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  • Art et tourisme à Aix _ la « mise en tourisme » des sites cézanniens (2)

    Et maintenant, le récit de ma seconde visite aux sites de « création » cézanniens à Aix : celle de l’atelier du chemin des Lauves ;

    …

    en commençant par ce que je découvre sur le seuil de ce « dernier atelier » de Paul Cézanne ;
    ce qui peut se voir dans le jardin ;
    ainsi que ce que recèle
    , ce mois de juillet-ci, le petit appentis adjacent au bâtiment _ sur deux niveaux _ de l’atelier (« de Cézanne ») lui-même…
    …
    avant la découverte de l’atelier en tant que tel,
    à la très grande verrière ouverte sur le ciel…
    …
    En effet, la « réservation »
    _ prise, le matin, à l’Office de Tourisme de la Rotonde _
    prévoit que la visite
    _ de l’atelier proprement dit, qui occupe, à l’exception de l’arrivée de l’escalier, tout l’étage _
    commencera à 13h 30 :
    les visiteurs _ il est 13h 20 _ patientent donc sur la petite terrasse bien ombragée devant l’entrée,
    qui, assis sur des chaises devant quelques tables de jardin _ en train de « rédiger » quelques cartes postales, ou de se restaurer d’un sandwich ou de fruits _,
    qui, assis sur la petite murette surplombant la partie (très arborée) du jardin qui s’étend en contrebas, vers le canal du Verdon qui longe _ toujours _
    la propriété, un peu plus bas…
    A l’ombre, les visiteurs récupèrent un peu de leur montée de la colline sous le soleil…
    …
    Juste devant la porte d’entrée du rez-de-chaussée du (petit) bâtiment,
    se balance _ à la légère brise _ un panneau de plexiglas avec l’inscription :
    « L’art m’emmerde » « Érik Satie« …
    Tiens, tiens !!!
    …
    Je découvre alors qu’à l’appentis attenant, sur la gauche, au bâtiment de l’atelier lui-même,
    « se tient » une exposition Ben
    _ dont se reconnaît le graphisme
    qui lui sert, en effet, de marque d’identification _ ou d’ersatz de « logo » ;
    et ça marche, la preuve !.. Esse est percipi… _ visibilité, audibilité : le B-A BA de la « com » (audio-visuelle)…
    …

    Et, en parcourant la terrasse et ses environs immédiats,
    je découvre bientôt d’autres panneaux en plexiglas se balançant légèrement, eux aussi, à la  brise,
    dont celui-ci, toujours signé « Érik Satie » : « Si je rate, tant pis !.. C’est que j’avais rien dans le ventre !..«  (sic)…
    …
    Cela m’évoque le mot de Beckett, « tout frais » rapporté
    _ juste d’hier, en mon petit voyage marseillais _,
    en son atelier _ lui aussi !!! _, par Patrick Sainton _ me présentant son travail pictural personnel :
    « Rater mieux« …

    …

    Une formule (oxymorique) autrement élégante
    _ que celle de Satie (et de Ben Vautier…) _,
    chez ce virtuose (Samuel Beckett) des formules elliptiques :
    « Bon qu’à çà… »
    avait été, en effet, sa fulgurante _ mémorable _ réponse
    à l’enquête de Jean-François Fogel et Daniel Rondeau
    pour un « supplément » _ qui a fait date _ au quotidien Libération :
    « Pourquoi écrivez-vous ?« , en 1985…
    …

    Bref, « le style, c’est l’homme même« , retient-on de Buffon : celui de Ben,
    et celui de Satie,
    est assurément distinct
    de celui de Beckett
    et de Patrick Sainton ;
    ainsi, à mon appréciation, que de celui de
    Cézanne…
    …
    Bref, je préfère, à titre d’ »exposition-animation » complémentaire à la visite _ attractive à Aix : un must ! _ de l’atelier de Cézanne, les pièces sculpturales de Jean Amado
    réunies ici encore, dans le jardin de l’ »Atelier Cézanne », comme à l’entrée de la bastide du « Jas de Bouffan »,
    en un « Parcours d’Art » (selon une « idée » d’Alain Paire) :
    « La Bogue« , « Le Manège« , « La Mama« , « Le Gardien« , « Le Château d’ocre« , « Vaugeisha« …
    …
    bref, je préfère les sereines _ et idiosyncrasiques _ pièces (de sculpture) de Jean Amado à ces provocations _ « conceptuelles » » ? _ de potache
    de l’initiative du sieur Benjamin Vautier,
    afin de « casser »
    ce que pourrait avoir d’ »hagiographique »
    un « pélerinage » (« culturel » !), cézannien,
    ici,
    comme il put y avoir un « pélerinage wagnérien »
    à Bayreuth _ cf Albert Lavignac : « Le Voyage artistique à Bayreuth« , publié en 1897 à la Librairie Delagrave…
    …
    A 13h30, les visiteurs gravissent le petit escalier conduisant à l’atelier proprement dit
    occupant
    presque tout l’étage.
    …
    L’atelier _ « un lieu de vérité« , intitule superbement Bruno Ely sa première très riche contribution (pages 26 à 41) _ est constitué d’une vaste pièce _ « de 8 mètres de long, 7 mètres de large et son plafond sur corniche se trouve à 4,50 mètres de haut » (page 36) _ aux murs « gris clair«  _ selon Marcel Provence ; ou « un gris neutre, indique Gerstle Mack » (toujours page 36) _
    qu’inonde de lumière (et de ciel _ et du vert de l’olivette « presque de plain-pied » ; surtout depuis que les oliviers ont pris de l’ampleur : « certes taillée et entretenue, mais qui ne pouvait qu’avoir une incidence sur la lumière« ) une immense verrière _ de « 5 mètres de long sur 3 mètres de haut » (toujours page 36) _ ;
    avec, à l’extrémité « droite de celle-ci« , une très haute fente : « une fente verticale, protégée par un portillon blindé, ménagée dans l’épaisseur du mur, permettait de passer les toiles de grands formats comme les « Grandes Baigneuses »… » (page 36) _ cf aussi l’article de Joseph J. Rishel « Verrière et fente à l’Atelier« , pages 70 à 73 de ce même album (du centenaire : 1902-2002) « Atelier Cézanne« , édité par la Société Paul Cézanne et Actes-Sud, en 2002 _ ;
    …
    fente
    destinée
    , donc, à laisser passer au dehors les toiles de très grand format
    _ « monumentales« 
    : 127,2 x 196,1 cm pour la toile de la National Gallery de Londres, par exemple _ qu’étaient les différentes « Grandes Baigneuses » de Cézanne :
    « trois peintures tardives ont nécessité un tel aménagement pour leur permettre entrée et sortie de l’atelier sans qu’il fut nécessaire de les détacher de leur châssis et de les rouler » (page 72) ;
    …
    et qui « se trouvent respectivement maintenant à Philadelphie (NR 857),
    à la collection Barnes de Marion (NR 856), Pennsylvanie ;
    et à la National Gallery de Londres (NR 855)
     » : trois sommets de l’œuvre cézannien…

