Étiquette : parcours de vie

  • L’extraordinaire d’intimité bouleversante « Lines of lines – Schubert – Kurtág » de Benjamin Appl et György Kurtag : un sublime bijou tout de sobriété, pour nous accompagner à aller à l’essentiel, nous aussi, de nos vies…

    C’est un bouleversant – d’intensité intime – moment de musique que, avec le saisissant CD Alpha 1145 « Lines of life – Schubert & Kurtág« , viennent nous faire un somptueux cadeau musical le superbe baryton Benjamin Appl  – dont j’ai beaucoup beaucoup apprécié les précédents CDs « Forbidden fruit » et « Schubert – Winterrreise » , avec son compère pianiste James Baillieu (tous deux sont londoniens), pour Alpha, ainsi que le récital « Schubert – Lieder with orchestra« , avec le Münchner Rundfunkorchester dirigé par Oscar Jockel, pour BR Klassik ; cf mon article récapitulatif en date du 10 octobre 2023 : « Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie… » ; Benjamin Appl est né le 26 juin 1982 à Ratisbonne, en Bavière : il a été d’abord formé au chant, enfant, au renommé Regensburger Domspatzen… – et le merveilleux – et très singulier : magnifique ! – compositeur – et ici aussi pianiste, pour un lied de Schubert et un lied de Brahms… – György Kurtág, dont l’œuvre tout entier est une très exigeante visée-quête d’accès brefs, forcément, à une sublime éternité hors temps, et à laquelle il parvient !,

    avec ce CD enregistré à Budapest les 23 et 24 mars et 5 et 6 mai 2024, mais très intensivement préparé, à Budapest même, sur une durée de rien moins que douze jours (!) ;

    Gÿorgy Kurtág (né à Lugo, en Transylvaniue le 19 février 1926) était alors, ces douze jours d’ardente préparation et enregistrement – de 1200 prises ! – de mars et mai 2024, un jeune homme d’à peine 98 ans…

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    C’est un article de Dominique Adrian, intitulé « Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique« , publié sur le site de ResMusica en date du 15 mars dernier, qui m’a fait me mettre en quête immédiate de ce CD désiré ;

    pour ma plus vive et très reconnaissante jubilatoire satisfaction : quel sublime art, et du compositeur Kurtág, et de l’interprète Appl !

    – celui-ci chantant, et merveilleusement !, a capella sur 8 des 21 plages de musique de ce CD : 8 des Lieder de Kurtág ; mais aussi accompagné au piano par James Baillieu sur 6 des plages : pour des Lieder de Schubert ; par Pierre-Laurent Aimard sur 4 des plages : pour des Lieder de György Kurtág sur des poèmes de Ulrike Schuster ; par György Kurtág lui-même au piano, pour les lieder « Der Jüngling an der Quelle » de Schubert et « Sonntag » de Brahms ; et par le tromboniste Csaba Bencze et le tubiste Gergely Lukács pour le lied « Gestalt und Geist » des « Hölderlin-Gesänge« , Op. 35a: No. 3 de György Kurtág…

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    Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique

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    Le disque publié par Alpha retrace une collaboration unique – oui ! – autour du Lied romantique – 7 Lieder de Franz Schubert et un de Johannes Brahms – entre le jeune baryton et le vénérable compositeur – l’un de 41 ans, l »autre de 98 ans, lors des séances d’enregistrement, en mars et mai 2024, de cet exceptionnel CD…

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    Même le décès de son inséparable épouse Márta en 2019 n’aura pas mis un terme à la créativité de , le dernier survivant de la génération miraculeuse née dans les années 1920 qui, marquée par l’Histoire – et, pour Kurtag, par l’œuvre de Bela Bartok -, a révolutionné la musique après 1945 – et lui, à la différences de bien d’autres compositeurs ses contemporains, il ne passera pas aux oubliettes de la musique… Il n’a notamment pas cessé de recevoir les musiciens désireux de travailler avec lui, comme le baryton , qui a tiré un disque de cette collaboration. Les œuvres de Kurtág lui-même s’y taillent la part belle – 13 plages sur les 21 de musique de ce CD -, naturellement, mais Appl a aussi travaillé avec lui sur le Lied romantique, principalement Schubert – 7 plages -, qu’il avait déjà servi au disque avec un Winterreise très estimable (Alpha, 2021) – avec aussi, je me permets de l’ajouter ici, les lieder « Heidenröslein » et « Gretchen am Spinnrade » aux plages 34 et 35 du très marquant CD Alpha 922 « Forbidden fruit » ; cf mon article « La remarquable singularité du programme, et la parfaite réalisation musicale, du passionnant CD « Forbidden Fruit » de Benjamin Appl et James Baillieu » en date du 30 juillet 2023. Il aura fallu douze jours pleins et 1200 prises pour enregistrer les cinquante minutes de musique du disque, sous la direction de Kurtág lui-même, sans compter le travail préparatoire : on pourrait craindre de découvrir un froid produit de studio, mais c’est un joyau de naturel musical  – voilà ! – qui en sort.

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    Les six fragments des Hölderlin-Gesänge op. 35a – aux plages 8 à 13 du CD -, composés au milieu des années 90 et complétés par deux autres poèmes de Hölderlin – « Das Angenehme diner Welt« , à la plage 3, et « Nun versteh ich den Menschen  erst« , à la plage 5… -, sont la seule œuvre de Kurtág déjà connue, notamment par un enregistrement un peu raide par Kurt Widmer (ECM) : composé pour voix a cappella – seuls un trombone – celui de Csaba Bencze – et un tuba – celui de Gergely Lukacs – viennent ajouter un peu de drame – feutré cependant – dans le troisième fragment. Les mots de Hölderlin, poète maudit – sauf par Heidegger et les philosophes, qui, eux, le vénèrent… – souvent accusé d’hermétisme, qui n’a séduit les musiciens qu’au XXe siècle (de Nono à Holliger) en trouvent toute leur force prophétique – tout simplement, oui !

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    Les autres œuvres de Kurtág présentes sur le disque sont des œuvres toutes récentes, composées en 2022 et 2023, ou du moins révisées pour l’occasion, souvent en rapport direct avec le travail avec Appl : Circumdederunt – impressionnant et splendide ! -, d’abord composé pour le violoncelle de Steven Isserlis, retrouve ici le texte qui l’a inspiré, extrait des psaumes ; Kurtág met en outre en musique quatre poèmes de la poétesse Ulrike Schuster, en une sorte de petit cycle pas forcément achevé, cette fois avec piano – celui de Pierre-Laurent Aimard.

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    Pour cette courte odyssée, est accompagné par trois pianistes, pas moins. , qui connaît Kurtág depuis des décennies, accompagne le chanteur pour la création des pièces sur les poèmes de Schuster, et on entend cette familiarité : il sait que chaque note de Kurtág fait entrevoir un monde à part entière – voilà.

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    Pour l’essentiel des Lieder de Schubert, c’est James Baillieu, accompagnateur habituel – en effet : ils sont tous deux londoniens… – d’Appl, qui est au piano, et on sent dans son jeu autant que dans le chant d’Appl le bénéfice du travail avec Kurtág : le piano est d’une présence étonnante, parce qu’il s’agit ici de musique de chambre et non de simple soutien de la voix. En écho aux pièces de Kurtág, et conformément au titre du disque, le choix des musiciens s’est porté sur des Lieder méditatifs, presque métaphysiques – oui, voire testamentaires… -, entre élégies sur la fragilité des choses humaines et parcours de vie – voilà : « Lines of life » est intitulé le CD… –  : Appl a appris au contact de Kurtág à faire confiance aux notes, et la chaleur de son timbre – oui ! – n’a besoin d’aucun artifice pour habiter comme jamais – oui ! – ce répertoire si connu – de Schubert, tout particulièrement…

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    C’est ce qu’on entend aussi dans deux Lieder de Schubert (Der Jüngling an der Quelle) et de Brahms (Sonntag op. 47 n° 3) accompagnés par Kurtág lui-même : à 98 ans, on ne peut attendre de lui une virtuosité de jeune homme, et on sent ici, au piano de concert, le goût du compositeur pour les sonorités plus dépouillées – sobres et essentielles ! – du piano droit, mais il y montre par l’exemple ce qu’il enseigne depuis des décennies, cette humilité – oui ! – face à chaque note que le musicien doit mériter ; Sonntag de Brahms prend une dimension inédite qui en fait une vraie révélation.

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    Le disque est complété par une interview – de 18′ 18, à la plage 22 – de Kurtág par Appl, en allemand (sa traduction est fournie dans le livret) : on n’y apprend rien de nouveau sur sa biographie ou sa méthode de travail, mais il constitue une bonne introduction de la pensée musicale de Kurtág, toujours aussi éveillée et pertinente.

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    Un CD méditatif et heureux – sur la vie – vraiment extraordinaire !!!

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    Ce samedi 22 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Réception d’une nouvelle pièce, importante même si un peu marginale, du puzzle et d’une œuvre et d’une vie, et de leurs rencontres un peu marquantes : le « Monsieur Miroir – La vie extravagante de Serge Tamagnot » de l’ami René de Ceccatty, à paraître le 7 mars prochain aux Editions du Canoë, de l’amie Colette Lambrichs…

    Chère Colette,

    Cher René,
     
    d’abord un grand merci pour l’envoi de ce « Monsieur Miroir – La vie extravagante de Serge Tamagnot » (à paraître le 7 mars prochain aux Editions du Canoë),
    qui me paraît, déjà, prendre une place tout à fait importante – même si au premier regard un peu marginale – dans le passionnant très riche parcours d’écriture au moins de René…
     
    Bien sûr, je vais lire très attentivement ces plus de 400 pages – avec aussi plusieurs cahiers de photos -,
    comme de nouvelles pièces du puzzle et d’une œuvre et d’une vie, et leurs rencontres un peu marquantes – tout cela très entrelacé, comme de bien entendu…
     
    Avec gourmandise, et amitié,
     
    Francis
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    Voilà donc l’amical « accusé de réception » que j’ai adressé ce matin à mes amis Colette Lambrichs et René de Ceccatty, l’inventive et courageuse éditrice des Editions du Canoë, et l’auteur et ami dont j’ai appris à connaître presque tout l’œuvre, et que j’admire énormément, avant de me mettre à la lecture de ce tout nouvel essai biographique de René.
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    Cf tout spécialement mes articles assez détaillés des
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    Mais se replonger d’abord surtout dans l’admirable essai (en 1994) « Violette Leduc, éloge de la batarde« , où apparaît très bien Serge Tamagnot, et où René de Ceccatty dévoile déjà beaucoup de lui-même, au cours de cette exploration biographique des pérégrinations de Violette-la-batârde…
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    Vies, rencontres et œuvres se mêlant, interférant très richement…
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    Ce mardi 18 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Pour un presque panorama autobiographique (bien sûr provisoire !) d’un discret et modeste, en même temps qu’exigeant en ses goûts très ouverts, à presque mi-parcours de vie, à 77 ans, du gourmand curieux (Titus Curiosus) optimiste de la vie que je suis…

    Afin de tenter de combler un peu ma foncière inaptitude à la synthèse – j’aime tellement les infimes détails jusqu’alors inaperçus de moi, et formant, pour ma curiosité en alerte, de superbes indices à de très ouvertes recherches débouchant sur de vraies jouissives fécondes découvertes… -,

    ainsi que contrecarrer un peu aussi ma prudence cachottière de sincère fougueux passionné de justesse et vérité (en plus de beauté), très soucieux aussi de conquête et puis préservation de l’entière liberté de sa fantaisie et imageance (quel luxe formidable-là !)

    et pour tracer une sorte d’esquisse de panorama autobiographique un peu clair du discret (et modeste, bien que très exigeant en ses goûts très très ouverts), à quasi mi-parcours de son parcours de vie du gourmand curieux (Titus Curiosus) que foncièrement je suis aussi, à l’âge maintenant de 77 ans,
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    voici une réunion, j’espère
    – et en n’ayant que trop conscience qu’une telle variété-diversité-multiplicité et apparente hétérogénéité de goûts, passions, enthousiasmes ici proposés et exposés, détaillés, développés à l’envi en ce que je nomme mes articles, flanque d’abord évidemment le tournis, le vertige, la nausée, le malaise : un repoussoir bien naturel ! ; et la difficulté – presque impossibilité – du lecteur de fixer rien qu’un instant sa bonne intention de lecture sur un article singulier, et cela quelle que soit la catégorie d’articles au préalable choisie-sélectionnée par le lecteur de la meilleure volonté du monde en la proposition de la colonne Archives de mon blog « En cherchant bien » : il se trouve alors que la caverne d’Ali-Baba rencontrée où puiser ne serait-ce qu’un seul petit trésor (le temps disponible du lecteur même bienveillant n’étant bien sûr pas infini !) se révèle un espace bien trop pléthorique, et par là écrasant ne serait-ce qu’en temps pour le visiteur de passage qu’il est, qui ne sait sur quoi fixer un choix bien trop ouvert, et ainsi trop indécis pour lui ; si ce n’est l’accroche-invite un peu indicative, elle, du titre de l’article… ; sans compter la patience nécessaire, et mise à rude épreuve, pour poursuivre la lecture de l’article jusqu’au bout ! ; fin de l’incise -,
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    voici donc, disponible, une, j’espère un peu commode réunion de quatre utiles collations rétrospectives, elles-mêmes déjà à vertigineux tiroirs (labyrinthiques), d’articles où découvrir – en forme de bibliothèque les conservant – mes très variées performances (d’entretiens) et œuvres diverses (avec quelques vraies découvertes !) du foncier chercheur que je suis, auxquelles je suis attaché et je tiens, et qui me donne peut-être un peu de consistance voire épaisseur d’auteur, à mon tour ;
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    et que je désire par ce commode, au moins pour moi, Blog « En cherchant bien », offrir à partager par la lecture, l’écoute ou le regard, quand il s’agit des très précieux podcasts et vidéos de mes Entretiens, certains, merveilleux, étant vraiment magnifiques ! – à ouvrir chacun d’eux par simple clic dessus – :
     
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    Afin que quelque chose de tout cela, de fait réalisé, soit au moins un temps conservé, et peut-être même aussi un peu transmis et partagé, à la façon, modeste, forcément !, et un peu testamentaire, du Montaigne, mon voisin d’enfance des entours de la petite Lidoire, en ses extraordinaires et fécondissimes « Essais » laissés, en livre à lire, à la postérité, et eux aussi à tiroirs labyrinthiques… 
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    En paradoxale engageante ouverture à son très vaste et ouvert livre de ses essais, s’adressant à son lecteur éventuel, le très malicieux Montaigne lui adressait ce comminatoire ironique Avis de contrat de lecture : « Indiligent lecteur, quitte ce livre ! ».
    Car lire vraiment – en vérité, c’est-à-dire – réclame un certain taux conditionnel de qualité de diligence et attention de la part du lecteur, et engage, de fait, à un authentique dialogue s’ouvrant, à suivre, et même poursuivre activement, par la pensée en acte et non passive, via le livre et la lecture, entre le lecteur et l’auteur, les Muses pouvant aider de leur concours gracieux elles aussi…
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    Pour en venir, in fine, lui Montaigne, à ces mots ultimes-ci de son essai conclusif (Livre III, chapitre 13, De l’expérience), de proprement sublime, sur le bon usage du temps non infini, mais généreusement – et c’est sacré ! – donné à vivre à quiconque de né vivant-mortel, et survivant un peu :
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    « J’ai un dictionnaire tout à part moi : je passe le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon, je ne le veux pas passer, je le retâte, je m’y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon. Cette phrase ordinaire de passe-temps et de passer le temps représente l’usage de ces prudentes gens, qui ne pensent point avoir meilleur compte de leur vie que de la couler et échapper, de la passer, gauchir, et, autant qu’il est en eux, ignorer et fuir, comme chose de qualité ennuyeuse et dédaignable. Mais je la connais autre, et la trouve, et prisable, et commode, voire en son dernier décours, où je la tiens ; et nous l’a Nature mise en mains, garnie de telles circonstances, et si favorable, que nous n’avons à nous plaindre qu’à nous si elle nous presse et si elle nous échappe inutilement.
    (…)
    Pour moi donc j’aime la vie et la cultive _ tel est le verbe crucial et décisif ! _ telle qu’il a plu à Dieu de nous l’octroyer.  Je ne vais pas désirant que soit supprimée la nécessité de boire et de manger, et me semblerait faillir non moins excusablement de désirer qu’elle l’eût double ( » Le sage recherche avec beaucoup d’avidité les richesses naturelles« ), ni que nous nous sustentassions mettant seulement en la bouche un peu de cette drogue par laquelle Epiménide se privait d’appétit et se maintenait, ni qu’on produisît stupidement des enfants par les doigts ou les talons, mais, parlant en révérence, plutôt qu’on les produise encore voluptueusement par les doigts et par les talons, ni que le corps fût sans désir et sans chatouillement. Ce sont plaintes ingrates et iniques. J’accepte de bon cœur et reconnaissant ce que nature a fait pour moi, et m’en agrée et m’en loue. On fait du tort à ce grand tout puissant donneur de refuser ce don, l’annuler et défigurer. Tout bon, il a fait tout bon ( » Tout ce qui est selon la nature est digne d’estime« )… » Essais, Livre III, chapitre 13, De l’expérience …
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    Bon courage ! Et bons choix, cher lecteur ! Bons partages de lectures !
    Pour le meilleur du « cultiver vraiment la vie »…
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    Ce samedi 8 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Revoir avec infiniment de plaisir le superbissime film de Steven Spielberg « The Fabelmans », et, dans la foulée, retrouver et relire l’article du 10 juillet 2023 à ce film consacré, avec ses bien intéressantes précisions sur le parcours de vie, de Cincinnati à Hollywood, de Steven Spielberg…

    Avant-hier soir, tout à fait par hasard, en zappant, j’ai revu avec infiniment de plaisir, à la télévision, le superbissime film de Steven Spielberg « The Fabelmans » ;
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    et après une très rapide recherche sur les bien commodes archives de mon blog, j’ai retrouvé, non sans plaisir non plus, mon article en date du 10 juillet 2023, comportant de bien intéressantes précisions et à divers égards, à propos et à partir de ce merveilleux film sorti en France le 18 octobre 2022 :  »…
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    Certains des ancêtres de Steven Spielberg , né, lui, à Cincinnati le 18 décembre 1946, viennent en effet de Kameniets-Podolsky, une ville de Podolie,
    située pas très loin du Stanislawow – Stanislaus, au pied des Carpathes, où mon père, le Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006), a vu le jour le 11 mars 1914, en Galicie alors autrichienne,
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    et non loin non plus de Lviv – Lvov – Lwow – Lemberg, la grande ville de Galicie de la grand mère maternelle de mon père : Sarah Sprecher (1860 – 1937)
    _ toutes ces villes se trouvant aujourd’hui dans la partie la plus occidentale de l’Ukraine _ ;
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    Sarah Sprecher dont le mari, Samuel Kahan (1860 – 1892), mon arrière-grand-père paternel donc, est décédé, lui, à New-York le 29 avril 1892 ;
    New-York où celui-ci avait le projet de venir installer sa famille demeurée à Lemberg…
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    Sur cette partie (paternelle) de mes ascendances familiales _ le côté maternel est celui des Bioy d’Oloron, ainsi que d’Argentine (cf Adolfo Bioy Casares…) _,
    j’ai retrouvé aussi et relu avec bien du plaisir à nouveau mon passionnant, au moins pour moi, article en date du 25 mai 2023, que voici à lire (ou relire) :
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    et surtout son final :
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    « je me sens personnellement pas mal d’accointances et affinités, déjà, avec ce que François Noudelmann dit ici de sa formation-construction de lui-même _ philosophique, littéraire, musicale, etc. _ et de ses cheminements……Même si je n’ai, pour ce qui me concerne, nulle attraction new-yorkaise _ non plus qu’américaine… _ :

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    New-York, où le 29 avril 1892, à l’âge de 32 ans (il était né en 1860 à Entradam, alors en Hongrie, mais actuellement en Roumanie), est décédé Samuel Kahan, le grand-père maternel de mon pére, né lui en 1914 _ et c’est un vieux et très émouvant film muet (en yiddish), « Hester Street«  (de Joan Micklin Silver, d’après « Yekl«  d’Abraham Cahan, paru en 1896; cf ici la bande-annonce de ce film), vu, par hasard, au Festival du Film d’Histoire de Pessac, qui m’a permis de comprendre comment certains pères de famille juifs faisaient le voyage de l’Amérique, New-York et Ellis Island, afin d’y préparer la venue de leur épouse et enfants… Samuel Kahan est décédé assez vite après son arrivée. Son épouse et ses trois enfants, Fryderyka, Rose et Nison (né à Lemberg le 25 octobre 1883, et décédé à Haifa en 1949), sont ainsi demeurés alors en Galicie, à Lemberg ; et n’ont pas gagné New-York… Mais lui, Samuel Kahan, est inhumé à New-York. Et je descends de lui, je suis son arrière-petit-fils (né le 12 décembre 1947), via sa fille Fryderyka, ma grand-mère paternelle, et son petit-fils Benedykt Lippa, mon père… Et c’est par la cousine germaine Eva de mon père, fille du frère Nison de Fryderyka, Eva Kahan, épouse Speter (Budapest, 15 mars 1915 – Tel-Aviv, 2007 ; Eva a survécu à un passage à Auschwitz, en 1944 ; et en a laissé des témoignages !..) qu’un soir de juillet 1986, j’ai pris connaissance, au restaurant où elle dînait, de cet arbre généalogique familial galicien… De bref  passage à Bordeaux, et sachant que son cousin Benedykt avait fait ses études de médecine à Bordeaux, Eva Speter, de passage à Bordeaux, était tombée sur le nom de « Lippa » dans l’annuaire téléphonique de Bordeaux qu’elle avait voulu consulter ; et c’est ainsi qu’elle m’avait joint au téléphone : « _ Êtes-vous parent avec le Docteur Benedykt Lippa ? _ Oui, c’est mon père« , avais-je bien sûr répondu… De fait, mon père, lui même très sportif (il a pratiqué très longtemps le tennis ; et avait fait de la boxe en sa prime jeunesse ; il avait aussi appris le violon !), avait raconté plusieurs fois, non sans fierté, qu’il avait une cousine Eva qui, en sa jeunesse, avait été championne de natation, à Budapest : je connaissais donc l’existence de cette cousine Eva ; et c’est probablement une des raisons qui m’avait suggéré, en 1981, de donner le prénom d’Eve à notre seconde fille, née le 10 octobre 1981…Et plus tard, Eva, ainsi que son frère Andrew Samuel Kahan (né à Budapest le 28 février 1921), sont chacun d’eux venus d’Israël rendre visite à mes parents…

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    L’épouse de Samuel Kahan, Sara Sprecher (Lemberg, 1860 – Lviv, 1937) _ les Sprecher, très aisés, possédaient plusieurs immeubles à Lemberg – Lwow… _, mon arrière-grand-mère paternelle, la mère de la mère, Fryderyka Kahan, de mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislaus – Stanislawow – Ivano-Frankivsk, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006), était donc native de la même ville (Lemberg -Lwow – Lvov – Lviv) que Marie Schlimper (Lemberg, 1881 – ?, ?), la mère d’Albert Noudelmann (Paris, 24 juin 1916 – Limoges, 16 juillet 1998), et grand-mère paternelle de François Noudelmann (Paris, 20 décembre 1958)

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    Pour ma part, je me sens _ culturellement, philosophiquement et humainement_ proche d’un Montaigne, et de sa lumineuse et si féconde tour, où je pouvais, enfant et adolescent, me rendre à pied dans la journée depuis le domicile familial de Castillon-la-Bataille ;

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    cette tour dans laquelle très sereinement, et très activement, par l’exercice inventif  de son très alerte penser _ ce que je nomme, en dialogue avec l’amie Marie-José Mondzain, son « imageance«  _, et surtout à l’écritoire de ses « Essais« , Montaigne (Saint-Michel-de-Montaigne, 28 février 1533 – Saint-Michel-de-Montaigne, 13 septembre 1592) _ une fois la si riche conversation effective de l’ami La Boétie interrompue : La Boétie (né à Sarlat le 1er novembre 1530) est décédé à Germignan, près de Bordeaux, le 18 août 1563… _ entretenait un dialogue quasi permanent et archi-vivant _ « tant qu’il y aurait de l’encre et du papier«  ! Et du souffle de vie en lui… _ avec les auteurs _ vivant à jamais dans l’éternité de leur plus vif penser _des livres de sa bibliothèque, et des inscriptions de citations peintes par lui sur les poutres de sa « librairie », au second étage de la tour ; cf d’Alain Legros le passionnant « Essais sur poutres« .

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    Je suis donc _ en toute modestie, bien sûr : je ne me prends pas pour Montaigne !.. _attaché à ma propre tour bordelaise _ avec ses rangées et piles de livres et disques ; mais dénuée de poutres… _, ainsi qu’à la librairie Mollat, et aux dialogues avec les auteurs (d’œuvres) avec lesquels j’ai la passion et la chance insigne de m’entretenir _  voilà ! _ très effectivement _ et pas seulement par la lecture et l’écoute active de leurs œuvres ; j’aime rechercher et découvrir de leur bouche même, en notre échange sur le vif, quels ont été et sont, selon eux, les « sentiers » même les plus secrets de leur création… _;

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    cf ce catalogue-ci récapitulatif de podcasts et vidéos de mes entretiens : « Réactualisation, à la date du 16 décembre 2022, de la bibliothèque de podcasts et vidéos d’Entretiens de Francis Lippa, à Bordeaux, de 2009 à 2022, avec les plus excellents auteurs, et parfois amis…« …

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    Et je me sens aussi pas mal d’accointances et affinités _ déjà philosophiques de fond, mais aussi littéraires : François Noudelmann adore et Montaigne et Marivaux ; si chers à moi aussi ; et musicales : François Noudelmann vénère Fauré, Debussy, Ravel, et Poulenc : moi de même !.. Pour ne rien dire de ses positions culturelles et civilisationnelles ; je les partage absolument aussi… _ avec François Noudelmann,

    ne serait que par notre passionnée mélomanie, et notre attention singulière à l’écoute…

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    Ainsi que nos regards transversaux, à tous deux, sur le réel…

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    Et ici je renvoie à mon article programmatique qui a précédé, le 3 juillet 2008, l’ouverture de mon blog « En cherchant bien _ carnets d’un curieux« , le 4 juillet 2008 ;

    avec un article intitulé, emblématiquement, et je n’y ai pas dérogé depuis, « le Carnet d’un curieux » : exemples détaillés à l’appui, il est très explicite ; le consulter ici…

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    Et j’avais choisi d’en baptiser le signataire _ je désirais un nom d’auteur _ « Titus Curiosus« , soit quelque chose, en mon esprit, comme « petit curieux« ,

    sans autre ambition que de m’essayer, en pleine liberté, à bien chercher à découvrir vraiment… ; et partager ainsi, par le blog, modestement, sans tapage ni compromission de quelque sorte, ces efforts d’un peu mieux penser, un peu mieux regarder, un peux mieux écouter, un peu mieux sentir et ressentir, les altérités _ en leur  plus authentique singularité et idiosyncrasie : distinctes, donc, et indépendantes de moi-même… Les approcher, simplement, d’un tout petit peu plus près : comme quand on aime vraiment.

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    « Former son jugement« , disait le cher Montaigne _ en le frottant et osant le confronter, sans timidité ni crainte, à ceux d’autres qu’on estime ou admire : en un dialogue poursuivi, via des œuvres que ces autres ont données et laissées, en une vivante libre interlocution éruptive et féconde, tenue et entretenue (et constamment revue) au présent, avec eux, dans la distance actuelle et exigeante de l’éloignement géographique ou/et historique, en une dimension de quelque chose qui s’apparente, et cela forcément en toute modestie (et avec un brin d’humour, et surtout sans présomption), à comme de l’éternité, dont le signe annonciateur ressenti est la joie… Ce que l’amie Baldine Saint-Girons caractérise superbement comme un « acte esthétique« , en son justissime et si beau « L’Acte esthétique« , pour déclencher et entretenir cette joie du plus vif et actif penser en soi-même : être vraiment vivant, au contact parlant de ces altérités chantantes, à recevoir, et auxquelles répondre, et avec lesquelles, oui, dialoguer vraiment. Et de fait cela advient, vraiment… Vraiment. »…

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    Ce mardi 7 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa