Étiquette : Mendelssohn

  • Une sélection de musique de joie ! Monteverdi, Mozart, Mendelssohn (et Zelenka), pour commencer…

    En ce dernier jour de mars 2016, pourquoi ne pas essayer une sélection des trois mois passés d’écoute passionnée de musique, faute de pouvoir écrire et lire avec surligneur et stylo, suite à un accident d’épaule survenu en décembre dernier ?

    …

    En premier lieu, la joie très forte du bouclage (en 9 CDs Harmonia Mundi) par l’extraordinaire Kristian Bezuidenhout de son intégrale _ magique ! _ des œuvres pour clavier seul de Mozart (sur de magnifiques pianoforte), superbement entamée par un premier volume en mars 2010 : c’est à la création de Mozart lui-même improvisant magistralement à son clavier qu’il nous est donné d’assister (et participer par la jubilation de notre écoute) ! Quel bonheur !!! Je ne cesse de les écouter en boucle _ par exemple en accomplissant de longs parcours en voiture _ en en redemandant sans cesse sans jamais avoir assez de cette piaffante et cavalcadante beauté…

    …

    Ensuite, le superbe radieux DVD Alpha des Vespre della Beata Vergine _ ce chef d’œuvre ! _ de Monteverdi à la Chapelle Royale de Versailles par John Eliot Gardiner à la tête de ses parfaits Monteverdi Choir et English Baroque Soloists : la joie encore et toujours ! Et quelle qualité de joie ! Une musique de lumière merveilleusement incarnée par de tels interprètes !!! Ce soir-là, l’esprit était formidablement présent là !!!

    …

    Et tout récemment, ce mois de mars, la lumière merveilleusement irradiante, encore, du CD idéalement (autant que très charnellement) accompli, chez Accent, de la Missa Divi Xaverii et des Litaniae de Sancto Xaverio de Zelenka, par l’excellentissime _ toujours… _ Vaclav Luks et son Collegium 1704 (à Prague) : une des plus belles messes de musique du XVIIIe siècle _ qui vous fait grimper au ciel ! _, et qui pourrait avoir inspiré, à Dresde même, aussi, la Messe en si de Bach _ rien moins… Le génialissime Zelenka demeure incroyablement méconnu, y compris des journalistes d’aujourd’hui de France-Musique : il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark… Reviens-nous, Jacques Merlet !!!

    …

    Je dois aussi mentionner le formidable plaisir à jouir de l’écoute (renouvelée, elle aussi) de la réussite magistrale du pianiste (et infatigable chercheur et découvreur !) italien Roberto Prosseda dans tout le répertoire pour piano de Mendelssohn, chez Decca :

    après 2 très beaux CDs distribués aussi (et primés !) en France en 2005 et 2006 : Mendelssohn Discoveries, Rare piano works, et Mendelssohn Rarities, 4 Sonatas, 3 Studies et 2 Fugues,

    j’ai pu obtenir, mais en les commandant spécialement, 2 extraordinaires coffrets _ Decca toujours _ de 2, puis 3 CDs : Mendelssohn, Piano con fuoco, paru en 2012 ; et Mendelssohn, Da capo al fine, an unprecedented journey with Mendelssohn’s hidden treasures, Variations, Preludes and Fugues, Klavierstücke, paru en 2014 ;

    ainsi qu’un CD Mendelssohn Piano Quartets Nos 1 & 3, avec Gabriele Pieranunzi, Francesco Fiore, et Shana Downes, paru chez Decca en 2014.

    …

    J’attends donc avec impatience les autres CDs Mendelssohn interprétés par Roberto Prosseda que j’ai pu commander ensuite chez mon disquaire préféré :

    le double CD des Lieder ohne Worte, d’abord ; puis un CD avec orchestre intitulé Discoveries, avec le GewandhausOrchester dirigé par Riccardo Chailly : je me réjouis de prochainement enfin les recevoir…

    …

    Et je me désespère, aussi, des difficultés à obtenir in fine _ faute de distribution accessible !  _, toujours de Mendelssohn et par Roberto Prosseda, d’une part le CD Early Chamber Works, avec le Piano Quartet No 2, et le Trio avec piano ; et d’autre part le CD Complete works for 2 pianos and for piano 4 hands, avec Alessandra Ammara ;

    comprenant très très mal que ces interprétations (et découvertes !!!) somptueuses de Roberto Prosseda, ne soient pas distribuées en France !!! Quel incroyable manque d’attention et de curiosité (et de culture musicale et discographique !) chez les médiateurs de musique !!!

    …

    Je signale ici la disponibilité sur You Tube d’extraits (excellents !) de concerts de Roberto Prosseda interprétant (magiquement !) des œuvres pour piano de Mendelssohn, à l’Institut polytechnique de Turin, ou ailleurs ; par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=G1-yF4Nn6os

    ou https://www.youtube.com/watch?v=lbL0OpQ3tKk

    ou encore  https://www.youtube.com/watch?v=hGwNOI1s0os

    ou https://www.youtube.com/watch?v=q7oJ44nc2FI

    ou https://www.youtube.com/watch?v=YICUeGM-YIc

    pour découvrir son lumineux talent au service de ce Mendelssohn bien trop méconnu _ élève de Carl Friedrich Zelter (1758-1832), lui-même élève de Carl Friedrich Christian Fasch (1736-1800) qui avait été l’élève, de 1755 à 1767, à Berlin, de Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) ; dont Mendelssohn hérite de toute la fougue…

    …

    À suivre…

    …

    Titus Curiosus, ce jeudi 31 mars 2016

  • gratitude à l’éditeur du mozartissime CD « Sonates pour pianoforte & violon » Alpha 177, par Rémy Cardinale & Hélène Schmitt _ le vortex de la braise

    Ce courrier à l’initiateur du projet de ce nouveau bijou discographique,

    le CD « Sonates pour pianoforte & violon » de Mozart & Beethoven, par Rémy Cardinale et Hélène Schmitt

    …

    comportant la Sonate en mi bémol majeur KV 380 « pour le clavecin ou piano forte avec l’accompagnement d’un violon, dédiée à Josepha von Aurnhammer, Vienne 1781« 

    et la Sonate en si bémol majeur KV 454 « pour clavier et violon, Vienne 1784« 

    de Wolfgang Amadeus Mozart,

    ainsi que la « Première Sonate en ré majeur opus 12 pour violon et clavier, dédiée à Antonio Salieri, Vienne 1798« 

    de Ludwig van Beethoven,

    …

    interprétées

    _ sublimement ! les deux artistes sont dans un état de grâce qui, tous deux et ensemble, se répondant idéalement, les transcende (à un incroyable point !) : la virtuosité d’une parfaite justesse de la moindre des inflexions, et de l’élan justissime du mouvement, de Rémy Cardinale, que je ne connaissais pas jusqu’ici (honte à moi !), rejoignant à la perfection (quelle entente ! c’est déjà un pur enchantement !) la grâce félinissime, et cela à chacune de ses interprétations, au concert comme au disque (cf le monument de sa superbissime discographie chez Alpha) , de la merveilleuse et plus que bouleversante, radieusissime !, Hélène Schmitt _

    par Rémy Cardinale

    sur un pianoforte d’après Anton Walter & Sohn, de Christoph Kern, 2006

    & Hélène Schmitt

    sur un violon Nicolò Gagliano, Naples, début des années 1760,

    …

    soit le CD Alpha 177 _ il fait date ! _ :

    …

    …

    Voici le courriel :

    …

    Je n’arrive pas _ mais alors, pas du tout ! c’est une magie hypnotique !.. _ à interrompre le passage en boucle
    sur mon lecteur
    du CD de Hélène Schmitt et Rémy Cardinale,
    tant la grâce s’enlace indéfiniment (et ô combien sublimement !) au sublime

    _ pour reprendre deux des pôles du trilemme de Baldine Saint-Girons (en son « Pouvoir esthétique«  ; le troisième est le beau : plus froid…) ; cf mon précédent article : Lumière de l’acte même de penser (l’Esthétique… et autre) : la force de la conférence de Baldine Saint-Girons… _
    en ce CD mozartissime
    _ la sonate (n°1) de Beethoven s’essayant à s’en émanciper comme elle peut…

    …
    J’y trouve une intense filiation Carl-Philipp-Emanuel-Bach-ienne _ voilà mon intuition ! _,
    dans la tension entre les échappées rapides fulgurantes
    _ des feux d’artifice ! qui nous saisissent _
    et le vortex à la limite du supportable (dans la jouissance : un infini feu de braise implacable sur notre peau !..) des mouvements lents
    _ l’Andante con moto de la KV 380, comme je ne l’avais jamais entendu jusqu’ici ! le Largo, puis l’Andante de la KV 454 : c’est à fondre ! _ d’une beauté à s’effondrer, et comme liquéfier absolument tout entier, en larmes de pure joie brûlante !!!!

    …

    que je retrouve aussi dans le Mendelssohn (élève surdoué de Zelter : immédiatement, quasiment, génialissime !) que j’aime tant
    et aussi dans Chopin…

    …
    Ce CD est sublimissime !
    …
    Et je te trouve ainsi bien attrapé, toi,
    d’être pour quelque chose
    _ si peu que ce soit : mais tout de même pas mal !.. _ dans ce CD mozartissime,
    toi, si peu addict à Mozart, en principe
    _ comme tu le plaisais un peu, en t’amusant, à l’affirmer… _ jusqu’alors…
    …
    Peut-être, justement _ voilà ! _, faute de tels interprètes _ comme ces deux diables-anges diaboliques-ci ! le virtuose justissime Rémy rejoignant là la virtuose justissime Hélène ! _ jusqu’ici

    aussi inspirés et justes
    que Hélène Schmitt
    et Rémy Cardinale : prodigieusement fabuleux !..

    …
    Je les attends
    donc aussi dans la braise de Mendelssohn…

    …
    Pour moi,
    ce CD (Alpha 177 ; enregistré à
    _ l’idéale aussi ! _ l’Heure bleue de La Chaux-de Fonds, en juin 2010 ; et par le magicien Hugues Deschaux !!!..)
    marque une date
    dans l’historiographie de la discographie mozartienne !

    …

    C’est à se damner de jouissance

    musicale !

    …
    Titus

    …

    Titus Curiosus, le 1er février 2011

  • Rendre le feu de Dieu – Mendelssohn en sa grâce : le miracle du CD « Works for Cello and Piano », par Daniel Müller-Schott & Jonathan Gilad, magnifiques !

    Je veux saluer

    de la plénitude joyeuse de mon enthousiasme

    de délectation renouvelée _ je passe et repasse ce magique CD en boucle !!!! _

    …

    la merveille discographique

    qu’est le CD d’œuvres pour violoncelle et piano de Felix Mendelssohn

    que nous donnent ces jours-ci les magnifiquement et merveilleusement inspirés

    Daniel Müller-Schott _ sur son violoncelle « Ex Shapiro » : « instrument créé par Matteo Gofriller, à Venise, en 1727« , précise le livret _

    et Jonathan Gilad _ cette fois-ci encore et à nouveau toujours prodigieux de justesse et de vie !!!! _,

    …

    en un CD Orfeo intitulé simplement

    Works for Cello and Piano,

    …

    et, surtout,

    interprété

    avec l’étincelle de vie et le souffle léger, souple et profond,

    de la joie vraie

    qui convient

    à ce compositeur,

    qui, lui-même, est

    et est demeuré, à jamais _ en une éternité spinozienne ! _,

    la juvénilité vive, mature et accomplie

    incarnée

    …

    _ cf ce précédent article mien (du 9 janvier 2010) :

    …

    Découvrir (encore) au CD des oeuvres (encore) inédites de Félix Mendelssohn

    à propos de Félix Mendelssohn :

    un créateur de génie que décidément j’affectionne spécialement !

    …

    dans la filiation musicale du plus brillant des fils Bach,

    Carl-Philipp-Emanuel Bach (1714-1788),

    via le très excellent maître berlinois de Felix : Carl-Friedrich Zelter (1758-1832) !

    …

    ne l’oublions pas

    …

    afin de mieux goûter,

    en la plénitude de son immensément généreuse palette,

    la flamme de vie

    qui anime toujours, et si intensément, toute la musique,

    jeune à jamais,

    de Felix Mendelssohn !.. _  :

    …

    soit, pour ce sublime enregistrement, le CD Orfeo C 750 101 A…

    …

    …
    Le programme,

    idéalement composé,

    s’ouvre

    magnifiquement _ le ton de fond (ainsi que la pulsation de vie fondamentale !) en est donné ! _

    par les jubilatoirement

    à jamais _ voilà l’éternité spinozienne ! _ juvéniles

    Variations concertantes opus 17,

    …

    intitulées primitivement Andante con Variazoni, quand elles furent achevées, à Berlin, le 30 janvier 1829

    _ Felix (Felix Mendelssohn, Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 6 novembre 1847) allait avoir vingt ans dans quatre jours… _,

    et composées par Felix pour son frère cadet Paul (1812-1874),

    banquier _ il avait repris la banque de leur père _

    et surtout excellent violoncelliste _ « de niveau quasi professionnel« , indique le livrettiste du CD _ :

    …

    « c’est à lui _ Paul Mendelssohn _ que furent dédiées les Variations concertantes opus 17

    dans la première édition parue chez Mechetti à Vienne ;

    et c’est avec lui que le compositeur _ Felix _ testa ces pages

    avant de les créer et de les faire imprimer » :

    …

    d’où leur caractère, si éminemment sensible en cette interprétation que je dirai

    de feu,

    et de vie

    et d’intimité

    si heureuses, joyeuses…

    …

    Entre les deux Sonate für Violoncello und Klavier :

    …

    la première, la Sonate en si bémol majeur opus 45

    _ « dans sa première édition, intitulée, à juste titre, « Sonate für das Pianoforte und Violoncello« , suivant en cela la tradition des cinq sonates pour violoncelle de Beethoven, pour lesquelles le piano est mentionné en premier. Cependant, Mendelssohn réussit encore mieux que Beethoven à équilibrer les deux instruments, même si le piano conserve toujours un rôle de leader« , indique toujours mieux que pertinemment le livrettiste de ce CD, Joachim Draheim _,

    achevée le 13 octobre 1838,

    et commentée _ merveilleusement ! _ ainsi, en 1839, par l’ami et admirateur de Mendelssohn qu’était Robert Schumann, en un article de sa Neue Zeitschrift für Müsik :

    …

    « Si lui aussi (= Mendelssohn) a le sourire aux lèvres,

    c’est celui de la joie que lui procure son art, du plaisir tranquille de l’intimité ;

    partout ce regard bienveillant, ce bien-être intérieur, cette quiétude, cette grâce de l’esprit !

    Cette sonate est l’une de ses toutes dernières œuvres ;

    j’aimerais, sans être mesquinement réprimandé, pouvoir expliquer la différence entre ses compositions d’aujourd’hui et celles d’hier ! Elles me semblent toutes aspirer à davantage de musique, de finesse, de transfiguration.

    Si je ne craignais pas d’être mal compris, je dirais même qu’elles sont plus mozartiennes…

    Cette sonate est la plus pure qui soit,

    sa musique est la plus parfaite qui soit,

    une sonate si belle, si limpide, si originale,

    comme seules peuvent en produire les plus grands artistes,

    et surtout une sonate pour les familles les plus cultivées, idéale après la lecture de poèmes de Goethe ou de Lord Byron« …

    _ Schumann est lui aussi un pur génie !

    …

    et la seconde, la Sonate en ré majeur opus 58

    achevée à Leipzig, en mai-juin 1843,

    …

    entre ces deux grandes sonates, donc,

    …

    Daniel Müller-Schott et Jonathan Gilad

    viennent nous offrir

    aussi

    4 pièces brèves

    merveilleuses, elles aussi,

    de délicatesse et de vie _ et de chant ! :

    …

    d’abord, deux transcriptions pour violoncelle et piano

    réalisées par Daniel Müller-Schott lui-même

    de deux des plus célèbres lieder de Felix Mendelssohn :

    …

    _ la transcription du lied « Sur les ailes du chant« , l’opus 34/2 _ sur un poème de Heinrich Heine _ ;

    …

    _ suivie de celle du lied « Chant du roseau«  (« Sur l’étang impassible« ), l’opus 71/4 _ sur un poème de Nikolaus Lenau _ ;

    …

    puis deux pièces pour violoncelle et piano composées par Felix pour des amis,

    mais que, beaucoup trop modestement, « Mendelssohn,

    très critique envers lui-même,

    ne considérait pas dignes d’être publiées » :

    …

    _ « le bref Assai tranquillo en si mineur _ sans numéro d’opus, donc… _,

    écrit dans le style d’une « romance sans paroles »,

    (…) en cadeau d’adieu à son ami et successeur au poste de Directeur de la musique à Düsseldorf Julius Rietz » ;

    …

    _ puis, le Lied ohne Worte, en ré majeur pour violoncelle et piano

    …

    _ qui est « l’unique « romance sans paroles » à ne pas être écrite pour piano seul« … _,

    dédié à la violoncelliste virtuose française Lise Barbier Christiani ;

    et qui ne fut _ donc _ publié qu’après la mort du compositeur, en 1868,

    et auquel fut alors attribué le numéro d’opus 109…

    …

    Tout le prix de cet enregistrement discographique

    si merveilleusement pétillant de vie

    de ces œuvres pour violoncelle et piano

    de Felix Mendelssohn-Bartholdy

    tient à la magie

    de l’interprétation

    des deux _ magnifiquement jeunes _ interprètes

    _ Daniel Müller-Schott, né à Munich en 1976, a 34 ans ;

    et Jonathan Gilad, né le 17 février 1981, à Marseille, a 29 ans…

    …

    Leur jeu

    _ je l’ai comparé sur ma platine à celui des très bons Jan Vogler et Louis Lortie, en un CD Berlin Classics 01 15182BC _

    est celui même

    de la jeunesse…

    …

    …

    Dans un ordre similaire _ si c’est possible ! voire sensé !! _ de perfection _ ou vie ! _ de l’interprétation,

    mais pour violon et piano, cette fois,

    …

    je veux signaler aussi,

    au passage,

    le magistralement magique CD

    que viennent de réaliser les tout aussi prodigieux

    Vadim Repin _ au violon _

    et Nikolai Lugansky _ au piano _ :

    …

    les Violin Sonatas de Franck, Grieg et Janáček,

    pour Deutsche Grammophon ;

    …

    soit le CD Deutsche Grammophon 477 8794 Violin Sonatas

    de Franck, Grieg & Janáček.

    …

    La sonate en la majeur de César Franck,

    tout spécialement,

    n’a probablement jamais aussi splendidement

    _ intensément et avec la profondeur (à la française !) qui lui convient ! _

    rayonné !!!

    …

    A vos platines !

    …

    Titus Curiosus, le 19 octobre 2010

  • Tendresse et juvénilité d’un merveilleux récital de Céline Frisch : « Aux sources du jeune Bach » (CD Alpha 149)

    Réussir _ en sa « composition » ! _ un récital, tant au concert qu’au disque, au CD, est fort délicat !.. Que d’arbitraire artificiel, le plus souvent, en ces propositions d’interprètes musiciens ! et d’éditeurs de disques, alors pas assez scrupuleux…

    …

    Des exceptions, cependant. Et remarquables ! Magnifiques !

    …

    Somptueuses, même,

    comme ici, en ce récital « magique » autour du « jeune Bach« , en le CD « Die Quellen des Jungen Bach » de Céline Frisch _ soit « Les Sources du jeune Bach » : le terme est on ne peut plus juste ; « sources« , elles sont à jamais jaillissantes, comme cela s’entend, et s’écoute, excellemment !.. _ :

    …

    le premier CD _ le CD Alpha 149 : à relever sur son calepin ! _ que nous propose cette année l’excellentissime catalogue Alpha de Jean-Paul Combet…

    …

    Par exemple, aussi, le programme,

    il est vrai, celui-là même, de Frédéric Chopin lui-même, interprète _ assez rare ! _ en concert (accompagné ici, le 21 février 1842, d’acolytes-amis de très grand choix : Pauline Viardot-Garcia, la chanteuse et compositrice _ aussi, elle-même ; ainsi que sœur de Maria Malibran _, pour trois interventions de chant ; et le violoncelliste et compositeur _ encore, lui aussi _ Auguste Franchomme, pour un solo de violoncelle :

    ces pièces-là sont absentes du récital de ce CD, exclusivement consacré aux œuvres de piano de Chopin de ce concert-ci : 5 « Préludes« ,  3 « Études« , 4 « Nocturnes« , 3 « Mazurkas« , l’ »Andante spianato« , opus 22, la « Ballade » opus 47, l’ »Impromptu » opus 51 & la « Grande Valse » opus 42… ;

    l’art de « passer » de l’un à l’autre est magnifique, tant de la part du concepteur du concert et compositeur, Frédéric Chopin, que de la part de l’interprète musicien au piano, l’extrêmement fin Alain Planès…) :

    …

    pour un concert

    _ et pour un public limité : très vite, Chopin préfère, en effet, se faire écouter plutôt dans des salons que dans des salles de concert : « devant un public aussi restreint que choisi« … ;

    « Chopin est un poète de l’intimité et ne révèle son génie _ voilà ! _ que devant le petit nombre :

    « Il était l’homme du monde intime, des salons de vingt personnes », écrit Georges Sand » ;

    c’est que, fondamentalement, « l’art de Chopin est un art de chambre » ;

    et «  »je n’aime pas paraître en public », confie lui-même Chopin à Lenz en 1842, avant un concert. Ce rapport conflictuel avec la scène va d’ailleurs de pair avec un trait de son pianisme : Chopin ne joue pas fort« , indique éloquemment Nicolas Dufetel dans sa présentation du livret du CD que je suis en train de présenter… _

    …

    pour un concert donné le 21 février 1842

    _ « à huit heures du soir« , avait dit la « Revue et Gazette musicale de Paris » du 2 mai suivant, dans les « salons de M. Pleyel« , à Paris, à propos d’un concert-récital similaire de Frédéric Chopin, le 23 avril 1841, cette fois-là : un an auparavant, donc… _ :

    …

    « dans les nouveaux salons Pleyel sis au 20 de la rue de Rochechouart, aujourd’hui détruits  : Chopin donne un de ses très rares concerts, espéré depuis des semaines, voire des mois« , indique, en ouverture, page 5, du (très bon) livret, la présentation « Un Concert de Chopin dans les salons Pleyel en 1842« , par Nicolas Dufetel,

    …

    le programme , donc, du CD, lui aussi somptueux : « Chopin chez Pleyel« , par Alain Planès,

    et sur un piano Pleyel de 1836 (appartenant à la collection du facteur Anthony Sidey) :

    …

    il s’agit du merveilleux CD HMC 902052 paru chez l’éditeur Harmonia Mundi l’automne dernier _ je l’évoquai seulement, très vite, en mon article du 2 novembre « une flopée de merveilles de musiques, et une passionnante exposition, aussi, “Deadline”, cette Toussaint » : je ne l’avais pas encore écouté, seulement acheté ! _, auquel j’ai eu grand tort de ne pas consacrer jusqu’ici d’article : un des plus beaux CDs de l’année passée, 2009 !

    …

    Mais j’en viens à ce sublime récital _ de pièces de clavecin, cette fois _ à propos de la formation _ elle-même géniale ! _ du génie, davantage qu’en gestation, en éclosion, en explosion

    _ quelle formidable juvénilité : j’admirai il n’y a guère, c’était le 17 octobre 2009, celle du très jeune Mendelssohn : « Le bonheur de Félix Mendelssohn : son Octuor, avec Christian Tetzlaff, en un CD AVI (en public, au Festival de musique de chambre “Spannungen”‘de Heimbach) » !

    et encore le 9 janvier 2010 : « Découvrir (encore) au CD des oeuvres (encore) inédites de Félix Mendelssohn« …

    Que dire de celle, juvénilité, du jeune Bach, quand c’est à sa « source«  même _ de fondamentale jeunesse ! _ que s’est formé Felix Mendelssohn via son maître (de musique) Zelter ! ainsi que je l’avançai dans cet article joyeux du 17 octobre ! _

    …

    à propos de la formation du génie

    en explosion _ confondante ! _

    du jeunissime pour l’éternité _ ad majoram gloriam Dei ! _ jeune Bach !!!

    …
    Il faut dire

    que les « maîtres » que se donne le jeune Bach _ pour les « Toccatas«  en mi mineur BWV 914 et en sol mineur BWV 915 ; ainsi que pour le si merveilleux (unique, lui) « Capriccio sopra la lontananza del fratello diletissimo » BWV 992 _ tendrissime ! _, qu’a choisis Céline Frisch pour ce CD-récital-ci Alpha 149 _

    sont rien moins que

    …

    Johann Adam Reincken _ un musicien si jubilatoire : à découvrir d’urgence ! il a vécu à Hambourg de 1623 à 1722 ; où il était titulaire de l’orgue de l’église Sainte-Catherine ; un des plus extraordinaires musiciens toutes époques confondues !!! De Reincken, nous est donnée ici une « Toccata » en sol majeur, qui « s’ouvre par une sorte de récitatif, comme improvisé. Toccare, jouer : le musicien touche le clavier de l’instrument au gré de sa fantaisie, allant de surprise en surprise. Tel est le propre du stylus phantasticus qui émerveille le jeune Jean-Sébastien. Et les épisodes se suivent, un fugato, puis, après un passage de libre transition, un second fugato, en rythme ternaire, avant une brillante péroraison. Chacun des morceaux étant plus bref que le précédent, ce resserrement donne à l’œuvre le sentiment d’une urgence » ; « voilà donc l’archétype du « praeludium » nord-allemand, que Bach retrouvera chez Bruhns ou Buxtehude et qui fécondera ses premières pièces pour le clavecin et pour l’orgue« , commente excellemment Gilles Cantagrel, page 13 du livret… _ ;

    …

    Dietrich Buxtehude _ inutile de présenter cet autre héros du jeune Bach, mieux connu, célébré, et interprété, tant au concert qu’au disque, lui ; ce héros du stylus phantasticus, de même que son ami Reincken ! Buxtehude était titulaire des orgues de l’église Sainte-Marie de Lübeck ; il a vécu (et sa musique a rayonné, jusque très loin de Lübeck et de la mer baltique) de 1637 à 1707 ; et Bach a séjourné auprès de lui trois mois pleins, en 1705, faisant, l’année de ses vingt ans, l’aller-retour Arnstadt-Lübeck, séparées par 4oo de nos kilomètres, à pied ; cf le livre passionnant de Gilles Cantagrel, auteur du livret de ce CD Alpha 149, « La Rencontre de Lübeck« , aux Éditions Desclées de Brouwer, en octobre 2003… ; cf aussi, du même Gilles Cantagrel, les indispensables « Dietrich Buxtehude et la musique en Allemagne du Nord dans la seconde moitié du XVIIe siècle » et « De Schütz à Bach _la musique du baroque en Allemagne« , aux Éditions Fayard… De Buxtehude, Céline Frisch a choisi la « Suite » en do Majeur BuxWV 226, dont Gilles Cantagrel souligne bien le souci « de toujours créer l’unité dans la diversité« , une « leçon que Bach ne manquera pas de mettre à profit« , page 14… _ ;

    …

    Johann Jakob Froberger _ le maître de la tendresse ; qu’il a prodiguée par toute l’Europe, de Vienne à Rome, de Bruxelles et Amsterdam, et Londres à Paris, entre le Stuttgart de sa naissance, en 1616, et l’Héricourt, proche de Montbéliard, de son décès, en 1667, à cinquante et un ans : la clé probablement, quoique très discrète !, de tout le répertoire de clavier de tout le Baroque !!! rien moins ! : « référence formelle et expressive de la musique pour clavecin de toute la seconde moitié du XVIIème siècle« , le formule le livrettiste, page 14. De Froberger, Céline Frisch nous donne la deuxième « Toccata«  en ré mineur du Livre de 1649 et, de ce même Livre, la deuxième « Suite«  en ré mineur : « la succession des pièces de la « Suite«  parcourt les chapitres d’une narration fascinante, comme une confession : « allemande » navrée, « courante » à la sombre ardeur, « sarabande » meurtrie, avant que ne jaillisse enfin une très bréve et volontaire « gigue«  », est-il présenté, page 15… _ ;

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    et Johann Kaspar Kerll _ autre maître prodigieux ; et proprement merveilleux ! de tendresse, encore : sauf un séjour de dix ans à la cour de Vienne, il fut surtout maître de Chapelle de la Cour de l’Électeur de Bavière à Munich ; il a vécu de 1627 à 1693. « Ses quatre « Suites« , dit Gilles Cantagrel page 15, héritent directement de l’art de Froberger, et à travers lui de la manière de Frescobaldi«  ; Kerll s’y distinguant peut-être, ici, « par son sens de la concision et de la densité polyphonique« , avant que n’éclate et ne se déploie une splendide « Passacaglia« , « avec ses chromatismes droits et renversés, ses foucades et son ornementation foisonnante : un prodige d’imagination« , pages 15 & 16…

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    En plus du merveilleux choix de cet éventail « Toccatas » versus « Suites » qui constitue l’axe de ce si beau récital de Céline Frisch, pour éclairer la formation du génie du jeune Bach

    _ soit comme un versant italien et un versant français de « génie de musique« … Qu’à lui seul Froberger représente excellemment : il en est peut-être bien la principale « source » d’inspiration, en effet, via ses voyages à Rome (où il découvre Frescobaldi : c’est le versant « Toccatas« ) et à Paris (où il rencontre Louis Couperin : c’est le versant « Suites« …) ! _,

    le toucher de clavecin  _ un clavecin allemand d’Anthony Sidey, indique le livret, page 5 _ et le jeu même de Céline Frisch sont confondants de tendresse ! en une virtuosité merveilleusement « retenue » : un très, très grand disque,

    qui entame l’année 2010 d’Alpha dans le sublime !!! de la gravité si heureusement jouée _ les « Toccatas » _ & dansée _ les « Suites« … Ou « l’unité dans la diversité » de Bach…

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    Titus Curiosus, ce 19 janvier 2010