Étiquette : lourdeur

  • Pour alourdir le dossier d’Arkadi Volodos, ou « l’insupportable lourdeur du paraître »…

    En complément à mon article d’hier 3 février 2025 «  » collectant mes précédents articles sur les Brahms très maniérés à mes oreilles d’Arkadi Volodos,

     
    voici, ce mardi 4 février, de plus brèves remarques, données seulement au passage, et par comparaison avec d’autres interprètes, en de précédents articles miens sur le jeu de Volodos en ses Chopin, Beethoven, Blasco de Nebra et Mompou,
    en comparaison, donc, avec des interprètes qui m’agréent bien davantage que lui, tels que Leif Ove Andsnes, Ronald Brautigam, Josep Colom ou Stephen Hough ;
    et c’est assez parlant ! :
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    « Pour son premier CD Chopin intégralement consacré à ce compositeur, Leif Ove Andsnes nous offre un parfait jeu droit, pleinement classique, vibrant de tendresse maîtrisée, sans la moindre once de maniérisme ; à comparer à l’insoutenable Volodos (cf l’article lucide L’Insoutenable lourdeur du paraître, d’Alexandre De Louit, le 1-2-2004, sur le site de Res Musica ; les choses ne se sont pas arrangées depuis… ni de froideur non plus ! ».

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    « Ronald Brautigam est un prodigieux, en même temps qu’éminemment simple : quel grand art d’y parvenir à ce point !, pianiste magicien, au jeu d’une magnifique vitalité, et naturel ! sans le moindre maniérisme, jamais ! Un anti Arkadi Volodos, en quelque sorte (un chichiteux qui s’écoute lui-même au lieu de se mettre à l’entier service des œuvres auquelles il s’essaie : un narcissique que j’abomine)… »
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     « Et tout un chacun peut en juger sur you tube, qui met en ligne de quoi écouter l’intégralité (de 56′) de ce magique CD de 6 Sonates (57′ 58) et de 2 Pastorelas (14′ 46) de Manuel Blasco de Nebra, interprétées par Josep Colom _ et lui seul ! Nul ne l’ayant égalé !!! Et certainement pas le sur-évalué Javier Perianes, ni l’insupportable de maniérismes Arkadi Volodos… »
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    « Si la dédicataire du quatrième cahier, Alicia de Larrocha, n’a laissé que ce témoignage partiel pour Decca, si Arcadi Volodos _ un interprète qui ne m’agrée pas : ni sobre, ni chaleureux… _ n’a gravé que des extraits de l’ensemble (Sony, 2018), d’autres se sont lancés dans l’intégrale, souvent avec bonheur. »
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    Mais je tiens aussi et surtout à donner ici et en entier le lucidissime (!) avis d’Alexandre De Louit en son article, assez génialement intitulé « L’insoutenable lourdeur du paraître », paru sur ResMusica le 1er février 2004, à propos d’un concert Scriabine, Rachmaninioff, Schubert, Liszt, Saint-Saëns, donné par Arcadi Volodos au Théâtre des Champs-Elysées le 12 janvier 2004 :
    https://www.resmusica.com/2004/02/01/linsoutenable-lourdeur-du-paraitre/
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    Arcadi Volodos : l’insoutenable lourdeur du paraître 

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    Le fait que le grand répertoire pianistique ait été tellement entendu et enregistré pousse certains pianistes d’aujourd’hui à ne l’aborder, pour ainsi dire, qu’au second degré : à travers un mentor, de préférence décédé. Au disque comme au concert, affiche la référence à Vladimir Horowitz : courtes pièces brillantes du répertoire (de son répertoire), refus des intégrales et des cycles ; surtout, transcription des œuvres, improvisations et versions enjolivées enregistrées par le « Satan en personne » du piano (dixit Clara Haskil).

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    La prouesse n’est pas nouvelle ; elle n’en est pas moins impressionnante, on l’a déjà constaté, au disque comme au concert. Cependant, le problème d’un pianiste qui a fait sa réputation sur une technique ostentatoire est qu’il doit ensuite conquérir ses lauriers de musicien « sérieux » – tout en ne décevant pas un public qui attend, bien évidemment, les morceaux de bravoure.

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    Le programme de ce concert est tout juste fait pour cela : une sonate de Schubert et des Scriabine tardifs, répertoires réputés austères ; des enchaînements de pièces d’auteurs pianistes (Liszt, Scriabine, Rachmaninoff), sans aucun « tube » toutefois et en prenant soin d’aligner plusieurs pièces lentes ; enfin, un ou deux morceaux de pure pyrotechnie pour couronner chaque partie.

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    Cela donne-t-il un concert entièrement satisfaisant ? Certes, la séduction est là, la vélocité aussi, aussi étincelante qu’au disque : les traits les plus ébouriffants passent avec une aisance sidérante. De ce point de vue, n’hésitons pas à dire que le modèle est dépassé, le jeu d’Horowitz n’ayant jamais été d’une propreté irréprochable.

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    En revanche, les doigts d’Horowitz n’étaient pas seulement ces « chevaux de course racés » (mot d’un autre pianiste : Tamás Vásáry) courant au triple galop sur la mécanique allégée de son célèbre Steinway. Ils étaient surtout le véhicule d’un sublime kaléidoscope de couleurs pianistiques. Qu’on écoute les derniers enregistrements de sonates de Scarlatti, et tous ses Scriabine : la vie de la polyphonie est d’une incroyable rigueur derrière l’impact immédiat du timbre. Chaque voix a sa couleur et chante avec sa couleur : car le maître a toujours avoué se mettre à l’école des grandes cantatrices du passé. La polyphonie est bien là chez Volodos ; mais la couleur ? le cantabile ? Comment faire vivre la Mélodie ou le Prélude en sol majeur (op. 23/5) de Rachmaninoff sans les références lyriques qui, de toute évidence, hantent le compositeur ?

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    Reste la virtuosité. On ne se donnera pas le ridicule de contester celle d’. Mais la vraie, la transcendante, pas celle des bêtes à concours mais celle des monstres sacrés auxquels il se réfère, réside-t-elle dans la facilité, dans la vitesse, dans le phénomène ? Arrau disait que pour faire leur effet, les traits ardus devaient avoir l’air ardu (il parlait du stretto de la 1ère Ballade) ; et de blâmer justement la manière d’Horowitz. Or, les effets d’Horowitz correspondent toujours à une prise de risques : plutôt que de se reposer sur ses dons, il se fragilise, se met en danger, recréant ainsi une difficulté qui ne lui est pas naturelle. C’est ce qui provoque ces strepitoso d’octaves alternées (précisément, dans la 1ère Ballade), et cette incroyable impression de tension que dégagent ses grandes interprétations – et aussi un certain nombre de fausses notes.

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    Prenez le trait d’octaves du 1er Concerto de Tchaïkovski, qu’Horowitz ne fait jamais deux fois de la même façon et qui est toujours aussi électrisant. Dans l’enregistrement de 1943 avec Toscanini, le plus féroce contempteur de l’œuvre et du pianiste se lèvera de son fauteuil pour applaudir. Voilà : c’est cela, un virtuose. Vous avez beau vous défendre, vous êtes arraché à vos habitudes, vous êtes (passez-moi l’expression) scotché – ou soulevé. Cela inclut une part nécessaire d’improvisation : encore une fois, Horowitz n’a jamais joué deux fois le même texte, soit dans ses œuvres (Fantaisie sur Carmen, Stars and Stripes) soit dans ses adaptations (Tableaux d’une exposition, Danse macabre). La Danse macabre, Volodos la joue beaucoup plus clairement, beaucoup plus sûrement, et même beaucoup plus musicalement que l’auteur de l’arrangement lui-même. A-t-elle la même saveur ? le panache désinvolte de la version Horowitz (sur le CD Horowitz Encores, BMG import) est cruelle pour le maelström très étudié de son cadet.

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    On pouvait s’en douter, c’est la « petite » sonate de Schubert qui signe la déception. Le désir de « faire délicat » n’aboutit qu’à « faire joli ». Encore une fois, on est tenté de faire le parallèle avec son modèle : pourquoi Horowitz arrive-t-il à rendre passionnante la moindre œuvrette de Clementi alors que, sous les doigts de Volodos, les thèmes légers de cette œuvre certes secondaire sonnent comme un maladroit sous-Mozart ?

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    On en revient à la couleur : de même qu’Horowitz trouve l’inspiration, pour son Rachmaninoff, dans la voix lyrique, de même il aborde le répertoire classique ou post-classique avec la mémoire de toutes les partitions d’orchestre qu’il lisait et réduisait à vue depuis son adolescence. Car la culture n’est pas inutile chez un pianiste. C’est grâce à elle qu’une sonate de Mozart sonne, par Arrau, comme le Requiem ou Don Giovanni ; par Horowitz, comme l’ouverture de Così. Et que la Danse macabre pourrait sonner comme autre chose que du très beau piano avec beaucoup de passages très rapides et très tonitruants.

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    Dans son répertoire comme dans son jeu, Arkadi Volodos force des comparaisons qui ne le flattent pas forcément. Cela dit, le seul fait qu’on puisse l’y soumettre dit assez le niveau de piano où il se situe : parmi les grands. Peut-être attend-on (et attend-il) de lui encore plus… il n’a que trente-deux ans, après tout. Mais, à juger seulement ce qu’on a entendu, cet Horowitz sans Horowitz, c’est du grand opéra en version de concert, du Krug sans les bulles.

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    Crédit photographique : (c)DR.

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    Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 12.I.2004. Alexandre Scriabine : Enigme, op. 52/2Guirlandesop. 73/1, Sonate n° 8 op. 66. Serge Rachmaninoff : Mélodie op. 3/3, Préludes op. 32/10 & 5, op. 23/10, Daisies op. 38/3, Esquisse orientale, Polka italienne. Franz Schubert : Sonate n° 6. Franz Liszt : 123e Sonnet de Pétrarque, 6e Consolation, Il Penseroso. Camille Saint-Saëns : Danse macabre (arrt Liszt/Horowitz). Arcadi Volodos, piano.

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    Voilà !
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    A très bon entendeur, salut !
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    Ce  mardi 4 février 2015, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Le Ravel à fuir (!!!), glacial et d’âge glaciaire, du piano trop mécanique de Keigo Mukawa : faire le test comparatif de l’enlevé et merveilleux « Rigaudon » du délicat et délicieux « Tombeau de Couperin »…

    Ce n’est bien sûr pas tout à fait pour rien qu’en sa notice intitulée « L’homme Ravel : une dualité séduisante« , aux pages 13 à 16 de son double album Etcetera KTC 1816 « Keigo Mukawa – Maurice Ravel – Complete Works for Solo Piano«  _ enregistré au Chichibu Muse Park Music Hall  _,

    Keigo Mukawa prononce rien moins que 6 fois le bien significatif qualificatif de « froid« ,

    et qu’il utilise aussi 2 fois l’image éminemment répulsive de « sculpture de glace » pour qualifier son abord personnel du génie ravélien :

    …

    « À l’âge de treize ans, j’ai commencé à travailler sa « Sonatine« , c’était la première œuvre de Ravel que j’étudiais, et l’impression que me faisait sa musique _ voilà ! _ était celle d’une « sculpture de glace froide« . Probablement était-ce la texture de la musique, si précise, si réglée comme une mécanique parfaite _ voilà _, ou bien cette sonorité ferme construite avec des accords dissonants si bien calculés _ voilà encore _, qui m’ont évoqué cette sensation de froideur.

    Plus tard, je suis entré au conservatoire de Paris en 2014 , là même où Ravel avait fait ses classes. J’ai pu étudier ses œuvres, en profondeur, et les jouer de nombreuses fois lors des concerts. Et même si Ravel est devenu le compositeur pour lequel j’éprouve le plus de sympathie, cette image de sculpture de glace n’a pas varié« …

    …

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    Mais cette fâcheuse impression ne quitte pas hélas non plus l’auditeur que je suis de ce double CD de Keigo Mukawa, que, sur la foi malencontreuse de divers critiques musicaux _ par exemple Émilie Munera et Rodolphe Bruneau Boulmier, en leur émission En pistes ! de France Musique, ou Bénédict Hévry, le 7 mai dernier, sur le site de ResMusica en un article laudatif intitulé « Keigo Mukawa dans une éminente et fervente somme ravélienne«  ; mais aussi Bertrand Boissard, à la page 98 du numéro du mois de mai 2024 de Diapason ; ou encore Gérard Belvire, à la page 93 du numéro du mois de juin de Classica… _ je désirais vivement découvrir et connaître, et écouter :

    …

    or l’impression tout bonnement désastreuse que j’en ai à l’audition, est d’être livré ici à la tronçonneuse glacée et sans esprit de Glenn Gould débitant à la furibonde décérébrée les fugues mécaniques de Jean-Sébastien Bach, ou, pire encore, massacrant sans pitié les délicieuses délicates sonates pour piano, vives d’esprit, de Mozart…

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    J’ai donc procédé à un test comparatif _ qui a tant plu à mon petit-fils Gabriel, très fan de ce Rigaudon de Ravel… _ du preste et à jamais juvénile « Rigaudon » (dédié aux frères luziens Pierre et Pascal Gaudin _ beaux-frères de la cousine de Maurice : Magdeleine Hiriart-Gaudin… _) de cette merveille de finesse qu’est « Le Tombeau de Couperin » :
    …
    …
    _ voici donc à écouter ici ce qu’y donne, en un podcast de 3′ 28, l’Assez vif de ce Rigaudon sous les doigts un poil balourds et mécaniquement tricotteurs _ sans esprit, et dénués de charme, et de fantaisie et malices et humour, si raveliens…  _, et surtout incomparablement trop lents pour la prestesse enjouée et mutine d’un rigaudon de ce basque mince et bondissant, et infiniment vif d’esprit, qu’était Maurice Ravel _ comparez avec les autres interprètes choisis ci-après… _, de Keigo Mukawa… 

    …

    _ et maintenant, sous les doigts bien plus justement mutins _ à la luzienne ! j’aime beaucoup, beaucoup ! _ de Martin James Bartlett, en ce podcast de 3′ 05…

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    _ ou encore, par Alexandre Tharaud, en un podcast magnifiquement preste et juvénile _ bravo ! bravissimo ! c’est à la perfection senti ! _ de 3′ 01…

    …

    _ et aussi par Bertrand Chamayou_ pas mal du tout non plus ! _ en un podcast de 3’06…

    …

    _ et encore par l’excellent Steven Osborne, en un podcast bien preste et alerte, lui aussi _ et comme il le faut !.. _, de 3’01…

    …

    …

    Et maintenant faites votre choix !!!

    …

    …
    Maintenant, en y réfléchissant encore un peu,

    il me semble que cette approche trop strictement mécanique (et froide) du piano de Ravel de la part du jeune Keigo Mukawa, tient à sa pourtant juste principielle obsession (de métier) d’atteindre la perfection technique nécessaire, en effet, à servir l’idéal d’interprétation la plus juste possible des œuvres tout spécialement de Ravel, mais qui, pour le moment du moins de son propre parcours d’interprète très justement exigeant à l’égard de lui-même _ Ravel lui-même n’ayant jamais été, lui, un parfait interprète, ni au piano, ni à la baguette de chef, de ses propres génialissimes œuvres… _, passe encore, pour le moment du moins, à côté de l’objectif absolument fondamental, et rédhibitoire sinon, de l’interprétation ravelienne : servir l’esprit le plus fin, tendre, chaleureux, insidieusement torride même, voilà, de l’œuvre de Ravel, par la médiation seulement, si je puis le dire ainsi, de la parfaite maîtrise obligée, certes, en effet, de la technique, mais qui n’en qu’un nécessaire moyen, un étai, et qu’il faut absolument, à l’interprète, apprendre à dépasser-transcender, faire complètement oublier à l’auditeur ; sinon l’interprète, encore besogneux, malhabile, en reste, en effet, à une rédhibitoire réfrigérante « sculpture de glace » de cette musique subtilissime de Ravel, au-delà de son obligée perfection technique ; en ne réussissant pas, lui interprète, à atteindre et surtout faire s’envoler-virevolter-tournebouler dans le charme le plus pur et aérien, l’esprit ludique, finement sensuel et même érotique, de la sublime fantaisie narquoise du génie français absolu de Maurice Ravel compositeur ; dans l’esprit, mine de rien très audacieux et moderne, franchement rieur et léger, leste (car délesté…), d’un Couperin, d’un Rameau, mais aussi d’un Mozart, et même encore du jeune Mendelssohn _ par-delà, à la Nietzsche, le tragique fatal de toute vie, qui s’y perçoit bien sûr aussi, en filigrane estompé d’un constant et bien présent arrière-fond, sensible à l’horizon rosé des plus beaux soirs d’été…

    …

    …

    Ce jeudi 30 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Cette mine d’intuitions passionnantes qu’est le « Dictionnaire amoureux de l’esprit français », du turco-suisse Metin Arditi

    Le mardi 26 février dernier,

    …

    et suite à mon écoute, le dimanche 24, de l’émission Musique émoi, d’Elsa Boublil,

    qui lui était consacrée

    _ cf mon article …  _,

    …

    j’avais brièvement présenté

    mon très vif plaisir de l’entame

    _ jusqu’à la page 167 / 661, ce premier soir de lecture : j’en arrivais à l’article Debussy, après l’article Dada _

    de ma lecture de ce très riche travail

    _ de l’helvéto-turc Metin Arditi (né à Ankara le 2 février 1945) _,

    sur un sujet qui de très loin, moi aussi, et depuis très longtemps,

    me travaille :

    …

    je veux dire

    les mystères et arcanes de ce « esprit français« 

    auquel je suis tellement sensible, moi aussi, dans les Arts

    _ et sans nationalisme aucun (ni encore moins de sourcilleuse exclusivité !), est-il utile que je le précise ?!

    …

    Il s’agit seulement du simple constat renouvelé chaque fois

    et non sans surprise

    _ je ne le recherche en effet pas du tout ! Non, mais cela vient me tomber dessus,

    et me ravir et combler… _

    de ce qui vient au plus profond secrètement me toucher,

    et me fait fondre de délectation :

    telle la reconnaissance d’affinités intenses comme congénitales…

    …

    …

    Voici,

    pour aller d’emblée à l’essentiel de ce que vais un peu discuter,

    le résumé

    …

    Dans ce dictionnaire, l’écrivain sélectionne des traits selon lui exemplaires de la culture française, comme le culte de l’élégance, le sens de l’ironie et l’art de la conversation _ rien à redire, bien sûr, à cet excellent choix-ci. Les entrées abordent aussi bien les institutions, les personnalités et des aspects historiques, de l’Académie française à Louise de Vilmorin, en passant par la haute couture, l’impressionnisme et Jacques Prévert.

    …

    puis la quatrième de couverture de ce Dictionnaire amoureux de l’esprit français, de Metin Arditi,

    publié aux Éditions Plon et Grasset :

    …

    Dictionnaire amoureux de l’Esprit français :

    « Je voudrais bien savoir, dit Molière _ plaidant ici pro domo _, si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire. » Partant de ce constat, Metin Arditi examine d’une plume tendre _ en effet _ les formes dans lesquelles s’incarne cet impératif de séduction _ oui… _ : le goût du beau _ davantage que du sublime _, le principe d’élégance _ oui, toujours ! a contrario de la moindre vulgarité _, le sens de l’apparat _ un peu survalorisé par l’auteur, selon moi _, mais aussi le souci de légèreté _ fondamental, en effet _, l’humour _ oui, avec toujours un léger décalage… _, l’art de la conversation _ très important : civilisateur _, un attachement historique à la courtoisie _ parfaitement ! _, l’amour du trait _ d’esprit et parole, seulement _ assassin, la délicatesse _ c’est très, très important aussi !!! l’égard et ses formes, envers l’autre _ du chant classique « à la française » _ la quintessence peut-être du goût français _, un irrésistible penchant pour la théâtralité _ surévalué à mon goût, à contresens de la délicatesse et de la discrétion, selon moi _, l’intuition du bon goût _ oui ! _, la tentation des barricades _ à l’occasion, faute de parvenir à assez se bien faire entendre _, une obsession du panache _ surévaluée, elle aussi, comme le penchant à la théatralité : le panache de Cyrano illustrant la couverture du livre ! _, et, surtout, une _ sacro-sainte et irrépressible ! _ exigence de liberté _ oui, cela, c’est incontestable : ne jamais être comdamné à emprunter des voies toutes tracées, ou disciplinaires ; mais disposer d’une capacité permanente d’invention, et de singularité. En un mot, le bonheur à la française _ oui : à savourer assez paisiblement et durablement en sa profonde et somme toute discrète intensité. À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité _ mais non assignable à des traits fermés et une fois pour toutes donnés, invariants… _, ce dictionnaire rappelle que l’esprit français est, surtout, un inaltérable cadeau _ d’ouverture et fantaisie. Une lecture qui fait plaisir… et pousse à réfléchir _ et discuter, entamer le dialogue.

    …

    …

    Voici aussi le texte accompagnant le podcast de l’émission Musique émoi du dimanche 24 février dernier,

    qui reprend ces diverses thématiques :

    …

    Metin Arditi, amoureux  comme personne de  l’esprit français, examine d’une plume légère et souvent espiègle les  diverses formes dans lesquelles s’incarne en France le désir de plaire.

    …

    « On ne considère en France que ce qui plaît », dit Molière, « C’est la grande règle, et pour ainsi dire la seule ».

    …
    Partant de cet indiscutable constat, l’auteur de ce dictionnaire,  lui-même amoureux  comme personne de l’esprit français, examine d’une  plume légère et souvent espiègle les diverses formes dans lesquelles  s’incarne en France le désir de plaire : au fil des siècles se sont  développés le goût du beau, bien sûr, mais aussi le principe d’élégance,  le sens de l’apparat, le souci de légèreté, l’humour, l’art de la  conversation, un attachement historique à la courtoisie, la délicatesse  du chant classique « à la française », le penchant pour la théâtralité,  l’amour du juste, le goût des barricades, du panache, oui, du panache,  et, surtout, une exigence immodérée de liberté. Ce dictionnaire parle de  Guitry et de Piaf, de Truffaut et de Colette _ oui _, mais aussi de Teilhard de  Chardin, Pascal, Diderot, Renan, Péguy, les prophètes qui ont nourri  les artistes de leur pensée et les ont libérés dans l’exercice de leurs talents.

    …
    L’esprit français a aussi ses interdits. Ne jamais être lourd…  Ne pas faire le besogneux… _ c’est en effet capital ! Et Nietzsche vénérait tout spécialement cet aspect-là de l’esprit français… Comment plaire, sinon ?

    …
    Au fil des pages, ce dictionnaire rappelle que le goût des belles choses a _ aussi _ un prix _ économique, financier _, qu’un tel bonheur ne vient pas sans facture _ à régler in fine ! À défaut,  l’esprit français ne serait pas ce qu’il est… _ assez impécunieux…  Sans vouloir  transformer un pays qui, c’est heureux, n’est pas transformable, on  pourrait peut-être imaginer, ça et là _ mais c’est bien un vœu pieux ! une pure vue de l’esprit… _, quelques mesures aptes à diminuer _ mais est-ce vraiment réaliste ? _ le montant de l’addition.

    …
    À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité du pays, ce dictionnaire rappelle combien l’esprit français est un  cadeau _ sans prix, eu égard au bonheur (d’être vraiment d’esprit français).

     

    …

    …

    Je regrette aussi que manquent en ce Dictionnaire amoureux

    certaines entrées

    que pour ma part je trouve bien plus essentielles

    que Sacha Guitry ou Edmond Rostand,

    …

    telles

    Joachim du Bellay, Montaigne, Marivaux, Chardin, Monet, Paul Valéry, Pierre Bonnard, Charles Trenet, par exemple,

    qui,

    les uns comme les autres,

    ont si merveilleusement _ et idiosyncrasiquement : un trait lui aussi bien français ! _ su chanter

    l’incomparable douceur de notre France.

    …

    …

    En tout cas,

    j’éprouverais un très vif plaisir à dialoguer de tout cela

    avec Metin Arditi,

    s’il venait à Bordeaux.

    …

    …

    Ce jeudi 7 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le parfait CD Chopin droit et tendre de Leif Ove Andsnes : les 4 Ballades et 3 Nocturnes idéalement incarnés !

    Pour son premier CD Chopin

    intégralement consacré à ce compositeur,

    …

    Leif Ove Andsnes

    nous offre un parfait jeu droit _ pleinement classique _ vibrant de tendresse maîtrisée _ sans la moindre once de maniérisme ;

    à comparer à l’insoutenable Volodos (cf l’article lucide L’Insoutenable lourdeur du paraître, d’Alexandre De Louit, le 1-2-2004, sur le site de Res Musica ; les choses ne se sont pas arrangées depuis… ;

    ni de froideur non plus ! _ :

    …

    les 4 Ballades, opus 23, 38, 47 et 52,

    …

    ponctuées de 3 Nocturnes choisis,

    les numéros 4, 13 et 17,

    opus 15 n°1, opus 48 n°1 et opus 61 n°1, 

    …

    en un CD Sony 19075822932 de toute beauté !

    …

    …

    Chopin: Ballades & 3 Nocturnes Product Image

    …
    …

    C’est parfait !!!

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    Ce mercredi 26 septembre 2018, Titus Curiosus – Titus Curiosus