Étiquette : piano

  • Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge…

    Comme en forme de réponse bien concrète à l’approche de mon article « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »… » en date du 24 mars dernier, à propos des profondes intenses affinités mozartiennes de tout – ou presque tout, ou beaucoup de… – l’œuvre de Maurice Ravel, en leur semblable merveilleuse élégance absolument naturelle, et leur identique sublime sublimation – toujours impeccablement réussie, et sans nulle trace d’effort ! – du tragique de la vie en la profonde légéreté-fantaisie – ponctuée toujours  d’une très très fine touche, quasi imperceptible, sans le moindre appesantissement, de mélancolie… – de leur musique,

    …

    ce soir, à l’audition du CD Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet« , de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge – enregistré en octobre 2024 à Schiedam (Pays-Bas) ; regarder ici cette vidéo (de 1′ 40) d’un extrait du Quatuor avec piano n°1 K. 498, pris en concert au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, le 30 septembre 2024 ; et sur l’excellent Julien Libeer lui-même, cf mon article « Le Beethoven rayonnant et solaire de Lorenzo Gatto et Julien Libeer : les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565, des Sonates pour violon et piano de Ludwig van… » en date du 23 novembre 2019… –, c’est une très profonde lumineuse joie porteuse que je ressens…

    …

    …

    Lire aussi les quelques très justes mots de présentation au dos de ce CD :

    …

    « C’est le sourire et la lumière – voilà ! – de Mozart que Julien Libeer et ses complices nous proposent dans ce programme très original : une sonate pour piano seul absolument solaire – oui – , une sonate pour violon et piano où la joie triomphe des inquiétudes – et les sublime ! – , un flamboyant – voilà ! – trio de l’époque des Noces, pour ne rien dire du – somptueux ! – quatuor avec piano K. 478, formation rare où le compositeur s’amuse aux frontières du concerto et de la musique de chambre… Le tout dans une progression dramaturgique surprenante !« …

    …

    …

    Et encore ces simples mots de Julien Libeer, pour dire en quelques mots la double difficulté, et de bien saisir à l’interprétation la musique même de Mozart, et la difficulté aussi de bien parler d’elle, en un bref entretien avec Pierre-Jean Tribot pour le magazine Crescendo, à propos de ce très beau CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » :

    …

    …

    JULIEN LIBEER, FACE À MOZART 

    …

    …
    Notre compatriote Julien Libeer fait paraître un album un peu solo mais surtout chambriste – oui ! –  consacré à des partitions de Mozart (Harmonia Mundi). Le pianiste est en compagnie de  Pierre Colombet, violon ;  Eckart Runge, violoncelle et Máté Szücs à l’alto. Ce quatuor de brillants musiciens – que Julien Libeer a réuni tout spécialement pour cet enregistrement-ci – livre une prestation exceptionnelle, ce qui nous a donné envie d’en savoir plus et de poser quelques questions à  Julien Libeer.

    …

    …

    Vous êtes le dénominateur commun d’un album chambriste consacré à des œuvres de Mozart. Pourquoi choisir Mozart à ce moment de votre carrière?

    …

    …

    On ne m’attribuera aucun prix d’originalité si je vous dis que Mozart m’accompagne depuis ma tendre jeunesse, et que notamment ses opéras comptent parmi mes plus intenses souvenirs d’enfance. Ce n’en est pas moins la vérité pour autant, et il fallait bien un jour que je fasse quelque chose avec cette fibre qui est à la racine de mon chemin de musicien. J’ai attendu avant de lui consacrer une monographie entière, car je voulais le faire dans un programme pertinent, et surtout avec les bonnes personnes. Il se trouve que les étoiles se sont alignées à ce moment-ci !

    …

    …

    Dans le booklet du disque, vous écrivez “demandez à un musicien de vous parler de Mozart, il y a fort à parier qu’il peinera à dire quelque chose”. Pourquoi Mozart semble si difficile à caractériser par des mots ?

    …

    …

    Si j’avais une réponse claire à ça, je n’aurais pas écrit cette phrase !  Peut-être parce que toutes les choses dont il est facile de parler en musique ne s’appliquent pas directement à Mozart.

    …

    …

    Son intelligence est aussi fulgurante mais moins ouvertement intellectuelle que Bach ; son évolution esthétique est plus subtile que celle de Beethoven ; à l’exception de Haydn aucun de ses contemporains ne lui arrive à la cheville, donc difficile de le comparer ou le mettre en contexte ; et puis sa musique n’a rien d’idéologique ou pamphlétaire : elle n’incarne aucune révolution tonitruante, elle n’est pas à l’origine d’une école quelconque.

    …

    …

    Parler de Mozart signifie donc parler réellement, et uniquement, de musique. Est-ce vraiment possible?

    …

    …

    On dit souvent que Mozart est un juge de paix pour les musiciens, un compositeur avec lequel il est impossible de tricher. Partagez-vous cet avis ?

    …

    …

    Il a en effet rendu fou les plus grands… Perplexe, Richter se demandait pourquoi une gamme toute bête devenait si difficile dès qu’elle se trouvait dans une œuvre de Mozart… Rubinstein disait que quand on le joue, « soit c’est un miracle, soit ce n’est pas du Mozart » – ce qui met la barre un peu haute, mais n’est probablement pas faux…

    …

    …

    On pourrait retourner le problème dans tous les sens pendant des pages entières, mais disons qu’il y a peu de compositeurs qui demandent à ce point de dépasser la matière – François Couperin, par exemple… En ce sens, Mozart n’est pas tant un style qu’un état d’esprit.

    …

    …

    …
    …

    A écouter le disque, j’ai l’impression que vous défendez avec vos partenaires, une approche très dosée et réfléchie, qui refuse tout excès, à commencer par ces boosts énergiques auxquels de nombreux musiciens qui revendiquent une approche historiquement informée cèdent trop souvent ?

    …

    …

    Il semblerait que nous nous soyons assez naturellement trouvés dans une esthétique qui ne sacrifie pas le chant – voilà ! Et c’est là un des traits essentiels de Mozart (et de Chopin, aussi) – sur l’autel de l’énergie. Il ne s’agit pas non plus de nier la vitalité permanente de la musique – voilà (comme pour  Schubert, le Wanderer…) ! – pour autant – c’est d’ailleurs une des grandes leçons sur Mozart que je retiens de Maria-João Pires : trouver le juste milieu entre effervescence et lyrisme – voilà ! S’il s’endort, ça devient une musique bourgeoise sans piment. S’il devient hystérique, tout le caractère est gommé – tout cela est parfaitement juste…

    …

    …

    Aux musiciens de faire leur travail de funambule !

    – et c’est bien cela : sur une délicieuse et éminemment jouissive très délicate code raide…

    …

    …

    Vous et vos partenaires, jouez des instruments modernes. Etes-vous tentés par la pratique d’instruments historiques ?

    …

    …

    Je suppose que nous y avons tous un peu touchés, même si pour ma part jamais sur scène. L’instrument historique, c’est un métier à part entière. Mais même ceux qui, sur scène, s’en tiennent aux instruments modernes ont des choses à apprendre du contact avec les instruments anciens, et je connais peu de musiciens de ma génération qui s’en tiennent loin.

    …

    …

    Est-ce que vous avez déjà un autre projet de disque en préparation ? – et c’est cet extrait que je me suis permis d’un peu commenter en mon article du 24 mars dernier : « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »…« …

    …

    …

    Oui, il y a une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne. Mozart ayant été l’exemple absolu de Ravel, il paraissait cohérent de travailler sur les deux simultanément : ce sont deux mondes aristocratiques, d’une invention mélodique intarissable, expressive mais jamais vulgaire, et dont l’absence de coutures visibles tient du miracle.

    …

    …

    Au disque, il s’agira essentiellement d’œuvres pour piano seuls, mais mes vieux comparses Lorenzo Gatto et Bruno Philippe viendront en soutien pour quelques plages.

    …

    …

    Le site de Julien Libeer : https://www.julienlibeer.net/

    …

    …

    Crédits photographiques :  Diego Franssens

    …

    …

    Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot

    …

    …

    Bravissimo, Messieurs ces magnifiques justissimes interprètes de Mozart – si difficile à si bien saisir en sa radicale radieuse innocence !..

    …

    …
    Ce jeudi 27 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’extraordinaire d’intimité bouleversante « Lines of lines – Schubert – Kurtág » de Benjamin Appl et György Kurtag : un sublime bijou tout de sobriété, pour nous accompagner à aller à l’essentiel, nous aussi, de nos vies…

    C’est un bouleversant – d’intensité intime – moment de musique que, avec le saisissant CD Alpha 1145 « Lines of life – Schubert & Kurtág« , viennent nous faire un somptueux cadeau musical le superbe baryton Benjamin Appl  – dont j’ai beaucoup beaucoup apprécié les précédents CDs « Forbidden fruit » et « Schubert – Winterrreise » , avec son compère pianiste James Baillieu (tous deux sont londoniens), pour Alpha, ainsi que le récital « Schubert – Lieder with orchestra« , avec le Münchner Rundfunkorchester dirigé par Oscar Jockel, pour BR Klassik ; cf mon article récapitulatif en date du 10 octobre 2023 : « Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie… » ; Benjamin Appl est né le 26 juin 1982 à Ratisbonne, en Bavière : il a été d’abord formé au chant, enfant, au renommé Regensburger Domspatzen… – et le merveilleux – et très singulier : magnifique ! – compositeur – et ici aussi pianiste, pour un lied de Schubert et un lied de Brahms… – György Kurtág, dont l’œuvre tout entier est une très exigeante visée-quête d’accès brefs, forcément, à une sublime éternité hors temps, et à laquelle il parvient !,

    avec ce CD enregistré à Budapest les 23 et 24 mars et 5 et 6 mai 2024, mais très intensivement préparé, à Budapest même, sur une durée de rien moins que douze jours (!) ;

    Gÿorgy Kurtág (né à Lugo, en Transylvaniue le 19 février 1926) était alors, ces douze jours d’ardente préparation et enregistrement – de 1200 prises ! – de mars et mai 2024, un jeune homme d’à peine 98 ans…

    …

    …

    C’est un article de Dominique Adrian, intitulé « Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique« , publié sur le site de ResMusica en date du 15 mars dernier, qui m’a fait me mettre en quête immédiate de ce CD désiré ;

    pour ma plus vive et très reconnaissante jubilatoire satisfaction : quel sublime art, et du compositeur Kurtág, et de l’interprète Appl !

    – celui-ci chantant, et merveilleusement !, a capella sur 8 des 21 plages de musique de ce CD : 8 des Lieder de Kurtág ; mais aussi accompagné au piano par James Baillieu sur 6 des plages : pour des Lieder de Schubert ; par Pierre-Laurent Aimard sur 4 des plages : pour des Lieder de György Kurtág sur des poèmes de Ulrike Schuster ; par György Kurtág lui-même au piano, pour les lieder « Der Jüngling an der Quelle » de Schubert et « Sonntag » de Brahms ; et par le tromboniste Csaba Bencze et le tubiste Gergely Lukács pour le lied « Gestalt und Geist » des « Hölderlin-Gesänge« , Op. 35a: No. 3 de György Kurtág…

    …

    …

    Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique

    …
    …

    Le disque publié par Alpha retrace une collaboration unique – oui ! – autour du Lied romantique – 7 Lieder de Franz Schubert et un de Johannes Brahms – entre le jeune baryton et le vénérable compositeur – l’un de 41 ans, l »autre de 98 ans, lors des séances d’enregistrement, en mars et mai 2024, de cet exceptionnel CD…

    …

    …

    Même le décès de son inséparable épouse Márta en 2019 n’aura pas mis un terme à la créativité de , le dernier survivant de la génération miraculeuse née dans les années 1920 qui, marquée par l’Histoire – et, pour Kurtag, par l’œuvre de Bela Bartok -, a révolutionné la musique après 1945 – et lui, à la différences de bien d’autres compositeurs ses contemporains, il ne passera pas aux oubliettes de la musique… Il n’a notamment pas cessé de recevoir les musiciens désireux de travailler avec lui, comme le baryton , qui a tiré un disque de cette collaboration. Les œuvres de Kurtág lui-même s’y taillent la part belle – 13 plages sur les 21 de musique de ce CD -, naturellement, mais Appl a aussi travaillé avec lui sur le Lied romantique, principalement Schubert – 7 plages -, qu’il avait déjà servi au disque avec un Winterreise très estimable (Alpha, 2021) – avec aussi, je me permets de l’ajouter ici, les lieder « Heidenröslein » et « Gretchen am Spinnrade » aux plages 34 et 35 du très marquant CD Alpha 922 « Forbidden fruit » ; cf mon article « La remarquable singularité du programme, et la parfaite réalisation musicale, du passionnant CD « Forbidden Fruit » de Benjamin Appl et James Baillieu » en date du 30 juillet 2023. Il aura fallu douze jours pleins et 1200 prises pour enregistrer les cinquante minutes de musique du disque, sous la direction de Kurtág lui-même, sans compter le travail préparatoire : on pourrait craindre de découvrir un froid produit de studio, mais c’est un joyau de naturel musical  – voilà ! – qui en sort.

    …

    …

    Les six fragments des Hölderlin-Gesänge op. 35a – aux plages 8 à 13 du CD -, composés au milieu des années 90 et complétés par deux autres poèmes de Hölderlin – « Das Angenehme diner Welt« , à la plage 3, et « Nun versteh ich den Menschen  erst« , à la plage 5… -, sont la seule œuvre de Kurtág déjà connue, notamment par un enregistrement un peu raide par Kurt Widmer (ECM) : composé pour voix a cappella – seuls un trombone – celui de Csaba Bencze – et un tuba – celui de Gergely Lukacs – viennent ajouter un peu de drame – feutré cependant – dans le troisième fragment. Les mots de Hölderlin, poète maudit – sauf par Heidegger et les philosophes, qui, eux, le vénèrent… – souvent accusé d’hermétisme, qui n’a séduit les musiciens qu’au XXe siècle (de Nono à Holliger) en trouvent toute leur force prophétique – tout simplement, oui !

    …

    …

    Les autres œuvres de Kurtág présentes sur le disque sont des œuvres toutes récentes, composées en 2022 et 2023, ou du moins révisées pour l’occasion, souvent en rapport direct avec le travail avec Appl : Circumdederunt – impressionnant et splendide ! -, d’abord composé pour le violoncelle de Steven Isserlis, retrouve ici le texte qui l’a inspiré, extrait des psaumes ; Kurtág met en outre en musique quatre poèmes de la poétesse Ulrike Schuster, en une sorte de petit cycle pas forcément achevé, cette fois avec piano – celui de Pierre-Laurent Aimard.

    …

    …

    Pour cette courte odyssée, est accompagné par trois pianistes, pas moins. , qui connaît Kurtág depuis des décennies, accompagne le chanteur pour la création des pièces sur les poèmes de Schuster, et on entend cette familiarité : il sait que chaque note de Kurtág fait entrevoir un monde à part entière – voilà.

    …

    …

    Pour l’essentiel des Lieder de Schubert, c’est James Baillieu, accompagnateur habituel – en effet : ils sont tous deux londoniens… – d’Appl, qui est au piano, et on sent dans son jeu autant que dans le chant d’Appl le bénéfice du travail avec Kurtág : le piano est d’une présence étonnante, parce qu’il s’agit ici de musique de chambre et non de simple soutien de la voix. En écho aux pièces de Kurtág, et conformément au titre du disque, le choix des musiciens s’est porté sur des Lieder méditatifs, presque métaphysiques – oui, voire testamentaires… -, entre élégies sur la fragilité des choses humaines et parcours de vie – voilà : « Lines of life » est intitulé le CD… –  : Appl a appris au contact de Kurtág à faire confiance aux notes, et la chaleur de son timbre – oui ! – n’a besoin d’aucun artifice pour habiter comme jamais – oui ! – ce répertoire si connu – de Schubert, tout particulièrement…

    …

    …

    C’est ce qu’on entend aussi dans deux Lieder de Schubert (Der Jüngling an der Quelle) et de Brahms (Sonntag op. 47 n° 3) accompagnés par Kurtág lui-même : à 98 ans, on ne peut attendre de lui une virtuosité de jeune homme, et on sent ici, au piano de concert, le goût du compositeur pour les sonorités plus dépouillées – sobres et essentielles ! – du piano droit, mais il y montre par l’exemple ce qu’il enseigne depuis des décennies, cette humilité – oui ! – face à chaque note que le musicien doit mériter ; Sonntag de Brahms prend une dimension inédite qui en fait une vraie révélation.

    …

    …

    Le disque est complété par une interview – de 18′ 18, à la plage 22 – de Kurtág par Appl, en allemand (sa traduction est fournie dans le livret) : on n’y apprend rien de nouveau sur sa biographie ou sa méthode de travail, mais il constitue une bonne introduction de la pensée musicale de Kurtág, toujours aussi éveillée et pertinente.

    …

    …

    Un CD méditatif et heureux – sur la vie – vraiment extraordinaire !!!

    …

    …

    Ce samedi 22 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Dans l’attente du CD « Born in Monaco – Bach – Ravel – Liszt » du jeune pianiste Slava Guerchovitch, né à Monaco en 1999, et de son interprétation du sublimissime « Tombeau de Couperin »…..

    L’article « Premiers sillons » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia ce samedi 15 février,

    m’a mis en grand appétit de ce CD Odradek Records ODRCD 463 intitulé « Born in Monaco » du jeune pianiste Slava Guerchovitch _ né à Monaco en 1999 _, comportant, entre le « Capriccio sopra la lontanezza del suo fratello dilletissimo » BWV 992 de Johann-Sebastian Bach, et l »Après une lecture du Dante » (No. 7, extrait des « Années de Pèlérinage II, S. 161. Italie ») de Franz Liszt,

    mon œuvre favorite du piano de Maurice Ravel « Le Tombeau de Couperin « …

    …

    …

    Voici donc cet article assez appétissant :

    …

    …

    PREMIERS SILLONS

    …

    …

    La petite nostalgie qui flûte la ritournelle des premières mesures de l’Arioso du Capriccio, le toucher subtil, l’élégance du petit crescendo où transparaît comme un soupir, quelle merveille !

    …

    …

    Je ne savais rien de Slava Guerchovitch, mais enfin un jeune pianiste qui ose poser au centre de son premier album Le Tombeau de Couperin m’attirait l’œil et bien vite l’oreille.

    …

    …

    Il m’a cueilli dès le petit poème en six strophes que Bach adresse à son frère, regrets, tendresses, ultimes effusions du départ, motif du postillon et piaffé de sa Fugue, tant d’élégance, des charmes si discrètement touchants promettaient un Tombeau de Couperin de haute volée, car Ravel songeant à l’auteur des Barricades mystérieuses, y atteint au même degré d’intime, et de transposition, que Bach dans son petit concert fraternel.

    …

    …

    Le délié du Prélude dit déjà les affinités électives entre le jeune homme et cette part faussement lumineuse du piano de Ravel. Derrière le masque des danses, qu’il détaille avec des subtilités vertigineuses, jouant des nuances et du temps, les visages des morts à l’ennemi transparaissent, le ballet des ombres doublant celui des portraits « à la Couperin », jusque dans la Fugue, si piégeuse. Impossible de détailler les merveilles, l’art d’étonner par le détail soudain vu, ces respirations infimes et pourtant souveraines où s’avouent, sans pourtant manquer de pudeur, le texte comme le sous-texte de cette suite si souvent jouée de trop loin, écoutez seulement.

    …

    …

    Et puis plongez dans les cercles infernaux de la Dante où ce piano soudain se fait orchestre, le pianiste visionnaire, expérience sidérante qui indique un tout grand musicien qui a les moyens de son art.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Born in Monaco

    …

    …

    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

    …
    Capriccio sopra la lontanezza del suo fratello dilletissimo, BWV 992

    …

    …
    Maurice Ravel (1875-1937)

    …
    Le Tombeau de Couperin,
    M. 68

    …

    …
    Franz Liszt (1811-1886)

    …
    Après une lecture du Dante (No. 7, extrait des « Années de Pèlérinage II, S. 161. Italie »)

    …

    …

    Slava Guerchovitch, piano

    …

    …

    Photo à la une : le pianiste Slava Guerchovitch – Photo : © DR

    …
    …
    Et en attendant d’écouter sereinement sur ma platine ce CD _ que je me suis empressé de commander à mon disquaire favori _,

    voici ce que youtube nous donne l’opportunité de prendre déjà un peu connaissance, entrecoupé de pubs ;

    …

    et, en ce superbe et très varié programme du CD,

    j’ai porté mon choix sur ce podcast (de 3′ 29) du « Rigaudon«  _ que j’adore ! _ du merveilleux « Tombeau de Couperin« ,

    le chef d’œuvre de ce sommet de l’œuvre pour piano piano seul de Maurice Ravel…

    …

    …

    A suivre :

    cette « Année Ravel 2025 » est prometteuse de belles réalisations…

    …

    …

    Ce samedi 15 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De Valentin Silvestrov à Giya Kancheli : un parcours de profond plaisir musical et de curiosité, avec la découverte de saisissantes « Simples musiques », quasi minimalistes, au charme très pur…

    De Valentin Silvestrov à Giya Kancheli : un parcours de profond plaisir musical _ et de curiosité ravie _, avec la découverte éblouie de saisissantes toutes « Simples musiques« , quasi minimalistes, infiniment touchantes en la pureté et innocence de leur simplicité, justement… ;

    …

    ou comment j’en suis venu, de l’écoute jouissive d’un flamboyant CD de piano à l’écoute jouissive d’un autre flamboyant CD de piano, à la découverte éblouie de l’œuvre, jusqu’ici inconnue de moi, du compositeur géorgien Giya Kancheli (Tbilissi, 10 août 1935 – Tbilissi, 2 octobre 2019), après la découverte de l’œuvre, elle aussi jusqu’ici inconnue de moi, du compositeur ukrainien Valentin Silvestrov (Kiev, 30 septembre 1937)…

    …

    …

    Un parcours de curiosité et découvertes musicales éminemment  jouissives, donc, en leur fascinante « simplicité« , que viennent jalonner, au moins pour moi, les expressions des articles suivants de mon blog « En cherchant bien« 

    …

    en date des 27 décembre 2024 « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence…« ,

    …

    puis 31 décembre 2024 « Un cadeau d’Eric Rouyer : une vidéo de Boris Berman présentant, au piano, des extraits de son splendide double CD PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » : l’alchimie étrange des rencontres, au passage toujours furtif de Kairos…« , 

    …

    et ensuite 16 janvier 2025 « Une nouvelle bouleversante interprétation du sublime « Kitsch-Music » (de 1977) de Valentin Silvestrov, par Polina Osetinskaya, après celle de Boris Berman…« …

    …

    …

    Et aujourd’hui, donc, ce saisissant désarmant de charme pur, en ses très courtes « miniatures« , double CD Piano Classics PCL 10198 « Kancheli – 33 Miniatures – Simple Music for Piano & Works by Altunyan and Tsintsadze« , par George Vatchnadze, au piano, et Suren Bagratuni, au violoncelle… 

    …

    …

    Presques de simples chansons (sans paroles), en deux ou trois minutes chacune, juxtaposées :

    écoutez-les ici, en cliquant…

    …

    …

    Encore de somptueuses toutes simples découvertes musicales, qui s’appellent et se répondent l’une l’autre…

    …

    Merci !

    …

    …

    Ce mardi 11 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa