Étiquette : passer le temps

  • Mot de remerciement-gratitude à Concetta Cavallini pour sa lumineuse intelligence ultra-sensible de Montaigne en sa magnifique conférence d’hier après-midi à l’Académie de Bordeaux, en conclusion-apothéose du mois Montaigne 2025 à Bordeaux

    Chère amie montanienne, chère Concetta,
     
    En vous remerciant à nouveau et très chaleureusement pour votre merveilleuse conférence montanienne « La mort chez Montaigne : préméditation ou expérience ? » d’hier après-midi dans les beaux salons de l’Académie de Bordeaux – vous êtes magnifiquement allée au fond des choses !.. – ,
     
    et à propos du refus de simplement « passer le temps » de Montaigne, et son ultime mot fondamental de « cultiver la vie » en son final « De l’expérience » (Essais, III, 13),
    et en toute modestie forcément de ma part,
     
    voici sur mon blog encherchantbien.fr mon article du 26 février 2025 :
    dans lequel je cite les deux passages si puissants de cet essai testamentaire si positif de Montaigne !
     
    La question de l’usage du temps de la vie est au cœur de mon regard philosophique existentiel personnel…
    Et Montaigne en est une très éminente boussole…
     
    Ainsi qu’aussi en mon commode récapitulatif de vidéos et podcasts d’entretiens enregistrés (en date du 29 avril 2025) :
    voici un lien à la vidéo de mon entretien avec mon ami montanien lui aussi Bernard Sève à propos de son magistral Les Matériaux de l’art (60′), en date du 14 janvier 2025 à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux…
     
    …
     
    Comme je vous l’ai brièvement évoqué hier soir, Montaigne est LE voisin de mon enfance sur les bords de la belle Dordogne, puisque nous allions à pieds de chez nous, à Castillon-la-Bataille où mon père était médecin, jusqu’au château de Montaigne, et sa magique tour, dont j’ai gravi maintes fois l’escalier…
     
    Et s’il vous reste encore un peu de patience (et diligence),
    voici encore un lien à cet article-ci, en date du 26 février 2025 :
    à un moment où je réfléchissais à une sorte d’ébauche de CV pour, à la demande de mon ami Joël Dehais, l’actuel président de l’Académie de Bordeaux, satisfaire à ce passage obligé du CV à présenter à une candidature (si improbable !) à un siège à l’Académie de Bordeaux (en manque de philosophes…), de la part de quelqu’un qui déteste et les titres et l’auto-promotion…
     
    Francis Lippa
    vice-président (eh oui !) de la Société de Philosophie de Bordeaux
     
    P. s. :
     j’aimerais pouvoir lire et relire le texte de votre mervelleuse conférence d’hier soir, qui va si loin dans l’intelligence sensible de lecture de ce que Montaigne (voyage en Italie compris) nous a laissés…
    J’ai beaucoup apprécié aussi vos remarques orales, en réponse à divers interlocuteurs, sur l’importance de la diversité des lectures (et lecteurs !) de Montaigne, notamment en fonction des âges de la vie, et des « expériences » de chacun : ce mot si montanien (comme celui d’ « essai ») figurant aussi dans le titre même de votre conférence…
    Vous avez été lumineuse.
    …
     
    J’ajoute in extremis encore ceci, extrait de l’article inaugural de mon blog encherchantbien.fr en date – déjà ! – du 3 juillet 2008 dans lequel j’énonçai ce que serait ce blog ouvert ce jour-là à la demande de la librairie Mollat :
    et qui comportait ce passage montanien éminemment crucial :
     
    …

    J’évoquerai l’ombre tutélaire et protectrice (depuis un 13 septembre 1592)
    – l’ombre “amie” –
    de Montaigne,
    et l’humour infini – “tant qu’il y aura(it) de l’encre et du papier” ; ainsi qu’”à sauts et à gambades” –
    de ce merveilleux (et humble) essayeur gascon ;

    Montaigne
    – le maître (sans disciple),
    dans les couloirs limpides du labyrinthe duquel
    (à qui consent de jouer – en « diligent lecteur » tout de même ! – à l’y suivre, ou plutôt ac-compagner, et converser avec !..)
    introduit lumineusement le récent livre, indispensable, de Bernard Sève, “Montaigne. des règles pour l’esprit” (aux PUF en octobre 2007) –

    Montaigne “fondant”
    – au participe présent du verbe “fonder” – ,
    et sans le moins du monde le chercher,
    par la seule grâce (et autorité
    – non didactique, loin de la chaire et du moindre “titre”) de son espiègle exemple
    cf le défi à “l’indiligent lecteur” : “Quitte mon livre !” – ;

    Montaigne « fondant » donc
    – sans rien « fonder » –
    ce qui va tout aussitôt,
    et en Angleterre d’abord (où “il” est aussitôt traduit),
    devenir un genre, et littéraire, et philosophique
    – lui ne les disjoint certes pas !
    ou plutôt “il” n’est pas, lui, Montaigne, dans (dedans, enfermé dans) les “genres”,
    tant son génie mutin et facétieux
    en même temps qu’il n’y a – vraiment pas ! – plus sérieux ni grave,
    est, “à sauts et à gambades”, trans-genres – ;

    Montaigne “fondant”, donc,
    pour dorénavant en quelque sorte, si j’ose dire
    – lui n’en sait fichtre rien ! et combien s’en rirait ! -,
    “fondant”,
    si l’on y tient,
    l’”essai”
    – lui ne disant (et c’est la chose même !) qu’“essais“,
    au pluriel et sans article
     –
    tel, ou tels, par exemple, ceux, très vite (dès 1597),
    ceux de Francis Bacon :
    celui (1561-1626) du tournant du XVIIème siècle élisabéthain,
    pas le génie tourmenté – pictural – , et sublime, du siècle qui vient de passer (1909-1992, pour cet autre),
    un des « fondateurs », ce Bacon de Verulam là, philosophe et politique (« chancelier d’Angleterre« ),
    par l’”essay“, donc,
    de la “méthode expérimentale” du connaître (qui est un juger)…

    …

    Ce vendredi 28 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Sur le pouvoir des frêles lucioles de l’Art », ou de quoi retenir un instant Monsieur le Bourreau le moment : pour partager l’émotion de l’entretien bouleversant de Claudia Cardinale avec René de Ceccatty du 15 janvier 2004…

    En modeste apostille à mon article d’hier 25 septembre, cet envoi-ci aux amis afin de partager un pas plus loin l’émotion de l’admirable entretien cité de Claudia Cardinale et René de Ceccatty :
    …
    …
    L’entretien de René de Ceccatty avec son amie Claudia Cardinale du 15 janvier 2004, que celui-ci vient de m’adresser en réponse à mon courriel « Tristesse », 
    est magnifique,
    tant celle-ci sait y creuser très profond, rétrospectivement – et c’est tellement difficile à effectuer avec pareille lucidité ! – , sur son parcours, et personnel, et d’actrice et comédienne.
    La beauté ne fut pas que sur son visage, ni en son jeu…
    …
    J’en ai tiré, à mon modeste tour, ce petit article-ci à partager :
    …
    Et hier soir j’ai regardé – à nouveau ! – ce joyau qu’est Le Guépard de Visconti, donné le soir même en hommage à Claudia Cardinale sur la 2 :
    sur le temps (et la vie) qui passe (et vieillit et finit par trépasser) et l’Histoire, et ses indurations – et pas qu’en Sicile en 1860…
    Et sur la beauté qui demeure magiquement aussi par les traces un peu durables bien que fragiles de l’Art véritable
    – littérature, cinéma, photographie, peinture ; musique aussi ! – ,
    au moins pour qui a un peu appris à saisir – Kairos un peu aidant – les trop rares occasions (et moyens ténus) de les contempler – et comme s’y tenir et retenir un peu – à leur toujours très furtif passage – relire ici les formidables mots de Montaigne en commentaire (merveilleux !) à la terrible expression de « passer le temps« , au final (en apothéose magnifique) de l’ultime chapitre de ses Essais : livre III, chapitre 13 : « de l’expérience« …
    …
    Le souvenir a lui aussi sa vie – complexe – , et ressuscite (ou préserve un peu), un instant ou un moment – c’est très variable – , la magique présence radieuse de certaines personnes un peu durablement rencontrées, puis éloignées, ou disparues – Eurydice pour Orphée…
    …
    Je pense aussi à la brève apparition – en image rapide : fantomatique, forcément, mais aussi à  dimension (spinozienne) d’éternité !.. ; et lire ici les pensées lucidissimes de mon amie Marie-José Mondzain : « Homo spectator – voir, faire voir« , « Images (à suivre) – de la poursuite au cinéma et ailleurs« , etc. – du personnage de l’épouse disparue que joue Claudia Cardinale – dont se souvient le personnage (il va mourir bientôt, nous dira a posteriori la courbe s’aplatissant de l’électro-encéphalogramme du plan ultime du film romain cette fois…) interprété ici, à nouveau, par le grand Burt Lancaster – dans le magique lui aussi Violence et passion,
    cet autre chef d’œuvre (en forme de reprise testamentaire et crépusculaire – par rapport au solaire Guépard sicilien initial… –) si marquant du grand Visconti…
    …
    Vivre, et ne pas seulement passer et disparaître…
    Ce que peut donner à partager le miracle des lucioles – j’emprunte l’image à Pier-Paolo Pasolini… – de l’Art à son meilleur…
    …
    Francis
    …
    …
    Très simplement, voilà.
    …
    Ce vendredi 26 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa