Étiquette : opéra français

  • Accéder au merveilleux des opéras de Lully : par le DVD ou le CD _ les exemples de l’Isis et Phaéton de Jean-Baptiste Lully par Christophe Rousset et Vincent Dumestre…

    La tragédie lyrique _ ou le principal de l’opéra baroque à la française aux XVIIème et XVIIIème siècles _

    est bien moins populaire

    que ne le devint très vite l’opéra italien

    _ destinée, que cette tragédie lyrique était, en priorité à l’Académie Royale de Musique, et au Roi,

    avec ses très puissants enjeux idéologiques… (cf ici la passionnante très significative Épître à M. de Nyert, sur l’opéra de La Fontaine, en 1677 ;

    et l’usage que j’en ai fait dans le livret du CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, paru en 1996 chez EMI, pour Hugo Reyne et La Simphonie du Marais ;

    Jean-de-la-fontaine,-un-portrait-musical-:-[airs,-chansons,-livrets-d'opéra,-lettres-et-écrits-sur-la-musique-de-La-Fontaine]

    voir mon article récent du 13 mars 2019  ) _ ;

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    et tout spécialement pour le mélomane du XXIème siècle

    y accédant.

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    Alors que dès ses débuts, à Venise, l’opéra italien s’adressait, lui, à un bien plus large public : à séduire, très vite _ dans l’instant ! _, tout particulièrement par la virtuosité de l’art des chanteurs _ et non la tendresse (à fondre de plaisir) du discours, et sa mise en musique…

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    D’où la relative rareté des enregistrements discographiques de l’opéra français des XVIIème et XVIIIéme siècle ;

    sans compter celle, déjà, de leurs productions scéniques

    _ d’où la prévalence discographique (comme à la scène), aujourd’hui, de récitals-florilèges d’airs, aux dépens de réalisations d’opéras entiers.

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    La comparaison

    de mon expérience ces deux jours

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    de l’écoute de l’Isis de Lully (de 1677)

    dans la réalisation, au CD, de Christophe Rousset (et ses Talens lyriques)

    _ soit le double CD Aparté AP 216 _,

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    et de la vision du Phaéton de Lully (de 1683)

    dans la réalisation, au CD et au DVD, de Vincent Dumestre (et son Poème harmonique) et Benjamin Lazar,

    ainsi que le chœur et l’orchestre musicÆterna

    _ soit le double CD + le DVD Château de Versailles Spectacles CVS 015 _,

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    me paraît riche d’enseignements quant à la réceptivité-réception des œuvres

    autrement qu’à la scène…

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    Je suis frappé d’abord par l’importance du livret _ de Quinault : quelles magnifiques réussites !

    Philippe Quinault : Paris, 3 juin 1635 – Paris, 26 novembre 1688 _

    par rapport à la musique elle-même ;

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    il n’est que de comparer leur importance respective dans l’œuvre de Lully

    avec les places respectives des paroles et de la musique dans les œuvres de Rameau,

    presque un demi-siècle plus tard _ Armide et Acis et Galatée de Lully furent créés en 1686 (le 15 février, pour Armide, et le 6 septembre 1686, pour Acis et Galatée) ; et d’Achille et Polyxène, Lully (qui meurt le 22 mars 1687) n’a composé que le premier acte ; c’est l’excellent Pascal Collasse, son secrétaire, qui a, en effet, terminé l’œuvre, qui fut créée le 7 novembre 1687… ;

    alors que Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764) furent créées à l’Académie Royale de Musique le 1er octobre 1733 ; soit 46 ans après la disparition de Lully.

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    Cependant l’œuvre de Lully a considérablement marqué la tradition française de l’opéra, au-delà même des premiers soubresauts de la Querelle des Bouffons (1752 – 1754) ;

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    de même que les livrets de Quinault, et plus longtemps encore, tout au long du XVIIIème siécle

    _ cf sur le site de Res Musica l’article (du 14 mai 2014) de Françoise Ferrand Le Livret d’opéra en France au XVIIIème siècle à propos de l’ouvrage majeur et passionnant de Béatrice Didier Le Livret d’opéra en France au XVIIIème siècle (Voltaire Foundation), paru le 21 janvier 2013 ;

    et la place qu’y occupe Quinault…

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    Lully, Quinault, Rameau : Quand l’Europe parlait Français,

    selon le titre du beau livre de Marc Fumaroli, dont la première édition (De Fallois) est parue le 23 octobre 2001.

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    Tout un immense fond culturel capital !

    Et aux enjeux ô combien essentiels aujourd’hui…

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    D’autre part et enfin,

    et peut-être surtout,

    dès son origine, l’opéra n’est pas qu’à entendre et écouter, mais aussi à voir et regarder

    par des spectateurs auxquels il s’adresse

    et cherche à enchanter :

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    c’est un spectacle total !

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    D’où l’intérêt et l’avantage du DVD sur le CD ;

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    à la condition, bien sûr, et assez difficile à respecter, trouver, obtenir

    _ au DVD comme à la scène : sinon, le résultat est abominable ! _

    que le rendu de l’image _ et du spectacle sur la scène, déjà _ trahisse le moins possible,

    mais au contraire serve au mieux

    _ et cf ici, bien sûr, les enchantements des mises en scène merveilleuses de Benjamin Lazar _,

    ce qu’avait été la beauté _ et même le merveilleux ; et ce facteur est même crucial ! _ du spectacle

    désirée par le compositeur… 

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    Ce mercredi 20 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les opéras de Massenet

    Parfaire sa culture musicale

    avec les opéras de Massenet.

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    C’est à cela que nous convie cet article tout à fait intéressant et précis de Res Musica,

    MASSENET REMASTERISÉ PAR ERATO 

    par la plume de Catherine Scholler :

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    Jules Massenet (1842-1912) :

    Werther, Manon, Thaïs, Don Quichotte, Le Jongleur de Notre-Dame, Hérodiade, Sapho.

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    Avec :

    Cheryl Studer, Victoria de Los Angeles, Mady Mesplé, Beverly Sills, Renée Doria, sopranos ;

    Nadine Denize, Teresa Berganza, mezzo-sopranos ;

    Ben Heppner, Henri Legay, Nicolai Gedda, Ginès Sirera, Alain Vanzo, ténors ;

    Thomas Hampson, Michel Dens, Jean-Christophe Benoit, Sherill Milnes, Adrien Legros, Alain Fondary, barytons ;

    José van Dam, Jean Borthayre, Roger Soyer, Jules Bastin, basses.

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    Direction : Michel Plasson, Pierre Monteux, Georges Prêtre, Lorin Maazel, Roger Boutry.

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    16 CD Erato.

    Enregistrés en 1955, 1968, 1976, 1978, 1992 et 1994.

    Notice minimale

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    coffret massenet eratoNous ne saurons jamais les tenants et les aboutissants de la conception de cette compilation de sept opéras de Massenet, soigneusement remasterisés par Erato. Il ne s’agit pas d’une date anniversaire dans la vie du compositeur, et nous n’avons aucun indice sur ce qui a présidé au choix des œuvres ou des versions.

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    Bien entendu, nous retrouvons les titres incontournables, tels que Manon ou Werther, mais Le Jongleur de Notre-Dame ou Hérodiade sont bien plus rares, et que dire de Sapho, quasiment jamais donnée ? Y avait-t-il d’autres ouvrages de Massenet au catalogue Erato, qui auraient été mis de côté ? Les enregistrements, quant à eux, ont été réalisés entre 1955 et 1994, et tous ne sont pas des références. Ils témoignent surtout de l’évolution vers l’internationalisation du monde lyrique dans la deuxième moitié du XXe siècle. À quelques exceptions près, les distributions sont en effet internationales, tout comme on parle de cuisine internationale, souvent bonne et goûteuse, mais un peu trop standard, pas assez épicée. C’est le cas par exemple de cette Hérodiade enregistrée en 1994 sous la baguette de Michel Plasson, parfaite mais glacée. Tout est en place, agréable à entendre, mais il y manque un peu d’âme. On n’a cependant jamais fait mieux en CD depuis. De la même façon, avec le passage des années, le Don Quichotte du même Plasson (1992) semble un rien compassé. On dirait que le chef a privilégié l’hédonisme musical à l’action dramatique.

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    N’y avait-il pas mieux au catalogue Erato que cette Manon (Pierre Monteux, 1955) et ce Werther (Georges Prêtre, 1969) terriblement datés ? Victoria de Los Angeles, présente dans ces deux intégrales, ne semble pas tout à fait dans son élément en Manon, et totalement hors de propos en Charlotte, qui n’est pas dans sa tessiture. Bien entendu, Nicolai Gedda est un excellent Werther, mais Henri Legay est un bien prosaïque chevalier Des Grieux, et Mady Mesplé insupportable de pétulance en Sophie.

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    Si les chanteurs français semblent dans ces années-là mis à l’écart des studios d’enregistrement, il n’en est pas de même des chefs. Seul l’un d’entre eux, Lorin Maazel, n’est pas français, et c’est pourtant lui qui rafle la mise, avec une Thaïs d’anthologie (1976), que tout bon mélomane se doit de détenir et de chérir. La direction est un modèle de clarté et de couleurs (notons que Maazel tient lui-même la partie de violon de la méditation), Berverly Sills est d’une intense sensualité, Sherill Milnes d’une autorité sans faille, et Nicolai Gedda particulièrement rayonnant. Rien que pour ceux qui ne possèdent pas cette intégrale, le coffret mérite d’être acquis. Mais il y a d’autres pépites.

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    Contredisant notre introduction, le Jongleur de Notre-Dame (Roger Boutry, 1978) est entièrement chanté par une distribution francophone, mais peut-il en être autrement de cette œuvre magnifique et si fragile ? Alain Vanzo, l’un des plus talentueux et des plus amers écartés des scènes et des studios, s’y taille la part du lion, dans une composition pleine d’amour, de foi et de naïveté, avec un timbre, un souffle et une ligne superbes, qui pourraient en remontrer à plus d’un. Jules Bastin quant à lui détaille la célèbre « légende de la sauge» comme une mélodie. Ne serait-ce la bruyance des chœurs, notre bonheur aurait été parfait.

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    Plus étonnant encore, cette Sapho (Boutry, 1976) que l’on n’avait pour notre part jamais entendue dans cette version, devant nous contenter de quelques enregistrements mineurs débités par des hurleurs. Dans le rôle-titre, Renée Doria, à l’âge de 57 ans – excusez du peu – parvient à rendre de façon ahurissante le côté boulevardier de cette fille facile, tout en lui conservant une certaine noblesse. Le célèbre « canaille ! », en voix parlé, si difficile à exécuter sans brailler, et ici d’une élégance infinie. Le ténor qui lui donne la réplique, Ginès Sirera, est un parfait inconnu ; il aurait certainement pu affronter les grandes scènes lyriques tant son timbre est joli et sa diction châtiée. Une formidable découverte.

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    À un prix intéressant et avec de belles surprises à la clef, il serait dommage de se priver de ce coffret.

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    L’article prend souvent fortement des positions

    qui pourraient être discutées,

    mais ces appréciations sont tout à fait utiles… 

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    Ce mardi 18 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa