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  • L’alliance des Ducos du Hauron et des de Bercegol, la famille propriétaire du château de Floyras, à Bélaye, dans le Lot

    Creusant un peu autour du premier mariage de Raymond de Bercegol _ neveu assistant de très près les recherches de son oncle Louis Ducos du Hauron _,

    avec Émérancie David  _ Émérencie est le nom de la grand-mère de la Vierge Marie : la mère de sa mère Anne _,

    qui a eu lieu à Bélaye (Lot) le 28 octobre 1896

    _ le 4 juin 1907, et cette fois à Bordeaux, Raymond de Bercegol (devenu veuf le 31 octobre 1905) se remariera avec Yvonne Marinier… _,

    …

    j’apprends à découvrir peu à peu _ step by step _ la généalogie de cette féconde famille des Bercegol

    à laquelle s’est alliée,

    par le mariage, le 11 février 1866 à Agen, de Berthe Ducos du Hauron avec Fabien Marie Alexandre Onézime de Bercegol,

    la famille des Ducos du Hauron ;

    …

    ainsi que l’importance de leur château de Floyras _ propriété de la famille de Bercegol à partir de 1726 _, à Bélaye, dans le département du Lot, non loin de Luzech.

    …

    …

    …

    Pour découvrir bientôt

    _ mais il fallait pour cela recouper entre eux deux arbres généalogiques incomplets chacun d’eux ! _

    que Raymond de Bercegol,

    né à Lamothe-Landerron _ en Gironde : entre La Réole et Marmande) _ le 4 février 1869,

    du mariage, à Agen le 11 février 1866, de Berthe Ducos (née à Libourne le 23 janvier 1842) _ en 1866, Berthe est domiciliée rue Palissy à Agen _ et Fabien Marie Alexandre Onézime Bercegol (né à Bélaye, au château de Floyras, le 23 décembre 1835),

    et domicilié alors à Marseille où il occupe un poste de Commissaire spécial adjoint des chemins de fer, 

    …

    a épousé, à Bélaye, le 28 octobre 1896, sa cousine Marie Caroline Émérancie David,

    née _ elle aussi _ à Bélaye, au château de Floyras, le 21 avril 1875,

    issue du mariage, le 16 juillet 1872 à Bélaye, du médecin Pierre Antoine Louis Théophile David (né à Saint-Matré le 19 avril 1851) et Marie Marguerite Bercegol (née à Agen, le 2 février 1853 _ elle est la fille de Jean Charles Alexis Georges Bercegol (Bélaye, château de Floyras, 17 avril 1815 – Bélaye, château de Floyras, 18 décembre 1903), l’aîné de la fratrie des 10 enfants de Jean Alexis Georges Charles Bercegol (Bélaye, château de Floyras, 2 août 1785 – Cahors, 15 février 1883) _, Marie Marguerite décèdera au château de Floyras, à Bélaye, le 25 mai 1910) ;

    …

    et qu’il se trouve ainsi que

    Raymond de Bercegol, fils de Fabien Onézime Bercegol _ le 9e des enfants de la fratrie des 10 enfants de Jean Alexis Georges Charles Bercegol (1785 – 1883) _, a épousé la petite-fille _ via sa mère Marie Marguerite Bercegol (1853 – 1910) _ du frère aîné _ le 1er des 10 de la fratrie _ de son père : Jean Charles Alexis Georges Bercegol (né _ lui aussi _ au château de Floyras, à Bélaye, le 17 avril 1815)…

    …

    Raymond (né en 1869) et Émérancie (née en 1875) étaient donc, avec une génération intermédiaire de plus pour Émérancie (celle de sa mère Marie Marguerite Bercegol, née en 1853), cousins !

    Et tous deux familiers du château familial de Floyras, à Bélaye !..

    …

    Le père de Raymond de Bercegol, Fabien Onézime Bercegol (né le 19 février 1834, au château de Floyras, à Bélaye), décèdera, à Cahors, le 29 septembre 1896 _ soit juste un mois avant le mariage à Bélaye, le 28 octobre de la même année 1896, de son fils Raymond et de sa petite-nièce Emérancie, la fille de sa nièce Marie Marguerite, et petite-fille de son frère aîné…) _ ;

    et le grand-père d’Émerancie David _ et frère aîné de Fabien Onézime _, Jean Charles Alexis Georges Bercegol (né le 17 avril 1815, au château de Floyras, à Bélaye), décèdera, lui, le 18 décembre 1903, en son domicile du château de Floyras, à Bélaye…

    …

    …

    Et c’est suite au décès de sa première épouse et cousine Émérancie David, le 31 octobre 1905, au château de Floyras _ où étaient domiciliés les parents de celle-ci, le Docteur David et son épouse Marie Marguerite Bercegol ; laquelle décèdera également au château de Floyras le 25 mai 1910) _, que Raymond de Bercegol se remariera, à Bordeaux cette fois, le 4 juin 1907, avec la bordelaise Yvonne Marinier…

    …

    …

    …

    Qu’ai-je pu repérer jusqu’ici du parcours géographique (ainsi que professionnel) du neveu _ de Louis et Alcide Ducos du Hauron _ Raymond Camille Marie de Bercegol,

    né _ du mariage de Berthe Ducos du Hauron et Henri Fabien Marie Alexandre Onézime de Bercegol _ à Lamothe-Landerron (Gironde), le 4 février 1869 ? 

    …

    …

    Le 1er janvier 1895, Raymond de Bercegol, commissaire spécial des chemins de fer en poste à Saint-Germain-des-Fossés (Allier), obtient sa mutation pour un poste de « commissaire spécial adjoint » à Marseille.

    …

    Et de fait, le 28 octobre 1896, lors de son mariage à Bélaye avec sa cousine Émérancie David, il est dit résider à Marseille au titre de « commissaire spécial des chemins de fer« .

    …

    C’est lui qui, le 20 octobre 1898, obtient de breveter, pour quinze ans, l’appareil photographique intitulé « Sinnox« , conçu avec son oncle Louis Ducos du Hauron, de retour d’Algérie en 1896 et qui résidait désormais en région parisienne…

    …

    Mais le 21 décembre 1901 et le 19 janvier 1902, Raymond Marie Camille de Bercegol, résidant alors à Albi (Tarn), et Alphonse Louis Lesueur, résidant à Saint-Maurice (Seine), Grande-Rue n° 87, cèdaient leurs droits au brevet d’invention de quinze ans pris, le 21 octobre 1898, par le Sieur de Bercegol _ voilà ! _ pour un appareil photographique dénommé le Sinnox, à la Société Plaques, pellicules et papiers photographiques J. Jougla ayant son siège à Paris, Avenue Victoria n° 8.

    …

    Le 8 mars 1903, Raymond de Bercegol obtient, sur sa demande, sa mise en disponibilité de sa fonction de « commissaire spécial de 2ème classe« , de la part du Ministère de l’Intérieur.

    …

    Et le 4 juin 1907, à Bordeaux, lors de son remariage _ après être devenue veuf de sa première épouse (et cousine) Émérancie David, décédée le 21 octobre 1905, au château de Floyras, à Bélaye _, avec la bordelaise Yvonne Marinier _ née à Saint-Trojan (Gironde), le 29 août 1875 _, Raymond de Bercegol se déclare désormais de profession « chimiste » _ et c’est, bien sûr, à souligner ! _ ;

    et domicilié à Joinville-le-Pont (Seine).

    …

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    Voilà où j’en suis de mes recherches ce jour…

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    Et à suivre, toujours : pas après pas…

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    Ce 9 décembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, les images de villes

    Aujourd’hui,

    c’est aux images de villes, de grandes cités, parmi mes « Tirages Fresson » préférés (au nombre de 13 pour la liste principale, et de 22 pour la liste complémentaire),

    que l’amateur de villes que je suis, moi aussi, va consacrer son attention.

    …

    …

    Bernard Plossu, en effet, n’est pas seulement

    un infatigable marcheur de montagnes, déserts et campagnes les plus diverses _ cf mon article d’avant hier :  _, 

    et un amoureux passionné de découvertes de sublimes villages un peu perdus _ cf mon article d’hier :  _,

    il est aussi un magnifique arpenteur _ inépuisable : si intenses sont l’appétit et l’ouverture photographiques permanente de son insatiable curiosité iconique _ de villes,

    de grandes villes, de par le monde _ et en Europe tout particulièrement ; et cela, qu’il s’agisse de commandes qui lui ont été passées, ou pour le pur plaisir d’images à saisir et puis réaliser.

    …

    Ainsi qu’en témoignent,

    et parmi bien d’autres qui, à coup sûr, m’échappent

    _ étant encore loin de connaître la totalité des albums de Plossu ; même si, assez souvent, il prend soin de me faire part de certaines de ses nouvelles sorties… _,

    les superbes albums d’images consacrés spécifiquement aux villes suivantes :

    …

    Marseille (« Marseille Plossu au tournant du siècle 1991 – 2011« , en 2012),

    Paris (« Paris« , en 2018),

    Rome (« Roma _ 1979 – 2009« , en 2019),

    Milan (« Attraverso Milano« , en 2008),

    Bari (« Bari/Porto« , en 2012),

    Valence (« Ciudades y paisajes« , avec Marcelo Fuentes, en 2006 ; « En Valencia« , avec Luis Baylon, en 2008 ; « Valencia in colour, live« , en 2010 _ cf un tout à fait excellent article de fond, de Jacques Terrasa, en 2019 : « Madrid et Valence Deux villes au cœur de l’œuvre espagnole de Bernard Plossu« … _,

    Barcelone (« Barcelona, 1974« , en 2012),

    Almería (« Almería« , en 2018),

    Lisbonne (« Lisbonne Portugal : ceci n’est pas une carte, mais un voyage photographique« , en 2017),

    Le Havre (« Le Havre en noir et blanc« , en 2015),

    Hyères (« L’Étrange beauté de la ville d’Hyères« , en 2007 _ cf aussi « L’Improbable destin de la villa Noailles« , en 2010 ; « La Villa Noailles : une aventure moderne« , en 2001 ; « La Villa Noailles« , en 2003 _),

    etc. :

    …

    la production éditoriale de Bernard Plossu est si riche, profuse, généreuse,

    ainsi que si merveilleusement variée _ et sous de très multiples formats, qui plus est… _,

    que bien d’autres ouvrages consacrés à des villes ont échappé _ et échappent _ à mon attention…

    …

    …

    Du regard urbain _ sur lequel je désire ici me pencher _ de Bernard Plossu,

    je retiens ici, parmi mes 13 images préférées de ce sublime « Tirages Fresson« ,

    deux fascinantes images d’Italie :

    …

    d’abord, à la page 18,

    l’image référencée « Palerme, Italie, 2008« ,

    déjà montrée, au sein d’un chapitre intitulé « Still life 19665 – 2013″, à la page 117 du très riche « Couleurs Plossu _ séquences photographiques 1956 – 2013 » de 2013, aux Éditions Hazan ;

    et déjà référencée « Palerme, Italie, 2008 » _ le référencement n’étant rien de plus que celui de Bernard Plossu à destination de lui-même…

    …

     et ensuite, à la page 26, l’image référencée « Milan, Italie, 2009« ,

    une image peut-être cette fois inédite _ datée de 2009, cette image ne peut bien sûr pas avoir déjà paru, en 2008, en l’album « Attraverso Milano » (que je possède), paru chez Mondadori Electa, et pour la couverture duquel, le 4 juillet 2008, j’avais publié sur mon blog En cherchant bien, qui naissait tout juste à peine alors (la veille, le 3 juillet !), l’article  ; et de fait l’album milanais de 2008, exclusivement en noir et blanc, ne comportait pas, et pour cause, cette admirable image couleur, en tirage Fresson !.. Plossu était donc retourné arpenter les rues de Milan l’année suivante…

    …

    …

    La sublime image palermitaine _ une merveille absolue ! _, en 2008,

    peut-être prise _ comme parfois c’est le cas ; et, ici, légèrement en oblique par rapport au tracé de la rue qui traverse l’image de ses pointillés _ de la fenêtre de quelque chambre d’hôtel qui aurait surplombé la scène nocturne _ Bernard m’a offert un tirage d’une sublime vue nocturne de Rome, prise d’une chambre d’hôtel situé tout à côté de Sant’Eustachio (et non loin du Panthéon)… _

    à dominante ocre,

    donne à contempler le vaste _ large, ouvert _ espace béant d’une rue _ marquée par des pointillés blancs sur le sol _, que vient manger, sur toute la partie gauche de l’image, l’obscurité envahissante de la nuit ; alors qu’est, éclairée, d’une lumière blafarde, au premier plan, sur plus du quart de l’image, en bas et à droite, une zone totalement vide, jeaunâtre d’aspect.

    Au plein centre de la photo, se tient la toute petite silhouette dressée d’un homme, bien campé sur ses jambes, et possiblement les bras derrière le dos ;

    alors que tout en bas de l’image, sur la droite, mais presque totalement mangée par le bord inférieur de l’image, qui la coupe, se distingue à peine _ on ne l’aperçoit pas tout de suite _ la tache minuscule du haut de la silhouette d’un autre homme, dont ne se perçoivent que la tête et les épaules.

    Qui sont-ils ? Que font-ils là, à cette heure de la nuit ?

    La partie supérieure droite de l’image, et de l’autre côté de la rue présentement déserte d’autres personnes que ces deux silhouettes-là, présente _ toujours en léger oblique par rapport au cadrage de l’image _ deux grilles d’entrée, en continuité l’une de l’autre, mais légèrement dissemblables _ une clôture ajourée sépare les deux propriétés _, avec, juste posée sur le pilier qui leur sert de séparation, la tache lumineuse d’un éclairage.

    …

    Cette scène muette m’évoque étrangement quelque chose de la poésie assez énigmatique du sublime cinéma d’Antonioni,

    du temps de « L’Avventura » (tourné en Sicile), « L’Eclisse » (tourné à Rome) et « La Notte » (tourné à Milan)…

    …

    Voilà, en tout cas, un pur chef d’œuvre de Plossu, en 2008, à Palerme.

    …

    …

    L’image milanaise de 2009,

    est d’une tout autre veine,

    peut-être, disons, moderniste _ avec des lignes géométriques bien marquées _ ;

    et elle est dépourvue, elle, de personnages, ne serait-ce que sous forme de silhouettes pressées…

    …
    Il s’agit d’une vue de rue _ où ont lieu des travaux _, centrée sur un immeuble qui occupe _ jusqu’au haut de cette image _ plus de la moitié gauche de l’image ; et s’ouvre sur deux vastes bâtiments industriels _ le premier bas et long, recouvert d’un toit de tuiles ; et l’autre plus haut, et cubique, en béton _ qu’on aperçoit, par dessus un mur bas, sur la partie droite de cette image, laissant entrevoir aussi un peu d’un ciel d’un bleu passablement brumeux…

    Milan est une cité du Nord, et assez industrielle. 

    …

    …

    Bien sûr, cette image me rappelle l’article que j’avais consacré, le 4 juillet 2008, au magnifique carton d’invitation à la mostra « Attraverso Milano« ,

    dont voici un lien : …

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    Et je sais bien que pour ces images de ville,

    Bernard Plossu a plus que l’embarras du choix…

    …

    Que d’images de lui, dans le trésor de son immense réserve, attendent la chance d’une publication en album !

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    Ce mardi 10 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Disobey orders, save the artists » : une expo Varian Fry à The American Gallery à Marseille cet automne

    Je découvre, ce samedi 26 septembre,

    l’existence à Marseille, du 30 août dernier au 29 novembre prochain,

    à The American Gallery (54 rue des Flots Bleus),

    d’une exposition-hommage à Varian Fry (1907 – 1967) et son action, à Marseille (d’août 1940 à septembre 1941), pendant la France de Vichy,

    intitulée « Disobey orders, save the artists« .

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    Voici deux de mes articles, du 7 mai 2013, et du 27 septembre 2014, où se croisait, en passant, la présence marseillaise du très valeureux Varian Fry :

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    et 

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    Le très remarquable article d’Edouard Waintrop, dans le Libération du 17 février 1998, intitulé « Fry, agent secret humanitaire sur la Canebière« ,

    est tout à fait éclairant. 

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    Fry, agent secret humanitaire sur la Canebière

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    Par Edouard WAINTROP — 17 février 1998 à 18:20

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    En 1940, cet Américain vint à Marseille pour sauver des centaines de juifs et d’antinazis. 

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    Varian Fry est mort en 1967, à 59 ans, pratiquement inconnu. Il est à l’époque simple prof de latin dans le Connecticut. Et plus grand monde ne se souvient qu’au début de l’Occupation, il a passé treize mois en France dans la zone libre, prêtant assistance à environ 4 000 antinazis et juifs allemands, autrichiens, tchèques, polonais ou français, et en sauvant directement 1 500. Dont André Breton, Max Ernst, Marc Chagall, André Masson, Jacques Lipschitz, Hans Namuth, Marcel Duchamp, Heinrich Mann et son neveu Golo, fils de Thomas, Jean Malaquais, Victor Serge, Hannah Arendt, Victor Brauner, Hans Sahl, Benjamin Péret, Franz Werfel et Wilfredo Lam. L’oubli a été _ très _ tardivement réparé. D’abord par un livre, Marseille New York, qu’a écrit Bernard Noel en 1985 (1); ensuite par l’Institut Yad Vashem, en Israël, qui a fait figurer son nom parmi les «justes» qui ont sauvé le peuple juif. Enfin aujourd’hui, par le musée juif de New York, qui présente une exposition sur son activité humanitaire. Sauf-conduit de la YMCA. C’est en 1935, en voyage en Allemagne, que ce fils d’un financier protestant de la côte Est, ancien étudiant à Harvard, assiste à un pogrome qui le marque à jamais. En 1940, la guerre met la France à genoux. Angoisse de Fry qui voit le pays des droits de l’homme signer un armistice dont l’article XIX stipule que le gouvernement français devra «livrer sur demande tous les Allemands, désignés par les autorités d’occupation, qu’ils habitent sur le territoire français proprement dit ou dans les possessions françaises, colonies, protectorats et mandats.» Des intellectuels de gauche américains partagent avec lui le sentiment que pour des centaines d’intellectuels et artistes émigrés dans les années 30, la France est devenue un piège mortel _ voilà : une nasse de mort. Ils fondent à New York un comité d’aide d’urgence. Qui décide d’envoyer un agent en France. Ce sera Fry. Il ne parle pas bien le français, est un peu naïf, mais peut disposer du sauf-conduit d’une organisation considérée comme neutre, la YMCA. L’élégant Américain de 32 ans, toujours habillé d’un costume sombre, débarque à Marseille pendant l’été 1940, avec 3 000 dollars en poche. «Les odeurs de la ville étaient françaises – ail, poisson, vin, avec des effluves de pain fraîchement cuit« », écrit il dans un livre relatant son aventure (2). Pour les Américains, Marseille (Marseilles en anglais) est un mot qui sent l’aventure, la bouillabaisse, les quartiers chauds, les agents doubles et les bidets. Fry se donne un mois pour déblayer le passage et rentrer outre-Atlantique. Il restera treize mois.

    …

    …

    Chef de bande. Dans la cité phocéenne, il rencontre Frank Bohn, un représentant des syndicats américains qui est là pour sauver des personnalités social-démocrates. Celui-ci sera vite expulsé, mais aura le temps de donner à Fry les conseils pour devenir un véritable agent secret humanitaire. Sous la couverture d’un centre américain d’aide aux réfugiés qui affluent du Nord occupé par les Allemands, Fry installe un bureau et s’entoure de gens de confiance : un jeune social-démocrate allemand, Hirschman, alias Beamish ou Hermant _ une personnalité absolument remarquable : cf son livre, en 1995, « Un certain penchant à l’autosubversion« … _ ; une secrétaire polyglotte, Lena Fishman ; un noble autrichien, Franzi von Hildebrand, monarchiste qui bénéficie d’un passeport suisse ; les époux Fittko _ dont l’extraordinaire Lisa Fittko (cf son indispensable « Le Chemin des Pyrénées » ; devenu depuis sa première publication aux Editions Maren Sell, en 1987, Le Chemin Walter Benjamin : souvenirs 1940 – 1941. Le chemin du passé, paru aux Editions du Seuil, en 2020 …) _, qui feront passer plus de cent personnes par la voie F _ F comme Fittko _, route de la liberté qui traverse la montagne, entre Banyuls et Port-Bou (Espagne) _ ouverte par Lisa Fittko pour faire passer en Espagne Walter Benjamin… Il y a aussi plusieurs seconds couteaux qui se révéleront très utiles, notamment quand il faudra établir de nouveaux trajets, par Casablanca ou la Martinique. Et Daniel Benedite _ oui _, un Français, qui deviendra le bras droit de Fry lorsque Hirschman devra fuir. Avec cette équipe, Fry va commencer à se procurer des faux papiers, définir des procédures pour sauver les proscrits. Et essayer d’éviter la police de Vichy. Les flics français, Fry en verra de toutes sortes : quelques-uns l’avertiront des dangers ; d’autres, plus nombreux, se laisseront corrompre ; ou essaieront de le coincer. Quant aux services diplomatiques américains, ils sont surtout préoccupés _ en effet ! _ par leurs relations avec Vichy, et somment Fry d’en finir avec ses activités clandestines. Quand celui-ci demande un visa pour sauver Largo Caballero, le dirigeant socialiste espagnol et ancien Premier ministre républicain, le consul refuse, s’exclamant : «Oh encore un de ces rouges!» Heureusement (tout est relatif), la cour d’Aix-en-Provence a refusé l’extradition de Caballero vers l’Espagne franquiste, où on l’aurait garrotté tel un Companys : il restera prisonnier des nazis jusqu’à la fin de la guerre.

    …
    …

    Fry a aussi parfois du mal à convaincre les victimes potentielles de la Gestapo. Ainsi, après le départ de Bohn, n’arrivera-t-il pas à faire évader Rudolph Breitscheid et Rudolph Hilferding, deux leaders du Parti social-démocrate allemand persuadés qu’Hitler n’osera jamais les faire arrêter, que la classe ouvrière allemande ne le permettrait pas. Ils seront pris, puis tués _ oui. D’autres sont en mauvaise santé. C’est Fry lui même qui fera donc passer la frontière espagnole au frère de Thomas Mann, Heinrich Mann, qui a 70 ans et marche difficilement, et à Franz Werfel _ époux d’Alma Malher _, trop gros pour grimper dans la montagne. Inventivité. Pendant six semaines (à partir de la fin août 1940), la tâche est quand même facilitée par la passivité de la police marseillaise et par le fait que la Gestapo n’a pas encore communiqué tous les noms des antinazis qu’elle réclame. Mais dans les mois suivants, la situation deviendra critique. Heureusement l’équipe de Fry fait preuve d’inventivité, utilisant par exemple des documents chinois, où il est écrit en idéogrammes «absolument interdit d’entrer en Chine», que les Espagnols et Portugais prennent pour des visas. Il y aura toutefois des échecs. L’évasion de Walter Benjamin s’achèvera par un suicide dans le bureau des gardes civils de Port-Bou _ le lendemain de son passage, grâce à Lisa Fittko, par la montagne. Le peintre Otto Freundlich, dénoncé par un voisin, sera déporté vers un camp de la mort. En revanche, Fry réussira à faire partir (par bateau) tous les locataires de la villa Air-Bel, les surréalistes, avec un Breton chef de bande, Max Ernst qui débarque d’Ardèche, Victor Brauner et Wilfredo Lam. Sans oublier Victor Serge, l’auteur de S’il est minuit dans le siècle, l’ancien compagnon de Trotsky qui a connu les geôles de Staline.

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    Mais l’été 1941, le capitaine de Rodellec du Porzic _ l’Intendant de police de Marseille _ informe Fry qu’il va le faire expulser, «parce que vous avez protégé des juifs et des anti nazis». A l’automne, il est à New York. A la fin de l’année, les Japonais attaquent Pearl Harbour, les Etats-Unis rompent avec Vichy et entrent en guerre. En décembre 1942, dans New Republic, Fry écrit le Massacre des juifs, un article sur la situation en Europe. Quelques mois plus tard, il rompt avec ce magazine pour protester contre le sentiment prostalinien de ses animateurs. Le reste de sa vie ne sera pas gai. Sa première femme mourra, il se séparera de sa seconde. Vivra en solitaire au nord de New York. Et sombrera dans l’oubli _ oui.

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    1) Ed. André Dimanche à Marseille.

    2) Fry a écrit deux livres sur son activité à Marseille : Assignment Rescue et Surrender on Command.

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    Hommage new-yorkais L’exposition du musée juif _ de New-York, en 1998 _ commence par une évocation de l’Occupation. Avec des fac-similés de documents, une radio en Bakélite, une carte de la France avec la division entre les zones annexées, la zone occupée et la zone dite libre. On en vient ensuite à Marseille, aux chambres d’hôtel qui sont reconstituées, avec ces salles de bains de l’époque qui fascinent tant les Américains, des photos de Fry, une machine à écrire Underwood censée lui avoir appartenu. Puis on découvre les peintures de Victor Brauner, Marc Chagall, Max Ernst, les dessins d’André Masson, un ready made de Duchamp (tous artistes sauvés par Fry). Ainsi que des œuvres d’Otto Freundlich qui, lui, périt dans un camp de la mort. Dans une bibliothèque s’alignent les livres de Victor Serge (S’il est minuit dans le siècle), André Breton (les Vases communicants), Tristan Tzara, etc. Ne manque que la version intégrale de Sierra de Teruel de Malraux que Fry parvint à faire livrer à la bibliothèque du Congrès.

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    Edouard WAINTROP

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    Assignment Rescue. L’histoire de Varian Fry, organisée par le United States Holocaust Memorial Museum, jusqu’au 29 mars au Jewish Museum de New York.

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    Dans le cadre de mes recherches sur les activités de Résistance dans la France de Vichy,

    je me suis intéressé d’un peu près aux activité marseillaises de Varian Fry _ notamment pour aider la sortie de France de Hannah Arendt _ ;

    et je possède une intéressante collection de livres à lui et son action consacrés.

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    On notera aussi le témoignage de Stéphane Hessel (1917 – 2013), compagnon de randonnées de Varian Fry, en Provence.

    Stéphane Hessel est le fils d’Helen Hessel Grund (1886 – 1982), très active dans l’organisation marseillaise de Varian Fry ; et qui fut la Kathe de Jules et Jim, dans le roman épatant _ et autobiographique _ d’Henri-Pierre Roché, Jules et  Jim.

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    Varian Fry mérite tout notre intérêt…

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    Ce samedi 26 septembre 2020, Titus Curiosus, Francis Lippa

  • Musiques de joie : la sérénité vibrante de vie du dernier Quatuor à cordes op. 135 de Beethoven

    Pour le 101 ème article de mes « Musiques de joie« 
    …

    honneur au sublime Beethoven _ apollinien _ de l’ultime Quatuor à cordes, en Fa Majeur, opus 135,

    composé de juin à septembre 1826, et créé, posthume, en septembre 1827.

    …

    Ludwig van Beethoven,

    né à Bonn le 16 décembre 1770, est en effet décédé à Vienne le 26 mars 1827,

    sans avoir assisté à l’interprétation de son dernier Quatuor au concert.

    …

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    De cet ultime Quatuor de Beethoven,

    j’aime tout particulièrement la sérénité

    conquise de toute une vie de créations très souvent titanesques

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    en même temps que vibrante d’un incroyable _ et constant, et renouvelé _ frémissement de vie.

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    Je dois dire aussi que j’ai eu le privilège d’assister, à Marseille,

    à la Friche La Belle de Mai,

    aux électriques répétitions d’une pièce de François Cervantes et Francine Ruel

    intitulée Le Dernier Quatuor d’un homme sourd,

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    qui met en scène les difficultés d’entente musicale _ et autres _ des partenaires d’un Quatuor,

    durant les séances de travail musical de ce dernier Quatuor de Beethoven.

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    J’ai choisi, ici, l’interprétation très vivante en même temps qu’équilibrée, enregistrée en concert

    _ au Concertgebouw d’Amsterdam, le 14 mars 2008 _,

    du Quatuor Prazák _ Václav Remeš et Vlatismil Holek, violons ; Josef Kluson ; et Michal Kanka, violoncelle _,

    en un superbe CD Praga Digitals PRD/DSD 350 045, paru en 2008.

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    Et le génie de Beethoven nous y est rendu très sensible…

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    En voici le podcast d’une interprétation, en 1981, par le Quatuor Alban Berg.

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    Ce mardi 23 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa