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  • Daniele Carnovich, basse, nous a quittés : La Compagnia del Madrigale perd un de ses fondateurs… La grâce à dimension d’éternité de la sublime musique

    Avec ses amis Rossana Bertini, soprano, et Giuseppe Maletto, tenor,

    …

    Daniele Carnovich a fondé en 2009 l’ensemble La Compagnia del Madrigale

    _ un ensemble absolument merveilleux consacré à l’interprétation des Madrigaux _

    créé en se séparant, alors, de l’ensemble, lui aussi magnifique, La Venexiana

    (fondé, avec Rossana Bertini, en 1995, par le contre-ténor Claudio Cavina _ décédé, lui, le 30 août dernier, à l’âge de 58 ans ; cf mon article du 31 août dernier :  _),

    auxquels ces chanteurs appartenaient.

    …

    …

    Daniele Carnovich,

    qui vient de décéder le dimanche 20 septembre dernier, à l’âge de 63 ans,

    était né à Padoue, en 1957 ;

    et il vivait à Fontarabie _ juste en face d’Hendaye _,

    avec son épouse la mezzo Maite Arruabarrena (née à Renteria en 1964),

    et leurs deux enfants, Angela et Andoni.

    …

    …

    Pour célébrer l’œuvre musical discographique de Daniele Carnovich,

    …

    je renvoie ici à mes articles de ce blog à propos de quelques miraculeuses réalisations de La Compagnia del Madrigale,

    articles en date des 1er juin 2018, 20 janvier 2019, 5 décembre 2019 et 18 juin 2020 :

    …

     ;

     ;

     ;

    et  .

    …

    …

    Sans oublier cet article du 24 mars 2020 consacré au sublime coffret Glossa GCD 920929 de l’intégrale des Madrigaux de Monteverdi, par la Venexiana, où Daniele Carnovich tenait la partie de basse :

    …

    …

    …

    Daniele Carnovich a beaucoup travaillé aussi avec Jordi Savall : une fidélité de pas moins de quarante ans…

    …

    …

    Bien sûr la vie est une maladie mortelle ;

    …

    mais c’est une raison supplémentaire _ et surtout fondamentale ! _ de bien apprendre à jouir _ au mieux _ de ses plus sublimes instants,

    tels ceux, musicaux, que peuvent nous offrir des concerts, ou encore des disques :

    …

    des moments où le temps _ se tenant, pour lors, avec un peu de « tenue« , et avec une relative consistance (capable, qui sait ?, de devenir mémorable…) _ est à même de nous livrer _ gracieusement ! _ accès au bonheur puissant de ce ténu et frêle _ infiniment précieux par là… _ sublime _ voilà ! _ hors-temps-là de l’éternité !

    Et cela _ cette aptitude à saisir à la volée, à l’instant, ce qu’offre le fugace Kairos qui passe _ s’apprend tout au long d’une vie…

    …

    …

    Merci la vie !!!

    …

    …

    Ce vendredi 25 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le dénouement du récit de « Piccola » : le 27 septembre 1990, le lendemain même du décès d’Alberto Moravia, et à son domicile

    Ce dimanche matin, à 9h 26,

    je viens d’achever ma lecture du Piccola de Rosita Steenbeek.

    …

    …

    Son récit romanesque autobiographique,

    qui débute, page 7, sur un quai de la Stazione Termini, à Rome,

    en instance du départ de la narratrice, Suzanne – Rosita, en un train de wagons-lits vers Catane, ou plutôt Taormina (page 9).

    commence,

    et si je calcule bien _ 1957 + 27 = 1984 ! _, puisque la narratrice, Suzanne (Rosita Steenbeek est née le 25 mai 1957), a « échappé à tant de guet-apens » « pendant vingt-sept ans« ,

    l’été 1984

    _ ou plutôt l’été 1985,

    au moment tu tournage de Ginger et Fred, de Fellini (le film sortira le 15 janvier 1986), dans lequel Suzanne – Rosita fait partie des figurantes (cf pages 35 à 41)… _ ;

    …

    pour s’achever, à Rome, le 27 septembre 1990,

    soit juste le lendemain (« il était mort la veille à neuf heures« , page 396 ; « Il avait pris sa douche. Il s’était rasé. Je l’ai trouvé comme ça« , a raconté Irena, la gouvernante de Pincrini – Moravia)

    du décès _ soudain ! _ d’Edoardo Pincrini (Alberto Moravia est décédé, chez lui, à Rome, Lungotevere della Vittoria, 1, le 26 septembre 1990, à neuf heures du matin),

    dans le bureau même de l’écrivain, que la narratrice avait tenu à revoir alors :

    « au pied de l’immeuble, au-delà de la fenêtre, le Tibre coulait toujours, avec une indifférence provocante« , page 396…

    …

    …

    Page 127, en ouverture du chapitre 2 de Piccola,

    est narrée la toute première rencontre _ esquivée alors, pour raison de migraine… _ de Suzanne, la narratrice (ou Rosita Steenbeek) avec Edoardo Pincrini (ou Alberto Moravia), au Grand Hôtel, à l’occasion d’une conférence de presse pour la sortie d’un film _ sans plus de précision _, dont le scénario est tiré d’une des (29) œuvres de Moravia ayant donné lieu à un film :

    ce peut être en 1987, pour le film L’Attenzione, de Giovanni Soldati,

    en 1988, pour La Ciociara, de Dino Risi,

    ou en 1989, pour La Cintura, de Giuliana Gamba.

    …

    Page 128, la rencontre effective entre Suzanne (Rosita  Steenbeek) et Edoardo Pincrini (Alberto  Moravia) adviendra cependant, très vite, quelques jours plus tard, et sur un rendez-vous que prit alors Suzanne – Rosita, au domicile de Pincrini – Moravia :

    « un réalisateur hollandais voulait entrer en contact avec Pincrini. il préparait un documentaire sur la célébrité et la solitude » (page 128).

    …

    …

    Quant au chapitre 3,

    il débute, page 197, par une référence à « la première du dernier film de Leoni« -Fellini

    _ soit La Voce de la luna, qui eut bien lieu à Rome le 31 janvier 1990 _,

    à laquelle, grâce à une invitation de Pincrini-Moravia, assistent Suzanne-Rosita Steenbeek et son amie néerlandaise, elle aussi, et colocataire, alors, dans un appartement sur l’Aventin, Heleen _ un appartement sur le bel Aventin que quittera bientôt Suzanne pour retourner dans sa petite pension dans le Ghetto ; avant de finir par dénicher miraculeusement, au mois de juin 1990, son infiniment précieuse cellule monacale de la Via del Sudario, en une annexe paradisiaquement tranquille de l’église San Giuliano dei Fiamminghi…

    …

    …

    Les 202 pages de ce récit passionnant et très documenté _ par le détail très précis (et particulièrement riche !) des conversations de Rosita avec Moravia et avec Fellini _ du chapitre 3

    se déploiera l’année 1990, donc :

    …

    du 31 janvier, pour la date de la première romaine du film La Voce della Luna, de Fellini,

    au 27 septembre 1990, le lendemain de la mort de Moravia, très précisément.

    …

    …

    Alors que le premier chapitre (pages 7 à 125) était centré sur les relations tumultueuses et compliquées _ sado-masochistes _ de Suzanne – Rosita Steenbeek avec Roberto Chiaramonti, un très ombrageux psychiatre sicilien,

    …

    et le second (pages 127 à 196), sur l’amitié très riche, et un peu ambiguë, entre Suzanne -Rosita et Edoardo Pincrini – Alberto Pincherle, dont le nom de plume est Alberto Moravia,

    …

    le chapitre 3 (pages 197 à 399), le plus développé des trois, va inclure dans un trio de relations amoureuses complexes de Suzanne – Rosita Steenbeek,

    Marcello Leoni – Federico Fellini ;

    qui en devient, surtout, le pôle principal…

    …

    …

    Certes, Suzanne – Rosita avait fait partie d’innnombrables figurant(e)s sur le tournage du Ginger et Fred, de Fellini, en 1986 ; mais même si celle-ci avait croisé à quelques reprises le cinéaste lors de ce tournage, cela était demeuré superficiel :

    « _ ah, mais nous nous connaissons ! Quand donc nous sommes-nous rencontrés ?

    Je lui rappelais que je me trouvais parmi les figurants de son précédent film« , tourné en 1986, page 199…

    …

    …

    Et le récit détaillé _ passionnant ! _ des conversations-entretiens privés de Suzanne – Rosita avec Marcello Leoni – Federico Fellini,

    comme celui des conversations-entretiens privés avec Edoardo Pincrini – Alberto Moravia,

    est, sans conteste, un trésor infiniment précieux de ce roman autobiographique romain…

    …

    …

    Mais le récit autobiographique romain s’interrompt là,

    au domicile d’Alberto Moravia, le 27 septembre 1990 _ juste le lendemain du décès de l’écrivain _,

    sans rien dire de ce qu’ont pu être les rapports ultérieurs de la narratrice avec Federico Fellini,

    qui mourra, à Rome, trois années plus tard : le 31 octobre 1993…

    …

    …

    Ce dimanche 23 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un travail bioyesque de René de Ceccatty pour le Cinelandia d’Alfredo Arias _ et un entretien proprement extraordinaire

    Hier jeudi 10 octobre,

    à 18 heures à l’Auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck,

    …

    et dans le cadre de l’hommage à Adolfo Bioy (1914 – 1999)

    _ pour le vingtième anniversaire de son décès à Buenos Aires en 1999 _

    organisé par l’Association Les Amis de Bioy Casares,

    …

    une merveilleuse contribution de René de Ceccatty,

    …

    à partir de la métamorphose qu’il fit, en 2002, en son Fiction douce

    _ le quatrième volume du récit de ses amours compliquées avec Hervé : 

    Aimer (Gallimard, paru le 27 août 1996), Consolation provisoire (Gallimard, paru le 5 mars 1998), L’Èloignement (Gallimard, paru le 12 janvier 2000), Fiction douce (Le Seuil, paru le 22 février 2002) et Une Fin (Le Seuil, paru le 27 août 2004) ;

    et l’ensemble de ces 5 récits (d’entre 1996 et 2004) mérite assurément une édition qui les réunisse ! _

    …

    de la personne d’Adolfo Bioy

    en personnage de son récit.

    …

    …

    Tout dernièrement, René de Ceccatty s’est souvenu

    qu’un autre rapport, cette fois à l’œuvre de Bioy, avait marqué son propre travail d’écriture,

    et en collaboration avec Alfredo Arias :

    …

    pour Cinelandia, un spectacle musical créé en 2012 et redonné en 2014, 2016…

    …

    Et il m’a adressé ce texte

    pour m’aider aussi _ et encore _ à la préparation de notre entretien de 18 heures hier jeudi 10 octobre.

    …

    …

    Voici donc ce que René de Ceccatty et Alfredo Arias ont tiré,

    pour leur Cinelandia,

    …

    du film de Leopoldo Torres Rios et son fils Leopoldo Torres Nilsson El Crimen de Oribe,

    …

    et, encore en amont _ et à la source _,

    de la nouvelle de Bioy El Perjurio de la Nieve

    (un conte paru notamment dans La Trame céleste) :

    …

    …

    El Crimen de Oribe

    Alfredo : Loin de toute ironie se situe le monde poétique et fantastique d’El Perjurio de la Nieve, Le parjure de la neige, est une nouvelle de l’auteur Argentin Adolfo Bioy Casares. Elle raconte l’histoire d’un père qui réussit à ensorceler le temps pour empêcher la mort de sa fille. Ce récit a été porté à l’écran en 1950 par Leopoldo Torres Rios et par son fils, Leopoldo Torres Nilsson sous le titre : El crímen de Oribe, Le crime d’Oribe.  C’était une époque où les écrivains argentins souffraient d’une curiosité maladive : ils fourraient leur nez partout. Borges et Bioy Casares adoraient se promener dans cette ville de Buenos Aires qui, avec ses rues et ses personnages, se présentait comme une sorte de grande bibliothèque. 

    Carlos Thompson entre en scène, vêtu d’un costume sombre, ayant l’allure d’un dandy désabusé.

    Carlos: Ou de fête foraine avec ses crimes et ses jeux de miroirs où il m’est arrivé de perdre mon âme….

    CARLOS CHANTE. ALMA MÍA.

    Le son d’un piano évocateur reproduit cette lancinante mélodie qui fut interprétée magistralement par l’inoubliable chanteur cubain Bola de Nieve. Carlos entraîné par la mélancolie de la chanson  dessine avec ses pas le chemin d’un inextricable labyrinthe.

    Alma mía, sola, siempre sola,

    sin que nadie comprenda, 

    tu sufrimiento, tu horrible padecer.

    Fingiendo una existencia

    siempre llena de dicha y de placer,

    de dicha y de placer.

    Si yo encontrara un alma

    como la mía,

    cuántas cosas secretas

    le contaría.

    Un alma que al mirarme,

    sin decir nada,

    me lo dijese todo

    con su mirada.

    Alfredo : Vous, Carlos Thompson, né Juan Carlos Mundin Schafter, comédien argentin, né en Suisse alémanique… Impeccable!

    Carlos : Gracias. J’ai fait mes débuts d’acteur dans ce film somnambulique…

    Alfredo: Vous êtes face à moi pour parler d’un film qui m’a beaucoup marqué. Et qui prolonge jusqu’à aujourd’hui sa fascination. Assez pour que je ne vous oublie pas.

    Carlos: Oui, j’étais une star du cinéma international. Star involontaire, on peut dire. Et sans doute que Le Crime d’Oribe, ce conte énigmatique, a révélé ma vraie nature. Ecrivain.

    Alfredo : Le Crime d’Oribe. Curieux titre, à  double sens : d’un côté, on croit qu’on a tué Oribe et de l’autre qu’Oribe a tué quelqu’un !

    Carlos: Comme mon personnage dans le film, instigateur d’un crime et victime d’un meurtre. (Ironique) Un homme plutôt très malheureux, n’est-ce pas?

    CARLOS CHANTE: NO PUEDO SER FELIZ. 

    Pendant que Carlos murmure les paroles de cette chanson désespérée, on voit entrer, comme un fantôme, Lucía. Elle se cache derrière ses lunettes noires et elle est enveloppée  d’une tunique de recluse sophistiquée.  

    Lucía entre.

    No puedo ser feliz,

    no te puedo olvidar,

    siento que te perdí

    y eso me hace pensar.

         

    He renunciado a ti

    ardiente de pasión,

    no se puede tener

    conciencia y corazón.

    Hoy que ya nos separan

    la ley y la razón,

    si las almas hablaran

    en su conversación

    las nuestras se dirían

    cosas de enamorados,

    no puedo ser feliz,

    no te puedo olvidar.

    Lucía : Je m’appelle Lucía. Je suis la victime  d’Oribe… et vous (à Carlos),  vous êtes Oribe…

    Carlos (qui devient désormais Oribe): Oui j’incarne Oribe et à la fin du film, à cause de vous,  Lucía, je suis assassiné !

    Lucía : Nous sommes les deux morts d’une même histoire. Ça a l’air de vous faire plaisir…

    Carlos-Oribe: Un meurtre donne toujours une touche de perfection à une histoire. C’est propre, c’est net, c’est définitif.

    Lucía: C’est la fatalité.

    Carlos-Oribe: Dans le film, tout commence par une énigme. J’étais fasciné par une histoire. On m’avait parlé de votre estancia… l’estancia des Vermehren, à General Paz, au sud de Buenos Aires. J’étais un poète avide de mystère, alors j’ai fait le voyage pour savoir si je pouvais…

    Lucía : Aucun étranger n’avait accès à notre propriété. N’est ce pas, Adelaida ?

    Adelaida, la sœur aînée, entre. Elle aussi a l’apparence immatérielle d’un esprit, sorti d’un magazine de mode des années 50.

    Adelaida: Nous formions une famille modèle d’émigrés danois. Les Vermehren.

    Lucía: Nous étions quatre filles.

    Adelaida: Lucía, moi, Adelaida, et deux autres petites sœurs.

    Lucía: Ruth et Margarita… Nous vivions seules avec notre père… 

    Adelaida : Maman est morte pendant notre voyage entre Copenhague et Buenos Aires.

    Lucía: Notre père avait fait fortune, mais au bout de quelques années…

    Adelaida : … il y a de ça maintenant…

    Lucía :… non, tu sais bien, pas de date !

    Adelaida :… Oui, pas de date … Les heures ne tournent plus.

    Lucía :…. Nous sommes dans un jour qui se répète…

    Adelaida :… sans aucun changement….

    Lucía :… réfugiés derrière la grille cadenassée, derrière les volets clos, les rideaux tirés… 

    Adelaida: …  et tout ça parce que tu es tombée gravement malade…

    Lucía (souriant) : … le diagnostic du médecin a été lapidaire…

    Adelaida : Tu n’avais plus que quelques mois à vivre, ma pauvre petite chérie.

    Lucía : C’est alors que notre père a décidé de nous couper du monde, d’arrêter le temps,.

    Adelaida: Et que plus personne n’aurait le droit d’y entrer… 

    Lucía: Les voisins étaient intrigués: « Comment font-ils pour se nourrir? »

    Adelaida: Les commis qui apportaient les aliments s’arrêtaient au portail…

    Lucía: À l’intérieur, la vie était rythmée par nos soupirs,  par nos propres pas.

    DUO DE LUCÍA ET ADELAIDA: EL MUNDO QUE YO NO VIVA. 

    Les sœurs Vermehren chantent de leurs voix ensorcelantes une nostalgique ballade tandis que leurs corps reproduisent des gestes quotidiens, à la façon d’automates.

    El mundo que yo no viva,

    lo pensé como cosa extraña,

    con marca de maravilla,

    ¡ay!, de mi vida.

    Allí sonará la lluvia,

    junto al fuego en las noches frías,

    vendrá agosto en el río Arga

    y tú, la gentil sonrisa.

    Brillará en el papel que siembro,

    la negra flor de la tinta,

    ¡ay!, de mi vida.

    Carlos-Oribe : Un jour, un journaliste en route pour la Patagonie descend dans l’Hôtel America où je logeais. Je lui ai parlé de cette énigme de votre estancia interdite… de cette étrange famille danoise perdue à General Paz… Où le temps semblait s’être endormi.

    Lucía : Et il y avait au milieu de la pièce, tu te souviens…

    Adelaida: Un arbre de Noël. …

    Lucía : Car Noël était éternel.

    Adelaida: Chaque soir,  nous fêtions Noël….. comme en 1930.

    Lucía  (protestant) : Ah, ces dates, ces dates !

    Adelaida: Le même soir de Noël comme il y a vingt ans.

    Lucía (inquiète): Nous sommes en 1950 ?

    Adelaida : Oui, nous sommes en 1950.

    Carlos-Oribe: J’ai voulu en avoir le cœur net. Comprendre pourquoi vous viviez comme autrefois dans un passé répété minutieusement. Oui, par un soir de neige, nous nous sommes approchés, le journaliste et moi, de l’estancia où nous avions tant envie de rentrer. Et finalement on a pu pénétrer le mystère….  De retour à l’hôtel, nous avions tellement bu … Or, le matin venu, nous avons appris que…

    Lucía:… Je meurs…

    Adelaida :… Mais pourquoi, Lucía ? Pourquoi maintenant ?

    Lucía :… ma maladie…

    Adelaida :… je te croyais guérie.

    Lucía :… non, non, le sortilège a été rompu… Les heures ont repris leur rythme.

    Adelaida :…. Mais qui a remonté la pendule?

    Lucía :… Nous ne sommes plus seuls, Adelaida ! Nous ne sommes plus hors du temps ! 

    Adelaida: Pour que tu restes en vie, il fallait que personne ne brise le cercle du temps suspendu.

    Lucía: J’ai aperçu un visage étranger, j’ai croisé un regard. L’intrus m’avait découverte en train de chanter.

     Adelaida: Quelqu’un nous a surprises ! Nous a arrachées à notre rêve. Et t’a ôté la vie, mon pauvre ange!

     (Lucía  meurt dans les bras d’Adelaida)

    CARLOS ORIBE. AY AMOR!

    La poésie de la chanson interprétée par Carlos-Oribe accompagne la mort de Lucía qui glisse entre les bras de sa sœur comme la pluie entre les doigts de la main.

    Ay amor, si me dejas la vida

    Déjame también el alma sentir,

    Si sólo queda en mí dolor y vida,

    Ay amor, no me dejes vivir.

    Carlos-Oribe : En réalité, moi, je suis resté à la grille de l’estancia. Mais comme le journaliste, au retour de son expédition, m’avait tout raconté en détails, il ne m’a pas été difficile de repérer l’endroit précis où se trouvait votre alcove. 

    Lucía : Et ça vous a coûté cher!

    Carlos-Oribe: Deux mois plus tard, on retrouvait mon cadavre dans une rue d’Antofagasta.

    Lucía: Mon père vous a poursuivi jusqu’au Chili et tué d’une balle.

     Carlos-Oribe : Selon votre père, j’avais été le témoin qui avait suspendu la répétition incessante de ce Noël 1930!

    Lucía: Et mon père a vengé sa fille, croyant qu’Oribe était le responsable de ma mort.

    Oribe: Mais il s’est trompé de victime.

    Lucía: Oui, je le sais, c’était l’autre, l’intrus, votre complice! Et non pas vous ! C’était lui qui s’était faufilé dans notre intimité. 

    Adelaida (apparaissant) : Viens petite sœur, viens te reposer (Lucía sort). La maison est bien mélancolique depuis ton départ, les herbes folles ont presque enseveli notre demeure jadis enchantée. Les minutes avancent inexorablement. Et nous vieillissons derrière une dentelle de feuilles mortes.

    ORIBE CHANTE: NO PUEDO SER FELIZ . 

    Cette fois Carlos-Oribe, transporté par cette chanson, suit la fantomatique Lucía qui l’entraîne en parcourant les sinuosités d’un sentier sans issue.

    Hoy que ya nos separan

    la ley y la razón,

    si las almas hablaran,

    en su conversación

    las nuestras se dirían

    cosas de enamorados,

    no puedo ser feliz,

    no te puedo olvidar.

    Alfredo: Bioy Casares disait qu’Oribe était un poète immoral, parce qu’il avait incité le journaliste à briser cette nuit de Noël  et à sacrifier ainsi la vie de Lucía. Et tout ça, pour écrire un poème romantique sur sa mort !… Un poème sur la mort, ça vaut une vie ? 

    Carlos: Oui, on peut mourir pour un poème sur la mort.

    Alfredo : Prendre la place d’un autre, rien de plus dangereux... On ne sort jamais vivant de la galerie des miroirs!

    Carlos: Qui a dit ça?

    Alfredo: Orson Welles… je crois. Fin.

     

    …

    …

    Le commentaire que fit hier René de cet épisode bioyesque

    de sa collaboration avec Alfredo Arias

    …

    a été proprement merveilleux

    …

    à propos des fantômes, du temps et de l’éternité, de l’amour, de la mort, et des chagrins,

    ainsi que du comique _ d’ironie, toujours très discrète, mais bien réelle et perceptible _,

    dans l’œuvre d’Adolfo Bioy Casares ;

    …

    et tout cela en une suprême élégance et le plus parfait respect du lecteur

    _ avec une profonde et vraie humilité.

    …

    …

    Tout cela manifeste excellemment les diverses connexions qui existent

    entre René de Ceccaty

    _ tourné d’abord vers l’Italie et le Japon (et aussi la Tunisie) de son histoire personnelle _

    et,

    parmi divers Argentins qui l’ont marqué,

    notre Adolfo Bioy

    _ notre cousin un peu célèbre au sein du panthéon littéraire mondial.

    …

    …
    Je tiens aussi à souligner ici le chapitre intitulé Complicité,

    aux pages 377 à 383 du très remarquable Mes Argentins de Paris

    (paru aux Éditions Séguier le 20 mars 2014),

    …

    qui narre le détail _ passionnant ! _ de cette inspiration bioyesque

    d’Alfredo Arias et René de Ceccatty.

    …

    …
    Détail que René a admirablement développé hier soir

    dans une intervention _ oserai-je dire sublime ? _ qui a touché au cœur

    l’assistance entière de l’Auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux.

    …
    …

    Ce vendredi 11 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La présente modernité-lucidité de Bioy selon Edgardo Scott

    Hier,

    en avant-propos à la table ronde

    que j’allais modérer à l’Institut Cervantes de Bordeaux, à 18 heures,

    dans le cadre de la semaine d’hommages

    que l’Association des Amis de Bioy Casares _ dont je suis le président _, a l’honneur de réaliser à Bordeaux,

    à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort du grand écrivain qu’a été Adolfo Bioy Casares (Buenos-Aires, 15 septembre 1914 – Buenos-Aires, 8 mars 1999),

    …

    l’écrivain argentin Edgardo Scott (Lanus, 1978)

    _ qui allait participer à cette table-ronde de « Regards croisés sur Bioy« , avec Silvia Renée Arias et Stella-Maris Acuna ;

    et qui a été l’organisateur de l’hommage, à la Bibliothèque Nationale argentine, à Buenos-Aires, en 2014, à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Bioy _

    …

    m’a adressé le canevas _ très remarquable, et passionnant ! _ suivant

    de son intervention,

    afin de m’aider à organiser ma modération à venir de cette table-ronde _ enthousiasmante _ :

    …

    …

    Bioy-Bordeaux
    …
    …
    Je serai bref. C’est quelque chose, la brièveté, que Bioy a apprécié et qu’il apprécierait sûrement ici. Citant l’écrivain polonais Witold Gombrowicz, lorsqu’il a donné une conférence en espagnol à Buenos Aires, je dirai: « mon français est un enfant balbutiant de trois ans à peine. »
    Vingt ans se sont écoulés depuis la mort de Bioy, qui avait la précision et la prudence de mourir avec le vingtième siècle. Et pourtant, nous sommes ici en France, au pays de ses aînés, vingt ans plus tard, pour parler de lui et de ses livres. Le contexte idéal pour un conte fantastique.
    Comme vingt ans se sont écoulés depuis sa mort et que j’ai dit que cela allait être bref, je vais réduire à dix le nombre de points sur lesquels je concentre mon regard, ce regard, partiel, sur Bioy.
    …
    1. La première chose est que bien que, comme je l’ai dit, Bioy soit mort avec le XX siècle, en 1999, il est l’auteur du meilleur livre publié par la littérature argentine au cours de ce siècle, au cours de ces deux premières décennies. C’est le livre qui regroupe ses quatre décennies de conversations avec Borges, tel que nous le connaissons, le Borges de Bioy. Ce livre a été publié à titre posthume en 2006, il compte 1664 pages et est, comme je l’ai dit, le meilleur livre qui ait donné à la littérature argentine au cours de ce siècle. Bioy devient donc un auteur non seulement contemporain, mais actuel. Et ce n’est vraiment pas un livre sur Borges. C’est un livre sur la littérature et l’amitié. Ou sur l’amitié et la littérature.
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    2. Que signifie écrire à l’ombre de Borges? Ou plutôt, que signifie écrire dans l’ombre d’un autre? Il est toujours considéré comme une honte, un avatar malheureux et pitoyable. Dommage, dirions-nous, déplorant le destin de Bioy d’avoir écrit et publié à l’ombre de Borges. Le premier qui a toujours écarté cette interprétation était Bioy lui-même, qui ne le regrettait jamais, bien au contraire. Et en vérité, nous oublions qu’écrire à l’ombre, c’est écrire dans la pénombre, peut-être dans l’obscurité, écrire derrière certaines lumières qui peuvent aveugler ou confondre le regard. Eloge de l’ombre, a écrit Tanizaki. Ils disent que Macedonio Fernández a écrit à la main dans un placard, et avec une bougie. Écrire à l’ombre, c’est écrire presque en cachette, en résistance. Bioy est consciente de cette situation et en a tiré pleinement parti.
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    3. Comme je l’ai dit, vous devez penser et juger Bioy en tant qu’auteur actuel. Et en tant que tel, il est un auteur diversifié, complexe et sophistiqué. Ce n’est pas l’auteur de la marque déposée. Que serait un auteur de marque déposée? L’auteur de la marque déposée serait l’auteur qui est toujours le même. Cela se répète dans tout son travail, parfois toute sa vie, avec la même voix, généralement avec les mêmes obsessions sacrées, et qui construit, comme on dit, un monde reconnaissable. Bioy n’est pas cet auteur. Je le répète, Bioy n’est pas cet auteur. Et c’est là une autre des conditions qui font de lui un auteur de ce siècle également.
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    4. Parce que, après tout, que serait un auteur de ce siècle? En principe, ne soyez pas un auteur du siècle dernier. Ne pas être un auteur du vingtième siècle. Ou seulement du vingtième siècle. Et cela n’a rien à voir avec Internet ou avec une utilisation particulière des nouvelles technologies, ni avec la promotion sur Instagram ou l’un des réseaux sociaux.
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    5. Être un auteur du XXIe siècle et ne pas être un auteur du XXe siècle est, peut-être avant tout, et à la lumière du nouveau siècle, aller au-delà de l’idéologie. Pas la politique mais l’idéologie, la couche la plus superficielle de la politique, la surface la plus trompeuse de la politique. Bioy a écrit « Personne n’aime les gens autant que leurs haines« . L’idéologie est une variation de la haine ou, citant un illustre Français du XXe siècle, une passion inutile. Ce qui compte, c’est le style de l’auteur, c’est-à-dire la position. La position d’un auteur. S’il existe un trait qui définit le travail de Bioy, c’est bien l’intelligence. La lucidité Une lucidité extrême.
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    6. Hier soir j’ai vu une interview de Bioy que je n’avais jamais vue. Contrairement à d’autres écrivains, et comme ce qui se passe dans ses livres, il n’est pas seulement fascinant de l’écouter à nouveau, c’est toujours nouveau, c’est toujours une nouveauté. Il y a toujours quelque chose d’autre. Dans cette interview, il a dit à un moment donné: « Nous sommes tous des héros, car nous devons passer par la mort« . Il le dit sans solennité et souriant avec son intelligence courtoise. En tant que messager ou médium qui ne peut éviter ce destin.
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    7. Cette insistance de la mort dans l’œuvre de Bioy fait que le fantastique possède un drame particulier. Car ce qui est fantastique sera avant tout la possibilité d’éviter la mort. Dans L’Invention de Morel, dans Dormir au soleil, dans Le rêve des héros et dans tant d’histoires, l’apparition du fantastique est l’apparition de la magie ou du plus grand miracle: éviter la mort. Comme son admiré Stendhal, Bioy voyais dans la mort la plus grande cruauté et incompréhension. Mort et chagrin.
     
    8. J’ai dit que j´allais être court et que je le serai encore plus. Une fois encore, je sens que Bioy le remercie. Au lieu de dix points, ce sera finalement huit. J’ai aussi parlé de l’ombre de Borges. Àpres avoir  réfléchi, il n’y a pas d’ombre. Il y a des conditions de lecture. Borges est une condition pour lire le travail de Bioy, mais comme Bioy lest pour Borges ou Silvina. Finalement, Bioy ne voulait pas être immortel mais vivre un peu plus longtemps. Cent vingt, cent trente ans semblaient être un meilleur chiffre, plus raisonnable. Mais ce que je lis dans cette occurrence, c’est vivre plus. Vivre plus. C’est ce que la littérature permet. C’est ce que sa littérature permet. 
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    Mesa miradas cruzadas
    Bioy siglo XXI o Bioy está vivo.
    Voy a ser breve. Es algo que Bioy valoraba y de seguro agradecería. Además, citando al escritor polaco Witold Gombrowicz, cuando dio una conferencia en Buenos Aires en español, yo diré: mi francés es un niño balbuceante de apenas tres años.  
    Han pasado veinte años de la muerte de Bioy, que tuvo la precisión y la precaución de morir junto con el siglo XX. Y sin embargo estamos aquí en Francia, en la tierra de sus mayores, veinte años después, hablando de él y de sus libros. El trasfondo perfecto de un cuento fantástico.
    Como son veinte años los de su muerte y dije que iba a ser breve, voy a reducir a diez los puntos en los que concentro mi mirada, esta mirada, parcial, sobre Bioy.
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    1.Lo primero es que a pesar de que Bioy, como dije, murió con el siglo en 1999, es el autor del mejor libro publicado por la literatura argentina en este siglo, durante estas primeras dos décadas. Es el libro que reune sus cuatro décadas de conversaciones con Borges, como lo conocemos nosotros, el Borges de Bioy. Ese libro fue publicado en forma póstuma en 2006, tiene 1664 páginas, y es, como dije, el mejor libro que ha dado la literatura argentina en este siglo. Por lo tanto, Bioy se transforma en un autor no solo contemporáneo sino actual. Y en verdad no es un libro sobre Borges. Es un libro sobre la literatura y la amistad. O sobre la amistad y la literatura.
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    2.¿Qué significa escribir a la sombra de Borges? O mejor dicho, ¿qué significa escribir a la sombra de otro? Se lo piensa siempre como una desgracia, como un avatar lamentable, penoso. Una lástima, diríamos nosotros, lamentándonos de la suerte de Bioy, por haber escrito y publicado a la sombra de Borges. El primero que siempre ha desestimado esta interpretación fue el propio Bioy, que nunca lamentó eso, por el contrario. Y en verdage, olvidamos que escribir a la sombra es escribir entonces en la penumbra, acaso en la oscuridad, escribir a resguardo de ciertas luces que pueden cegar o confundir la mirada. Elogio de la sombra, ha escrito Tanizaki. Dicen que Macedonio Fernández escribía adentro de un placard a mano, por supuesto, y con una vela. Escribir a la sombra es entonces escribir casi en la clandestinidad, en la resistencia. Bioy ha sido consciente de esa condición y la ha aprovechado al máximo.
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    3.Como dije, hay que pensar y juzgar a Bioy como un autor actual. Y como tal es un autor diverso, complejo, sofisticado. No es el autor-marca registrada. ¿Qué sería un autor-marca registrada? El autor-marca registrada sería el autor que es siempre igual. Que se repite a lo largo de toda su obra, a veces toda su vida, con una misma voz, por lo general con las mismas y sagradas obsesiones, y que arma, como suele decirse también, un mundo reconocible. Bioy no es ese autor. Lo digo de nuevo, Bioy no es ese autor. Y esa es otra de las condiciones que lo vuelven un autor también de este siglo.
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    4.Porque a fin de cuentas, ¿qué sería ser un autor de este siglo? En principio, no ser un autor del siglo pasado. No ser un autor del siglo XX. O sólo del siglo XX. Y eso no tiene que ver con Internet ni con un uso particular de las nuevas tecnologías, ni con promocionarse en Instagram o en cualquiera de las redes sociales.
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    5.Ser un autor del siglo XXI y no ser un autor del siglo XX es, tal vez ante todo, y a la luz del nuevo siglo, superar la ideología. No la política sino la ideología, la capa más superficial de la política, la superficie más engañosa de la política. Bioy escribió « A nadie quiere tanto la gente como a sus odios ». La ideología es una variación del odio o, citando a un francés ilustre del siglo XX, una pasión inútil. Lo que importa es el estilo de un autor, esto es, la posición. La posición de un autor. Si hay un rasgo que define a la obra de Bioy es, sin dudas, la inteligencia. La lucidez. Una lucidez extrema.
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    6.Anoche vi una entrevista de Bioy que no había visto. A diferencia de otros escritores, y al igual que lo que sucede con sus libros, no solo siempre es fascinante volver a escucharlo, siempre es novedoso, siempre es nuevo. Siempre hay algo más u otra cosa. En esa entrevista dice en un momento, « todos somos héroes, porque tenemos que pasar por la muerte ». Lo dice sin solemnidad y sonriendo con su bondadosa inteligencia. Como un mensajero o un medium que no puede eludir esa suerte.
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    7.Esa insistencia de la muerte en la obra de Bioy hace que lo fantástico posea un particular dramatismo. Porque lo fantástico será, sobre todo, la posibilidad de evitar la muerte. En La invención de Morel, en Dormir al sol, en El sueño de los héroes, y en tantos cuentos, la aparición de lo fantástico es la aparición de la magia o el milagro mayor: la evitación de la muerte. Como a su admirado Stendhal, Bioy veía en la muerte la mayor crueldad e incomprensión. La muerte y el desamor.
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    Un texte passionnant
    et profond ;
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    une excellente base pour nos échanges à l’Institut Cervantes hier soir.
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    Ce mercredi 9 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa
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    Post-scriptum :
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    Le Borges de Bioy _ soient les pages présentant le nom de Borges extraites (par Daniel Martino) du Journal complet de Bioy _ n’a pas été traduit en français.
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    Honte à l’édition française !