Étiquette : Martin James Bartlett

  • Et découvrir un nouveau splendide « Tombeau de Couperin », avec un « Rigaudon » comme il le faut, « à la basquaise » : celui de David Lively au piano en un superbe CD « Ravel à Gaveau », du label La Musica, paru en 2019…

    En réponse en quelque sorte très matérielle et bien sonore à mon article «  » du lundi 3 juin dernier,

    dans lequel je recensais la présence de 18 CDs en ma discothèque personnelle comportant « Le Tombeau de Couperin« , par 17 interprètes différents, de Robert Casadesus en décembre 1951, à New-York, à Martin James Bartlett en mars 2023, à Londres _ Robert Casadesus, Marcelle Meyer, Walter Gieseking, Samson François (2 fois), Vlado Perlemuter, Yvonne Lefébure, Jean-Yves Thibaudet, Dominique Merlet, Alice Ader, Jean-Efflam Bavouzet, Alexandre Tharaud, Roger Muraro, Stven Osborne, Bertrand Chamayou, Clément Lefebvre, Philippe Bianconi, James Martin Bartlett… _,

    …

    voici que dans le très amical envoi-cadeau, par l’ami Manuel Cornejo, le président de la dynamique et très féconde Association des Amis de Maurice Ravel, de 8 CDs raveliens absents jusqu’ici de ma discothèque personnelle,

    s’en trouvent 3 _ par les pianistes François Dumont, David Lively et Louise Akili _ comportant une interprétation de ce merveilleux « Tombeau de Couperin » _ œuvre créée à la salle Gaveau le 11 avril 1919 par Marguerite Long, la veuve de Joseph de Marliave, auquel est dédiée la brillante « Toccata » finale... _, dont l’un emporte ma totale adhésion _ de même que les enregistrements d’Alexandre Tharaud et Martin James Bartlett _ par son jeu « à la basquaise » du « Rigaudon » _ une pièce merveilleuse dédiée aux deux frères luziens Pierre et Pascal Gaudin, je le rappelle ici : deux amis de l’enfance et adolescence de Maurice Ravel lors de ses vacances au pays basque, à Ciboure et à Saint-Jean-de-Luz ; et c’était la grand-tante et marraine du petit Maurice, Gachucha Billac (1924 – 1902) qui était la nounou des 7 enfants Gaudin… _ :

    celui de David Lively, au piano, enregistré à Paris au mois de juillet 2016,

    …

    en un CD lui-même magnifique _ et qui avait jusqu’ici échappé à mon attention ! _ le CD du label La Musica LMU « Ravel à Gaveau« , paru en 2019,

    comportant aussi les « Valses nobles et sentimentales » par le piano de Denis Pascal _ une œuvre créée à la salle Gavaud, par Louis Aubert, le 9 mai 1911 _,

    le « Trio avec piano«  _ composé à Saint-Jean-de-Luz en 1914… _, par Denis Pascal, au piano, Aurélien Pascal au violoncelle et Svetlin Roussev au violon _ une œuvre créée à la salle Gavaud le 28 juillet 1915, par Alfredo Casella au piano, Gabriel Willaume au violon, et Louis Feuillard au violoncelle _,

    ainsi que « Tzigane« , par Svetlin Roussev au violon et David Lively au luthéal _ l’instrument de cette création à la salle Gaveau, le 15 octobre 1924, était le piano, par Samuel Dushkin au violon et Beveridge Webster au piano…

    …

    Avec, dans le livret de ce CD, trois textes fort intéressants :

    …

    _ « Ravel et Gaveau« , sous la plume de Manuel Cornejo, aux pages 3 et 4 ;

    _ « Ravel, le magicien« , sous la plume de Michel Fleury, aux pages 5 à 9 ;

    _ et « Les œuvres créées à Gaveau« , sous la plume de Manuel Cornejo, aux pages 10 à 13…

    …

    …

    En 1980, âgé de tout juste 27 ans, David Lively avait donné une très justement engagée et joyeuse interprétation du « Rigaudon » de ce « Tombeau de Couperin« , présente en le CD DG « David Lively Ravel – Strawinsky -Vincitore Premio Dino Ciani (Italia)« , à écouter ici…

    …

    Bravo !

    …

    Ce vendredi 7 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le très dynamique délicieux régal de valse sur le volcan du « Vienna – Joyful Apocalypse » d’Aurélien Pontet au piano…

    C’est d’une merveille de récital de pièces magnifiquement choisies sur le thème de « Vienne : l’apocalypse joyeuse » que le parfait pianiste qu’est Aurélien Pontier vient présentement nous régaler avec son jubilatoire CD « Vienna – Joyful Apocalypse« , le CD Warner Classics 5054197633492 _ enregistré Salle Colonne à Paris du 5 au 7 juillet 2021…

    …

    …

    Ce mardi 4 juin 2014,

    l’excellent écouteur de musique (et de disques) qu’est Jean-Charles Hoffelé a consacré un bel et très juste article, intitulé « Vertiges« , à ce superbe magistral CD « viennois » d’Aurélien Pontier,

    qui comporte en son final _ écoutez et regardez cette vidéo… _ une très belle incarnation, vertigineuse _ et juste comme il faut : sans pathos ni surcharge de graisse ; y compris en son final, un tout simple arrêt vital, le raptus implacable d’une rupture absolument muette d’anévrisme, sifflet coupé net, à l’échelle de la valsante civilisation viennoise ainsi interrompue d’un coup sec sans réplique, ni possible moment de répit (à l’« encore un instant, Monsieur le bourreau » de la viennoise, elle aussi, Marie-Antoinette sur l’échafaud)… _, de « La Valse » de Ravel _ et cela faisait un moment que cette « Wien« -là lui trottait dans la tête… Et, pour Ravel, c’est seulement l’œuvre qui fait le tombeau qui durera (et survivra ainsi jouée) un peu… Et il me faut ajouter aussi que c’est à Vienne, en 1938, qu’est décèdée ma grand-mère Fryderika, la mère de mon père…

    …

    …

    VERTIGES

    …

    …

    L’Apocalypse joyeuse, celle que célébra en son temps l’exposition _ de l’ami Jean Clair _ Vienne à Beaubourg, exista aussi en musique, Aurélien Pontier se délecte _ absolument : c’est un régal de délices… _ à en composer un portait imaginaire où son brio naturel se pimente d’une pointe de génie _ oui… _, transformant la paraphasse d’Alfred Grünfeld en une folie fantasque, occasion de fabuleux raptus de clavier. Quelle ivresse dans le contrôle, quel mordant et quel délié, comme cela piaffe et vole sans jamais taper _ c’est cela… _, rappelant l’âge d’or des pétrisseurs d’ivoire, leur art de timbrer, leurs clavier alertes !

    …

    …

    Les opus de fantaisie seront tous irrésistibles _ voilà ! _, et pour l’Alt-Wien de Godowsky, transcendant _ oui. Au centre du disque une parenthèse Schubert nous invite soudain à une dimension élégiaque, avant que ne résonne le grand apparat déployé par Schulz-Evler autour du Beau Danube bleu, joué avec un goût qu’on y aura rarement mis _ oui… Aurélien Pontier y est funambule en diable, s’amusant avec élégance du clavier si preste à répondre de son splendide Steinway capté à la perfection par Jiri Heger _ tout cela est excellemment perçu.
    …

    …

    Une transcription minimaliste, mais si poétique, de l’Adagietto de la 5e Symphonie invite dans cette guirlande d’opus pianistiques les cordes en songe de Gustav Mahler, avant de saisir tout l’orchestre que Ravel fait tenir dans le piano : cette version _ pour piano seul _ de La Valse, vertigineuse, prodigieuse de détails et d’élan _ oui, oui _, file vers son apocalypse dans un clavier fuligineux _ c’est-à-dire de suie... Sidérant _ rien moins ! _ après la proposition tout aussi saisissante _ voir aussi par exemple mon propre article «  » du 16 février 2024… _ offerte chez le même éditeur _ Warner Classics _ par Martin James Bartlett voici peu (voir ici).

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Vienna : Joyful Apocalypse

    …

    …

    Alfred Grünfeld (1852-1924)

    …
    Soirée de Vienne, Op. 56. Paraphrase sur des motifs en forme de valse extraits de « La Chauve-souris » et autres ouvrages de Johann Strauss fils

    …

    …
    Leopold Godowsky (1870-1938)

    …
    Triakontameron (extrait : No. 11. Alt-Wien)

    …

    …
    Otto Schulhoff (1889-1958)

    …
    3 Bearbeitungen nach Motiven von Johann Strauss, Op. 9 (extrait : No. 2. Pizzicato-Polka)

    …

    …
    Sergei Rachmaninov (1873-1943)

    …
    Polka de W. R.. Allegretto

    …

    …
    Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893)

    …
    6 Pièces, Op. 51, TH 143 (extrait : No. 6. Valse sentimentale en fa mineur. Tempo di Valse)
    Valse-Scherzo en la majeur, Op. 7, TH 129. Tempo di Valse

    …

    …
    Fritz Kreisler (1875-1962)

    …
    3 Alt-Wiener Tanzweisen (extrait : No. 2. Liebesleid ; version pour piano seul : Rachmaninov)

    …

    …
    Franz Schubert (1797-1828)

    …
    An die Musik, D. 547 (version pour piano seul : Pontier)
    38 Walzer, Ländler und Ecossaises, D. 145 (extrait : Valse No. 6 en si mineur)
    Valse en sol bémol majeur, D. Anh.I/14 « Kupelwieser-Walzer ». Ruhiges Walzertempo (version élaborée par Richard Strauss)

    …

    …
    Adolf Schulz-Evler (1852-1905)

    …
    Arabesques sur des motifs de « An der schönen blauen Donau » de Johann Strauss fils

    …

    …
    Franz Liszt (1811-1886)

    …
    4 Valses oubliées, S. 215 (extrait : No. 2 en la bémol majeur)

    …

    …
    Gustav Mahler (1860-1911)

    …
    Symphony No. 5 (extrait : IV. Adagietto ; version pour piano seul : Aurélien Pontier)

    …

    …
    Arnold Schönberg (1874-1951)

    …
    6 kleine Klavierstücke, Op. 19 (extrait : No. 6. Sehr langsam)

    …

    …
    Maurice Ravel (1875-1937)

    …
    La Valse, M. 72b (version pour piano seul)

    …

    …

    Aurélien Pontier, piano

    …

    …

    Un album du label Warner Classics 5054197633492
    …

    Photo à la une : le piano Aurélien Pontier – Photo : © Paul Montag

    …

    …

    Un régal !!!

    …

    …

    Ce mardi 4 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une intéressante Tribune des Critiques de Disques sur France-Musique dimanche dernier consacrée à 3 extraits (Prélude, Menuet, Toccata) du sublimissime subtil « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel : esprit ludique versus pianisme…..

    Une bien intéressante _ mais discutable, du moins à mon goût : d’abord en le choix discographique du producteur, puis aussi en les appréciations d’interprétations de la part des critiques invités… _ Tribune des Critiques de Disques (à écouter ici) sur France-Musique dimanche dernier, 26 mai 2024, à propos de 3 extraits (Prélude, Menuet, Toccata) du sublimissime « Tombeau de Couperin » pour piano seul, de Maurice Ravel,

    avec, autour de Jérémie Rousseau, les expertises de Mélissa Khong, Alain Lompech et Négar Haéri…

    …

    …

    Déjà, j’ai un peu regretté que le choix _ privilégiant un peu trop à mon goût le pianisme , voilà, des interprètes au détriment de l’esprit de l’œuvre elle-même et du génie formidablement subtil et singulier du compositeur, Maurice Ravel… _ de Jérémie Rousseau pour cette Tribune,

    ait écarté la Forlane et le Rigaudon, que j’aime tant _ cf par exemple mon article du 21 avril dernier, autour du Rigaudon luzien, dédié à Pierre et Pascal Gaudin : «  » _,

    au profit du Menuet, et surtout de la Toccata : par un probable parti-pris, me semble-t-il, de tester le pianisme _ digital, virtuose _ des interprètes ici comparés, au détriment de l’esprit, subtilissime et génial, de l’œuvre de Ravel...

    …

    …

    Des 18 interprétations en piano solo de ce Rigaudon

    dont ma discothèque personnelle comporte à ce jour la performance en CD :

    …

    _  1) Robert Casadesus in double CD Classics MH2K _ enregistré à New-York en décembre 1951 : 3′ 10 ; écoutez-ici : peut-être ma version ancienne préférée ! Quelle vie, et quel chic !
    _  2) Marcelle Meyer in coffret EMI Classics 0946 384699 2 6 _ enregistré à Paris en mars 1954 : 3′ 07
    _  3) Walter Gieseking in double CD Warner Classics 0190 295 7755063 _ enregistré à Londres en mars 1954 : 3′ 10
    _  4) Samson François in coffret Erato 0190 295 651 473 _ enregistré à Paris en 1957 ou 1958 : 2′ 36
    _  5) Samson François in coffret Erato 0190 295 651 473 _ enregistré à Monte-Carlo en juin 1967 : 2′ 27 ; écoutez-ici, et c’est splendide !
    _  6) Vlado Perlemuter in CD Nimbus NI 5011 _ enregistré à Birmingham en août 1973 :3′ 20
    _  7) Yvonne Lefébure in CD FY FYCD 018 _ enregistré à Paris en janvier 1975 : 2′ 35

    _  8) Jean-Yves Thibaudet in coffret Decca 478 3725 _ enregistré à Amsterdam en mars 1991 : 3′ 03
    _  9) Dominique Merlet in double CD Bayard Musique 308 631.2 _ enregistré en 1991 : 3′ 07
    _  10) Alice Ader in CD Fuga Libera FUG 592 _ enregistré en 2002 : 3′ 47
    _  11 ) Jean-Efflam Bavouzet in double CD MDG 604 1190 – 2 _ enregistré en janvier 2003 : 3′ 10 ; écoutez-ici, c’est très bien !

    _ 12) Alexandre Tharaud in double CD Harmonia Mundi HM 901 811.12 _ enregistré à Paris en avril 2003 : 3′ 02 ; écoutez-ici, c’est tout à fait superbe !
    _ 13 ) Roger Muraro in double CD Accord 476 0942 _ enregistré en mai 2003 : 3′ 11

    _ 14) Steven Osborne in double CD Hyperion CDA 47731/2 _ enregistré à Londres en septembre 2010 : 3′ 01 ; écoutez-ici, c’est magnifique ! 
    _ 15) Bertrand Chamayou in double CD Erato 08256 460 2681 _ enregistré à Toulouse en 2015 : 3′ 06 ; écoutez-ici, c’est vraiment excellent !

    _ 16) Clément Lefebvre in CD Evidence EVCD 083 _ enregistré à Hardelot en avril 2021 : 3′ 25 : écoutez ici, ce n’est pas mal du tout !
    _ 17) Philippe Bianconi in double CD La Dolce Volta LDV 109.0 _ enregistré à Metz en avril 2022 : 3′ 00

    _ 18) Martin James Bartlett in CD Warner Classics 5054197896804 _ enregistré à Londres en mars 2023 : 3′ 05 : écoutez-ici ce très preste et dansant Rigaudon…
    …

    Jérémie Rousseau n’a retenu que 2 d’entre elles, superbes, en effet :

    …

    _ celle d’Alexandre Tharaud, enregistré en 2003, pour Harmonia Mundi,

    et

    _ celle de Bertrand Chamayou, enregistré en 2015, pour Erato .

    …

    Préférant aux 16 autres,

    celles

    de Louis Lortie, enregistré en 1988 _ en un CD Chandos CHAN 8620 dont j’ignorais l’existence jusqu’ici _ ;

    Anne Quéfellec, enregistré en 1990  _ en un double CD Erato 5614812 qui ne m’a pas beaucoup convaincu… _ ;

    François Dumont, enregistré en 2014 _ en un CD Piano Classics PCLD 0055 dont j’ignorais aussi l’existence jusqu’ici _ ;

     et Benjamin Grosvenor, enregistré en 2015 _ du CD Decca 483 0255 « Homages« , enregistré au Wyastone Concert Hall en décembre 2015, dont je dispose, je viens de découvrir que « Le Tombeau de Couperin » est matériellement absent ! ; accessible seulement électroniquement : bisque, bisque, rage !!!..

    …

    …

    Et qui ne m’ont guère convaincu lors de l’audition, ce jour, du podcast de cette émission !!!

    …

    …

    Même si c’est à deux pianos ou à quatre mains qu’elles jouent le piano de Ravel _cf par exemple mes articles du 11 septembre 2018 « «  et du 21 avril 2020 « « … _,

    les toujours parfaites Katia et Marielle Labèque servent idéalement l’esprit et la veine basquaise, dansée, de Maurice Ravel…
    …

    …

    Et pour ma part,

    après des auditions renouvelées des diverses interprétations discographiques du leste et très enlevé « Rigaudon » (dédié aux luziens Pierre et Pascal Gaudin, ses amis d’enfance et d’adolescence lors de ses vacances à Saint-Jean-de-Luz) du merveilleux « Tombeau de Couperin » pour piano seul, présentes en ma discothèque personnelle,

    …

    ma préférence continue plus que jamais d’aller aux versions prestes et éclaboussantes d’esprit ludique d’Alexandre Tharaud _ en avril 2003 _ et de Martin James Bartlett _ en mars 2023, soient vingt années plus tard que le CD pour l’éternité magnifiquement juvénile d’Alexandre Tharaud, en un CD jubilatoire dans lequel intervient aussi, et pas seulement de ses justes conseils, le cher Alexandre Tharaud ; cf mon article du 16 février dernier : « « … 

    …

    …

    Plutôt l’esprit _ ludique _ que le pianisme…

    …

    …

    Je persiste, donc, et je signe…

    …

    …

    Ce vendredi 31 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Ravel à fuir (!!!), glacial et d’âge glaciaire, du piano trop mécanique de Keigo Mukawa : faire le test comparatif de l’enlevé et merveilleux « Rigaudon » du délicat et délicieux « Tombeau de Couperin »…

    Ce n’est bien sûr pas tout à fait pour rien qu’en sa notice intitulée « L’homme Ravel : une dualité séduisante« , aux pages 13 à 16 de son double album Etcetera KTC 1816 « Keigo Mukawa – Maurice Ravel – Complete Works for Solo Piano«  _ enregistré au Chichibu Muse Park Music Hall  _,

    Keigo Mukawa prononce rien moins que 6 fois le bien significatif qualificatif de « froid« ,

    et qu’il utilise aussi 2 fois l’image éminemment répulsive de « sculpture de glace » pour qualifier son abord personnel du génie ravélien :

    …

    « À l’âge de treize ans, j’ai commencé à travailler sa « Sonatine« , c’était la première œuvre de Ravel que j’étudiais, et l’impression que me faisait sa musique _ voilà ! _ était celle d’une « sculpture de glace froide« . Probablement était-ce la texture de la musique, si précise, si réglée comme une mécanique parfaite _ voilà _, ou bien cette sonorité ferme construite avec des accords dissonants si bien calculés _ voilà encore _, qui m’ont évoqué cette sensation de froideur.

    Plus tard, je suis entré au conservatoire de Paris en 2014 , là même où Ravel avait fait ses classes. J’ai pu étudier ses œuvres, en profondeur, et les jouer de nombreuses fois lors des concerts. Et même si Ravel est devenu le compositeur pour lequel j’éprouve le plus de sympathie, cette image de sculpture de glace n’a pas varié« …

    …

    …

    Mais cette fâcheuse impression ne quitte pas hélas non plus l’auditeur que je suis de ce double CD de Keigo Mukawa, que, sur la foi malencontreuse de divers critiques musicaux _ par exemple Émilie Munera et Rodolphe Bruneau Boulmier, en leur émission En pistes ! de France Musique, ou Bénédict Hévry, le 7 mai dernier, sur le site de ResMusica en un article laudatif intitulé « Keigo Mukawa dans une éminente et fervente somme ravélienne«  ; mais aussi Bertrand Boissard, à la page 98 du numéro du mois de mai 2024 de Diapason ; ou encore Gérard Belvire, à la page 93 du numéro du mois de juin de Classica… _ je désirais vivement découvrir et connaître, et écouter :

    …

    or l’impression tout bonnement désastreuse que j’en ai à l’audition, est d’être livré ici à la tronçonneuse glacée et sans esprit de Glenn Gould débitant à la furibonde décérébrée les fugues mécaniques de Jean-Sébastien Bach, ou, pire encore, massacrant sans pitié les délicieuses délicates sonates pour piano, vives d’esprit, de Mozart…

    …

    …

    J’ai donc procédé à un test comparatif _ qui a tant plu à mon petit-fils Gabriel, très fan de ce Rigaudon de Ravel… _ du preste et à jamais juvénile « Rigaudon » (dédié aux frères luziens Pierre et Pascal Gaudin _ beaux-frères de la cousine de Maurice : Magdeleine Hiriart-Gaudin… _) de cette merveille de finesse qu’est « Le Tombeau de Couperin » :
    …
    …
    _ voici donc à écouter ici ce qu’y donne, en un podcast de 3′ 28, l’Assez vif de ce Rigaudon sous les doigts un poil balourds et mécaniquement tricotteurs _ sans esprit, et dénués de charme, et de fantaisie et malices et humour, si raveliens…  _, et surtout incomparablement trop lents pour la prestesse enjouée et mutine d’un rigaudon de ce basque mince et bondissant, et infiniment vif d’esprit, qu’était Maurice Ravel _ comparez avec les autres interprètes choisis ci-après… _, de Keigo Mukawa… 

    …

    _ et maintenant, sous les doigts bien plus justement mutins _ à la luzienne ! j’aime beaucoup, beaucoup ! _ de Martin James Bartlett, en ce podcast de 3′ 05…

    …

    _ ou encore, par Alexandre Tharaud, en un podcast magnifiquement preste et juvénile _ bravo ! bravissimo ! c’est à la perfection senti ! _ de 3′ 01…

    …

    _ et aussi par Bertrand Chamayou_ pas mal du tout non plus ! _ en un podcast de 3’06…

    …

    _ et encore par l’excellent Steven Osborne, en un podcast bien preste et alerte, lui aussi _ et comme il le faut !.. _, de 3’01…

    …

    …

    Et maintenant faites votre choix !!!

    …

    …
    Maintenant, en y réfléchissant encore un peu,

    il me semble que cette approche trop strictement mécanique (et froide) du piano de Ravel de la part du jeune Keigo Mukawa, tient à sa pourtant juste principielle obsession (de métier) d’atteindre la perfection technique nécessaire, en effet, à servir l’idéal d’interprétation la plus juste possible des œuvres tout spécialement de Ravel, mais qui, pour le moment du moins de son propre parcours d’interprète très justement exigeant à l’égard de lui-même _ Ravel lui-même n’ayant jamais été, lui, un parfait interprète, ni au piano, ni à la baguette de chef, de ses propres génialissimes œuvres… _, passe encore, pour le moment du moins, à côté de l’objectif absolument fondamental, et rédhibitoire sinon, de l’interprétation ravelienne : servir l’esprit le plus fin, tendre, chaleureux, insidieusement torride même, voilà, de l’œuvre de Ravel, par la médiation seulement, si je puis le dire ainsi, de la parfaite maîtrise obligée, certes, en effet, de la technique, mais qui n’en qu’un nécessaire moyen, un étai, et qu’il faut absolument, à l’interprète, apprendre à dépasser-transcender, faire complètement oublier à l’auditeur ; sinon l’interprète, encore besogneux, malhabile, en reste, en effet, à une rédhibitoire réfrigérante « sculpture de glace » de cette musique subtilissime de Ravel, au-delà de son obligée perfection technique ; en ne réussissant pas, lui interprète, à atteindre et surtout faire s’envoler-virevolter-tournebouler dans le charme le plus pur et aérien, l’esprit ludique, finement sensuel et même érotique, de la sublime fantaisie narquoise du génie français absolu de Maurice Ravel compositeur ; dans l’esprit, mine de rien très audacieux et moderne, franchement rieur et léger, leste (car délesté…), d’un Couperin, d’un Rameau, mais aussi d’un Mozart, et même encore du jeune Mendelssohn _ par-delà, à la Nietzsche, le tragique fatal de toute vie, qui s’y perçoit bien sûr aussi, en filigrane estompé d’un constant et bien présent arrière-fond, sensible à l’horizon rosé des plus beaux soirs d’été…

    …

    …

    Ce jeudi 30 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa