Étiquette : ouverture

  • Un courriel à l’ami bruxellois Pascal Chabot, en avant-propos à mon article détaillé à venir sur son très essentiel « Nos vies encapsulées – Quel devenir pour l’humanité ? » : de l’art d’apprendre (et enseigner) à combiner harmonieusement l’utile, commode, et le subtil, fondamental, avec la plus délicate et désirable, et jubilatoire, justesse…

    Cher Pascal,

    tu peux probablement soupçonner combien et à quels incroyables degrés Titus Curiosus est sur la même longueur d’ondes que l’auteur que tu es, toi, renouvelant encore une fois, avec ce richissime lucidissime, et fondamentalement ouvert avec optimisme sur l’avenir, « Nos Vies encapsulées – quel avenir pour l’humanité », à partir de ta pratique philosophante subtilissime du langage, et avec tant de lucidité et de justesse, une nouvelle fois, la compréhension lucidissime de ce qui ne cesse de bouger dans les trames de fond de notre monde contemporain, en tentant d’éclairer avec un merveilleux brio d’intelligence du réel, et d’aider à advenir peut-être et surtout aussi – tu n’es jamais pessimiste, ni défaitiste, bien au contraire ! tu cultives le positif…  – , une plus heureuse meilleure façon de combiner plus et mieux harmonieusement ce que tu qualifies d’optimisation et dynamique subtile, dans un monde dominé par l’emprise puissante et très ambivalente de la technonomie, et par l’utilitarisme très généralisé – par commodité et facilité (et aussi par paresse et lâcheté, au lieu de vaillance et courage, comme le souligne si justement Kant en son « Qu’est-ce que les Lumières ? »…) – qui la reçoit bien trop unilatéralement, et avec mutilation du fondamental plus subtil, pourtant si important et crucial pour le degré de sens et d’accomplissement authentique de nos existences fragiles et toujours au moins potentiellement un minimum ouvertes, même aussi précautionneusement encapsulées – mais en danger quasi permanent, puissants algorithmes aidant, de formatage réducteur de notre liberté éclairée…
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    Nos vies encapsulées

    Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, objet technique total offrant autonomie, confort et connexion permanente – ainsi que capacité immédiate de transactions en tous genres – dans lequel nos existences se sont peu à peu – très commodément : tout l’utile est à portée très rapide, quasi immédiate, de satisfaction de besoins et certains désirs, plus ou moins formatés… – installées.

    Cette vie encapsulée nous a permis d’aller plus vite, plus loin, de communiquer davantage, parfois même de nous sentir plus libres. Mais la promesse moderne d’émancipation semble aujourd’hui se retourner – voilà ! – contre elle, pour produire narcissisme et – dangereuse – dépendance – mutilante de nos capacités de réalisation (et élévation) profonde… Continuons-nous vraiment d’exister – telle est la question de fond ! – dans ces – si commodes – capsules ? Ne serions-nous pas tous atteints de digitose, ce mal digital par excellence ?

    Comme dans le mythe de la caverne, il nous faut apprendre à sortir – voilà, nous ouvrir, et nous élever… – de ces capsules, et à retrouver les liens subtils – peu à peu éloignés et quasi perdus – qui nous unissent au monde – du dehors, des personnes des autres, ainsi que des œuvres vraiment authentiques. À travers des exemples – excellemment – concrets – une couveuse, une mandarine dans une chambre d’hôtel, une capsule temporelle laissée par Baudelaire, un bar européen à Bruxelles -, Pascal Chabot explore – avec un extraordinairement lumineux talent d’analyse – les voies possibles – à commencer à explorer – d’une existence plus – et mieux – habitée – avec une plus juste, et de meilleur aloi, intensité ! – et pose les questions philosophiques qui nous traversent : que désirons-nous – vraiment et fondamentalement – devenir ? Et comment réinventer le – vrai sens du – progrès ? – nous y voici…

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    La lecture un peu assidue des articles quotidiens de mon blog encherchantbien.fr te montrerait combien, cher Pascal, je partage la totalité, mais oui, des thèses, qu’opus après opus, tu proposes si opportunément à la lecture de tes lecteurs ouverts et curieux d’intelligence plus réaliste, plus vraie – toujours au plus près du concret – , du réel : c’était d’ailleurs ce que j’avais tenu à souligner en prenant bien soin de passer exhaustivement en revue, même rapide, la totalité de tes travaux précédents, lors de notre entretien du 22 novembre 2022 à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux, à propos de ton important « Avoir le temps : Essai de chronosophie » qui venait tout juste de paraître – revoir la vidéo de ce riche entretien panoramique aussi sur ton travail, depuis ton « La Philosophie de Simondon » , paru en 2003 (chez Vrin), et ton « Après le progrès » paru en 2008 (aux PUF)…
     
    Et voilà qu’avec ce très riche et toujours très précis et très clair « Nos Vies encapsulées – quel avenir pour l’humanité » qui parait cet été 2026, c’est une toposophie qui vient maintenant s’abouter à la lucidissime chronosophie de ton « Avoir le temps : Essai de chronosophie  » de 2021… Tu poursuis toujours très brillamment ton chemin de philosophe déchiffreur et défricheur du réel de nos vies présentes, et de leur bel avenir à ouvrir, à aider à naître et devenir, s’épanouir vraiment, et singulièrement, sans formatage pré-déterminé – la vraie philosophie en action est toujours, depuis Socrate, une très concrète maïeutique, et il nous faut, en effet, en nos actes de philosophes à l’œuvre, toujours nous efforcer de la rendre la mieux désirable et jubilatoire possible… Nous sommes le contraire de scrogneugneux magistraux et dogmatiques donneurs sévères de leçons à suivre à la lettre : nous désirons faire joyeusement désirer et aider à accomplir l’épanouissement singulier, improbable, vraiment libre, des plus belles potentialités, encore inconnues d’eux et a fortiori de quiconque, de nos interlocuteurs et lecteurs, avec la plus heureuse et vraie positivité à partager, sans contraindre, mais seulement en signalant des chemins désirables pour cet épanouissement potentiellement à venir, à ouvrir, par la personne, et qui est chaque fois aussi improbable que singulier : c’est une création qui, à l’œuvre si possible personnelle et singulière, va pouvoir se découvrir et s’inventer…
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    Voici donc ici, cher Pascal, les liens à mon tout premier article, en date du 3 juillet 2008 (mais rédigé le 20 mai précédent) :
     
    et à celui d’aujourd’hui même, lundi 14 septembre 2026, apparemment anecdotique, mais – c’est toujours de justesse qu’il s’agit – … :
     
    Pour mesurer peut-être ce qui a pu changer, ou pas, de mon propre regard philosophique en 18 ans de rédaction de ce blog encherchantbien.fr …
    Et cela, même si un blog n’est certes pas un livre, et n’a, bien sûr, pas du tout la même portée, ni surtout ampleur de lectorat…
     
    Bien fidèlement à toi, cher Pascal, bruxellois,
    et plus que jamais passionnément comblé de lire tes lucidissimes travaux,
     
    Francis, à Bordeaux,
    depuis sa tranquille mais archi-vivante petite capsule toujours ouverte sur le dehors et l’altérité,
    et, urbi et orbi, Titus Curiosus…
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    Ce mardi 15 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un passionnant entretien de René de Ceccatty, avec Jean-Max Méjean, au cinéma Mac-Mahon, sur la place du cinéma, d’abord italien (mais pas que…), dans le très riche et très ouvert parcours artistique de l’ami René de Ceccatty…

    Voici, adressée avant-hier 5 mai, par l’ami René de Ceccatty,

    la vidéo (d’une durée de 59′) d’un tout à fait passionnant entretien que René a eu avec Jean-Max Méjean, au cinéma Mac-Mahon, à propos de la place notable que tient le cinéma, d’abord italien (mais pas que…), ainsi que ses divers protagonistes (réalisateurs-auteurs, acteurs, scénaristes, etc.), dans le très riche et très ouvert parcours artistique de René de Ceccatty : https//www.youtube.com/watch?y=UFcZkK9NUVw ,

    tel un regard rétrospectif en coupe, réalisé un peu au hasard, au fil parfois un peu décousu des questions posées, sur des points plus ou moins marquants des rencontres à relever, par son interlocuteur ou par lui-même, en sa carrière la fois très ouverte et très diverse d’auteur-écrivain amateur aussi de cinéma, et particulièrement de cinéma italien…

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    Parmi ces rencontres – certaines effectives et parfois majeures, vraiment amicales, ou par l’intérêt plus circonstanciel qu’il a pu leur porter en écrivant à l’occasion de sa curiosité et son admiration esthétique... – , au fil des circonstances, ainsi que des questions que son interlocuteur, plus ou moins en désordre, lui pose, René de Ceccatty ne manque pas de citer – et mille pardons de cet un peu risible inventaire à la Prévert qui vient tout aplatir, l’important et le circonstanciel anecdotique !.. – les noms suivants, que je relève ici :

    Burt Lancaster, Luchino Visconti, Greta Garbo, Max Ophuls, Dominique Delouche, Marlene Dietrich, Josef von Sternberg, Marilyn Monroe, Isabelle Adjani, Maria Callas, Pier Paolo Pasolini, Joseph Losey, Franco Zeffirelli, John Huston, Carl Dreyer, Ricardo Larrain, Angelina Jolie, Abel Ferrara, Willem Dafoe, Adriana Asti, Yajusiro Ozu, Setsuko Hara, Ludwig Binswanger, Violette Leduc, Martin Provost, Alberto Moravia, Édouard Louis, André Téchiné, Jacques Leibowitch, Anne Fontaine, Ken Loach, Silvia Baron Supervielle, Hector Bianciotti, Alfredo Arias, Facundo Bo, Copi, Vittorio De Sica, Gilles Barbedette, Hervé Guibert, Marguerite Duras, Angelino Morino, Leopoldina Pallotta Della Torre, Fanny Ardant, Laure Duthilleul, Bruno Nuytten, Michel Waldberg, Joaquim Vital, Colette Lambrichs, Patrick Chamoiseau, Federico Fellini, Rita Cirio, Rosita Steenbeek, Nicola Piovani, Claudia Cardinale, Anouk Aimée, Gilles Lelouch, Jeanlouis Trintignant…

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    Voilà qui vient nous parler, à nous aussi, pas mal…

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    Ce jeudi 7 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lire Thibaut Sallenave : après « Changements d’adresse – une philosophie du déménagement » (2022) et « Petit traité de la ponctualité » (2024), voici maintenant « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » (2025), un modeste vademecum proposé pour l’accomplissement personnel…

    Lire Thibaut Sallenave :

    après « Changements d’adresse – une philosophie du déménagement » (2022) et « Petit traité de la ponctualité » (2024),

    voici maintenant un admirable « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » (2025)…

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    Soit une philosophie-sagesse de l’existence renouvelée, foncièrement dynamique et pratique, à dimension pédagogique, aussi – tout frais, tout frais, ce début juin, Prix lycéen du livre de philosophie 2024-2025 pour « Petit traité de la ponctualité« … – , mais dénuée de la moindre lourdeur didactique dissuasive !

    Soit une initiation à un modus operandi fondamentalement ouvert – « Vademecum, vadetecum« …  – de l’accomplissement- car tel en est l’objectif  avisé esquissé – singulier de la personne de chacun.

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    Et en voici, pour commencer, ce que propose la quatrième de couverture de ce lumineux « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » :

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    Donner un sens à nos vies : n’est-il pas temps de nous délivrer – pas moins… – , individuellement et collectivement, d’une telle – un poil bien trop angoissante, et cela à tous âges – injonction ? Omniprésente – galopante aujourd’hui – , elle – cette permanente impérieuse injonction d’orientation, affolante, terrorisante ; et je déteste aussi l’aveuglement auto-imposé des GPS… – alimente nos réflexions et nos choix : famille, études – ah le diabolique Parcoursup ! J’ai assisté à son sinistre impérieux démarrage… – , carrière, politique… Non sans s’accompagner d’un corollaire plus sombre – et voici la source radicale de l’angoisse – : qu’arriverait-il si nous nous trompions de chemin ? – et faisions fausse(s) route(s)… Si nous passions – en la gâchant, en la ratant : aïe, aïe, aïe… – , à côté de notre – unique et défilante – vie ? Cette recherche – terrorisée – de sens est aujourd’hui accentuée par les multiples crises que traversent nos sociétés (pandémies, environnement, guerres…). Mais doit-on réellement chercher un sens – et qui plus est un sens qui soit unique… – à sa vie ? Est-ce si important ? Ce livre vise à mettre de côté cet impératif écrasant – les Sisyphe que nous acceptons d’être – , afin de nous libérer – voilà ! et c’est ce à quoi aide vraiment le modeste régulier, quotidien, penser philosophique : Socrate, Montaigne, Spinoza, Kant, Nietzsche, etc. ; Jankélévitch le mélomane, aussi… – d’une charge qui, loin de nous motiver, est en fait un obstacle – paralysant parce qu’affolant, empêchant, par ses impérieux diktats, de vraiment et un peu sereinement, et avec joie et un minimum d’humour, réfléchir – à notre accomplissement – voilà l’objectif bien plus authentique : s’accomplir, épanouir joyeusement les meilleures potentialités (données et reçues en germes) de son être. À la place, il plaide pour une vie à soi – avec ses singularités personnelles, enrichies de rencontres vraies (cf ici mon propre article « Pour célébrer la rencontre » : un texte mien de 2007 « retrouvé » ! » en date du 26 octobre 2016), et  en vraie douce profondeur, ouvrantes et vraiment euphorisantes, un peu diverses – qui nous apporte, plus et bien mieux qu’un sens, un – fécond et jubilatoire et varié – supplément d’être – en apprenant, peu à peu à devenir, chacun, ce qu’on sera, de mieux en mieux accompli, épanoui, en nos successives (imprévisibles par quiconque, pas même par soi) métamorphoses, avec espérance et confiance, peu à peu ; sans suffisance non plus…

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    Sur le riche sillon poursuivi de Thibaut Sallenave, philosophe, cf les intuitions premières de mon enthousiaste article du 28 janvier dernier :

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    « L’admirable force de positivité et confiance de Thibaut Sallevave dans ses réalistes et justissimes « Changements d’adresse – Une philosophie du déménagement » et « Petit traité de la ponctualité » : deux précieuses aides pour apprendre très concrètement à mieux vivre, en situations de lieu et de moment à, avec finesse et subtilité, judicieusement appréhender…« 

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    Et je peux déjà  ajouter ici que « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » fera partie des conférences-entretiens de notre Société de Philosophie de Bordeaux, à la Station Ausone de la librairie Mollat, pour notre saison 2025 – 2026 qui vient…

    Un rendez-vous prometteur dont la date sera prochainement fixée…

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    Ce mardi 3 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En forme d’amuse-gueules à mon entretien d’après-demain mardi 14 janvier à la Station Ausone avec l’ami Bernard Sève à propos de son magistral « Les Matériaux de l’art », trois auteurs à lire ou relire : Cornelius Castoriadis (1922 – 1997), Thomas Munro (1897 – 1974) et Howard Becker (1928- 2023)…

    Afin de se mettre un peu en bouche les délices à venir, après-demain mardi 14 janvier 2025, à 18 h00, à la Station Ausone, et pour notre Société de Philosophie de Bordeaux, de ce que nous livrera l’ami Bernard Sève de son magistral « Les Matériaux de l’art«  (paru aux Editions du Seuil à l’automne 2023),

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    je propose ce jour de jeter un petit œil curieux en priorité au lucidissime « Histoire et création » de l’incontournable Cornelius Castoriadis (Constantinople, 11 mars 1922 – Paris 7e, 26 décembre 1997)

    _ dont est cité , aux pages 554-555 de la Conclusion générale de ce livre de Bernard Sève, ceci de décisif pour caractériser l’essentiel de l’activité créatrice artistique : « Une reprise perpétuelle du donné (tenant compte de ses lourdeurs, de sa résistance, de ses « lois propres », etc.) est constamment possible. Cet état n’a rien de mythique. C’est celui qui est constamment réalisé _ mais oui ! _ dans toute œuvre de création. Lorsque Bach écrit une Passion, il ne fait rien d’autre. La liberté de création ne consiste pas à se placer dans une situation de liberté abstraite par rapport aux moyens et aux formes (liberté imaginaire et fantasmatique) de la musique _ elle ne consiste donc pas à faire ce qui serait en fait sortir de la musique et à considérer toute musique et même toute expression comme radicalement contingente : elle consiste à dominer les moyens effectivement disponibles _ reçus, hérités _ (et à en créer éventuellement d’autres) _ voilà ! _ pour leur faire servir son intention, pour en faire l’expression adéquate d’un contenu _ contenu qui est vécu _ par l’artiste _ comme vérité absolue » ;

    …

    ce dont Bernard Séve tire immédiatement ceci, aux pages 555-556 de cette Conclusion générale : « Le déjà-là, dans ma lecture de ce texte, est constitué aussi bien par les matériaux disponibles que par les conditions sociales de la création artistique. Il conditionne, sans la dominer, la création. La distinction entre conditionner et dominer _ et aliéner _ est fondamentale : le déjà-là qui conditionne mon action est à la fois _ oui _ un appui et une résistance, mais il ne s’agit pas d’une instance de domination. Le matériau et les conditions sociales structurent a priori l’activité artistique, mais l’artiste sait maîtriser ces conditions, exploiter leurs possibilités et impossibilités, et élargir _ voilà _ son champ d’opération grâce à la puissance et, plus encore, l’audace de son imagination _ la faculté fondamentale d’imageance, selon le mot que je me suis permis de forger à partir des très riches travaux de mon amie Marie-José Mondzain. Pourtant, il faut bien qu’il y ait du non-conditionné dans la création artistique ; dans le cas contraire, les conditions sociales et idéologiques dviendraient dominatrices et, partant, aliénantes. Ce non-conditionné consiste en sa liberté, son imagination, son audace _ telles sont les clés de création de l’art par l’artiste véritablement créateur.

    Les réalités humaines dans lesquelles apparaît manifestement _ avec éclat et sentiment de beauté _ du non-conditionné sont _ en effet _ les œuvres d’art, et ce aux différents étages de notre analyse _ de ce livre de Bernard Sève, en ses chapitres I à VI _ : matériaux, outils et techniques, usages du corps humain, collaboration et coopérations, présentation et conservation-restauration des œuvres, usages seconds. A ces six niveaux doit s’en ajouter un septième _ et crucial ! _, qui les traverse tous : l’invention d’arts nouveaux, la réinvention des arts anciens. (…) C’est parce que l’humanité invente l’art qu’elle invente _ aussi _ une diversité d’arts _ consubstantiellement liés : l’art vrai étant toujours ouverture fondamentale au divers de l’altérité d’un réel. La diversité des pratiques, des arts et des œuvres, bien loin de compromettre l’intelligibilité de l’art, est en réalité condition de cette intelligibilité _ par les liens et échanges nourris qui y sont en permanence noués et reliés. C’est le foisonnement quelque peu chaotique des arts et des pratiques artistiques qui permet, si l’on comprend qu’il est une clé et non un problème, de s’approcher au plus près du noyau de l’artisticité _ qui comporte, ensuite, bien des degrés….

    Car cette diversité des arts et des pratiques n’est pas pure dispersion. (…)

    Avec ces « trois conséquences : que les mêmes questions peuvent être posées à tous les arts, que les relations entre les arts se nouent dans les œuvres _ mêmes _ des artistes (par les synthèses de l’hétérogène, les pratiques d’hybridité et les usages seconds _ qui y sont très effectivement opérés _), et qu’en art tout est possible en des temps et des lieux différents.

    Des proximités inattendues apparaissent alors, au fil des questions posées : les battles de rap voisinent avec le ballet classique » ; etc., etc.

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    Et finalement ceci, page 557 :

    « L’impossibilité de constituer un système des arts fixe et cohérent tient non pas à la diversité des arts, mais au fait que cette diversité ne peut pas être fixée par un nombre fini _ et clos _ de paramètres. Si système il pouvait y avoir, ce serait un système mobile, en perpétuelle évolution, et qui devrait se déployer dans un espace en expansion et à n dimensions. Et puis l’histoire n’est pas finie. L’artiste invente, et les inventions futures ne sont pas anticipables par aucune philosophie _ nécessairement humble.

    …

    La richessse d’invention artistique de l’humanité est impressionnante et presque effrayante, comme peut l’être une tempête. Mais la tempête n’exprime que la force démesurée de la nature, quand l’immense diversité des arts et la diversité plus immense encore des œuvres expriment la puissance démesurée de la liberté humaine _ ici à l’œuvre. Il y a là quelque chose de sublime, assurément » _ oui, cf ici les justes analyses de Baldine Saint-Girons.

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    Mais aussi aux très intéressants « Les Arts et leurs relations mutuelles » de Thomas Munro (Omaha, 15 février 1897 – Sarasota, 14 février 1974) _ dont la phrase de base « L’important est la différence entre l’état où l’artiste prend le matériau, et celui où il le laisse » sert d’exergue à l’Introduction, à la page 9 du livre de Bernard Sève _

    et « Les Mondes de l’art » d’Howard Becker (Chicago, 18 avril 1928 – San Francisco, 16 août 2023) _ dont est citée, à la page 17 de cette même Introduction, la phrase-clé : « Il est réaliste d’appréhender l’artistique selon une variable continue, et d’échelonner _ voilà, selon divers degrés _ les objets plutôt que de s’en tenir à la dichotomie _ inadaptée _ de l’art et du non-art« … _,

    qui comptent probablement parmi les plus pertinents des analystes de la complexité et richesse des pratiques artistiques, en la formidable diversité de leur aspects,

    et dont les méthodes de penser comptent parmi les plus réalistes pour pénétrer le sens de ces pratiques artistiques, en leur impérieuse factuelle _ de plus en plus ouverte et inventive au fil des temps _ effectivité…

    …

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    Ce travail d’analyses ultra-fines extrêmement détaillées, et en une amplitude de connaissances quasi infinie, accompagné de formidables qualités de synthèse d’exposition _ pour un auteur d’aussi passionnants livres que ses « Montaigne – des règles pour l’esprit » (aux PUF, en 2007) et « De haut en bas – Philosophie des listes » (au Seuil, en 2010) _,

    dont les recherches sur et autour de la musique, « L’Altération musicale – ou ce que la musique apprend au philosophe » (au Seuil en 2002) et « L’Instrument de musique – une étude philosophique » (au Seuil en 2013), nous ont emballé,

    font de ce « Les Matériaux de l’art » un livre rien moins qu’indispensable…

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     Ce dimanche 12 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa