Étiquette : Louis XIV

  • Sur l’intéressant CD « Du Mont – Couperin – Grigny – Partout amour me vient chercher » de l’Ensemble Capella Leonis sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon, une réponse qui tardait un peu trop à venir, pour une affaire de clarté du texte chanté…

    Suite à un courriel reçu hier soir à 22h 50 de Cédric Costantino s’étonnant à très juste raison

    (« votre annonce– in mon article « La merveille des bouteilles lancées à la mer, et rencontrant quelque destinataire inconnu (épisode 2) : le claveciniste et chef Cédric Costantino s’étonnant de voir mention de son nom en un article mien en date du 8 juillet 2020 à propos d’un CD « Nicolas Lebègue » du claveciniste Agustin Alvarez, qu’il ne connait pas, et de ce qui s’en est suivi… » en date du 9 mars 2016, et dans le post-scriptum duquel j’avais écrit : « je suis allé commander ce CD Indésens IC 094 « Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « à mon disquaire préféré, qui l’a reçu très vite ; et je lui consacrerai très bientôt une chronique détaillée…« … – de parler de mon disque est restée vaine sur Internet« )

    de ma promesse non tenue – il me semblait pourtant y avoir répondu, mais ce n’était hélas qu’en pensée : ce CD m’avait en effet donné bien à penser… – , j’ai à cœur de lui donner ici et ce jour enfin satisfaction…

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    Ce CD Indésens IC 094 «Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « – enregistré les 21et 22 juillet à la Chapelle-Haute de Saint-Michel-l’Observatoire – m’a, en effet, beaucoup intéressé, mais aussi imparfaitement plu, car, à ma grande surprise, ce sont davantage les pièces pour instrument seul de Nicolas de Grigny, Louis Couperin, Etienne Richard, Charles Richard, Jean Laquement Dubuisson et Jean de Sainte Colombe – aux plages 1, 6, 8, 10, 11 et 13 du CD – , que les chansons et airs de Henry du Mont – aux plages 2, 3, 4, 5, 7, 9, 12 – et Antoine de Boësset – à la plage 14 – , qui ont suscité là mon plaisir de mélomane.

    Mais cela surtout du fait du genre musical de ces chansons et airs de cour polyphoniques, du règne de Louis XIII, encore marqués des pratiques musicales de la Renaissance, alors que je préfère, et de loin, ce que devient la chanson et l’air de cour à l’époque disons baroque de Louis XIV : plus clairs…

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    Et j’ai probablement eu un peu de mal à l’écrire dans ces journées de début de printemps où j’ai reçu ce CD que j’avais pris soin de commander expressément  à mon disquaire préféré… 

    Mais j’avais éprouvé pareille gêne à l’écoute des divers CDs que Vincent Dumestre et son Poème harmonique avaient jadis consacrés, pour le label Alpha, à ces chansons et airs de cour polyphoniques du règne de Louis XIII, dans lesquels la clarté du texte à servir se perd un peu trop, à mon goût personnel du moins, dans le brouillard diffus, profus ou confus, des diverses voix qui s’entremêlent, et font perdre l’intelligence essentielle, fondamentale, de la signification du texte, souvent un poème fort beau, ainsi mis en musique… 

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    Voilà, une affaire de goût personnel…

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    Ce jeudi 27 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et parution, aussi, d’un CD « Les Concerts royaux » de François Couperin, par Patrick Cohën-Akenine et Les Folies françaises : le terrible défi de réussir à « attraper » la toute simple confondante magie du très discret François Couperin…

    Comme en une suite à la récente parution du très beau CD « François Couperin L’âme en peine – Pièces pour clavecin » de Michèle Dévérité (le CD sonamusica SONA2305)

    _ cf mon article «  » d’avant-hier jeudi 26 octobre _,

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    paraît aussi maintenant, pour le label Château de Versailles Spectacles, un CD « Couperin les Concerts royaux _ Issus du Troisième Livre de pièces de clavecin, 1722« , le CD CVS099, par Les Folies françaises et son chef, Patrick Cohën-Akenine :

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    quatre « Concerts » qui sont rien moins qu’un des sommets absolus de toute la musique française ;

    pas moins !..

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    Que penser alors de cette nouvelle interprétation de tels chefs d’œuvre de François Couperin ?

    _ le CD a été enregistré au Musée instrumental de Provins, où est conservé le somptueux clavecin de Pierre Donzelague (Lyon 1711), du 27 au 29 juillet 2021…

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    Après une recherche rapide dans l’ordre incertain des rangées et piles de ma discothèque _ quelques autres CDs de ces quatre « Concerts royaux«  ayant probablement échappé à mon regard ; et je ne possède pas l’enregistrement de Christophe Rousset Aparté AP 196 (paru le 19 avril 2019, il a dû échapper à ma vigilance)… _,

    j’ai mis la main sur quatre CDs comportant ces quatre « Concerts royaux« -ci de François Couperin :

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    _  enregistré en 1973, le CD Séon – RCA Victor GD 71960, dirigé par Sigiswald Kuijken ;

     

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    _ enregistré en 1975, le CD Archiv 427 119-2, dirigé par Heinz Holliger ;

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    _ enregistré en 1986, le CD ASV Gaudeamus CD GAU 101 du Trio Sonnerie, dirigé par Monica Huggett ;

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    _ et enregistré en 2004 _ du 6 au 10 septembre 2004 à l’abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache _, le CD Alia Vox AVSA 9340 du Concert des Nations, dirigé par Jordi Savall, avec Manfredo Kraemer au violon, Marc Hantaï à la flûte traversière, Alfredo Bernardini, au hautbois, Josep Borras au basson, et Bruno Cocset à la basse de violon, Jordi Savall à la basse de viole, Xavier Diaz-Latorre au théorbe et à la guitare, et Guido Morini au clavecin…

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     Ce CD Alia Vox de 2004 est tout simplement merveilleux de finesse, grâce et justesse :  nous voicis introduits dans l’intimité même du cabinet de musique du roi Louis XIV, auxquels ces sublimissimes « Concerts royaux » de François Couperin étaient tout spécialement destinés, en 1714 et 1715 :  « Ces pièces étaient exécutées par Messieurs Duval, Philidor, Alarius et Dubois _ respectivement au violon, au hautbois, à la viole de gambe et au basson… _ ; j’y touchais le clavecin« , en a rapporté François Couperin lors de leur publication, en 1722…

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    En comparaison,

    le récent bien tristement poussif CD des Folies françaises, a l’allure d’une première lecture tâtonnante, et pas du tout en place, de déchiffrage…

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    Et c’est hélas par son absence qu’y brille la resplendissante délicate magie de François Couperin…

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    Réussir à vraiment « attraper » la stupéfiante toute simple _ absolument dénuée d’artifices _ magie de François Couperin est décidément bien difficile…

     

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     Ce samedi 28 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce que l’Air du Froid du « King Arthur » (en 1691) de Henry Purcell (et John Dryden) doit à l’Air des Trembleurs de l’ »Isis » (en 1677) de Jean-Baptiste Lully (et Philippe Quinault)…

    Un échange de courriel avec une amie m’a permis, ce mercredi 10 mai, de faire un point sur ce que le célèbre Air du Froid du « King Arthur » (en 1691) _ air popularisé il y a quelques années par une interprétation-adaptation de Klaus Nomi (1944 – 1983), et disponible dans le magnifique enregistrement de John-Eliot Gardiner, avec Stephen Varcoe, en 1985 _ de Henry Purcell (1659 – 1695), sur un livret de John Dryden (1631 – 1700),

    doit à l’Air des Trembleurs de l’ »Isis » (en 1677) de Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687), sur un livret de Philippe Quinault (1635 – 1688).

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    En 1995, alors que j’étais « conseiller artisitique de Hugo Reyne et La Simphonie du Marais », 
    j’ai été l’auteur à 90% du programme du CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » (CD EMI – Virgin, de La Simphonie du Marais) préparé pour les commémorations _ plusieurs concerts et un disque _ du tricentenaire du décès de La Fontaine en 1695.
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    Et il se trouve que j’avais personnellement tenu à inclure en ce programme autour de la carri§re poétique et musicale de La Fontaine, l’air des Trembleurs de l’ » Isis » de Lully et Quinault, en 1677,
    pour illustrer d’une part les péripéties des querelles musico-poétiques entre La Fontaine et Lully,
    et surtout afin situer, dans le temps, le « petit opéra », donné à Paris, en 1678 _ et quasi inconnu, non seulement des mélomanes, mais aussi de la plupart des chercheurs _, « Les Amours d’Acis et de Galatée » de Marc-Antoine Charpentier et Jean de La Fontaine,
    que j’avais retrouvé et pu reconstituer en partie lors de mes recherches de toute une année pour constituer ce programme de concert et de CD en l’honneur de La Fontaine…
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    En effet, c’est de cet air des Trembleurs de l’ « Isis » de Lully, en 1677, que le merveilleux Henry Purcell s’est inspiré pour l’air célèbre du Froid de son « King Arthur » en 1691…
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    Purcell, en effet, formé auprès des compositeurs  Pelham Humphrey et John Blow, était très connnaisseur de la musique française de son époque, à la cour des rois Charles II et Jacques II Stuart, qui avaient longtemps longtemps présents à Saint-Germain-en-Laye, au moment du règne de Cromwell…
    Et leur sœur étant l’épouse de «  Monsieur », Philippe d’Orléans, le frère du roi, Louis XIV…

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    Voici donc ici un podcast (de 1’ 48) de cet air extrait de notre CD, enregistré pour EMI en 1995, par La Simphonie du Marais dirigée par Hugo Reyne, intitulé « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine »
    – les chanteurs en sont Isabelle Desrochers et Bernard Deletré. 
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    J’étais présent (et vigilant !) aux séances d’enregistrement (par l’excellent Hugues Deschaux), supervisées par l’excellent Nicolas Bartholomée, à l’abbaye Saint-Michel-en-Thiérache, au mois d’août 1995,
    dont je garde un souvenir enchanté…
    Et le CD est paru, brillamment récompensé, en mars 1996 sous le label Virgin : 7243 5 45229 2 5. 
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    De ce bel air des Trembleurs d’ » Isis », de Quinault et Lully,
    voici les podcasts de deux autres interprétations,
    l’une tirée de l’ » Isis » de Lully dirigée par Christophe Rousset à la tête de ses Talens lyriques, en 2019 ;
    et l’autre du CD « Lully – Les Divertissements de Versailles », par les Arts Florissants dirigée par William Christie, en 2002.
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    La confrontation de ces trois interprétations est plus qu’intéressante.
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    dans lequel j’évoque les circonstances des recherches (et découvertes) liées à ce CD de 1995-96…
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    Voilà.
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    Ce mercredi 10 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Reprise de mon article « Construire un programme musical à propos de ce qui a été composé autour du mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz le 9 juin 1660 » du 16 juin dernier, laissé alors inachevé…

    C’est la parution ce 28 août 2022, sur le site de ResMusica « Remarquable reconstitution musicale des noces de Louis XIV par Vincent Dumestre et ses musiciens« , sous la plume de Vincent Muñoz,

    qui me fait aviser d’avoir bien malencontreusement laissé inachevé mon propre article «  » du 16 juin dernier,

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    probablement par un certain agacement à l’égard du travail de composition du programme de son CD « Les Noces royales de Louis XIV » par Vincent Dumestre. Je vais m’en expliquer.

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    Car, ainsi que je l’avais indiqué en mon article,

    j’avais moi-même procédé _ j’étais alors Conseiller artistique de La Simphonie du Marais et Hugo Reyne _ à des recherches pointues sur ce que l’on pouvait découvrir, ou du moins, à défaut, inférer, des musiques qui avaient été interprétées, soit à Fontarabie, soit à Saint-Jean-de-Luz, pour les cérémonies religieuses de ce mariage du roi Louis XIV et l’Infante d’Espagne Marie-Thérèse…

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    Voici donc d’une part mon article laissé inachevé le 16 juin ;

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    puis, d’autre part, celui de ce jour sous la plume de Vincent Munoz.

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    Construire un programme musical à partir de ce qui a été composé autour du mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz le 9 juin 1660 : deux réalisations, par Hugo Reyne en 2007, et par Vincent Dumestre en 2021…

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    La toute récente parution du CD de Vincent Dumestre et son Poème Harmonique pour le label Château de Versailles Spectacles,

    soit le CD CVS 066 « Les Noces royales de Louis XIV » _ enregistré à la Chapelle Royale du Château de Versailles du 11 au 14 novembre 2021 _,

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    m’amène à venir repenser un peu la constitution d’un programme de musique, pour un concert ou pour un disque,

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    à la façon dont Hugo Reyne et La Simphonie du Marais ont pu s’y essayer dans les années 90 du siècle dernier _ à ce moment j’étais leur conseiller artistique, et ai procédé à d’ardentes passionnantes recherches, en particulier à Saint-Jean-de-Luz, auprès d’érudits locaux susceptibles de m’en ouvrir, peut-être, quelques menues pistes… _, et, à nouveau, en 2007, quand Hugo Reyne et sa Simphonie du Marais ont construit et réalisé un concert (pour Jean-Bernard Meunier, à Sablé-sur-Sarthe, le 23 mars 2007), et publié un double CD, intitulé « Musiques pour le mariage de Louis XIV« ,

    soit l’album double Accord 442 9894 _ enregistré les 22 et 23 mars 2007 au Centre culturel Joël Le Theule, à Sablé-sur-Sarthe _,

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    quand il s’avère que les principales éventuelles sources documentaires directes (et les partitions in concreto utilisées alors) désespérément manquent, et cruellement font défaut ;

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    et que le projet esquissé doit alors s’efforcer, pour produire, malgré ce handicap, un concert ou un disque à la fois tant soit peu plausible, et surtout un brin satisfaisant, à la fois historiquement et musicalement, de trouver quelques palliatifs à ces manques décevants de la recherche aventureuse et méthodique…

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    Ce jeudi 16 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Retrouver l’ambiance musicale d’une cérémonie comme celle du mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz, voilà un défi totalement réussi par Vincent Dumestre et son équipe. Une page d’histoire semble se dérouler devant nous, tant la réalisation est suggestive et vivante. 

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    Revivre en musique un évènement important de l’histoire de France, c’est ce que propose cet enregistrement. Suivant le déroulé de la cérémonie du mariage du jeune Louis XIV en l’église de Saint-Jean-de-Luz, l’auditeur peut ainsi se plonger dans ces instants marquants grâce à la musique qui lui sert de fil conducteur. Ainsi on assiste en introduction à des sonneries de trompette aux portes de l’église suivies d’un prélude à l’orgue. Lully, le compositeur officiel est très présent dès l’entrée, puis pour de courtes danses évoquant les espagnols et les basques. Avant d’aller plus avant, il est bon de se remémorer l’histoire de ce mariage et les raisons de cette union.

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    En juin 1660, la paix est signée entre les rois de France et d’Espagne au terme de longues négociations. Cela rend possible le mariage entre le jeune roi de France et l’infante d’Espagne Marie-Thérèse. La cour est présente, tout s’organise dans la maison « Lohobiague Enea » et l’église, proches l’une de l’autre. Reprenons le cours de l’enregistrement de Vincent Dumestre, au moment où le cortège arrive à l’église et où les délégations entrent solennellement. La cérémonie débute réellement par une célébration de la paix avec une pièce de Jean Veillot sur l’hymne de Pâques O filii et filiae, célébrant la résurrection du Christ, musique alléluiatique remplie de jubilation, parfaitement adaptée ici pour cette précieuse paix retrouvée. La pièce est belle, très développée sur ce thème pourtant si court et si simple. La polyphonie vocale à laquelle se joignent les instruments est festive et s’enroule telle une litanie. Lully une nouvelle fois se retrouve ici avec un Motet pour la paix Jubilate Deo en cinq parties, qui prépare de manière appuyée l’ambiance de l’union à suivre.

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    Le mariage proprement dit peut alors commencer. L’orgue se fait entendre par deux versets de Guillaume-Gabriel Nivers qui fût le premier organiste du roi à la chapelle de Versailles. Une courte Sinfonia de l’italien Salomone Rossi introduit le Magnificat. En l’occurrence il s’agit ici de celui de Francesco Cavalli, compositeur vénitien, célèbre pour ses opéras. Il compose un unique Magnificat à sept voix en 1650. La musique est joyeuse, flamboyante et réjouissante pour un grand mariage, elle célèbre la gloire de Marie. Sans nul doute, cette œuvre est le sommet de cet enregistrement, riche de onze sections suivant de près le texte latin du Magnificat. Dans cette musique réunissant pleinement les deux ensembles du Poème harmonique et du Chœur de la compagnie La Tempête en évoquant largement les fastes de Saint-Marc de Venise, les interprètes déploient magnifiquement leurs qualités tout particulièrement supérieures dans cette performance grâce à Vincent Dumestre et Simon-Pierre Bestion.

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    Après cette partie sacrée de la cérémonie, les réjouissances se poursuivent avec une dernière évocation musicale consacré au Ballet des nations. Un extrait de Xerse, opéra de Cavalli, nous gratifie d’un Lasciamente morire en forme de passacaille. Viennent ensuite deux airs français évoquant la paix retrouvée et la gloire de la France. Le mariage s’achève enfin en une évocation de l’Espagne avec une danse endiablée de Juan de Hidalgo Dos Zagalan venian où se font entendre quelques percussions typiques tant par leur nature que par leurs rythmes aux accents de fête villageoise, permettant d’achever la cérémonie de mariage dans le bien-être, nourri par la paix et l’amour.

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    La collection Château de Versailles spectacles continue de nous enchanter par l’originalité des albums qui se concrétisent en belles découvertes, comme ici cette musique à programme, interprétée de manière exceptionnelle. Sans nul doute un des volumes les plus aboutis de la série.

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    Jean-Baptiste Lully (1632-1687) :

    Sonneries pour les trompettes du Roi ; Entrée pour la maison de France ; Les espagnols ; Les basques ; Motet pour la paix « Jubilate Deo ».

    Louis Couperin (ca. 1626-1661) :

    Prélude n° 46.

    Jean Veillot (ca. 1600-1662) :

    O filii et filiae.

    Guillaume-Gabriel Nivers (ca. 1632-1714) :

    Plein-jeu et Récit de cromorne du troisième ton.

    Salomone Rossi (1570-1630)

     Sinfonia grave.

    Francesco Cavalli (1602-1676) :

    Magnificat ; Lasciatemi morire (Xerse).

    André de Rosiers (actif 1634-1672) :

    Après une si longue guerre.

    Nicolas Métru (ca. 1605-ca. 1663) :

    Ô France.

    Juan Hidalgo (1614-1685) :

    Dos zagalas venian (Celos aun del aire matan).

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    Chœur de la compagnie la tempête (chef de chœur : Simon-Pierre Bestion) ;

    Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre.

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    1 CD Château de Versailles Spectacles.

    Enregistré du 11 au 14 novembre 2021 en la chapelle royale du château de Versailles.

    Livret en français, anglais et allemand.

    Durée : 65:18

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    Ce dimanche 28 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa