Étiquette : Nietzsche

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Le critère décisif de la joie iconique…

    Ce mardi,

    je viens poursuivre la réflexion rétrospective entâmée de rédiger hier

    en mon article : ,

    …

    au final de ma proposition d’un nouveau choix de 12 images supplémentaires

    _ en plus des 13 + 22 de mon choix du 5 novembre dernier : … ; je crains toujours de ne pas retenir assez ce qui mérite d’être vraiment conservé, ne serait-ce qu’au souvenir… _,

    afin de pouvoir « rattraper » in fine les images que j’aurais peut-être à tort un peu trop vite écartées,

    que j’aurais un peu inconsidérément refusé de retenir,

    …

    lors de mes choix de 13, puis de 22 images « préférées« , le 5 novembre dernier,

    en mon article 

    …

    …

    Je reprends donc ici, pour amorcer la réflexion d’aujourd’hui,

    les lignes finales de mon article d’hier.

    …

    …

    Et à la réflexion,

    ce troisième parcours d’images (de rattrapage !) _ en fait, un contrôle d’épreuve a posteriori du degré de fiabilité de mon propre jugement de regardeur… _ afin de vérifier rétrospectivement que je n’avais surtout pas fait de tort à nulle image en l’ayant injustement écartée de mes « préférées« ,

    en fait me rassure,

    en venant conforter, mais oui !, mes deux précédents choix (de 13, puis 22 images) _ cf mon article du 5 novembre : … _ ;

    …

    c’est là que je m’étais arrêté hier ;

    je vais donc poursuivre et accomplir maintenant ma réflexion rétrospective…

    …

    …

    Oui,

    même si il est tout à fait possible, et peut-être même à l’infini, de trouver quelque véritable agrément à chacune, sans exception, de ces 80 images proposées par le choix même _ forcément raisonné _ de publication de son auteur, par ce « Tirages Fresson » de l’ami Bernard Plossu,

    …

    il faut bien admettre aussi que le goût _ plus ou moins riche et complexe _ du regardeur

    dispose, lui aussi, de sa marge, non certes _ heureusement pas tout à fait ! _ d’arbitraire, mais d’une part incompressible de subjectivité _ pouvant, mais surtout devant (!) viser, à certaines conditions (de visée), à une légitimité incontestable, à dimension d’universalité ; et ici je suis parfaitement Kant en ses lumineusement décisives analyses du jugement esthétique de goût en sa « Critique de la faculté de juger«  !.. _ ;

    …

    une part incompressible de subjectivité, voilà,

    liée à l’idiosyncrasie, plus ou moins singulière _ et très souvent, hélas, bien peu personnelle… _, et forcément partielle _ à suivre, ici, « La Monadologie » de Leibniz… _ de la propre formation, histoire personnelle, culture,

    et pas seulement culture iconique,

    du regardeur…

    …

    Et donc le regardeur a bien le droit, et surtout le devoir !, lui aussi _ forcément ! _, de hiérarchiser _ réflexivement, s’il le faut _ ses propres préférences,

    et donc, a fortiori, ses propres réticences _ quand elles lui sont véritablement propres !.. et non, comme le plus souvent, paresseusement panurgiennes… _,

    à condition expresse, bien sûr, de pouvoir les justifier,

    et avec un maximum d’exigence de vérité _ c’est-à-dire de justesse de son acte de juger, de goûter _ : le mieux possible…

    …

    …

    Et donc dans mon cas,

    et pas seulement en matière de goût iconique,

    par exemple aussi en matière de goût musical _ cf la significative série à cet égard de mes articles de 106 « Musiques de joie » du premier confinement : … ;

    et le critère spinozien (de « L’Éthique« ) de la joie étant à mes yeux, ici comme partout, existentiellement fondamental ! _,

    ou de goût littéraire,

    …

    j’ai peu à peu apppris à comprendre que je privilégie _ à l’instar aussi du passionnant constat de Jean-Louis Chrétien en son remarquable essai, en 2007, « La joie spacieuse _ essai sur la dilatation« … _ ce qui vient, par la joie, la vraie joie, augmenter véritablement notre puissance existentielle _ heureuse _ fondamentalement dynamique d’être,

    c’est-à-dire de devenir,

    de vraiment nous accomplir _ à dimension d’éternité : « Deviens ce que tu es !« , le formulait Nietzsche _ ;

    …

    et donc,

    en ces sublimes « Tirages Fresson » de l’ami Plossu,

    …

    je privilégie le jeu subtil, naturel, fluide, et toujours discret, chez lui en son œuvre, mais formidablement libérateur de puissance heureuse,

    de la lumière et de ces fabuleuses couleurs

    que Bernard Plossu,

    en tout premier lieu _ et tout premier moment, sur le vif, Kairos aidant… _ et là-même, hic et nunc, « sur le motif » que vient lui offrir de formidablement bonne grâce _ « aide-toi, et le Ciel t’aidera«  !.. _ la générosité du réel _ tout le réel (presque sans exception) rencontré ! sans vraiment presque nul reste, ni déchet, à jeter à la poubelle… _,

    a appris à savoir si bien, dans le réel offert, rencontrer, reconnaître ;

    et puis, en ses images photographiques _ à quelque dimension d’éternité, ici aussi _, capter, fixer, retenir _ sur la pellicule _ ;

    …

    et que, au final, il possède !

    _ à moins que ce ne soit lui qui soit génialement possédé par ce jeu si riche et subtil de lumière et couleurs naturelles du réel quasi à l’infini offert à lui… _ ;

    …

    cet art d’instantanément repérer à saisir photographiquement, oui,

    parmi ce réel divers, furtif, mobile, parfois évanescent, et à peine visible à la plupart

    _ mais que lui sait tout spécialement se donner une totale liberté de percevoir, immédiatement, à la seconde (quelle vista ! quel œil !), et en sa vérité, en le croisant, à l’aventure, n’importe où, n’importe quand, mais assurément pas n’importe comment ! _,

    de très judicieuses potentielles images ;

    …

    puis, ensuite, cet art _ complémentaire et absolument indispensable _ de conforter à « réaliser » pleinement (et accomplir !) de telles images, hors de la pellicule initiale ;

    puis diffuser, par le choix crucial, à sa table de travail, des images qui vont être « à tirer » _ en l’occurrence, ici, par les merveilleux bienveillants sorciers Fresson, en leur antre magique de Savigny-sur-Orge _ parmi le labyrinthe invraisemblablement touffu et emmêlé, si divers, des images encore dormantes (et encore inaccomplies) sur ses planches-contact ;

    …

    se placera alors, ensuite et complémentairement, le nécessaire accomplissement _ à dimension d’éternité _ de l’opération _ fondamentale, bien sûr, elle aussi ! _ du tirage,

    et par d’autres mains que les siennes, mais des mains de fées, envers lesquelles l’ami Plossu a totale confiance ! ;

    …

    puis, encore, par la mise en place – réalisation de l’exposition _ avec le commissaire de l’exposition, lors de l’opération d’accrochage sur les cimaises… _

    ainsi que par l’organisation – réalisation _ avec l’éditeur, pour l’opération tout aussi essentielle, elle aussi, et à son tour, de mise en pages _ du beau  livre,

    qui _ exposition et beau livre _ seront proposés aux futurs regardeurs que nous sommes ;

    …

    pour nous offrir, à notre tour, à nous les regardeurs un tant soit peu attentifs, qui ne voudront pas, nous non plus, laisser échapper notre chance,

    je veux dire la chance insigne _ émerveillée _ de pouvoir, de ces images, partager un peu quelque chose du splendide bonheur iconique

    propre, de ces images devant nos yeux réalisées.

    …

    Soit,

    et à chacune de ces étapes,

    tout un merveilleux parcours complexe et coordonné d’extrêmes exigences, pour chaque opération, de regards _ de chacun des participants-intervenants de cette chaîne… 

    Par un enchaînement quasi miraculeux et cohérent _ à chacun de ces stades _ de grâces !

    …

    …

    Par conséquent,

    et pour en revenir plus précisément à mon propre cheminement de regardeur

    de ce si riche volume de ‘‘tirages Fresson » des Éditions Textuel,

    …

    ce troisième choix-ci _ de « rattrapage » de ce que mes premiers regards auraient éventuellement pu manquer _ de 12 images,

    après celui du choix des premières 13, et celui du choix complémentaire de 22

    _ et même si d’autres feront, selon leur propre idiosyncrasie, d’autres choix, encore, que les miens : à chacun le prisme de sa palette… _,

    …

    vient, au final, conforter mon attitude de regardeur aimant privilégier en son regard

    la joie…

    …

    La joie spacieuse.

    …

    …

    Ce mardi 17 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • D’autres nouvelles de la Concha (et de Zinemaldia) : le film « Eté 85 » de François Ozon

    Le correspondant du quotidien madrilène El Mundo dépéché à Donibane – San Sebastian,

    Luis Martinez,

    nous offre d’autres nouvelles du festival de cinéma Zinemaldia ;

    …

    avec cette fois un aperçu sur le dernier film de François Ozon «  Été 85« .

    …

    …

    L’article, de Luis Martinez, s’intitule « El gai saber de François Ozon entusiasma en Zinemaldia » :

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    FESTIVAL DE SAN SEBASTIÁN
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    El gai saber de François Ozon entusiasma en Zinemaldia

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    Actualizado Sábado, 19 septiembre 2020 -18:35
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    El hiperactivo director francés sorprende en Zinemaldia con una de sus películas más delicada y delirantemente anárquica, libre y profundamente antipandémica

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    El director François Ozon y el actor Felix Lefebvre en la rueda de...

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    El director François Ozon y el actor Felix Lefebvre en la rueda de prensa ‘online’ en San Sebastián. EFE

    …ÉÉ

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    No consta que François Ozon haya entretenido sus días de confinamiento con la atenta lectura de Nietzsche. Pero hay indicios.‘Verano del 85‘ _ en français, Été 85 _, por ejemplo, es lo más parecido a un oda a ese peligro que el filósofo reclamaba como matriz no tanto del vivir bien como del vivir pleno y, por ello, sensato. « El secreto para cosechar la mayor fecundidad y el mayor goce de la existencia es ¡vivir peligrosamente! ¡Construid vuestras ciudades en las laderas del Vesubio! ¡Enviad vuestros barcos a los mares inexplorados! ¡Vivid en guerra con vuestros iguales y con vosotros mismos!« , escribía en el libro donde por primera vez formuló la teoría del eterno retorno y en el que se declaraba optimista por primera vez. Y Ozon le cree. Y le lee.

    …

    …

    La última película del hiperactivo director francés es a su manera una traducción de ‘El gai saber‘ (de este libro hablábamos también conocido como ‘La gaya ciencia’ _ Le Gai savoir, en français _) y lo es desde cualquier punto de vista : el más elemental, homosexual y alegre, y el profundo, si es que esta cantata a los sentidos permite abandonar siquiera un instante la superficie. La cinta fue la presentación estrella de la sección oficial competitiva del Festival y suyo fue el privilegio de la sorpresa, el goce y, ya que estamos, el Vesubio que erupciona _ wow !

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    Un momento de 'Verano del 85'.

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    Un momento de ‘Verano del 85′.

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    La película viaja al terreno necesariamente mítico de una adolescencia no tanto pasada como soñada. Estamos en los años 80 y Ozon _ né à Paris le 15 novembre 1967 : il a donc 52 ans… _ ofrece la cámara y la palabra al chaval que probablemente alguna vez él mismo imaginó ser. Se trata de reconstruir el primer contacto con asuntos tales como el amor, el sexo, la vida y la propia muerte. Pero siempre desde el punto del vista y la mirada, por fuerza virgen, del que ama, folla, vive y hasta muere.

    …

    …

    ‘Verano del 85‘ es melodrama con la misma intensidad que parodia ; es tragedia sin renunciar a construirse como una intriga. Es todo a la vez y de manera tan extraordinariamente veloz y feliz que no puede por menos que invitar al entusiasmo. Al propio director le gusta referirse a su último trabajo como una vacuna contra la depresión de la pandemia _ voilà ! _ y el enclaustramiento del confinamiento. De hecho, para soportar su juicio está su incontestable éxito en los cines franceses. Y, a su modo, es eso y una tan libre como fugaz y plena celebración del propio cine.

    …

    …

    En su contra se podía decir que el artificio construido como motor y sentido de todo (el de la mirada que todo lo hace por primera vez) es él mismo la excusa perfecta para quebrar todas las normas, para permitirse todo. Es decir, desde muy pronto, el libro de estilo de la película deja claro que no hay límites. Pero el pesar dura poco. Es demasiado fuerte el deseo de no discutir con nadie y menos con Ozon. Como en ‘En la casa‘ _ « Dans la maison« … _, película con la que ya ganó la Concha de Oro en 2012, también aquí la palabra guiada por las cartas que se escriben, se intercambian y se leen en ‘off’ (no había aún móviles) añade misterio al caos, al peligro. Y contra la afectación engolada de ‘Gracias a dios‘ _ l’admirable « Grâce à Dieu »… ; cf mes articles des 13 et 14 janvier derniers :  et … _, su última película, todo.

    …

    …

    Si se quiere, Guadagnino, presidente del jurado, tiene con quien medirse. Además de como épilogo de ‘Gai saber’, también vale como epígono de ‘Call me by your name‘ _ cf mes articles des 10, 12 et 14 mars 2018 :  ;  ; et . Y así.

    …

    …

    ENTRE BRUJAS

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    …
    Por lo demás, la sección oficial ofreció un nuevo trabajo de Pablo Agüero siempre pendiente de hilvanar metáforas a media luz. O directamente a oscuras. La última vez que se le vio en San Sebastián fue con ‘Eva no duerme’, un viaje hipnótico a través del cadáver por fuerza incorrupto de Eva Perón que era también sueño y desesperación. Ahora, con ‘Akelarre‘, propone otro cuento sonámbulo que habla de mujeres perseguidas y noches muy negras.

    …

    …

    La santa Inquisición llega a un pueblo de pescadores en el País Vasco. Mientras los hombres están en el mar, todas las mujeres (o casi) son tomadas por brujas. Lo que sigue habla de dominación, ignorancia, estupidez y violencia. Se refiere a un tiempo pasado, pero como si no. Todo suena al telediario. Sorprende la tensión preciosista de cada encuadre,entusiasma el tenebrismo grave y profundo, y desalienta el ritual pedestre de un verismo interpretativo tan pomposo y afectado como tristemente melodramático. Sea como sea, la noche acaba y, como diría Nietzsche, « ¡Pronto habrá pasado el tiempo en que debíais daros por satisfechos con vivir escondidos en el bosque, al igual que tímidos ciervos! ». Pues eso.

    …
    …

    https://www.elmundo.es/cultura/cine/2020/09/19/5f6628a2fdddff83718b45ce.html

    …

    …

    Ce mercredi 23 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter Denis Kambouchner analyser l’expression « Quelque chose dans la tête » et la manie du souci de « transmettre » : l’entretien au Studio Ausone le 26 novembre dernier avec Francis Lippa, pour la Société de Philosophie de Bordeaux

    Vient d’être mis en ligne

    hier soir 9 décembre

    sur son site par la librairie Mollat

    …

    le podcast (de 62′) _ cliquez sur podcast, et vous accéderez à son écoute ! _

    de l’entretien du 26 novembre dernier à la Station Ausone,

    _ et en ouverture de la saison 2019 – 2020 de la Société de Philosophie de Bordeaux _,

    de Denis Kambouchner

    _ président de la Société française de Philosophie _

    avec Francis Lippa

    _ vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux _

    à propos du magnifique passionnant petit livre

    _ de 154 pages : quelle lumineuse finesse et ampleur d’analyse ! _

    de Denis Kambouchner,

    paru le 28 août dernier aux Éditions Flammarion

    Quelque chose dans la tête, suivi de Vous avez dit Transmettre ? ;

    …

    muni du bandeau suivant :

    « Nous avons perdu la culture de la mémoire : avons-nous gagné celle du jugement ? » 

    …

    …

    Cette question des moyens, outils et aliments

    de la riche _ et positivement complexe : quelle variété de ressources et méthodes à apprendre à mettre en œuvre et inventivement connecter (ainsi que donner à cultiver à d’autres), sans esprit fermé de système, non plus que de formalisme _ formation et « culture » _ à tous égards _ du jugement

    de tout un chacun et quiconque,

    …

    à commencer, bien sûr, par les enfants et les adolescents

    _ auxquels s’adresse d’abord, originellement du moins, en sa conception première, le premier des deux essais, Quelque chose dans la tête ;

    mais la question, bien sûr, ne s’arrête à nulle génération d’âge, ni d’époque :

    apprendre à bien juger est l’affaire de l’entièreté, de son début à sa fin, de toute vie d’une personne,

    je veux dire de la vie entière de tout un chacun ! et cela sans la moindre exception : face aux dangers et chausse-trapes incroyablement multiples des situations à tâcher d’éviter, auxquelles échapper quand elles surviennent, à entreprendre de surmonter, en apprenant comment y faire face et s’en dépêtrer et sortir vainqueur et vivant, et pas trop amoché, cabossé, blessé, souffrant… ; Montaigne nous en avertissait en ouverture du Livre III de ses Essais : « Personne n’est exempt de dire des fadaises » (ni de commettre des bêtises !)…

    et cela ne concerne pas seulement, bien évidemment, la vie humaine : puisque cet enjeu ô combien vital fait à coup sûr déjà partie des conditions de la vie et survie animales : que d’erreurs s’avèreront mortelles… _,

    …

    est en effet cruciale,

    tant à l’échelle des individus,

    qu’à celle des sociétés

    et civilisations…

    …

    …

    Et cette question-là

    des « nourritures » fondamentales et ouvertes

    _ ainsi qu’en chantier inventif et constructif permanent… _

    du bien (ou toujours mieux) juger

    ne cesse,

    …

    à côtés de ses recherches proprement cartésiennes

    _ afin d’essayer toujours de mieux pénétrer les micro-subtilités infinies (et passionnantes) du travail philosophique de Descartes,

    tâche peut-être principale du travail de Denis Kambouchner en sa carrière et œuvre philosophique _,

    …

    de constituer un pan essentiel du questionnement foncièrement pragmatique,

    et à visée d’authentiques progrès de l’esprit,

    de Denis Kambouchner.

    …

    …

    Cet art de distinguer les nuances magnifiques et merveilleuses, à bien les considérer, du pensable

    caractérise, me semble-t-il bien,

    et court la culture philosophique française :

    …

    Montaigne, bien sûr, Descartes _ et le sillage des très nombreux cartésiens _, Pascal,

    Voltaire, Diderot, Rousseau,

    Bergson, Jankélévitch, Ricœur, Derrida, etc.

    …

    Tous assez peu adeptes du concept et de ses un peu trop rigides fermetures,

    qui va dominer, me semble-t-il encore, la conquérante philosophie universitaire allemande,

    au moins à partir de Kant et Hegel.

    …

    …

    Oui, l’art des nuances subtiles, à partir de comparaisons ;

    et même de métaphores

    riches d’humour…

    …

    Afin de former et donner consistance à la finesse de la « sagacité » _ une notion cartésienne…

    …

    …

    Quant au second des deux essais qui se répondent, « en écho« ,

    Vous avez dit transmettre ?..,

    …

    celui-ci entreprend de mettre en garde _ délicatement, sans rechercher quelque polémique médiatique _ contre une tentation désagréablement fermée de concevoir l’enseignement de manière exclusivement conservatrice et rétrograde _ celle de certains idéologues réactionnaires, à la versaillaise ! _,

    et de défendre un partage ouvert et inventif-créatif _ véritablement progressiste : mais à quels mots se fier parmi l’incroyable déchaînement orwellien de notre époque ? _ de la culture :

    …

    le maître judicieux étant seulement « un nain » _ humblement _ juché sur des « épaules de géants« ,

    selon une formulation de Bernard de Chartres,

    reprise notamment par Montaigne et Pascal…

    …

    …

    Le vocable de « transmission » ne convenant, à proprement le penser,

    qu’à l’opération de léguer à quelques proches

    un héritage bien précis et spécifié à laisser en propriété et usufruit à ses descendants,

    un patrimoine à ne pas laisser se disperser et disparaître, se dissoudre,

    un secret de création-fabrication à ne pas laisser se perdre en le confiant ainsi à quelque disciple élu

    qui saura en faire, à son tour, son miel propre…

    …

    …

    Alors que la culture à même d’alimenter richement le bien juger d’autres que soi-même

    est de l’ordre de ce « pollen » multiple et divers (de mille fleurs)

    dont les abeilles _ montaniennes _ sauront faire leur « miel« ,

    « en se l’incorporant » vraiment :

    …

    « Les abeilles pillotent de ça de là les fleurs ; mais elles en font après le miel qui est tout leur ; ce n’est plus thym, ni marjolaine ; ainsi les pièces empruntées d’autrui, il les transformera et confondra pour en faire ouvrage tout sien, à savoir son jugement : son institution, son travail et étude ne vise qu’à le former.

    Qu’il cèle tout ce duquel il a été secouru, et ne produise que ce qu’il en a fait. Les pilleurs, les emprunteurs, mettent en parade leurs bâtiments, leurs achats, non pas ce qu’ils tirent d’autrui. Vous ne voyez pas les épices d’un homme de parlement : vous voyez les alliances qu’il a gagnées, et honneurs à ses enfants. Nul ne met en compte publique sa recette : chacun y met son acquêt

    Le gain de notre étude, c’est en être devenu meilleur et plus sage« , Essais, Livre I, chapitre 26, De l’institution des enfants…

    …

    …

    C’est cette profondeur et intensité de l’incorporation d’une authentique culture personnelle

    par celui qui la reçoit,

    comme par celui qui la donne _ et l’a donnée _,

    qui,

    en son authenticité généreuse et désintéressée _ pardon du pléonasme _ seulement,

    en fait l’efficace seul effectivement consistant et durable.

    …

    Le reste, utile à court terme, se dissipera sitôt l’usage effectué…

    …

    …

    Ensuite, selon le mot _ authentiquement progressiste et libérateur _ de Nietzsche, à propos de ce que donne le maître à son disciple :

    …

    « Vademecum, vadetecum« …

    …

    Tel est le paradoxe généreux du libérateur…

    …

    …

    Ce mardi 10 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    voici encore, à titre de complément de luxe,

    de quoi écouter le podcast de l’entretien _ merveilleux ! _ que j’ai eu avec Denis Kambouchner le 18 septembre 2013 à la librairie Mollat,

    à propos de son essentiel _ lucidissime ! _ L’École, question philosophique.

  • Le « Borges » de Bioy, 8éme au classement par Babelia des 100 « mejores libros del siglo XXI »

    Ce matin, parcourant El Pais de ce jour,

    je découvre un article signé Javier Rodrigos Marcos,

    intitulé Los 21 mejores libros del siglo XXI 

    …

    révélant le classement (par Babelia _ par un jury de 84 « experts » en littérature… _) des 100 meilleurs livres de notre XXIéme siècle,

    dans lequel figure au 8ème rang

    le Borges de _ mon cousin argentin (1914 – 1999) _ Adolfo Bioy Casares : Bioy

    _ le livre, par les soins de Daniel Martino, fut publié, posthume, en novembre 2006 aux Ediciones Destino. Et telle est la raison qui fait de ce Borges de Bioy un classique du XXIème siècle. J’écris cela en rêvant de la publication, un jour (?), de l’intégralité de ce Journal personnel de Bioy ; dont l’intérêt va considérablement plus loin que son amitié littéraire avec Borges… Mais quel éditeur aura la folie de s’engager dans pareille immense publication ? Et pour quel lectorat ? En son indispensable Zarathoustra, au magnifique chapitre Lire et écrire du livre I, Nietzsche écrivait : « je hais les oisifs qui lisent« … Et les éditeurs-commerçants font des livres pour ce public de tels lecteurs-consommateurs-acheteurs-là… D’autant que Bioy, en rédigeant les pages de Journal personnel, n’avait certes pas la moindre visée de publication de ces notules personnelles-là… Bien éloignées de ses visées de perfection du style de ce qu’il donnait à publier… Son Journal était pour lui-même seulement ; une sorte d’aide-mémoire fixant un peu des instants fugitifs de sa vie.

    …

    …

    8. ‘Borges’, Adolfo Bioy Casares

    “De las 20.000 páginas _ mazette ! _ de cuadernos íntimos que Bioy (1914-1999) escribió a lo largo de su vida, su relación con Borges ocupa 1.700” _ soit 8,5 % de l’ensemble ; restent donc 91,5 %, soient 18 500 pages ! Un trésor !!! _, explicó en una información de 2006 Javier Rodríguez Marcos. Son las que preparó para este volumen antes de morir : “Aunque el libro se extiende entre 1931 y 1989, Bioy resume _ et c’est un peu dommage ; même si c’est mieux que rien ! _ los 15 primeros años _ entre 1931 et 1946 _ en una decena de páginas. Eso sí, brillantes. Los diarios borgianos de Bioy están llenos de literatura” _ certes. Borges dijo que su relación era una profunda amistad “sin intimidad” cuya piedra angular eran los libros _ voilà. Mais la vie va bien au-delà des livres lus, écrits ou à écrire… Même si écrire son Journal est aussi de l’écriture…

    …
    …

    Immédiatement je me souviens des mots prononcés par Edgardo Scott

    à l’Institut Cervantes de Bordeaux le mardi 8 octobre dernier

    lors d’une table ronde intitulée Regards croisés autour d’Adolfo Bioy Casares,

    que j’animais,

    avec les contributions très précieuses des auteurs argentins éminents lecteurs de Bioy

    Stella Maris Acuña, Silvia Renée Arias et Edgardo Scott.

    …

    …

    Edgardo Scott n’hésitant pas à qualifier ce Borges posthume de Bioy (1914 – 1999)

    de plus grand livre argentin du XXIème siècle

    _ et personnellement je porte ce Journal de Bioy au pinacle… Il m’intéresse passionnément.

    …
    …

    Si bien que le vendredi 11 octobre suivant, à l’Auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck,

    lors d’une nouvelle table ronde que j’animais, et intitulée Les Héritiers d’Adolfo Bioy Casares,

    avec Eduardo Berti et Edgardo Scott,

    …

    je n’hésitai pas à commencer la séance d’entretiens

    en demandant à Eduardo Berti

    ce qu’il pensait de cette remarque d’Edgardo Scott

    qualifiant ce Borges de Bioy

    de plus grand livre de la littérature argentine du XXIème siècle.

    …

    …

    Voici cet article d’El Pais :

    …

    …

    Los 21 mejores libros del siglo XXI

    Un jurado de 84 expertos ha escogido para Babelia los títulos más relevantes de las dos primeras décadas del milenio

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    30 NOV 2019 – 00:24 CET
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    mejores libros
    SETANTA

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    « Hacer listas« , escribe Alberto Manguel en su Diario de lecturas, “da lugar a cierta arbitrariedad mágica, como si la simple asociación pudiera crear sentido”. Pues bien, ¿qué sentido se puede encontrar en una lista que trata de hacer balance de las dos primeras décadas del siglo XXI? Empecemos por el principio. El martes 11 de septiembre de 2001, dos aviones de pasajeros secuestrados por terroristas suicidas derribaron las Torres Gemelas de Nueva York, mataron a casi 3.000 personas y cambiaron el mundo para siempre. De paso, mandaron al trastero de las hipótesis la teoría hegeliana del fin de la historia reciclada por Francis Fukuyama tras la caída del muro de Berlín y zanjaron la discusión sobre si el siglo XXI empezaba en el año 2000 o en 2001. La guerra de las galaxias se quedó en choque de civilizaciones. Los ordenadores pasaron la prueba del efecto 2000, pero sus usuarios — la nueva gran palabra — entraron en la era del miedo, la inseguridad, la precariedad, la intimidad (pública) y la realidad (virtual).

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    El futuro había llegado tan pronto en forma de metralla que los cines se llenaron de remakes ; las librerías, de cánones, recuentos y resúmenes y listas de lo muy muy y lo más más (que había que ver, leer y escuchar… antes de morir). También de relatos con un fondo de historia universal y libros de no ficción o de autoficción que dan tanto valor a la trama como a su making-of. Incapaz de imitar a una realidad presente que parecía de novela, la literatura se volcó en el pasado, en la memoria (histórica y a secas), en las investigaciones periodísticas, en la primera persona y en la propia literatura, que se volvió metatodo.

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    De ahí el triunfo absoluto de 2666, un libro total compuesto de cinco partes y publicado en otoño de 2004, al año siguiente de la muerte de su autor. Desde Borges —retratado minuciosamente por Adolfo Bioy Casares en un diario ya ineludible—, ningún escritor ha influido _ tel est donc le critère probablement décisif de ce choix _ tanto como Roberto Bolaño en las nuevas generaciones. Que sus libros empezasen a publicarse en Anagrama y actualmente lo hagan en Alfaguara — las dos editoriales más presentes _ un élément à prendre en compte _ en la lista de Babelia — es otro síntoma del peso de algunos sellos en la creación del gusto contemporáneo _ du moins hispanophone ; un facteur à noter, donc.

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    El escritor chileno Roberto Bolaño, en 1997.
    El escritor chileno Roberto Bolaño, en 1997. MANOLO S. URBANO
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    Acaso por una mera cuestión generacional, la literatura canónica de las dos primeras décadas del siglo XXI se ha ocupado de hurgar en las heridas del XX _ pour ce qui concerne les dominantes thématiques. Las guerras mundiales, la guerra civil española, la posguerra, la descolonización, las migraciones, el apartheid, las dictaduras latinoamericanas, la caída del imperio soviético, los feminicidios en Ciudad Juárez o las turbulencias en Oriente Próximo pueden rastrearse en la obra del propio Bolaño, Ian McEwan, W. G. Sebald, Javier Marías, Javier Cercas, Tony Judt, Mario Vargas Llosa, J. M. Coetzee, Zadie Smith, Svetlana Aleksiévich, Emmanuel Carrère, Marjane Satrapi o Edmund de Waal _ oui.

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    Pero si esos autores empiezan a ser canónicos no es solo por los temas que abordan, sino por el modo _ voilà _ en que lo hacen _ un point forcément décisif, lui aussi _ : mezclando realidad y ficción, narración y reflexión, dinamitando los géneros tradicionales o dejando que su intimidad sin filtros discuta con la historia universal _ oui. Ese yo con voluntad de nosotros es el que ha producido además títulos como los de Joan Didion, Lucia Berlin, Anne Carson y Raúl Zurita — que tituló su obra magna con su propio apellido —, pero sobre todo los seis volúmenes de Karl Ove Knausgård _ j’ignorai jusqu’ici l’existence même de cet auteur.

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    También la gran historia y la intimidad cruda están presentes en títulos del siglo XXI tan exitosos como El Código Da Vinci, El niño con el pijama de rayas o Cincuenta sombras de Grey. ¿Por qué no están en esta lista? Tal vez porque no cuadran con la definición que el crítico Northrop ­Frye acuñó para la “gran literatura” : aquella que es “dueña de una visión siempre más vasta que la de sus mejores lectores” _ ici encore un facteur décisif… El poeta Wystan Hugh Auden lo matizó así : “Hay libros que han sido injustamente olvidados ; ninguno es injustamente recordado” _ en effet !

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    La crisis económica de 2008 sumó la indignación a la inseguridad y dio la razón a una novela premonitoria publicada en España un año antes : Crematorio, de Rafael Chirbes. De paso, empoderó — el verbo del siglo — a un género y a una generación. El feminismo y el ecologismo son por ahora la respuesta más contundente a una deriva insostenible que va camino de convertir en realismo puro una novela de, digamos, ciencia-ficción como La carretera, de Cormac ­McCarthy. Protagonizada por dos hombres solos — un padre y un hijo — que vagan por un planeta devastado, la distopía del autor estadounidense incluye en sus páginas algo que se parece a una definición de la literatura de hoy : “Dios no existe y nosotros somos sus profetas”.

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    1. ‘2666’, Roberto Bolaño

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    « 2666 es lo mejor de una producción literaria prematuramente interrumpida », escribió Ana María Moix en Babelia en 2004, « Amalfitano, uno de los protagonistas de la segunda de las cinco partes o novelas que componen 2666, obra póstuma de Roberto Bolaño (1953-2003), rememora desde México una conversación sostenida, hacía años en Barcelona, con un joven farmacéutico que pasaba sus noches de guardia leyendo. Al joven le gustaba leer novelas breves como La metamorfosis, de Kafka ; Bartleby, el escribiente, de Melville ; Un corazón simple, de Flaubert, o Un cuento de Navidad, de Dickens, títulos que escogía en lugar de El proceso, Moby Dick, Bouvard y Pécuchet o El Club Pickwick, novelas largas de los citados autores. ‘Qué triste paradoja, pensó Amalfitano’, escribe Bolaño. ‘Ya ni los farmacéuticos ilustrados se atreven con las grandes obras, imperfectas, torrenciales, las que abren caminos en lo desconocido. Escogen los ejercicios perfectos de los grandes maestros (…)‘. Y, de hecho, eso es 2666 : una gran obra torrencial, que abre caminos en lo desconocido ». Moix apunta que las cinco partes de esta gran obra pueden leerse por separado, pero se perdería la grandeza que alcanzan juntas.
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    2. ‘Austerlitz’, W. G. Sebald

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    La novela del alemán W. G. Sebald (1944-2001) narra la odisea vital de un hombre sin historia llamado Jacques Austerlitz en busca de ese tejido perdido en el tiempo que son sus padres. El protagonista camina sobre los restos de una devastación insoportable después de dos guerras. “Austerlitz es una formidable representación del destino del hombre moderno llevado a un extremo : el del desarraigo extremo ; también lo es de la capacidad de supervivencia del ser humano”, escribió en estas páginas José María Guelbenzu en 2002. Traducción de Miguel Sáenz.
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    3. ‘La belleza del marido’, Anne Carson

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    Anne Carson (1950) abordó en La belleza del marido el conflicto desencadenado por su separación. “Hay en este poemario”, escribió el crítico Ángel Rupérez en 2003, “una tensión entre la idealización inicial del marido (…) y el derrumbe de ese ídolo que consigue sobrepasar con creces el anecdotario más estrictamente autobiográfico y confesional, constantemente convertido en materia poética contaminada por un continuo y soterrado — no explícito — aliento lírico hecho de elegía comedida y de creencia incondicional en la belleza”. Traducción de Ana Becciu.
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    4. ‘La Fiesta del Chivo’, Mario Vargas Llosa

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    La Fiesta del Chivo es un relato sobre el dictador dominicano Rafael Leónidas Trujillo Molina y, a la vez, un impresionante fresco de la corrupción destructiva de las dictaduras. En su crítica de 2000, el argentino Tomás Eloy Martínez definió la novela del premio Nobel Mario Vargas Llosa (Arequipa, 1936) como “un retrato implacable del poder absoluto en una novela que se lee sin respiro de principio a fin”.
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    5. ‘Expiación’, Ian McEwan

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    Con minuciosidad y un talento infinito, el británico Ian McEwan (Aldershot, 1948) ha ido construyendo una obra tan variada como imprevisible. Expiación es una de sus novelas más célebres, mucho antes de que fuese llevada al cine. En su crítica, Andrés Ibáñez calificó en 2002 la novela como “un relato de una ambición y un alcance nada frecuentes”. “Es, ante todo”, proseguía, “un triunfo de la imaginación creadora, una obra que justifica en sí misma la existencia del arte de la novela”. Traducción de Jaime Zulaika.
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    6. ‘Limónov’, Emmanuel Carrère

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    Emmanuel Carrère (París, 1957) ha construido un género propio en el que mezcla la autobiografía con el retrato de personajes insólitos. Así definió el autor a su protagonista en 2013 : “Ha sido granuja en Ucrania, ídolo del underground soviético, mendigo y después mayordomo de un millonario en Manhattan ; escritor en París, soldado en los Balcanes, y, ahora, en el inmenso burdel del poscomunismo en Rusia, viejo jefe carismático de un partido de jóvenes desesperados. Él se ve como un héroe, pero también se le puede considerar un cabrón : yo no me atrevo a juzgarlo”. Traducción de Jaime Zulaika.
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    7. ‘Tu rostro mañana’, Javier Marías

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    Javier Marías cerró su trilogía Tu rostro mañana en 2007 con Veneno y sombra y adiós, en la que reflexiona sobre el egoísmo, la verdad y la culpa. José-Carlos Mainer calificó la obra de ejemplo del género de la autoficción : “Marías ha logrado la construcción más sostenida, compleja e importante que tal voluntad (de estilo y de género) ha producido en las nuevas letras españolas”. Mainer describe la obsesión por “la naturaleza de la verdad” y cree que “el punto de partida de la existencia es el egoísmo”.
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    8. ‘Borges’, Adolfo Bioy Casares

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    “De las 20.000 páginas de cuadernos íntimos que Bioy (1914-1999) escribió a lo largo de su vida, su relación con Borges ocupa 1.700”, explicó en una información de 2006 Javier Rodríguez Marcos. Son las que preparó para este volumen antes de morir : “Aunque el libro se extiende entre 1931 y 1989, Bioy resume los 15 primeros años en una decena de páginas. Eso sí, brillantes. Los diarios borgianos de Bioy están llenos de literatura”. Borges dijo que su relación era una profunda amistad “sin intimidad” cuya piedra angular eran los libros.
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    9. ‘Verano’, J. M. Coetzee

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    Verano,
     la tercera entrega de las memorias del sudafricano J. M. Coetzee (1940), “revela una audacia literaria que no por consecuente con la última parte de su obra deja de ser un reto original”, escribió José María Guelbenzu en 2010. En este libro, cinco entrevistados crean con su testimonio un Coetzee personal e íntimo, en un documento que manifiesta la viveza de espíritu del escritor y su apuesta irreductible por la verdad literaria. Traducción de Jordi Fibla.
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    10. ‘El año del pensamiento mágico’, Joan Didion

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    “La obra de no ficción de Joan Didion (1934) ejemplifica bien el género conocido como ensayo personal, una forma de escritura cuyo objetivo es someter a examen circunstancias de orden histórico o sociológico desde una perspectiva radicalmente subjetiva”, escribió en 2005 en estas páginas Eduardo Lago. Este libro de duelo es, en palabras del escritor, “el más personal por lo íntimo y doloroso del tema” : la muerte de su marido. Traducción de Javier Calvo.
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    11. ‘Mi lucha’, Karl Ove Knausgård

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    El noruego Karl Ove Knausgård (1968) narra su vida en seis tomos bajo el título de Mi lucha ,como la autobiografía de Hitler. “Un vertedero documentario que necesita existir para que surja, de vez en cuando, un prodigio que, por sí solo, parecería puramente retórico pero que, nacido de la abrumadora acumulación de detalles, se convierte en una epifanía”, opinó Alberto Manguel en 2014. Traducción de Kirsti Baggethun y Asunción Lorenzo.
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    12. ‘La carretera’, Cormac McCarthy

    Un padre y su hijo, supervivientes de una hecatombe nuclear, caminan hacia un sur que, solo quizá, sea su salvación. “Unidos por el amor y el miedo, son la expresión de una soledad intolerable”, escribió J. M. Guelbenzu en su crítica de esta novela de Cormac McCarthy (1933). Traducción de Luis Murillo Fort.

    13. ‘Crematorio’, Rafael Chirbes

    Rafael Chirbes (1949-2015) narró en esta novela la corrupción urbanística en España. “Con una escritura de precisión clínica en la que a veces recala un medido lirismo, el escritor no cede al olvido de la grande y pequeña historia de nuestro país. Como si Galdós vigilara”, escribió sobre el autor y su obra J. E. Ayala-Dip.

    14. ‘Dientes blancos’, Zadie Smith

    “El rasgo más característico de la escritura de Zadie Smith (1975) es su propensión a la sátira. No obstante, Dientes blancos no es una novela divertida”, escribió Francisco Solano en 2001. “Retrata el espacio multirracial habitado por hijos de inmigrantes, cuya asimilación a la metrópoli, junto con la confrontación con los padres, les aboca a ser víctimas de una mezcolanza ideológica y religiosa que produce claros efectos de atolondramiento”. Traducción de Ana M. de la Fuente.

    15. ‘Manual para mujeres de la limpieza’, Lucia Berlin

    La estadounidense Lucia Berlin (1936-2004) empezó a publicar (no a escribir) muy tarde y solo a finales del pasado siglo se la comenzó a reconocer como una narradora excepcional. Manual para mujeres de la limpieza es una antología de relatos basados en la vida itinerante de la autora, alcohólica, que trabajó en toda clase de oficios para mantener a sus hijos. “Todo cuanto relata tiene olor a verdad”, aseguró José María Guelbenzu en 2016. Traducción de Eugenia Vázquez Nacarino.

    16. ‘Zurita’, Raúl Zurita

    “La primera impresión que produce Raúl Zurita (Santiago, 1950) es la de un poeta perdido en el mundo del misterio y la espiritualidad”, escribió el cronista Patricio Fernández en 2012. “No lee, canta, se lamenta, y reza”. Y este poeta publicó aquel año su particular autobiografía, un poemario de 800 páginas en el que se expone más crudamente que nunca.

    17. ‘Postguerra’, Tony Judt

    El historiador británico (1948-2010) logró con este libro una hazaña, mezclando las lavadoras, los Beatles y Margaret Thatcher. Esto es, la vida cotidiana, la cultura y la política. “La nueva Europa constituye un éxito notable vitalmente vinculado a un terrible pasado”, escribió Santos Juliá en su reseña. “Para que los europeos conserven siempre ese víncu­lo vital hay que enseñárselo de nuevo a cada generación”. Traducción de Jesús Cuéllar y Gloria E. Gordo del Rey.

    18. ‘Soldados de Salamina’, Javier Cercas

    J. Ernesto Ayala-Dip habló en su crítica de Soldados de Salamina en 2001 de la mezcla entre “el relato real” que se plantea en el libro de Cercas y la “obra de ficción” que realmente es. La historia del fallido fusilamiento de Rafael Sánchez Mazas, escritor y fundador de la Falange, se desarrolla con “esa prosa que se desliza con la naturalidad que da la madurez”, añadió Ayala-Dip sobre esta novela.

    19. ‘El fin del Homo sovieticus’, Svetlana Aleksiévich

    Cuando Svetlana Aleksiévich (Ucrania, 1948) recibió el Premio Nobel de Literatura, muchos lectores descubrieron la fuerza de una obra, a medio camino entre el periodismo y la historia. El fin del ‘Homo sovieticus’ ofrece las voces de los que vivieron el fin del comunismo. “Su obra es también una revancha del periodismo”, escribió Lluís Bassets sobre su obra, “que busca las fuentes más modestas y las experiencias más sencillas para explicar lo que fue silenciado durante las siete décadas soviéticas”. Traducción de Jorge Ferrer.

    20. ‘Persépolis’, Marjane Satrapi

    En Persépolis, el único cómic en la lista, la autora iraní cuenta la revolución islámica de 1980 vista por una niña, la que Marjane Satrapi era entonces, con 10 años, cuando tuvo que ponerse pañuelo por primera vez para ir a la escuela. “Tenía un deber para con mi país”, le dijo en 2002 a Jaume Vidal en una entrevista. Un cómic en blanco y negro porque, según Satrapi, “el rojo de la sangre podría ser muy dramático”. Traducción de Albert Agut.

    21. ‘La liebre con ojos de ámbar’, Edmund de Waal

    A través de la historia de 264 miniaturas japonesas llamadas netsukes — entre ellas, la liebre que da título al libro —, Edmund de Waal (Nottingham, 1964) construye la historia de su familia, aunque va mucho más allá en un retrato de la historia reciente de Europa y de sus profundas heridas y ausencias. Traducción de Marcelo Cohen.
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    Del 22 al 50

    22. La grande, Juan José Saer
    23. Nunca me abandones, Kazuo Ishiguro
    24. Anatomía de un instante, Javier Cercas
    25. Demasiada felicidad, Alice Munro
    26. La tabla rasa, Steven Pinker
    27. Los años, Annie Ernaux
    28. Temporada de huracanes, Fernanda Melchor
    29. Sapiens, Yuval Noah Harari
    30. Kafka en la orilla, Haruki Murakami
    31. El nervio óptico, María Gainza
    32. Los diarios de Emilio Renzi, Ricardo Piglia
    33. La novela luminosa, Mario Levrero
    34. En presencia de la ausencia, Mahmud Darwish
    35. Incendios, Wajdi Mouawad
    36. Pensar rápido, pensar despacio, Daniel Kahneman
    37. Las correcciones, Jonathan Franzen
    38. El adversario, Emmanuel Carrère
    39. La mancha humana, Philip Roth
    40. Canadá, Richard Ford
    41. Elizabeth Costello, J. M. Coetzee
    42. Terror y utopía, Karl Schlögel
    43. Lectura fácil, Cristina Morales
    44. Las poetas visitan a Andrea del Sarto, Juana Bignozzi
    45. Ordesa, Manuel Vilas
    46. Distancia de rescate, Samanta Schweblin
    47. La noche de los tiempos, Antonio Muñoz Molina
    48. Teoría King Kong, Virginie Despentes
    49. El mundo deslumbrante, Siri Husvedt
    50. Los testamentos, Margaret Atwood

    Del 51 al 100 (por orden alfabético del apellido del escritor)

    Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie
    Diccionario de autores latinoamericanos, César Aira
    Experiencia, Martin Amis
    Patria, Fernando Aramburu
    Un país mundano, John Ashbery
    Fun Home, Alison Bechdel
    Genios : un mosaico de cien mentes creativas y ejemplares, Harold Bloom
    Vida precaria, Judith Butler
    El día del Watusi, Francisco Casavella
    Las ensoñaciones de la mujer salvaje, Hélène Cixous
    Hombre lento, J. M. Coetzee
    A contraluz, Rachel Cusk
    La maravillosa vida breve de Óscar Wao, Junot Díaz
    Jamás el fuego nunca, Diamela Eltit
    El olvido que seremos, Héctor Abad Faciolince
    Un ángulo me basta, Juan Antonio González Iglesias
    El giro, Stephen Greenblatt
    El tejido del cosmos, Brian Greene
    Homo Deus. Breve historia del mañana, Yuval Noah Harari
    Trabajos del reino, Yuri Herrera
    Sumisión, Michel Houellebecq
    La posibilidad de una isla, Michel Houellebecq
    La doctrina del shock, Naomi Klein
    La casa de la fuerza, Angélica Liddell
    Berta Isla, Javier Marías
    Asterios Polyp, David Mazzucchelli
    Necropolítica, Achille Mbembe
    C, Tom McCarthy
    Aquí, Richard McGuire
    Todo lo que tengo lo llevo conmigo, Herta Müller
    Escapada, Alice Munro
    Suite francesa, Irène Némirovsky
    Infiel. Historias de transgresión, Joyce Carol Oates
    El salto del ciervo, Sharon Olds
    El capital en el siglo XXI, Thomas Piketty
    Un apartamento en Urano, Paul B. Preciado
    Diccionario sánscrito-español. Mitología, filosofía y yoga, Òscar Pujol
    Retaguardia roja, Fernando del Rey
    La conjura contra América, Philip Roth
    Harry Potter y el misterio del príncipe, J. K. Rowling
    La última noche, James Salter
    Clavícula, Marta Sanz
    El artesano, Richard Sennett
    La estupidez, Rafael Spregelburd
    La poesía del pensamiento, George Steiner
    La gran brecha. Qué hacer con las sociedades desiguales, Joseph Stiglitz
    Los errantes, Olga Tokarczuk
    Nada se opone a la noche, Delphine de Vigan
    Hablemos de langostas, David Foster Wallace
    Fabricando historias, Chris Ware
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    Así ha decidido el jurado : hombres que votan a hombres y jóvenes que leen a extranjeros

    _ je remarque aussi que les nombreux lecteurs de ce très intéressant article paru dans El Pais qui prennent la peine de commenter-critiquer les choix de cette liste, indiquent les « oubliés » selon eux de cette liste. Et parmi ceux-ci, revient le plus souvent le nom de l’écrivain roumain Mircea Cartarescu, et son roman Solénoïde, paru en traduction française le 22 août 2019 (aux Éditions Noir sur blanc).

    Mircea Cartarescu : un auteur que m’a vivement recommandé l’ami Eduardo Berti, qui s’est rendu tout spécialement à Pollença (dans l’île de Mallorca) pour la remise à Mircea Cartarescu (pour l’ensemble de son œuvre) du Prix Formentor, le 29 septembre 2018 ; le jury de ce Prix Formentor s’était réuni à Buenos Aires le 9 avril 2018 ; et en faisait partie Alberto Manguel, le lauréat précédent de ce Prix Formentor, en 2017 ; et grand lecteur (et ami, mieux encore !) de Bioy, Silvina Ocampo, et Borges.

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    Et lire aussi de mon ami Bernard Sève :

    De haut en bas _ philosophie des listes…

    _ cf mon article du 4 avril 2010 : …

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    Ce samedi 30 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa