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  • L’oeuvre Durosoir au concert : les programmes du Quatuor Equinoxe et du Trio Rilke aux concerts d’Hendaye les 6 et 7 avril 2013

    L’œuvre musical de Lucien Durosoir se caractérisant par une très forte singularité _ objective et à nos oreilles _,

    …

    en présenter quelque pièce _ en quelque sorte détachée… _ au concert, nécessite,

    de la part des musiciens-interprètes,

    un art délicat et assez subtil de la conception-composition du programme…

    …

    Et voici qu’il s’avère qu’avec Beethoven _ et sa puissance intense et profonde _,

    Durosoir consonne en quelque sorte idéalement…

    …

    …

    Le samedi 6 avril dernier, le Quatuor Équinoxe

    (constitué de Clara Abou et Pauline Dangleterre, violons, Loïc Douroux, alto, et Émile Bernard, violoncelle),

    et le dimanche 7 avril, le Trio Rilke

    (constitué de Clara Abou, violon, Claire-Lise Démettre, violoncelle, et Antoine de Grolée, piano),

    …

    présentaient

    en « Hommage à Lucien Durosoir«  _ et pour « Chemin de mémoire » qui entend instituer de tels concerts à Hendaye, lieu où vécut (et qu’a aimé) Lucien Durosoir, du 26 novembre 1925 au 29 avril 1926 ; et où il a composé deux œuvres importantes : les second et troisième mouvements de sa sonate Aube pour piano (achevés le 18 décembre 1925 et le 2 février 1926) et le premier mouvement de son Trio pour piano, violon et violoncelle (achevé le 18 avril 1926) ; c’est lors de ce séjour à Hendaye qu’a été décidé, le 14 avril 1926, l’achat de la Villa Les Chênes à Bélus, à l’extrémité sud-ouest de la Chalosse, où allaient s’installer définitivement (à la recherche du climat le meilleur !) Lucien Durosoir et sa mère : ce fut le 4 septembre 1926 _

    deux œuvres de Lucien Durosoir :

    …

    d’une part,

    deux mouvements, l’Adagio et le Scherzo, de son premier Quatuor à cordes (de 1920) _ cf sur les quatuors de Lucien Durosoir mon article du 4 juillet 2008 : Musique d’après la guerre _ ;

    …

    et d’autre part ses Cinq Aquarelles pour violon et piano (de 1920 aussi _ sa toute première œuvre _) : Bretagne, Vision, Ronde, Berceuse et Intermède…

    …

    La très grande qualité de ces deux concerts _ et cela dans l’excellente acoustique de l’église Saint-Vincent, un lieu empreint d’une spiritualité qui convient parfaitement à la musique intense de Lucien Durosoir _

    a très vivement marqué le public,

    du fait de l’engagement puissant de ces deux (jeunes) ensembles, produisant une très forte « présence » _ poétique et musicale ! _ des œuvres interprétées… 

    …

    Alors, comment composer un programme de concert, faisant une place à quelque pièce de Lucien Durosoir _ ce compositeur si singulier _,

    quand on est une jeune formation de musique de chambre, avec tout le travail de fond (et de longue haleine _ avec tant et tant d’heures de travail ensemble… _) qu’impliquent et nécessitent les formations si exigeantes de Quatuor comme de Trio ?..

    …

    Un concert impliquant la mise au point et donc la possession _ dans les doigts, dans les têtes, dans les cœurs : la musique se vit… _ de tout un répertoire,

    cela ne peut certes pas s’effectuer du jour au lendemain ;

    ce n’est qu’au fur et à mesure des répétitions et de la succession et maturation des concerts que les musiciens pourront peu à peu le constituer, l’établir, le faire resplendir dans leur jeu…

    …
    On est donc d’autant plus admiratif

    du brillant de la réussite de la performance

    des jeunes interprètes

    du Quatuor Équinoxe

    et du Trio Rilke

    à l’église Saint-Vincent d’Hendaye, ces 6 et 7 avril derniers…

    …

    …

    Et j’ai particulièrement à cœur de souligner que

    les choix du Quatuor à cordes opus 18 n° 1

    et du Trio opus 97 n° 7, avec piano, « À l’Archiduc » de Beethoven

    se sont révélés particulièrement opportuns et ô combien excellents ! pour chacun des deux concerts,

    la puissance poétique musicale de Lucien Durosoir ayant, en effet, quelque chose d’apparenté _ qu’on y médite ! _ à la puissance poétique musicale de Ludwig van Beethoven.
    …

    …

    Dans mes essais de présentation-approche _ et d’approche de la singularité, tellement impressionnante ! _ de l’œuvre de Lucien Durosoir _ dans la rédaction de mes contributions au colloque Un Compositeur moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878-1955), à Venise, au Palazzetto Bru-Zane, les 19 et 20 févier 2011 : Une Poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 _ la singularité-Durosoir  et La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : Romantiques, Parnassiens, Symbolistes, Modernes : les Actes de ce colloque sont en instance de parution… _,

    et en procédant, pour cela, à quelques tentatives de comparaison,

    …

    si ce sont les noms de Michel-Ange _ sculpteur _,

    Agrippa d’Aubigné ou Walt Whitman _ poètes _

    qui me sont venus à l’esprit,

    …

    en musique,

    c’est à la puissance beethovenienne que me fait penser d’abord et en amont du XXe siècle, le génie musical de Lucien Durosoir en sa très forte singularité,…

    …
    Que l’on pourra associer, aussi, à celui de contemporains tels que

    Schoenberg, Janacek,  Szymanovski, Bartok, ou Chostakovich,

    en son siècle, cette fois…

    …

    …

    Voilà, ainsi, quelques propositions de pistes pour de futurs programmes de concert _  et notamment pour ce nouveau festival de musique (autour de Lucien Durosoir : « Chemin de mémoire« ) qui vient de voir le jour à Hendaye…

    …

    …

    Cela dit,

    des pièces telles que le Quartettsatz de Schubert,

    ou la Sonata per violoncello e basso de Boccherini _ une personnalité rayonnante : au génie comparable à celui d’un Joseph Haydn, par exemple ; ce qui est loin de se savoir (et ressentir) assez !.. _,

    ne déparaient en rien _ et ainsi superbement interprétées : avec une magnifique « présence » !!! _ le paysage musical de ces deux très beaux concerts

    proposant de commencer à découvrir à Hendaye

    l’idiosyncrasie puissante et profonde de Lucien Durosoir…

    …

    …

    Titus Curiosus, ce 12 avril 2013

  • Lumière de l’acte même de penser (l’Esthétique… et autre) : la force de la conférence de Baldine Saint-Girons

    C’est aussi à partir

    et au-delà

    du pouvoir de la rhétorique _ à commencer par celle des Anciens, Grecs et Romains… _

    que Baldine Saint-Girons a entrepris, en son Fiat lux _ une philosophie du sublime (paru aux Éditions Quai Voltaire, en 1993),

    son travail proprement philosophique

    de dévoilement, compréhension et analyse

    des pouvoirs _ divers, subtils et d’autant plus efficaces qu’assez mal identifiés par ceux qui d’abord les subissent : notre siècle en expérimentant de nouvelles formes diablement performantes ! _ de l’Esthétique,

    …

    et qu’elle en met au jour,

    de sa formidablement vive intelligence,

    le faisceau hyper-ramifié et ultra-fin des composants et linéaments, lignes de force :

    …

    particulièrement en ses très brillants, magnifiquement justes et merveilleusement fouillés,

    récents livres

    L’Acte esthétique, aux Éditions Klincksieck, paru en janvier 2008,

    et Le Pouvoir esthétique, aux Éditions Manucius, paru en novembre 2009 :

    des travaux _ d’enjeux civilisationnels ! _ décisifs !..

    …

    Avec Francis Lippa, elle a convenu

    que sa conférence, sous une forme un peu dialoguée d’échanges à partir de questions,

    porterait sur la présentation-explicitation de son parcours _ philosophique _

    d’investigation-exploration-analyse de l’Esthétique…
    …

    …

    Le mieux est maintenant

    de l’écouter _ l’enregistrement dure 70 minutes _ ;

    …

    on va en être subjugué ;

    …

    mais ce sera au service _ prioritaire : éminemment rationnel ! _ de l’intelligence

    de ces pouvoirs subtils terriblement incisifs

    ici lumineusement mis au jour

    en démêlant leur riche complexité…

    …

    Je détacherai, personnellement, et en particulier

    …

    _ outre la reprise ici, par la parole (et c’est splendide !..), de l’analyse sublimissime (!!!) du constat de « la paix du soir » sur le Lungomare, à Syracuse, « avec«  ses deux amis siciliens : tous trois « partageant«  et « développant« , ensemble, par leurs paroles se répondant en se déployant (et se déployant en se répondant), le même sentiment « inspiré«  de « présence partagée«  de cette « pace della sera« ,

    …

    ainsi « confirmée«  !.., et allant, plus encore, « s’épanouissant«  en (et par) ce déploiement de paroles co-« inspirées«  s’échangeant ; et ne cessant, ainsi même (et c’est là le miracle presque sans pareil de ce phénomène !), de se préciser (détailler) et approfondir en le ressenti (= l’aisthesis) « activé«  de cette « présence«  en (et par) cette « conjonction«  (objective-subjective) radieuse tout à la fois objectivement constatée et subjectivement, et par les trois co-« présents«  (se répondant…), « éprouvée«  en se le disant, et précisant, et déployant !!! (car telle est la trouvaille ici mise au jour !),

    …

    en ouverture absolument magnifique (pages 39 à 66) de L’Acte esthétique !.. une analyse d’une précision, finesse et justesse tout bonnement géniales ! et je pèse mes mots ! _,

    …

    je détacherai, donc,

    la célébration

    à laquelle Baldine Saint-Girons procède, vers la fin _ vers les 55′ de la conférence… ; et d’après le final en apothéose (!), aux pages 130 à 134, de son Pouvoir esthétique… _, et avec une admirable délicatesse,

    de l’action d’ »enseigner« 

    (des professeurs : Baldine soulignant ici, avec une aussi juste que magnifique éloquence, « le courage du profateor« …),

    en une mission _ cruciale !  :

    …

    aider, si peu que ce soit, « une jeunesse très déboussolée« , dit-elle, à (un peu) mieux « comprendre comment s’orienter« 

    dans le « vivre«  une vie (pour chacun en sa personne et personnalité en puissance : qui peut (ou devrait) accéder à la singularité, en voie d’émergeance alors : face à l’alternative de demeurer immergée et, sombrant, finir par se noyer…) ;

    …

    dans le « vivre«  une vie, en effet, singulière ;

    et précieuse, par là, jusqu’à (impayable et inachetable qu’elle est, ou serait, cette vie singulière-là!) ne pas avoir de prix marchand !.. en dépit de tout ce que peuvent en « penser«  et clamer de par le monde tous les « Directeurs«  (aussi « haut-placés«  soient-ils, « en pouvoir«  : tant politique qu’économique ! et avec « haut-parleurs«  de mondiale diffusion ; tant à L’Oréal qu’au gouvernement de la République, par exemple…),  tous les « Directeurs de ressources humaines«  de par notre monde : l’expression, parlante pourtant, finira bien par être « vraiment«  entendue !.. _

    …

    en une mission _ d’éducation à l’autonomie de la personne et de la personnalité ; cf ce que dit Theodor Adorno de la « vie mutilée » en ses sublimes Minima Moralia _ Réflexions sur la vie mutilée, plus que jamais d’actualité en leur intempestivité ! versus les avancées, à la Attila (« le désert croît«  ; l’herbe ne repousse plus…), du nihilisme de l’ultra-libéralisme... Il y a toujours péril aux endormis (graves) de la vie… _ rien moins que « civilisationnelle« ,

    versus le raz-de-marée du nihilisme _ en sa version de la déferlante de la chimère de la misérable cupidité… _ :

    …

    combien je rejoins Baldine en ce diagnostic

    de la décisivité et urgence

    de cette action professorale _ philosophique, au premier chef… _

    humaine-là !.. :

    …

    …

    tout ce qui vient la « saper« 

    _ et pour quels misérables profits ? de quelques uns de si (consternamment !) ridicules : cela est au passage évoqué avec atterrement ! sans s’y apesantir, bien sûr ; mais c’est dit !) _

    étant par là une atteinte, terriblement grave, au « civilisationnel » :

    rien moins !..

    …
    Je détacherai aussi, en cette si belle conférence de Baldine,

    l’émotion

    se dégageant de son évocation, toute vibrante de vie, en conclusion,

    de sa « lecture« 

    _ romaine d’abord, in situ, lors de sa visite de la grande exposition Sebastiano del Piombo, aux Scuderie del Quirinale (8 février – 18 mai 2008) ; puis activement méditative : patiemment, par le penser et l’écrire, en son studiolo !.. _

    de la Pietà de Viterbe de Michel-Ange et Sebastiano del Piombo,

    …

    « lecture » _ ré-improvisée ! pour nous, vers les 62′ de l’enregistrement _ dont le détail, passionnant _ riche d’une érudition « ouverte«  toujours intensément « curieuse«  en sa prospection (comme il se doit !) : pour l’accroissement de toujours un poil plus d’intelligence de la qualité même du ressenti ! _,

    est _ splendidement ! avec sprezzatura ! voilà ! _ très délicatement narré _ quelle vibrante écriture ! _

    en son plus récent livre paru aux Éditions Passage d’encres en avril 2010,

    La Pietà de Viterbe _ Une double invention de Michel-Ange et Sebastiano del Piombo…

    …

    Le centre-cœur de l’analyse _ tableau à l’appui :

    celui des pages 136-137 du Pouvoir esthétique… _

    étant constitué du démaillage

    aussi hyper-précis que parfaitement _ quelle performance ! _ clair

    _ et renvoyant à maints exemples : que nous pouvons nous figurer… _

    des pouvoirs esthétiques

    entrelacés,

    voire enchevêtrés,

    quand ils ne s’affrontent pas _ comme c’est parfois, ou même souvent, la cas _, mais conjuguent hyper-habilement et redoutablement leurs hyper-subtiles efficacités… 

    …

    Charles Quint aurait pu penser et (se) dire :

    quand le Prince de Machiavel

    et le Courtisan de Castiglione

    forment une seule et même personne

    de pouvoir _ réalisant en quelque sorte ainsi l’auctoritas désirée (par le prince)… _

    idéalement accomplie !

    …

    …

    Comment remercier de tout cela

    et l’auteur

    de ces si lumineux livres

    et la conférencière

    si profondément généreuse

    en son action de penser (avec nous) en acte

    en sa conférence ?!!

    …

    Eh bien ! en nous réjouissant à notre tour

    par l’écoute _ active ! _ de cette superbe conférence

    de cette intelligence à l’œuvre _ lumineusement en acte ! toujours ! _ des modalités

    magnifiquement élucidées _ voilà ! _ des processus esthétiques :

    …

    plus que jamais actifs, eux,

    tous azimuts, et selon tant de styles, dans mille pratiques

    ô combien redoutablement efficaces ! _ cf mon article du 12 septembre 2010 : les enjeux fondamentaux (= de civilisation) de l’indispensable anthropologie esthétique de Baldine Saint-Girons : “le pouvoir esthétique”… _

    dans le monde « comme il va« , c’est-à-dire tel qu’il fonctionne

    et « fait ses affaires » _ son business et son show, son cirque _

    aujourd’hui…

    …

    …

    Revoici,

    en forme de « confirmation« , en quelque sorte,

    la quatrième de couverture du Pouvoir esthétique,

    passablement éclairante, il me paraît ! _ plus que jamais _, en sa présentation :

    …

    « Mettre en évidence «le pouvoir esthétique»,

    c’est souligner l’intrication _ eh ! oui… _ des questions de l’esthétique à celles de l’éthique et du politique _ un point tout à fait capital ! D’où le concept d’« esth-éthique«  très judicieusement développé aux pages 126 à 130..

    Le pouvoir naît d’un vouloir et se heurte à d’autres pouvoirs _ issus d’autres vouloirs : certes… Sous la diversité des apparences, il concerne la force de l’apparaître _ voilà ! _, compris en ses trois temps : projet, stratégie, effets.

    …

    Faut-il _ c’est là le projet _ plaire, inspirer ou charmer ? Rechercher la dignité du beau, la gravité du sublime ou la suavité de la grâce ? Parmi les trois figures de la laideur ou du mal, notre adversaire est-il d’abord la difformité qui dissone, la médiocrité qui enlise, ou la violence qui révulse ?

    Le beau peut être médiocre et violent : il ne saurait manquer d’harmonie.

    De même, le sublime peut être compatible avec la difformité et la violence : il disparaît avec la médiocrité.

    Et la grâce peut être dépourvue de beauté et d’originalité : la douceur ne saurait lui faire défaut.

    …

    À chaque combat _ ainsi _ sa technique _ et donc sa stratégie _ : l’imitation des meilleurs, l’invention du nouveau, l’appropriation de traits gracieux.

    …

    De là des résultats _ et voilà les effets _ divergents : l’admiration va à ce qui plaît, l’étonnement à ce qui inspire, la gratitude à ce qui charme. Rompre les trois cercles maudits du mépris niveleur, de la médiocrité agressive et de l’envie négatrice, tel est l’enjeu.

    …

    Dans quelle mesure ces trois grands types de pouvoir esthétique sont-ils exclusifs, chacun des deux autres ?

    Si Burke dégagea, au milieu du XVIIIe siècle, ce qu’on peut appeler le dilemme esthétique entre beau et sublime, est-on aujourd’hui _ voilà l’enjeu présentissime de la question ! _ fondé à parler d’un trilemme esthétique entre beau, sublime et grâce ?« 

    …

    Nous mesurons alors

    combien les enjeux de ce pouvoir esthétique

    complexe et si étendu en ses effets

    sont bien l’affaire affairissime (!), la plus « affairée » (!)

    des « affaires » _ = business, show et cirque médiatique ! _ les plus en usage

    de notre monde le plus « contemporain » et high tech !,

    qui soit !

    …
    Titus Curiosus, le 27 janvier 2011

  • Les beautés inouïes du « continent » Durosoir : admirable CD « Le Balcon » (CD Alpha 175) !

    En ouverture à l’admirable CD Alpha 175 « Le Balcon » de Lucien Durosoir…

    …

    Mon commentaire des œuvres

    _ Le Balcon (Poème symphonique pour Basse solo, Cordes vocales et Cordes instrumentales) (1924) ; Sonnet à un enfant, pour soprano et piano (1930) ; Idylle, pour quatuor d’instruments à vents (1925) ; Trilogie : Improvisation, Maïade, Divertissement, pour violoncelle et piano (1931) ; Trio en si mineur, violon, violoncelle et piano (1926-1927) ; Berceuse, pour violoncelle et piano _

    est à suivre ;

    …

    mais j’ai hâte de signifier sans retard le degré,

    la hauteur et toute l’étendue

    de mon admiration,

    …

    tant pour les 6 nouvelles œuvres de Lucien Durosoir mises par ce CD Alpha 175 à disposition de la joie des mélomanes du monde entier _ Wow !!! _,

    …

    que pour la perfection des interprètes _ l’ensemble vocal Sequenza 9.3, le Quatuor Diotima & Yann Dubost, le trio Hoboken, le Quintette Aquilon, Jeff Cohen & Kareen Durand, Raphaël Merlin & Johan Farjot : quelle vie ! quelle époustouflante jeunesse ils savent donner à cette musique ! On dirait que celle-ci sort toute fraîche de la plume et de l’encrier de Lucien Durosoir lui-même ! Wow !!! _

    …

    et celle _ sur un autre plan : mais c’est aussi un art ! _ de la _ magnifique ! c’est la perfection incarnée du rendu musical ! _ réalisation !.. Vive Hugues Deschaux !

    …

    Merci à eux tous !

    …

    Et Merci à Alpha,

    et à l’initiateur _ et metteur en œuvre _ de cette réalisation artistique discographique d’ampleur mondiale et historique _ pour l’enrichissement de notre connaissance, et de la « musique française« , et de la « musique du XXème siècle«  ! ce qui n’est pas peu… _ :

    l’éditeur visionnaire qu’est Jean-Paul Combet…

    …

    …

    A l’écriture _ cf mon (tout premier) article du 4 juillet 2008 : Musique d’après la guerre… _ de ma première écoute _ complètement subjuguée de l’intensité et retentissement si bouleversant du sentiment de beauté éprouvé !!! _ du CD Alpha 125 _ Lucien Durosoir : Quatuors à cordes … _,

    …

    l’expression de « continent » _ pour désigner cette musique qui se découvrait alors : combien splendidement ! _

    m’était venue

    d’elle-même

    à l’esprit,

    …

    tant elle me paraissait à même de rendre (un peu) compte de la force

    _ d’une évidence subjuguante, en sa puissance renversante à la fois de vérité (eh oui !), et de beauté sublime (j’ose ici l’oxymore !) : une rencontre de ressenti musical éprouvé somptueux

    appelée, sans nul doute, à des « suites«  : celles d’autres découvertes encore, et renouvelées, d’œuvres se surpassant les unes les autres ; 

    …

    des « suites«  de sidération de beauté comme promises, en des promesses virtuelles qui seraient immanquablement tenues (et voilà ! c’est le cas !) : par la générosité créatrice comme à profusion (et parfaitement fiable en sa force ! voilà ce qui est désormais parfaitement avéré ! avec Jouvence (CD Alpha 164) et maintenant Le Balcon) du compositeur Lucien Durosoir, en son œuvrer, juste (mais impeccablement !) déposé sur le papier et laissé « au tiroir«  (ou, plutôt,  « dans une armoire«  : cf ce qu’en dit son ami Paul Loyonnet, en ses Mémoires : Lucien Durosoir « avait la plus entière confiance dans sa musique, et m’écrivit qu’il mettait, à l’instar de Bach, ses œuvres dans une armoire, et qu’on la découvrirait plus tard« …) :

    …

    comme en certitude tranquille d’être, quelque jour, posthume même (et probablement …), sonorement enfin « joué«  ; Lucien Durosoir (1878-1955) n’avait pas l’impatience, et tout particulièrement après ce à quoi il avait survécu lors de la Grande Guerre !, de la reconnaissance mondaine ! encore moins immédiate, ni rapide ! : la plénitude des œuvres parfaitement achevées (par ses soins purement musicaux : quel luxe !), suffisant à le combler !.,

    …

    Durosoir, donc, en son œuvrer,

    « tient«  mille fois plus

    qu’il n’a pu paraître, à son insu même, bien sûr !, « promettre«  !.. Quel prodige !) _

    …

    l’expression de « continent« , donc,

    m’était très spontanément venue à l’esprit,

    tant elle me paraissait à même de rendre (un peu) compte …

    de la force

    de puissance

    et intensité

    de mon sentiment d’ »aborder » une terra incognita (de musique : inouïe !) à dimension d’immensité profuse (= tout un univers !) :

    …

    pas un petit « territoire« , quelque « canton » adjacent et adventice, ou quelque nouvelle « province » vaguement subalterne, voire anecdotique _ si j’osais pareils qualificatifs inadéquats _

    à gentiment abouter au « massif » bien en place de la musique française,

    ou de la musique du XXème siècle _ ou/et les deux _ ;

    …

    ni même quelque « pays« , de plus notables dimensions ;

    …

    non !

    …

    rien moins qu’un « continent » !

    une Australie (mais d’ici ! : simplement inouïe _ et inimaginée _ de nous !..)

    immense !

    …

    et cela, au sein, donc, de la plus _ et meilleure _ « musique française« , qui soit ;

    et de la plus _ et meilleure _ « musique du XXème siècle« , qui soit ! aussi…

    …

    Rien moins !

    …

    Mais qui d’un coup venait

    « dépayser« 

    tout le reste…
    …
    Charge à tous les « rencontreurs » _ par ces CDs, déjà ; ou par les concerts donnés de ces œuvres… _

    de ces musiques de Lucien Durosoir,

    …

    d’y « faire« , chacun, peu à peu _ mais ça vient ! CD après CD ! Concert après concert… _ « son oreille » :

    …

    encore toute bousculée

    de ce qui s’y découvrait,

    et ayant à « reprendre tous (ou enfin presque…) ses esprits« 

    s’ébrouant de la surprise un peu affolante du « dépaysement » de l’inouï

    de telles « expériences » d’audition

    d’œuvres :

    et si merveilleusement idiosyncrasiques,

    et à un tel degré _ confondant ! _ de finition, « dominées« …

    …
    De fait,

    audition de CD après audition de CD _ et en les renouvelant ! _,

    …

    il faut bien convenir, maintenant,

    après le CD Jouvence et avec ce CD Le Balcon,

    que les œuvres de Lucien Durosoir que nous « rencontrons« 

    _ soient, 28 à ce jour, réparties en 4 CDs _

    ne sont,

    et aucune _ pas la moindre, même ! certes pas, ni jamais… _,

    interchangeables,

    ou « équivalentes« ,

    …

    mais

    se révèlent, à notre écoute,

    encore, à nouveau, et chaque fois,

    et pour chacune d’elles, en leur « unicité« ,

    singulières _ quelle puissance de surprise ainsi renouvelée ! _,

    toutes :

    tout aussi surprenantes et subjuguantes !

    …

    De cela,

    j’ai eu l’intuition

    étrangement intense

    rien qu’à comparer, déjà, entre eux, les trois quatuors,

    de 1919, 1922 et 1934,

    dans le CD Alpha 125 des Quatuors à cordes de Lucien Durosoir…

    …

    Comme si le génie musical singulier de Lucien Durosoir

    disposait _ et avec quelle aisance ! et quelle force d’évidence ! _

    de la puissance _ somptueuse ! _ de la diversité

    dans une fondamentale unité :

    …

    le mélomane _ face à de tels tourbillons (dominés) de musique le saisissant _ parvient peu à peu _ il lui faut d’abord « recevoir«  (et « accuser le coup«  de…) la force considérable (et assez peu fréquente) de cette musique inouïe ! afin de se mettre, lui, le « receveur«  de (= « invité«  à) cette musique, à sa hauteur, en cette « réception«  singulière… _ à dégager la profondeur de cette capacité _ durosoirienne _ de diversité dans l’unité,

    en toute la force et l’étendue de sa rare puissance

    _ beethovenienne ?

    en tout cas, assez peu exprimée comme ainsi et à ce degré-ci, dans tout ce qu’a pu donner le génie français… _,

    disque après disque !

    …

    et œuvre après œuvre !..

    …

    C’est maintenant plus que manifeste avec ce quatrième CD, Le Balcon…

    …

    Deux CDs  _ un de musique de piano ; un de musique symphonique _

    nous demeurant à découvrir ;

    …

    et comportant les deux œuvres (vastes, les deux) que Lucien Durosoir gardait toujours à portée de sa main, chez lui, à Bélus :

    Aube, sonate d’été (pour piano), composée en 1925-26 ;

    et Funérailles (suite pour grand orchestre) : à la mémoire des soldats de la Grande Guerre ; composée de 1927 à 1930…

    …

    Les œuvres de Lucien Durosoir ainsi approchées et découvertes

    venant à composer ainsi peu à peu pour chacun des auditeurs, au fur et à mesure de ses « rencontres« -écoutes,

    un « massif » _ tout de plénitude ! _

    d’efflorescences profusément généreuses

    splendidement dominées

    …

    _ le (riche et dense) génie de Durosoir est d’une extraordinaire amplitude ;

    et d’une non moins formidable stature ;

    le maître d’œuvre façonnant sculpturalement les flux généreux de matière musicale vivante profonde, somptueusement colorée, dont il s’empare

    et qu’il pétrit, magistralement,

    tel un Rodin de la musique… Ou un Michel-Ange musicien… _

    …

    les œuvres de Lucien Durosoir tour à tour approchées

    venant à composer ainsi,

    œuvre à œuvre, pour chaque auditeur,

    un « massif » _ floral _ de musique

    de plus en plus riche :

    …

    nous en prenons chaque fois davantage et un peu mieux conscience,

    en nous en approchant,

    et l’explorant

    peu à peu, à chaque audition _ au CD, au concert _,

    et de mieux en mieux ;

    …

    cela,

    à la dimension d’un « continent« , donc…

    …

    Dans un article à suivre,

    je détaillerai ma « réception » des six œuvres (de ce CD Le Balcon) _ si variées, dès le choix de leur instrumentarium…

    Cf les analyses parfaites, comme chaque fois (soient des bijoux de finesse et justesse !) de Georgie Durosoir dans le livret du CD !

    …

    Mais d’ores et déjà, je souhaite mettre en exergue la force du frisson qui nous saisit dans le Poème symphonique Le Balcon (en 1924) au ressenti du jeu des « Cordes vocales«  et des Cordes instrumentales, mettant en relief la voix de Basse interprétant les vers de Baudelaire en son poème des Fleurs du mal… ; ainsi que la puissance bouleversante du Trio (en 1926-27), à comparer, en l’intensité de sa vie et de son audace (sublime !), avec cet autre merveilleux accomplissement durosoirien qu’est le troisième Quatuor (en 1934)… _

    de ce CD admirable :

    le CD Alpha 175 Le Balcon, de Lucien Durosoir…

    …

    A quelle qualité de joie (musicale)

    accédons-nous là !

    …
    Titus Curiosus, le 25 janvier 2011

    …

    Post-Scriptum :

    …

    Je m’aperçois _ je l’avais donc oublié ! _ que le même mot de « continent« ,  à propos de l’œuvre de Lucien Durosoir, m’était à nouveau venu à l’esprit lors de l’écriture de deux autres de mes articles à l’occasion de la parution du CD Alpha 164 Jouvence _ les voici : le “continent Durosoir” livre de nouvelles merveilles : fabuleuse “Jouvence” (CD Alpha 164) !!! et Le génie (musical) de Lucien Durosoir en sa singularité : le sublime d’une oeuvre-”tombeau” (aux vies sacrifiées de la Grande Guerre) ; Baroque et Parnasse versus Romantisme et Nihilisme, ou le sublime d’éternité de Lucien Durosoir… _ : toujours la même impression de profondeur, puissance et vastitude !