Étiquette : musique française baroque

  • Le sublimissime art du portrait musical de Couperin, Forqueray, Marais et Rameau par leurs contemporains ainsi qu’eux-mêmes, délicieusement servi au disque par l’Ensemble Les Timbres : un enchantement de musique française saisie en sa plus tendre intimité…

    C’est le sublimissime art du portrait musical de François Couperin, Antoine Forqueray, Marin Marais et Jean-Philippe Rameau – soient « quatre figures majeures de la musique baroque française, comme un jeu de cartes d’exception qui réunirait les portraits de ces quatre compositeurs dont la singularité et le génie ont marqué durablement l’histoire de la musique«  ,ainsi que le formule le livret page 6… – amicalement réalisé par leurs contemporains Jean-Féry Rebel, Louis Caix d’Hervelois, François d’Agincourt, Louis-Antoine Dornel, Charles-Alexandre Jollage, Pierre-Nicolas Lafont, Jacques Duphly et Josse Boutmy – certains très peu connus de nous, ainsi que du disque,  jusqu’à’ici… – , ainsi, d’ailleurs, que par eux-mêmes aussi,

    que vient délicieusement servir, en un superbe CD Château de Versailles Spectacles CVS 175 « Carré d’As – Portraits musicaux -Couperin, Forqueray, Marais, Rameau« , l’Ensemble Les Timbres, formé de Julien Wolfs, clavecin, Myriam Rignol, viole de gambe et Yoko Kawakubo, violon, pour le n° 16 de la collection La Chambre du Roi – enregistré pour le principal (21/30) à Pompierre-sur-Doubs du 27 au 29 juin 2025, mais avec aussi 3 pièces enregistrées à Beaufays (Rameau) en novembre 2013, 3 autres à Besançon (Marais) en juin 2020, et 3 autres encore à  Saint-Trond (Forqueray) en février 2023… – :

    une bien belle idée de programme – « cet enregistrement est conçu comme une série de miniatures musicales, chacune révélant une personnalité, une esthétique et une manière unique de traduire les passions humaines. De l’élégance raffinée de Couperin à la puissance expressive de Forqueray, de la profondeur sensible de Marais au génie harmonique de Rameau, ces portraits offrent une palette contrastée d’émotions et de caractères » (selon la très juste présentation du livret, page 6)… – , déjà, mais surtout idéalement réalisée ici pour notre enchantement de musique française à un de ses probables sommets, en ce début de XVIIIème siècle français, de délicatesse intime, d’élégance et de charme absolus, et de raffinement le plus naturel, que nous aimons tant…

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    Et admirez cette généreuse vidéo de présentation exclusivement musicale du CD (d’une durée de 7′ 40)…

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    Ce samedi 18 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Juste une oreille rapide au double CD « Forqueray – Intégrale des Pièces de Viole » de Myriam Rignol : un peu trop placide à mon goût…

    Mon affection-passion pour la musique française de l’époque dite baroque a fait que je me suis laissé tenter par le double CD Château de Versailles – Spectacles (n°12 de la collection « La Chambre des Rois« ) CVS 120 « Forqueray – Intégrale des Pièces de Viole » de Myriam Rignol, avec la complicité de Pau Marcos Vicens, Gabriel Rignol, Julien Wolfs, Lucile Boulanger et Mathilde Vialle…

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    qui, à l’écoute de ses 156′ 40, me laisse une impression de performance seulement anecdotique, sans véritable génie saisissant :

    que ce soit ceux des compositeurs de cette famille _ de plutôt turbulente réputation _, des Forqueray ;

    ou ceux des interprètes d’aujourd’hui...

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    À titre de simple information adjacente,

    voici ce qu’en a dit le 19 septembre dernier, en un article intitulé « Histoire de famille« ,  le bien bon Jean-Charles Hoffelé :

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    HISTOIRE DE FAMILLE

    Le père, le fils, le neveu. Chez les Forqueray, on aura saisi au cours des générations _ Antoine Forqueray (1671 – 1744), Jean-Baptiste Forqueray (1699 – 1782), Nicolas-Gilles Forqueray (1703 – 1761)…  _ toute l’évolution de la viole de gambe, de son apogée magnifié par le grand jeu d’Antoine, virtuose consommé victime de sa légende (de virtuose « diabolique« )… – dans son instructive note d’intention Myriam Rignol corrige le tir, je pense qu’elle ne le voit pas _ ce diabolique et sulfureux Antoine Forqueray _ si opposé à _ l’angélique rival _ Marin Marais – aux ariettes sans voix de Nicolas-Gilles en passant par les précis poétiques de Jean-Baptiste dont l’art se marie si naturellement à celui de son père à la façon des poupées gigogne.

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    Ajouts majeurs, les pièces à trois violes certainement du fils, où Myriam Rignol fait assaut de poésie et de caractère avec Mathilde Vialle et Pau Marcos Vicens.

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    La petite troupe varie à loisir les opus en les vêtant des cordes pincées du théorbe, de la guitare, du luth animés par Gabriel Rignol et du clavecin (Julien Wolfs). S’y ajoute parfois le dessus enchanteur de Lucile Boulanger, on tient enfin _ oui… _ tout ce que cette prodigieuse famille écrivit pour la grande caisse, dans des luxes de poésie, d’imagination, qui renouvellent une discographie relativement rare, préférant retrouver, par-delà les humeurs de Paolo Pandolfo, la lyrique un rien crépusculaire de Jordi Savall, ses tendresses maraisiennes, qui déjà éloignait le diable d’un art si noble.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Antoine Forqueray
    (1671-1744)

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    6 Pièces de viole

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    Nicolas-Gilles Forqueray(1703-1761)

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    Rondeau « que je regrette Papillon »
    Rondeau musette « N’espère plus jeune Lisette »

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    Jean-Baptiste Forqueray(1699-1782)

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    Allemande
    Courante
    Sarabande
    Pièces de viole avec la basse continue (1747 –
    d’après les pièces d’A. Forqueray)

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    Myriam Rignol, basse de viole
    Pau Marcos Vicens, basse de viole
    Gabriel Rignol, théorbe, luth, guitare baroque
    Julien Wolfs, clavecin
    Lucile Boulanger, dessus de viole
    Mathilde Vialle, basse de viole

    Un album de 2 CD du label Château de Versailles Spectacles CVS120
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    Photo à la une : la gambiste Myriam Rignol – Photo : © DR

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    Mais pour ce qui me concerne, en tout cas, je n’ai pas du tout été emballé par un peu trop de placidité de ces interprétations-ci :

    j’attends bien davantage de vie et d’élan, et surtout un petit grain supplémentaire de diabolique folie…

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    Ce dimanche 22 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Les frères Francoeur » et « Grands Motets pour Louis XV » (de Charles-Hubert Gervais) : deux splendides réalisations au disque des très talentueux frères baroqueux Théotime Langlois de Swarte et Sylvain Sartre…

    Cette rentrée d’automne de la musique baroque française est marquée de deux nouvelles références discographiques _ rien moins ! _ concernant, en des genres bien différents, d’une part Charles-Hubert Gervais (1671 – 1744), et d’autre part « les frères Francœur« , François Francœur (1698 – 1787) et Louis Francœur (1692 – 1745),

    dont viennent d’être magnifiquement servies, quasiment comme jamais, les musiques par deux absolument splendides CDs que sont

    d’une part trois « Grands Motets pour la chapelle de Louis XV » _ »Super flumina Babilonis« , « Jubilate Deo » et « Miserere« … _ de Charles-Hubert Gervais, Maître de Chapelle de la Cour de Louis XV dès 1723 ;

    et d’autre part, en un tout autre genre musical, non religieux cette fois, un florilège varié et extrêmement plaisant (et particulièrement virtuose _ jamais les œuvres interprétées n’ont si brillamment et si justement sonné, avec autant de vie ! mais Théotime est si doué… _) d’œuvres des frères François Francœur, dit le Cadet, et Louis Francœur, dit l’Aîné, ainsi que de Louis-Joseph Francœur (1738 – 1804), fils de Louis Francœur (et neveu de François _ qui devient son mentor au décès de Louis, en 1745 : Louis-Joseph n’ayant alors que 7 ans… _) ; ainsi que de musiciens qui à divers titres leur sont liés, tels que, surtout, bien sûr, François Rebel (1701 – 1775) _ co-auteur avec François Francœur (leurs écritures étant quasi indémêlables !.. Cf le podcast (de 25′) de l’émission de France-Musique du 14 septembre 2021 : « Rebel et Francœur, composer à deux« …) de retentissantes œuvres composées à deux et ayant connu un immense succès (et qui méritent des enregistrements enfin intégraux ! telle, tout spécialement, la grande tragédie en musique « Scanderberg« , créée en 1725, et redonnée avec tout autant de succès en 1763..) : un incompréhensible manque criant de la discographie, qui, jusqu’ici, n’en a donné que de parcimonieux et trop frustants extraits… _, et aussi Jean-Jacques-Baptiste Anet (1676 – 1755), et même un nommé Jean Durocher… ;

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    de la part de ces splendides musiciens-interprètes que sont les frères Sylvain Sartre et Théotime Langlois de Swarte, fils de la musicienne Bertille de Swarte ;

    qui honorent, chacun en sa partie _ la direction d’orchestre de l’Ensemble Les Ombres, pour Sylvain ; le violon, et ô combien virtuose, pour Théotime _, le si beau répertoire baroque français _ qui me tient particulièrement à cœur ! ; cf là-dessus, par exemple, mon article du 16 février 2022 à propos du répertoire baroque religieux français : « « …  _, aujourd’hui par ces deux nouvelles réalisations discographiques absolument splendides que sont

    _ le CD « Grands Motets pour Louis XV » de Charles-Hubert Gervais, par Les Ombres, le Chœur du Concert Spirituel, sous la direction de Margaux Blanchard & Sylvain Sartre _ soit le CD Château de Versailles Spectacles CVS073 ; n°6 de la décidément excellente collection « Grands Motets » de ce prestigieux label ; sur les réalisations précédentes de cette très bienvenue collection, cf par exemple mes articles des 10 novembre 2021 : « «  ; 19 février 2022 : «  » ; ou 15 juin 2022 : « « … _ ; et j’y relève aussi, bien sûr, que le premier violon des Ombres, n’est autre, ici, que le brillantissime, à nouveau et comme toujours, Théotime Langlois de Swarte ;

    _ et le CD « Les Frères Francœur« , par Théotime Langlois de Swarte, violon, et Justin Taylor, clavecin _ soit le CD Alpha 895.

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    J’y reviens bien plus en détails dès demain ;

    et en particulier sur les parcours musicaux de chacun des deux frères, dont je suis attentivement les chemins, opus discographique après opus discographique…

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    Ce samedi 15 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La merveille Jelyotte (1713 – 1797) magnifiquement servie par Reinoud Van Mechelen : le joyau de musique que constitue le CD « Jéliote, haute-contre de Rameau » (CD Alpha 753)

    Pour qui se réjouit de voir ces moments-ci la musique baroque française des siècles des rois Bourbon (Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI) enfin, certes depuis très peu, un peu mieux servie, et au concert, et au disque,

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    le CD « Jéliote, haute-contre de Rameau« , soit le CD Alpha 753, vient très heureusement constituer un merveilleux et rafraîchissant moment de musique,

    très fort et très élevé…

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    Une formidable réussite !

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    Le chanteur ténor haute-contre oloronais Pierre Jelyotte (Lasseube, 13 avril 1713 – Estos, 12 octobre 1797), en effet,

    représente la perfection _ admirable ! _ du chant français à l’époque de Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), et de ses contemporains,

    sous le règne de Louis XV

    _ cf au passage mon tout récent article, du 16 octobre dernier, à propos de l’histire de la voix de ténor : …

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    Le CD comporte 7 airs _ magnifiques _ de Jean-Philippe Rameau,

    extraits de

    Hippolyte et Aricie (1733),

    Dardanus (version de 1744),

    Platée (1745),

    Le Temple de la gloire (1745 aussi),

    Castor et Pollux (1737)

    et Les Boréades (une oeuvre splendide achevée en 1764, mais non représentée alors du fait du décès subit de Rameau ; l’œuvre sera créée à Aix-en-Provence seulement en 1982…) ;

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    mais aussi 9 autres airs

    tirés d’œuvres de 9 compositeurs contemporains de Rameau :

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    _ de François Colin de Blamont (1690 – 1760) : Les Fêtes grecques et romaines (1723) ;

    _ de François Rebel (1701 – 1775) et François Francœur (1698 – 1787) : Scanderberg (1735) ;

    _ de Charles-Louis Mion (1698 – 1775) : Nitétis (1741) ;

    _ de Jean-Marie Leclair (1697 – 1764) : Scylla et Glaucus (1746) ;

    _ d’Antoine Dauvergne (1713 – 1797) : Les Amours de Tempé (1752) ;

    _ de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 – 1772) : Daphnis et Alcimadure (1754) ;

    _ de Pierre-Montan Berton (1727 – 1780) : Érosine (1765) ;

    _ de Jean-Benjamin de La Borde (1734 – 1794) : Ismène et Isménias (1763) ;

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    ainsi qu’un air de Zélisca, une comédie-ballet de Jelyotte lui-même, créée à Versailles le 17 mars 1746…

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    Le programme ici réuni est absolument splendide ;

    et l’interprétation qu’en donne ici Reinoud Van Mechelen, avec l’ensemble A Nocte Temporis, proprement admirable…

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    C’est toute la foisonnante et rayonnante vie de l’opéra français sous Louis XV qui reprend vie, ici, pour nous…

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    Soit carrément un CD de 80′ pour l’île déserte…

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    J’en avais rêvé depuis longtemps, Reinoud Van Mechelen vient de le réaliser !

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    Et maintenant j’attends un second CD de Reinoud Van Mechelen, avec d’autres airs aussi superbes que Rameau et ses contemporains ont composés pour le merveilleux Jélyotte ;

    il y a matière fort abondante pour cela… 

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    Ce lundi 18 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa