Étiquette : Mstislav Rostropovitch

  • Le versant tendrissime des Concertos pour violoncelle de Weinberg (1919 – 1996) et Korngold (1897 – 1957) dans le beau jeu, tendre et tout en retenue, de Kristina Reiko Cooper, en son beau CD « Hidden Legacies »…

    J’aime tout particulièrement Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996), ainsi que, même si c’est d’une tout autre façon, Erich Wolfgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957), dont je possède une bonne collections de CDs, d’interprétations nombreuses d’œuvres de chacun…

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    Et voilà que le 17 avril dernier, Crescendo Magazine, en un article intitulé « Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l’archet de Kristina Reiko Cooper » sous la plume de Patrice Lieberman, m’a appris l’existence d’un CD Delos 3616 « Weinberg & Korngold Hidden Legacies » de la violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper et le Kaunas Symphony Orchestra  dirigé par Constantine Orbelian – enregistré à Kaunas du 4 au 6 juin 2024  – , comportant le Concerto pour violoncelle en ut mineur Op. 43 et la Fantaisie pour violoncelle et orchestre Op. 52 de Weinberg, associés au Concerto pour violoncelle en ut majeur Op. 37 de Korngold…

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    Wow !

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    Bien que cet article de Patrice Lieberman comporte de notables bémols – qui ne m’échappent pas – concernant l’interprétation – jugée parfois pas assez engagée : à la Rostropovich… – de ce CD par cette violoncelliste, Kristina Reiko Cooper – que je ne connais pas jusqu’ici : elle est native de New-York… – ,

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    Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l’archet de Kristina Reiko Cooper

    par Patrice Lieberman
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    Hidden Legacies. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 43 ; Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52. Erich Wolfgang Korngold(1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 37. Kristina Reiko Cooper (violoncelle), Orchestre symphonique de Kaunas, Constantine Orbelian (direction). 2026. Livret : anglais. 61’28’’. Delos. DE3616.

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    La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous offre un couplage sortant résolument – en effet – des sentiers battus, réunissant des œuvres concertantes pour violoncelle et orchestre de deux compositeurs que tout différencie – certes – sur le plan stylistique, mais dont les biographies partagent – en effet – un tragique – historique – point commun. En effet, ces deux créateurs juifs – voilà ! – durent fuir la folie nazie. Si l’exil fut relativement confortable pour Korngold — enfant prodige devenu célèbre, il quitta l’Autriche dès 1934 pour Hollywood où il entama une brillante carrière cinématographique —, celui de Weinberg fut autrement dramatique – oui. À peine son diplôme de piano obtenu au Conservatoire de Varsovie – en 1939 – , il dut fuir – lors de l’invasion de la Pologne par les Nazis – vers l’URSS, poursuivant ses études à Minsk avant de se réfugier à Tachkent en 1941. Chostakovitch, qui l’apprécia dès cette époque et dont il devint le protégé, facilita son installation à Moscou. Cependant, la vague antisémite de 1953 lui valut d’être incarcéré durant trois mois à la sinistre prison de la Loubianka, dont il ne sortit que grâce à l’intervention de son mentor et – surtout – au décès de Staline – le 5 mars 1953.

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    Si la musique de Weinberg bénéficia d’une réelle popularité dans les années 1960 en URSS, où elle fut régulièrement exécutée par les meilleurs musiciens soviétiques, elle y passa ensuite de mode – oui. Quant à l’Occident, il l’ignora à peu près totalement avant sa redécouverte – voilà – à partir des années 2010 (à titre d’exemple, le dictionnaire New Grove de 1980 lui consacre une colonne).

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    Écrit en quatre mouvements, le Concerto pour violoncelle, Op. 43 s’ouvre sur un Andante qui est une sombre et prenante élégie. Kristina Reiko Cooper y fait preuve d’un beau lyrisme – oui ! – et tire de chaudes et sombres sonorités – oui, oui – de son Guadagnini. On remarque rapidement que la soliste préfère travailler en finesse – et délicatesse – plutôt que de prendre la musique à bras-le-corps, comme le veut – voilà, voilà – la tradition russo-soviétique (nous y reviendrons). On apprécie beaucoup – absolument – la douleur contenue avec laquelle elle aborde le Moderato qui suit, auquel les interventions de la trompette apportent une fine et inattendue touche de musique klezmer – tout à fait : on trouve aussi cela chez Mahler.

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    Le troisième mouvement est une marche impertinente « à la Prokofiev » – mais oui – que Weinberg pare par moments d’un séduisant coloris oriental. Si Cooper sait faire preuve d’autorité dans une éloquente cadence, son interprétation — au-delà de son incontestable maîtrise technique et de sa subtile musicalité — est souvent un peu trop policée et manque parfois de tranchant – c’est ici que je me sépare des appréciations de Patrice Liebermann : j’aime la douceur consolatrice de cette tendresse lyrique. Weinberg conclut l’œuvre par un Finale plus léger et un peu moqueur – oui – , à nouveau dans un esprit assez prokofiévien – voilà. La conclusion de cet Allegro se fait pensive et lyrique jusqu’à devenir poignante et dépouillée – tout à fait : la grandeur sans esbroufe du génie de Weinberg est bien là…

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    Comme indiqué, l’interprétation de la violoncelliste américaine est de haute tenue et certainement exempte de toute superficialité comme de recherche de l’effet, mais elle laisse une persistante impression de réserve – non, pas pour moi… Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le premier enregistrement de ce concerto en 1964 par son dédicataire et créateur Mstislav Rostropovitch – dont je ne goûte pas du tout l’ostentatoire rugosité, pour ma part… – , réédité par EMI en 1997. Accompagné par un Rojdestvenski qui dirige un orchestre féroce et chauffé à blanc, le grand violoncelliste russe s’engage ici corps et âme, prenant l’auditeur sidéré à la gorge – mais c’est très peu weinbergien… C’est plus que de la musique qu’on nous donne à entendre ici, mais une véritable lutte existentielle – idéologique.

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    La soliste maintient la même approche dans l’intéressante Fantaisie, Op. 52, dont le grand violoncelliste soviétique Daniil Shafran donna la première, tant de la version avec piano en 1953 que de celle avec orchestre en février 1956, sous la direction de Rudolf Barchaï dans la grande salle du Conservatoire de Moscou. Composée en cinq parties enchaînées, la Fantaisie débute par un Adagio sombre où Cooper — subtile, mais un peu sage — varie intelligemment son vibrato sur les notes tenues. On perçoit bien ici le remarquable cousinage de Weinberg avec Chostakovitch – certes, mais je ne suis pas un féru de Chostakovitch pour ma part… La section Allegro leggiero qui suit apporte ensuite une légèreté bienvenue et la soliste s’y montre très sûre lors de ses excursions dans le registre aigu.

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    Vient ensuite un Allegro con fuoco aux surprenants épisodes folklorisants – fréquents dans l’oeuvre de Weinberg aux attaches moldaves, par sa mère, et polonaises par son père – , sortes de rondes entraînantes qui font penser à Dvořák ou Smetana. Ce côté faux-naïf très réussi est-il une façon pour Weinberg de se plier aux normes du réalisme socialiste ou de se moquer des censeurs qui dénoncèrent son formalisme ? Ou le compositeur s’est-il simplement – plutôt – laissé guider par son inspiration ? Difficile à dire. Après une cadence finement interprétée où la soliste se laisse le temps de déclamer, l’œuvre se conclut par un Andantino leggero où, comme dans le concerto, la musique finit par s’éteindre doucement et sans pathos – à la Weinberg : Weinberg n’est pas Chostakovitch…

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    La genèse du bref Concerto de Korngold (moins de douze minutes ici) ne manque pas d’intérêt. La partition fut écrite à l’origine – à Hollywood – pour figurer dans le film Deception (Jalousie) produit par la Warner Bros. en 1946. L’assez invraisemblable scénario narre l’histoire d’une pianiste (interprétée par la grande Bette Davis) qui veut empêcher que son amant (un violoncelliste de retour d’Europe) ne découvre qu’elle a été la maîtresse d’un compositeur jaloux. Ce dernier a écrit un concerto pour le violoncelliste que l’héroïne a entre-temps épousé. Juste avant la première de l’œuvre, l’héroïne tue le compositeur d’un coup de revolver.

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    On connaît l’extraordinaire aisance – oui – de Korngold et ce qu’il livre ici est une musique à grand spectacle nourrie d’un vocabulaire post-romantique qui doit beaucoup à Richard Strauss. Après un début en fanfare arrivent de belles cantilènes qui précèdent un deuxième thème voluptueux qui aurait pu être écrit par Rachmaninov – oui, oui. Quant au violoncelle solo, il est très actif avant que n’intervienne une brève cadence qui débouche sur un Adagio tendre et séducteur – à la Korngold… S’ensuit une belle intervention de la flûte, suivie d’un épisode fugué introduit par le violoncelle solo qui passe ensuite à une cadence virtuose avant que le concerto ne se termine – spectaculairement : nous sommes à Hollywood – en apothéose.

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    On ne peut pas dire que cette œuvre ajoutera grand-chose à la gloire de l’auteur, mais il faut lui reconnaître – voilà, voilà ! – un côté délicieusement kitsch — certainement voulu – oui – , compte tenu des origines de l’œuvre. Elle est en tout cas défendue avec une conviction totale – oui ! – par Kristina Reiko Cooper qui, par ailleurs, bénéficie ici comme dans les œuvres de Weinberg d’un accompagnement enthousiaste – mais oui ! – de la part du chef Constantine Orbelian et du volontaire orchestre lituanien.

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    Son : 9 – Livret : 10 (Weinberg) / 7 (Korngold) – Répertoire : 10 / 6 – Interprétation : 8,5

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    Patrice Lieberman

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    poussé par ma curiosité  et ma très vive affection et pour Weinberg et pour Korngold, je m’empresse toutefois de commander ce CD à mon disquaire préféré…

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    Cf aussi le bel article de Nicolas Mesnier- Nature « Weinberg défendu par Kristina Cooper : du violoncelle tout en retenue » paru sur ResMusica le 17 juin dernier :

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    Weinberg défendu par Kristina Cooper : du violoncelle tout en retenue

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    La musique de Weinberg et Korngold n’est heureusement plus si oubliée de nos jours, et l’on ne saurait négliger les nouvelles parutions les concernant. Le jeu des interprétations commence à se mettre en place, la parole est ainsi donnée à .

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    Malgré un imposant corpus, Weinberg – compositeur discret – a écrit peu de concertos : un pour violon, un pour clarinette, deux pour flûte et un pour violoncelle. Pour ce dernier, composé à la fin des années 40 alors que l’auteur n’avait pas encore atteint la trentaine, il fallut attendre presque dix ans – déjà ! – pour sa création par son dédicataire Mstislav Rostropovitch en 1957. Sa structure est en quatre mouvements, sa couleur à la fois lyrique (I), nostalgique (II) et virtuose (III) – voilà, voilà… – , fait ressortir par moments – ce qui n’a rien d’étonnant chez Weinberg, et qui est éminemment touchant ! – celle de la musique klezmer juive – oui. Le retour en finale du thème initial déjà réentendu dans la cadence du III forme une architecture cyclique cohérente. L’espèce de douce habanera fantomatique – oui, oui – qui rythme le II transforme le duo soliste-orchestre en concerto d’orchestre avec les multiples interventions des différents pupitres. Il n’y a pas un moment neutre ou vide dans ce concerto : tout donne sens – oui – et rien n’est – jamais – prétexte à virtuosité creuse.

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    La violoncelliste américaine nous donne ici certainement son premier grand disque soliste – oui. Et pourtant, de tous les concertos de Weinberg évoqués plus haut, c’est celui pour violoncelle qui donne à notre goût le plus de satisfactions – par sa tendresse foncière, si caractéristique de l’œuvre entier Weinberg. A côté de la version historique par Mstislav Rostropovitch (avec Guennadi Rojdestvenski) et celle de Nicolas Altstaedt (avec Michal Nesterowicz, Clef d’Or ResMusica) – un violoncelliste que j’apprécie beaucoup – , l’on n’hésitera pas à le mettre en regard d’une autre très grande version – que je ne connais pas – qui aura l’avantage sur celle-ci de s’appuyer sur une phalange et un chef qui fréquentent davantage ce répertoire – l’ et – que le plus neutre orchestre lituanien de Kaunas dirigé par . L’unité stylistique va assurer une cohérence à cet enregistrement : tout du long, les tempi adoptés gardent une certaine ampleur, même dans les passages rapides. Si l’adagio initial, le moderato et adagio qui suivent ainsi que la conclusion générale ont tout à y gagner, l’allegro s’embourbe toutefois dans une pesanteur qui nuit à l’expression de cette partie, sorte de point culminant pourtant, de réveil brutal nécessaire après ces grandes plages de méditation développées en I et II. De plus, les très nombreuses interventions des pupitres de vents restent un peu en retrait par rapport à la soliste alors qu’un vrai dialogue aurait apporté davantage de couleurs et de relief.

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    Tout l’intérêt se reporte donc sur : son jeu fait ressortir la retenue de ses attaques, toutes en douceur – voilà ! voilà ! – – presque trop pour l’allegro et la cadence – et surtout son adéquation parfaite avec le chant magnifique – oui – entendu dans l’adagio initial, qui semble porté et soutenu par un immense arc mélodique, d’une profondeur d’intention remarquable – absolument. Cette unité du phrasé arriverait presque à nuire à la cadence du III dans le sens où Kristina Cooper nous raconte sans orchestre une seule et même histoire, alors que , le soliste de , lui, nous en raconte plusieurs. Ce n’est qu’en comparant ces deux versions que l’on se rendra compte des limites toutes relatives de cet enregistrement.

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    On ne pourra que reporter ces quelques remarques sur la fantaisie pour violoncelle qui suit : de quelques années plus tardives, c’est une œuvre qui s’inscrit dans les années de dégel post-stalinien, plus « neutre », davantage dans le consensus que dans la contestation et la modernité. Mais cela n’enlève en rien de sa qualité et elle ne peut être tenue pour une œuvre mineure. L’expression de son écriture est en parfaite adéquation avec les intentions artistiques de Kristina Cooper, légèrement trop neutres.

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    On passera avec plus de rapidité sur le Concerto pour violoncelle de Korngold : « concerto » est d’ailleurs un bien grand mot pour cette œuvre d’à peine quinze minutes, initialement écrit pour un film, développé par la suite et presque contemporain de celui de Weinberg, d’un romantisme tardif égaré – peut-être : c’est pour le cinéma d’Hollywood… –  au lendemain de la seconde guerre. L’orchestre très fourni de Korngold et ses intentions musicales n’ajoutent ni n’enlèvent rien au jeu de Kristina Cooper qui fait ce qu’elle peut pour s’imposer et conduire la ligne de chant bavarde et superficielle de cette partition, que l’on prendra ici comme un bonus sans nécessité mais agréable seulement à l’écoute.

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    « Hidden legacies ».

    Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur op. 43, Fantaisie pour violoncelle et orchestre op. 52. Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre en ut majeur op. 37.

    Kristina Reiko Cooper, violoncelle, Kaunas city symphony orchestra, Constantine Orbelian, direction.

    1 CD Delos. Enregistré dans la salle du Kaunas Philharmonic, Lituanie, du 4 au 6 juin 2024.

    Notice de présentation en anglais. Durée : 61:28

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    Une interprétation tout à fait attachante de Kristina Reiko Cooper,

    et dans l’esprit tout de tendresse vraie – et non sirupeuse, ni kitsch… – du magnifique Mieczyslaw Weinberg…

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    Et admirez-la dans cette superbe vidéo (de 7′ 48) de l’Adagio qui ouvre le Concerto Op. 43 de Weinberg…

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    Ce vendredi 10 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’immense Karel Ančerl dirigeant l’immense David Oistrakh et l’immense Mstislav Rostropovich avec l’Orchestre Symphonique de la Radio de Prague dans deux Concertos d’Antonin Dvořák : à vénérer !

    Me procurant le coffret Supraphon 4349-2 de 7 CDs « Karel Ancerl – Live Recordings – Concertos« ,

    je choisis d’en aborder l’écoute par le CD n°5 consacré à deux sublimes Concertos d’Antonín Dvořák (1841 – 1904) :

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    l’Opus 53 pour violon, avec l’immense David Oistrakh – enregistré live au Festival International de Printemps de Musique de Prague, le 27 mai 1950 –,

    et l’Opus 104 pour violoncelle, avec l’immense Mstislav Rostropovich – enregistré live au Festival International de Printemps de Musique de Prague, le 4 juin 1952…

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    Sous la sublime direction de l’immense Karel Ančerl (Tučapy, 11 avril 1908 – Toronto, 3 juillet 1973).

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    Deux réalisations musicales tout simplement sublimes !

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    Quelle musique !

    Quel chef ! Quels solistes ! Quel Orchestre !

    Quel cadeau pour l’éternité !

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    Et quel coffret Supraphon !!!

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    Voilà qui, particulièrement en ces temps bien moroses, fait un immense bien à écouter…

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    Et j’aime tant Prague…

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    Ce lundi 31 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Avec un lancinant goût de revenez-y : le magique « Concerto for cello and orchestra » en ut mineur Op. 43 de Mieczyslaw Weinberg, servi cette fois par un radieux Edgar Moreau et un très incisif WDR Sinfonieorchester dirigé par Andris Poga…

    Chaque nouvelle parution discographique _ et elles n’ont pas été jusqu’ici très nombreuses… _ du « Concerto pour violoncelle et orchestre, en ut mineur« , Op. 43, de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996),

    déclenche inexorablement une très puissante curiosité de ma part :

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    comment va donc être servi cette fois ce lancinant admirable chef d’œuvre de la musique du XXe siècle ?..

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    Il s’agit cette fois du CD Erato 5054197489334 « Edgar Moreau – Weinberg – Dutilleux – Cello Concertos« , par le violoncelliste Edgar Moreau et le WDF Sinfonieorchester dirigé par Andris Poga…

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    C’est l’article « L’Ombre de Rostropovitch » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia le 7 septembre dernier, qui m’a appris la parution de ce CD.

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    Le voici donc :

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    L’OMBRE DE ROSTROPOVITCH

    Mstislav Rostropovitch avait couplé Tout un monde lointain… avec le Concerto de Witold Lutosławski, œuvres composées peu ou prou parallèlement (elles seront toutes deux créées en 1970) et destinée sà l’archet du violoncelliste russe. Plutôt que de reprendre à l’identique le couplage mythique des deux œuvres enregistrées en 1974 par leur inspirateur, Serge Baudo, Witold Lutosławski et l’Orchestre de Paris, Edgar Moreau décale le sujet de son disque _ puisque telle est la thèse de Jean-Charles Hoffelé…

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    Toujours deux œuvres créées par Rostropovitch, mais dont les premières auditions sont distantes de treize années. L’occasion _ seulement ? _ était trop belle d’enregistrer le Concerto de Mieczysław Weinberg dont les gravures se comptent désormais sur les doigts d’une seule main _ mais le chroniqueur ne se donne pas la peine de les citer : pourquoi ? Ce sera la révélation de l’album _ en effet ! _, le jeune violoncelliste en savourant _ oui _ les thèmes nostalgiques, pétris d’échos de musiques judaïques, trouvant derrière la relative consonnance du matériau – l’œuvre fut en fait écrite durant les années de purge formaliste, et demeura longtemps sous le boisseau – le lyrisme têtu _ voilà _ d’un compositeur qui refusait de se plier au diktat esthétique soviétique, ce que la direction ample et éloquente _ justement incisive aussi _ d’Andris Poga souligne avec art.

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    L’enchaînement avec la divagation onirique de l’ouvrage de Dutilleux produit un inévitable hiatus. La lecture séquentielle, caractérisant chacune des cinq « poèmes », en faisant autant de mondes en soi, sacrifie trop la coulée sous opium, l’irréel voyage dans des ailleurs sonores que Victor Julien-Laferrière et David Robertson ont si généreusement distillés (voir ici).

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    Affaire de timbres aussi, la radiance manque aux vents et aux percussions de l’Orchestre de la WDR, mais pas la précision, ni la présence. C’est l’archet torturé, expressionniste d’Edgar Moreau que je suis pas à pas, m’inclinant devant une conception d’abord concertante. À mon sens, elle réduit la puissance poétique de ce chef-d’œuvre _ de Dutilleux _, mais faites-vous votre opinion, vous déjugerez peut-être mon écoute, et puis ne serait-ce que par le Concerto de Weinberg _ et c’est bien pour moi là l’essentiel !!! _, l’album s’impose _ ouf !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Henri Dutilleux (1916-2013)

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    Tout un monde lointain…

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    Mieczysław Weinberg(1919-1996)

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    Concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur, Op. 43

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    Edgar Moreau, violoncelle
    WDR Sinfonieorchester Köln
    Andris Poga, direction

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    Un album du label Erato 5054197489334
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    Photo à la une : le violoncelliste Edgar Moreau – Photo : © DR

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    Ce n’est donc pas du tout le souvenir de Rostropovitch qui oriente ici mon écoute _ et je suis d’ailleurs très loin d’être un inconditionnel de celui-ci… _ ;

    mais c’est la curiosité de découvrir la façon dont les divers interprètes qui s’y attachent, font sonner et chanter la singularité lancinante de ce superbissime Concerto de Weinberg ;

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    auquel j’ai déjà consacré plusieurs articles _  sur les 25 articles que j’ai consacrés jusqu’à’ici à Mieczyslaw Weinberg depuis le 5 décembre 2018, avec, justement, « « ,

    relire surtout celui du 5 juillet 2020 « « , mentionnant les CDs des interprétations qu’en ont données au disque Mstislav Rostropovitch et Guennadi Rojdestvenki, pour Melodya en 1964, Nicolas Altstaedt et Michal Nesterowicz, pour Channel Classics en 2016, et, alors, en 2020, Raphaël Wallfisch et Łukasz Borowicz, pour CPO ;

    j’ai aussi en ma discothèque personnelle le CD de ce Concerto pour violoncelle et orchestre Op. 43 par Claes Gunnarson et Thord Svedlund, en 2008, pour Chandos ;

    ainsi peut-être que l’article du 11 juillet 2021 «  » (avec un renvoi à l’article de ce même jour de ResMusica « Œuvres pour violoncelle et piano de Weinberg par Marina Tarasova et Ivan Sokolov« )…

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    Ce lundi 11 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les deux versions (de 1948 et 1956) du bouleversant Concerto pour violoncelle et orchestre op. 43 et op. 43 bis, de Mieczyslaw Weinberg

    Ce jour,

    l’excellent site Discophilia de l’excellent Jean-Charles Hoffelé

    consacre son article intitulé Élégies

    au CD CPO 555234-2 comportant

    d’une part, ce qui peut être considéré comme la version originelle (de 1948) du Concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur (de 1956) de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembe 1919 – Moscou, 26 février 1996),

    intitulée Concertino, et repertoriée comme opus 43 bis ;

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    et d’autre part, la version définitive (de 1956) de ce Concerto pour violoncelle et orchestre, répertoriée comme opus 43.

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    Avec, entre les deux,

    la Fantaisie pour violoncelle et orchestre, opus 52 (de 1953).

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    ELÉGIES

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    Mstislav Rostropovitch avait demandé un grand concerto à Mieczysław Weinberg, se souvenant du geste lyrique et des éclats de celui qu’il avait écrit pour le violon de Leonid Kogan, il reçut un requiem, deux lamentos entourant deux mouvements emplis de musiques klezmer, une œuvre si juive qu’elle était une déclaration de guerre au régime soviétique. Il ne barguigna pas, la créa, essaya de l’imposer contre les autorités, et surtout malgré le public, n’y parvint pas. L’œuvre est trop intime, trop émouvante pour le concert. Weinberg le savait bien : il l’avait tirée d’une partition plus radicale encore, un Concertino pour les seules cordes, deux lamentos et une célébration de la vie juive nostalgique.

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    Marina Tarassova s’est emparée de la première mouture, longtemps demeurée oubliée. Raphael Wallfisch dans ce nouveau volume de son cycle « Voices in the Wilderness », consacré aux concertos pour violoncelle de compositeurs juifs en exil (intérieur ou extérieur), confronte les deux, laissant à Łukasz Borowicz le soin de lui offrir des écrins _ orchestraux _ radicalement différents. On respire encore dans l’Opus 43 ; dans l’Opus 43bis le goût âcre des cendres pollue tout _ des expressions magnifiques d’une très grande justesse…

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    Au centre de ce disque terrible et exemplaire _ c’est dit ! _, une œuvre plus rare encore _ et formidablement émouvante _, la Fantaisie que Daniil Shafran créa avec le seul accompagnement d’un piano en 1953, suite libre de chants juifs et d’anciennes danses polonaises évoquées comme les souvenirs d’un monde disparu, œuvre bouleversante _ oui ! _ où Łukasz Borowicz créé un univers nostalgique avec le bel orchestre de Kristiansand, Raphael Wallfisch chantant et dansant d’un archet aux crins de moire.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Mieczysław Weinberg (1919-1996)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur, Op. 43
    Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52
    Concertino, Op. 43 bis

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    Raphael Wallfisch, violoncelle
    Kristiansand Symphony Orchestra
    Łukasz Borowicz, direction

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    Un album du label CPO 555234-2
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    Photo à la une : © DR _ 

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    Dans ma discothèque personnelle, je retiens surtout de l’interprétation de ces œuvres,

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    _ le CD Melodya MEL CD 10 02315,

    comportant  

    l’interprétation du Concerto pour violoncelle op. 43

    de Mstislav Rostropovitch avec l’Orchestre symphonique d’Etat de l’URSS sous la direction de Guennadi Rojdestvenki,

    enregistré dans la Grande salle du Conservatoire de Moscou en 1964 ;

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    _ le CD Channel Classics CCS 38116

    comportant l’interprétation de ce même Concerto op. 43

    par Nicolas Altstaedt avec le Deutsche Symphonie-Orchestre Berlin sous la direction de Michal Nesterowicz,

    enregistré à la Jesus Christus Kirche, à Berlin, en 2016 ;

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    et le CD Northern Flowers St Petersburg Musical Archive NF/PMA 99131

    comportant l’interprétation du Concertino pour violoncelle et orchestre à cordes op. 43 bis,

    par Marina Tarasova et l’Orchestre de chambre Musica Viva sous la direction d’Alexander Rudin,

    enregistré à Moscou en 2017.

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    Mais ce nouveau CD CPO 555 234-2 de Raphaël Wallfisch avec le Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Łukasz Borowicz, est sans conteste à marquer d’une pierre blanche…

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    Des chefs d’œuvre profondément bouleversants,

    d’un immense génie de la musique du XXe siècle : Mieczysław Weinberg (1919 – 1996) …

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    Ce lundi 6 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa