Étiquette : mariages

  • Quand Paul Bonopéra et sa famille ont résidé à Rabelais, avant Orléansville…

    La naissance de Paul Bonopéra, le 1er octobre 1856, au sein de la famille de Jean (Juan-Dionis-Francisco) Bonopera qui résidait à Miliana depuis 1846, est désormais suffisamment étayée ; cf mon article du jeudi 11 février dernier : …

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    Maintenant, je désire élargir la connaissance de la résidence de Paul Bonopéra (et de sa famille) à Rabelais _ en un assez opulent terroir viticole _ ;

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    à Rabelais où est né Georges Bonopéra, le 21 février 1892 ; Georges, le dernier des six fils que Paul Bonopéra a eus avec sa première épouse Joséphine Girot (ou Giraud)

    _ dont j’ignore à ce jour le lieu (à Rabelais ?) et la date du décès : entre 1892, année de la naissance du dernier-né avéré de Joséphine et Paul : Georges ; et 1896, année possible du second mariage (après veuvage !) de Paul Bonopéra avec Marie-Jeanne-Virginie Claudet, dont le père Armand-César, cultivateur, résidait à Rabelais, et 1897, année de la naissance (le 5 juin 1897) et du décès (le 25 juin 1897), à Rabelais, du petit Marie-André Bonopéra, à l’âge de 20 jours… J’ajoute ici, aussi, la date du divorce de Paul Bonopéra avec sa seconde épouse, Marie-Jeanne-Virginie Claudet : le 28 juillet 1897 (cf mon article du 26 février :  )…

    …

    Et Rabelais, où ont déclaré résider ses quatre premiers fils, Jean, Paul, Alphonse et Auguste, lors de leurs passages respectifs au conseil de révision _ à Orléansville, chaque fois _ :  en 1898 (pour Jean Bonopéra, né à Pontéba le 18 juin 1877), 1899 (pour Paul, né à Pontéba le 19 septembre 1878), 1902 (pour Alphonse, né à Charon le 1er janvier 1881) et 1904 (pour Auguste, né à Orléansville le 3 avril 1883).

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    Ce Rabelais _ où Paul décide de vendre ses propriétés : quand ? autour de 1906, probablement… _ qu’avec Paul Bonopéra, sa famille quitte pour gagner Orléansville, où Paul va répartir entre ses fils une partie du bénéfice des ventes de ses propriétés de Rabelais afin d’aider l’installation dans la vie professionnelle d’au moins certains d’entre eux ;

    dont Paul, qui devient le boulanger de la rue d’Isly ;

    et Auguste, qui devient le cafetier de la rue d’Isly.

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    Un Café qui semble avoir été créé _ cf mon article du mardi 23 février dernier :  _ « à la date du 29 avril 1874, par un arrêté du sous-préfet de Miliana qui autorisait un certain Jean Bonopéra « à ouvrir et exploiter un café rue d’Isly, à Orléansville« _ assez probablement ce Juan-Dionis-Francisco Bonopera, né à Tarragone le 9 mars 1814 ; puis résidant à Alger, avec ses parents Luis Bonopera (qui décède à Alger le 19 août 1835) et Jacinta Minguella (devenue veuve de Luis), dans la décennie des années 30 du XIXe siècle ; puis s’installant à Miliana à la fin de 1845, comme « limonadier« , ou « débitant de boissons » : le père, à Miliana, de Marguerite (née le 22 janvier 1849), de Jean-Baptiste-Nicolas (né le 19 février 1851 ; et qui sera de profession « cuisinier« , à la naissance de son fils Auguste, le 5 juillet 1894, à Mustapha) et de notre Paul Bonopéra (né le 1er octobre 1856)…

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    Orléansville, donc, où Paul Bonopéra, « propriétaire« , se fait élire _ et continuement _ conseiller municipal :

    d’abord le 19 septembre 1907, lors d’une élection municipale complémentaire : il est élu par 239 voix, sur 279 ; puis au mois de mai 1908, sur la liste républicaine de M. Paul Robert ; ainsi que le 5 mai 1912, sur la liste républicaine de M. Joseph Robert, banquier.

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    À suivre…

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    Ce dimanche 28 février 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un premier point-bilan rétrospectif-prospectif sur un essai de brève biographie de Henri Ducros, l’époux d’Eveline Ducos du Hauron

    La première personne à l’identité de laquelle je vais m’efforcer d’apporter ici le maximum de précision possible quant à sa situation, et d’abord au sein de sa propre famille des Ducros installés _ probablement depuis les années 80 du siècle précédent, et venus du Gard (Aigues-Mortes, Nimes…) _ à Azazga,

    au vu méthodique du faire-part de décès de son épouse née Eveline Ducos du Hauron _ cf l’annonce de ma méthode dans mon article d’hier : ... _, dont revoici l’énoncé : « M. Henri Ducros, administrateur-adjoint à Dupleix et ses enfants, MM. Ducos du Hauron Gérard et Roger ; Mme Jacquet ; Mme Vve Gadel et ses enfants ; les familles Ducros, Ducos du Hauron, Gadel, Gentet, Charavel, Ferrand, Bure, vous font part du décès de leur chère et regrettée Madame Henri DUCROS, née Eveline DUCOS du HAURON. Les obsèques ont eu lieu dans l’intimité, le 1er janvier 1939.« ,

    …

    est Henri Ducros le fils _ qui porte le même prénom, Henri, que son père (dont j’ignore les lieux et dates de naissance (en France, dans le Gard ?), de mariage ainsi que de décès (je sais seulement qu’il est décédé avant son épouse Philomène, née Roussel).

    …

    …

    La majeure partie des renseignement que j’ai pu jusqu’ici réunir sur Henri Ducros-le-fils, procède de ce que j’ai pu découvrir de sa carrière administrative d’ »administrateur-adjoint » de diverses « communes mixtes d’Algérie« , entre la réussite à son concours d’entrée passé le 26 novembre 1912 _ je suppose qu’il devait être âgé alors d’un peu plus de 20 ans : son livret militaire, auquel j’accède à la date du 30 mars 2021, m’apprend que Henri Bavolet Ducros, fils de Henri-Joseph Ducros et Philomène Roussel, est né à Alger le 25 juin 1887... _, et le poste qu’il occupait, à Dupleix, au moment du décès _ à Alger, durant des vacances de Noël, fin décembre 1938 _ de son épouse née Eveline Ducos du Hauron ; carrière que j’ai pu ainsi retracer :

    …

    1) Suite à son classement au concours d’entrée à la fonction d’ »administrateur-adjoint » qu’il venait de réussir, c’est le 4 janvier 1913 que Henri Ducros est nommé « administrateur-adjoint stagiaire« , et, dans la foulée, désigné pour la commune mixte de Sidi-Aïssa (en remplacement de _ celui qui deviendra (et à une date que j’ignore toujours) son beau-père, peut-être rencontré pour la première fois à cette occasion professionnelle… _ Amédée Ducos du Hauron) ;

    …

    2) En date du 13 décembre 1915 _ sa situation d’administrateur-adjoint stagiaire terminée : il devient le titulaire de ses postes… _, Henri Ducros est appelé dans la commune-mixte d’Azazga (c’est-à-dire la commune-mixte du Haut-Sébaou) _ Azazga : là où résident ses parents Henri Ducros et Philomène (ou Magdeleine), née Roussel , installés à Azazga depuis les années 80 du siècle précédent _ ;

    …

    3) Quatre ans plus tard, en date du 12 novembre 1919, Henri Ducros est appelé à Aumale ;

    …

    4) Ensuite _ à une date qui ne m’est pas connue _, Henri Ducros est nommé à la commune mixte du Djebel Nador _ dont le centre principal est Trézel.

    De fait, Henri Ducros avait bien été « désigné pour Trézel » _ le centre principal de la commune mixte du Djebel Nador _, comme l’atteste un arrêté du Gouverneur général de l’Algérie en date du 27 janvier 1923, relaté dans un article intitulé « Dans les communes mixtes » paru dans L’Écho d’Alger du 30 janvier 1923, faisant état que « M. Dor, administrateur-adjoint à Bou-Saâda, est appelé à Aumale en remplacement de M. Ducros, précédemment désigné (sic) pour Trézel » – Djebel Nador…

    …

    5) Puis, en date du 3 février 1923, Henri Ducros est appelé, à titre provisoire _ mais un provisoire qui va durer plus de 13 ans : jusqu’à la fin de 1936… _, à la commune mixte d’Azeffoun (sa résidence étant à Port-Gueydon) _ en effet, Henri Ducros avait bien été, très vite, « remplacé au Djebel Nador, à titre provisoire, par M. Marchand, ancien élève diplômé de l’Institut national agronomique, nommé administrateur-adjoint, et affecté, à titre provisoire, à la commune mixte du Djebel Nador « , précisait cet arrêté de nomination du 3 février 1923… _ ;

    …

    6) Enfin, fin décembre 1936 – début janvier 1937 _ je ne dispose pas d’un avis officiel de nomination, mais seulement d’un bref article de « Bienvenue«  pour son arrivée à Dupleix, en provenance de Port-Gueydon (paru dans L’Écho d’Alger du 6 janvier 1937) _, Henri Ducros est nommé à la commune-mixte de Cherchell (sa résidence étant à Dupleix).

    Dupleix où Henri Ducros continue de résider avec sa famille en 1938-39, quand son épouse née Eveline Ducos du Hauron décède subitement, fin décembre 1938, à Alger, lors de vacances de Noël passées à Alger…

    …

    Pour le reste de la carrière administrative de Henri Ducros à partir de 1939, je ne dispose plus d’aucun renseignement…

    …

    …

    Et je ne dispose, pour l’heure, non plus d’aucune date ni lieu,

    ni de naissance _ à Azazga, et au moins avant 1895 ? C’est à Alger, le 25 juin 1887, qu’est né Henri Bavolet Ducros, fils de Henri-Joseph Ducros et son épouse Philomène Roussel, m’apprendra le 30 mars 2021 la lecture de son livret militaire (classe 1907)… Aznaga est en effet le lieu de naissance de son frère Alphonse-Léon, qui y est né le 8 juillet 1896 : je dispose du livret militaire d’Alphonse-Léon ; et dans l’ordre des faisant part du décès de « Mme Vve Henri Ducros, née Roussel Philomène« , paru dans L’Écho d’Alger du 24 juillet 1931, Henri semblerait être l’aîné des enfants (et descendants Ducros) de Henri Ducos et son épouse qui vient de décéder « à Aznaga, à l’âge de 71 ans, le 19 juillet 1931 » ; je lis en effet en ce faire-part : « Mme et M. Henri Ducros et leurs enfants Yves et Raymond ; MM. Ducros Edmond, Ducros Alphonse et son fils Jean-Pierre, Ducros Paul-Henri, et leurs familles » ; un ordre d’inscription qui me paraît devoir résulter de l’ordre des naissances de ces descendants de Mme Vve Ducros qui vient de décéder ; à moins que la place en cet ordre de M. Henri Ducros, résulte du fait qu’il est le seul, parmi ces descendants de sa défunte mère, à avoir auprès de lui une épouse, l’épouse de son frère Alphonse, née Gilberte Bure (le mariage avait eu lieu à Alger au mois d’octobre 1922), étant décédée, à l’âge de 27 ans, au mois de septembre 1929 (cf L’Écho d’Alger du 10 septembre 1929, et Le Progrès d’Orléansville, du 19 septembre 1929)… Edmond Ducros, lui, est né à Azazga le 29 octobre 1889, m’apprendra son livret militaire… _,

    ni de mariage, ni de décès, d’Henri Ducros…

    …

    …

    Je dispose seulement d’avis _ il ne s’agit pas de faire-part publiés par les parents eux-mêmes _ de naissance, à Port-Gueydon, de 2 de ses enfants, les petits Yves-Henri (au mois de juin 1930) et Raymond (au mois de mai 1931), et de décès d’une troisième enfant, la petite Raymonde (au mois d’octobre 1933 _ sans indication de l’âge de la petite défunte… _) : cf les numéros de L’Écho d’Alger des 8 juin 1930, 30 mai 1931 et 27 octobre 1933 ; j’y reviendrai plus tard.

    …

    …

    Avec, aussi, deux données qui font problème en ce bref aperçu biographique de Henri Ducros :

    un éventuel premier mariage, ainsi qu’un éventuel premier enfant, advenus avant son mariage _ à une date encore inconnue de moi à ce jour ; et en l’absence de tout-faire part publié accessible… _ avec Eveline Ducos du Hauron…

    …

    …

    En effet, un possible premier mariage de Henri Ducros, avec une dame nommée Gibal, est envisageable, d’après un avis de naissance de ce qui serait un premier enfant de Henri Ducros, prénommé Paul-Henri, indiqué _ clairement _ comme étant le fils de l’administrateur-adjoint d’Aumale _ ce qui est bien le cas de notre Henri Ducros, entre novembre 1919 (moment de son arrivée à Aumale) et une date assez antérieure à février 1923 où il rejoindra le poste qui suivra celui de Trézel (pour la commune mixte de Djebel Nador) : celui de Port-Gueydon, le centre principal de la commune mixte d’Azzefoun… _ et de son épouse, née Gibal.

    Je m’en rapporte ici à cet avis, en une rubrique « Naissances« , paru dans le numéro de L’Écho d’Alger du 22 septembre 1921 : « Nous avons le plaisir d’apprendre la naissance d’un superbe petit garçon, fils de Mme et M. Henri Ducros, administrateur-adjoint à Aumale. Mme Ducros est fille de M. Gibal, instituteur à Alger, et nièce de M. Cordier, chef de trafic à la Compagnie Générale Transatlantique. Quant au bébé, il s’appelle Paul-Henri. Nous lui souhaitons bonne et longue vie« .

    …

    Là-dessus, cf mon article d’avant-hier 12 janvier : …

    …

    …

    La situation de notre Henri Ducros au sein de la fratrie des enfants de Henri Ducros-le-père et Philomène _ Magdeleine _ Roussel-la-mère demande davantage de précisions que celles que j’ai données plus haut, à propos du faire-part de décès de « Mme Vve Ducros, née Roussel Philomène » publié par L’Écho d’Alger du 24 juillet 1931,

    que revoici : « Mme et M. Henri Ducros et leurs enfants Yves et Raymond ; MM. Ducros Edmond, Ducros Alphonse et son fils Jean-Pierre, Ducros Paul-Henri, et leurs familles« .

    …

    …

    Car se trouvent vivre alors à Azazga d’autres Ducros que ceux-là : assez probablement des cousins…

    …

    Tels, par exemple, un Roger Ducros, né à Azazga le 18 mai 1927 ; ou un Lucien Ducros, conducteur de car, qui épousera à Azazga le 24 décembre 1937, une Louise Oudot, originaire de Tamda…

    …

    De même, avait eu lieu à Azazga, en 1921, le mariage de « Melle Marthe Ducros, fille de Mme et M. Henri Ducros, propriétaire à Azazga, avec Michel Pratlosa, employé aux Chemins de fer de l’État à Alger » ; et c’est dans ce faire-part de mariage publié dans L’Écho d’Alger du 26 octobre 1921 que j’avais pris connaissance de cette remarque à propos de la présence de la famille Ducros à Azazga : « cette famille habite depuis plus de trente ans ce pays« …

    Cette Marthe Ducros, « fille de Mme et M. Henri Ducros, propriétaire à Azazga« , pourrait-elle être une sœur de Henri, d’Edmond et d’Alphonse Ducros ? Car nulle part son nom n’est apparu jusqu’ici dans les documents auxquels j’ai pu avoir accès concernant les proches de notre Henri Ducros, l’époux de notre Eveline Ducos du Hauron… _ oui, Marthe Ducros est bien la sœur de Henri, Alphonse et Edouard Ducros.

    …

    …

    Voilà pour aujourd’hui jeudi.

    …

    …

    Ce jeudi 14 janvier 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Two Lovers » _ ou de l’ »humanité » vraie du « care » dans le regard cinématographique de James Gray

    Sur le bouleversant film « Two lovers » de James Gray, sur les écrans français depuis mercredi 19 novembre ;

    et son « usage » sublime du « care » :

    …

    Je sors ébloui et ravi de la première séance (de 11 heures) du 4ème film de James Gray : « Two lovers« 

    _ ou quelque chose, pour moi, comme « du care«  :

    …

    après trois œuvres déjà impressionnantes (de beauté) dans le genre « polar » de ce « très grand » James Gray : « Little Odessa« , en 1994 ; « The Yards« , en 2000 ; et « We own the night » (ou, en français, « La nuit nous appartient« , il y a tout juste un an), en 2007…
    …
    Déjà le titre

    _ en dépit qu’au générique (celui de la v. o.) le titre « Two lovers«  suive immédiatement les noms des deux « premiers » interprètes : Joaquin Phœnix et Gwyneth Paltrow  ; s’agirait-il donc, quant à ces « two lovers« , des deux personnages _ Léonard, Michelle _ que ces deux acteurs-là, ainsi mis en relief, incarnent ?.. _,

    …
    déjà le titre _ « Two lovers« _, donc,

    est ambigü ;

    …

    même si l’amour est d’abord, le plus visiblement _ bien sûr ! _, une relation duelle

    (de deux corps…) ;
    …
    car dans ces relations
    _ plurielles ! _ d’amour-là, dans ce film-ci, « Two lovers« , de James Gray,
    la relation n’est,

    apparait-il ici

    _ et davantage, pourrait-on, donc, dire, que jamais ! : sublimement !!! _ ;

    …

    la relation n’est

    jamais, en aucun de ces (divers) cas d’amour-là (de ce film), simplement

    et uniment

    duelle…

    …

    Pareille « ambiguïté« ,

    si telle ambiguïté il y a bien

    _ ou complexité de quelque chose comme une ambivalence au cœur même de l’amour, ou du désir (amoureux), éprouvé _ ;

    …

    pareille complexité (d’ambivalence) et ambiguïté

    est-elle,

    même,

    profondément voulue _ jusqu’à en faire le cœur battant du titre de son film-œuvre _ ;

    …

    profondément voulue, donc, par l’auteur,

    l’immense artiste qu’est James Gray ?..

    …
    Il nous faut, nous

    _ chacun des « spectateurs«  (actifs

    cf sur ce qu’est

    « être vaiment » « spectator »

    et « L’Acte esthétique« , de Baldine Saint-Girons ;

    et « Homo spectator« , de Marie-José Mondzain) _;

    …

    il nous faut nous y interroger :

    car c’est d’abord à cette énigme (fondamentale !)-là

    de la relation (d’amour) entre deux êtres « humains«  : « non-inhumains« , veux-je dire

    _ cf Bernard Stiegler en son « Prendre soin _ de la jeunesse et des générations » ;

    je reviens toujours, forcément, aux mêmes fondamentaux de ma réflexion æsthétique _ et « humaniste » !.. : les deux sont viscéralement liés, conjoints ! ;

    …

    que ce film « tendre »

    vient frontalement

    et en _ et par _ son immense et terrible douceur _ à distance océanique du mélo !!! _

    sublimement _ Baldine… _ nous confronter…

    …
    Nous sommes confrontés, tout en douceur et délicatesse, à,

    et profondément émus, touchés et complètement remués et retournés, par
    les permanentes ambivalences de l’ »humain » le plus authentique, en cette ambivalente complexité même (de l’amour vrai), qu’il _ nous _ faut, en effet, nous _ « spectateurs » _, « assumer » : comme assez rarement au cinéma,
    en une véritable (modeste en même temps, et sans esbroufe) « œuvre » (d’art) cinématographique.

    …
    De même que les personnages, eux aussi _ (l’amant _ the « lover« ) Léonard, (l’amante _ the « lover« ) Sandra, (l’amante _ the « lover« ) Michelle _, évoluent, changent, se métamorphosent,

    à la fois lentement, quasi insensiblement, sans manœuvre brutale (= esbroufe) de la caméra, ni changement grossier (= vulgarité) du décor _ même si on change (et magnifiquement) de « quartier » (de New-York :

    ô combien amoureusement la ville de James Gray est-elle ici filmée par cet enfant de Brighton Beach, à Coney Island, qu’est James Gray !) _,

    …

    tout est doux, tout se déploie sans brusquerie aucune, ni coup de revolver, pour une fois,

    …

    et sous le choc des « accidents » _ contingents _ qui les effleurent, touchent, blessent, jettent à terre, et, même, à l’occasion, presque les noient,

    littéralement,

    ces « personnages »…

    …
    qui ont

    _ ou/et connaissent, ainsi :

    et il leur faut un minimum de temps, forcément, pour essayer de « s’en remettre » _

    leurs chutes de tension _ dé-préssurisation _, là, à terre…
    …
    Le personnage de Léonard Kraditor _ qu’incarne « magiquement », et magistralement dans sa quintessence (sublime) d’ »humanité » !.. ; quel « acteur » !.. ;

    en ses métamorphoses physiques,

    de la balourdise la plus traînante (et courbure de dos, juste ce qu’il faut, pataude),

    à la grâce de la lumière, et de la danse, et de l’éclat _ de diamant _ de son regard, perçant et « droit »sous le velours d’un voile infinie de tristesse,

    un plus qu’ »évident » Joaquin Phœnix _ ;
    …
    le personnage de Léonard Kraditor, donc,
    un trentenaire célibataire qui vit, loge, habite et travaille chez « papa et maman »,
    est partagé,

    …

    sans compter la toute première fiancée partie, enfuie

    _ présente en forme de photo encadrée au chevet de son lit, dans sa chambre _,

    qu’il n’a pas pu

    _ pour raison médicale (leurs enfants auraient été « porteurs malades » d’une maladie dont ces deux fiancés-là étaient et sont « porteurs sains ») _ ;
    …
    sans compter, donc, la toute première fiancée qu’il n’a pas pu

    épouser ;

    …

    qui l’a quitté et mis au désespoir

    en s’enfuyant,

    et sans que, pour jamais, il puisse la « re-joindre »

    …

    _ d’où plusieurs tentatives de suicide

    dont celle par noyade en ouverture, sublime, du film

    _ tranquillement alentie :

    juste avant, le convoyeur (de la blanchisserie paternelle, nous le découvrirons un peu plus tard) laisse glisser à terre, sur le ponton, ou pont-passerelle, l’étui à vêtements (nettoyés à sec) qu’il était chargé, donc, de convoyer à un client de la blanchisserie : se lit par dessus le porte-manteau du vêtement nettoyé : « we love _ avec un gros cœur rouge _ our customers« … _

    …

    dont celle par noyade en ouverture, donc,

    du film, de depuis un ponton, ou un pont-passerelle, pour piétons : la scène, dans la douceur moite d’un crépuscule d’automne new-yorkais, est proprement « magique » ! ;

    …

    en plus de s’être tailladé les veines du poignet gauche ;
    et de divers séjours à l’hôpital pour « troubles bi-polaires« … ;

    …
    le personnage de Léonard Kraditor, donc, est partagé

    entre deux femmes qu’il aime

    _ et aime aussi physiquenent, charnellement (à l’écran, dans ce que nous donne à voir, ou nous montre, de l’intimité ;

    …

    (sur cette « intimité » du personnage de Léonard,

    je pense ici au magnifique « La Privation de l’intime » de Michaël Foessel ;

    cf mon article « La pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la réalité de la démocratie »  ;

    ainsi qu’au très beau « Amitier » de Gilles Tiberghien :

    cf mon article « L’acte d’ »amitier » : pour une anthropologie fondamentale (du sujet actant)« ) ;

    …

    dans ce que nous donne à voir de l’ »intimité »

    _ = « des liens à » (d’autres sujets _ et non « objets » _ humains), nous a excellemment montré Michaël Foessel _,

    de Léonard

    et des autres _ au moins deux, si l’on en croit le titre : « Two lovers » _ des « lovers in love« ,

    la caméra pudique

    _ toujours superbe de puissance autant que de délicatesse, quant à ce qui secoue physiquement ces amants… _

    du magnifique James Gray) :
    …
    la brune Sandra Cohen

    _ qu’incarne l’excellente, toute de sobriété attentive et tendre (« care« ), Vinessa Shaw _

    qui l’a « remarqué », lui, Léonard, à la boutique (de blanchisserie-teinturerie) où il traîne tant bien que mal sa dégingandée carcasse (et promène erratiquement, sans se fixer sur grand chose, ses yeux de velours) ;

    …

    et à laquelle il plaît (déjà) bien… ;

    …

    et que les deux familles (les Kraditor et les Cohen _ professionnellement alliés : en voie d’association) voudraient (bien) lui voir épouser ;
    …
    et Michelle, une intrigante superbe « voisine » blonde, tout récemment installée _ par un (riche) amant marié _, de l’autre côté de la cour de l’immeuble (de briques de couleur ocre) ;
    …
    tandis que ce personnage de Michelle

    _ qu’incarne (avec beaucoup, beaucoup d’élégance, et de charme, et jamais trace d’hystérie) Gwyneth Paltrow _

    ne parvient pas, « de son côté », à quitter

    l’homme marié
    _ riche, et d’une génération plus âgée que la sienne
    (ce dernier, Ronald Blatt, confie à Léonard qu’il a lui-même un fils _ d’une trentaine d’années, vraisemblablement, lui aussi _ qui lui ressemble étrangement, en son allure quelque peu « empruntée »… _) ;
    …
    ne parvient pas à quitter l’homme marié, donc,

    qui lui-même ne se décide décidément pas à quitter sa (propre) femme-épouse
    pour épouser (et vivre complètement avec) sa maîtresse,
    qu’il vient
    ,
    quand débute le film,
    d’installer (faire aménager), donc, dans le quartier _ un peu délabré : Brighton Beach, sur Coney Island, à New-York  _ où habite encore sa propre mère âgée…
    …

    Soit un portrait d’ »humanité »,

    notamment, et d’abord, de Léonard _ qu’incarne si magistralement Joaquin Phœnix (Chapeau !) ;

    et de Sandra _ splendidement attentive et bienveillante (ou le « care » :

    Sandra offre à Léonard une paire de gants protecteurs),

    en ce qu’en donne la très belle, elle aussi, et non transparente, Vinessa Shaw ;

    …

    sans oublier la figure extraordinairement attentive de la mère, Ruth Kraditor, portée par une radieusement sobre et belle (et aimante) Isabella Rossellini

    _ fille d’Ingrid Bergmann et Roberto Rossellini ;

    à la formidable « humaine » présence…

    …

    Soit une œuvre (de cinéma) majeure _ sublime, oui ! _ de James Gray, que ce « Two lovers« ,

    sur ce qui demeure, encore, un peu, de plus « humain » _ si vulnérable _ dans notre humanité de plus en plus inattentive (= « in-humaine« , barbare)…

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    Titus Curiosus, le 21 novembre 2008