    …
    Joseph J. Rishel en conclut :
    « Voilà au moins une référence datée (septembre 1902
    _ achèvement de la construction de l’atelier du chemin des Lauves)
    permettant d’attester qu’en s’installant à l’atelier des Lauves, le peintre planifiait les grandes œuvres
    que dorénavant nous connaissons.
    Peut-être avait-il déjà engagé un tel travail :
    ne pouvant le poursuivre nulle part

    _ pas à l’atelier, plus exigü, de la rue Boulegon _,
    il envisagea l’atelier _ du chemin des Lauves _ avec cette fente pour un projet monumental. »
    …
    Quant à Philip Conisbee,
    au chapitre « L’Atelier des Lauves »
    du si beau _ et indispensable à tout « cézannien » ! _ « Cézanne en Provence« 
    (livre _ publié par la RMN _
    et expo : à la National Gallery de Washington, du 29 janvier au 9 mai ; et au Musée Granet d’Aix-en-Provence, du 9 juin au 17 septembre) de 2006 _
    réalisé par Philip Conisbee et Denis Coutagne,
    …
    il précise et résume magnifiquement ainsi _ page 259 _ le développement _ pages 252 à 259 _ qu’il vient de consacrer à ces « Grandes Baigneuses » :
    …
    « « Les Grandes Baigneuses » sont les plus importantes œuvres provençales de Cézanne,
    en raison des souvenirs, des émotions et des désirs qu’elles impliquent

    _ voilà qui,
    sans entrer dans quelque chose comme des implications (et arcanes) psychanalytiques,
    mériterait certainement un commentaire (et une recherche) plus fouillé(s)… _,
    …
    peintes comme elles l’ont été dans l’atelier spécialement construit pour elles sur son sol natal.
    …
    Elles furent ce dont il rêvait,
    une fusion harmonieuse d’un désir érotique incarné dans les figures humaines d’imagination
    _ et non d’après modèles (nus) vivants… _ peintes de façon luxuriante
    et placées dans un paysage présent et senti

    _ dans une lumière doublement radieuse ! si je puis me permettre d’ajouter…
    …
    Ces peintures pleines de lumière
    _ c’est même un euphémisme ; la lumière venant aussi de l’artiste lui-même, et pas seulement du ciel d’Aix ! _,
    montrent comment Cézanne assimilait les leçons apprises alors
    _ c’est-à-dire tout au long d’ »une vie » (de soixante-trois ans en 1902),
    elle aussi (telle la vie de Granet), cher Denis Coutagne,
    « une vie pour la peinture« … _ ;
    …
    comment Cézanne assimilait les leçons apprises alors
    d’après nature

    _ le point est, lui aussi, crucial ! _,
    par exemple durant ses visites au bord de l’Arc,
    où il saisit l’éclat d’un reflet lumineux dans une aquarelle telle que
    « Le Pont des Trois Sautets » (cat. 130 _ page 276 de l’album : dépourvue de personnages ; ni baigneuses, ni baigneurs…),
    pour l’adapter à une rayonnante aquarelle représentant des nus jouant,
    « Baigneurs sous un pont » (cat. 131 _ page 277, en vis-à-vis : le titre étant, alors, « Baigneuses sous un pont« ).
    …
    L’impression ouverte et aérée des « Grandes Baigneuses » de Philadelphie (fig. 13) _ poursuit Philip Conibee page 259 _,
    avec son
    _ = du tableau _ lumineux ciel bleu pâle,
    doit sans doute beaucoup aussi

    _ et voilà le point qui concerne notre atelier,
    sa (grande) verrière et sa (haute) fente ! _
    …
    à la possibilité qu’avait le peintre de le _ = ce tableau ! _ faire entrer et sortir de l’atelier,
    au point qu’on pourrait dire qu’elle
    _ = cette œuvre-ci _ réconcilie parfaitement ses activités _ = de l’artiste peignant _ dans l’atelier avec celles _ toujours peignant _ de plein air,
    …
    son imagination et son expérience
    _ « expérience » tout uniment d’homme et d’artiste, si intimement mêlés et tissés, l’homme et l’artiste, en cette vie si riche d’attention (« æsthétique », dirais-je, un peu pléonastiquement),
    par les œuvres, par les pinceaux s’exerçant par « application » des touches de couleur sur la toile _ ;
    …
    son imagination et son expérience _ donc _ de la lumière dans la nature«  (page 259).
    …
    Pénétrer ainsi dans l’atelier « gris » _ cf Vincent Bioulès « L’Atelier gris de Cézanne » _
    permettant _ au visiteur de l’atelier du chemin des Lauves _ de s’en rendre (si peu que ce soit) compte, d’une irremplaçable _ et mémorable, du moins je le suppose _ façon…

    Tel me paraît être ici le « véritable » enjeu _ en un tel « lieu de vérité« , pour reprendre le si juste titre donné à la première (des pages 26 à 41) de ses trois contributions par Bruno Ely… _ d’un juste regard æsthétique, pour qui passe en un tel site…

    …
    Alors, comment s’est déroulée cette seconde _ après celle du « Jas de Bouffan » : la chronologie cézannienne étant même respectée _ ;
    cette seconde « visite » ?
    …
    Au lieu du diaporama passionnant (et accompagné d’une très belle musique) de Gianfranco Iannuzzi,
    et des interventions vivantes de la guide-conférencière Christiane,
    deux jeunes filles
    _ qui « surveillent » aussi ce lieu, dans lequel Marcel Provence a « religieusement  » « conservé » ce qui demeurait là de Cézanne
    (après le décès de celui-ci, le 23 octobre 1906
    et l’achat, en 1921, de l’atelier qui lui fut cédé par le fils unique du peintre, Jean-Pierre Cézanne ;
    et une fois récupéré par la famille le plus précieux des œuvres et des objets personnels de Paul Cézanne) ;
    …
    quand, en 1921, Marcel Provence obtint de « veiller » _ sa vie durant (1892 – 1951) : ce qui fera trente ans _ au souvenir de ce génie aixois, si mal reconnu jusque là par les concitoyens de sa ville ;

    …

    deux sympathiques jeunes filles, donc, proposent de « répondre » à vos éventuelles questions,
    en vous laissant le soin de regarder vous-même

    tout seul

    le bric-à-brac conservé et/ou accumulé ici,
    qui peut vous « parler » de ce que « faisait » (= « créait ») ici même le peintre ;

    …

    pour peu que vous vous penchiez sur lui, ce bric-à-brac d’objets divers, et l’interrogiez  _ sinon, il demeure(ra) muet…
    …
    De fait, les amoureux de Cézanne « re-connaîtront » maint ustensile peint par le « maître »,
    à commencer par le petit « Amour » de plâtre qui a pu être dit « de Puget« 
    _ ce géant baroque marseillais (Pierre Puget : 1620 – 1694
    cf l‘expo rétrospective de Marseille, au Centre de la Vieille Charité et au Musée des Beaux-Arts, en 1994-1995 : « Pierre Puget, peintre, sculpteur, architecte _ 1620-1694« , publié à la RMN) _ ;

    …

    « l’Amour en plâtre plusieurs fois peint par Cézanne, particulièrement vers 1895« ,
    précise à propos de cet « Amour » Bruno Ely, page 106,
    en sa seconde remarquable contribution, elle aussi, « L’Atelier au temps de Marcel Provence » (pages 78 à 117 de l’ »Atelier Cézanne« )
    _ cf par exemple « L’Amour en plâtre » (conservé à Londres, au Courtauld Institute), page 107,
    ou « L’Amour en plâtre » (conservé au Nationalmuseum de Stockholm), NR 782, page 140 de l’album de l’expo de 2006, « Cézanne en Provence« …
    …
    « ce plâtre d’après Duquesnoy avait été attribué à Pierre Puget _ précise encore Bruno Ely, page 106 _ dont Gasquet fait dire à Cézanne : « il y a du mistral _ plutôt, me semble-t-il qu’avec une majuscule : « Mistral » !.. _ dans Puget »… » Et « le moulage de l’atelier est signé « François » _ le prénom de Duquesnoy (1597-1643) _ sur le socle » (toujours page 106 de l’ »Atelier Cézanne« ).

    …

    Il n’empêche…
    le regard se perd un peu
    dans ce vénérable bric-à-bac cézannien _ peu ou prou _ ;
    …
    faute d’assez de « focalisation »
    de notre part de « regardeur »-spectateur ;
    pas assez « actif » ici
    ;
    …
    alors que nous aidaient à le devenir _ « regardeur-spectateur » en acte (et « en actes » ; les deux …) _
    et le brillant, détaillé et judicieux diaporama (de Gianfranco Iannuzzi),
    et les échanges vivants avec la guide conférencière (Christiane)
    effectuant, par sa parole mobilisée, un riche mouvement de va-et-vient
    entre les éléments physiquement présents du site
    (du « Jas de Bouffan »)
    et les œuvres de Cézanne élaborées ici même, en leur temps
    ;
    dont la guide-conférencière recherchait, manuellement,
    en tournant les pages de son cahier d’œuvres du maître ;
    et nous montrait alors, les images

    à regarder d’autant mieux…
    …
    Artisanalement,
    et au rebours d’un produit « tout-fait » _ « packaged » _ se « déroulant » mécaniquement…

    Il ne faut pas que tout soit trop « fini » _ cf le mot de Flaubert : « la bêtise, c’est de conclure » ;

    et l’Art, nous en préserve, mieux que bien des « savoirs » trop _ faussement _ certains (= « arrêtés »), eux…

    …
    L’important, pour le voyageur-visiteur _ qui y passe, « itérativement », un minimum de temps _ est de passer
    de la passivité consumériste
    (mécanique _ comme sur des roulettes ou des tapis roulants : ce qu’offrent les technologies « automatisées » d’aujourd’hui ; quand il suffit de se brancher sur le disque ou le film, qui se déroule au rythme pré-programmé, c’est-à-dire sans nous…) ;
    à l’activité (de son esprit, sollicité, et mobilisé, lui) ;

    afin de (re-)prendre en quelque sorte, à son tour, le chemin
    de l’œil _ face au motif _
    et de la main _ face à la toile _
    de l’artiste créant…

    …
    Comme ac-compagnant, alors, au présent de son « at-tention »

    _ et si possible « intensive », « intensément » _

    le « génie » _ tâtonnant _ du créateur que, lui-même, plus ou moins fébrilement, alors « cherchait »
    en sa gestique
    (assez cahotante et risquée :
    Cézanne est connu pour avoir lacéré des toiles : à Bibémus, par exemple…) ;

    …
    cela nous renvoyant, encore une fois, à nouveau,
    aux problématiques æsthétiques
    de « L’Acte esthétique » selon Baldine Saint-Girons ;
    et de l’ »Homo spectator« selon Marie-José Mondzain…
    …
    Après ces deux _ petites _ analyses d’ »impressions »
    de deux visites de sites de création cézanniennes à Aix
    , ce 21 juillet-ci, en l’occurrence,

    …

    il me reste à mener
    _ en un 3ème et dernier volet de cet article _
    une réflexion (de conclusion) un peu plus synthétique
    et générale _ voire universelle _
    sur Art et Tourisme
    aujourd’hui…

    …

    Et qui pourrait « intéresser » les villes
    _ dont Bordeaux et Marseille
    (« avec » le pays d’Aix ;
    ainsi que Toulouse et Lyon) _
    encore en lice
    pour le « label » de « capitale européenne de la culture » en 2013
    …
    …
    Titus Curiosus, ce 2 septembre 2008

  • Art et tourisme à Aix _ la « mise en tourisme » des sites cézanniens (1)

    Sur la « mise en tourisme« 
    _ une expression sous la plume de Michel Fraisset, en 2002
    (in « Aujourd’hui l’Atelier Cézanne…« ,
    dans la partie intitulée « Témoignages » de l’album « Atelier Cézanne« , édité par Actes-Sud et la Société Paul Cézanne,
    à la page 176) _
    des sites cézanniens d’Aix (et du pays d’Aix)…
    …
    Ou,
    à partir de mon séjour _ riche de rencontres et découvertes ! _ à Aix-en-Provence du 19 au 23 juillet dernier,
    un commentaire des formules de Michel Fraisset _ « Directeur de l’Atelier Cézanne, Adjoint de Direction, Responsable de la Communication » de l’Office de Tourisme d’Aix-en Provence _
    précédant immédiatement l’intitulé (en cet article, sien) « La mise en tourisme de l’Atelier de Cézanne » ;
    formules que voici :
    …
    « En 1969, l’Université cède à la Ville l’Atelier _ de Cézanne sur le chemin des Lauves _, qui devient « Musée Municipal Contrôlé » en 1979.
    En 1997, une nouvelle étape est franchie. Par délibération du Conseil Municipal en date du 30 septembre 1997, la Municipalité confie la gestion de l’Atelier Cézanne à l’Office de Tourisme.
    Crainte pour les uns, défi pour les autres… Tourisme et Culture allaient-ils faire bon ménage ?
     »
    …
    D’abord,
    et en « avant-propos », en quelque sorte _ le lecteur un peu patient ne devrait pas trop, je l’espère, en pâtir ! _,
    le cadre et le contexte de mon séjour de « découverte » d’Aix, en ce mois de juillet.
    …
    Je venais à Aix « rencontrer » (et « faire la connaissance » de visu de) Michèle Cohen, la directrice de la Galerie La NonMaison
    _ NonMaison sise 22 rue Pavillon à Aix-en-Provence,
    au sud-est de la cité intra muros _ si je puis dire, maintenant que ces « murs » sont « tombés » _, non loin de l’église Saint-Jean-de-Malte et du Musée Granet
    (au quartier Mazarin ;
    le bâtiment du Musée est contigu à l’église, dont il constituait une « dépendance » conventuelle) _ ;
    …
    Michèle que je ne « connaissais » jusqu’ici que par l’écrit (d’échanges de courriels)
    et par la voix (de coups de téléphone)…
    …
    et par l’intermédiaire de (= grâce à) notre ami commun, Bernard Plossu
    auquel j’envoie régulièrement ce que j’écris _ et qu’il peut lire entre deux « voyages », expéditions, marches, photographiques ;
    …
    et lequel a d’enthousiasmants projets (d’expositions photographiques : forcément !..)
    avec Michèle,
    en plus de l’expo « Bernard Plossu – Patrick Sainton : Ateliers parallèles »
    qui s’est tenue du 12 janvier au 29 mars 2008 à la NonMaison… ;
    …
    Michèle m’ayant proposé d’intervenir en son cycle de conférences « voir ou entendre »
    sur le sujet de la « rencontre »
    ,
    sur lequel, « sujet », j’ai écrit un _ long _ essai, qu’elle a lu : « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise« ,
    ayant pour sous-titre « Ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni » ;
    …
    je devais venir « donner cette conférence » _ « le NonArt du rencontrer » _ à Aix le 22 juillet ; mais Michèle a préféré reporter la rencontre _ avec les fidèles passionnés de La NonMaison _ à l’automne ;

    …

    et j’ai souhaité venir à Aix en juillet,
    avançant même mon voyage (du 21) au 19 juillet, de façon à pouvoir _ aussi _ accompagner Michèle à la cérémonie de commémoration du dimanche 20 juillet au Camp des Milles ;

    …

    afin de « rencontrer » Michèle _ avec sa très rare qualité d’attention (« artistique ») _ autrement (et « mieux »)
    que par courriel et coups de fil téléphoniques
    , donc.

    …
    Bref,
    séjournant à Aix
    (avec passages aussi par Marseille, La Ciotat (ainsi que les Milles),
    « à côté de » ce qu’avait _ déjà copieusement : et ce sera fastueux… _ prévu Michèle
    _ à la Non-Maison,
    …
    à Marseille (merveilleux déjeuner aux Goudes, avec François Cervantès
    …
    _ lui-même merveilleux pilote d’une découverte panoramique de Marseille, depuis l’Estaque
    jusqu’à l’île « des Singes » (l’île Maire, au cap Croisette),
    …
    en passant par le Vieux-Port, le Quai des Belges, la Criée,
    un court (et remarquablement « parlant » :
    tout, ou, en tout cas, beaucoup
    est là !!!)
    arrêt panoramique sur la baie _ somptueuse :
    on comprend les Phéaciens d’avoir élu ce site d’ »installation »-là !!! _
    pour jeter un coup d’oeil au
    _ remarquable : sur les « villages » dont se compose en fait Marseille _
    Vallon des Auffes ;
    …
    Endoumes _ la villa de Roland Petit devant le Château d’If et les îles du Frioul _,
    Le Prado, Bonneveine, La Pointe-Rouge, La Madrague-de-Monredon
    _ tous noms qui ne vont pas tarder à me parler
    (à partir de Granet,
    par exemple celui de Jean-Antoine Constantin, son maître si décisif pour (toute) « une vie pour la peinture« , selon la si juste expression choisie par Denis Coutagne pour titre de son si beau livre ;
    puis Cézanne lui-même) _ ;
    …
    Bref,
    séjournant à Aix (avec passages aussi par Marseille, La Ciotat (ainsi que les Milles),
    à côté de ce qu’avait prévu Michèle
    _ à la Non-Maison,
    à Marseille,

    à La Ciotat,
    au quai de gare à proximité immédiate _ deux cent mètres à peine, à pied, du camp (de transit vers Drancy, puis Auschwitz) _
    au village des Milles,
    …
    je n’avais _ n’ayant nulle personne de ma famille
    ou de mes connaissances
    à « rencontrer » à Aix ou dans la région _
    nulle contrainte d’obligation ;
    et disposais donc, « royalement »,
    de l’entière plénitude et souveraineté de mon temps
    _ un temps de disponibilité à l’altérité

    …
    des choses, des lieux :
    la ville d’Aix, d’abord et principalement
    _ comme si j’avais rendez-vous, aussi (en plus de Michèle), avec elle : la ville !

    afin d’en saisir, un peu, « quelque chose » : de son « génie »
    singulier,
    de ses « humeurs »,
    de son idiosyncrasie,
    de sa lumière
    sur la couleur de ses crépis, de ses ombres dans les rues, ruelles,
    ou sur l’ample esplanade de promenade _ à platanes _ du beau cours Mirabeau ;
    ou sur les nombreuses et diverses et variées places et placettes de la cité des Comtes de Provence

    …

    _ et du « bon roi » René (1409-1480, fils de Louis II, duc d’Anjou, devenu éphémère roi de Naples, de 1435 à 1442, mais qui se préférait, Comte de Provence

    _ à la mort de son frère aîné, le duc Louis III d’Anjou, en 1434 _,

    dans sa bonne ville d’Aix, où « le bon roi » René mourut, le 10 juillet 1480) ;
    …
    ainsi que,
    en matière de « disponibilité à l’altérité »,
    une « disponibilité » à l’ »altérité » de « rencontres avec »
    des personnes

    _ une ville étant aussi, et sans doute d’abord, « faite » _ « tissée » _ des « humeurs, aspects, allures, démarches _ en marchant, déambulant _ de ses habitants ;
    …
    et je vais en faire, de ces « rencontres » de « personnes » :
    Madame Dominique Johner _ professeur d’Histoire de l’Art _, à la NonMaison, dès mon arrivée, le vendredi soir à 19h
    (qui va nous parler _ Michèle est là _ de l’oeuvre de Jean Amado _ exposée en divers lieux d’Aix ;
    …
    Alain Paire _ qui est l’inspirateur et l’organisateur de ce « Parcours » de découverte de l’œuvre de Jean Amado _ 1922-1995) _ en sa librairie-galerie de la rue du Puits-Neuf ;
    …
    Christiane, la guide-conférencière « animant »,
    de sa culture vivante et de ses photos d’œuvres de Cézanne,
    la visite du « Jas de Bouffan »
    _ principalement le « bassin » au lion et au dauphin
    et l’ »allée aux marronniers » de derrière le « Jas » _ ; et qui m’indique et la brasserie du Roi René : et le brasserie Léopold (qui me donneront pleine satisfaction) ;
    …
    Michel Fraisset,
    quand j’allais rencontrer au sous-sol du remarquable Office de Tourisme,
    2 Place du Général de Gaulle,
    autrement dit, sur la très belle Place de la Rotonde, et sa vaste fontaine chantante,
    au débouché spectaculaire du Cours Mirabeau ;
    …
    quand j’allais rencontrer,
    grâce à l’amabilité-serviabilité des hôtesses de l’Office,
    la responsable de la communication, Madame Bernadette Marchand :
    je désirais indiquer (en mon futur article sur ma visite à Aix)
    les auteurs de la très réussie animation vidéo (= diaporama) du Grand-Salon du « Jas de Bouffan » :
    Gianfranco Ianuzzi, en l’occurrence, vais-je apprendre ; mais je n’avais pas eu le temps de le « saisir », au générique final du diaporama… ;
    …
    je reprends l’élan de ma phrase :
    …
    bref, je disposais « royalement »
    de l’entière plénitude et souveraineté de l’organisation de mon temps de séjour à Aix
    ;
    …
    mon unique « projet », avais-je signalé à Michèle,
    concernait une visite à l’expo Granet _ le Musée Granet ayant son jour de fermeture le lundi,
    et ouvrant ses portes à 11 heures :
    nous avions donc décidé d’aller en parcourir ensemble les galeries,
    Michèle, moi-même
    ainsi que Bernard Plossu si, toutefois, Bernard était rentré à temps de Spilimbergo (dans le Frioul, près d’Udine)
    où il recevait un prestigieux prix de photographie italien
    _ ce qui ne se fera pas ; à cause d’un retard de train quelque part sur le trajet de retour de cette Vénétie Julienne,
    entre Trieste et Venise, au pied des Dolomites :

    …

    ma (longue) passion (et début de « connaissance » « un peu approfondie »…) de Rome _ ainsi que je l’annonçais en mon article d’ouverture de ce blog _ « le carnet d’un curieux » _, ainsi que ma lecture (rapidissime, elle, alors _ la veille de venir à Aix ! _, du « François-Marius Granet 1775-1849_ Une Vie pour la peinture » de Denis Coutagne, avec, notamment le brillant et, plus encore que brillant, très judicieux « avant-propos » _ ou plutôt « Préface » _ de Marc Fumaroli, m’offrant comme une un peu pertinente « introduction » à une visite « attentive intensive » de cette très riche _ sur trois niveaux de galeries _ exposition rétrospective de celui qui s’est accompli, en « artiste » (de paysages), à Rome, les vingt-sept années qu’il l’a, en long et en large _ comme seulement il convient ! _, « arpentée », ses carnets à croquis en permanence à disposition _ ainsi que le magnifique portrait de 1809, par Ingres _ nous le donne à regarder (ou « imaginer« ) : « Sous son bras, Granet tient un portfolio à son nom« , souligne Philip Conisbee, page 124 du  livre, « et l’on peut ici imaginer qu’il transporte quelques uns de ses croquis romains » _ ;

    …

    les ving-sept années que Granet, donc, l’a « arpentée », cette « belle Rome« , ainsi qu’il la nomme encore en 1830 dans une lettre à Ingres : « Il est bien vrai que je suis dans cette belle Rome où nous avons passé les plus beaux jours de notre vie » _ toujours page 124 de ce même, irremplaçable, livre de Denis Coutagne ;

    …

    (cf mon article « François-Marius Granet, admirable tremblement du temps, Aix, Paris, Rome« )…
    …
    Donc,
    je disposais de mon lundi à Aix.

    …
    Ici commence le récit de ma découverte de quelques sites cézanniens
    et du sujet de mon article : « Art et tourisme à Aix _ la « mise en tourisme » des sites cézanniens » ;
    ce qui précède jusqu’ici

    n’en constituant que le « pré-ambule » ;

    …

    « pré-ambule » à cette « ambulation », _ pedibus _
    entre l’Office de tourisme,

    le « Jas de Bouffan » _ la visite commentée (par Christiane) débutait à 11 heures _,

    l’atelier (dit « Atelier de Cézanne » ; ou « Atelier Cézanne« ) du chemin des Lauves (visite à 13h30) ;

    et quelques regards rapides sur quelques autres lieux cézanniens,

    tel, par exemple son dernier domicile (à partir de l’automne 1999, après la vente du « Jas de Bouffan ») _ et lieu de son dernier souffle, le 23 octobre 1906, officiellement constaté à 7 heures du matin _ de la rue Boulegon, au numéro 23 de cette rue (dans laquelle se trouve aussi la banque qu’avait créée son père, transférée là en 1856 : au numéro 13…

    …

    L’excellent fascicule « Sur les pas de Cézanne » conçu, mis au point et diffusé par l’Office de Tourisme d’Aix-en-Provence, dénombre 34 lieux cézanniens à Aix _ avec plan détaillé (et commentaires efficaces de quelques lignes pour chacun de ces lieux)… Connaître le chiffre de diffusion quotidien, de ce fascicule serait à coup sûr, édifiant ; et selon les diverses langues de cette diffusion : ainsi ai-je remarqué, lors de mes divers passages à l’Office _ le premier des deux hôtels où j’ai logé (excellemment, les deux fois) étant, s’agissant de l’Hôtel de France, situé rue Espariat, tout proche ; l’autre était l’Hôtel Cardinal, à portée de voix, lui, et du Musée Granet, et de Saint-Jean de Malte, rue Cardinal… ;

    …

    ainsi ai-je remarqué _ ainsi que dans ces deux hôtels _, la proportion importante de visiteurs japonais ; n’hésitant pas à poursuivre plus avant _ par exemple, en remontant au pic du soleil _ vers les 14h 30 _ le chemin des Lauves (et le chemin de la Marguerite), vers la colline d’Entremont, à rechercher _ de leur regard, à leur tour _ les perspectives qui furent celles de Cézanne « peignant » son motif  _ « sacré » _ de la Sainte-Victoire…

    …
    Pour la visite des carrières de Bibémus, je m’y étais pris trop tard : si le départ (en bus : du parking des « 3 Bons Dieux« , assez éloigné lui-même du centre-ville d’Aix) avait bien lieu à 9h 45, il aurait fallu venir chercher la « réservation » bien plus tôt qu’aux alentours de 9h 15, 9h 30 à l’Office de Tourisme de la Rotonde ; et surtout se rendre pour cette heure-là à ces « 3 Bons Dieux« -là… : ce sera donc pour une autre fois…

    …

    Alors maintenant, mes « observations » sur ces deux visites _ et leur « organisation » par l’Office de Tourisme d’Aix-en-Provence _ au « Jas de Bouffan » _ route de Galice _ et à l’ »Atelier Cézanne » _ du chemin des Lauves (désormais « Avenue Paul Cézanne« , au numéro 9)…

    …

    Je prends donc une réservation pour le « Jas de Bouffan » à 11 heures ; et une pour l’ »Atelier Cézanne »  à 13 heures 30 ; et me mets en route vers la route de Galice, d’un bon pas…

    …

    Si le « Jas de Bouffan » se trouvait aux temps des Cézanne père et fils en rase campagne,
    le lieu, avec sa ferme et de ses vergers, sur la route de Galice,
    s’est trouvé bientôt « rattrapé »
    par l’urbanisation galopante

    depuis les 1899 de la vente de la propriété par Paul Cézanne et ses sœurs,
    après le décès de leur mère (le 25 octobre 1897, à son domicile du 30 Cours Mirabeau),
    après celui de leur banquier de père, mort à son domicile du « Jas de Bouffan », le 23 octobre 1886, lui…
    …
    Si Paul Cézanne a accepté de se défaire de ce lieu où il disposait d’un grand et bel atelier
    :
    avec une haute verrière, dépassant sur le toit ; bien que supprimée par les nouveaux propriétaires :
    son aménagement sous les combles rompait l’ordonnancement tout classique du bâtiment
    _ sur la gauche, quand on se trouve face à la (grande et belle) bâtisse XVIIIème, par l’allée (récente) plantée de peupliers ;

    …

    néanmoins, disposant de trois quart d’heure de patience,
    après avoir eu tout le loisir de contempler de près les trois œuvres monumentales de Jean Amado disposées ici,
    en une étape d’un « Parcours d’art Jean Amado » (qui s’achève ce dimanche 31 août même, je m’en avise…) :
    « Le Doute et la pierre« , au milieu de l’étendue de gazon  que bordent les peupliers ;
    et, juste devant l’entrée de la bastide :
    « Les Degrés vertigineux »
    et « Le Passage » _,
    …
    j’avais bien perçu une « anomalie » dans la frise (élégante) bordant le toit ;
    « anomalie » qu’une photo ancienne
    donnant à contempler l’état de la haute verrière (débordant sur le toit, donc…) de l’atelier de l’artiste,
    m’a, plus tard, confirmée ;
    …
    si Paul Cézanne a accepté, en 1899, de se défaire de ce lieu où il disposait d’un si grand et bel atelier,
    ce fut sans doute un peu plus que pour complaire à sa plus jeune sœur, Rose, et à son beau-frère, Maxime Conil _ qui avait besoin de « liquidités »…

    …

    Sans doute, Paul Cézanne a-t-il eu, aussi, des « raisons » de peinture _ et de choix de « motif », nous « souffle » Christiane : il avait peut-être « épuisé » les « vues » depuis le « Jas de Bouffan »,
    et depuis Bellevue et Montbriand _ propriétés présentes ou anciennes (revendues) de sa sœur Rose et de son beau-frère Conil _
    de (ou « sur ») la Sainte-Victoire,
    qu’il cherche à peindre désormais « de plus près »
    ;

    …

    c’est probablement là une des raisons de l’achat par Paul Cézanne
    d’une propriété sur le chemin des Lauves
    ,
    puis de la construction sur ce lieu-là d’un atelier _ à immense verrière ! et à l’horizontale aussi, cette fois, et pas seulement en hauteur ! _,
    proche de collines _ au-dessus d’Aix _ avec un angle de vue plus large et plus rapproché, à la fois, de (ou « sur ») la Sainte-Victoire ;

    …

    comme de ses « installations » à « Chateau-Noir » _ qu’il ne parviendra pas, toutefois, en dépit de son insistance, à se faire céder (par ses propriétaires : il n’en sera jamais qu’un partiel locataire…) _ ,
    et dans les carrières de Bibémus,
    auprès, parmi, dedans, au sein
    des veines géologiques
    d’où surgit le très imposant motif auquel l’artiste a décidé de « donner »

    _ s’y glissant dedans (« dans les plis« , dirait un Henri Michaux) _

    toutes ses dernières forces
    afin de « s’y confronter » ; « l’affronter »
    ; « titanesquement », avec sa palette ; avec son chevalet ; et avec ses toiles _ comme nous l’a confié la passionnante guide-conférencière Christiane, peu après.
    …
    A 11 heures, les visiteurs, trois couples ainsi que moi-même,
    sommes introduits dans le grand salon _ désaffecté du temps même des Cézanne, déjà… _,
    que le père avait accepté de « laisser » à son fils (qui s’obstinait à la peinture !) comme un « premier atelier » ici ;
    et que Paul Cézanne avait « décoré » de diverses peintures au mur,
    depuis dispersées par les propriétaires, une à une, depuis 1899…
    …
    Nous sommes alors conviés à regarder un spendide diaporama (d’à peu près vingt minutes _ de Gianfranco Iannuzzi, selon le renseignement fourni par Bernadette Marchand en son bureau de l’Office de Tourisme ; bureau dans lequel je rencontrerai aussi Michel Fraisset…) ;

    diaporama qui projette sur les murs _ et en musique (qui leur convient !) _
    non seulement les images colorées des œuvres qui y furent déposées, en leur temps, par le jeune Cézanne ; mais d’autres, ensuite, avec toute l’évolution de sa palette, et de ses styles…

    …

    Soit une très belle instructive initiation au génie artistique, en un de ses ateliers, même, du maître aixois…
    …
    Puis, Christiane, la guide-conférencière, nous conduit à ce qui demeure accessible encore de la propriété du « Jas de Bouffan »

    _ les anciens propriétaires, depuis, ayant conservé, sans la céder à la Ville, la propriété des bâtiments annexes (dits « la ferme« ) ; et une autoroute péri-urbaine
    a « rogné » une partie des vergers ; et manifeste son incessant « bourdonnement » (de moteurs), là où ne régnaient, naguère, que les cigales et les oiseaux…

    …

    Mais nos déplacements autour du « Bassin » (rectangulaire), orné d’un lion et d’un dauphin,
    puis dans ce qui demeure _ après tempêtes et vieillissement (et mort) des arbres de « l’allée des Marronniers » _ cézannienne, elle _ à la différence de l’allée, à l’entrée, des peupliers _ ;
    sont éclairés par les images des œuvres éblouissantes de Cézanne que Christiane
    nous montre
    , en les recherchant, manuellement, artisanalement, l’une après l’autre, en tournant les pages, dans son recueil-classeur de photos des œuvres de Cézanne,
    à la fois en les commentant, ainsi que leur histoire ;
    et en nous invitant à les comparer avec ce que l’état de la végétation
    _ et celui des constructions à l’alentour _
    nous laisse(ent) apercevoir aujourd’hui…

    …

    C’est vivant, et passionnant ! Nous sommes comme conviés sur « les sentiers » mêmes « de la création » _ selon ce beau (et combien justifié !) titre que Gaëtan Picon avait donné à la collection qu’il avait créée aux Éditions Skira _ ;

    …

    d’autant que la guide-conférencière se fait une joie d’éclairer en un détail compétent les questions qui naissent alors en nos esprits…

    …

    La visite du « Jas de Bouffan » cézannien,
    tel qu’il est nous est accessible _ sans meubles ; passablement délabré ;
    nous fait ainsi nous ap-procher _ par le travail de l’esprit _ du travail cézannien
    tel qu’il put être à l’œuvre ici…

    …

    Et la conjoncture qui fait que nous ne sommes, ce matin du 21 juillet à 11 heures, que sept visiteurs au « Jas de Bouffan »

    ajoute aussi à l’impression d’être un « invité »
    autorisé (par le maître
    _ qui en était peu prodigue ; même à l’égard de ses nièces…) à contempler _ en silence _ quelque chose du travail se faisant _ something like « a work in progress » _ de l’artiste…

    …

    Un moment intense (et privilégié), donc…
    …
    La visite-conférence achevée,

    et conversant un moment avec la conférencière, aux alentours de midi,

    celle-ci me donne le nom de deux brasseries aixoises, qu’elle estime « recommandables » :
    j’ai l’intention de déjeuner rapidement, si possible d’une agréable salade,
    avant de gagner pour 13 h 30, à pied, l’ »atelier » du chemin des Lauves…

    …

    J’ai la chance de prendre un autobus au vol, qui me dépose à la fontaine de la Rotonde,
    d’où je gagne, rapidement, à l’autre bout du cours Mirabeau, l’excellente brasserie du « Roi René » _ et une excellente salade, en effet, et servie très rapidement ;

    …

    si bien que je « remonte » bientôt _ « plein nord » _ vers le haut de la ville _ la place de l’Hôtel-de-Ville, puis la cathédrale Saint-Sauveur,
    pour gravir, passé sur la gauche l’ancien hôpital _ qui existait déjà du temps de Cézanne _, le chemin des Lauves _ l’ »Avenue Paul Cézanne » _ sous le soleil ;

    et me trouver à 13 heures 20 sur le seuil du « dernier atelier » de Paul Cézanne…
    …

    La suite _ la visite de l’ »Atelier Cézanne » ; et une réflexion de synthèse sur « Art et tourisme _ à Aix, et ailleurs » :

    à venir en un second volet…

    …

    Titus Curiosus, ce 31 août 2008