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  • Le versant tendrissime des Concertos pour violoncelle de Weinberg (1919 – 1996) et Korngold (1897 – 1957) dans le beau jeu, tendre et tout en retenue, de Kristina Reiko Cooper, en son beau CD « Hidden Legacies »…

    J’aime tout particulièrement Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996), ainsi que, même si c’est d’une tout autre façon, Erich Wolfgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957), dont je possède une bonne collections de CDs, d’interprétations nombreuses d’œuvres de chacun…

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    Et voilà que le 17 avril dernier, Crescendo Magazine, en un article intitulé « Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l’archet de Kristina Reiko Cooper » sous la plume de Patrice Lieberman, m’a appris l’existence d’un CD Delos 3616 « Weinberg & Korngold Hidden Legacies » de la violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper et le Kaunas Symphony Orchestra  dirigé par Constantine Orbelian – enregistré à Kaunas du 4 au 6 juin 2024  – , comportant le Concerto pour violoncelle en ut mineur Op. 43 et la Fantaisie pour violoncelle et orchestre Op. 52 de Weinberg, associés au Concerto pour violoncelle en ut majeur Op. 37 de Korngold…

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    Wow !

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    Bien que cet article de Patrice Lieberman comporte de notables bémols – qui ne m’échappent pas – concernant l’interprétation – jugée parfois pas assez engagée : à la Rostropovich… – de ce CD par cette violoncelliste, Kristina Reiko Cooper – que je ne connais pas jusqu’ici : elle est native de New-York… – ,

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    Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l’archet de Kristina Reiko Cooper

    par Patrice Lieberman
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    Hidden Legacies. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 43 ; Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52. Erich Wolfgang Korngold(1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 37. Kristina Reiko Cooper (violoncelle), Orchestre symphonique de Kaunas, Constantine Orbelian (direction). 2026. Livret : anglais. 61’28’’. Delos. DE3616.

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    La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous offre un couplage sortant résolument – en effet – des sentiers battus, réunissant des œuvres concertantes pour violoncelle et orchestre de deux compositeurs que tout différencie – certes – sur le plan stylistique, mais dont les biographies partagent – en effet – un tragique – historique – point commun. En effet, ces deux créateurs juifs – voilà ! – durent fuir la folie nazie. Si l’exil fut relativement confortable pour Korngold — enfant prodige devenu célèbre, il quitta l’Autriche dès 1934 pour Hollywood où il entama une brillante carrière cinématographique —, celui de Weinberg fut autrement dramatique – oui. À peine son diplôme de piano obtenu au Conservatoire de Varsovie – en 1939 – , il dut fuir – lors de l’invasion de la Pologne par les Nazis – vers l’URSS, poursuivant ses études à Minsk avant de se réfugier à Tachkent en 1941. Chostakovitch, qui l’apprécia dès cette époque et dont il devint le protégé, facilita son installation à Moscou. Cependant, la vague antisémite de 1953 lui valut d’être incarcéré durant trois mois à la sinistre prison de la Loubianka, dont il ne sortit que grâce à l’intervention de son mentor et – surtout – au décès de Staline – le 5 mars 1953.

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    Si la musique de Weinberg bénéficia d’une réelle popularité dans les années 1960 en URSS, où elle fut régulièrement exécutée par les meilleurs musiciens soviétiques, elle y passa ensuite de mode – oui. Quant à l’Occident, il l’ignora à peu près totalement avant sa redécouverte – voilà – à partir des années 2010 (à titre d’exemple, le dictionnaire New Grove de 1980 lui consacre une colonne).

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    Écrit en quatre mouvements, le Concerto pour violoncelle, Op. 43 s’ouvre sur un Andante qui est une sombre et prenante élégie. Kristina Reiko Cooper y fait preuve d’un beau lyrisme – oui ! – et tire de chaudes et sombres sonorités – oui, oui – de son Guadagnini. On remarque rapidement que la soliste préfère travailler en finesse – et délicatesse – plutôt que de prendre la musique à bras-le-corps, comme le veut – voilà, voilà – la tradition russo-soviétique (nous y reviendrons). On apprécie beaucoup – absolument – la douleur contenue avec laquelle elle aborde le Moderato qui suit, auquel les interventions de la trompette apportent une fine et inattendue touche de musique klezmer – tout à fait : on trouve aussi cela chez Mahler.

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    Le troisième mouvement est une marche impertinente « à la Prokofiev » – mais oui – que Weinberg pare par moments d’un séduisant coloris oriental. Si Cooper sait faire preuve d’autorité dans une éloquente cadence, son interprétation — au-delà de son incontestable maîtrise technique et de sa subtile musicalité — est souvent un peu trop policée et manque parfois de tranchant – c’est ici que je me sépare des appréciations de Patrice Liebermann : j’aime la douceur consolatrice de cette tendresse lyrique. Weinberg conclut l’œuvre par un Finale plus léger et un peu moqueur – oui – , à nouveau dans un esprit assez prokofiévien – voilà. La conclusion de cet Allegro se fait pensive et lyrique jusqu’à devenir poignante et dépouillée – tout à fait : la grandeur sans esbroufe du génie de Weinberg est bien là…

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    Comme indiqué, l’interprétation de la violoncelliste américaine est de haute tenue et certainement exempte de toute superficialité comme de recherche de l’effet, mais elle laisse une persistante impression de réserve – non, pas pour moi… Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le premier enregistrement de ce concerto en 1964 par son dédicataire et créateur Mstislav Rostropovitch – dont je ne goûte pas du tout l’ostentatoire rugosité, pour ma part… – , réédité par EMI en 1997. Accompagné par un Rojdestvenski qui dirige un orchestre féroce et chauffé à blanc, le grand violoncelliste russe s’engage ici corps et âme, prenant l’auditeur sidéré à la gorge – mais c’est très peu weinbergien… C’est plus que de la musique qu’on nous donne à entendre ici, mais une véritable lutte existentielle – idéologique.

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    La soliste maintient la même approche dans l’intéressante Fantaisie, Op. 52, dont le grand violoncelliste soviétique Daniil Shafran donna la première, tant de la version avec piano en 1953 que de celle avec orchestre en février 1956, sous la direction de Rudolf Barchaï dans la grande salle du Conservatoire de Moscou. Composée en cinq parties enchaînées, la Fantaisie débute par un Adagio sombre où Cooper — subtile, mais un peu sage — varie intelligemment son vibrato sur les notes tenues. On perçoit bien ici le remarquable cousinage de Weinberg avec Chostakovitch – certes, mais je ne suis pas un féru de Chostakovitch pour ma part… La section Allegro leggiero qui suit apporte ensuite une légèreté bienvenue et la soliste s’y montre très sûre lors de ses excursions dans le registre aigu.

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    Vient ensuite un Allegro con fuoco aux surprenants épisodes folklorisants – fréquents dans l’oeuvre de Weinberg aux attaches moldaves, par sa mère, et polonaises par son père – , sortes de rondes entraînantes qui font penser à Dvořák ou Smetana. Ce côté faux-naïf très réussi est-il une façon pour Weinberg de se plier aux normes du réalisme socialiste ou de se moquer des censeurs qui dénoncèrent son formalisme ? Ou le compositeur s’est-il simplement – plutôt – laissé guider par son inspiration ? Difficile à dire. Après une cadence finement interprétée où la soliste se laisse le temps de déclamer, l’œuvre se conclut par un Andantino leggero où, comme dans le concerto, la musique finit par s’éteindre doucement et sans pathos – à la Weinberg : Weinberg n’est pas Chostakovitch…

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    La genèse du bref Concerto de Korngold (moins de douze minutes ici) ne manque pas d’intérêt. La partition fut écrite à l’origine – à Hollywood – pour figurer dans le film Deception (Jalousie) produit par la Warner Bros. en 1946. L’assez invraisemblable scénario narre l’histoire d’une pianiste (interprétée par la grande Bette Davis) qui veut empêcher que son amant (un violoncelliste de retour d’Europe) ne découvre qu’elle a été la maîtresse d’un compositeur jaloux. Ce dernier a écrit un concerto pour le violoncelliste que l’héroïne a entre-temps épousé. Juste avant la première de l’œuvre, l’héroïne tue le compositeur d’un coup de revolver.

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    On connaît l’extraordinaire aisance – oui – de Korngold et ce qu’il livre ici est une musique à grand spectacle nourrie d’un vocabulaire post-romantique qui doit beaucoup à Richard Strauss. Après un début en fanfare arrivent de belles cantilènes qui précèdent un deuxième thème voluptueux qui aurait pu être écrit par Rachmaninov – oui, oui. Quant au violoncelle solo, il est très actif avant que n’intervienne une brève cadence qui débouche sur un Adagio tendre et séducteur – à la Korngold… S’ensuit une belle intervention de la flûte, suivie d’un épisode fugué introduit par le violoncelle solo qui passe ensuite à une cadence virtuose avant que le concerto ne se termine – spectaculairement : nous sommes à Hollywood – en apothéose.

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    On ne peut pas dire que cette œuvre ajoutera grand-chose à la gloire de l’auteur, mais il faut lui reconnaître – voilà, voilà ! – un côté délicieusement kitsch — certainement voulu – oui – , compte tenu des origines de l’œuvre. Elle est en tout cas défendue avec une conviction totale – oui ! – par Kristina Reiko Cooper qui, par ailleurs, bénéficie ici comme dans les œuvres de Weinberg d’un accompagnement enthousiaste – mais oui ! – de la part du chef Constantine Orbelian et du volontaire orchestre lituanien.

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    Son : 9 – Livret : 10 (Weinberg) / 7 (Korngold) – Répertoire : 10 / 6 – Interprétation : 8,5

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    Patrice Lieberman

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    poussé par ma curiosité  et ma très vive affection et pour Weinberg et pour Korngold, je m’empresse toutefois de commander ce CD à mon disquaire préféré…

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    Cf aussi le bel article de Nicolas Mesnier- Nature « Weinberg défendu par Kristina Cooper : du violoncelle tout en retenue » paru sur ResMusica le 17 juin dernier :

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    Weinberg défendu par Kristina Cooper : du violoncelle tout en retenue

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    La musique de Weinberg et Korngold n’est heureusement plus si oubliée de nos jours, et l’on ne saurait négliger les nouvelles parutions les concernant. Le jeu des interprétations commence à se mettre en place, la parole est ainsi donnée à .

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    Malgré un imposant corpus, Weinberg – compositeur discret – a écrit peu de concertos : un pour violon, un pour clarinette, deux pour flûte et un pour violoncelle. Pour ce dernier, composé à la fin des années 40 alors que l’auteur n’avait pas encore atteint la trentaine, il fallut attendre presque dix ans – déjà ! – pour sa création par son dédicataire Mstislav Rostropovitch en 1957. Sa structure est en quatre mouvements, sa couleur à la fois lyrique (I), nostalgique (II) et virtuose (III) – voilà, voilà… – , fait ressortir par moments – ce qui n’a rien d’étonnant chez Weinberg, et qui est éminemment touchant ! – celle de la musique klezmer juive – oui. Le retour en finale du thème initial déjà réentendu dans la cadence du III forme une architecture cyclique cohérente. L’espèce de douce habanera fantomatique – oui, oui – qui rythme le II transforme le duo soliste-orchestre en concerto d’orchestre avec les multiples interventions des différents pupitres. Il n’y a pas un moment neutre ou vide dans ce concerto : tout donne sens – oui – et rien n’est – jamais – prétexte à virtuosité creuse.

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    La violoncelliste américaine nous donne ici certainement son premier grand disque soliste – oui. Et pourtant, de tous les concertos de Weinberg évoqués plus haut, c’est celui pour violoncelle qui donne à notre goût le plus de satisfactions – par sa tendresse foncière, si caractéristique de l’œuvre entier Weinberg. A côté de la version historique par Mstislav Rostropovitch (avec Guennadi Rojdestvenski) et celle de Nicolas Altstaedt (avec Michal Nesterowicz, Clef d’Or ResMusica) – un violoncelliste que j’apprécie beaucoup – , l’on n’hésitera pas à le mettre en regard d’une autre très grande version – que je ne connais pas – qui aura l’avantage sur celle-ci de s’appuyer sur une phalange et un chef qui fréquentent davantage ce répertoire – l’ et – que le plus neutre orchestre lituanien de Kaunas dirigé par . L’unité stylistique va assurer une cohérence à cet enregistrement : tout du long, les tempi adoptés gardent une certaine ampleur, même dans les passages rapides. Si l’adagio initial, le moderato et adagio qui suivent ainsi que la conclusion générale ont tout à y gagner, l’allegro s’embourbe toutefois dans une pesanteur qui nuit à l’expression de cette partie, sorte de point culminant pourtant, de réveil brutal nécessaire après ces grandes plages de méditation développées en I et II. De plus, les très nombreuses interventions des pupitres de vents restent un peu en retrait par rapport à la soliste alors qu’un vrai dialogue aurait apporté davantage de couleurs et de relief.

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    Tout l’intérêt se reporte donc sur : son jeu fait ressortir la retenue de ses attaques, toutes en douceur – voilà ! voilà ! – – presque trop pour l’allegro et la cadence – et surtout son adéquation parfaite avec le chant magnifique – oui – entendu dans l’adagio initial, qui semble porté et soutenu par un immense arc mélodique, d’une profondeur d’intention remarquable – absolument. Cette unité du phrasé arriverait presque à nuire à la cadence du III dans le sens où Kristina Cooper nous raconte sans orchestre une seule et même histoire, alors que , le soliste de , lui, nous en raconte plusieurs. Ce n’est qu’en comparant ces deux versions que l’on se rendra compte des limites toutes relatives de cet enregistrement.

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    On ne pourra que reporter ces quelques remarques sur la fantaisie pour violoncelle qui suit : de quelques années plus tardives, c’est une œuvre qui s’inscrit dans les années de dégel post-stalinien, plus « neutre », davantage dans le consensus que dans la contestation et la modernité. Mais cela n’enlève en rien de sa qualité et elle ne peut être tenue pour une œuvre mineure. L’expression de son écriture est en parfaite adéquation avec les intentions artistiques de Kristina Cooper, légèrement trop neutres.

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    On passera avec plus de rapidité sur le Concerto pour violoncelle de Korngold : « concerto » est d’ailleurs un bien grand mot pour cette œuvre d’à peine quinze minutes, initialement écrit pour un film, développé par la suite et presque contemporain de celui de Weinberg, d’un romantisme tardif égaré – peut-être : c’est pour le cinéma d’Hollywood… –  au lendemain de la seconde guerre. L’orchestre très fourni de Korngold et ses intentions musicales n’ajoutent ni n’enlèvent rien au jeu de Kristina Cooper qui fait ce qu’elle peut pour s’imposer et conduire la ligne de chant bavarde et superficielle de cette partition, que l’on prendra ici comme un bonus sans nécessité mais agréable seulement à l’écoute.

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    « Hidden legacies ».

    Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur op. 43, Fantaisie pour violoncelle et orchestre op. 52. Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre en ut majeur op. 37.

    Kristina Reiko Cooper, violoncelle, Kaunas city symphony orchestra, Constantine Orbelian, direction.

    1 CD Delos. Enregistré dans la salle du Kaunas Philharmonic, Lituanie, du 4 au 6 juin 2024.

    Notice de présentation en anglais. Durée : 61:28

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    Une interprétation tout à fait attachante de Kristina Reiko Cooper,

    et dans l’esprit tout de tendresse vraie – et non sirupeuse, ni kitsch… – du magnifique Mieczyslaw Weinberg…

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    Et admirez-la dans cette superbe vidéo (de 7′ 48) de l’Adagio qui ouvre le Concerto Op. 43 de Weinberg…

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    Ce vendredi 10 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir et écouter vraiment aussi le volet symphonique de l’oeuvre sublime de Mieczyslaw Weinberg…

    La toute récente parution, ainsi que l’écoute, du CD « Weinberg Symphonies n° 3 & 7 – Flute Concerto n°1 » (DG 486 2402),

    placé _ un peu étrangement ! _ sous le nom _ pour la deuxième fois ! _ non pas du compositeur, Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996),

    mais de sa chef d’orchestre Mirga Grazynité-Tyla _ par quel bizarre choix, à nouveau, du label Deutsche Grammophon, qui avait procédé de semblable manière lors de la parution, en 2019, du double (et admirable !) double CD DG 483 6566 des « Weinberg Symphonies n°2 & n° 21″ titrée « Kaddish«  : un chef d’œuvre !.. _,

    m’a incité à écouter beaucoup plus attentivement l’ensemble discographique du volet symphonique de l’œuvre de ce compositeur _ que j’apprécie énormément ! _, dont je dispose à ce jour _ et qui se monte au nombre de 9 Symphonies, sur les 21 composées par Weinberg entre 1942 et 1991 : l’ultime, Op. 154, ayant été laissée inachevée en 1994… _, en ma discothèque personnelle :

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    soient les Symphonies

    n° 2 (Op. 30 de 1946), par la Kremerata Baltica, sous la direction de Mirga Grazynité-Tyla (double CD Deutsche Grammophon 4836566), enregistrée à Vilnius au mois de décembre 2018 ;

    n° 3 (Op. 45, de 1949-1950, révisée en 1959), par le City of Birmingham Symphony Orchestra, sous la direction de Mirga Grazynité-Tyla (double CD Deutsche Grammophon 4862402), enregistrée à Birmingham au mois de juin 2021 ;

    n° 6 (Op. 79, de 1963), par le St-Petersburg State Symphony Orchestra, sous la direction de Vladimir Lande (CD Naxos 8.572779), enregistrée à Saint-Petersbourg au mois de décembre 2010 ;

    n° 7 (Op. 81, de 1964), par le Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, sous la direction de Mirga Grazynité-Tyla (double CD Deutsche Grammophon 4862402), enregistrée à Dortmund au mois de décembre 2020 ;

    n° 8 (Op. 83, « Polish Flowers« , de 1964), par le Warsaw Philharmonic Orchestra, sous la direction d’Antoni Wit (CD Naxos 8. 572873), enregistrée à Varsovie au mois de juin 2011 ;

    n°10 (Op. 98, de 1968), par la Kremerata Baltica, sous la direction de Gidon Kremer (double CD ECM 2368/69 4810669), enregistrée à Neuhardenberg au mois de novembre 2012 ;

    n° 12 (Op. 114, « In memoriam Dmitri Shostakovich« , de 1975-1976), par le St-Petersburg State Symphony Orchestra, sous la direction de Vladimir Lande (CD Naxos 8.573085), enregistrée à Saint-Petersbourg au mois de juin 2012 ;

    n° 20 (Op. 150, de 1988), par le Gothenburg Symphony Orchestra, sous la direction de Thor Svedlund (CD Chandos CHSA 5107), enregistrée à Gotheborg au mois d’août 2011; 

    et n° 21 (Op. 152, « Kaddish« , de 1991). par le City of Birmingham Symphony Orchestra et la Kremerata Baltica, sous la direction de Mirga Grazynité-Tyla (double CD Deutsche Grammophon 4836566), enregistrée à Birmingham au mois de novembre 2018.

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    Existent à ce jour, semble-t-il _ si je me rapporte à l’excellent site, constamment remis à jour, de Claude Torres : Musiques régénérées, recensant avec une remarquable exhaustivité la discographie de Mieczyslaw Weinberg ; ainsi, bien sûr, qu’à la liste complète des Œuvres de Mieczyslaw Weinberg… _, des enregistrements CDs _ pas tous disponibles cependant sur le marché aujourd’hui… _ de la plupart des Symphonies de Weinberg, à l’exception de trois _ et pour des raisons que j’ignore _,

    qui sont les Symphonies

    n° 9 « Everlasting Times«  (Op. 93, de 1940-1967),

    n° 11 « Festive Symphony«  (Op. 101, de 1969)

    et n°15 « I believe in this earth » (Op. 119, de 1977)…

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    Si ma propension personnelle m’attire davantage vers la musique de chambre, intime, subtile, et aux voix clairement dessinées, plutôt que vers la musique symphonique, parfois grandiloquente, confuse et trop bruyante à mon goût _ sauf dans la plus délicate, fine, subtile musique française : à la Debussy et Ravel ; mais c’est bien sûr là mon goût personnel… _,

    il me faut dire ici que c’est l’extraordinaire réussite du double CD Deutsche Grammophon (de 2019) 483 6566 des Symphonies n° 2 & n° 21 « Kaddish« , sous la direction de Mirga Grazynité-Tyla _ ré-écouté avec avidité suite à l’audition toute récente du second CD (de 2022) de cette chef dirigeant les Symphonies 3 & 7 de Weinberg (dans le CD Deutsche-Grammophon 486 2402) _, qui m’a donné l’impérieux désir de mieux connaître en l’écoutant mieux le volet symphonique de l’œuvre de ce génial et si intensément bouleversant Mieczyslaw Weinberg, au sein de la discographie dont je dispose…

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    Mon conseil, donc, si je puis me permettre, pour entrer dans l’univers infiniment touchant (et poignant) _ si intimement expressif _ des Symphonies de Weinberg est celui de commencer par l’écoute de cette sublimissime (et, de fait, testamentaire, en 1991) _ comme sont aussi testamentaires ces bouleversants, eux aussi, chefs d’œuvre ultimes, en 1990 et 1992, que sont les merveilleuses « Symphonies de chambre n°3 et n°4« , Op. 151 (en 1990) et 153 (en 1992) ; à écouter dans les enthousiasmantes interprétations, au choix, ou bien de la Kremerata Baltica, sous la direction de Gidon Kremer, dans le double CD ECM 2538/39 481 4604, enregistré à Riga au mois de juin 2015 ; ou bien, de l’East-West Chamber Orchestra, sous la direction de Rostislav Krimer, dans les CDs Naxos 8.574063 et 8.574210, enregistrés à Minsk aux mois d’octobre 2018 et 2019… _ Symphonie « Kaddish » Op. 152, en six mouvements, de 56′ ;

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    Mieczyslaw Weinberg, récapitulant en quelque sorte, au soir de sa vie de compositeur, et surtout sublimant là, en cette musique si incroyablement profonde, les tragiques parcours de vie de lui-même ainsi que des siens,

    de par l’Ukraine, la Moldavie, la Pologne, pour ses parents ; 

    puis, pour lui-même _ né à Varsovie le 8 décembre 1919 _, à partir de septembre 1939 et l’invasion de la Pologne par les Nazis, et l’expansion de la Shoah, en ses errances de fuite et difficilement, plusieurs fois, rescapé _ d’Hitler, puis de Staline _, par la Biélorussie (Minsk), la Russie (Moscou), l’Ouzbékistan (Tachkent), avant de pouvoir s’installer à demeure, et vivre, et créer, et pouvoir jouer aussi, tant bien que mal, sa musique, à Moscou ;  où, malade, le compositeur décèdera, à l’âge de 76 ans, le 26 février 1996…

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    Et quelle musique ! que nous commençons enfin, ces toutes dernières années, notamment par le disque, et par la grâce de telles interprétations de la plus haute exigence, à bien mieux découvrir, œuvre splendide après œuvre splendide, et apprécier enfin, sans préjugés d’aucune sorte, pour elle-même ; et comme sa qualité singulière, forte et intense, le mérite vraiment… 

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    Ce jeudi 13 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme envoûtant des « Danses populaires roumaines » et de la « Rhapsodie sur des thèmes moldaves », de Bela Bartok et Mieczyslaw Weinberg, en une Europe aux frontières bouleversées par les guerres, et les déplacements de populations…

    Un charme fou se dégage d’œuvres du XXe siècle entées sur le folklore populaire,

    telles que les « 6 _ ou plutôt 7, en fait _ Danses populaires roumaines » Sz. 56, Bb. 63, de Bela Bartok (Nagyszentmiklos, 25 mars 1881 – New-York, 26 septembre 1945), en 1915,

    et les 3 pièces de la « Rhapsodie sur des thèmes moldaves » Op. 47 , n°1, 2, 3, de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 1996), en 1949 ;

    qui ont, les deux, connu et connaissent toujours, pas mal de succès auprès des mélomanes de par le monde entier…

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    Ce lundi 11 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir la bouleversante « Rhapsodie sur des thèmes moldaves », pour violon et piano Op. 47 n°3 de Mieczyslaw Weinberg, surtout dans l’interprétation d’Ewelina Nowicka et Milena Antoniewicz…

    C’est mon achat impromptu _ en soldes (!) _ du CD « Works for Violin and Piano » de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996), par Ewelina Nowicka, violon, et Milena Antoniewicz, piano, le CD RecArt 0006, enregistré à Kalisz, en Pologne, en 2012-2013, dont, en son ultime plage, la « Rhapsodie sur des thèmes moldaves » pour violon et piano, Op. 47 n°3, de Weinberg, m’a transporté de plaisir,

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    qui m’a incité à aller rechercher en ma discothèque personnelle quelles autres interprétations de cette œuvre, composée en 1949/52 _ en plusieurs configurations : pour violon et orchestre, et pour violon et piano : à creuser… _, je possédais probablement déjà,

    sans avoir jusqu’ici été autant bouleversé, ni marqué, par cette œuvre,

    qui me touchait tant maintenant, interprétée ainsi par cette pianiste et cette violoniste polonaises…

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    Et c’est ainsi que j’ai retrouvé au moins deux CDS comportant cet opus 47 n°3 de Weinberg :

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    _ le CD « Complete Violin Sonatas Volume Two« , par Yuri Kalnits, violon, et Michael Csanyi-Wills, piano, soit le CD Toccata Classics OCC 026, enregistré à Londres en juin 2013 ;

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    _ et le CD « Weinberg 1945« , par le Trio Khnopff, en en l’occurrence Sadie Fields, violon, et Stéphanie Salmin, piano, soit le CD Pavane ADW 7590, enregistré à Flagey, en Belgique, en 2018-2019 ;

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    qui ne m’avaient jusqu’alors pas vraiment marqué…

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    J’ai découvert aussi qu’existait même un enregistrement de cette œuvre magnifique _ et relativement célèbre… _ d’environ 10′, par David Oistrakh et Mieczyslaw Weinberg en personne…

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    Et ma discothèque ne comporte pas pour l’instant de version de cette œuvre pour violon et orchestre,

    comme par exemple, celle du CD CPO 777887, par, à nouveau, la violoniste Ewelina Nowicka et, cette fois, l’Orchestre de chambre Amadeus de la radio polonaise, sous la direction d’Agnieszka Ducmal…

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    J’ai aussi appris, au passage, en lisant attentivement les notices,  que la mère, Sara Debora Stern, de Mieczyslaw Weinberg _ lui-même est né à Varsovie, en Pologne, le 8 décembre 1919 _ était née, semblait-il, en Moldavie, à Chisinau…

    Jusqu’à ce que, sur le site « Lines that have escaped destruction« , un article de Daniel Elphick, en date du 28 mai 2015, intitulé « Biographies of Weinberg’s parents« , corrige la précédente assertion :

    ce n’est pas la mère du compositeur, Sonya, née, elle, à Odessa, en Ukraine, le 9 mars 1888, mais son père, Shmuel Vaynberg, qui est né en Moldavie, en 1882 ; ou plutôt en Bessarabie, à Kishinev, Chisinau, aujourd’hui…

    Les frontières de cette Europe orientale ont bien souvent été très meurtrièrement bouleversées… _ cf l’ouvrage indispensable (et ô combien d’actualité !) de Timothy Snyder : « La reconstruction des nations : Pologne, Ukraine, Lituanie, Bélarus : 1569-1999« …

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    Et à propos de ce superbe CD Weinberg RecArt 0006,

    cf notamment cet article « Review : Nowicke and Antoniewicz ; « Works for Violin and Piano«  » de Daniel Elphick, paru le 29 décembre 2013 sur son site « Lines that have escaped destruction« …

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    Pour ma part, c’est bien cette interprétation-ci, heureuse, de la Rhapsodie sur des thèmes moldaves de Mieczyslaw Weinberg, qui emporte mon adhésion enthousiaste !

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    En attendant, peut-être, d’accéder quelque jour prochain, à l’interprétation de David Oistrakh et Mieczyslaw Weinberg lui-même, au piano, en 1954 : par exemple en le CD Alto ALC 1452, paru tout récemment, le 15 juin 2022 ;

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    de Mieczyslaw Weinberg, ce CD Alto comporte aussi des interprétations grandioses du Quintette pour Piano Op. 18, par le Quatuor Borodine et Weinberg lui-même au piano _ j’en possède l’enregistrement, en date du 1er mai 1963, dans le CD Melodya MEL CD 10 01998 _,

    et du Concerto pour Violon Op. 67, avec Leonid Kogan et l’Orchestre Philharmonique de Moscou sous la direction de Kiril Kondrachine _ j’en possède aussi l’enregistrement, en 1961, dans le CD Melodya MEL CD 10 02315 _, de Mieczyslaw Weinberg (1919 – 1996)… 

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    Que de merveilles d’interprétations,

    pour ce compositeur absolument majeur (!!!) du XXe siècle, mais pas encore tout à fait reconnu à son immense valeur de la part du grand public des mélomanes…

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    Tant est fabuleuse la qualité d’émotion que porte tout son œuvre :

    à découvrir d’urgence !..

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    Ce jeudi 7 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa