Étiquette : pianoforte

  • Redécouvir Jérome Hantaï interprétant Mozart sur un piano forte : le délicieux CD Mirare « Mozart – Sonates – Rondos » enregistré en 2020…

    Avec surprise je découvre sur le site de Crescendo à la date du 30 novembre dernier, et sous la plume de Jean-Noël Régnier, l’article intitulé « Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï« , consacré au CD Mirare MIR 730 « Mozart – Sonates – Rondos«  _ enregistré à Hardelot les 10 et 11 février 2020 _,

    auquel j’avais consacré, à la date du 21 mai 2024, un article intitulé « L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…« …

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    Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï

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    LE 30 NOVEMBRE 2024 par Jean-Noël Régnier
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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate en ut majeur K 309, Rondo en Fa Majeur K 494,  Rondo en ré majeur K 485,  Sonate en si bémol majeur K 333,  Suite en ut majeur K 399 (Allemande en ut mineur : Andante),  Rondo en la mineur K 511. Jérôme Hantaï, pianoforte./2020. Livret en français et en anglais. 72’27’’. Mirare MIR730.

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    Jérôme Hantaï partage ses activités musicales d’interprète entre la viole de gambe et le pianoforte _ voilà ! _, deux instruments qu’il maîtrise à un suprême degré. Passionné par la recherche d’une interprétation baroque authentique, il étudie la viole de gambe au Conservatoire Royal de Bruxelles avec Wieland Kuijken. Il collabore avec les plus grands interprètes, initiateurs du mouvement baroque prônant le retour aux instruments d’époque comme Wieland, Sigiswald et Barthold Kuijken, mais aussi Jean-Claude Malgoire, René Jacobs, Phillipe Herreweghe et Gustav Leonhardt. Avec ses frères Pierre (clavecin) et Marc (traverso) ils constituent le Trio Hantaï _ oui _ et explorent ensemble cet immense répertoire baroque et classique tout en conservant cet objectif d’authenticité. Jérôme Hantaï, tout comme le furent en leur temps Paul Badura-Skoda où Jörg Demus, s’intéresse de près aux pianos historiques et à leur facture. A la période classique à Vienne, la facture instrumentale évolue très vite passant en seulement quelques décennies du clavecin au pianoforte. Au sein même des pianofortes l’évolution est elle aussi très rapide, les instruments devenant de plus en plus puissants et possédant une tessiture de plus en plus étendue. Les pianofortes évoluent de façon fulgurante et les instruments construits vers 1780 par Andréas Stein pour Mozart, avec qui il s’était lié d’amitié, n’ont plus rien de commun ni en envergure, ni en puissance avec les pianos de Conrad Graf, de John Broadwood ou de Sébastien Erard, que Beethoven utilisera quelques décennies plus tard.

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    Les œuvres composées en cette fin de dix-huitième siècle témoignent de ces transformations techniques _ voilà _ qui modifient sans cesse les sonorités et accroissent les possibilités de chaque instrument. Cette évolution de la facture instrumentale génère de multiples modifications, au niveau de la puissance, de la résonnance (par l’utilisation de pédales et d’étouffoirs appropriés), de la répétition rapide des notes (par le double échappement), de la gestion des nuances, et bien sûr par l’accroissement de la tessiture de l’instrument, de plus en plus étendue. Cela entraîne une extension du clavier, qui passe de cinq octaves en 1775 à six octaves et demie vers 1820.

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    Le passage du clavecin au premier pianoforte entraîne déjà une modification importante de l’écriture musicale _ oui _ et Mozart participera de manière très active à cette évolution.

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    Le disque témoignera bien plus tard de cette mutation et depuis les années 1930 d’innombrables enregistrements des pièces pour clavier de Mozart voient le jour et tout d’abord sur piano moderne avec Edwin Fischer, Artur Schnabel. Chaque décennie aura « son » interprète mozartien de Lili Kraus à Clara Haskil, de Christoph Eschenbach à Alfred Brendel, de Maria Joao Pires à Christian Zacharias, et cela perdure avec les enregistrements les plus récents d’Elisabeth Léonskaja ou de Mao Fujita. Si l’on excepte quelques tentatives moins probantes _ en effet… _ de certains grands clavecinistes comme Wanda Landowska, Gustav Leonhardt ou Huguette Dreyfus, le disque voit fleurir depuis la fin du vingtième siècle des interprétations sur pianoforte. Ces pianofortistes historiquement informés sélectionnent leurs instruments en fonction des partitions interprétées en tenant compte de la facture de chaque instrument, de son étendue, de sa puissance etc. Cela commencera avec Paul Badura-Skoda et Jörg Demus _ oui _ jouant sur des instruments d’époque restaurés. D’autres pianofortistes viendront s’ajouter à la liste lorsque les facteurs de pianoforte feront des copies d’instruments tels que Mozart les a connus. On trouve alors des enregistrements d’Andréas Staier, de Malcolm Bilsom, d’Alexeï Lubimov, puis plus récemment de Kristian Bezuidenhout, Ronald Brautigam ou Robert Levin _ excellents ! Contrairement au piano moderne qui peut tout jouer mais dont le son est standardisé, chaque pianoforte a ses propres caractéristiques et sa propre personnalité _ voilà : sa singularité. Il devient le véritable partenaire de l’interprète pour un répertoire précis, puisque ce dernier en connait parfaitement les caractéristiques, mais aussi les limites.

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    L’instrument utilisé par Jérôme Hantaï pour cet enregistrement est un magnifique pianoforte (anonyme du dix-huitième siècle, restauré par Christopher Clarke) à la sonorité claire et chaleureuse. Il est parfaitement adapté à l’interprétation des pièces proposées ici. Celles-ci ont été composées sur une période d’environ dix ans, de 1777 à 1787, dans les divers centres musicaux où Mozart a séjourné comme Mannheim, Paris, Linz, et bien sûr Vienne où il résidait.

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    Au cours de sa vie Mozart a beaucoup voyagé. Depuis sa plus tendre enfance, il a sillonné l’Europe, accompagné généralement par son père. Son statut d’enfant prodige le menait de Cour en Cour, où il éblouissait par ses talents musicaux tous les monarques et hauts personnages avides de divertissements et de curiosités. Devenu adulte, il continuera à voyager beaucoup et les nombreux concerts qu’il donne au cours de ses tournées l’obligent _ si l’on veut ; lui s’amuse… _ à composer sans cesse de nouvelles pièces afin de renouveler en permanence son répertoire. Ces œuvres font souvent l’objet de dédicaces à des personnages rencontrés au cours de ses voyages comme cette Sonate K 309 composée à Mannheim en 1777 pour son élève, la fille de son collègue et ami Christian Cannabich alors âgée de treize ans.

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    Toutes les œuvres proposées ici par Jérôme Hantaï ont été composées par Mozart à l’âge adulte, à une époque moins sereine, où il n’était plus considéré comme un enfant prodige éblouissant, et pas encore comme le génie universel que nous connaissons. A cette époque son succès décline puisqu’il n’est plus en âge de réaliser des pirouettes musicales dont était friand un public versatile qui dorénavant lui tourne le dos. Certains de ses voyages tournent au fiasco comme celui entrepris à Paris en 1778 où il assistera impuissant et sans ressources à la maladie subite et à la mort de sa mère _ certes _, loin des siens et de son pays, son père ayant été retenu par l’archevêque de Salzbourg pour les besoins de sa charge.

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    La Sonate en ut majeur K 309 témoigne de cette vie de voyages où Mozart et sa mère résident chez Christian Cannabich, chef de l’orchestre de Mannheim alors extrêmement réputé. Cette œuvre est composée pour sa fille Rosa, dont Mozart veut faire de l’andante le portrait musical. Comme le notent le père et la sœur de Mozart, cette œuvre fait référence au style alors à la mode à Mannheim et possède une indéniable dimension orchestrale dans son premier mouvement où, après un « tutti à l’unisson », un thème plus lyrique vient prendre par contraste toute sa couleur. Tout au long du mouvement, Mozart joue sur des contrastes mélodiques et de structure. Léopold Mozart considérait le second mouvement comme affecté puisque celui-ci est parsemé de brefs soupirs (typique de l’Ecole de Mannheim) et est écrit avec une précision extrême dans un style chargé d’ornements complexes. Le Rondeau final tranche par sa sérénité, mais comme les deux précédents mouvements Mozart exploite les contrastes.

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    Le Rondo en fa majeur K 494 (Andante) composé en juin 1786 est le second des trois composés pour piano seul. Il s’agit d’une œuvre destinée à l’origine à l’enseignement et que Mozart réutilisera pour compléter la sonate en deux mouvements K 533, composée dix-huit mois plus tard dans ma même tonalité. Il se contentera simplement d’en accélérer légèrement le tempo, passant d’andante à allegretto. Il s’agit d’une œuvre pleine de charme où les difficultés techniques sont relativement limitées, sans doute pour l’adapter aux capacités de l’élève à qui il était destiné.

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    Le Rondo en ré majeur K 485 (Allegro) composé en mars 1787 était certainement destiné lui aussi à ses élèves puisque Mozart le classait lui-même parmi ses œuvres « très faciles ». On retrouve dans cette pièce charmante un thème du Quatuor avec piano K 487 composé par Mozart en 1786.

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    Il semblerait que Koechel ait estimé à 1778 la date de composition de la Sonate en si bémol majeur K 333 alors que les musicologues actuels considèrent plutôt qu’elle a été écrite en 1784, compte tenu de son style. Elle serait donc contemporaine de la symphonie « Linz » K 425, et on peut supposer qu’elle a été écrite dans cette ville lors d’une halte effectuée par les époux Mozart revenant de Salzburg à Vienne après avoir rendu visite à leur famille.

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    Tout comme dans le Rondo K 485, on remarque dans cette sonate certaines analogies thématiques avec Jean Chrétien Bach. Cependant Mozart laisse s’exprimer tout son génie en condensant dans les premières mesures les thèmes qu’il développe ensuite dans une grande variété mélodique et rythmique. Le premier mouvement oppose par ses deux thèmes, un lyrisme lumineux à une rythmique resserrée où les idées musicales se succèdent rapidement sans jamais nuire à l’unité du mouvement, y compris dans le développement plus sombre et bouillonnant. Ici Mozart utilise toutes les possibilités offertes par le pianoforte, utilisant à profusion les syncopes, les staccatos tranchants et les doubles croches jouées très rapidement avec un parfait détachement. L’andante cantabile figure parmi les plus beaux composés par Mozart. Il baigne dans la sérénité jusqu’à l’arrivée du développement, plus dense et tendu, qui évolue par de multiples et subtiles modulations. Le dernier mouvement en forme de rondo est conçu comme un mouvement de concerto. Il débute traditionnellement sur un ton serein et aimable mais s’amplifie en intégrant de nouveaux motifs. Il devient de plus en plus brillant et virtuose jusqu’à l’apothéose de la partie cadentielle où là encore, les motifs et les rythmes s’enchaînent rapidement pour terminer la sonate de façon éclatante et jouissive.

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    Comme pour montrer la curiosité de Mozart s’affrontant au style des anciens, Jérôme Hantaï a la bonne idée d’interpréter l’Allemande de la Suite K 399. Cette œuvre renvoie bien entendu au modèle de la suite baroque déjà abandonné à l’époque classique. Mozart a composé cette suite (restée inachevée) en 1782, vraisemblablement pour faire des essais musicaux dans le style de Bach ou de Haendel _ oui _, et c’est d’ailleurs sous le titre de Suite dans le style de G. F. Haendel que l’on connait cette œuvre. Sur les trois mouvements achevés, Jérôme Hantaï a choisi d’interpréter la brève Allemande en ut mineur (andante). Si l’esprit de Haendel y est évoqué, on sent néanmoins que Mozart se fait violence pour écrire dans un style qui n’est pas le sien, et c’est sans doute pour cela qu’il n’est pas allé au terme de son projet.

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    Jérôme Hantaï a choisi de terminer ce disque particulièrement copieux par un pur chef d’œuvre : Le Rondo en la mineur K 511. Composé en mars 1787 alors qu’il revient de Prague (après l’immense succès des Noces de Figaro), Mozart compose ce Rondo qui fait preuve d’un étonnant modernisme en usant de chromatismes poignants et dramatiques, sur un rythme de sicilienne. Cette œuvre au ton élégiaque est d’une écriture particulièrement complexe. Sa structure mouvante est accentuée par les chromatismes et les nombreux ornements. A chaque réapparition du thème ou du refrain Mozart conçoit de nouvelles variations où le rythme et la mélodie évoluent de façon très subtile et mouvante, sans que cela ne soit flagrant pour l’auditeur. Comme le prouvent les dernières mesures de cette œuvre d’un dramatisme bouleversant, Mozart s’exprime d’une façon intime et discrète comme le fera plus tard Chopin dans ses Nocturnes.  A cette époque, Mozart traverse une période très difficile : Il vient de perdre un ami très cher (le comte Hatzfeld), et ressent douloureusement le départ de la cantatrice Nancy Storace, la Suzanne des Noces de Figaro. En outre, il rencontre des problèmes financiers importants, et ses succès auprès du public viennois déclinent rapidement (contrastant avec l’accueil chaleureux du public pragois). Il est probable que le ton accablé de ce rondo ne soit que l’expression musicale de ces évènements.

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    Jérôme Hantaï donne une lecture passionnée _ ultra-vivante _ de ces œuvres aux caractères multiples dont il distille avec bonheur et pertinence chaque tournure et chaque ornement.

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    Notes : Son : 9 Livret : 8,5 Répertoire : 9 Interprétation : 10

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    Jean-Noël Régnier

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    Bravo !!!

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    Ce mercredi 4 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…

    Jérôme Hantaï a beaucoup de talent, au piano forte désormais _ mais déjà en novembre 2004, il avait enregistré sur un pianoforte (Paris 1788) de Pascal Joseph Tasquin, un très réussi « Joseph Haydn – Sonates pour piano forte« , le CD Ambroisie AMB 9975 (écoutez ceci) ; puis, un tout aussi réjouissant « Haydn – Mozart – Sonates« , le CD Mirare MIR 456 ; cf mon article «  «  en date du 5 mai 2019… _, comme à la viole de gambe, jadis.

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    À preuve, une nouvelle fois,

    un tout à fait épatant, éclatant d’humeur joyeuse contagieuse, « Mozart – Sonates – Rondos« , le CD Mirare MIR 730 _ enregistré à Hardelot les 10 et 11 février 2020… _ sur un piano anonyme du XVIIIe siècle restauré par Christopher Clarke.

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    Et dans Mozart !!!

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    Bravissimo, jeune maestro ! _ né en 1961… La bonne humeur, l’alacrité, tout comme Mozart, conserve…

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    Ce mardi 21 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La singularité et la perfection du goût d’Edoardo Torbianelli, à travers deux récentes parutions de CDs de cet excellent pianofortiste triestin, avec, ici, le superbe violoniste salzbourgeois Thomas Albertus Irnberger

    Voici que viennent de paraître deux très intéressants CDs Gramola,

    un CD Mozart et un CD Liszt,

    dus, tous les deux, à la collaboration de l’excellent pianofortiste italien Edoardo Torbianelli (né à Trieste, en 1970)

    avec le non moins remarquable violoniste autrichien Thomas Albertus Irnberger (né à Salzbourg, en 1985) :

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    le CD Gramola Records 98890 « Violinkonzerte N° 3,4, 5« 

    et le CD Gramola Records 98932 « Franz Liszt and the violin« .

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    Et c’est à nouveau la curiosité de Jean-Charles Hoffelé sur son très riche site Discophilia,

    qui m’a fait connaître la parution de ces deux CDS, par ses deux très récents articles :
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    par son article de ce 11 septembre :  « Concertos de plein air« ;

    et par son article du 8 septembre dernier : « Le violon de Liszt« .

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    CONCERTOS DE PLEIN AIR

    Salzbourg, Salle de musique Gneis, dans le froid de janvier 2009 _ voilà donc la date d’enregistrement _, Thomas Albertus Irnberger enregistre les trois grands Concertos pour violon de Mozart.

    Archet libre, jeu d’une spontanéité réjouissante, avec derrière les effets de danse des confidences au détour d’un trait, et dans les Adagios ce secret de l’émotion mozartienne qu’on entend plus souvent _ en effet ! _ dans les Concertos pour piano, être entre le sourire et les larmes _ oui…

    La simplicité de l’approche fait l’ensemble extrêmement fluide _ exigence d’une nécessité absolue dans Mozart… _, la direction preste mais subtile _ merci ! _ de Martin Sieghart à la tête d’une formation Mozart où se glisse discrètement _ voilà !!! _ le pianoforte d’Edoardo Torbianelli, plaçant les trois opus à l’air libre, ce qu’une prise de son très ouverte accentue.

    Encore une fois le Jacobus Stainer que joue le jeune homme est merveilleusement assorti à la poétique du langage mozartien et en possède toutes les couleurs : écoutez la musette du Rondeau du 4e Concerto.

    Merveille de l’album, le Finale du 3e, avec en son centre le petit rondeau avec musette porté par les pizzicatos, d’une tendresse, d’une délicatesse d’émotion et de jeu qui vont droit au cœur de cet univers _ oui ! Et si demain Thomas Albertus Irnberger complétait le cycle : les deux premiers Concertos, le Concertone et la Symphonie concertante veulent son archet.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)

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    Concerto pour violon et orchestra No. 3 en sol majeur, K. 216
    Concerto pour violon et orchestra No. 4 en ré majeur, K. 218
    Concerto pour violon et orchestra No. 5 en la majeur, K. 219 « Turkish »

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    Thomas Albertus Irnberger, violon
    Spirit of Europe
    Martin Sieghart, direction

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    Un album du label Gramola Records 98890
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    Photo à la une : le violoniste Thomas Albertus Irnberger – Photo : © Irène Zandel

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    Puis :

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    LE VIOLON DE LISZT

    Die drei Zigeuner voudrait donner le ton : le violon que Liszt substitue à la voix de mezzo, paraphrasant le lied original, sera celui des Bohémiens de la poutza, la part la plus singulière de sa grammaire musicale. Puis, tout à trac, après avoir joué les Tziganes, Thomas Albertus Irnberger et Edoardo Torbianelli font tournoyer le grand bal mondain du Duo concertant, où Liszt se prend pour Weber avec un bonheur certain. L’œuvre est brillante, irrésistible par ses envols que les deux amis emportent jusqu’à l’ivresse d’une tarentelle folle qui flirte avec le Diable. Quelle œuvre !, qui jouée avec tant de virtuosité devient bien plus qu’un simple divertissement.

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    L’album est simplement prodigieux, et saisit tous les aspects de l’univers Liszt, des raréfactions sinistres de La lugubre gondole au grand numéro de quasi cabaret de la 12e Rhapsodie hongroise en passant par le fascinant Duo qui s’ouvre par la citation d’une Mazurka de Chopin, œuvre rarement jouée et qui tout au long déploie les paysages de la Mazurie, hommage d’un géant du piano à son alter ego.

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    Le clavier domine ici, Edoardo Torbianelli ayant choisi un grand pianoforte aux basses grondantes sorti de l’atelier de Streicher en 1856.

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    Disque splendide _ voilà ! _, et indispensable à toute discothèque lisztienne _ merci !

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    LE DISQUE DU JOUR

    Franz Liszt (1811-1886)

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    Die drei Zigeuner, S. 383
    Grand Duo concertant sur la Romance de « Le Marin », S. 128 & 700h
    La Lugubre gondola, S. 134bis
    Epithalam zu Eduard Remenyis Vermahlungsfeier, S. 129
    Rhapsodie hongroise No. 12 en ut dièse mineur (aka No. 2), S. 244/12
    Duo (Sonate) sur des thèmes polonais en ut dièse mineur, S. 127

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    Thomas Albertus Irnberger, violon
    Edoardo Torbianelli, pianoforte

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    Un album du label Gramola 98932
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    Photo à la une : le violoniste Thomas Albertus Irnberger – Photo : © DR

     

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    Mon attention envers l’art d’interprétation d’Edoardo Torbianelli est tout à fait ancienne : dès 2004, en effet,

    pour le très remarquable CD Pan Classics 10171 « Muzio Clementi Late Works for pianoforte« .

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    Ainsi voici ce que j’en disais sur un blog, « L’Agenda de Francis Lippa« , que Jean-Paul Combet m’avait spécialement ouvert alors pour son label Alpha Classics :

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    « Un très intéressant, et plein de charme, « Late Works for Pianoforte » de Muzio Clementi (compositeur injustement décrié…) par Edoardo Torbianelli, très en verve : Vladimir Horowitz n’avait pas nécessairement mauvais goût ; en tout cas, un tel enregistrement nous oblige à mieux repenser l’histoire et l’esthétique du clavier, au tournant d’un certain classicisme : ce n’est déjà pas rien… »

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    Puis, le 17 février 2018, j’ai consacré un article, sur ce blog En cherchant bien, consacré en partie au CD Glossa GCD 922517 « Frédéric Chopin Late piano works« , par Edoardo Torbianelli :  ;

    et le 13 mars 2018, un nouvel article, consacré entièrement, cette fois, à ce superbe CD Chopin d’Edoardo Torbianelli : .

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    Voilà.

    Edoardo Torbianelli est un très remarquable musicien ;

    dont il faut suivre très attentivement les magnifiques réalisations…

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    Il y fait preuve du meilleur goût

    au sein d’une vraie singularité de ses découvertes…

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    Un interprète de choix !!!

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    Ce dimanche 12 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le pétillant proprement céleste des Variations pour piano de Mozart, par le jubilatoire Ronald Brautigam

    Certains genres se prêtent, mieux que d’autres, à la belle réalisation _ ludique _ musicale de la joie :

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    ainsi en va-t-il tout particulièrement du genre de la Suite

    _ au départ, des Suites contrastées de danses, comme dans l’œuvre emblématique de Johann Jakob Froberger (1616 – 1667) : allemande, courante, sarabande et gigue… _

    que ce soit pour un instrument seul : le luth, le clavecin, etc.,

    ou pour un ensemble plus ou moins étoffé d’instruments : un duo, un trio, etc.,

    voire pour un orchestre

    _ elles sont alors souvent nommées Ouvertures ; toujours d’après le vocable français…

    Et c’est davantage le critère de la variété, déjà, qui importe,

    plutôt que le critère plus simple du contraste, comme c’est le cas dans les Sonate et Concerti, à l’italienne…

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    Ainsi que je l’ai éprouvé au fil _ heureux _ de mes écoutes

    pour mes articles de « Musiques de joie« …

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    Mais il en va aussi ainsi,

    même si c’est, bien sûr, selon d’autres modalités _ plus destructurées _,

    pour le genre de la Variation sur un thème donné,

    dont le compositeur se plait à jubilatoirement s’émanciper

    _ comme dans les Goldberg, de Bach (vers 1740), ou les Diabelli, de Beethoven (en 1823)…

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    J’en veux pour exemple les nombreuses Variations pour piano de Mozart (1756 – 1791) ;

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    et tout particulièrement, pour l’écoute discographique, dans l’interprétation merveilleusement ludique

    qu’en a proposé le flamboyant Ronald Brautigam ;

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    réunies dans un indispensable coffret de 4 CDs Bis _ le coffret Bis-CD-1266/1267 _,

    enregistré en 1997, et publié en 2001.

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    En voici, par exemple, les Variations sur un Allegretto en Si bémol Majeur KV 500 (de 1786) ;

    soit la plage 3 du CD 1

    de ce magistral coffret Bis.

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    Ronald Brautigam est un formidable mozartien !

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    Ce mardi 26 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa