il m’était difficile de passer à côté des deux récents CDs Brahms de celui-ci, avec Manfred Honeck (Nenzing, 17 septembre 1958) dirigeant le Gewandhausorchester Leipzigfondéen 1781 :
_ et le tout nouveau CD Pentatone PTC 518 7417 « Brahms – Piano Concerto n°1 and Six Pieces Op. 118 » – enregistré à Leipzig les 18 et 19 décembre 2025, et qui vient tout juste de paraître… – , pas encore critiqué en revues…
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Eh bien, j’apprécie beaucoup ce jeu apollinien, fluide et si lumineux, du pianiste tessinois Francesco Piemontesi, qui appartient pour moi à la famille des pianistes auxquels vont mes préférences pour leur absolu naturel, si proche de l’intimité, sans esbroufe, tels un Steven Kovacevich (San Pedro, 17 octobre 1940), un Aleksei Lioubimov (Moscou, 16 septembre 1944), ou encore un Ronald Brautigam (Amsterdam, 1er octobre 1954), parmi pas mal d’autres…
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Et dans Brahms j’aime beaucoup aussi, bien sûr, l’immense Evgeni Koroliov (Moscou, 1er octobre 1949)…
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De même que je me souviens avec toujours très vive émotion du CD Decca – enregistré à Londres du 20 mai au 1er juin 1962 – de Clifford Curzon avec George Szell dans le Concerto pour Piano n°1 de Brahms…
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À suivre donc, avec très grand plaisir,
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Ce dimanche 30 août 2026, Francis Lippa – Titus Curiosus
J’aime tout particulièrement Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996), ainsi que, même si c’est d’une tout autre façon, Erich Wolfgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957), dont je possède une bonne collections de CDs, d’interprétations nombreuses d’œuvres de chacun…
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Et voilà que le 17 avril dernier, Crescendo Magazine, en un article intitulé « Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l’archet de Kristina Reiko Cooper » sous la plume de Patrice Lieberman, m’a appris l’existence d’un CD Delos 3616 « Weinberg & Korngold Hidden Legacies » de la violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper et le Kaunas Symphony Orchestra dirigé par Constantine Orbelian – enregistré à Kaunas du 4 au 6 juin 2024 – , comportant le Concerto pour violoncelle en ut mineur Op. 43 et la Fantaisie pour violoncelle et orchestre Op. 52 de Weinberg, associés au Concerto pour violoncelle en ut majeur Op. 37 de Korngold…
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Wow !
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Bien que cet article de Patrice Lieberman comporte de notables bémols – qui ne m’échappent pas – concernant l’interprétation – jugée parfois pas assez engagée : à la Rostropovich…– de ce CD par cette violoncelliste, Kristina Reiko Cooper – que je ne connais pas jusqu’ici : elle est native de New-York… – ,
Hidden Legacies. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 43 ; Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52. Erich Wolfgang Korngold(1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 37. Kristina Reiko Cooper (violoncelle), Orchestre symphonique de Kaunas, Constantine Orbelian (direction). 2026. Livret : anglais. 61’28’’. Delos. DE3616.
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La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous offre un couplage sortant résolument – en effet – des sentiers battus, réunissant des œuvres concertantes pour violoncelle et orchestre de deux compositeurs que tout différencie – certes – sur le plan stylistique, mais dont les biographies partagent – en effet – un tragique – historique – point commun. En effet, ces deux créateurs juifs – voilà ! – durent fuir la folie nazie. Si l’exil fut relativement confortable pour Korngold — enfant prodige devenu célèbre, il quitta l’Autriche dès 1934 pour Hollywood où il entama une brillante carrière cinématographique —, celui de Weinberg fut autrement dramatique – oui. À peine son diplôme de piano obtenu au Conservatoire de Varsovie – en 1939 – , il dut fuir – lors de l’invasion de la Pologne par les Nazis – vers l’URSS, poursuivant ses études à Minsk avant de se réfugier à Tachkent en 1941. Chostakovitch, qui l’apprécia dès cette époque et dont il devint le protégé, facilita son installation à Moscou. Cependant, la vague antisémite de 1953 lui valut d’être incarcéré durant trois mois à la sinistre prison de la Loubianka, dont il ne sortit que grâce à l’intervention de son mentor et – surtout – au décès de Staline – le 5 mars 1953.
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Si la musique de Weinberg bénéficia d’une réelle popularité dans les années 1960 en URSS, où elle fut régulièrement exécutée par les meilleurs musiciens soviétiques, elle y passa ensuite de mode – oui. Quant à l’Occident, il l’ignora à peu près totalement avant sa redécouverte – voilà – à partir des années 2010 (à titre d’exemple, le dictionnaire New Grove de 1980 lui consacre une colonne).
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Écrit en quatre mouvements, le Concerto pour violoncelle, Op. 43 s’ouvre sur un Andante qui est une sombre et prenante élégie. Kristina Reiko Cooper y fait preuve d’un beau lyrisme – oui ! – et tire de chaudes et sombres sonorités – oui, oui – de son Guadagnini. On remarque rapidement que la soliste préfère travailler en finesse – et délicatesse – plutôt que de prendre la musique à bras-le-corps, comme le veut – voilà, voilà – la tradition russo-soviétique (nous y reviendrons). On apprécie beaucoup – absolument – la douleur contenue avec laquelle elle aborde le Moderato qui suit, auquel les interventions de la trompette apportent une fine et inattendue touche de musique klezmer – tout à fait : on trouve aussi cela chez Mahler.
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Le troisième mouvement est une marche impertinente « à la Prokofiev » – mais oui – que Weinberg pare par moments d’un séduisant coloris oriental. Si Cooper sait faire preuve d’autorité dans une éloquente cadence, son interprétation — au-delà de son incontestable maîtrise technique et de sa subtile musicalité — est souvent un peu trop policée et manque parfois de tranchant – c’est ici que je me sépare des appréciations de Patrice Liebermann : j’aime la douceur consolatrice de cette tendresse lyrique. Weinberg conclut l’œuvre par un Finale plus léger et un peu moqueur – oui – , à nouveau dans un esprit assez prokofiévien – voilà. La conclusion de cet Allegro se fait pensive et lyrique jusqu’à devenir poignante et dépouillée – tout à fait : la grandeur sans esbroufe du génie de Weinberg est bien là…
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Comme indiqué, l’interprétation de la violoncelliste américaine est de haute tenue et certainement exempte de toute superficialité comme de recherche de l’effet, mais elle laisse une persistante impression de réserve – non, pas pour moi… Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le premier enregistrement de ce concerto en 1964 par son dédicataire et créateur Mstislav Rostropovitch – dont je ne goûte pas du tout l’ostentatoire rugosité, pour ma part… – , réédité par EMI en 1997. Accompagné par un Rojdestvenski qui dirige un orchestre féroce et chauffé à blanc, le grand violoncelliste russe s’engage ici corps et âme, prenant l’auditeur sidéré à la gorge – mais c’est très peu weinbergien… C’est plus que de la musique qu’on nous donne à entendre ici, mais une véritable lutte existentielle – idéologique.
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La soliste maintient la même approche dans l’intéressante Fantaisie, Op. 52, dont le grand violoncelliste soviétique Daniil Shafran donna la première, tant de la version avec piano en 1953 que de celle avec orchestre en février 1956, sous la direction de Rudolf Barchaï dans la grande salle du Conservatoire de Moscou. Composée en cinq parties enchaînées, la Fantaisie débute par un Adagio sombre où Cooper — subtile, mais un peu sage — varie intelligemment son vibrato sur les notes tenues. On perçoit bien ici le remarquable cousinage de Weinberg avec Chostakovitch – certes, mais je ne suis pas un féru de Chostakovitch pour ma part… La section Allegro leggiero qui suit apporte ensuite une légèreté bienvenue et la soliste s’y montre très sûre lors de ses excursions dans le registre aigu.
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Vient ensuite un Allegro con fuoco aux surprenants épisodes folklorisants – fréquents dans l’oeuvre de Weinberg aux attaches moldaves, par sa mère, et polonaises par son père – , sortes de rondes entraînantes qui font penser à Dvořák ou Smetana. Ce côté faux-naïf très réussi est-il une façon pour Weinberg de se plier aux normes du réalisme socialiste ou de se moquer des censeurs qui dénoncèrent son formalisme ? Ou le compositeur s’est-il simplement – plutôt – laissé guider par son inspiration ? Difficile à dire. Après une cadence finement interprétée où la soliste se laisse le temps de déclamer, l’œuvre se conclut par un Andantino leggero où, comme dans le concerto, la musique finit par s’éteindre doucement et sans pathos – à la Weinberg : Weinberg n’est pas Chostakovitch…
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La genèse du bref Concerto de Korngold (moins de douze minutes ici) ne manque pas d’intérêt. La partition fut écrite à l’origine – à Hollywood – pour figurer dans le film Deception (Jalousie) produit par la Warner Bros. en 1946. L’assez invraisemblable scénario narre l’histoire d’une pianiste (interprétée par la grande Bette Davis) qui veut empêcher que son amant (un violoncelliste de retour d’Europe) ne découvre qu’elle a été la maîtresse d’un compositeur jaloux. Ce dernier a écrit un concerto pour le violoncelliste que l’héroïne a entre-temps épousé. Juste avant la première de l’œuvre, l’héroïne tue le compositeur d’un coup de revolver.
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On connaît l’extraordinaire aisance – oui – de Korngold et ce qu’il livre ici est une musique à grand spectacle nourrie d’un vocabulaire post-romantique qui doit beaucoup à Richard Strauss. Après un début en fanfare arrivent de belles cantilènes qui précèdent un deuxième thème voluptueux qui aurait pu être écrit par Rachmaninov – oui, oui. Quant au violoncelle solo, il est très actif avant que n’intervienne une brève cadence qui débouche sur un Adagio tendre et séducteur – à la Korngold… S’ensuit une belle intervention de la flûte, suivie d’un épisode fugué introduit par le violoncelle solo qui passe ensuite à une cadence virtuose avant que le concerto ne se termine – spectaculairement : nous sommes à Hollywood – en apothéose.
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On ne peut pas dire que cette œuvre ajoutera grand-chose à la gloire de l’auteur, mais il faut lui reconnaître – voilà, voilà ! – un côté délicieusement kitsch — certainement voulu – oui – , compte tenu des origines de l’œuvre. Elle est en tout cas défendue avec une conviction totale – oui ! – par Kristina Reiko Cooper qui, par ailleurs, bénéficie ici comme dans les œuvres de Weinberg d’un accompagnement enthousiaste – mais oui ! – de la part du chef Constantine Orbelian et du volontaire orchestre lituanien.
poussé par ma curiosité et ma très vive affection et pour Weinberg et pour Korngold, je m’empresse toutefois de commander ce CD à mon disquaire préféré…
La musique de Weinberg et Korngold n’est heureusement plus si oubliée de nos jours, et l’on ne saurait négliger les nouvelles parutions les concernant. Le jeu des interprétations commence à se mettre en place, la parole est ainsi donnée à Kristina Reiko Cooper.
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Malgré un imposant corpus, Weinberg – compositeur discret – a écrit peu de concertos : un pour violon, un pour clarinette, deux pour flûte et un pour violoncelle. Pour ce dernier, composé à la fin des années 40 alors que l’auteur n’avait pas encore atteint la trentaine, il fallut attendre presque dix ans – déjà ! – pour sa création par son dédicataire Mstislav Rostropovitch en 1957. Sa structure est en quatre mouvements, sa couleur à la fois lyrique (I), nostalgique (II) et virtuose (III) – voilà, voilà… – , fait ressortir par moments – ce qui n’a rien d’étonnant chez Weinberg, et qui est éminemment touchant ! – celle de la musique klezmer juive – oui. Le retour en finale du thème initial déjà réentendu dans la cadence du III forme une architecture cyclique cohérente. L’espèce de douce habanera fantomatique – oui, oui – qui rythme le II transforme le duo soliste-orchestre en concerto d’orchestre avec les multiples interventions des différents pupitres. Il n’y a pas un moment neutre ou vide dans ce concerto : tout donne sens – oui – et rien n’est – jamais – prétexte à virtuosité creuse.
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La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous donne ici certainement son premier grand disque soliste – oui. Et pourtant, de tous les concertos de Weinberg évoqués plus haut, c’est celui pour violoncelle qui donne à notre goût le plus de satisfactions – par sa tendresse foncière, si caractéristique de l’œuvre entier Weinberg. A côté de la version historique par Mstislav Rostropovitch (avec Guennadi Rojdestvenski) et celle de Nicolas Altstaedt (avec Michal Nesterowicz, Clef d’Or ResMusica) – un violoncelliste que j’apprécie beaucoup – , l’on n’hésitera pas à le mettre en regard d’une autre très grande version – que je ne connais pas – qui aura l’avantage sur celle-ci de s’appuyer sur une phalange et un chef qui fréquentent davantage ce répertoire – l’Orchestre Symphonique de Göteborg et Thord Svedlund – que le plus neutre orchestre lituanien de Kaunas dirigé par Constantine Orbelian. L’unité stylistique va assurer une cohérence à cet enregistrement : tout du long, les tempi adoptés gardent une certaine ampleur, même dans les passages rapides. Si l’adagio initial, le moderato et adagio qui suivent ainsi que la conclusion générale ont tout à y gagner, l’allegro s’embourbe toutefois dans une pesanteur qui nuit à l’expression de cette partie, sorte de point culminant pourtant, de réveil brutal nécessaire après ces grandes plages de méditation développées en I et II. De plus, les très nombreuses interventions des pupitres de vents restent un peu en retrait par rapport à la soliste alors qu’un vrai dialogue aurait apporté davantage de couleurs et de relief.
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Tout l’intérêt se reporte donc sur Kristina Reiko Cooper : son jeu fait ressortir la retenue de ses attaques, toutes en douceur – voilà ! voilà ! – – presque trop pour l’allegro et la cadence – et surtout son adéquation parfaite avec le chant magnifique – oui – entendu dans l’adagio initial, qui semble porté et soutenu par un immense arc mélodique, d’une profondeur d’intention remarquable – absolument. Cette unité du phrasé arriverait presque à nuire à la cadence du III dans le sens où Kristina Cooper nous raconte sans orchestre une seule et même histoire, alors que Claes Gunnarsson, le soliste de Thord Svedlund, lui, nous en raconte plusieurs. Ce n’est qu’en comparant ces deux versions que l’on se rendra compte des limites toutes relatives de cet enregistrement.
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On ne pourra que reporter ces quelques remarques sur la fantaisie pour violoncelle qui suit : de quelques années plus tardives, c’est une œuvre qui s’inscrit dans les années de dégel post-stalinien, plus « neutre », davantage dans le consensus que dans la contestation et la modernité. Mais cela n’enlève en rien de sa qualité et elle ne peut être tenue pour une œuvre mineure. L’expression de son écriture est en parfaite adéquation avec les intentions artistiques de Kristina Cooper, légèrement trop neutres.
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On passera avec plus de rapidité sur le Concerto pour violoncelle de Korngold : « concerto » est d’ailleurs un bien grand mot pour cette œuvre d’à peine quinze minutes, initialement écrit pour un film, développé par la suite et presque contemporain de celui de Weinberg, d’un romantisme tardif égaré – peut-être : c’est pour le cinéma d’Hollywood… – au lendemain de la seconde guerre. L’orchestre très fourni de Korngold et ses intentions musicales n’ajoutent ni n’enlèvent rien au jeu de Kristina Cooper qui fait ce qu’elle peut pour s’imposer et conduire la ligne de chant bavarde et superficielle de cette partition, que l’on prendra ici comme un bonus sans nécessité mais agréable seulement à l’écoute.
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Une interprétation tout à fait attachante de Kristina Reiko Cooper,
et dans l’esprit tout de tendresse vraie – et non sirupeuse, ni kitsch… – du magnifique Mieczyslaw Weinberg…
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Et admirez-la dans cette superbe vidéo (de 7′ 48) de l’Adagio qui ouvre le Concerto Op. 43 de Weinberg…
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Ce vendredi 10 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
Le pianiste turc Can Çakmur – né à Ankara en 1997 – poursuit une passionnante aventure discographique pour le label Bis, intitulée « Schubert +« ,
au cours de laquelle il se propose d’enregistrer et nous donner à partager à l’écoute les principales œuvres pour piano (hors fragments) de Schubert, auxquelles s’ajouteront, chaque fois, en chacun de ces CDs, des compositions d’autres auteurs – antérieurs, contemporains ou postérieurs – dont la musique présente une parenté, directe ou indirecte – voilà ! selon ce mode actif si fécond d’imageance inventive, ramifiée et rhizomatique, que j’aime tant ! – , avec les œuvres de celui-ci.
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Et à ce jour, 5 CDs sont d’ores et déjà parus :
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_ le CD Bis 2650 « Schubert + Schoenberg » – je ne le possède pas ; et n’en connais que ce qu’en déclare l’article « Can Çakmur éblouissant dans Schoenberg et inégal dans Schubert » de Patrice Lieberman, paru dans le magazine Crescendo du 5 septembre 2023 ; et c’est peut-être cette expression d « inégal dans Schubert« qui m’avait alors dissuadé, en 2023, de faire l’achat de ce CD… – ;
_ le CD Bis 2680 « Schubert+ Brahms » – avec de Brahms, les4 KlavierstückeOp. 119 : ce chef d’œuvre majeur de tout le répertoire pianistique ! – ;
_ le CD Bis 2690 « Schubert + Krenek » – avec de Krenek, la Sonate pour piano n°2Op. 59 – ;
_ et le CD Bis 2750 « Schubert + Beethoven« , que je viens juste de me procurer – avec de Beethoven, les « 32 Variations sur un thème original« , Wo080, composées, elles, en 1806… – .
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L’entreprise de mettre chaque fois en relation ces diverses œuvres est absolument passionnante !
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De même que ce qu’en indiquent, chaque fois, en chaque CD, les intelligents et lumineux livrets de la plume de Can Çakmur lui-même…
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Et c’est cette autonomie à l’égard du modèle écrasant qu’était jusque là pour Schubert l’écriture beethovienne de la sonate pour piano, que le jeune Franz Schubert – il est né le 31 janvier 1797 – conquiert, en 1819 – il a tout juste 21 ans– , avec l’écriture tout à fait originale de cette sonate pionnière – à partir de lieder… – qu’est sa Sonate D. 664, que vient lumineusement éclairer pour nous le livret de Can Çakmur ;
je lis :
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à partir de cette Sonate en la majeur D. 664, Franz Schubert, « dont le domaine est le lied« , a enfin « trouvé une manière d’aborder cette forme –qu’est la Sonate pour piano – qui lui était propre : parmi les 32 sonates de Beethoven, il n’y en a pas une seule qui commence par la formule « mélodie + accompagnement ». Et aucune sonate de Schubert antérieure à la D. 664 ne le fait non plus. C’st ici que l’extraordinaire talent de compositeur de lieder de Schubert a trouvé le moyen de transformer la nature oppositionnelle de la – traditionnelle – forme sonate en un récit – original, schubertien… – tissé de mélodies – voilà ! – dans lequel les paysages semblent changer progressivement, comme s’ils étaient vus du point de vue d’un voyageur – lewandererschubertien, qui marche et qui avance… – , sans qu’il soit nécessaire de juxtaposer des éléments – allegro – adagio... – contrastés« …
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CQFD.
L’intelligence de lecture des œuvres qu’opère Can Çakmur est vraiment lumineuse…
Bravo maestro !
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Ce samedi 13 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
Au sein du somptueux coffret Warner « David Oistrakh – The Warner remastered edition – The Complete Columbia & HMV Recordings – Premières, Rarities & Live Performances » de 58 CDs et 3 DVDs,
par quel CD débuter son écoute ?
Dilemme de l’embarras du choix…
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Par affinité personnelle essentielle avec le compositeur Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937), pour commencer ma découverte du violon magique de David Oïstrakh (Odessa, 30 septembre 1908 – Amsterdam, 24 octobre 1874) que vient nous offrir ce richissime et indispensable coffret Warner,
mon choix s’est donc porté sur le CD n° 39 « Szymanowski« ,
consacré à la « Sonate pour violon » Op. 9 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live en 1956 _, les « Mythes » Op. 30 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live à Moscou le 27 janvier 1956 _, « Nocturne et Tarentelle » Op. 28 (avec le piano de Frida Bauer) _ enregisté live le 20 février 1964 _, et le « Concerto pour violon n°1« , Op. 35 (avec l’Orchstre Philharmonique National de Varsovie placé sous la direction de Karol Stryja) _ enregistré live le 24 novembre 1961 _ de Karol Szymanowski.
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Et ce CD n°39 est proprement fabuleux ! La pioche, magnifique, est rien moins que merveilleuse.
Car en ces œuvres d’une déjà confondante beauté de Szymanowski, la magie idiosyncrasique du violon de David Oïstrakh est tout simplement la perfection même…
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Et sur la merveille de ce richissime coffret Warner David Oïstrakh,
voici aussi les appréciations un peu détaillées et très judicieuses de Jean-Charles Hoffelé en son article « Le Roi David » en date du 24 novembre dernier sur son site Discophilia,
et de Patrice Lieberman en son article « Le Violon souverain de David Oïstrakh » en date du 6 décembre suivant sur le site du magazine belge Crescendo.
On n’y prendrait pas garde, mais la Russie mise au banc des nations civilisées par le génocide qu’elle commet en Ukraine, finira par faire disparaitre de la mémoire des jeunes mélomanes des artistes légendaires. Qui sait encore dans les moins de trente ans quel violoncelliste fut Daniil Shafran, qui parmi eux peut mettre un son sur le violon de Leonid Kogan ? Youtube s’en charge encore, mais avant bientôt quantité de musiciens de l’ère soviétique ne seront plus même des noms.
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David Oïstrakh lui-même risquerait cette oblitération, ces disques consentis aux labels du monde libre ne sont pas si nombreux, une pincée pour Deutsche Grammophon, une autre pour la CBS, bien plus heureusement pour His Master’s Voice, mais pour un archet aussi rayonnant _ oui _ le legs est relativement mince : 28 CD réédités ici en reprenant les pochettes originales des microsillons en attestent, dérisoire si l’on songe au legs discographique de Yehudi Menuhin.
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Ces gravures que l’on croît connaitre, réservent des surprises : la grande Suite de Taneïev sous la baguette stylée de Nikolai Malko célèbre une partition magnifique et la rencontre de deux Russies, le chef étant un pur produit de l’école impériale de direction d’orchestre. Le Premier Trio de Schubert rappelle, avec éloquence, qu’Oïstrakh était un fou de musique de chambre _ et c’est là bien évidemment capital. Les premières gravures suédoises avec Sixten Ehrling, Concertos de Beethoven et de Sibelius capturent la sonorité d’Oïstrakh dans sa pleine gloire. La Symphonie espagnole avec ses cinq mouvements célèbre l’alliance parfaite de cet archet classique avec la direction lumineuse de Jean Martinon. Tant d’exemples seraient à citer – le Concerto de Brahms deux fois, impossible de trancher entre Klemperer et Szell, Oistrakh y est royal, madeleine personnelle, le Premier Concerto de Chostakovitch dirigé par Maxim, le fils du compositeur – si l’apport décisif de cette édition historique n’était d’abord ailleurs.
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Bruno Monsaingeon, « curator » de l’entreprise, a ouvert la boîte de pandore des archives russes, et glané un trésor _ voilà ! David Oïstrakh sous tous ses visages, et parfois les moins connus. Le virtuose sans esbrouffe rejoignant Kreisler par la pureté du style _ oui ! _ pour un plein disque des œuvres de ce dernier, le chambriste omniprésent, et d’abord pour un ensemble Schumann transcendant, Trios, Sonate, Quatuor (avec le piano de Goldenweiser) et même la Fantaisie dans l’orchestration de la mouture de Kreisler signée Feigin, mais aussi pour trois disques en quatuor ; le divulgateur qui n’hésitait pas à donner les concertos avec leur accompagnement de piano devant des publics éloignés de toute formation symphonique (même celui de Sibelius !), deux pleins CDs d’enregistrements de jeunesse avec la surprise d’un émouvant Concert de Chausson capté en 1939, supérieur à celui que l’on connaissait déjà, tout un récital de 1960. Impossible de tout détailler, mais impossible aussi de ne pas souligner qu’on y gagne un _ absolument magique ! _ album Szymanowski où seule la Sonate est doublonnée face à la gravure de studio, mais ce Premier Concerto à Varsovie avec Karol Stryja, quelle célébration panthéiste ! _ oui.
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Le livret est une mine, les 3 DVD mettent un visage sur ce miracle sonore, le film de Bruno Monsaingeon capturant l’homme et son art : David Oïstrakh est enfin sauvé _ voilà : la transmission, elle aussi, est bien sûr capitale ! _ pour la génération qui vient.
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LE DISQUE DU JOUR
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David Oïstrakh (The Warner Remastered Edition) The Complete Columbia Recordings Premières, Rarities & Live Performances
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Œuvres de Ludwig van Beethoven, César Franck, Karol Szymanowski, Jean Sibelius, Edouard Lalo, Max Bruch, Sergei Prokofiev, Aram Khachaturian, Johannes Brahms, Franz Schubert, Giuseppe Tartini, Wolfgang Amadeus Mozart, Sergei Taneiev, Claude Debussy, Manuel de Falla, Eugene Ysaÿe, Piotr Ilitch Tchaikovski, Josef Suk, Henri Wieniawski, Aleksander Zarzycki, Dmitri Chostakovitch
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Un coffret de 58 CD et 3 DVD du label Warner Classics 5054197963520 …
David Oistrakh : The Warner Remastered Edition. 2024. 58 CD + 3 DVD. Textes de présentation en français, anglais et allemand. Warner Classics 5054197963520
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Il ne faut pas s’y tromper : ce que propose Warner dans ce coffret « David Oistrakh : The Warner Remastered Edition » édité à l’occasion du cinquantième anniversaire du décès du grand violoniste soviétique décédé en 1974 à Amsterdam d’une crise cardiaque à 66 ans à peine, est bien plus que l’un de ces méga-coffrets regroupant des enregistrements d’artistes plus ou moins importants qui nous sont régulièrement proposés.
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Car ce à quoi nous avons affaire est un événement éditorial et surtout musical proprement extraordinaire _ voilà ! Avant même de nous pencher sur le contenu et l’intérêt musical de cette somme, il faut dès l’abord insister sur l’exceptionnelle qualité _ oui ! _ de la remastérisation de ces enregistrements de différentes origines – captés en studio comme sur le vif, en mono comme en stéréophonie – par les experts du Studio Art & Son d’Annecy qui offrent à l’auditeur un confort d’écoute remarquable.
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A partir de son triomphe au Concours international Eugène Ysaye de Bruxelles (futur Concours Reine Elisabeth) en 1937, Oistrakh a été vu en Occident comme un violoniste olympien _ oui _, combinant une sûreté technique infaillible et une richesse sonore exceptionnelle à un goût parfait et un sens de l’équilibre jamais pris en défaut. S’y ajoutait une réelle humilité face à la musique, un refus total de l’effet racoleur et une personnalité invariablement chaleureuse _ des qualités humaines autant que musicales assez exceptionnelles, déjà…
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Cheville ouvrière de la présente parution, Bruno Monsaingeon nous amène à fortement nuancer cette image trop lisse du grand artiste. Il vaut certainement la peine d’aborder le coffret par une lecture attentive du passionnant texte où le violoniste et réalisateur français explique le coup de foudre éprouvé pour l’art du maître dès son enfance au point d’entamer une correspondance avec le violoniste en lui suggérant même des oeuvres qu’il souhaitait le voir enregistrer, dont les Sonates et Partitas de Bach qu’Oistrakh ne grava d’ailleurs jamais. Il faut ensuite visionner le dvd David Oïstrakh, Artiste du Peuple ? réalisé en 1994 déjà par Monsaingeon et qui nous en apprend beaucoup sur la complexité qui se cachait derrière l’apparence toujours souriante et l’amabilité naturelle d’Oistrakh. Né en 1908 à Odessa et élève du célèbre Piotr Stoliarsky, le jeune David aura connu les privations qui suivirent la Révolution de 1917, les arrestations arbitraires et la terreur stalinienne des années Trente, la Guerre froide où – comme tant d’autres musiciens – il servit d’alibi et de sources de devises à un pouvoir soviétique qui l’exploita honteusement. Et s’il parut si docile par rapport aux autorités soviétiques, c’est dû à un étonnant mélange de reconnaissance envers son pays et de traumatismes du passé combinés à une nature modeste et conciliante _ voilà _, comme l’expliquent très bien dans ce passionnant documentaire Yehudi Menuhin, Mstislav Rostropovitch, Gidon Kremer (qui fut son élève au Conservatoire de Moscou), le chef Gennady Rojdestvensky. Quant aux interventions de son fils Igor, elles apportent un intéressant éclairage sur la vie familiale du grand violoniste.
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Mais le mérite de Bruno Monsaingeon est loin de s’arrêter là. En effet, pour ce qui est des documents purement sonores proposés, ils se divisent en deux parties. D’une part, nous avons l’intégrale des enregistrements réalisés par Oistrakh pour les firmes HMV et Columbia -et figurant à présent au catalogue de Warner – entre 1953 et 1972, soit 27 cd. (Ceci n’inclut donc pas les gravures réalisées pour d’autres firmes discographiques comme Philips, Decca ou la magnifique série de sonates pour violon et piano enregistrée avec Sviatoslav Richter pour Melodia). Nombre de ces versions passent depuis longtemps pour d’incontournables références et il vaut la peine d’y revenir. On pense entre autres au superbe Concerto de Beethoven avec Cluytens ou à ceux de Prokofiev. Mais l’écoute comparée des trois versions offertes ici du Concerto de Brahms réserve des surprises. On a l’impression que l’impressionnante et rigoureuse direction de Klemperer inhibe le soliste, surtout dans le premier mouvement. Dans sa collaboration avec George Szell, l’impression – sauf dans un très beau mouvement lent – est que le soliste semble volontairement brider la générosité de son jeu et tente de suivre le parti-pris de raffinement extrême du grand chef. Mais il suffit de se tourner vers la captation télévisée en public réalisée à Moscou en 1966 (DVD 1) sous la direction de Rojdestvensky, complice idéal à la gestuelle étonnamment sobre, pour retrouver un Oistrakh donnant libre cours à sa chaleur et à son tempérament _ voilà.
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Si l’on retrouve dans ces archives Warner un répertoire parfois inattendu (l’intéressante Suite de concert de Taneyev ou la Sonate de Karen Khatchaturian), rien n’y prépare à l’extraordinaire moisson _ voilà ! _ réalisée aux termes de longues recherches, de heureux hasards et d’une infinie débrouillardise par Bruno Monsaingeon dans les archives de la radio soviétique où ces trésors prenaient tranquillement la poussière. Ces fabuleux enregistrements live démontrent à la fois l’étendue du répertoire du maître et l’invariable qualité _ surtout ! _ de ses interprétations.
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Même s’il paraît daté dans son approche très romantique, le Double concerto de Bach avec Enesco émeut infiniment dans le mouvement lent et dans la joie du Finale. Toujours de Bach, Oistrakh nous livre également des Sonates pour violon et clavecin (ici, piano bien sûr) dans une interprétation classico-romantique de très grande classe. On y apprécie la noblesse et le geste ample de l’artiste dans les mouvements lents alors que les parties rapides sont vives et volubiles.
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Il y a aussi d’éblouissants Caprices de Paganini dont on ne trouve pas trace dans la discographie officielle du maître (peut-être les trouvait-ils trop superficiels ?), ainsi que de délicieux enregistrements d’oeuvres de Kreisler – le violoniste qu’il admirait entre tous – d’une élégance rare _ voilà, voilà. On l’entend aussi tenir superbement la partie de violon solo dans une magnifique version de Shéhérazade de Rimsky-Korsakov. Dans le domaine concertant, Oistrakh est véritablement incandescent dans un Concerto de Tchaikovsky enregistré en 1938, comme le Premier concerto de Prokofiev sous la direction du compositeur. Autre fabuleux moment: une version conquérante et ardente du Quatrième concerto de Vieuxtemps accompagné au piano. Si l’Adagio est proprement bouleversant, la technique d’Oistrakh dans le Scherzo est à ce point brillante qu’elle se fait paradoxalement oublier.
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Comme les concertos gravés chez Warner, plusieurs Sonates de Mozart – où son partenaire est l’excellent Lev Oborine – sont jouées avec franchise et sans afféterie ni sentimentalisme indu, même si le grand violoniste n’a pas ici la grâce mozartienne si particulière d’un Grumiaux.
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La rencontre entre Oistrakh et Ysaye est du plus haut intérêt : il empoigne la Troisième Sonate avec fermeté, alors que la Sixième est pleine de caractère. L’élégance et le geste ample du violoniste nous permettent de goûter un Poème élégiaque infiniment touchant, alors que Amitié pour deux violons et orchestre réunit les Oistrakh père et fils – le roi David et le prince Igor.
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L’un des nombreux trésors de cette collection est le cd consacré à Szymanowski _ oui, oui, oui ! _, où Oistrakh est éblouissant _ absolument !!! _ dans Mythes comme _ oui, oui ! _ dans une fabuleuse version du Premier concerto enregistrée à Varsovie, certainement l’une des plus belles de l’oeuvre.
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L’une des plus belles surprises du coffret est de voir à quel point le monde si particulier de Schumann convient à Oistrakh. Il est merveilleux dans la Première sonate du compositeur comme dans le Quatuor pour piano. Mais le plus beau est à trouver dans les deux Trios (avec le violoncelliste Stanislav Knushevitzky ainsi que les pianistes Lev Oborine dans le premier et Alexander Goldenweiser dans le Deuxième).
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On constatera aussi que le violoniste s’est beaucoup engagé en faveur de la musique de son temps. C’est ainsi qu’on retrouve ici – outre celles de Prokofiev – des oeuvres de Medtner, Weinberg _ que j’aime tant, lui aussi… _ , Hindemith, Khatchaturian et d’autres compositeurs soviétiques.
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A l’écoute de cette phénoménale collection _ voilà ! _, on ne peut que manifester sa reconnaissance à Bruno Monsaingeon pour son travail de bénédictin et à Warner pour avoir soutenu ce splendide et indispensable projet qui sera l’ornement de toute discothèque digne de ce nom _ c’est dit.
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Note générale : 9 à 10
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Cette magie d’incarnation par David Oïstrakh de tels chefs d’œuvre de Karol Szymanowski en ce CD n° 39 de ce coffret,
est proprement sidérante de finesse et justesse !
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Ce mercredi 11 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa