Étiquette : limpidité

  • Et puis remonter maintenant à la « Messe de Nostre-Dame » (vers 1360-1365) de Guillaume de Machaut (ca. 1300 -1377), dans le limpidissime CD de Chanticleer, enregistré à San Francisco en août 2024…

    Et puis remonter maintenant – après le merveilleux CD Aparté « Manchicourt – Missa Veni Sancte Spiritus » de Gli Angeli Genève – Stéphane MacLeod (cf mon article enchanté d’hier : « La très très grande classe, et la très très haute élévation, de la « Missa Veni Sancte Spiritus » de Pierre de Manchicourt (Béthune, c. 1510 – Madrid, 1564) par Gli Angeli Genève dirigés par Stephan MacLeod : une musique pour les anges…« ) … – à l’écoute de la « Messe de Nostre-Dame » (vers 1360-1365) de Guillaume de Machaut (ca. 1300 -1377), dans le limpidissime CD de Chanticleer, le CD Delos DE 3631 – enregistré à San Francisco en août 2024... – , un CD très chaleureusement recommandé par mon disquaire préféré Vincent Dourthe, à l’oreille et au goût toujours impeccables :

    la magie de l’enchantement est bien présente – et très prégnante : radieuse ! – au rendez-vous de l’écoute de ce CD Machaut magnifique, stupéfiant de beauté…

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    Écoutez donc ici…

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    Cf aussi l’excellent article, parfaitement détaillé et éclairant, d’Yves Beuvard dans l’article « MACHAUT, Messe et pièces profanes – une approche essentielle, renouvelée et gratifiante » de Forumopera.com , hier 28 septembre :

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    Une approche essentielle, renouvelée et gratifiante

    Le XIVe siècle, celui de la guerre de Cent ans, de la peste à Marseille et de la papauté en Avignon, est aussi celui de l’Ars Nova. Fascinant par sa vie aventureuse, par ses écrits comme par sa musique, Guillaume de Machault est une figure, sinon la figure, centrale de ces temps tourmentés et on s’étonne – oui – qu’hormis le cercle restreint des spécialistes, il soit si peu connu, chanté et célébré, particulièrement en France. La Messe, première messe unitaire signée du même compositeur – et c’est à relever – , est justement célèbre, bien que rare au concert. Celle-ci, un motet, deux rondeaux, deux ballades et un virelai figurent au programme, éclairant bien l’œuvre de Machault, immense, même si aucun lai n’a été retenu. Non content de s’être hissé au meilleur niveau dans le répertoire de la Renaissance, Chanticleer a élargi celui-ci à toutes les expressions, du jazz aux musiques actuelles. Il ose maintenant aborder Machault (*), toujours si neuf malgré le temps qui nous sépare. L’ensemble fut fondé dès 1978 par un musicologue (**) avec le concours de quelques chanteurs de ses amis.

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    La messe de Nostre Dame (Ci commence la messe de Nostre Dame, précise le manuscrit de Voguë ***) fut écrite pour une circonstance précise : elle devait être chantée tous les samedis à l’autel de la Rouelle, de la récente cathédrale de Reims, dont Machault et son frère Jean étaient chanoines, dans la dernière partie de leur existence. L’exiguïté de la chapelle limitait le nombre de chanteurs, et les treize voix de Chanticleer correspondent à l’effectif des chantres de l’édifice. Chantée strictement a cappella, donc dépourvue de toute doublure instrumentale – voilà – , la messe qui nous est offerte – en cet admirable CD Delos – suit scrupuleusement la partition, sans que l’on sache à quelle transcription moderne l’ensemble se réfère (****), d’autant que la musica ficta invite à des lectures parfois différentes.

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    Les parties supérieures, triple et motet, à l’ambitus large, sont confiées à des falsettistes et à des ténors. Les deux autres, teneur et contreteneur à des barytons et basses. Sans transposition, heureusement dépourvu de toute doublure instrumentale – re-sic – , l’ensemble trouve une homogénéité de timbre, des équilibres et une lisibilité – limpidissime – hors du commun. Parfois légèrement nasalisée (les intonations), sans jamais tomber dans les outrances du Clemencic Consort, l’intonation ajoute à l’étrangeté de cette musique. Sans oublier les entrées polyphoniques, où, délibérément, chacun attaque sa note par une brève inflexion, sorte d’appoggiature, avant que l’accord s’impose. A la différence des Hilliard, dont la lecture accentuait la rythmique, le legato de chaque partie, d’une parfaite précision, confère une linéarité, une souplesse – voilà, voilà… – admirables à l’ensemble. La lisibilité, certainement favorisée par la prise de son, est exceptionnelle – absolument ! C’est bluffant.

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    Si l’alternance du plain-chant avec les Kyrie (ici scrupuleusement répété trois fois) et le Christe fait défaut, nous ne sommes pas moins plongés dans cet univers fascinant – oui. A la différence des autres parties, relevant du style de motet (isorythmique), le Gloria et le Credo font appel à une écriture syllabique, née du conduit (ainsi dépourvu de hoquets). Leur progression fluide, est ponctuée par la lente déclamation de Jesu Christe, puis de Maria Virgine, discrètement ornée, comme le suggèrent les recherches les plus récentes, avec les césures voulues par Machault. Pour conclure chacun de ces deux mouvements, l’intériorité aérienne des Amen est stupéfiante de beauté – oui. La plénitude contemplative, empreinte de ferveur, du Sanctus et de l’Agnus emportent l’adhésion – aussi.

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    Même si aucune version ne laisse indifférent, c’était à Parrot puis à Dominique Vellard que l’on devait l’essentiel de l’écoute la plus convaincante, de la hauteur à la prononciation latine (bien différente de celle, italienne, que nous connaissons depuis seulement 150 ans). Il faudra maintenant compter avec Chanticleer. Une plongée où la spiritualité, le recueillement s’éclairent d’une approche musicale aussi fondée que lumineuse et vivante – oui, oui, oui.

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    Seuls regrets, qui n’altèrent pas la qualité de l’enregistrement : l’absence du propre de la messe, dont la monodie éclaire la polyphonie dans un contraste valorisant, et la notice, exclusivement en anglais.

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    S’il est un virelai populaire, souvent enregistré, c’est bien Douce dame jolie. Il est ici confié à trois solistes, dialoguant, sur une percussion soulignant le caractère dansant du virelai. Les cinq autres pièces seront chantées a cappella, avec les qualités confirmées de chacun des chanteurs. Deux, trois, voire quatre d’entre eux, vont tisser les textures polyphoniques avec art. La prononciation, très travaillée, selon les informations les plus pertinentes, en est exemplaire. La lisibilité – toujours – itou.

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    Un constant bonheur – voilà – que cette immersion dans un univers fascinant – oui – , tant religieux que profane.

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    (*) Malgré l’argumentaire de Machabey (I, pp. 13 sqq), l’orthographe de Machaut (sans « l ») [aime assez à chahuter sans elle] semble avoir supplanté celle de Machault, dont les graphies du temps sont variées.
    (**) Louis Botto, victime du SIDA en 1997, âgé de 45 ans seulement.
    (***) L’intitulé « Messe du sacre de Charles IV », dû à l’abbé Lebeuf (XVIIIe S), non fondé, a été abandonné.
    (****) Chailley, Cross, De Van, Gennrich, Hübsch, Ludwig, Machabey, Schrade, Stevens, pardon pour les oublis, les transcriptions modernes de la Messe sont nombreuses, indispensables, faute de lire dans le livre une notation complexe.

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    Une merveille d’interprétation-incarnation limpidissime, en effet, par Chanticleer, à San Francisco…

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    Ce mardi 29 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le coffret Warner Classics « Wolfgang Sawallisch – Complete Symphonie, Lieder et Choral Recordings (1954 – 1997) », en commençant avec le piano limpide de Youri Egorov, ou la grâce absolue ; et en poursuivant par l’enchantement des Lieder avec choeur de Schubert…

    Comment aborder le coffret Warner Classics 5054197832178 de 65 de CDs « Wolfgang Sawallisch – Complete Symphonie, Lieder & Choral Recordings (1954 – 1997) » ?

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    Plusieurs récents articles de blogs peuvent peut-être suggérer quelques pistes d’écoute…

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    _ Par exemple l’article « Pas si sages » du Blog Discophilia de Jean-Charles Hoffelé en date du dimanche 23 juin dernier ;

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    _ ou bien l’incise consacrée à ce coffret dans l’article « Le chaos ou la beauté » du Blog de Jean-Pierre Rousseau avant-hier mercredi 26 juin ;/

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    _ ou encore l’article « Wolfgang Sawallisch, l’inspirant«   de Pierre-Jean Tribot, sur le site de Crescendo-Belgique, en date du jeudi 27 juin…

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    Au sein de ce coffret riche touffu de 65 CDs, j’ai commencé par suivre la suggestion de Jean-Pierre Rousseau, et ai commencé par l’écoute des CDs n°1 et n°10 :

    les Concertos n°17 et 20 de Mozart _ enregistrés à Londres au mois de février 1985 _ ;

    et le Concerto n°5 L’Empereur de Beethoven _ enregistré à Londres fin mai-début juin 1982 _,

    dans lesquels le Philharmonia Orchestra dirigé par Wolfgang Sawallisch accompagne le formidablement délicat touché de piano de Youri Egorov…

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    Youri Egorov (Kazan, 28 mai 1954 – Amsterdam, 16 avril 1988) dans cet Empereur-ci avec Wolfgang Sawallisch (Munich, 26 août 1923 – Granau-Bavière, 22 février 2013), en 1982,

    c’est le miracle de la grâce absolue.

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    Sinon,

    je suis particulièrement heureux de retrouver en ce coffret les 4 CDs _ n° 12, 13, 14 et 15 ici ; soient 4h, 27′ et 30′ _ de « Weltliches Vokalwerk » de Franz Schubert, avec, notamment, Hildegard Behrens, Brigitte Fassbaender, Dietrich Fischer-Dieskau, Peter Schreier, et le Chor des Bayerischen Rundfunks _ enregistrés de 1977 à 1981 _, publiés en 1981, puis, remastérisés, en 1997 :

    de pures merveilles, et infiniment variées, sous la baguette absolument idoine de Wolfgang Sawallisch…

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    Entre lesquels, tout spécialement, le divin « Gesang der Geister über den Wassern « Des Menschen Seele gleicht dem Wasser » » D.714, à la plage 18 du CD n° 13 _ écoutez ici (11′ 05)…

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    Mais tout ici de ces diverses et très variées œuvres avec chœur est très évidemment à écouter, ré-écouter, et saluer bien bas :

    et c’est l’ombre de Schubert en personne (Lichtenstal, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828) qui ici accompagne…

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    Immense merci, donc, pour cette opportune ré-édition hommage à Wolfgang Sawallisch, à l’occasion de l’anniversaire des 100 ans, en 2023, de sa naissance, le 26 août 1923, à Munich…

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    Ce vendredi 28 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa