Étiquette : Munich

  • Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (1956 – 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

    Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (Vaux-sur-Mer, 25 juillet 1956 – Tours, 29 septembre 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

    …
    Oui, c’est bien un bouleversantissime testament musical et discographique – quelle merveille d’intensité (!) dans la délicatissime, déchirante et presque insoutenable, douceur de ce double adieu musical sublimé, et à l’œuvre et à la vie, et de Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich, 14 juin 1594), et de Lodovico Agostini (Ferrare, 1534 – Ferrare, 20 septembre 1590) : les « Lagrime di San Pietro » (1594) de l’un, et les « Lagrime del Peccatore » (1586) de l’autre, sont en effet, chacun, leur œuvre ultime, et de profonde en même temps que très humble réconciliation… – qu’avec l’extraordinaire saisissant CD Alpha 1209 « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini  » de son ensemble Doulce Mémoire – enregistré à l’Abbaye de Noirlac au mois de janvier 2025 – Denis Raisin-Dadre nous laisse, lui tragiquement disparu – assassinat ? suicide ? Qu’a donné l’enquête diligentée aussitôt par le procureur de la République ? Nous l’ignorons encore à ce jour… – en son domicile, à Tours, le 28 septembre 2025…
    …
    Et j’ai plaisir à renvoyer ici à la brève présentation du CD, à la page 60 – « Ici mêlées à celles de Lassus, les Lagrime d’Agostini sont l’opus ultime de ce musicien de la cour des Este… et le bouleversant testament de Denis Raisin-Dadre » lui-même – , et à l’article très détaillé que lui consacre l’excellent Denis Morrier à la page 84 du numéro 753 du magazine Diapason de ce mois de mars 2028 – le CD reçoit aussi la récompense archi–méritée d’un DIAPASON D’OR de ce magazine…
    Denis Morrier concluant ainsi son article de Diapason : « L’opus ultime d’Agostini sera donc devenu celui de Raisin-Dadre, qui achève son texte de présentation sur cette troublante citation du Cantique de Siméon : « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix »… »…
    …
    Le programme de ce CD, superbement conçu par Denis Raisin-Dadre, entremêle sans le moindre accroc à l’écoute, sinon de subtiles nuances et contrastes, les deux « Lagrime », celui « di San Pietro » de Lassus (de 1594, à Munich) et celui « del peccatore » d’Agostini (de 1586, à Ferrare), et après une brève somptueuse (!) impérieuse ouverture instrumentale empruntée au « Deficiat in Dolore » LV 977 de Lassus, s’ouvre et se clôt par deux sublimes Laudes anonymes chantées a capella : l’ultra-déchirant « Al pie del duro sasso », en plage 1 du CD, et le presque consolant « O Sacro Santo Legno », en plage 22 (et conclusive) de ce montage subtil et magnifique de Denis Raisin-Dadre…
    …
    En effet, s’entrecroisent ici 9 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime di San Pietro  » de Lassus, sur des textes de Luigi Tansillo (1510 – 1568) et un texte final, en latin « Vide homo », de Philippe Le Chancelier (1165 – 1236), d’après saint-Bernard de Clairvaux (1090 – 1133), avec 10 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime del Peccatore » d’Agostini :
    un montage superbe de Denis Raisin-Dadre, dont celui-ci explicite « cette mise en regard de ces deux œuvres testamentaires » de Lassus et Agostini », d’abord à la page 8 :
    « Mettre en regard ces deux œuvres, c’est mettre en valeur leurs contrastes, la retenue, l’intériorité, des Larmes de Saint-Pierre et l’effusion expressive des Larmes du pécheur  » ;
    puis à la page 10 de son lumineux livret :
    « La rigueur contrapuntique, la sublime retenue des émotions chez Lassus se révèlent encore plus – voilà ! – en contraste avec l’effusion émotionnelle des Larmes d’Agostini. Le chemin solitaire et douloureux de Pierre est adouci – plage 20 du CD – par le madrigal – « La Croce via fu« … – adressé à la Vierge, à la Samaritaine, et surtout par la possibilité d’une espérance donnée dans ce dernier madrigal : « La Croix fut jadis mort, elle est maintenant vie ».
    …
    Et Denis Raisin-Dadre d’ajouter in fine de sa présentation du livret, page 16, ces ultimes mots
    qui nous marquent encore davantage aujourd’hui que nous les découvrons, 5 mois après la disparition tragique du musicien, le 29 septembre 2025 :
    …
    « Au début et à la fin de ces Lagrime, j’ai voulu revenir à la simplicité, à la voix du peuple, celle qui chante les laudes, une musique simple, modeste, dépouillée des artifices et subtilités du madrigal spirituel. Ces refrains touchent le cœur aussi sûrement que le texte du Nunc dimittis – le cantique de Siméon, chanté lors de complies – si souvent mis en musique par Lassus à la fin de sa vie.
    …
    « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix selon la parole,
       Car mes yeux ont vu ton Salut. »  »…
    …
    …
    Les 7 chanteurs (Amélie Raison, Camille Fritsch, Brice Clavier-Homberg, Olivier Coiffet, François-Olivier Jean, Matthieu Le Levreur et Guillaume Olry)
    et les 7 instrumentistes (Eva Godard, Sarah Dubus, Johanne Maître, Elsa Franck, Jérémie Papasergio, Adrien Reboisson et Rémi Lécorché) de ce Doulce Mémoire que dirige merveilleusement Denis Raisin-Dadre, méritent chacun et tous notre profonde admiration…
    …
    Je me souviens d’avoir parlé à Denis Raisin-Dadre, notamment lors d’un bien beau concert de bande de hautbois donné dans la majestueuse grange dimière du château de Lanquais, en Dordogne – entre Bergerac et Lalinde – par La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, le 2 août 1992, il y a aujourd’hui presque 34 ans
    – Denis Mollat et son épouse Chantal étaient eux aussi présents ce jour-là à Lanquais ; et parmi les musiciens de cette belle bande de hautbois rassemblée par Hugo Reyne, intervenaient, aux côtés de Hugo et de Denis Raisin-Dadre, l’amie Laurence Pottier, et il me semble aussi Jérémie Papasergio, et peut-être Elsa Franck ; ces deux derniers qui maintenant prennent la suite de Denis Raisin-Dadre à la tête de l’ensemble Doulce Mémoire…
    …
    Profonde et très vive émotion !
    …
    Et admirez ici cette vidéo de 3’17 de Denis Raisin-Dadre dirigeant son Doulce Mémoire dans Lassus…
    …
    Ce dimanche 1er
    mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Continuer d’explorer le coffret Warner Classics « Wolfgang Sawallisch – Complete Symphonie, Lieder et Choral Recordings (1954 – 1997) », avec une clarté, un allant, une vigueur : après ses admirables Lieder de Franz Schubert, écouter aussi, et à nouveau au piano, ses lumineux Lieder du bavarois Richard Strauss, avec Lucia Popp, Margaret Price, Barbara Hendricks, et aussi Hermann Prey…

    En continuation de mon article du 21 juillet dernier « « ,

    …

    je désire ce dimanche 8 septembre continuer mon exploration de ce superbe cofffret Decca 4854364 de 43 CDs consacré à l’œuvre discographique de Wolfgang Sawallisch…

    …

    …

    Et je viens me pencher cette fois-ci sur les Lieder de Richard Strauss (Munich, 11 juin 1864 – Garmisch-Partenkirchen – Bavière, 6 septembre 1949),

    dans lesquels, ici à nouveau de son piano, Wolfgang Sawallisch accompagne les chanteurs :

    …

    dans ce somptueux coffret-ci Warner Classics, aux CDs 58, 59 et 60,

    …

    Lucia Popp (Zahorska, 12 novembre 1939 – Munich, 16 novembre 1993) _ en un enregistrement, au Kloster Seeon, sur le lac de Chiemsee, en Bavière, du 10 au 13 septembre 1984 _,

    Margaret Price (Blackwood, 13 avril 1941 – Cardigan, 28 janvier 1991) _ en un enregistrement, à Munich, aux mois d’avril et mai 1986 _,

    et Barbara Hendricks (Stephens – Arkansas, 20 novembre 1948) _ en un enregistrement, à Munich, du 12 au 14 septembre 1995…

    …

    …

    Mais il me faut ici y adjoindre, présent, lui depuis longtemps, en ma discothèque personnelle, l’admirable CD Philips 422 245-2 _ enregistré à Munich en novembre 1972 _ « Richard Strauss – 20 Lieder – Heimliche Auffforderung – Zueignung – Stänchen – Morgen – U. A.« 

    avec l’incomparable Hermann Prey (Berlin, 11 juillet 1929 – Krailling – Bavière, 22 juillet 1998).

    …

    …

    Toutes des interprétations de pure grâce, à Munich  et au lac de Chiemsee, au pays même de Wolfgang Sawallisch (Munich, 26 août 1923 – Grassau, Bavière, 22 février 2013)…

    …

    …

    Ce dimanche 8 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et retrouver Tore Tom Denys, ténor, dans le superbe CD Hyperion « Ludwig Daser – Missa Pater poster & other works » de l’ensemble Cinquecento…

    Et ce samedi 20 juillet,

    retrouver Tore Tom Denys, ténor _ et directeur du merveilleux ensemble Dionysos Now ! Cf notamment mes récents articles des 29 et 30 juin derniers « «  et « «  … _, dans le superbe CD Hyperion CDA 68414 « Ludwig Daser – Missa Pater poster & other works«  de l’ensemble Cinquecento est une grande joie musicale…

    …

    …

    Ce très beau CD « Ludwig Daser – Missa Pater poster & other works » _ écoutez ici ! _,

    c’est le récent article de Christophe Steyne, sur le magazine belge Crescendo, intitulé « Motets, chorals, et l’ultime messe de Ludwig Daser, magnifiés par les chantres de Cinquecento« , en date du 16 juillet dernier, qui m’a appris son existence ; et me l’a fait rechercher et découvri, et me procurer, parmi les bacs de mon disquaire préféré…

    …

    …

    Motets, chorals, et l’ultime messe de Ludwig Daser, magnifiés par les chantres de Cinquecento

    …

    …
    LE 16 JUILLET 2024 par Christophe Steyne
    …
    …
    …
    …

    …

    …

    Ludwig Daser (1526-1589) : Missa Pater Noster. Benedictus Dominus. Ad te levavi oculos meos. Dilexi, quoniam. Danck sagen wir alle. Daran gedenck Jacob und Israel. Salvum me fac. Fracta diuturnis. Fratres, sobrii estote. Christe, qui lux es et dies

    / Cinquecento Renaissance Vokal. Terry Wey, contreténor. Achim Schulz, Tore Tom Denys, ténor. Tim Scott Whiteley, baryton. Ulfried Staber, basse.

    Avec Franz Vitzthum, Filip Dámec, contreténor. Tomáš Latjkep, ténor. Colin Mason, baryton. Joel Frederiksen, basse.

    Octobre 2022.

    Livret en anglais, allemand, français.

    Paroles en latin, allemand et traduction en anglais et allemand.

    TT 69’46.

    Hyperion CDA68414

    …

    …

    L’heure de Ludwig Daser est-elle enfin venue ? Les mélomanes amateurs de la Renaissance dans l’aire sud-allemande connaissent peut-être le Benedictus Dominus à double-chœur introduisant cet album, puisqu’il figurait voilà vingt ans dans un programme sous la direction de Martin Zöbeley (Aeolus), et déjà en vinyle au milieu des années 1970 dans un volume de la collection « Bayern’s Schlösser Und Residenzen » consacré à Munich. C’est à la cour catholique de cette cité _ Munich, donc _ que Daser exerça comme maître de chapelle dès 1552 et pour une décennie, avant que ses convictions protestantes, peu en phase avec l’élan de la Contre-Réforme, l’amenassent en 1572 à Stuttgart détachée de l’influence vaticane. Dans ce nouveau cadre, deux pôles marquent alors son style _ et c’est bien sûr à relever _ : la manière polychorale italienne, et la compréhensibilité du texte asservie à la liturgie (conformément aux exigences de l’Église congrégationniste) et favorisée par la culture religieuse de ce compositeur qui avait étudié la théologie à Ingolstadt. Écrit en 1568 pour les noces du futur duc Guillaume V, un motet d’apparat prouve toutefois que Daser, même après son éviction, ne demeurait pas en mauvais terme avec la cour bavaroise.

    …

    …

    Après une récente monographie du Huelgas Ensemble enregistrée en 2021 à l’église Saint-Augustin d’Anvers (DHM) où Paul Van Nevel se concentrait sur la Missa Preter rerum seriem et la Missa Fors seulement, le présent CD dresse un portrait élargi. On y trouve une autre des vingt-deux messes, la toute dernière _ la Missa Pater poster _, en plain-chant, reposant sur plusieurs sources grégoriennes, dont l’Ave Maria et le Pater Noster qui lui donne son titre. Procédés en cantus firmus, en imitation, en canon, en paraphrase : un riche arsenal technique signe la virtuosité conceptuelle de l’auteur à son apogée _ voilà _ dans ce genre.

    …

    …

    Le programme inclut aussi deux chorals en langue allemande qui relèvent bien sûr _ en effet _ de l’office luthérien, tel qu’il se pratiquait auprès du nouvel employeur de Daser à Württemberg. En revanche, la sélection de sept motets en latin reflète un œcuménisme _ oui _ qui sied aux rites tant protestants que catholiques, et qui datent des deux périodes du compositeur, même si les modèles stylistiques ne sont pas étanches. Ainsi, le Benedictus Dominus à la manière polychorale vénitienne, et le motet Ad te levavi oculos meos et sa claire texture en accords, tous deux de la première époque munichoise, préfigurent-ils _ voilà _ deux aspects de la future esthétique développée à Stuttgart.

    …

    …

    Pour le Fracta diuturnis, l’interprétation a opté pour une approche en alternatim, mixant plain-chant et polyphonie, ainsi que nous l’explique une notice détaillée et érudite. Un des nombreux gages de l’intelligente approche menée par les chantres de Cinquecento, doublant ici son effectif par cinq invités _ oui, selon une pratique assez fréquente pour cet ensemble _, pour ces pages de quatre à huit voix. Formée à Vienne en 2004 _ voilà ! _ et fidèle dès son origine aux micros d’Hyperion, l’experte équipe livre ici des lectures bien pensées et sensibles, aussi transparentes que somptueuses _ oui, oui ! _, baignées d’une lumineuse et charismatique ferveur _ voilà ! _, –et captées dans une avenante acoustique. Saluons un collectif d’une rare cohésion, méritant mention spéciale pour les contreténors, qui scintillent dans des tessitures pourtant très périlleuses. Les sévères architectures, certes plus touchantes dans les motets, trouvent ici un parfait avocat pour la réhabilitation de cet attachant compositeur, coincé par la chronologie et la géographie entre deux pairs mieux connus : son mentor Ludwig Senfl puis le célèbre Lassus, qui respectivement le précédèrent et lui succédèrent sous le règne d’Albrecht V. Sans conteste : une parution majeure, et prioritaire pour découvrir Daser ! _ c’est fort bien affirmé !

    …

    …

    Son : 9,5 – Livret : 9,5 – Répertoire : 9,5 – Interprétation : 10

    …

    …

    Christophe Steyne

    …

    …

    Une musique _ et un compositeur Ludwig Daser (Munich, c. 1526 – Stuttgart, 25 mars 1589) _  servis par une interprétation _ de Cinquecento _ absolument splendides !!!

    …

    À découvrir !

    …

    …

    Ce samedi 20 juillet 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie…

    Benjamin Appl à nouveau superbe dans la réalisation très réussie _ quel beau timbre de voix, et quel subtil et évident art du chant ! _ d’un nouveau projet très original et singulier :

    …

    un bouquet magnifiquement composé de 19 Lieder _ avec piano, à l’origine _ de Franz Schubert en des adaptations orchestrales _ assez peu courues et ainsi rassemblées… _ d’Anton Webern (5), Max Reger (7), etc.,

    avec la complicité du chef _ natif de Ratisbonne (le 24 décembre 1995) comme Benjamin Appl (né le 26 juin 1982) _ Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester :

    …

    soit un album BR Klassik 900346 _ enregistré à Munich du 28 au 30 septembre, le 30 novembre, et les 1er et 2 décembre 2022 (Benjamin Appl vient d’avoir 40 ans ; et Oscar Jockel a tout juste 26 ans), et en une prise de son de Christine Voitz, d’une stupéfiante clarté et un exemplaire naturel ! ; l’album est sorti le 6 octobre dernier, il y a à peine 4 jours… _ à nouveau très prenant et vraiment plein de charme…

    …

    …

    De Benjamin Appl _ baryton bavarois, formé au très fécond Regensburger Domspatzen de Ratisbonne (et ultime élève de Dietrich Fischer-Dieskau), et désormais installé à Londres _, mais cette fois avec le seul piano de James Baillieu _ né, lui, en Afrique du Sud au mois de mars 1982 _,

    m’avait si fortement impressionné le très original et éminemment singulier CD Alpha 912 « Forbidden fruit » _ enregistré à Lugano du 27 au 30 juillet 2020 _, que je lui avais consacré rien moins que 4 articles, les 29, 30, 31 juillet et 1er août derniers :

    …

    « « ,

    …

    « « ,

    …

    « « 

    …

    et « « …

    …

    …

    De même,

    je m’étais tout de suite procuré le « Winterreise » schubertien de Benjamin Appl et James Baillieu, au piano, le CD Alpha 854 _ enregistré à Kentish Town, en Angleterre, au mois de septembre 2021 _, très réussi lui aussi.

    …

    …

    Incontestablement,

    ces 19 adaptations de Lieder avec piano seul de Franz Schubert (Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828) pour des interprétations avec accompagnement d’orchestre,

    et par des compositeurs aussi différents qu’Anton Webern (Vienne, 1883 – Mittersill, 1945) pour 5 Lieder, Max Reger (Brand, 1873 – Leipzig, 1919), pour 7 Lieder,  ou le contemporain Alexander Schmalcz (né à Weimar en 1969), pour 2 Lieder,

    mais aussi Johannes Brahms (Hambourg, 1833 – Vienne, 1897), Kurt Gillmann (Wannsee, 1889 – Hannovre, 1975), Felix Mottl (Unter Sankt Veit, 1856 – Munich, 1911), Benjamin Britten (Lowestoft, 1913 – Alderburgh, 1976), ou Jacques Offenbach (Cologne, 1819 – Paris, 1880), pour un Lied chacun,

    surprend, étonne, charme et enrichit notre écoute…

    …

    …

    En commençant ici par les 2′ 39 du très beau lied « Abendstern » de la première plage du CD, un lied de 1824 sur un poème de Johann-Baptist Mayrhofer, ici dans une orchestration d’Alexander Schmalcz,

    on pourra écouter, en suivant, l’ensemble des 23 plages _ ainsi accessibles ici à l’écoute _ de ce très beau original CD…

    …

    …

    De ce CD, je recommande tout spécialement la plage 5 (de 4′ 18) « Du Bist die Ruhe« , un lied de 1823 sur un poème de Friedrich Rückert, ici dans une orchestration d’Anton Webern,

    et la plage 18 (de 3′ 44) « Nacht und Träume«  _ peut-être mon lied préféré de Franz Schubert : extatique !.. _, un lied de 1825 sur un poème de Matthäus von Collin, ici dans une orchestration de Max Reger…

    …

    …

    À ces 19 Lieder chantés par le baryton éminemment charmeur _ quel naturel ! quelle clarté ! _ de Benjamin Appl,

    le CD adjoint, aux plages 3, 7, 13 et 20,

    10 « Deutsche Tänze (serie 1) » de Franz Schubert, adaptées pour l’orchestre par Johann von Herbeck (Vienne, 1831 – Vienne, 1877)…

    …

    …

    Le très grand talent d’interprète de Benjamin Apple, aidé ici de celui d’Oscar Jockel, est de ne jamais tomber en une réalisation hyperbolique, opératique, de ces Lieder en ces versions avec accompagnement symphonique _ toujours tendre, précis, doux, délicat et infiniment léger _,

    mais de savoir conserver et excellemment restituer l’intimité chaleureuse et tendre, complice, des humeurs des soirées de Liederabend, en un très attentif petit cercle d’amis proches, pour lesquels étaient donnés et créés ces Lieder avec un simple piano _ données du 26 janvier 1821, dans l’appartement de la famille von Schober, au 28 janvier 1828, chez Joseph von Spaun, pour ce qui concerne ces mémorables schubertiades auxquelles a participé Franz Schubert à Vienne… _,

    tout en procurant à ces si touchants et très variés Lieder, d’une infinie délicatesse, sans le moindre surlignage de moindre mauvais goût, cette coloration symphonique qu’ils comportent aussi, en très fin subtil filigrane,

    et que se sont amusés à leur apporter, à diverses époques de rayonnement de ces chefs d’œuvre intimes de Schubert _ très vite reconnus comme tels ! _, ces divers compositeurs ainsi orchestrateurs :

    …

    Jacques Offenbach (1819 – 1880),

    Johannes Brahms (1833 – 1897),

    Felix Mottl (1856 – 1911),

    Max Reger (1873 – 1919),

    Anton Webern (1883 – 1945),

    Kurt Gilmann (1889 – 1975),

    Benjamin Britten (1913 – 1976)

    ainsi que notre contemporain et en activité _ en particulier pour le magnifique Matthias Goerne.. _ Alexander Schmalcz (né en 1969) _ ici, en ce programme, pour les Lieder « Abendstern » et « An Sylvia« , un lied de 1826 sur un texte de Shakespeare (extrait des « Deux gentilshommes de Vérone« ) adapté par Eduard von Bauernfeld…

    …

    …

    Un CD tout simplement admirable : exceptionnel de justesse, clarté, naturel

    …et poésie.

    …

    …

    Benjamin Appl, décidément magnifique ; et plus que jamais à suivre…

    …

    …

    Ce mardi 10 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa