Étiquette : Médée

  • Le CD Seulétoile « Médée, fille des Enfers », d’Eugénie Lefèbvre : une curiosité discographique anomique autour du toujours fascinant mythe de Médée, meurtrière de ses enfants pour se venger du mari, Jason, qui l’avait trompée…

    C’est une curiosité assez anomique autour du mythe de Médée que vient nous proposer le CD Seulétoile SE 15 « Médée, fille des Enfers » – enregistré à Roubaix du 10 au 13 septembre 2024 – sur une idée, une direction artistique et une interprétation de la chanteuse Eugénie Lefèbvre,

    puisque mêlant des textes, lus – bien mal, hélas – par Dominique Boutelle, d’Apollonios de Rhodes (Les Argonautiques, IIIe siècle av. J-C), Euripide (Médée, 431 av. J-C), Corneille (Médée, 1634), et Anouilh (Médée, 1953) – mais pas la Médée de Sénèque, en 63… – ,

    avec des extraits d’œuvres musicales de l’époque baroque de Pascal Collasse (Jason, ou la Toison d’or, 1696), Johann-Sigismund Kusser (Jason, 1697), Francesco Cavalli (Il Giasone, 1649), Agostino Steffani (Le Rivali Concordi, 1698), Marc-Antoine Charpentier (Médée, 1693) et Joseph-François Salomon (Médée et Jason, 1713),

    interprétés par les chanteurs Eugénie Lefèbvre et Paco Garcia, les violons de Louis Créach et Simon Pierre, l’alto de Kate Goodbehere, la viole de gamme de Julie Dessaint, le violoncelle de Cécile Vérolles, le hautbois, la flûte et le basson de Lucile Tessier, le violone de Sarah Van Oudenhove, le théorbe de Thibaut Roussel, et le clavecin de Clément Geffroy : une bonne équipe d’instrumentistes…

    …

    Lors d’un voyage en Grèce, l’été 1969, conduits par l’ami grec – dont le père encore en vie était un grand sculpteur grec contemporain alors tétraplégique : nous lui avions rendu visite chez lui à Athènes : il nous avait reçu, privé de la parole, en chaise roulante… – d’une amie avec qui je voyageais, nous avions passé la nuit à la belle étoile et dormi dans les pauvres vestiges, mais tout de même impressionnants !, d’un petit temple de Médée, situé sur un cap en face de Corinthe, et non loin de la cité thermale de Loutrakis ; et l’ombre de Médée était bel et bien là présente en ce lieu perdu, loin de tout : il fallait y descendre par un petit sentier…

    …

    Et je me souviens bien aussi du film « Cri de femmes » de Jules Dassin, en 1978, avec Melina Mercouri et Ellen Burstyn, dans lequel une actrice interprète de Médée était fascinée par le procès d’une mère meurtrière de ses enfants pour se venger de son mari qui l’avait quittée pour une autre…

    …

    Oui, Médée assurément fascine,

    et continue de fasciner…

    …

    Ce lundi 9 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa