Étiquette : méditation

  • La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence…

    Ce vendredi midi,

    coup de sonnette du facteur qui m’apporte le somptueux cadeau que me fait Eric Rouyer du tout nouveau CD PDD041  « Shostakovich – Silvestrov » du constamment merveilleux Palais des Dégustateurs,

    en une interprétation à la fois sobre, sans pathos, et surtout sublimement émouvante, de l’alto miraculeux d’Ettore Causa et du piano parfait de Boris Berman, au service de purs chefs d’œuvre pour alto et piano de Dmitri Shostakovich (1906 – 1975) et Valentin Silvestrov (né à Kiev le 30 septembre 1937)….

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    Quel choc !

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    Bien sûr, la « Sonate ultime, Op. 147, pour alto et piano » (de 1975), de Dmitri Shostakovich, qui ouvre le programme de ce CD,

    de même que l’ »Impromptu pour alto et piano, Op. 35 » (de 1931), qui vient le clore,

    sont superbes d’émotion en cette interprétation épurée et profonde _ parfois aux bornes du silence… _ d’Ettore Causa et Boris Berman…

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    Mais ce sont les œuvres de Valentin Silvestrov qui me bouleversent !!!

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    Soient

    _ l’« Elégie pour alto » (de 2010),

    _ l’ »Epitaphe (L. B.)«  _ Larissa Bondarenko, l’épouse de Valentin Silvestrov, décédée en mai 1996 _ (de 1999),

    _ les « Trois Intermezzi pour piano«  _ dédiés par le compositeur à Boris Berman _ (de 2022),

    _ et enfin le « Triptyque pour alto et piano«  _ sur une commande toute spéciale du Palais des Dégustateurs _ (de 2023),

    constitué de l’ »Intermezzo« , la « Sérénade« , et le « Moment musical » :

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    de renversants chefs d’œuvre de compassion…

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    Un CD tout simplement admirable !!!

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    Ce vendredi 27 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un sublime CD « Aux idées heureuses » du claveciniste Takahisa Aïda : une méditation, pour de bouleversants « Tombeaux » de clavecin de Johann-Jakob Froberger (1616 – 1667) et Louis Couperin (ca. 1626 – 1661)…

    Un CD tout simplement sublime, ce CD Son an ero 19 « Aux idées heureuses« , du claveciniste Takahisa Aïda

    _ enregistré à Lannion en juillet 2021, sur un superbe clavecin d’Emile Jobin _,

    en une interprétation d’une méditation d’une intensité profonde, retenue _ lentement égrenée dans les « Tombeaux« , ces chefs d’œuvre grandissimes de Johann-Jakob Froberger et Louis Couperin, tout spécialement…… _ et splendide,

    qui tout simplement nous cueille au cœur et radicalement nous bouleverse…

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    Je repasse en boucle ce miraculeux CD, sans parvenir jamais à m’en lasser une seule seconde !..

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    Ou la quintessence absolue de la musicalité même, saisie et attrapée…

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    Ce jeudi 28 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et à nouveau Bohuslav Martinu de mieux en mieux célébré : son « écriture échevelée », son « orchestre solaire », à toujours mieux redécouvrir, savourer et saluer…

    Au chapitre de mon tropisme tchèque,

    et tout spécialement le cher Bohuslav Martinu _ cf par exemple mon article «  » en date du 14 janvier dernier, cela va bientôt faire trois mois… _,

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    voici que je relève, en date d’hier,

    et à nouveau consacré au CD SACD Bis 2657 « Stravinsky – Bartok – Martinu » du splendide violoniste Frank-Peter Zimmermann, accompagné du Bamberger Symphoniker sous la direction de Jakub Hrusa,

    cet article-ci très sobrement intitulé « Bohuslav« , de Jean-Charles Hoffelé sur son très fiable site Discophilia :

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    BOHUSLAV

    Revenu à Paris après ce qui sera (mais il ne le sait pas encore) son ultime séjour en Bohème, Bohuslav Martinů s’attela à la « Suite de danse » qu’il avait promise à Samuel Dushkin : on était en août 1938. Une année plus tard, Martinů quittait Paris dans la débâcle, trouvant refuge en en zone libre.

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    Entre temps la « Suite de danses », commencée par une Toccata assez jazzy, très dans la verve des musiciens de l’École de Paris (tous des immigrés d’Europe centrale _ en effet ! _) sera devenue cette Suite concertante que le compositeur finira par orchestrer en 1941, ayant perdu tout espoir de revoir jamais sa Bohème. Une nostalgie prégnante s’est installée dans la grand déploiement de l’Andante, mais la suractivité rythmique des années parisiennes endiable un Scherzo un brin méphistophélique, et fait flamboyer un Final virtuose qui siérait à merveille pour un grand concerto : écriture échevelée, orchestre solaire _ voilà, voilà _, que Frank Peter Zimmermann, Jakub Hrůša et ses Bamberger magnifient _ voilà ! Cf aussi cette très émouvante vidéo (de 23′ 28) de Frank-Peter Zimmermann en cette même superbe œuvre-ci de Martinu, mais cette fois avec l’Elbphilharmonie Orchester placé sous la direction de Manfred Honeck, le 18 novembre 2021… _, ajout majeur à leur album _ précédent, en 2020 _ des deux Concertos pour violon et orchestre de Martinu _ le très beau CD SACD Bis 2457 ; cf mon article «  » en date du 28 janvier 2023…

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    Si demain Frank Peter Zimmermann, s’adjoignant Martin Helmchen, allait regarder du côté du Concerto pour violon et piano (H. 342) _ sur cette splendide œuvre de 1953, cf mon article enthousiaste du 14 décembre 2023 «  » à propos de l’irrésistible CD Supraphon SU 4330-2 de Josef Spacek, violon, Miroslav Sekera, piano, et Petr Popelka dirigeant le Prague Radio Symphonie Orchestra, en 2023… _ , il pourrait poursuivre sa saga Martinů qui est l’atout majeur _ voilà ! _ de ce nouvel album.

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    Son impeccable lecture du Concerto de Stravinski (une redite, il l’avait enregistré jeune homme avec Gianluigi Gelmetti _ soit le CD 17 du coffret Warner Classics « Frank-Peter Zimmermann – The Complete Warner Recordings » de 40 CDs, que je possède : un CD enregistré en 1990… _), ses Rhapsodies de Bartók si tenues, plus pensées que jouées, se font voler la vedette par cette Méditation que Martinů composa en 1945 et qui devait prendre place dans la version définitive de la Suite : un requiem de six minutes

    _ avec, j’ajoute ici, ces utiles précisions-ci de la musicologue Rebecca Schmid, telles que mentionnées à la page 24 du livret de ce CD : « En plus de la Suite (H 276 II) telle qu’elle a été achevée en 1945, cet enregistrement propose le troisième mouvement de cette deuxième version (H 276 I), intitulé Méditation. Cette courte pièce (de 6′ 08) met en valeur le soliste, avec une écriture lyrique qui se manifeste par des effets subtils de l’orchestre. Lorsque le violon s’élève dans la stratosphère, la musique devient une réflexion spirituelle ou une méditation, comme l’indique le titre. Bien que le mouvement soit tonalement clair, Martinu introduit également ses cadences moraves caractéristiques« …

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Igor Stravinski (1882-1971)

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    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur,
    K053

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    Béla Bartók (1881-1945)

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    Rhapsodie pour violon No. 1, Sz. 87, BB 94 (version orchestrale)
    Rhapsodie pour violon No. 2, Sz. 90, BB 96 (version orchestrale)

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    Bohuslav Martinů
    (1890-1959)

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    Suite concertante en ré majeur, H. 276a

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    Frank Peter Zimmermann, violon
    Bamberger Symphoniker
    Jakub Hrůša, direction

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    Un album du label BIS Records 2657
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    Photo à la une : le violoniste Frank Peter Zimmermann –
    Photo : © Irène Zandel

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    Bohuslav Martinu :

    un génie _ tchèque _ assez singulier à toujours mieux redécouvrir, et savourer, et célébrer..

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    Ce mardi 9 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour approcher d’encore plus près à la vérité de Ravel en son plus intime, le stupéfiant « Ravel – L’OEuvre pour le Piano » du magnifique Philippe Bianconi (suite)…

    Plus j’écoute _ quasiment en continu, quand je suis à ma table de travail _ le double CD la dolce volta LDV 109.0 de Philippe Bianconi « Ravel – L’Œuvre pour le Piano« ,

    et après le témoignage déjà émerveillé de mon article d’avant-hier 27 septembre « « ,

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    plus je pense

    que la formidable maîtrise, si pleine _ avec une formidable prise de son, aussi, il faut le préciser, de François Eckert ! _ en son extrême délicatesse (et parfaite naturelle fluidité) de jeu des diverses micro-inflexions si expressives en leur finesse et ultra-délicatesse, dénuées de la moindre volonté _ à l’égard de quelque public que ce soit… _ d’exhibition de virtuosité, du piano de Ravel,

    que parvient ici à nous donner avec tellement de toute simple naturelle évidence Philippe Bianconi,

    nous offre là un inestimable cadeau _ de grâce ! _ qui approche au plus près la vérité même de Ravel en son plus intime, à son solitaire piano, pour lui seul…

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    Et c’est bien là aussi le sentiment qu’éprouve, et à son tour, en un justissime article intitulé « Nocturne« , sur son site Discophilia, le bon Jean-Charles Hoffelé, ce vendredi 29 septembre,

    je le découvre en ce petit matin du vendredi 29 septembre :

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    NOCTURNE

    Philippe Bianconi revient à son cher Ravel dont il avait déjà gravé l’intégrale de l’œuvre pour piano seul sous l’écoute bienveillante de Suzanne et René Gambini voici bien trente ans _ pour le label Lyrinx, en 1993. Un vaste soleil illuminait alors son jeu, Ravel en lumière, joué assez dandy _ et dandy, Ravel le fut aussi, en sa première jeunesse… _, alliant à une beauté toute classique quelques traits proustiens : on croyait voir le compositeur tiré à quatre épingles _ ainsi qu’en témoignent visuellement quelques photos du jeune Ravel… _ dans chaque note de sa musique.

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    Il ajoute aujourd’hui, en accord avec _ l’excellent ravélien qu’est lui aussi _ Clément Lefebvre, la suite de Ma mère l’Oye qui manquait à son album Lyrinx. Le dialogue très sombre de La Belle et la Bête signale illico que les portes d’un autre univers se sont ouvertes : ce Ravel-là sera d’abord celui du Gibet, de Scarbo, d’Ondine _ de Gaspard de la nuit, en 1908 _, l’envers _ ou le revers, voilà… _ teinté d’un brin de fantasque du rayonnement solaire que le pianiste y avait jadis entendu.

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    Les Miroirs _ de 1904-1905 _ sont tendus, sombres, presqu’amers _ mais jamais tout à fait, surtout pas… _ (Une barque sur l’océan avec cette main gauche obstinée avant le retour du ressac), étranges d’atmosphères non seulement pour Oiseaux tristes, pour la fantasmagorie de Noctuelles, pour l’Alborada _ formidable de présence _ mêlant l’ironie à une certaine _ pointe très fine, un soupçon effleurée, de _ tristesse, pour La Vallée des cloches aussi, si nostalgique _ Ravel aimait les reflets des miroirs…

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    Et si le vrai visage _ voilà ! voilà ! _ de Ravel paraissait dans ce piano qui fut l’instrument _ oui, aux harmoniques orchestrales aussi… _ de son _ solitaire et méditatif _ quotidien ? Inquiet, intranquille _ oui _, splénétique _ oui _ tout au long d’un Gaspard de la nuit _ en 1908 _ où même Ondine a un côté Loreley. Jusqu’au Tombeau de Couperin _ de 1914-1917 _ qui ne renonce pas à l’espressivo, voyant derrière les danses, au travers de l’esseulement de la Fugue les visages des disparus, jusqu’aux Valses nobles et sentimentales _ de 1911 _,vénéneuses, emplies de parfums de tubéreuse : dans l’ultime page, un opium semble rendre immatériels et la musique de Ravel et le jeu du pianiste – onirisme trouble au possible.

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    Les petites pièces tardives ou pas, Menuets _ de 1895 et 1909 _, Pavane _ de 1899 _, et hommages « dans le style de », le bref Prélude  _ de 1913 _ troublant comme un regret, sont jouées avec un sens de la nuance, du phrasé juste _ oui, oui, oui _ qui les hissent au rang de chefs-d’œuvre. Sommet _ probable, oui… _ de l’ensemble _ ainsi sublimement interprété par un Philippe Bianconi en un (paradoxalement sérénissime de maîtrise !) état de grâce de gravité… _, si je ne devais en choisir qu’un : la _ confondante _  Sonatine _ de 1903-1905 : oui, ainsi insidieusement glaçante, mine de rien en sa terrifiante douceur, elle est proprement sidérante ! Écoutez comment Philippe Bianconi fait sourdre les ombres, ose le cri  _ munchien, en 1893 _ qui saisit soudain au centre du Modéré.

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    Et maintenant, il faut _ oui ! _ que La Dolce Volta lui offre l’occasion d’enregistrer les deux Concertos.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    L’Œuvre pour piano (Intégrale)

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    Philippe Bianconi, piano
    Clément Lefebvre, piano
    (Ma mère l’Oye, version à quatre mains)

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    Un album de 2 CD du label La Dolce Volta LDV 109.0
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    Photo à la une : le pianiste Philippe Bianconi –
    Photo : © William Beaucardet

     

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    Ce merveilleux transcendant double CD Ravel de Philippe Bianconi

    est tout simplement un tranquille _ mais tout sauf placide, cependant… _ sommet _ sans jamais, ni en rien, se pousser si peu que ce soit du col _ de la discographie du singulier _ oxymorique _ et si magnifique Maurice Ravel…

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    Ce vendredi 29 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa