Étiquette : Odélia Charbit

  • Le très pénétrant regard de philosophe-chercheuse d’Odélia Charbit sur les traumas à très long terme, et complexes, du viol en son lumineux « Réparer – une philosophie du viol », aux Éditions Arkhè : pour une réappropriation de soi et son corps avec et par la confiance d’autres personnes…

    C’est un très pénétrant regard de philosophe-chercheuse qu’Odélia Charbit vient poser sur les traumas à très long terme, et complexes du viol, en son lumineux « Réparer – une philosophie du viol« , paru aux Éditions Arkhè le 10 octobre 2025, un travail dont j’ai appris l’existence le 10 juin dernier, lors de la réunion de notre Société de Philosophie de Bordeaux, en vue de proposer un choix préliminaire d’invitations pour notre saison de conférences-rencontres à la Station Ausone de la librairie Mollat – et si le livre n’a hélas pas été retenu au final, j’ai ardemment désiré le lire ; et j’y ai vraiment beaucoup appris de très important et passionnant…

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    philosophie viol

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    En voici d’abord la très claire présentation de la Quatrième de couverture :

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    Comment réparer ce qui est décrit comme irréparable ? Comment se réapproprier son corps après un viol ? Pourquoi est-ce si difficile à penser – d’une part –  et à accomplir – d’autre part –  ?

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    Les violences sexuelles infligent à la chair, au langage et à la vie des victimes des dommages considérables – et très profonds. Par leur force – terriblement – destructrice et leur empreinte durable – voilà : peut-être à jamais… – sur les corps, elles mettent en péril la façon même d’habiter – sans peur – le monde et de nouer des relations – vivables et de confiance réciproque – avec les autres.
    Dès lors, comment penser la réparation sans en faire une injonction à guérir ? Peut-être cet « après » consiste-t-il en une nouvelle manière d’exister, d’habiter son propre corps – voilà, et c’est complexe, difficile – et de retrouver une place dans le monde – parmi et avec les autres. En somme, de s’efforcer de redevenir sujet – au lieu de pur objet réifié et réduit : telle est la clé…
    La puissance de la parole individuelle et collective – à apprendre à prendre – , le rôle d’autrui dans la reconnaissance – à commencer par une écoute vraie – des victimes et la force de la vulnérabilité – comme reconquête d’une existence authentique – permettent d’esquisser les contours d’une nouvelle philosophie de la réparation : ancrée dans le corps – et son intimité relationnelle – , à hauteur des expériences vécues et profondément politique – voilà, afin d’être aidé à avancer vraiment…

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    Odélia Charbit est normalienne et philosophe, ses recherches portent sur la phénoménologie, les violences sexuelles et les rapports de pouvoir entre les sexes.

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    Le travail d’Odélia Charbit articule en permanence et très judicieusement d’excellents repères philosophiques – relativement classiques, certains : Husserl (« Méditations cartésiennes« , 1929), Ferenczi (« Confusion de langue entre les adultes et l’enfant. Le langage de la tendresse et de la passion« , 1933), Merleau-Ponty (« Phénoménologie de la perception« , 1945), Simone de Beauvoir (« Le Deuxième sexe« , 1949 ; « Œil pour œil« , 1968), Ricœur (« Soi-même comme un autre« , 2020), Foucault (« Le Courage de la vérité, le gouvernement de soi et des autres« , 2009), Derrida (« Poétique et politique du témoignage« , 2005) Patocka (« Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire« , 2007), Butler (« Frames of War : When is Life Grievable ?« , 2009) Winnicott (« Jeu et réalité« , 2018)… ; d’autres moins : Susan Brownmiller (« Contre le viol« , 1976), Catherine MacKinnon (« Toward a Feminist Theory of the State« , 1989),  Manon Garcia (« La Conversation des sexes – la philosophie du consentement« , 2023), Muriel Salmona (« Le Livre noir des violences sexuelles« , 2022), CIIVISE (« Rapport « Violences faites aux enfants – On vous croit » « , 2023), Sandra Lee Bartky (« Feminity and Domination« , 2015), Iris Marion Young (« On Female Body Experience « , 2015), Virginie Despentes (« King Kong Théorie« , 2006), Eric Calamote (« L’Expérience traumatique : clinique des violences sexuelles « , 2016), Elsa Ballanfat (« Le Corps (dés)abusé : violences sexuelles , de l’épreuve à la vie retrouvée« , 2023), Michel Dorais (« Ça arrive aussi aux garçons : l’abus sexuel au masculin« , 1997), Marie Chartron (« Penser les violences sexuelles« , 2025), Camille Kouchner (« La Familia grande », 2021), Florence Porcel (« Honte« , 2023), Susan Brison (« The Aftermath : Violence and the Remaking of Self« , 2002), Jo-Anne Wemmers (« Les expériences des victimes de violence sexuelle dans les programmes de justice réparatrice« , 2020), Denis Mukwege (« La Force des femmes« , 2021), Joshua Halberstam (« Violence imaginée/violence queer. Représentation, rage et résistance « , 2006), Elsa Dorlin (« Se défendre : une philosophie de la violence« , 2019), Mathilde Blézat (« Pour l’autodéfense féministe« , 2022), Michela Marzano (« Dignité et violence : les paradoxes de la sexualité« , 2012)… –

    et de nombreux très parlants témoignages de paroles, à vif, de victimes de viols…

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    Un travail passionnant et très éclairant : vers une réparation politique,

    même si celle-ci tarde toujours et encore beaucoup…

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    Ce lundi 22 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa