Étiquette : patrimoine musical
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Le plaisir de voir son blog rendre quelques services, comme en mes recherches sur les habitants d’Orléansville entre 1843 et 1962, ici concernant la famille Ferrandès…
Merci beaucoup, Monsieur Verdot,de votre très touchant courriel à propos de votre mère, l’orléansvilloise Gaby Ferrandès (Orléansville, 4 mai 1933 – Mâcon, 10 juillet 1992),consécutif à votre lecture de mon article en date du 23 mars 2021, qui vous a surpris et ému : «A propos des connexions Ferrandès-Gentet-Sanchez-Sautier à Orléansville en 1939… ».…Et je viens, grâce à vous, d’enrichir cet article de 2021 de quelques précisions que votre courriel d’hier m’a aidé à découvrir, parmi mes patientes recherches sur certaines familles d’Orléansville – les Gentet, les Rey, les Bonopéra, les Confex, les Morand de la Genevray, les Sanchez, etc. – entre 1843 et 1962, auxquelles je me suis intéressé en cherchant à connaître dans le détail le plus fin possible le destin algérien-algérois d’Amédée Ducos du Hauron (Agen, 29 mars 1867 – Alger, 1935) – cf, à titre d’exemple ici, mon article en date du 5 janvier 2021 : « Un essai de recollection du parcours dans l’administration de l’Algérie d’Amédée Ducos du Hauron, entre 1898 et 1927« … – ;Amédée Ducos du Hauron, le neveu de Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920), le génial inventeur, à Lectoure en 1868, de la photographie de couleurs,et époux le 10 juin 1896 à Orléansville de l’orléansvilloise Marie-Louise Rey (Orléansville, 1879 – Agen, 20 septembre 1933) – cf ici mon décisif article, tardif, en date du 18 février 2024 « De nouvelles découvertes à propos d’Amédée Ducos du Hauron (ainsi que son fils Roger) : la date de son mariage à Orléansville avec Marie-Louise Rey, le 10 juin 1896 ; et la date de la naissance de leur fils Roger, le 23 juillet 1918, à Alger (ainsi que le lieu et la date du mariage de Roger à Alger, le 5 octobre 1940, avec Sylvia Schiano-Lomoriello…« : toute vraie recherche prend du temps, et demande grandes patience et ténacité en sa poursuite complexe, tissée de découvertes-surprises, qui font son charme puissant……J’ai aussi découvert, Monsieur Verdot, votre profession de médiateur Musique à la Médiathèque d’Orléans,ainsi que l’existence de la très intéressante vidéo de la table ronde (avec Fabrice Menneteau : chef du service son à la BnF ; Pascale Issartel : adjointe au chef du département des bibliothèques, Service du livre et de la lecture, DGMIC · Ministère de la Culture ; Nicolas Clément : chargé de projets de coopération métropolitaine dans le domaine musical à Bordeaux. Référent de la Gironde Music Box) que vous avez animée comme modérateur le 18 mars 2025 à la BnF à Paris, intitulée « Pourquoi sauvegarder son patrimoine musical local ?« ,qui me paraît entrer en très intéressante connexion avec les récents articles de mon blog encherchantbien.fr en date des 26, 27 et 30 mai derniers, à propos de ce très précieux médium musical que constitue le disque, le CD, bien tangible :« Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… »…Quand vous disposerez d’un moment, c’est avec grand plaisir que je me dispose à échanger avec vous, cher Monsieur Verdot,tant sur mes recherches poussées sur les habitants d’Orléansville entre 1843 et 1962 – de temps en temps il m’arrive de recevoir d’émouvants courriels tels que le vôtre, de descendants d’Orléansvillois, émus de découvrir et apprendre quelques menues informations concernant leurs ancêtres d’une Algérie qu’ils n’ont eux-mêmes pas connue, mais dont ils se découvrent éprouver eux aussi une poignante nostalgie… –que sur d’autres sujets abordés sur mon Blog encherchantbien.fr , tel que, en l’occurrence ici, la passion de la musique, et son vecteur privilégié que me semble constituer le disque tangible…Au plaisir donc de tels échanges, cher Karl Verdot……Francis Lippavice-président de la Société de Philosophie de Bordeauxet mélomane discophile passionné…Ce dimanche 31 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa -
Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier…
En une nouvelle suite aux échanges de commentaires, avec mes amis le philosophe Bernard Sève et le médecin rhumatologue Joël Dehais, que rapportait mercredi 27 mai dernier mon article « L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…« , en réponse à mon article de la veille « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… » dans lequel je rapportais mes échanges avec l’ami Eric Rouyer, l’éditeur dynamique du label de disques Le Palais des Dégustateurs,
voici, ce samedi 30 mai, mon échange de courriels avec le musicien, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de musique de Toulon, Laurent Melin :
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De Laurent Melin, hier à 12h 03, ceci, par courriel adressé à mon blog :
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Je voudrais intervenir en tant que musicien professionnel, depuis ma lointaine province du bord de mer, et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire depuis des années.
Le cri d’Eric (que je salue au passage! Notre projet commun arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur…) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché pour des archives accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques sur le terrain.
C’est cette dernière qu’Eric défend avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger. Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture, la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat autant qu’une lutte vitale, sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière.Un concert se vit en direct, la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute, notre patrimoine musical s’entretient par la pratique, non pas sur les étagères muséales.
Et que dire de notre jeunesse, assaillie de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a plus les outils pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques, la pression nous a rejoints et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ?
Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain, avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès et non pas de le confisquer par « élitisme « et d’en réduire toujours plus le territoire.
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Et voici ma réponse à ce courriel d’hier de Laurent Melin, ce matin à 8h 59 :
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En forme de conversation à distance, et par l’écrit…Mes coordonnées :Francis Lippaà BordeauxJe suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – avec, insérés en rouge, mes commentaires……Je voudrais intervenir – sic – en tant que musicien professionnel – chef d’orchestre, compositeur, etc. – , depuis ma lointaine province – la Provence, Toulon – du bord de mer – moi, Francis Lippa, je suis philosophe, mélomane et bordelais – , et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire – le CRR de Toulon – depuis des années – 2005 précisément.
Le cri d’Eric – Rouyer, le maître d’œuvre du très prospecteur label discographique Le Palais des Dégustateurs – (que je salue au passage ! Notre projet commun – de quoi s’agit-il donc ?.. – arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur… – qu’est aussi Laurent Melin – ) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché – du disque – pour des archives – sous forme d’enregistrements conservés – accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports – en dehors du seul disque… – finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques – musicales, dont bien sûr le concert, mais pas seulement lui, et même de très loin… – sur le terrain.
C’est cette dernière – la pratique musicale de terrain, donc – qu’Eric défend – comment plus précisément ? – avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger – elle aussi, en effet, comme l’est l’enseignement, et toute la culture, réduits de plus en plus à l’os par des politiciens à très trés courte vue (démagogique) , celle de leur propre ré-élection ou élection à venir… Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement – financements réduits ou carrément coupés, au tout premier chef – le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture – hélas, je connais bien moi aussi cet angle d’attaque ! et m’emploie quotidiennement à le combattre… – la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat – que je m’emploie, moi aussi, jour après jour, par exemple par mon blog quotidien encherchantbien.fr ; par ma cinquantaine d’entretiens effectifs réalisés à la librairie Mollat à Bordeaux, notamment en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, et immédiatement accessibles par podcasts et vidéos ; par mes deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878 – 1955) : un musicien moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 ; « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et «La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ; par le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais réalisé à Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 et paru chez Virgin-Veritas en mars 1996, et dont je suis l’auteur, à partir de mes recherches d’une année sur le sujet, pour 90% du programme, ainsi que le rédacteur de présentation du livret ; par mon activité de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais auprès de Hugo Reyne durant la décennie des années 90, quand celui-ci était professeur de flûte à bec au CNR de Bordeaux ; puis auprès de Jean-Paul Combet créant et dirigeant le brillant label Alpha… – autant qu’une lutte vitale – j’en ai fort bien conscience moi aussi et m’emploie quotidiennement, à ma place et sur mon blog, à y résister ! – sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière – certes : il n’existe de mélomanes que sur le terreau bien vivant lui-même d’une pratique et d’une culture musicale très actives… Si celles-ci s’appauvrissent et végètent, la mélomanie (discophile ou pas) se réduira elle aussi comme peau de chagrin, en effet… Et toute la culture authentique aussi…
Un concert se vit en direct – sauf si il a été aussi enregistré et peut être ré-écouté – , la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute – pas tout à fait : à l’écritoire silencieuse aussi (et d’abord !) du compositeur la composant... – , notre patrimoine musical s’entretient – certes : c’est presque seulement ainsi qu’il va demeurer vivant : il n’y a de culture vivante que …réellement cultivée, attentive et animée de vraie curiosité ! – par la pratique, non pas sur les étagères muséales – s’empoussiérant faute d’être visitées ; mais une collection de disques et d’enregistrements, chez un particulier ou en une médiathèque, n’est pas exclusivement muséale tant que les enregistrements sont régulièrement écoutés et passionnément même appréciés… Encore faut-il, bien sûr, avoir appris à aimer la musique : en l’ayant soi-même ou bien pratiquée, ou bien appris à l’écouter et partager avec enthousiasme avec des interlocuteurs si possible eux-mêmes passionnés ; les deux, donc, avec plaisir et même (et surtout !) passion…
Et que dire de notre jeunesse, assaillie – acheteuse alléchée par la publicité qu’elle est, et source de profits pour les vendeurs… – de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a – scandaleusement – plus les outils – culturels – pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile – voilà l’ennemi fauteur de barbarie à poison lent, ou rapide !.. – des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques – utiltarisme et course au profit (pour soi) aidant… – , la pression nous a rejoints – dans les conservatoires de musique aussi – et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? – oui : suicidaire à petit feu de la civilisation…
Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain – mais aussi à distance : par la médiation de l’écoute archi-attentive et intense, mais oui !, d’enregistrements, de la part de mélomanes discophiles passionnés – avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès – mais il n’y a pas, là, que la pratique de la musique en un conservatoire, ou l’assistance à un concert enthousiasmant qui en soient les voies d’accés, même si l’expérience du partage des émotions est en effet cruciale : mais il existe hélas aussi des concerts ennuyeux, bâclés et ratés, de même qu’il y a aussi des leçons de pratique musicale ennuyeuses, bâclées et ratées dans les conservatoires… – et non pas de le confisquer par « élitisme » – de classe ? financier ?.. – et d’en réduire toujours plus le territoire – partager très effectivement le goût et même la passion de la musique (et de la culture authentique) est bien, en effet, une nécessité civilisationnelle de toute première urgence, dont ne partagent hélas ni la conscience ni le simple constat, la plupart de nos politiques……Avec l’ajout de ce petit commentaire de synthèse final mien :
…L’angle de vue du mélomane qui n’est pas lui-même musicien, à la recherche d’une écoute la plus idéale possible des œuvres des compositeurs via des interprétations accessibles à l’écoute par le concert ou par le disque, n’est forcément pas le même que celui d’un musicien professionnel dont la pratique personnelle de la musique est quotidienne, et pour lequel l’enregistrement d’une de ses œuvres au disque, pour un compositeur, ou d’une de ses interprétations, pour un interprète, est rare, très rare, ou même carrément inexistant, en particulier aujourd’hui.En mon article, c’est d’une préférence personnelle d’écoute de la musique, tranquillement chez moi, sur ma platine, sans que rien ne vienne parasiter mon écoute attentive (et ad libitum répétable), à la différence de l’assistance – passagère, fugace : sans possibilité de ré-écoute, forcément – à un concert, avec des sollicitations autres que d’écoute : visuelles par exemple, que je fais part…Ce ne sont pas les interprètes ni leurs prestations individuelles qui m’intéressent, mais leur degré de capacité à servir au mieux, avec humilité et probité – je n’apprécie pas du tout les m’as-tu vu, ni les auto-centrés narcissiques… – , l’œuvre du compositeur elle-même, en sa singularité ; ce qui n’élimine en rien, et surtout pas, l’engagement de la ferveur de la part des interprètes…Et très loin de mésestimer les interprètes, je suis au contraire très à l’affut – très curieux de, et ouvert à – de nouvelles belles interprétations au disque, toujours en quête de leur approche renouvelée et la plus juste possible – voilà l’idéal à approcher, et que certains côtoient parfois ! – de l’œuvre du compositeur !!!Quitte à revenir écouter des interprétations en les recherchant dans les disques de ma collection personnelle, en permanence à portée de ma main, sans dépendre du bon vouloir fluctuant de sites électroniques…Quant aux concerts, je m’y rends parfois, à l’occasion, et avec très vif appétit même, disposé et tout prêt à m’y enthousiasmer !Le dernier de ces concerts à ce jour pour moi, ce fut celui du 1er mai dernier, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, pour le Festival Durosoir 2026, avec le quatuor Diotima :Pour un autre concert qui m’a beaucoup impressionné, cf par exemple mon article du 16 octobre 2024 :consacré à un magistral récital Bach de Benjamin Alard donné à l’église Saint-Vincent de Ciboure, le 6 octobre précédent…Ciboure, Saint-Lon-les-Mines : je peux me déplacer un peu loin de Bordeaux…Ce qui prime absolument pour moi en une interprétation musicale, c’est donc le service le plus juste et le plus probe possible de l’œuvre du compositeur…Mais, n’étant pas moi-même musicien, pour ces découvertes ou jouissances renouvelées d’œuvres de musique, je suis forcément tributaire de l’écoute de leurs interprétations, et ne suis certes pas un ingrat à l’égard des interprètes de l’œuvre du compositeur, loin de là…Si vous consultez les articles de mon blog encherchantbien.fr, signés Titus Curiosus – je suis un curieux insatiable ! – ,vous les jugerez même probablement bien trop enthousiastes – juvénilement, dit Eric Rouyer…Cf aussi ces 2 vidéos d’entretiens que j’ai eus, sur mon invitation personnelle, à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,Au vif plaisir de poursuivre cet échange avec vous, M. Melin,Francis Lippa, à Bordeaux…
Et à suivre bien volontiers……Ce samedi 30 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa -
« Vive Rameau ! » : le « feu » du génie de Rameau en un jubilatoire CD Rameau (« Zoroastre » et « Zaïs ») par Ausonia et Frédérick Haas
Le CD Rameau Alpha 142, « Que les mortels servent de modèles aux dieux…« , méritait mieux que l’allusion trop rapide que je m’étais (un peu cavalièrement ! mais provisoirement) permise en un récent (le 21 mars) article « Musique et peinture en vrac _ partager enthousiasmes et passions, dans la nécessité et l’urgence d’une inspiration » _ en attente de mieux, de plus détaillé, il est vrai, promettais-je… Probablement faute de tout à fait assez de l’énergie nécessaire, de ma part alors, pour lui rendre assez justice : d »où ce « vrac » un peu cavalier, en effet !..
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Or lui voici consacré, ce jour,
à ce CD Rameau Alpha 142, « Que les mortels servent de modèles aux dieux…« , par Ausonia et Frédérick Haas,
un article très positif et très juste (!!!) de Christophe Huss sur le site de Classics Today France ;
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en voici la teneur :
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« Le concept est porteur : un pot pourri géant « best of Rameau » _ et c’est bien de cela qu’il s’agit, sur une galette unique de 67′ 49 » : « un pot pourri géant « best of Rameau »« … Pourvu qu’il soit bien choisi et articulé, interprété par de bons musiciens, conscients du style, le compositeur se charge du reste _ et avec quelle maestria !.. Même si, pour ce qui me concerne, très personnellement, ma boulimie ne se contente pas sans maugréer quelque peu (!) d’une telle « économie » (de la part du chef-interprète des œuvres, comme de celle de l’éditeur-investisseur) : je vais y revenir…
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Frédérick Haas, claveciniste et chef d’orchestre _ et maître d’œuvre de ce CD _, a choisi de mettre en regard « Zoroastre » et « Zaïs« , deux ouvrages contemporains (1748 et 1749), mais opposés _ en leur style… Le premier (documenté en DVD dans une interprétation de Christophe Rousset), tragique, se nourrit d’oppositions et de combats. « Zaïs » est un ouvrage lumineux : « La péripétie n’est qu’irisation de surface », synthétise Haas dans son excellent préambule _ page 12 du livret, particulièrement remarquable, selon la politique éditoriale de Jean-Paul Combet, dès la création (et conception !) d’Alpha, en 1998…
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Contrairement à la tendance _ endémique, dominante _ des dix dernières années _ c’est bien vu ! que de dérives (je me retiens de donner des noms, même s’ils me démangent…)… _, Haas fuit la surenchère _ pour la vie dans la justesse seulement ! _ dans l’agitation rythmique. Son Rameau a du punch, mais s’intéresse _ on ne peut mieux raméliennement ; cf, par exemple le choix de textes (par Catherine Kintzler et Jean-Claude Malgoire) « Musique raisonnée« , aux Éditions Stock, en octobre 1980 _ surtout au son et à la matière orchestrale, infiniment variés : de l’opulence de l’ouverture _ justement célébrissime : un des sommets de l’art orchestral de Rameau ! _ de « Zaïs« , à la scintillance extrême de l’accompagnement de l’air « Chantez, Oiseaux chantez » _ plage 4 de ce présent CD. Partout, la couleur _ un facteur-clé de Rameau ! _ est juste (écoutez l’amalgame bois/cordes dans l’accompagnement de « Cruels tyrans » _ plage 7 : la musique nécessite l’écoute !!!).
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Plus que nulle part ailleurs, une filiation entre l’étrangeté _ oui ! délicieuse !!! _ de certains univers sonores de Rameau et ceux de Berlioz m’ont frappé _ oui !.. Ces deux compositeurs ont véritablement été des inventeurs de sons orchestraux _ oui !.. de génie ! Frédérick Haas traite Rameau de « fou visionnaire et brûlant », signe qu’il l’a bien compris_ je cite in extenso la phrase de Frédérick Haas, et son développement, si juste : « Rameau manifeste une intelligence hautaine, impitoyable et sensible : ce théoricien assoiffé de maîtrise est aussi un fou visionnaire et brûlant, un explorateur insatiable qui a soumis la musique de son temps au feu de toutes les expérimentations possibles et s’est rendu maître de l’harmonie et du temps. Et Rameau met impitoyablement son interprète à l’épreuve, car sa musique est à la fois monumentale et fragile, architecture éblouissante et volupté de sons : elle possède un tremblé inimitable, une palpitation enivrante. « L’expression est l’unique objet du musicien », « la vraie musique est le langage du cœur »… et aucune ne saurait être plus exigeante« , analyse avec une lucidissime finesse, et d’expert !, Frédéric Haas, page 12 de cet excellent livret !
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La prononciation s’inspire des travaux du tandem Dumestre-Lazar sur « Le Bourgeois gentilhomme » _ DVD Alpha 700 : un incontournable ! Cette assimilation est très patente chez Arnaud Richard, basse très autoritaire, mais se remarque aussi chez Eugénie Warnier, par exemple dans le dialogue « C’en est donc fait, perfide » _ plage 8.
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À la lecture de la notice _ éminemment précieuse, donc ! _ comme à l’écoute de ce trésor (!), qui est d’ores et déjà à ranger parmi les disques de l’année _ pourquoi non ? _, il est évident que chez Haas et ses musiciens les actes suivent la parole (en l’occurence les écrits) _ oui ! Ce disque, enregistré par Hugues Deschaux _ un gage de beauté ! _, inspiré comme à ses plus grandes heures _ la grâce qu’on espère d’un enregistrement discographique !!! _, est un miracle _ voilà ! _ de bout en bout.
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— Christophe Huss
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A comparer avec l’évocation (!) d’un article alors « à venir » _ mais je l’écris ici ! _ à propos de ce CD Alpha 142, dans le « Musique et peinture en vrac » de ce blog-ci le 21 mars dernier :…
le très beau CD Alpha Rameau “Que les mortels servent de modèles aux dieux…“, une “suite” composée d’extraits des opéras “Zoroastre“ (”Opéra en cinq actes Représenté pour la première fois par l’Académie Royale de Musique, le 5 décembre 1749 et remis au Théâtre le mardi 4 Janvier 1756” sur un livret de Louis de Cahusac) et “Zaïs“ (”Pastorale héroïque” de Jean-Philippe Rameau, composée, elle aussi, sur un livret de Louis de Cahusac : “la pièce comporte un prologue et quatre actes ; et a été créée à l’Académie Royale de Musique le jeudi 29 février 1748“) ; qu’interprète, cette riche “suite” _ tout en contraste de “couleurs” : côté “ombres”, pour “Zoroastre” ; côtés lumières, pour “Zaïs“… _, l’Ensemble Ausonia, que dirige l’excellent Frédérick Haas (avec Mira Glodeanu, comme premier violon et “maître de concert“) ; et Eugénie Warnier, soprano, et Arnaud Richard, basse _ tout à fait convaincants ! :
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un choix très intelligent et fort judicieux de pièces orchestrées et chantées (et dansées !!!)
_ de la part de Frédérick Haas : cf ses choix, déjà remarquablement “intelligents”, pour nous faire entrer avec délicatesse et clarté dans le massif si richement diapré et infiniment subtil et simple, tout à la fois, des “pièces de clavecin” (et les “Ordres“) de François Couperin (CD Alpha 136 “Pièces de clavecin des Livres I & II” de François Couperin) _
qui nous donne enfin à ré-entendre un peu (!) de la musique de scène, sublime
_ avec orchestres, solistes (aux deux créations, chantaient les très grands Jélyotte et Marie Fel : lui de Lasseube, en Béarn _ entre Oloron et Pau _ ; elle, bordelaise…) ; n’y manque (un tout petit peu) qu’un (petit) aperçu des chœurs, très heureusement présents, aussi, dans ces œuvres scéniques si festives… _
de Jean-Philippe Rameau :
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quelle peine, voire quel scandale, de le (= l’œuvre de Rameau) donner _ sur la scène, à l’opéra, au concert et au disque _ si peu !.. Au moins, ce CD répare-t-il un brin pareille injustice !..
…Titus Curiosus, le 21 mars
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Bref, nous sommes impatients d’écouter de nouveau _ encore ! encore ! encore ! _ cette sublime musique de Rameau, en d’autres de ses pièces
(qui ne dorment que trop !!! et l’argument du caractère circonstanciel du choix des « morceaux » d’un « opéra », en fonction des artistes disponibles, présents, ou pas, ce soir-là ; ou des « demandes » du pouvoir, ou des attentes du public : contingentes, capricieuses ; ne saurait compenser notre faim _ inapaisée ! _ de musique et de beauté !..) ;
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et interprétée, cette sublime musique de Rameau, avec une telle intelligence (de sensibilité) de direction, qu’est ici celle de Frédérick Haas ;
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et avec une générosité que notre époque _ avare, mesquine : qui choisit (aussi) si mal ses richesses et ses pauvretés ! _ rend de plus en plus méritoire, voire héroïque ;
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nous, Français, ignorons si scandaleusement notre patrimoine musical……
« Vive Rameau !« , s’écriait déjà au début du siècle passé, au concert, Claude Debussy (à la re-création de « La Guirlande« , à la Schola Cantorum, en 1903)…
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Debussy, qui écrivait ceci, en novembre 1912 :
« L’immense apport de Rameau est ce qu’il sut découvrir de la « sensibilité dans l’harmonie » ; qu’il réussit à noter certaines couleurs, certaines nuances dont, avant lui, les musiciens n’avaient qu’un sentiment confus« …
Comme c’est magnifiquement senti et vu et dit !..
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Et encore ceci de Debussy, dans la revue de la S.I.M. _ = le bulletin français de la Société Internationale de Musique (que dirigeait Jules Écorcheville) _, le 15 janvier 1913 :
« Pourquoi tant d’indifférence pour notre grand Rameau ? Pour Destouches, à peu près inconnu ? Pour _ François _ Couperin, le plus poète de nos clavecinistes, dont la tendre mélancolie semble l’adorable écho venu du fond mystérieux des paysages où s’attristent _ rappelés par le Verlaine des « Fêtes galantes« , probablement _ les personnages de Watteau ? Cette indifférence devient coupable, en ce qu’elle donne aux autres pays _ si soigneux de leurs gloires (l’Allemagne, de Bach, l’Angleterre, de Purcell : pour commencer) _ l’impression que nous ne tenons guère aux nôtres _ que dirait Debussy en 2009 ?.. _, puisqu’aucun de ces illustres français ne figure sur les programmes » _ des concerts… Et encore ceci : « Souhaitons qu’à côté de la Société Bach, qui s’occupe si activement de cultiver le souvenir de cet ancêtre de toute musique, il se fonde une Société Rameau, celui-là est notre ancêtre par le sang ; nous devons bien cet hommage à son esprit…«
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Un très beau disque, donc, que ce CD Alpha 142, « Que les mortels servent de modèles aux dieux…« ,
excellemment « pensé » et excellemment « interprété » (d’un même geste, si je puis m’exprimer ainsi), dans l’esprit du maître,
avec le feu
_ intelligent et sensible (si harmonieusement mêlés, unis, ce « feu » de l’ »intelligence » et ce « feu » de la « sensibilité », par la grâce d’une imagination musicale si inventive !!!), jusqu’en la force bouleversante des (quelques, rares, bien placées !) dissonances !!! _ ;
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avec le feu de son génie :« Vive Rameau !« …
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Titus Curiosus, le 11 avril 2009
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En bonus (très personnel),
je joints ici le programme d’un concert Rameau de La Simphonie du Marais, que dirige Hugo Reyne (et dont j’étais alors « conseiller artistique ») auquel j’ai assisté, camescope à la main, en la chaire (superbement baroquissime !), à l’église Sainte-Walburge à Bruges, lors du Festival des Flandres, à Bruges, de l’année 1993 _ il s’agit d’un programme Rameau (plus Rebel, en ouverture, et Haendel, en conclusion ; avec le baryton Thierry Félix), donné le soir de la cérémonie des obsèques du roi Baudouin, et radiodiffusé en direct sur les antennes de la radio belge et en Corée du Sud _ le 7 août 1993 ; dans une atmosphère de très intense _ le terme « extra-ordinaire » lui convient ! _ unanime recueillement ; qui me marque encore ! :
…
En ouverture du concert, le « chaos » (inaugural ! il allait inspirer Joseph Haydn, pour sa « Création« …) des « Éléments » de Jean-Fery Rebel ;
l’air « Profonds abîmes du Ténare« , du « Temple de la Gloire« , de Jean-Philippe Rameau ;
l’ouverture de « Zaïs« (présente sur ce CD Alpha 142, à la plage 1) ;
l’air « Monstre affreux, monstre redoutable !« , de « Dardanus » ;
l’ouverture de « Hippolyte et Aricie » ;
l’air « Puisque Pluton est inflexible« , de ce même « Hippolyte et Aricie » ;
l’ouverture de « Zoroastre » ;
l’air « Éveillez-vous » de « Zaïs« (présent sur ce CD, à la plage 2) ;
l’ouverture du « Temple de la Gloire » ;
puis, extraits de l’entrée « La Fête du Soleil » des « Indes galantes » :
l’air « Soleil, on a détruit tes superbes asiles » ;
l’adoration au Soleil : « Brillant Soleil ! » ;
et la dévotion au Soleil : « Clair flambeau du monde ! » ;
et, en conclusion, l’ouverture de « Music for the Royal Fireworks« , de Georg Friedrich Haendel…
…
J’y repense (et le réécoute) avec une immense émotion : Hugo Reyne avait intitulé ce (magnifique) concert« Des Ténèbres aux Lumières« …
…
Ce ne fut que le lendemain que Bruges (la-morte ? cf l’œuvre de ce nom de Georges Rodenbach) se remit à revivre… Rameau est vivant.
