèle : pourquoi Horowitz arrive-t-il à rendre passionnante la moindre œuvrette de Clementi alors que, sous les doigts de Volodos, les thèmes légers de cette œuvre certes secondaire sonnent comme un maladroit sous-Mozart ?

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    On en revient à la couleur : de même qu’Horowitz trouve l’inspiration, pour son Rachmaninoff, dans la voix lyrique, de même il aborde le répertoire classique ou post-classique avec la mémoire de toutes les partitions d’orchestre qu’il lisait et réduisait à vue depuis son adolescence. Car la culture n’est pas inutile chez un pianiste. C’est grâce à elle qu’une sonate de Mozart sonne, par Arrau, comme le Requiem ou Don Giovanni ; par Horowitz, comme l’ouverture de Così. Et que la Danse macabre pourrait sonner comme autre chose que du très beau piano avec beaucoup de passages très rapides et très tonitruants.

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    Dans son répertoire comme dans son jeu, Arkadi Volodos force des comparaisons qui ne le flattent pas forcément. Cela dit, le seul fait qu’on puisse l’y soumettre dit assez le niveau de piano où il se situe : parmi les grands. Peut-être attend-on (et attend-il) de lui encore plus… il n’a que trente-deux ans, après tout. Mais, à juger seulement ce qu’on a entendu, cet Horowitz sans Horowitz, c’est du grand opéra en version de concert, du Krug sans les bulles.

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    Crédit photographique : (c)DR.

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    Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 12.I.2004. Alexandre Scriabine : Enigme, op. 52/2Guirlandesop. 73/1, Sonate n° 8 op. 66. Serge Rachmaninoff : Mélodie op. 3/3, Préludes op. 32/10 & 5, op. 23/10, Daisies op. 38/3, Esquisse orientale, Polka italienne. Franz Schubert : Sonate n° 6. Franz Liszt : 123e Sonnet de Pétrarque, 6e Consolation, Il Penseroso. Camille Saint-Saëns : Danse macabre (arrt Liszt/Horowitz). Arcadi Volodos, piano.

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    Voilà !
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    A très bon entendeur, salut !
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    Ce  mardi 4 février 2015, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Ré-écouter et re-comparer diverses interprétations du chef d’oeuvre « Dans les brumes » de Leos Janacek, au regard, aujourd’hui, de la poésie si intense et juste du piano ultra-sensible et fort de Benedek Horvath…

    Dans la poursuite des réflexions de mon article d’hier «  » à propos de mon émerveillement pour le piano justissime de Benedek Horvath _ né à Budapest en 1989, Benedek Horvath avait donc 27 ans lors de l’enregistrement, à Paris, au mois de novembre 2018, de son merveilleux CD « Bartok, Janacek & Kurtag » Artalinna ATL 025 _,

    …

    je me décide ce matin à comparer, à l’écoute des divers CDS, son sublime « Dans les brumes« , ce chef d’œuvre transcendant de Leos Janacek, avec les interprétations précieusement thésaurisées de ma part en ma discothèque personnelle de

    _ Rudolf Firkusny (à Munich en 1971, pour Deutsche Grammophon, et à New-York en 1989, pour RCA),

    _ Radosval Kvapil (à Paris en 1989 pour Adda),

    _ Alain Planès (à Aulnay-sous-Bois en 1994 pour Harmonia Mundi),

    _ Leif Ove Andsnes (à Snape – Suffolk en 1995 pour Virgin Classics),

    _ Cathy Krier (à Luxembourg en 2013 pour CAvi-Music)

    _ ou encore Lars Vogt (à Cologne en 2020 pour Ondine)…

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    Ce qui incidemment me renvoie aussi à un article mien du 13 mars 2022 : «  » :

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    Ecouter et comparer diverses interprétations de « Dans les Brumes » de Leos Janacek…

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    — Ecrit le dimanche 13 mars 2022 dans la rubrique “Musiques”
    …
    …

    Je me suis demandé à laquelle des interprétations de « Dans les brumes » de Leos Janacek (Hukvaldy, Moravie, 3 juillet 1854 – Ostrava, Moravie, 2 août 1928) que ma discothèque comporte, allait ma préférence :

    …

    Rudolf Firkusny (en 1971 et 1989) ? Radoslav Kvapil (en 1989) ? Leif Ove Andsnes (en 1990) ? Alain Planès (en 1994) ? Cathy Krier (en 2013) ?

    …

    Ou bien à la plus récente d’entre elles (en 2021) : celle de Lars Vogt ?..

    …

    …

    Le génie si idiosyncrasique de Leos Janacek est terriblement malaisé à « attraper » par les interprètes qui osent se frotter à sa musique…

    …

    Pour ma part, déjà, je préfère le quelque chose de plus légèrement râpeux de Radoslav Kavpil (Brno, Moravie, 15 mars 1934) à l’élégance irrépressible et magnifique de Rudolf Firkusny (Napadjedl, Moravie, 11 février 1912 – Staatsbourg, New-York, 19 juillet 1996) ;

    et tous deux sont eux aussi moraves…

    …

    …

    Dans mon article du 10 janvier 2018 (« « ), j’avais exprimé une certaine admiration pour le talent très probe et vif de Cathy Krier (Luxembourg, 17 janvier 1985), dans son double album Janacek…

    ….

    …

    Et j’aime aussi beaucoup l’art toujours très juste d’Alain Planès (Lyon, 20 janvier 1948) : en son CD Janacek, également… 

    …

    …

    Et Leif Ove Andsnes (Karmøy, 7 avril 1970) est vraiment très bien lui aussi, assez proche de l’élégance rêveuse, morave, de Rudol Firkusny…

    …

    …

    Mais Lars Vogt (Düren, 8 septembre 1970) est absolument fidèle à l’idiosyncrasie incisive, à l’occasion râpeuse, et tendre sans le moindre pathos, de Leos Janacek…

    …

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    Ce dimanche 13 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Un article d’il y a 18 mois qu’il me faut, à la réécoute aujourd’hui de ces diverses interprétations, et comparativement au jeu absolument justissime de Benedek Horvath,

    nécessairement revoir et ajuster…

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    …

    Et je dois dire que l’interprétation live, de novembre 2018, de Benedek Horvath touche le cœur le plus intime de la poésie à la fois incisive et tendre, tragique aussi, de Leos Janacek : un vrai miracle d’intelligence et sensibilité du pianiste ;

    nous frémissons à ressentir sur la peau les gouttelettes des brumes nimbant le paysage ouateux et mouvant des vallons et tourbières de Moravie…

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    Ce vendredi 20 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter et comparer diverses interprétations de « Dans les Brumes » de Leos Janacek…

    Je me suis demandé à laquelle des interprétations de « Dans les brumes » de Leos Janacek (Hukvaldy, Moravie, 3 juillet 1854 – Ostrava, Moravie, 2 août 1928) que ma discothèque comporte, allait ma préférence :

    …

    Rudolf Firkusny (en 1971 et 1989) ? Radoslav Kvapil (en 1989) ? Leif Ove Andsnes (en 1990) ? Alain Planès (en 1994) ? Cathy Krier (en 2013) ?

    …

    Ou bien à la plus récente d’entre elles (en 2021) : celle de Lars Vogt ?..

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    …

    Le génie si idiosyncrasique de Leos Janacek est terriblement malaisé à « attraper » par les interprètes qui osent se frotter à sa musique…

    …

    Pour ma part, déjà, je préfère le quelque chose de plus légèrement râpeux de Radoslav Kavpil (Brno, Moravie, 15 mars 1934) à l’élégance irrépressible et magnifique de Rudolf Firkusny (Napadjedl, Moravie, 11 février 1912 – Staatsbourg, New-York, 19 juillet 1996) ;

    et tous deux sont eux aussi moraves…

    …

    …

    Dans mon article du 10 janvier 2018 (« « ), j’avais exprimé une certaine admiration pour le talent très probe et vif de Cathy Krier (Luxembourg, 17 janvier 1985), dans son double album Janacek…

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    Et j’aime aussi beaucoup l’art toujours très juste d’Alain Planès (Lyon, 20 janvier 1948) : en son CD Janacek, également… 

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    Et Leif Ove Andsnes (Karmøy, 7 avril 1970) est vraiment très bien lui aussi, assez proche de l’élégance rêveuse, morave, de Rudol Firkusny…

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    Mais Lars Vogt (Düren, 8 septembre 1970) est absolument fidèle à l’idiosyncrasie incisive, à l’occasion râpeuse, et tendre sans le moindre pathos, de Leos Janacek…

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    Ce dimanche 13 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art de dire et l’art de chanter : deux belles réussites

    Viennent de paraître en CD

    deux admirables interprétations

    des Zwölf Gedichte von Justinus Kerner

    op. 35, de Robert Schumann (1810 – 1856) :

    …

    par  Christian Gerharer et Gerold Huber

    _ soit le CD Sony 19075889192 _,

    …

    et par Matthias Goerne et Leif Ove Andsnes

    _ soit le CD Harmonia Mundi HMM 902353.

    …

    …

    L’un est un sublime

    diseur de poésie ;

    l’autre un sublime

    chanteur de lieder…

    …

    …

    Les deux fois,

    l’enchantement de la grâce

    est présente.

    …

    …

    Voici ce qu’en dit _ absolument excellemment _ Jean-Charles Hoffelé,

    en un article intitulé Lumière et ombre

    de sa chronique Discophilia,

    sur le site d’Artamag :

    …

    …

    LUMIÈRE ET OMBRE

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    …
    La voix de Schumann fut celle du baryton, registre médian qui venait se loger au cœur de son piano _ dont acte ! _ ; et les barytons aimèrent ses mélodies autant que celles de Schubert, qui les composa pourtant plus facilement dans l’aspect pratique d’une voix de milieu, leur ôtant le souci de transcrire. Alors que Schumann écrit pour le vrai baryton, allant même à le faire se souvenir de son registre d’enfance lorsqu’il le fait chanter en voix de tête dans l’élégie Stirb, Lieb’ und Freud !.

    …
    …

    Fischer-Dieskau, Prey, Souzay, Kruysen furent ses hérauts, car à Schumann, il faut des chanteurs lettrés _ probablement ; mais n’est-ce pas là une loi universelle ? _ qui connaissent leur Kerner, leur Eichendorff, leur Heine, leur Rückert _ que de chanteurs très ignorants, alors… C’est Kerner qui est au centre _ en effet _ de deux albums parus en même temps : comparer les Zwölf Gedichte Op. 35 de Christian Gerhaher et de Mathias Goerne, est-ce raison ?

    …
    …

    Non _ pas tout à fait. Gerhaher sur tout son disque Schumann _ mais c’est toujours le cas _ est la modestie même, la simplicité _ oui _ presque jusqu’à la naïveté _ non _, il met ici très peu de voix _ en effet _, et claire _ oui _ : les poètes chantent en quelque sorte avant lui _ et par lui. Admirable certainement _ absolument ! _, surtout dans des opus de la fin où tant auront pris un ton pathétique, mais ce chant discret, cette pudeur _ voilà : la plus sincèreère et vraie qui soit… _ qui en désarment tant, et probablement avec raison, me laissent un peu au bord du chemin _ ah ! bon… _, malgré le piano si suggestif de Gerold Huber, qui doit aussi pour entrer dans le jeu de son chanteur-diseur _ voilà ! _, se mesurer.

    …
    …

    Alors que le couple formé d’un même souffle _ oui, et qui chante pleinement _ par Matthias Goerne et Leif Ove Andsnes, s’avance dans le sombre fleuve _ sans doute _ des Kerner d’un pas de Wanderer _ oui _, allant admirable jusque dans ses suspensions, ses repentirs, ses réflexions désabusées _ oui, c’est là parfaitement ressenti. Cette poésie de timbres si mariée entre eux – le velours du grain de voix de Goerne se tissant _ oui _ au velours du toucher d’Andsnes – est une osmose dans laquelle l’auditeur se laisse entraîner, un monde en soi, celui de Schumann absolument _ probablement, avec ses lisières de gouffres _, un crépuscule magicien _ oui, qui opère à plein _  qui s’étend aussi au Liederkreis Op. 24.

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    Puisque Matthias Goerne semble à l’orée d’un voyage chez Schumann, surtout qu’il ne change pas son pianiste comme il l’avait fait pour Schubert _ mais cela semble déjà fait : voir un premier CD Schumann, Einseimkeit, avec le pianiste Markus Hinterhaüser _, car ici, son art est indissolublement reflété dans celui de Leif Ove Andsnes.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Robert Schumann

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    (1810-1856)
    Liederkreis, Op. 24
    12 Gedichte von Julius Kerner, Op. 35

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    Matthias Goerne, baryton
    Leif Ove Andsnes, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM802353

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    Robert Schumann

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    6 Gesänge, Op. 107
    Romanzen und Balladen, Vol. II, Op. 49
    Warnung (No. 2, extrait des 3 Gedichte, Op. 119)
    3 Gesänge, Op. 83
    12 Gedichte von Julius Kerner, Op. 35
    4 Gesänge, Op. 142

    …

    Christian Gerhaher, baryton
    Gerold Huber, piano

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    Un album du label Sony Classical 19075889192
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    Photo à la une : le baryton Matthias Goerne – Photo : © Marco Borggreve

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    Que de poésie !!!

    dans ces interprétations

    schumanniennes..

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    Ce vendredi 31 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa